A - K

M - Z

LA MORT

 

Chapitre 9   A - K        (ÉSOTÉRISME - MAGIE - SOCIÉTÉS SECRÈTES - MYSTERES - OCCULTISME - CHAMANISME -  VAUDOU - LA FORET)

 

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9 A

ABBÉ JULIO - HAUTE MAGIE DES PENTACLES DE L’ABBÉ JULIO

Paul Sanda

Edition Trajectoire

 2009

L’Abbé Julio – de son vrai nom Julien-Ernest Houssaye – né en Mayenne en 1844, il meurt à Genève en 1912. Il fut, au détour du XIXe siècle, un homme courageux et désireux d’offrir aux gens des moyens de réconfort et d’intercession : prières, symboles et recettes de guérisons. Pour cela il n’hésita pas à braver sa hiérarchie catholique romaine. Il s’engage durant la guerre de 1870 et soigne sans arrêt. Toute sa vie sera dévoué à guérir et soulager les souffrances de ses concitoyens.

L’auteur, Paul Sanda, présente ici, un remarquable travail, à la fois pratique et symbolique, basé sur les pentacles de l’Abbé Julio. Car ces 44 pentacles sont des objets de culte, mais aussi des supports, des tremplins pour l’étude, la méditation, la responsabilité et la contribution au bien commun. Ce qui n’exclut pas une recherche rénovée, quelque peu ésotérique et d’abord guérisseuse, tant de l’esprit que du corps.

D’ailleurs, l’Abbé Julio, par sa pratique à la fois occulte et magique, a souhaité, avant tout, la guérison des malades. Sa clarté merveilleuse, pénètre, fouille, s’enfonce à l’intérieur des êtres et des choses, traverse les obstacles, s’installe au cœur de notre monde, justement là où tout s’élabore dans le plus grand des secrets.

Religion sans doctrine apparente, sans clergé officiel, sans textes sacrés et sans règles clairement lisibles pour le profane, la Magie, fait reposer l’épanouissement de la personne sur des principes d’individuation et de responsabilité, sur un enrichissement moral de l’univers et sur le développement d’un ensemble de techniques traditionnelles d’exploration proprement occidentales qui visent à renforcer la connaissances des liens entre l’homme et les forces énergétiques qui le traversent et le structurent. Elle est un Art divin qui consiste à prendre contact avec l’âme universelle, avec ses énergies, ses vibrations, son esprit universel, sa lumière de feu.

La voie magique la plus simple, en tant que voie spirituelle originale, honore la diversité, divinise la nature et présuppose non seulement la volonté de ne nuire à personne, mais d’accepter, à mesure de l’établissement de sa force personnelle, de bien vouloir offrir sa spécificité propre à l’augmentation du bien commun. Tout homme est un mage potentiel pourvu qu’il sache ouvrir en lui ses dons épiphaniques

Si les connaissances magiques proviennent de nombreuses traditions, la plupart de celles-ci sont le résultat de l’exploration par les Mages de l’antique science d’Hermès : l’Alchimie et de son véritable corpus métaphysique, inscrit sur la pierre : La Table d’Emeraude dont toute la magie et tout l’ésotérisme du monde sont inscrit en une seule page.

L’auteur nous livre ici un journal de recherche spirituel d’ordre pratique où divers enfants d’Hermès se retrouvent en écho les uns des autres, de Maître Eckhart à Ibn’Arabi, d’Oswald Wirth à Eugène Canseliet, d’Eliphas Levi à Stanislas de Guaita, d’Artaud à Roger Caillois. Le Gay Sçavoir est approché ainsi que l’alchimie, l’ésotérisme chrétien, l’astrologie, la magie et l’angélologie.

On en revient toujours à ces mondes intermédiaires que chaque religion, chaque tradition et chaque mouvement ésotérique accepte mais le peuple et le théorise différemment, cela va du Vaudou et du Chamanisme aux ésotérismes religieux, en passant par Henry Corbin qui évoque le monde imaginal, lieu atopique et temps uchronique appartenant à la même source de la réalité, qui se situe dans l’esprit éveillé bien plus que dans la facticité du réel.

Le thaumaturge n’est qu’un ouvrier innocent au service de la réparation du tissu universel que le temps abime, il n’est que l’instrument d’une remise en ordre harmonique de l’opéra cosmique. Faut-il encore qu’il soit en harmonie avec ces puissances. On ne peut transmettre le savoir et le pouvoir que si l’esprit t’autorise, autrement dit « Tu ne peux relier que si tu es relié, et tu ne peux guérir que si tu es guéri ».

Loin d’être des objets idolâtres, les pentacles sont des supports, voire des tremplins, d’abord pour l’étude, puis pour la méditation et la pratique. Il faut tenir compte également que le pratiquant doit et va à un moment donné se changer lui-même en talisman, c’est ce que dit le Tao « Sois la Voie, et toutes les voies te seront naturellement ouvertes ». Le Christ n’a-t-il pas dit « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie » ? Tel est le destin promis à chaque homme, Être la Voie, la Vérité et la Vie.

Que les pentacles, et toute icône au-delà de l’image, puissent alerter et ouvrir l’intellect ou l’intuition, c’est certain, toutefois il convient de dépasser ce stade culturel ou cultuel pour se présenter nu et offert à la nuée, au mystère vivant incarné au cœur de l’esprit. En ce point, l’ange de la mort et de la résurrection, celui qui se tenait assis dans le sépulcre vide, l’ange de la protection ultime est le talisman suprême pour accorder notre force vitale à l’intelligence que nous recherchons et que nous méritons.

Chaque pentacle est abondamment détaillé, explicité, décortiqué, sa signification profonde est clairement synthétisée. En son application, c'est-à-dire l’objectif que chacun doit choisir en l’utilisant, est clairement résumé en quelques phrases. Ainsi chaque lecteur et utilisateur pourra se servir des pentacles qui conviennent à sa situation personnelle.

Les 44 pentacles en couleurs sont en fin de livre

La Magie est la mère de l’éternité, de l’essence de toutes les essences, car elle se fait elle-même, et est entendue dans le désir (Jacob Böhme)

 

 ABBḖ - PRIÈRES SECRÈTES DE GUÉRISON PAR L’INVOCATION DES SAINTS

Paul Sanda

Edition Trajectoire

 2013

Cet ouvrage contient 78 formules magiques de la Tradition Gnostique révélées pour la première fois. Ces formules correspondent à 78 saints chrétiens particulièrement réputés dans différents courants religieux quant à leur capacité d’aide à la guérison. Choisis à partir d’anciens sacramentaires inconnus du grand public, ils sont présentés dans cet ouvrage avec clarté et simplicité, dans ce que l’in connait de leur vie, mais aussi dans ce qu’ils génèrent de force transformatrice sous les transmissions rares des lignées orthodoxes et gnostiques d’Occident.

La sainteté ne nous est en rien inaccessible, car, comme l’écrit Rémi Boyer dans sa postface, il est nécessaire de nous rappeler que c’est toute la création qui est sainteté, que c’est la vie elle-même qui est sainteté ; on comprendra ainsi que la sainteté n’est pas réservée, mais qu’elle est l’état naturel de l’homme que celui-ci retrouve dans l’ajustement du Christ.

La quête de la vérité exige beaucoup d’amour et une conscience approfondie de la relation de l’homme à toute chose, mais elle est la vraie religion de celui qui cherche cette vérité, il devient un vrai religieux au sens de religare, c'est-à-dire cette reliance de l’homme terrestre avec le monde divin.

Les saints ont porté à un degré rare de perfection l’exercice de la quête de la vérité, et pratiqué, à un très haut degré, les vertus libératrices de la Gnose, de cette connaissance qui nait au plus profond du creuset, au cœur même de cette croix dont le centre laisse alors échapper l’essence immortelle de la vie.

La sainteté n’est pas une récompense, elle est le témoignage vivant de la Porte, de la possibilité du passage. Il ne faut pas voir le Saint comme un modèle, mais plutôt comme un porteur de clef, un aîné qui a su ouvrir son cœur et transmettre et partager le résultat de son voyage, de sa recherche. C’est peut en cela qu’on peut comparer le Saint avec le Bodhisattva de la religion hindoue.

Ce recueil de Prières secrètes est également un véritable grimoire opératif, dans la plus pure tradition des Rose+Croix, où chacun, par sa seule demande d’intercession, pourra se confronter à ses questionnements essentiels, à sa capacité théurgique propre et à la tangibilité de sa volonté de transformation. On trouvera en effet, dans ces pages, 78 incantations de très grande puissance, puisées aux sources les plus occultes de l’initiation : au trésor magique des Eglises mystiques du christianisme ésotérique.

Au sommaire de ce livre de 350 pages :

Considérations gnostiques à propos de la vénération des saints et indications pratiques pour l’invocation des saints - Description des outils et des décors - Le moment du rituel, et son fonctionnement astrologique, et comment l’on dit les incantations - Préparation personnelle pour le rituel - Dire la Messe, ou assister à la Messe ; profession de foi des Eglises gnostiques - Considérations sur l’exorcisme avec le secours des saints - La voie de la connaissance et les prolongements initiatiques - Lettre sur la sainteté par Rémi Boyer -

Liste des 78 saints :

Fulbert – Laurent – Janvier – Paul – Serapion – Olive – Guthlac – Eloi – Fiacre – Partène – Evode – Maur – Brigitte – Paschase – Mamert – Pantaléon – Denis – Juliette – Marcoul – Albert – François d’Assise – Barbe – Winnoc – Colomban – Aelred – Abbé Julio – Gildas – Césaire – Jean de la Croix – Nathalan – Philibert – Vartan Mathurin – Marguerite – Blaise – Valentin – Marie-Madeleine – Patrick – Catherine – Barhadbesciabas – Patrole – Nicolas – Colette – Christophe – Matthieu – Thomas – Barbat – Côme et Damien – Jean l’évangéliste – Expédit – Joseph – Antoine de Padoue – Yves – Roch – Servais – Antonin – Rita – Ursule – Clotilde – Vincent Ferrier – Eupraxie – Jean Chrysostome – Maximilien – Gomer – Matthias – Thérèse d’Avila – Raymond Nonnat – Georges – Boniface – Vanant – Grat – Médard – Nicétas – Benoît – Antoine le grand – Willibrord – Magne – La Vierge noire -

 

 ABBḖ - RITUELS DE GUÉRISON PAR LES ARCHANGES – GRAND GRIMOIRE DES ARCHEVÊQUES

Paul Sanda

Edition Trajectoire

 2012 

C’est dans les archives de l’église rosicrucienne apostolique et gnostique qu’a pu être mis au jour récemment le Grand Grimoire des Archevêques, un puissant outil d’invocation des Archanges. Cet ouvrage semble avoir été finalisé aux environs de l’année 1815 par le Patriarche Bernard Raymond Fabré-Palaprat.

Inspiré d’une tradition évidemment beaucoup plus ancienne et transmis selon une succession occulte, il est toujours fortement utilisé comme rituel de guérison dans plusieurs églises gnostiques de survivance templière.

Comme le dit très justement Pierre A. Riffard dans sa préface : « Un ange à y réfléchir, n’a, ni l’existence d’une chose ordinaire, ni même l’inconsistance d’un rêve, d’une illusion. L’homme fait exister l’ange, et l’ange fait exister l’homme, chacun donne à l’autre sa part de puissance. Tel est peut-être le sens de « la lutte de Jacob avec l’ange », où chacun se renforce sans se détruire.

Monseigneur Paul Sanda, Tau Sendivogius, en le siège historique johannite templier de Cordes, par un travail très documenté, ouvre l’accès à un ensemble rituel de grande cohérence, capable de permettre une forte réalisation opérative.

Ainsi, le Grand Grimoire des Archevêques, restitué ici dans sa pureté originelle, peut être considéré aujourd’hui comme un des outils les plus efficaces de la transmission théurgique d’Occident, comme un rituel de guérison de très haute magie

Au sommaire de cet ouvrage important de 310 pages :

Préambule philosophique et historique

Indications théurgiques magiques et pratiques

Les sept Rituels Archangéliques

Grand Rituel d’invocation du Saint Archange Michel

Grand Rituel d’invocation su Saint Archange Gabriel

Grand Rituel d’invocation du Saint Archange Samuel

Grand Rituel d’invocation du Saint Archange Raphael

Grand Rituel d’invocation du Saint Archange Sachiel

Grand Rituel d’invocation du Saint Archange Anael

Grand Rituel d’invocation du Saint Archange Cassiel

Grand Rituel d’invocation du Saint ange Artista

Vers la voie intérieure, Voie de réalisation spirituelle - Le cercle cérémoniel et théurgique - Philosophie gnostique du Grand Grimoire - Le grimoire et les Présences angéliques -____________________________________________________________________

 

abrÉgÉ de la doctrine secrÈte

H.P. blavatsky

Edition ADYAR

 2004

Un des ouvrages qui ont le plus stimulé la pensée des chercheurs de l’ésotérisme fut La Doctrine Secrète publiée en 1888 par Mme H.P. Blavatsky, un personnage par bien des côtés énigmatique et demeuré inconnu tant à ses laudateurs qu’à ses détracteurs. Cette femme ne revendique pas la paternité de la doctrine occulte qu’elle a tenté de collationner dans les diverses traditions dont les textes, en ce fameux XIXème siècle, ont été traduits dans les principales langues européennes par des savants et érudits chercheurs.

 

Elle demande que l’on réfléchisse à l’identité qui se dégage de ces écrits, la plupart oubliés, sur la cosmogénèse, l’anthropogenèse et autres sujets connexes, qui montrent qu’une connaissance de l’homme et de l’univers, et de la place qu’il y occupe, était répandue dans les divers centres initiatiques de notre planète dès les époques protohistoriques.

L’ouvrage intégral donnant de nombreux parallèles entre la « science occulte » de l’antiquité et la science matérialiste du XIXème siècle, on a jugé opportun de ne retenir de ces parallèles que l’essentiel, tout en conservant la richesse doctrinale des textes anciens eux-mêmes. D’où cette édition abrégée établie dès 1920 par un scientifique français, Monsieur Georges Chevrier, également très versé dans l’approche théosophique de Mme Blavatsky.

 Â ceux que la lecture des quatre volumes de base de La Doctrine Secrète rebuterait, nous recommandons cet Abrégé de La Doctrine Secrète, dont la nouvelle version est augmentée d’un Index.

 

accÉs à l’ÉSOTÉRISME occidental   -     2 TOMES -

Antoine faivre

Edition gallimard

 1996

Le premier volume décrit la notion d’ésotérisme, terme moderne qui prend ses racines dans la philosophie occulte hermétique, traditionnelle et théosophique des courants.

Le second volume réfléchit sur l’ésotérisme dans les courants religieux et philosophiques et approfondit les diverses théosophies.

 

Normalement, on ne devrait parler de l'ésotérisme que de  l'intérieur, car sont ésotériques des doctrines qui réservent les connaissances à un cercle d'initiés.

Cependant, les frontières de l'ésotérisme sont si floues et extensibles qu'au lieu de dessiner un domaine identifiable, elles circonscrivent plutôt un «bazar de l'imaginaire», dans lequel chacun se sent autorisé à entrer, pour recueillir quelque secret, se faire peur, rire ou pleurer.

 

Dans un tel bazar, on peut en effet trouver des fourchettes tordues par télékinésie et des textes sacrés, des recettes alchimiques et des soucoupes volantes, le Sepher Ha Zohar et des traités de divination par les miroirs, les Constitutions des francs-maçons et les prophéties de Nostradamus, Kabbale et nécromancie, gnose et tarots, magnétisme et yoga tantrique, philosophies et idioties. Aussi, pour ne point se perdre, a-t-on besoin d'un guide sûr:

Antoine Faivre, détenteur, à l'Ecole pratique des hautes études, de la chaire ­ unique en son genre ­ d'«Histoire des courants ésotériques et mystiques dans l'Europe moderne et contemporaine».

Celui-ci a en effet consacré toutes ses recherches historico-critiques aux sagesses occultes et à la façon dont elles ont irradié d'autres courants de pensée, la philosophie «exotérique», l'art, la littérature, l'idéologie. Il s'est aussi défini comme passeur en publiant les deux volumes d'Accès à l'ésotérisme occidental.

 

En dressant un tableau des notions (gnoses et pratiques), Antoine Faivre définit «au sens restreint» l'ésotérisme («illumination et salut, par vertu d'une connaissance des liens qui nous unissent aux esprits intermédiaires ou divins») et la théosophie, à la fois comme «accent mis sur la nature de Dieu, les mystères cachés de la divinité» et, en un sens plus large, comme «imagination active appliquée au mythe» (théogonie, anthropogonie, cosmogonie...). Il peut ensuite suivre minutieusement les méandres qui, des sources antiques et médiévales, mènent à Paracelse, aux «Noces chymiques de Christian Rosencreutz», mythique fondateur de la Rose-Croix, à Jakob Boehme, à la théosophie maçonnique du XVIIIe siècle, à la mystique spéculative de l'Allemagne baroque, au Philosophe Inconnu Louis-Claude de Saint-Martin ou, après tours, détours et retours, à la psychologie des profondeurs de Jung, ou à la «pensée traditionnelle» contemporaine, incarnée emblématiquement par René Guenon ou Raymond Abellio.

 

La qualité de ce travail ­ incluant un épais «Guide bibliographique pour la recherche ­ avait déjà été soulignée lors de la première édition. Et sans doute peut-on attribuer encore plus légitimement aujourd'hui à Antoine Faivre le mérite d'avoir contribué à circonscrire un véritable «corpus ésotérique» ou, mieux, à montrer que l'ésotérisme, si l'on fixe caractères et critères aptes à l'identifier, «constitue un corps de références, une culture», et donc le support d'une discipline particulière, armée de sa propre méthodologie, qui n'est ni l'anthropologie, ni la philosophie, ni l'histoire des idées, ni l'histoire des religions...

 

Le second ouvrage de Faivre, Philosophie de la nature, contient une série homogène d'analyses qui grossissent à la loupe l'une des grandes traditions ésotériques, dont il était déjà question dans l'Accès, à savoir la Naturphilosophie, que l'on fait remonter à Paracelse, qui connaîtra son «âge d'or» avec Jakob Boehme et qui, réactivée par Friedrich Christoph Oetinger et Franz von Baader, poussera ses ramifications jusqu'au romantisme, jusqu'à Goethe, Novalis ou Schelling.

 

L'ensemble des recherches auxquelles ces noms se rapportent ressort d'un thème général: la protestation contre la «désacralisation» de la nature, dont les mécanismes seraient, depuis Galilée et Descartes, pénétrables par les outils mathématiques de la science moderne. Bien que chimistes ou physiciens, ingénieurs des Mines ou médecins, ces penseurs considèrent en effet que la science ne saurait dire le dernier mot de la nature, et que pour en percer le secret est nécessaire une «lecture seconde des fragments du réel», procédant par déchiffrement des symboles et des signatures du divin. En dépit de leurs divergences doctrinales, les théosophes, écrit Faivre, s'accordent au moins sur trois points:

 

 « A- Une spéculation  illuminée portant sur le triangle Dieu- homme-Nature - B. La primauté de l'élément mythique: l'imagination active du théosophe s'exerce de préférence sur les éléments et les thèmes les plus mythiques de la Révélation (la Sophia, les anges, l'androgyne primitif, les chutes successives, etc.)...  C- L'accès direct aux mondes supérieurs, grâce à une faculté que posséderait l'homme, notamment le théosophe, de pénétrer directement le monde divin ou celui d'entités supérieures.»

 

Dans l'oeuvre de von Baader et des «théologiens de l'électricité», Faivre privilégie le thème des ténèbres, de l'éclair et de la lumière. Difficile ici de dire quoi que soit sans caricaturer. Autour de ce thème se mêlent en effet exégèses du récit de la Genèse, dans lequel on assiste à la création de la lumière originaire, puis des luminaires du quatrième jour, et considérations scientifiques (on laissera deviner les rapports avec les recherches sur les magnétisme, les paratonnerres, la pile de Volta), de telle sorte qu'on peut y voir nettement les caractères d'une «physique sacrée», dans laquelle le livre de la Nature et le livre de la Révélation s'éclairent mutuellement et, par leur dialogue, «se chargent de sens toujours neufs et complémentaires».

 

Certaines considérations des théosophes apparaissent bien «illuminées» lorsqu'elles avancent des épées d'amour, des fluides mercuriels ou des eaux mêlées de feu. Mais on n'y trouve mention ni de fourchettes tordues, ni de soucoupes volantes. Aussi n'est-il pas injuste de proposer que l'on s'interroge davantage sur «la fécondité potentielle des structures imaginaires à vocation d'universalité que nous proposent certains visionnaires». Et l'on peut même accepter l'idée d'une «symbiose de l'esprit humain et de l'univers». A condition que jamais un «visionnaire» n'empêche d'entendre les décrets de la raison, que jamais, au nom de quelques «visions» venues de l'au-delà, on ne justifie quelque  injustice, quelque malheur ou quelque discrimination d'ici-bas.Chaque être humain est accidentel par rapport à la nature humaine, disait maître Eckhart. Hérétique responsable d'une dérive doctrinale dans les milieux spirituels qui lui avaient été confiés ? Mystique authentique pris au piège de cercles réclamant une plus grande "liberté d'esprit" ? Théologien chargé de surveiller et de canaliser la mystique sauvage des laïcs dans une époque et un milieu turbulents ? Ou universitaire coupé des réalités sociales, qui tâchait de faire passer dans un public fruste les subtilités de la théologie scolastique ? C'est un homme célèbre et influent en tout cas que l'on accuse d'hérésie devant l'inquisition de Cologne, en 1326. Procès inouï, intenté contre un théologien de Paris dans un ordre précisément chargé de l'inquisition. Procès historique, surtout, dans l'évolution de la mystique spéculative vers la "dévotion moderne". La condamnation de quelques propositions de maître Eckhart marque la fin d'une époque. Cette biographie très documentée lève le voile sur bien des aspects encore méconnus de la vie de maître Eckhart.Chaque être humain est accidentel par rapport à la nature humaine, disait maître Eckhart. Hérétique responsable d'une dérive doctrinale dans les milieux spirituels qui lui avaient été confiés ? Mystique authentique pris au piège de cercles réclamant une plus grande "liberté d'esprit" ? Théologien chargé de surveiller et de canaliser la mystique sauvage des laïcs dans une époque et un milieu turbulents ? Ou universitaire coupé des réalités sociales, qui tâchait de faire passer dans un public fruste les subtilités de la théologie scolastique ? C'est un homme célèbre et influent en tout cas que l'on accuse d'hérésie devant l'inquisition de Cologne, en 1326. Procès inouï, intenté contre un théologien de Paris dans un ordre précisément chargé de l'inquisition. Procès historique, surtout, dans l'évolution de la mystique spéculative vers la "dévotion moderne". La condamnation de quelques propositions de maître Eckhart marque la fin d'une époque. Cette biographie très documentée lève le voile sur bien des aspects encore méconnus de la vie de maître Eckhart.Chaque être humain est accidentel par rapport à la nature humaine, disait maître Eckhart. Hérétique responsable d'une dérive doctrinale dans les milieux spirituels qui lui avaient été confiés ? Mystique authentique pris au piège de cercles réclamant une plus grande "liberté d'esprit" ? Théologien chargé de surveiller et de canaliser la mystique sauvage des laïcs dans une époque et un milieu turbulents ? Ou universitaire coupé des réalités sociales, qui tâchait de faire passer dans un public fruste les subtilités de la théologie scolastique ? C'est un homme célèbre et influent en tout cas que l'on accuse d'hérésie devant l'inquisition de Cologne, en 1326. Procès inouï, intenté contre un théologien de Paris dans un ordre précisément chargé de l'inquisition. Procès historique, surtout, dans l'évolution de la mystique spéculative vers la "dévotion moderne". La condamnation de quelques propositions de maître Eckhart marque la fin d'une époque. Cette biographie très documentée lève le voile sur bien des aspects encore méconnus de la vie de maître Eckhart.

 

ADAM, DIEU ROUGE

Robert Ambelain

Edition Signatura

 2013

Voilà 72 ans, en pleine terreur nazie, paraissait aux Editions Niclaus, libraire-éditeur, 38, rue Saint-Jacques, à Paris, un livre étrange, dont le titre ne l’était pas moins : Adam, dieu rouge, avec ce sous-titre explicatif : L’ésotérisme judéo-chrétien. La gnose et les Ophites. Lucifériens et Rose-Croix. Le voici réédité.

Sur le plan littéraire, la publication d’Adam, dieu rouge marque le début de l’œuvre gnostique de Robert Ambelain. Le livre s’ouvre sur trois citations, dont celle-ci, extraite de la première Méditation de Descartes : « Il faut remettre toutes choses en doute une fois au moins en sa vie ». Or, les deux autres maximes sont tirées, respectivement, du Sepher ha-Zohar  et de l’Evangile selon Marc. Toute l’œuvre littéraire, toute la quête personnelle, occultiste et initiatique, de Robert Ambelain, tiennent dans ces trois citations, où d’aucuns ont cru voir des contradictions, alors qu’elles constituent en réalité les trois angles d’attaque de la réflexion permanente d’un initié rebelle et d’un historien contestataire, tel qu’il le revendiquait lui-même, qui fut avant tout un homme de désir épris de justice.

Depuis les sept décennies qui nous séparent de la publication d’Adam, dieu rouge, notre connaissance du gnosticisme et, plus généralement, du judaïsme polymorphe, avant et après la naissance du christianisme, a considérablement progressé. Dans bien des domaines, elle a même été totalement bouleversée par les découvertes des manuscrits de Nag Hammadi, en 1945, et de Qumrân, entre 1947 et 1956. Dans ce livre qu’on s’honore aujourd’hui de sauver de l’oubli, Robert Ambelain nous en apprend sans doute moins sur la gnose, les Ophites, les Lucifériens et les Rose-Croix que sur sa propre pensée nourrie d’intuitions fulgurantes. N’est-ce pas là l’essentiel ?  

La gnose de Robert Ambelain était radicalement hérétique devant la Grande Eglise ; hérétique en 1941, comme en 1967, et au-delà. Car les gnostiques des premiers siècles sont les maîtres de Robert Ambelain, comme ils l’avaient été de Doisnel et de Bricaud. Mais il enrôle aussi les Pères de l’Eglise, à commencer par Origène, parfois dans une interprétation très personnelle. Et aussi les Cathares, d’autant plus respectables à ses yeux qu’ils ont été martyrisés. Et aussi les templiers dont il croit percer et révéler le lourd secret qui serait la raison de leur anéantissement par le même pouvoir romain.

Occultiste et gnostique à ses débuts, occultiste et gnostique à sa façon jusqu’à son dernier souffle, en dépit de maintes rectifications, Robert Ambelain fut l’homme d’une expérience spirituelle permanente, et d’une expérience qui ne se départit jamais de la prière. Croyant en Dieu, en sa perfection infinie, aux mondes intermédiaires entre Dieu, l’homme et l’Univers, défenseur du vrai Lucifer, le Robert Ambelain des dernières années, au fond, n’était pas différent du jeune occultiste qui avait publié Adam, dieu rouge, dans les années noires de l’Occupation. Mais la gnose de Robert Ambelain est une gnose secrète, comme était secrète son Eglise gnostique, y compris parfois pour lui-même, y compris malgré lui, mais toujours dans la grâce agissante dont il a bénéficié, j’en suis convaincu, à titre personnel, et dont il s’est trouvé si souvent porteur et mainteneur, tel en cet Adam, dieu rouge.

Pour terminer ce résumé sur cet ouvrage, R. Ambelain y postule que l’histoire officielle des dogmes judéo-chrétiens, telle que la présentent encore à notre époque les plus savants et les plus sincères de ses défenseurs, n’est qu’une succession de légendes, de mythes, de contes, d’affirmations soigneusement choisies.

Il est également sévère avec la permanence des textes sacrés et des incertitudes historiques quant à la rédaction et la transmission des textes bibliques, y compris les quatre évangiles canoniques. Il met en garde le lecteur que beaucoup de textes reposent sur des bases ondoyantes, aussi faut-il être prudent car l’Orient est menteur, il est très amoureux de la légende et du mythe.

Au sommaire de cet ouvrage :

Préface de Serge Caillet : la gnose de Robert Ambelain

Première partie : L’origine réelle des textes sacrés - les origines de l’Ecriture Sainte - Les Ophites - La Gnose pré-chrétienne - La Gnose après le christianisme - le Messie -

Deuxième partie : La doctrine luciférienne - la Genèse ou Sepher Bereshit - L’arbre de la Science - les origines du mythe adamite - Lucifer et Satan - les symboles lucifériens : le pêcher, l’aigle, le cheval, la rose, la pomme, la colombe -

Troisième partie : La doctrine rosicrucienne - L’unité Divine et la Trinité - Le serpent dans la symbolique hermétique -

 

ADAM, L’HOMME ROUGE OU LES ÉLÉMENTS D’UNE GNOSE POUR LE MARIAGE PARFAIT

R.A SCHWALLER DE LUBICZ

Edition SCHWALLER

 1927

L’auteur y développe la vie du couple, sur le plan profane et spirituel. La place du christianisme, et l’éveil de la conscience jusqu’au dernier mariage avec le Divin.

 

Adam l’Homme Rouge (1927) reste l’ouvrage de René-Adolphe Schwaller de Lubicz (1887-1961), le plus discrédité : son auteur en renia par la suite les thèses décapantes. Mais ce livre n’est pas qu’une oeuvre insolite, elle trouve une place de choix dans le domaine de l’histoire des idées. Si la censure à son égard est restée limitée, c’est qu’elle fut publiée en territoire helvétique dans un cadre restreint, celui du phalanstère de Suhalia (1923-1928), en haute Engadine.

 

 L’autodafé de son auteur qui a réjouis les bibliophiles, y est aussi sans doute pour quelque chose, car la geste alchimique du couple ainsi que le véritable réquisitoire contre les méfaits du mariage au sein du dogmatisme catholique, en ce qui concerne le rôle de la femme, n’ont pas pu contribuer à l’ostracisme de ce livre. Cette geste alchimique demeure le point central de l’ouvrage, du moins dans le processus d’abord physiologique, puis métaphysique devant conduire l’Homme et la Femme à la véritable Union ; elle s’ouvre sur la thématique de l’androgynat primitif, thématique central de l’ars regia.

La longue introduction d’Emmanuel Dufour-Kowalski, l’un des spécialistes actuels de l’oeuvre schwallérienne, tente de combler aussi une lacune : celle de sa véritable réception qui n’a jamais été faite, excepté quelques critiques éparses dès la diffusion du livre entre 1928 et 1933, à Paris.


Une riche iconographie vient agrémenter cette édition inédite. Elle lui donne une caution d’authenticité sur ce que fut réellement le phalanstère de René Schwaller – La Station Scientifique de Suhalia – avec sa pharmacopée, son observatoire astronomique, son artisanat et ses recherches alchimiques. Ce lieu, à plus de 2’000 mètres d’altitude, offrit en son temps de véritables parallèles avec celui du Goethéanum de Rudolph Steiner (1861-1925) à Dornach; sans oublier l’École du Savoir de Darmstardt dans les années 1920, chère au métaphysicien Balte d’origine allemande, le comte Hermann von Keyserling (1880-1946).

 

La vision schwallérienne de l’érotique, science sacrée pour l’auteur, qui s’attaque aux barrières de la sexualité, ne s’arrête pas à la question purement sexuelle. René Schwaller veut pouvoir élever cette dernière à une véritable Métaphysique du sexe (c’est le titre d’un ouvrage de Julius Evola (1898-1974) émule de l’auteur), champs d’expérimentation qui pourrait offrir des perspectives spirituelles nouvelles. Mais l’érotique dont parle René Schwaller s’ouvre sur la Magie de l’érotique, cher à Aleister Crowley (…) et à son phalanstère de Céphalu, c’est là toute l’ambiguïté de cet ouvrage.

 

Personnage protéiforme s'il en est, René-Adolphe Schwaller de Lubicz (1887-1961), l'un des derniers grands occultistes du XXe siècle, a établi sa renommée en marge de l'histoire des idées. N'ayant pas formé de véritable école, peu enclin à entretenir l'émulation de ses éventuels thuriféraires, par crainte d'une déformation de sa doctrine de base, mais ayant pourtant travaillé à sa propre légende, René Schwaller est resté réfractaire de son vivant à tout texte biographique le concernant, entretenant au sujet de sa vie et des sources de ses connaissances un flou artistique qui aura nui à l'établissement d'une critique solide de son oeuvre. Passé au crible d'un certain regard, d'une nouvelle approche constructive, la doctrine générale de Schwaller de Lubicz méritait d'être réhabilitée de manière non exhaustive, mais dans un choix serré de textes significatifs. Ces textes rares ou inédits, s'échelonnant sur plus de cinquante ans, ont été pour ainsi dire redimensionnés selon la tessiture de leur époque respective: la période théosophique, le groupe apostolique, la conquête mystique et l'emprise symboliste. Quatre facettes d'une même écriture dans sa continuité renouvelée, par poussées successives, dont cette âme gothique en quête d'absolu, offrit en son temps l'émanence, dans le creuset de ses divers exils volontaires, en Suisse, en Méditerranée, puis en Egypte.

 

aleister crowley

Serge hutin

Edition ARQA

 2005

Qualifié par d’aucuns de « plus grand mage des temps modernes », Aleister Crowley fut aussi un poète de talent, journaliste et écrivain reconnu, dessinateur et peintre, champion d’échecs, alpiniste chevronné, voyageur sans limite du visible comme de l’Invisible et aventurier. Occultiste de génie… Provocateur hors pair – honni ou acclamé selon les foules – initié sur tous les continents aux plus hauts grades des sociétés secrètes de son époque, il fut également le théoricien et le praticien d’exception de sa propre Magie, qu’il nomma Magick en hommage à ce qu’il considérait être l’essence de la Magie originelle.

 

Il entendait ainsi rénover totalement cette science selon sa vision propre, à travers ses rituels. Fondateur de l’Astrum Argentinum, Aleister Crowley laisse derrière lui un corpus fondamental de textes essentiels dont le Liber Legis reste, à l’évidence, la clef de voûte de son système magique.

L’homme qui aimait à se faire appeler « la Grande Bête 666 » et qui fut surnommé « l’homme le plus diabolique de l’Histoire » était plus qu’un occultiste théâtral : Aleister Crowley est au cœur d’un des mouvements les plus influents des XXème et XXIème siècles. Il avait aussi des liens avec certaines des plus puissantes personnalités mondiales, ayant même travaillé avec les services secrets britanniques (MI-5). Cet article décrit la vie et l’œuvre de l’occultiste Aleister Crowley en examinant ses liens avec l’élite mondiale qui ont contribué à la propagation de la Théléma.

Bien qu’il soit considéré comme l’occultiste le plus influent du XXème siècle et classé par la BBC comme le 73ème « plus grand Britannique de tous les temps », la majorité des gens n’a jamais entendu parler d’Aleister Crowley. Cet occultiste, mystique, et magicien des rituels anglais est incroyablement populaire dans certains cercles (occultistes, artistes, célébrités, etc) mais complètement inconnu du citoyen lambda. Et pourquoi devrait-il être connu ? Qu’a-t-il accompli ? Pour faire simple, il annoncé le changement radical de philosophie qui allait balayer la civilisation occidentale durant le XXème siècle. En fondant la philosophie de la Théléma et en annonçant la venue d’un nouvel éon, Aleister Crowley n’a pas seulement formulé le précepte philosophique majeur du XXIème siècle, il a aussi fait partie du moteur Illuministe qui l’a promue.

A cause des rites sexuels de Crowley, de sa consommation de drogues et de son implication dans la « Black Magick » il fut critiqué et diffamé par la presse pendant toute sa vie. Cependant, des documents déclassifiés révèlent que la « Grande Bête 666 » menait une double vie : Crowley a apparemment entretenu des liens avec le gouvernement britannique et travaillait pour les services secrets britanniques et des membres haut placés du gouvernement américain. L’O.T.O – la société secrète qu’il a popularisée – comptait dans ses rangs les gens les plus influents de l’époque, qui en retour usaient de leur pouvoir afin de poursuivre l’avancement de sa principale philosophie : le Théléma.

Crowley naquit dans une famille religieuse et riche. Ses parents étaient membres de l’Exclusive Brethren, une faction conservatrice de la confession chrétienne du Brethren de Plymouth. Son père, un prêcheur-voyageur de la secte, était particulièrement dévot et on disait de lui qu’il lisait un chapitre de la Bible à son épouse et à ses enfants après le petit-déjeuner]. S’il maintenait de bonnes relations avec son père, il méprisait sa mère, qui l’appelait « la bête » – un nom dont il fera son sobriquet à vie. Après avoir perdu son père mort d’un cancer du poumon lorsqu’il avait 11 ans, il a hérité de la fortune familiale et est allé étudier la littérature anglaise à l’Université de la Trinité à Cambridge. C’est durant ses années d’académie que Crowley commença à nier, voire à se rebeller contre son milieu chrétien. Il remit sérieusement en question la Bible, prit part à des parties fines incluant des prostituées et des filles du coin, et développa un intérêt pointu pour l’occultisme. Autre étape symbolique dans son affirmation personnelle, il changea son nom « Edward Alexander » pour « Aleister ».

La vingtaine bien entamée, Crowley a rejoint beaucoup de groupes ésotériques où soit il montait les échelons avec l’admiration de tous, soit il était méprisé et expulsé. Inspiré par le livre d’Arthur E. Waite, Le Livre de la Magie Noire et des pactes, Crowley rejoignit l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée – connue sous le nom de « Grande Fraternité Blanche » – en 1898. Elle comptait parmi ses membres l’élite et les gens influents de la société de l’époque. On l’initia ensuite à la magie cérémoniale et à l’usage rituel des drogues.

En 1899, il devint, selon la rumeur, membre du couvent de sorcières d’Old George Pickingil. Cependant, il n’y fut pas très longtemps le bienvenu en raison de son attitude irresponsable et de ses inclinations homosexuelles (qui étaient choquantes à l’époque, même par les sorcières). La prêtresse de son couvent l’a plus tard décrit comme « un petit monstre vicieux à l’esprit sale enclin à faire le mal ! » Crowley devint aussi un franc-maçon de haut-rang, joignant plusieurs loges et acquérant plusieurs degrés maçonniques. Dans son autobiographie, il décrit l’obtention du 33ème (et dernier) degrés du Rite Ecossais :

« Don Jésus Medina, un descendant du grand-duc des temps glorieux de l’Armada, et un des plus grands chefs du Rite Écossais. Mon savoir cabalistique étant déjà suffisamment profond selon les critères en vigueur, il m’a pensé suffisamment valeureux pour la plus haute initiation qu’il était en mesure de conférer ; on obtint des pouvoirs spéciaux en vue de mon séjour limité, on me fit monter en grade et je fus admis au 33 ème et dernier degré avant de quitter le pays » Avec l’aide de l’auteur franc-maçon important John Yarker, il obtint d’autres degrés importants dont le 3ème Français par la Loge anglo-saxonne numéro 343, le 33ème du Rite Ecossais « de Cerneau », et les 90/95ème du Rite de Memphis/Misraïm. Si l’on en croit la Grande Loge Unie d’Angleterre en revanche, dont la reconnaissance définit en général les normes de validité parmi la franc-maçonnerie, aucun de ces organes maçonniques n’était considéré régulier et Crowley ne fut jamais un franc-maçon « officiel ».

En 1904, Crowley et sa nouvelle femme Rose visitèrent l’Egypte pour leur lune de miel. C’est durant ce voyage qu’il a écrit le Liber Legis, le Livre de la Loi, qui devint la pierre angulaire de sa vie. D’après son propre compte-rendu, la femme de Crowley l’a conduit dans un musée du Caire où elle lui a montré une stèle mortuaire datant du septième siècle av. J.C., connue comme « la Stèle d’Ankhefenkhonsou » (plus tard appelée « Stèle Révélatrice»). Crowley fut stupéfait par le numéro d’exposition : 666, le nombre de la Bête dans le Livre de la Révélation.

 « Il a annoncé l’avènement d’une nouvelle ère dans laquelle Crowley est devenu le prince-prêtre d’une nouvelle religion, l’Age d’Horus. Il devait tisser un lien entre l’humanité et la force spirituelle solaire, pendant laquelle Horus présiderait l’évolution de la conscience mondiale pour les deux mille ans à venir. Le message d’Aiwaz, considéré par Crowley comme son ange gardien personnel, l’a convaincu que sa mission dans la vie était de porter le coup de grâce à l’Age d’Osiris, avec son extension la plus moribonde : la foi chrétienne, et de construire sur ses ruines une nouvelle religion basée sur la Théléma – « la volonté », en grec. »

 

ALEISTER  crowley – qui suis-je ?

Ch. bouchet

Edition PARDḔS

 2003

Ce Crowley (Qui suis-je ?) présente un homme à multiples facettes : alpiniste et joueur d’échecs de renom, poète reconnu, grand voyageur, peintre déconcertant, militant en faveur de l’indépendance de l’Irlande, auteur de romans, de pièces de théâtre, de scénarios, grand séducteur et, surtout, magicien !


Dans ce Qui suis-je ?, l’auteur – qui a consacré un doctorat à Aleister Crowley et ses disciples – présente une biographie de celui que ses fidèles nommaient le Maître Thérion, une analyse précise de sa pensée et montre comment celle-ci a eu une influence non négligeable sur certains aspects de la culture moderne (rock’n roll, LSD, nouveaux mouvements religieux, etc.).


On découvrira qu’Aleister Crowley fut l’ami de nombreuses personnalités qui s’intéressèrent à l’occultisme, de Henry Miller à Fernando Pessoa en passant par Auguste Rodin, qu’il compta parmi ses disciples Ron Hubbard, le fondateur de la Scientologie, qu’il proposa un messianisme proche du Nouvel Âge, qu’il entendit rivaliser avec Krishnamurti, etc.


Au tournant du millénaire, alors que les idées les plus folles sont soutenues avec sérieux, la magie d’Aleister Crowley apparaîtra, en définitive, comme plus raisonnée qu’on ne l’imagine et de nature à apporter des réponses à ceux qui cherchent à « voir Dieu en face ». À ce titre, elle mérite qu’on s’y intéresse.

 

ALEISTER CROWLEY  -  LES SECRETS DE L’ORDO – STRUCTURES – ENSEIGNEMENTS – PRATIQUES MAGIQUES ET MYSTIQUES DE L’Aa

Aleister Crowley

Edition Sesheta

 2016

Afin de mieux faire connaître le système initiatique de l'A:.A:., encore trop méconnu en France, nous avons sélectionné différents textes pouvant vous permettre de vous faire une opinion et afin de commencer à travailler sereinement. De fait, vous trouverez, dans la première partie de cet ouvrage, un certain nombre de textes permettant de se faire une idée du système de l'ordre, ses origines, sa structure, ses grades, ses lectures et ses études. Dans la seconde partie, nous avons inséré quelques pratiques Magiques essentielles, liées à l'égrégore de l'A:.A:. Dans la troisième partie, vous pourrez découvrir les pratiques mystiques, les méditations et quelques ascétismes réalisé par les membres de l'A:.A:. Puis, en quatrième partie, nous vous proposons les fameux Rituels d'Auto-Initiation que Crowley créa pour les membres de l'A:.A:., le Liber DCLXXI vel Pyramidos, un rituel d'auto-initiation basé sur la formule du Néophyte, ainsi que le Liber Cadaveris, Rituel CXX, du passage à travers le Tuat, un Rituel d'Initiation pour le Zélator.

 

Cet ouvrage propose une sélection de textes afin de permettre au lecteur de mieux comprendre l’intention d’Aleister Crowley quand il fonda en 1907, puis développa, l’A :. A :., reprenant les initiales du troisième ordre de la Golden Dawn, souvent désigné comme Astrum Argentinum.

 

S’il conserva de la Golden Dawn certains éléments, il s’agit bien d’une création originale à la croisée des expériences et des connaissances d’Aleister Crowley. Quel que soit ce que l’on peut penser du personnage, souvent par méconnaissance, il demeure un véritable chercheur, sans concession avec lui-même, et de ce point de vue, réellement pratique quand tant d’autres ne font que théoriser, il mérite notre intérêt. Le corpus de l’A :. A :. est immense et inclut des domaines très variés des traditions occidentales et orientales. La sélection réalisée présente toutefois une variété significative:

 

La première partie rassemble des textes généraux traitant du système, des exigences et de la finalité de l’ordre, de son échelle de grade, basée comme au sein de la Golden Dawn, sur l’arbre séphirotique. Aleister Crowley, constatant les inévitables problèmes inhérents à la vie de groupe avait fait très justement le choix d’un fonctionnement en lignée.

 

La deuxième partie propose une sélection de pratiques magiques propres à l’ordre.

 

La troisième partie est une sélection de pratiques mystiques ou ascétiques et de méditations. Suivent enfin deux rituels d’auto-initiation créés par Aleister Crowley pour les membres de l’ordre.

 

L’expérience d’Aleister Crowley, son auto-expérimentation des mouvements de la conscience, lui permirent de développer une forme de pragmatisme sage trop souvent négligé. Exemple avec ces extraits du Liber o vel manus et sagittae sub figura VI :

 

1 – Il est très facile de mal comprendre ce Livre ; il est demandé aux lecteurs de l’étudier en y portant l’attention critique la plus minutieuse, ainsi que nous l’avons fait pendant sa préparation.

2 – Dans ce Livre, on parle des Séphiroth, des Sentiers, des Esprits et des Conjurations des Dieux, des Sphères, des Plans et de beaucoup d’autres choses qui pourraient ou ne pourraient pas exister. Qu’elles existent ou non est sans importance. E, faisant certaines choses, certains résultats suivent ; les étudiants sont sérieusement mis en garde contre le fait d’attribuer une réalité objective ou une justesse philosophique à l’une d’entre elles.

3 – Il y a peu de danger pour un étudiant, même s’il est paresseux ou stupide, ou n’obtient pas quelques résultats ; mais il y a grand danger qu’il s’égare, même si cela est causé par ce qu’il est nécessaire d’atteindre. Trop souvent d’ailleurs, il confond la première étape avec le but et retire son armure comme s’il était victorieux, avant même que la bataille soit bien engagée.

 

Il est plus efficace pour approcher l’œuvre d’Aleister Crowley de ne pas abuser des comparaisons que ce soit avec la Golden Dawn ou avec l’O.T.O. même s’il a joué un rôle au sein de ces organisations. Le corpus de l’A :. A :. et, généralement, l’œuvre d’Aleister Crowley, gagnent à être approchés comme une œuvre d’art à découvrir et, éventuellement, à expérimenter dans sa propre vie. Un jour peut-être, cette œuvre sera reconnue comme une contribution majeure à la pensée et au procès initiatiques

 

anthologie des miracles & des mystifications, à travers 50 siÈcles de spiritualitÉ

J.C. ducul

Edition FILIPACCHI

 1993

Toutes époques et tous peuples confondus, de 4 000 ans avant notre ère jusqu’à aujourd’hui, l’être humain a toujours eu besoin de s’évader de la réalité brute et de croire à… l’incroyable ! Poussé par une impérieuse quête intérieure, il s’est inventé des mythes et des dieux, s’est prosterné devant des images et des prophètes.

 

Nulle civilisation n’a su y échapper, et plus science et logique ont cherché à s’imposer, plus l’imaginaire s’est évertué à nous entraîner sur les pistes de l’illusion.  À travers une multitude de récits comme autant d’histoires courtes qui condensent la grande Histoire de l’humanité, cet ouvrage reflète dans n style rafraîchissant les plus grandioses chimères, les plus fabuleux mystères et miracles, les plus extraordinaires mystifications, fondements communs de toutes les religions.

 

De l’Égypte pharaonique à l’actuel Tibet, de la Rome antique à l’Europe du XXème siècle, du djihad combatif au bouddhisme contemplatif, ces contes des mille et un dieux, des mille et un prophètes, tantôt nous charment, tantôt nous envoûtent mais toujours nous captivent.

 

Le quotidien s’estompe, le réel se mêle au magique, et grâce à ce livre on se retrouve ailleurs, dans l’émerveillement des légendes et des mythes éternels.

 

APPROCHE ÉsotÉrique de la connaissance

Henri LAURENT

Edition  Arma Artis

 2002

Le but de cet ouvrage est de déclencher une réflexion sur deux sujets épineux : la conscience et la connaissance.

 

Savoir donner un sens à sa vie, hors des sectes, oui mais à condition de savoir où et comment chercher.

 

Au savoir et à la connaissance pragmatique, il faut y rajouter une dose d’ésotérisme et de métaphysique, mais le parcours initiatique n’est pas facile, ce livre nous aide à mesurer les écueils et à baliser le chemin. Car si chacun a sa vérité, nul ne détient La Vérité, il est donc important de savoir se positionner entre l’homme de savoir, de conscience, de foi, de connaissance, ou de pouvoir.

 

ARKTOS. LE MYTHE DU PÔLE DANS LES SCIENCES, LE SYMBOLISME ET L’IDÉOLOGIE NAZIE

Joscelyn GODWIN

Edition  ARCHE MILAN

 2000

Le thème polaire souvent lié au mythe aryen a inspiré nombre de savants, d’occultistes et autres Esotéristes. Le pôle est présent notamment chez R.Guénon, Wirth, Athanasius Kircher, Fabre d’Olivet, ST Yves d’Alveydre, Papus, Apus, Schwaller de Lubicz et autre Evola.

 

Loin au nord, quelque part près des régions glacées du Pôle nord, une légende parle d'une civilisation ancienne et presque oubliée. D'un caractère mythique, on dit que la civilisation hyperboréenne a été florissante dans les régions les plus septentrionales de la planète à une époque compatible avec un habitat humain.

 

Selon certains systèmes ésotériques et traditions spirituelles, l'Hyperborée constituait le début de la civilisation terrestre et céleste. Le foyer de l'Homme originel. Certains récits postulent que l'Hyperborée était le jardin d’Éden de l'origine, l'endroit où les plans terrestres et célestes se rejoignaient. Et on dit que l'Homme transgressa la Loi divine dans cette civilisation de l'Âge d'Or, le prix ultime étant son bannissement dans le monde extérieur. L'homme s'aventura dans d'autres régions de la Terre, établit de nouvelles civilisations et mit un terme à ce grandiose et glorieux Âge d'Or.

 

L'Âge d'Or est au centre de multiples traditions et mythes anciens. Il est significatif que l'Âge d'Or apparaisse plus fréquemment dans les traditions des cultures s'étendant de l'Inde à l'Europe du nord – la région directement sous la région des pôles. Joscelyn Godwin, explique dans cet ouvrage que la mémoire ou l'imaginaire d'un Âge d'Or semble être une particularité des cultures qui couvrent une zone entre l'Inde et l'Europe du nord... Mais dans le Moyen-Orient antique subsiste un indéniable vestige de l'Âge d'Or de la Genèse, un jardin d’Éden où l'humanité marchait en compagnie des dieux avant la Chute. Les égyptiens parlaient d'époques passées où régnaient des dieux-rois. La mythologie babylonienne... comportait un système de trois âges, chacun durait le temps que l'équinoxe vernal (de printemps) faisait une précession de quatre signes du zodiaque ; le premier, sous la domination d'Anu, l'Âge d'Or, se termina avec le Déluge. Les textes de l'Avesta en Iran racontent le règne d'or de Yima pendant mille ans, le premier homme et le premier roi, et pendant son règne le froid et la chaleur, la vieillesse, la mort et la maladie étaient inconnus.

 

La théorie la plus complète de ce genre et probablement la plus ancienne, est la doctrine hindoue des quatre Yugas. Les quatre âges de cette chronologie sont le Krita ou Satya Yuga, le Treta Yuga, le Dvapara Yuga et le Kali Yuga, la totalité de la période constituant un Mayayuga. Le Kritayuga correspond à l'Âge d'Or, le Kali Yuga à la période actuelle. Chaque description de la période de l'Âge d'Or raconte comment les 'dieux' marchaient avec les hommes dans un environnement parfait et harmonieux, équilibre entre le terrestre et le céleste. L'humanité ne souffrait d'aucune maladie et des atteintes de la vieillesse dans ce paradis hors du temps. Après la Chute, l'homme 'tomba' dans le Temps et la souffrance, renonçant au cadeau d'immortalité.

 

Madame Blavatsky, la fondatrice de la Société Théosophique, prétendait que la 'seconde race de base' était originaire d'Hyperborée, avant les races ultérieures de Lémurie et d'Atlantide. Le métaphysicien russe Alexandre Dugin dit que c'était la patrie des 'peuples solaires', en lien avec ce qu'on nomme aujourd'hui la Russie nordique. ''Les peuples solaires'', explique Alexandre Dugin, sont d'un ''type culturel-spirituel'' créatif, dynamique et spirituel. Ils sont l'opposé des ''peuples lunaires'', type psycho-spirituel, matérialistes, conservateurs et qui se méfiaient de tout changement.

 

Les grecs anciens avaient une légende de l'Hyperborée, le pays du soleil perpétuel au-delà du 'vent du nord'. Hécate (autour de – 500) dit que l'endroit sacré des hyperboréens, qui était construit ''d'après le schéma des sphères'', réside ''dans les régions au-delà du pays des Celtes'' sur ''une île dans l'océan''. Selon des récits populaires, le temple du dieu Apollon à Delphes aurait été bâti par des membres de l'Hyperborée. Le poète grec lyrique Alcaeus (- 600) a chanté le voyage réel et mystique d'Apollon sur la terre des hyperboréens : Ô roi Apollon, fils du grand Zeus, ce père qui t'a offert à ta naissance un bandeau d'or et une lyre en coquillage, qui t'a donné un chariot tiré par des cygnes, qui t'a conduit à Delphes...Mais les cygnes t'ont malgré tout emmené au pays des hyperboréens.

 

Le port d'une robe brodée d'une étoile par le roi et 'dirigeant du monde' est une coutume qu'on peut faire remonter aux hyperboréens. Brodées d'or sur une soie bleue, on trouvait les représentations du soleil, de la lune et des étoiles. De telles robes étaient portées par les rois de l'ancienne Rome dont Jules César, ainsi qu'Auguste et autres empereurs romains. Des statuettes en poterie découvertes dans une tombe de Yougoslavie montrent un Apollon hyperboréen dans un chariot tiré par des cygnes. Le dieu porte sur son cou et sa poitrine des images du soleil et des étoiles ; sur sa tête une couronne avec des rayons et un bandeau avec des dessins en zigzag. Sa robe, qui touche le sol est bleu foncé avec des dessins jaunes.

 

L'une des théories les plus populaires sur l'effondrement de l'Hyperborée parle d'une inclinaison physique de l'axe de la Terre. La transgression par l'homme de la Loi divine a entraîné un changement de l'équilibre métaphysique, dont l'effet fut catastrophique sur le plan terrestre. Julius Evola, le célèbre métaphysicien italien, explique qu'à ce moment-là le premier cycle de l'histoire s'est terminé et que le deuxième, l'atlante, a commencé : La mémoire de cet endroit de l'Arctique est le patrimoine des traditions de nombreux peuples, sous la forme soit d'allusions géographiques réelles, soit de symboles de son rôle et de sa signification originale, ou appliquée autrement à d'autres centres qu'on peut considérer comme des copies de l'original...par-dessus tout, on remarquera l'interaction entre le thème arctique et le thème atlantique...on sait que le phénomène astrophysique de l'inclinaison de l'axe de la terre cause un changement de climat d'une époque à une autre. De plus, comme le dit la tradition, cette inclinaison s'est passée à un moment donné et en fait par un alignement d'un fait physique et métaphysique, comme si le désordre de la nature reflétait une certaine situation d'ordre spirituel...en tout cas, ce n'est qu'à un certain moment que la glace et la nuit éternelle sont descendues sur la région polaire. Ensuite, avec l'émigration forcée de l'endroit, le premier cycle s'est fermé et le second s'est ouvert, démarrant la seconde grande ère, celle du cycle atlante.

 

Le souvenir de l'Âge d'Or, bien que rapporté sous une forme archétypale ou mythologique, sert un but super-historique. C'est pourquoi le souvenir de l'ancienne civilisation de l'Atlantide est parfois intriqué avec celui de l'Hyperborée. Nous ne pouvons nous attendre à 'prouver' l'existence physique de ces civilisations. Tous les mythes sont connus pour avoir une base historique. Transmis au début par tradition orale, ils sont inclus dans un récit simple et accrocheur qui assure leur survie et leur transmission à travers les âges. Le mythe sert une fonction extrêmement vitale – la réminiscence de nos débuts, la connaissance de vers où nous allons et ce que nous sommes supposés faire. Ce n'est qu'aujourd'hui dans le Kali Yuga que nous nous sommes déconnectés de la tradition, perdant la capacité d'interpréter et de comprendre les mythes contenant les graines historiques de la vérité.

 

La légende de l'Hyperborée a été ranimée aux 18ème et 19ème siècles quand un flot de livres a été publié, liés à l'idée que la civilisation est apparue d'abord non pas au Moyen-Orient, mais quelque part ailleurs. La théorie populaire de l'époque postulait que les soi-disant 'aryens' (européens) étaient supérieurs et plus intelligents que les sémites (populations du Moyen-Orient). Donc, logiquement, la civilisation ne pouvait avoir démarré au Moyen-Orient et l'hébreu n'était probablement pas la langue originelle.Les français du siècle des Lumières n'avaient aucun doute que l’Éden était situé sur une terre élevée. Les allemands de manière semblable, qui cherchaient leurs Lumières, tentaient aussi de se libérer d'une histoire liée aux régions méditerranéennes et moyen-orientales. Les érudits anglais et allemands étudiaient la civilisation de l'Inde ancienne (védique) et se penchaient sur la langue sanskrite. Beaucoup pensaient que le sanskrit était la langue d'origine des 'aryens'.

 

Au sommaire y est développé:

 

L'Hyperborée: l'impérissable terre sacrée et son Âge d'or

L'Aurore boréale, l'origine arctique; le mythe aryen, la société de Thulé, Julius Evola dernier Hyperboréen, l'ordre noir, l'Agartha et les Polaires, Shambala, le trou du pôle et l'Antarctique.

L'Arcadie retrouvée avec le pôle symbolique, les traditions solaire et polaire, le pôle spirituel

les catastrophistes, les uniformitaristes, les théories mixtes, le vagabondage des pôles et la restauration de l'Âge d'or en retrouvant la Sagesse et en respectant la Nature.

 

ARSÈne lupin supÉrieur inconnu

Patrick FERTE

Edition Guy Trédaniel

 1992

Ce livre est la clé de l’œuvre codée du Maurice Leblanc qui fut un grand ésotériste, on lui prête même d’avoir été Président du Prieuré de Sion, de là ses connections avec Rennes–Le–Château et le trésor de Gisors.

 

L’auteur dévoile le vaste cryptogramme de l’œuvre de M. Leblanc et de ses ramifications ésotériques, à travers ses personnages dont Arsène Lupin.

 

Usant jusqu'au sortilège d'une érudition prodigieuse et d'une sagacité rare, superposant les aventures lupiniennes et les étranges affaires de Rennes le château et de Gisors, l'auteur nous révèle ici le filigrane au second degré richissime.

Prenant Maurice Leblanc au Mot et contre toute attente, l'auteur renouvelle entièrement le dossier et enchaîne les découvertes d'envergure.

 

D'entrée de jeu, ne retrouve t-il pas le reliquaire où repose Arsène Lupin dans la cathédrale audoise? S'avisant qu'un héros trésorier de M. Legrand fut évêque de Carcassonne, il découvre qu'il était le patron de Mgr Billard, le protecteur de l'étrange abbé Saunière, curé de Rennes le château.

 

Et 813, titre d'un roman de M. Leblanc, n'est pas la date de fondation de l'abbaye d'Alet? Une autre aventure met en scène un certain abbé Gélis, détenteur de la clé d'un souterrain à trésor: n'est-ce pas là, en toutes lettres le nom du curé de Coustaussa que l'abbé Bérenger Saunière consulte après la découverte d'un mystérieux tombeau et dont l'assassinat est resté inexpliqué?

 

De là, traquant Lupin comme jamais, Patrick Ferté nous entraîne d'un pas sûr dans des catacombes aussi insoupçonnées qu'irrécusables, il en reconstitue l'occulte réseau que hantèrent sans relâche, tant de sociétés secrètes où Maurice Leblanc avait ses entrées ou ses antennes.

 

Si comme on le dit, Arsène Lupin cambriola l'histoire de France, c'est à n'en pas douter l'histoire secrète de la France Hermétique, et P. Ferté a pu lui ravir la plus belle clé de son passe-partout magique, qui ouvre sur les cryptes d'une hallucinante cathédrale souterraine où il fait jouer, jusqu'à l'étourdissement, la symphonie des coïncidences.

 

Un livre étonnant, sympathique, passionnant et envoûtant.

 

ARSḔNE LUPIN - DICTIONNAIRE DE LUPINOLOGIE – ARSḔNE LUPIN DANS TOUS SES ḖTATS

P. Gayot et J. Baudou

Edition de l’Oeil du Sphinx

 2016

Il ne s’agit pas d’un nouveau dictionnaire Arsène Lupin. Les deux ouvrages de Jacques Derouard parus aux éditions Encrage, Le Dictionnaire Arsène Lupin et Le Monde d’Arsène Lupin répondent parfaitement à la fonction d’un dictionnaire. Il est question ici de lupinologie. « La Thermosophie est la « Sagesse du lupin » ; la lupinologie est la science du lupin. » précisent les auteurs. Une note complète : « Jacques Derouard occupe par ailleurs la chaire de Thermosophie critique et administrative du Collège de ‘Pataphysique ». Paul Gayot et Jacques Baudou approfondissent l’idée : La Thermosophie «  est à Arsène Lupin ce que l’holmésologie est à Sherlock Holmes : une recherche savante et « inutile », car purement désintéressée et dégagée des contingences universitaires ou commerçantes. »

 

Constatant que l’exégèse lupinienne demeure dispersée dans de nombreux travaux ou articles, souvent peu ou plus accessibles, nos deux auteurs ont décidé, pour le plus grand bonheur des lecteurs fidèles au gentleman-cambrioleur, de rassembler ce qui est épars. Ils se sont restreints, pour le moment, aux lupinologues décédés dont, avancent-ils, « on ne peut plus guère attendre de révélations ». Parmi eux : Francis Lacassin, Jean-Claude Dinguirard, Jacques Bens, Kirmu ou Michel Lebrun.

 

Et qu’apprenons-nous en lupinologie ? De très nombreuses choses. Par exemple, que Lupin a eu des précurseurs, que l’œuvre de Gaston Leroux a été explorée de multiples manières d’un point de vue initiatique, que Lupin a été imité, que Maurice Leblanc a « le premier, imaginé maintes situations du roman d’énigme devenues classiques », qu’il « a fait son apparition en bande dessinée dans le Journal France- Soir en 1948-49 sous la forme d’un comic-strip avec un paragraphe de texte sous chaque image »…

 

Le lecteur découvrira aussi la nature des rapports entre Lupin et Holmes, les amours et les mariages de Lupin, ses très nombreuses identités, les rapports de Lupin avec la psychanalyse, ses idées politiques, les ressorts et principes de la « méthode » Lupin, sa présence au cinéma et à la télévision mais aussi au théâtre, son influence, etc. Au fil des pages, ce personnage, qui nous semble finalement tous familier, apparaît dans sa complexité et sa grande richesse. Voici un ouvrage indispensable aux amateurs d’Arsène Lupin et, plus généralement, à tous ceux qui s’intéressent à la littérature populaire ou dite populaire.

 

Qui est vraiment le héros de Maurice Leblanc ? Cent ans après sa création, tous les Français connaissent Arsène Lupin. Ce héros créé par Maurice Leblanc nous apparaît avec son chapeau haut de forme, sa redingote, sa canne et son monocle. Cette représentation a été créée par Léo Fontan pour lui donner une apparence sympathique. Il ne connaît pas plus le héros que vous et moi. Cependant, cette image colle à la peau du personnage et elle le met en valeur. Mais en fait, qui est Arsène Lupin ? Comment est-il ? Pourquoi est-il toujours aussi populaire ?

 

Le physique d’Arsène Lupin : Est-il grand ? Est-il brun ou blond ? Comment sont ses cheveux, la couleur de ses yeux ? Quel age a-t-il ? Au fil de ses aventures, notre personnage apparaît comme un homme différent. Dans Les dents du tigre, il est un homme de taille moyenne, d’une quarantaine d’année et d’aspect plutôt avenant. Dans 813, ou il incarne le préfet de police Lenorman, il est un homme jeune aux yeux brillants mais sa peau apparaît sèche, son dos voûté, une barbe et des cheveux grisonnants. De multiples exemples attestent qu’il semble différent à chacune de ses apparitions. Le héros est jeune et vieux à la fois. Il ressemble à un vieillard avec une sensation de force et de puissance. De telle sorte qu’aucun de ses adversaires ou de ses collaborateurs ne le reconnaissent. Même son biographe, qui n’est autre que Maurice Leblanc, se laisse berner. Cependant, seul Herlock Sholmés ne se trompe pas sur lui.

 

Dans Arsène Lupin contre Herlock Sholmés, il écrit : « Il m’a vu qu’une fois, mais j’ai senti qu’il me voyait pour la vie, l’être même que je suis ». L’auteur dissimule son personnage, il le décrit sommairement ou pas du tout. Il contribue au doute que peut avoir le lecteur sur l’identité du personnage. Le héros est toujours sous les traits de quelqu’un d’autre. Dans L’aiguille creuse, le narrateur ne reconnaît pas notre héros. Nous aurions pu penser qu’Arsène lupin apparaît sous son vrai visage. Il n’en est rien. Il annonce son vrai nom mais sa morphologie est différente. De ce fait, il s’installe un jeu entre le lecteur et l’auteur. Le premier cherche dans les différents personnages son héros, le second en le déguisant, en le transformant, le masque.

 
Ainsi, si vous croisez Arsène Lupin dans la rue, vous ne vous retournerez même pas. Nous ne connaissons pas son physique. Il est tout le monde et donc personne à la fois. Maurice Leblanc, par son talent, crée un héros sans aspect et sans image. Il est extrêmement difficile alors de se faire une représentation du personnage.

 

La métamorphose : Dès son plus jeune âge, Arsène Lupin se forme aux arts martiaux en pratiquant le Jiu-Jitsu. Il lit les grands écrivains comme Plutarque dans 813 ou Homère dans La comtesse de Cagliostro. En 1890, il aurait fait des études simultanées de droit et de médecine. En 1893, il travaille pendant dix-huit mois au laboratoire du docteur Altier. Son but est d’acquérir des connaissances dans la modification du visage. Il souhaite utiliser son expérience pour des opérations répréhensibles. Ainsi, dans Arsène Lupin, gentleman cambrioleur, il explique son changement d’apparence à Ganimard. Il utilise un subterfuge tellement efficace qu’il est libéré par ce dernier. En effet, son plus farouche adversaire ne le reconnaît pas lors de sa présentation au procès. Il le fait libérer immédiatement. Durant tout son temps en détention, notre héros va utiliser les techniques de transformation du visage et du comportement pour mystifier ces juges. Il use de poisons afin de muer son visage, le rendant plus terne ou le vieillissant en fonction des personnages qu’il incarne. De plus, il change de costumes et d’accessoires pour parfaire son aspect. Seulement, il ne faut pas résumer ces transformations à des modifications physiques.

 

Sans artifice, il rentre dans la peau de ses personnages comme un acteur. Il joue le personnage qu’il incarne. Il reproduit sa gestuelle, ses tics, sa démarche. Il travaille énormément pour parfaire son mimétisme. En réalité, Il devient la personne, il est la personne. Arsène Lupin est ainsi capable de devenir un comte, un baron, un brigand comme Baudru dans L’arrestation d’Arsène Lupin. La force de Lupin est l’incarnation même de son personnage. Nous pouvons ainsi l’opposer au Commissaire Maigret et surtout à Fantômas qui est son grand rival en 1911. Dans le civil, Fantômas peut être tout le monde. Mais, il doit se vêtir de sa cape et de son masque pour se transformer. La grande force de Lupin est qu’il n’a besoin de rien. Il ne ressemble à personne et il est donc tout le monde. Il n’apparaît jamais sous ses vrais traits même devant son historiographe qui est Maurice Leblanc.

 

Les noms de Lupin : Plus nous découvrons Arsène Lupin, plus il apparaît difficile d’appréhender le personnage. Ses aventures se transforment en jeu entre le lecteur et Maurice Leblanc. Comme la police, nous essayons de découvrir notre héros derrière tel ou tel personnage de l’histoire. Il est la police lorsque nous le découvrons sous les traits de l’inspecteur Ganimard. L’intrigue prend alors une autre tournure, encore plus excitante. Il apparaît sous différents noms comme le Prince Sernine (813), Don Luis Perenna (Les dents du tigre, Le triangle d’or) ou encore Raoul d’Andrésy. Ce nom est orthographié avec un « S » ou un « Z ». Ces noms sont des inventions de l’auteur. Cependant, il utilise aussi l’usurpation d’identité lorsqu’il se fait passer pour Ganimard ou Lenormand. Pour que le lecteur se repère, il semble que Lupin se présente souvent avec le prénom de Raoul parce qu’il s’agit de son nom d’enfant. Il utilise souvent des noms à consonance étrangère ; cela lui permet de se substituer à son passé et donc d’éviter des questions trop embarrassantes qui pourraient le démasquer. L’auteur utilise aussi les anagrammes comme Paul Sernine (813) ou Luis Perenna.

 

Un cambrioleur, pas un criminel : Maurice Leblanc a appelé son héros Arsène Lupin « gentleman-cambrioleur ». Notre héros a transformé le cambriolage en art. Il est magistral dans toutes les opérations qu’il met en œuvre. Il lui arrive souvent de prévenir sa victime de son forfait. Il manipule, il désinforme pour amener son adversaire à agir dans le « bon sens » ; c’est-à-dire en favorisant son vol. Nous découvrons cette tactique dans Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur. Il s’attaque à des personnages importants et les ridiculisent par ses actes. Il signe en laissant sa carte sur les lieux du vol. Mais surtout, il ne commet pas de crime. En effet, la police ne le soupçonne pas lorsqu’un meurtre est découvert. Sa popularité découle aussi de son refus de l’action violente. A la différence de Fantômas qui tue sans merci, Lupin refuse de faire couler le sang. S’il s’avère qu’un forfait accuse Lupin à tort, il se démène pour arrêter les coupables et les livrer à la police. Il n’apparaît pas comme un criminel, comme un assassin, mais comme un défenseur de la veuve et de l’orphelin. Il peut se rapprocher d’un Robin des Bois lorsqu’il dépouille les riches de ce monde. Il le fait avec talent et réveille en nous ce désir de justice. Cependant, même si Lupin n’a jamais tué de ses mains, dans 813, il est responsable de la mort de Louis Malreich qui meurt guillotiné. C’est Lupin qui le livre à la police en accumulant les preuves contre lui. Mais, c’est lui qui, trop tard, le disculpera. Le suicide de Pierre Leduc, toujours dans 813, le frustre car il avait modelé ce personnage. Il était un outil de sa création. Il lui dictait ses actes, c’était sa marionnette. Notre héros ne ressort pas indemne de cette aventure et se jettera du haut d’une falaise : « Il jeta des baisers dans l’espace, au ciel, au soleil...Et, croisant les bras, il sauta »...

 

asia mysteriosa & le mystÈre des polaires

Zam bhotiva

Edition PARDES

 1995

En 1918, un jeune homme fait la connaissance d’un vieil ermite qui lui fait don d’un mystérieux document, l’Oracle de Force Astrale. Décrypté, il s’agissait d’une formule qui permettrait d’entrer en contact avec des Supérieurs inconnus.

Cet épisode allait donner naissance à l’une des plus formidables et des plus mystérieuses aventures ésotériques du XXème siècle. Car l’oracle va être testé, éprouvé par d’éminents personnages, et son efficacité reconnue. De là naîtra la secrète Fraternité des Polaires qui, pendant une dizaine d’années avant la guerre comptera un très grand nombre de personnes du milieu ésotérico-politico-activiste.

Rédigé par leur chef et principal animateur, Asia Mysteriosa fut d’une certaine manière leur Bible. Ce livre expliquait le principe de la méthode sans la livrer et fournissait de nombreux exemples d’interrogations et de réponses, souvent impressionnantes de précision. Asia  Mysteriosa, c’est le témoignage d’une aventure rosicrucienne, qui, derrière une apparente référence à l’Asie de l’Agartha et de Shambhala, ces terres originelles, dissimule en réalité une conscience européenne des plus traditionnelles.

À la suite de cette réédition, un document exceptionnel est, pour la première fois, présenté au public. Il s’agit de la Méthode de l’Oracle de Force Astrale elle-même. On sait finalement peu de choses des polaires, mais ceux-ci ont fait couler beaucoup d’encre. Une préface originale permet en outre de restituer les polaires dans leur contexte et d’évoquer l’importance qu’ils ont pu représenter dans la mystérieuse Entre-deux-guerres.

 

ASPECTS ÉSOTÉRIQUES DU THÈME DE LA QUÊTE. DES ROIS MAGES AU GRAAL / DU GRAAL AUX ROIS MAGES

Emmanuel Licht et Fernand Cafiero

Edition l’œil du Sphinx 

 2013 

Cet ouvrage nous offre le résultat de la quête des auteurs sur le thème de la « Quête ». Une « méta-recherche », qui essaie de répondre à ces trois questions fondamentales : 1/ Quelle est notre origine ? – 2/ Quelle est notre situation actuelle ? - 3/ Quel est notre destin ? -

Cet énorme travail ne souffre pas de rareté de documentation, les traces sont disponibles abondamment et chaque époque, chaque culture, chaque religion a apporté sa réponse. Le travail de tri et de classification de cette documentation est la chose la plus importante, on aboutit alors très vite aux mythes généraux, ceux qui façonnent la pensée de l’homme en y implantant des images archétypales solidement implantées et pourtant évolutives.

Nos deux auteurs ont choisi pour fil conducteur deux mythes fondateurs, au sens jungien du terme : celui des Rois Mages et celui du Graal, choix pertinent qui permet à tout un chacun d’y découvrir sa propre vérité et son cheminement.

Pour les Rois Mages, ce sont des savants qui savent ce qu’ils cherchent mais ne savent pas ce qu’ils vont trouver, ni quoi, ni où ni quand. Pour la recherche du Graal, le contact avec le « monde d’en haut » s’impose à Perceval, naïf et illettré, sous forme d’une grâce.

Toute l’histoire de l’humanité réside dans cette antinomie, la voie du contact avec les vérités sublimes s’ouvre aussi bien à ceux qui cherchent et qui fournissent des efforts inouïs pour trouver des réponses, qu’à ceux dont le cœur pur et ouvert génère une forme de mérite dont l’illumination constitue la récompense.

Cet ouvrage est un voyage passionnant qui nous conduit à travers les hautes sciences traditionnelles, la kabbale, l’Alchimie, la Science des Nombres, la Géométrie, l’Astronomie. Il nous conduit aussi aux confins de notre planète, de l’Asie à la Gaule celtique, nous franchissons également les portes du temps, des textes des Vedas au Serpent vert de Goethe, nous y découvrons combien ces images sont stables, à travers soixante siècles de présence, du paléolithique aux recherches de Raymond Abellio.

Les voyageurs bénéficient de tous les temps d’une divine sollicitude ; déjà dans l’Odyssée, Hermès-Mercure intervient pour protéger les héros, il a pour attribut un bâton, comme un berger, un évêque, un abbé ou comme Moïse guidant son peuple, un bourdon à la main. A l’époque chrétienne St Jacques protégera les pèlerins, lui aussi tient son bourdon en main, et St Christophe, le bon géant débonnaire qui cherchait le Christ, finit par le trouver puis l’aide à traverser la rivière tumultueuse, de même qu’Hermès aide l’âme des morts à accomplir le dernier voyage qui conduit au royaume d’Hadès en franchissant le Styx.

Le voyage de la quête est ainsi ouvert à tous ceux qui oseront le chemin de ces recherches « transversales », car ils y trouveront de passionnants trésors. Nous ne sommes pas condamnés à vitre dans un monde incompréhensible, loin de là, nous avons même le devoir de le déchiffrer, déchiffrer voulant dire « en tirer les chiffres essentiels ». La plus ancienne tradition humaine rapporte que la création a été effectuée par des nombres clefs, et qu’il est possible de les retrouver en recherchant ici-bas les correspondances et les analogies.

Le royaume d’Arthur à partie duquel se déploiera la Queste du Graal, n’est pas légitimé par la lignée, ni par la force ou les compromissions, il se justifie par les valeurs qu’il porte : courage, respect du serment, sacralité de la personne humaine, aptitude au don de soi. Les grands mythes de l’humanité ré-exhument ces valeurs périodiquement, quand les mémoires oublient la source initiale, qui relie l’homme à une Vérité sublime et transcendante. A chaque réapparition né un rite nouveau, en apparence, mais toujours corrélé aux étapes précédentes, on appelle cette « chaîne » « la Tradition ».

Les deux auteurs nous entrainent donc dans avec bonheur dans un voyage en deux étapes, mais par un chemin aux sentiers qui bifurquent ; nul n’est obligé de s’écarter du chemin, mais nul n’est tenu à se cantonner aux limites de son balisage. La route est une invitation permanente où l’homme prend la mesure de la force de sa liberté afin d’aller pérégriner sur ces nouveaux sentiers.

Au sommaire de cet ouvrage :

Des Rois Mages au Graal : Les sources de la légende des Rois Mages - La recherche de la Lumière : Lux Aur Ohr - Les Mages : le magistère du soleil entre alchimie et kabbale - Noël : fête de la lumière - Epiphanie : Lumière manifestée - Agartha - Représentation de Dieu - les Etoiles - Régénération - Emmanuel : la Quête jusqu’au renoncement de soi -

Du Graal aux Rois Mages : La légende du Graal - trois symboles en mouvement - le Graal, clef géométrique de la Régénération - Ennéagone - le Graal et la Tradition - le mythe d’Arthur - les Cathares - le génie des troubadours : Entrebescar les Motz - le Simorgh - le serpent vert de Goethe -

 

AU SEUIL DE L’ÉSOTÉRISME

Paul SERANT

Edition GRASSET

 1955

Précédé par l’Esprit moderne et la Tradition de  Raymond Abellio, cet excellent ouvrage donne une très bonne explication de l’ésotérisme  de ses arcanes, de son symbolisme et de ses diverses formulations.

Paul Sérant explique les méandres de cette discipline qui est très souvent mise à toutes les sauces.

 

‘’Rien de plus convergent pourtant que les enseignements de ce qu’on appelle la Tradition et les résultats de cette phénoménologie. Il faut d’abord souligner la parenté du « Je » transcendantal, de « l’homme intérieur » de saint Paul et de l’Atman des védantistes. Mais il faut considérer surtout comment, en donnant à la structure de la vision absolue valeur de fondement ontologique unique, cette même phénoménologie se trouve éclairer du dedans certains dogmes traditionnels transmis par voie d’autorité, tel celui des six jours, qui décrit toute genèse, ou expliciter des structures mystérieuses comme celle des tarots d’Hermès et de l’alphabet hébraïque. Il entre dans l’objet de la collection « Correspondances » de procéder à ce sujet aux démonstrations nécessaires qui ne peuvent évidemment trouver leur place dans cette introduction

 

Cependant, c’est surtout l’esprit dans lequel sont poursuivies aujourd’hui les recherches ésotériques qui nous semble devoir faire l’objet, ici, de la plus stricte révision. Malgré les bonnes intentions affirmées par les ésotéristes « traditionnels », l’ésotérisme apparaît surtout aux yeux du public comme un réquisitoire contre le monde et la science modernes. Au début de la préface de son ouvrage fondamental : le Règne de la quantité et les Signes des temps, René Guenon indique que tout, dans la manifestation, fait partie du plan de Dieu et possède de ce fait un sens positif.

 

C’est dans cet esprit que le serviteur de Dieu disait déjà à Yaweh : « Vous ne sauriez rien haïr de ce que vous avez fait. » On ne peut cependant dissimuler qu’au lieu de se consacrer, dans la ligne de ce propos, à l’élucidation du sens de toutes choses, même et surtout de celles qui sont en apparence, pour le sens commun, les plus aberrantes, l’ésotérisme dit traditionnel se transforme le plus souvent, à la suite de Guenon lui-même, en un long pamphlet et que, au nom de la sagesse de l’ancien Orient, son jugement sur l’Occident et ses doctrines se résume en un pur et simple anathème.

 

En se créant ainsi des adversaires et en se battant sur leur terrain, l’ésotérisme laisse croire qu’il peut effectivement avoir des adversaires, et surtout qu’il ne possède pas un champ d’action lui appartenant en propre, où tout « ennemi » devient justement, dans l’interdépendance universelle et en tant que pôle de structure et que porteur de sens, un allié’’. – Raymond Abellio -

9 B

B.A. BA des FÉES

Anne-Laure D’APREMONT

Edition PARDES

 2001

L’auteur nous entraîne dans le monde merveilleux des fées, à la compréhension de l’âme, de la nature et du vivant. Le constat est le suivant : on ne doit pas domestiquer les  Eléments mais essayer de se les concilier. Le nom fée vient du mot latin fata qui se disait originairement pour les Parque. Les Parques étaient représentées, sur les Forum romains, par trois statues que l’on appelait couramment les "Trois Fées" (les tria Fata : les trois "Destinées", fatum signifiant destin). Pour les Romains, les Parques se chargent en effet du destin.

 

Représentées comme des fileuses, Nona fabrique le fil de la vie, Decima le déroule, et c’est Morta qui coupe le fil... décidant ainsi de la durée des hommes. Les Grecs les appelaient les Moires, respectivement Clotho, Lachesis et Atropos.

Décidant de la vie et de la mort des hommes, elles sont le symbole du changement, du rythme de la vie, de la fatalité, du destin. Elles sont la représentation d’une loi centrale et impossible à transgresser : la vie et la mort, empêchant même les dieux d’intervenir quand si l’heure est venue. Les Parques seraient selon les sources les filles de Jupiter et Thémis, étant les sœurs des Heures, ou encore nées du commencement des temps (donc plutôt des démons).On les retrouve au IVème siècle dans Ausone et au VIème siècle dans Procope.

 

Les fées du moyen-âge appartiennent à un genre de divinités secondaires païennes qui ont survécu au paganisme et que le peuple mêlées aux croyances du christianisme. On y rencontre à la fois des survivances de la mythologie latine, celtique et germanique.

Des mythes des trois Parques, elles ont gardé l’influence qu’elles avaient sur la destinée de l’homme et les dons bons ou mauvais qu’elles lui imposaient dès le berceau. Aux matres ou matronae, divinités qui apparaissent si souvent dans les inscriptions gallo-romaines, elles doivent le caractère, généralement bienveillant pour les hommes, qu’elles ont au moins chez les populations qui ont été longtemps en contact avec les Romains. Elles devinrent dures et méchantes lorsqu’elles s’allièrent aux n’ornes, ces lugubres parentes des Parques, chez les peuples germaniques et scandinaves, qui importèrent tout un panthéon de nains : trolls, gnomes, kobolds et aussi d’elfes, nixes, ondines, pixies, etc.

 

Les gaulois eurent les saynettes qui habitaient l’île de Sayne, sur la côte des Osismiens, auxquelles on attribuait le pouvoir d’exciter les tempêtes et de guérir les maladies ; on les connut en Ecosse et en Irlande sous le nom de fairies, de water-elven ou de daonie-see ; en Angleterre, on les appellera Klabbers ou tylwith teg ; en Allemagne, alfen, kobold ou stille-volk ; les Arabes et les Persans avaient des fées nommées féris, dives et djinors. En Flandre, on connut les withe-wroukin (dames blanches), fées malfaisantes qui épiaient les voyageurs pour les entraîner dans leurs demeures souterraines ; en Danemark, les fées sont les nokka, musiciennes nocturnes des forêts et des eaux ; en Russie, les duegar. Il faut remarquer que ces produits de l’imagination humaine sont malins et méchants dans tous les pays la nature est avare de ses dons : pays froid, de montagnes, de nuages, comme la Scandinavie, l’Irlande, l’Ecosse ; au contraire, ils sont doux et bienfaisants dans les pays méridionaux, où la nature est riante et la vie relativement facile.

 

Les littérateurs prolongèrent le règne des fées en les introduisant dans leurs récits. Au moyen âge, dans les romans d’Arthur et de la Table ronde, de Charlemagne et de ses paladins, d’Ogier le Danois, Viviane, Morgane, Mélusine, sont appréciées des poètes. Quelques grandes familles adoptèrent certaines d’entre elles comme protectrices. En se rapprochant des hommes, elles en ont pris les passions, et il n’était pas rare qu’elles s’éprissent d’un beau chevalier, voire d’un simple manant. La renaissance n’eut garde de les mettre en oubli ; elles revivent dans le Roland amoureux, de Boiardo, dans le Roland furieux, de l’Arioste, dans la Reine des fées, de Spencer, dans le Songe d’une nuit d’été, de Shakespeare, dans la Jérusalem délivrée, de Tasse, etc. En France, les fées n’ont jamais été délaissées ; elles apparaissent, jusqu’au grand siècle, pimpantes, piquantes, réalisant des prodiges d’un coup de leur baguette magique, parées à la française dans les Contes de Perrault.

 

En musique, le mot fée a servi de titre à de nombreux opéras ou opérettes. Parmi les meilleurs oeuvres, nous citerons la Fée Urgèle, opéra-comique en quatre actes, paroles de Favart, musique de D’uni, représentée à la Comédie-Italienne, le 4 décembre 1765 ; la Fée aux roses, opéra-comique en trois actes, paroles de Scribe et de Saint-Georges, musique d’Halévy, représenté à l’Opéra-Comique le 1er octobre 1849 ; la fée Carabosse, opéra-comique en trois actes, paroles de Cogniard, musique de V. Massé, représentée au Théâtre-Lyrique, le 28 février 1859 ; les Fées, opéra, paroles et musique de Richard Wagner, représenté après la mort de l’auteur, le 29 juin 1888, sur Théâtre Royal de Munich ; la fée aux chèvres, opérette féerique en trois actes et quatre tableaux, paroles de Paul Ferrier et Albert Vanloo, musique de Louis Varney, représenté à la Gaîté, le 18 décembre 1890.

 

En psychologie, les contes de fées sont les archétypes de notre inconscient collectif. Les mythes appris dès la prime enfance nous hante durant l’âge adulte avec quelquefois des résultats surprenants. Il y a en chacun de nous un personnage de conte de fées. Le connaître aide à rendre le quotidien bien moins banal.

 

b.a. – ba  de la rÉincarnation

Gérard chauvin

Edition Pardès

 1999

Loin des fantaisies « new âge » des spiritualistes, pour lesquels elle est une « nouvelle chance », la réincarnation signifierait – comme le Purgatoire – la miséricordieuse possibilité de parfaire ce qui n’a pas été achevé le temps d’une vie ici-bas : la rupture avec le désir. En ce sens, l’usage du mot pourrait être fondé, évitant les conséquences des préjugés humano-individualistes propres aux Occidentaux déspiritualisés, volontiers accommodants lorsqu’il s’agit de leurs propres erreurs et manquements.

Dès lors, la question est moins de savoir si « notre âme » quittera son enveloppe de chair pour en adopter une autre (et… « Il y a beaucoup de demeures dans la Maison de mon Père » [Jean, XIV, 2]), que de savoir à quoi, aujourd’hui, nous vouons cette âme qui nous a été confiée. Ce B.A. – BA de la réincarnation montre que la raison suffisante de notre vie est l’affranchissement des contraintes cosmiques, jusqu’à la naissance de la « chair » à l’« Esprit »… et non pas de chercher le moyen d’attiser et prolonger l’appétence du désir existentiel.

 

Karma et réincarnation : Les notions de karma et de réincarnation sont étroitement liées. Voici une brève définition afin de clarifier les deux notions: D’un point de vue spirituel, le karma est le cycle des causes et des conséquences dans le processus d’évolution de l’âme humaine, dans le but d’atteindre la perfection et l’illumination.


La doctrine de réincarnation part de l’idée que chaque âme mène plusieurs vies. Après la mort, l’âme ne cesse donc pas d’exister, mais renaîtra dans un nouveau corps après une période de repos, afin de compléter les 'leçons’ de vie requises pour atteindre l’illumination. Ceci est le cycle de la vie, de la mort et de la renaissance.

 

La doctrine de réincarnation, ou renaissance, trouve notamment son origine dans les anciennes religions orientales. Les Upanishads, écrits hindous d’il y a 5000 ans, mentionnent le noyau éternel de l’homme, qui s’incarne pendant de multiples vies dans un corps physique. S’incarner veut dire littéralement 'descendre dans la chair’. La réincarnation implique que ce processus se répète et que l’âme s’incarne donc plusieurs fois dans un corps. La loi du karma peut être décrite comme: 'on récolte ce qu’on a semé’. Sur un plan matériel, nous connaissons la loi de Newton : action = réaction. Lorsque vous lancez un ballon contre un mur, il revient vers vous. L’action (la cause) mène à sa réaction (conséquence). La même loi existe sur le plan spirituel : la loi du karma. Karma est un mot sanscrit signifiant 'travail’ ou 'agir’. Les actions ont toutes une réaction. L’énergie que nous répandons à son retour afin de rétablir l’équilibre. Cela vaut également pour les pensées que nous envoyons dans l’univers. Le retour, et donc le rétablissement de l’équilibre, a comme effet que nous devons conscients de nos actions.

 

Plus récent, le bouddhisme connaît aussi la renaissance et le karma. D’après le bouddhisme, en vivant justement, l’homme peut se libérer de la soi-disante roue de la renaissance. Une vie juste permet de dissoudre le karma (négatif) des vies précédentes en sorte que l’homme peut retourner au Nirvana, un état de béatitude éternelle. Dans la tradition occidentale, le karma est perçu comme quelque chose de positif. Il est vu comme une nouvelle chance d’apprendre ce qui n’est pas encore conscient ou mature. Aussi le karma est appelé parfois la Loi de la Grâce. Le karma n’est pas une punition, mais un principe qui mène à la prise de conscience que ce que nous faisons aux autres, nous le faisons également à nous-mêmes et vice-versa. Dans le monde occidental, la question de la réincarnation et du karma a notamment été introduite au siècle passé par Helena Blavatsky, la fondatrice de la théosophie. Dans l’anthroposophie, fondée par Rudolf Steiner, la réincarnation joue également un rôle important. Dans le monde occidental, la réincarnation et le karma s’inscrivent dans la croissance, l’évolution de l’âme vers un niveau supérieur, vers le Divin et la capacité d’aimer. Les courants spirituels occidentaux modernes sont presque exclusivement basés sur les principes de la réincarnation et du karma.

 

Principes de la réincarnation : Avant d’incarner sur cette terre, nous considérons (entre autres avec notre guide) les objectifs de vie que nous souhaitons réaliser, les leçons que nous aimerions apprendre et la meilleure façon d’y réussir. Nous choisissons les circonstances, nos parents, le lieu de naissance, etc. Pour le dire autrement : le plan d’exécution de notre vie est établi. Au début de notre réincarnation, l’âme descend dans le ventre maternel pour se préparer à la naissance physique sur terre. Les avis sur le moment précis de cette descente, divergent. Dans son livre 'Karma en reïncarnatie’ (Karma et réincarnation), Albert Bodde écrit que l’incarnation a lieu plus ou moins à mi-chemin de la grossesse. C’est également le moment où souvent, les parents observent les premiers mouvements du bébé. D’autres sont d’avis que la descente de l’âme coïncide avec le moment de la conception.

 

Ceci explique aussi pourquoi certaines femmes 'sentent’ tout d’un coup qu’elles ont envie de (re)devenir maman alors qu’il n’en était pas du tout question avant. Elles entendent (inconsciemment) l’appel de l’âme de leur futur enfant qui a envie d’être né. Une fois incarnés, nous vivons nos vies, et il serait merveilleux si chacun suivait son propre ‘plan d’exécution’. Mais c’est loin d’être toujours le cas. Nous avons tous notre libre arbitre, et chacun est donc libre de mener la vie qu’il veut. Au moment où vous vivez votre vie en correspondance avec votre ‘plan d’exécution’, vous avez l’impression que votre vie coule. Tout arrive naturellement, vous suivez votre flux de vie, ce qui crée une paix intérieure. Au moment où l’on se détourne de son Moi Supérieur, on se sent souvent isolé ; la vie ne marche pas comme on l’avait imaginée, et on a un vague sentiment que … quelque chose n’est pas juste. Ce sentiment est différent pour chacun de nous, mais souvent, c’est une sensation de vide. Et nous essayons alors de combler ce vide, entre autre avec des éléments matériels : possessions, argent, statut, le tout afin d’obtenir une sensation de satisfaction ou de confirmation.

 

Le Bouddhisme connaît la notion de ‘karma par le péché’. Une mauvaise action entraîne une dette karmique. Le karma ou les dettes karmiques sont le résultat de mauvaises actions dans cette vie ou dans des vies antérieures, telles que le meurtre, le harcèlement d’autres personnes, le combat avec d’autres personnes pour le gain personnel, la médisance, le comportement désagréable vis-à-vis des autres, etc. Quand quelqu’un donne un coup de poing à quelqu’un d’autre, il lance en même temps sa substance blanche vers l’autre personne, et cette substance blanche perdue sera remplacée dans son corps par la substance noire. La prise d’une vie est la plus grand mal, c’est un crime qui causera de sérieuses dettes karmiques. La loi du karma fait que ce que nous avons fait dans une vie, continue à œuvrer dans la vie suivante.

 

Ce que nous pouvons apprendre du Karma : Le karma est axé sur notre évolution sur les plans de la compréhension, de la conscience et de l’amour. A chaque expérience difficile et / ou spéciale, on peut toujours se poser la question : qu’est-ce que cette expérience peut m’apprendre ? Vous pouvez donc toujours appliquer le karma à vous-même, et non pas sur l’autre, car l’essence est ce que nous pouvons apprendre de nos expériences. Nous portons donc toujours nous-mêmes la responsabilité de notre vie, maintenant et après, et certainement aussi au-delà de la limite de cette vie. Cela n’a pas de sens de se demander ce qu’on a fait dans le passé. Il s’agit du moment présent. Vous avez maintenant l’opportunité d’apprendre et d’évoluer et de devenir plus conscient à travers une expérience. Le défi se trouve donc dans l’ici et maintenant. Celui qui comprend le fonctionnement du karma, assumera même dans les situations les plus difficiles la responsabilité et ne montrera pas du doigt les autres. Comprendre le fonctionnement du karma influence donc profondément notre attitude vis-à-vis de la vie.

 

b.a. – ba de la wicca

Christian bouchet

Edition Pardès

 2000

On estime que la wicca est le courant religieux qui connaît actuellement l’accroissement le plus important dans les pays anglo-saxons. En 1999, l’éditorialiste du journal néo-païen américain Green Egg pouvait ainsi affirmer : « Notre nombre est estimé entre 3 et 5 millions, sans compter le 1,2 million d’adolescentes qui regardent dévotement les séries télévisées Charmed et Sabrina, achètent des livres de magie et sont de plus en plus nombreuses dans les cérémonies et les festivals.

 

Les ouvrages qui traitent de paganisme, de wicca et de sorcellerie ont un tel succès que le New York Times parle du secteur de l’édition le plus rentable et dont l’expansion est la plus rapide. »

Mais, qu’est la wicca ? Quelle réalité se cache derrière cette nébuleuse où se mêlent paganisme, féminisme, new âge et écologie ? Ses membres affirment participer à la résurgence d’un culte de la fertilité dont l’origine remonterait au néolithique… les historiens des religions estiment, eux, qu’il s’agit d’un Nouveau Mouvement Religieux créé de toutes pièces dans les années trente par des occultistes britanniques à partir d’ouvrages d’ethnologie.


Ce B.A. – BA de la wicca, après avoir abordé les thèses des deux parties sur le mythe des origines, montre comment cette forme de néo-sorcellerie a pris son essor en devenant aux États-Unis la religion des féministes et des écologistes radicaux et est, maintenant, une croyance religieuse reconnue et en voie d’institutionnalisation. Dans une seconde partie, l’ouvrage traite de la théologie et de la pratique wiccanes, puis propose la traduction de quelques rituels.


Rédigé par un spécialiste de l’histoire des religions minoritaires contemporaines, cet ouvrage sera utile tant aux chercheurs qu’aux personnes « en recherche ». Les premiers y trouveront l’unique synthèse publiée en français à ce jour  les seconds bénéficieront avec ce livre d’une introduction à une nouvelle spiritualité encore quasiment inconnue en France.

 

B.A- BA    DES  PAYS  IMAGINAIRES

DANIEL  KIRCHER

Edition PARDES

 2004

A toutes les époques, y compris la nôtre, l’humanité a cru à l’existence de pays qu’elle ne connaissait que par ouï-dire. Ces contrées lui ont paru si fascinantes que des aventuriers, des savants, et même des papes, se sont mis à leur recherche.


Ce livre nous fait découvrir ces destinations fabuleuses : l’Atlantide,  bien sûr, recherchée par les modernes, plus encore que par les anciens, le pays d’Ophir, célèbre pour ses richesses ; Thulé et l’Hyperborée, mais aussi le royaume du prêtre Jean, le Vinland et le fameux El Dorado, ainsi que, plus près de nous, le continent Mu découvert par le colonel Churchward et l’extraordinaire royaume souterrain de l’Agartha.


Une des clefs de cette frénésie, doit être rechercher dans le roman- fiction de Thomas More « L’Ile d’Utopie » et sa capitale Amaurote (ville brouillard). Les pays légendaires sont les pays dont on a cru à l’existence présente ou passée, certains même furent fiévreusement recherchés et pas que par de petits esprits.


Nous devons donc considérer, avec plus de sérieux, le problème des pays légendaires, car, contrairement aux contrées imaginaires, leur importance sociale est grande. Les expéditions perdues en Amazonie à la recherche de l’El Dorado, d’autres à la recherche d’ouvertures pour pénétrer le Centre de la Terre, je passerais sur les expéditions à la recherche de l’Atlantide et de la terre de Mu, enfin les recherches toujours en cours pour retrouver l’emplacement de l’Arche de Noé, du Jardin des Hespérides et du Paradis Terrestre.


Cet ouvrage ne va s’intéresser qu’à des contrées à l’existence desquelles on a vraiment cru, dans une certaine mesure, on y croit toujours.

 

BANDE DESSINÉE, IMAGINAIRE ET FRANC-MAÇONNERIE

Joël Gregogna et Manuel Picaud

Edition Dervy

        2013

Depuis la parution du triangle secret de Didier Convard, au début des années 2000, la bande dessinée évoque la franc-maçonnerie de façon récurrente.

Scénaristes et dessinateurs décrivent l’Ordre sous des angles variés. De la caricature à l’humour, du témoignage au polar, de la représentation décorative à la délivrance de messages, leurs ouvrages différent par la forme, le fond ainsi que les motivations qui ont présidé à leur désir de créer ; en réalité le maître mot demeure : l’imaginaire.

Le langage des planches et des chefs- d’œuvres serait-il à ce point commun ? Les écritures se révéleraient-elles si proches parce qu’ellipses, symboles et mythes ?

Cet ouvrage nous fournit d’intéressants éléments de réponse en nous invitant à un voyage tourbillonnant dans l’intime des deux institutions. Le présent ouvrage est le fruit de la rencontre de deux acteurs majeurs et spécialistes de la bande dessinée.

Rarement un art aura été aussi complexe à définir. Autant la peinture, la musique, la littérature ou le cinéma trouvent un écho commun en chacun d’entre nous, autant le neuvième art ouvre sur de profondes différences. En France, l’apparition du terme « bande dessinée » remonte aux années quarante, celle de « neuvième art » aux années soixante.

Jusque-là, l’usage parlait de livres illustrés ou d’images associées à Epinal, voire d’ouvrages destinés à la jeunesse, repoussant implicitement le genre dans une sous-culture à destination des enfants. Toutes les polémiques postérieures naissent de cette idée fausse, la BD est-elle un art autonome ou un simple loisir ? Nos deux compères, orfèvre en la matière, nous dévoilent toutes les facettes de cet art, et nous expliquent tout au long de ces 330 pages, comment et pourquoi la BD est en passe de devenir un art majeur et durable, avec de meilleurs scenaris et scénarios, de plus belles images, une excellente diffusion à travers tous les médias, une longue traditions venus des mangas japonais, et une attirance très forte des jeunes et des moins jeunes pour cette alliance de l’image avec l’ésotérisme, le secret et le mystère.

Au sommaire de cet ouvrage de 330 pages:

Imaginaire, image et imagination - La Franc-maçonnerie - La bande dessinée - une approche sémiotique à la française - des phylactères aux bulles - définir la BD - Exprimer des idées, raconter des histoires avec un brin d’humour - des caractères, un doute et une expérience - BD sans bulles - BD, peinture et autres - art rupestre et BD - le mode des hiéroglyphes cache t-il les premiers illustrés ? - les héroïnes dans la bande dessinée - ces tapisseries qui racontent une histoire - les vitraux des cathédrales, sa lumière, une véritable BD - Du symbole et du mythe dans la BD - une évocation de la franc-maçonnerie à travers l’histoire de certains personnages - musique, sculpture, philosophie, littérature et spectacles, l’aventure et la quête de la liberté - la guerre et la politique - les sciences - les sources de la franc-maçonnerie - le Temple - cathédrale et compagnons - les templiers : un Ordre et une fraternité - la Rose+Croix, entre alchimie et beauté - Utopies, Eldorados et Atlantide - la BD antimaçonnique - enjeux et perspectives : l’essor de la BD ésotérique à fondement maçonnique - Divers ouvrages sur : l’imaginaire, la bande dessinée, la franc-maçonnerie, humoristiques, utiles à la compréhension de la pensée maçonnique - BD sur les templiers, l’alchimie, ésotériques et autres -

9 C

CANDOMBLÉ DE BAHIA - MIROIR BAROQUE DES MÉLANCOLIES POSTCOLONIALES 

Emmanuelle Kadya Tall 

Edition du Cerf

 2012 

Comment comprendre la célébration conjointe de Jésus Christ et du fondateur présumé d’un ancien royaume africain ? Dans une même séquence, un prêtre catholique célèbre le rite eucharistique et un chef de culte préside à l’immolation d’un taureau dont la tête et les entrailles sont transformées en objets divins.

Pour revisiter le candomblé de Bahia, un culte de possession brésilien rendu célèbre par les travaux de Roger Bastide et de Pierre Berger, il s’agit aujourd’hui de substituer aux analyses, en termes de syncrétisme ou de métissage, une anthropologie religieuse, historique et pragmatique, d’un espace-temps, l’Atlantique Sud.

La traite esclavagiste s’y est développée dans le cadre idéologique de la contre-réforme qui a renouvelé, tant pour les négriers africains et les colons européens que pour les esclaves africains et les autochtones amérindiens, le rapport au sacré, produisant ainsi des configurations baroques de croyances.

Les rituels du samedi saint et de la Fête-Dieu, loin de compartimenter des rituels appartenant à des univers culturels différents, sont une évocation et une représentation de la société coloniale brésilienne.

Les séquences ordonnées selon une logique hiérarchique inversée, affirment la présence divine grâce au processus de transsubstantiation qui vient réengendrer la communauté des adeptes.

L’évocation d’une mélancolie postcoloniale pourrait sembler contredire les revendications actuelles des descendants d’anciens esclaves africains qui dénoncèrent à juste titre le racisme social dont ils sont les victimes. Néanmoins ce serait oublier un peu vite les mouvements messianiques pour le retour du roi dom Sébastien.

Cette transsubstantiation est au cœur des maisons du candomblé, la compréhension de ce dogme parait étrange car comment et pourquoi elles célèbrent dans un même espace-temps cette transsubstantiation de deux corps divins appartenant à deux mondes différents

Un rite brésilien entre vaudou, animisme, chamanisme, fétichisme et syncrétisme religieux.

 

CARAÏBES - la macumba – magie, rituels & fÊtes en hommage aux divinitÉs brÉsiliennes

André stern

Edition AXIOME

 2004

Les quatre mouvements religieux du Brésil sont la « Candomblé », la « Macumba », l’« Umbanda » et la « Quimbanda ».


L’aspect le plus important de ces religions ou cultes, c’est que les gens participent. L’homme de la rue est capable d’entrer en contact très étroit avec le monde des esprits, de communiquer avec les morts, de demander des faveurs aux divinités africaines et indiennes et de voir véritablement descendre les esprits s’emparer de la personnalité des fils ou des filles des saints.


Le mot « Macumba » désignait à l’origine le lieu où les esclaves noirs célébraient leurs rites. Actuellement, le mot Macumba s’applique à toutes les formes de religions afro-brésiliennes. « Faire une Macumba » indique que l’on se rend vers un lieu de culte afin d’y célébrer des rituels.


Il existe encore dans le nord du Brésil des centres typiquement africains, très traditionnels qui sont appelés Candomblés. Bien que les Candomblés soit le terme que l’on utilise pour les centres des autres religions africaines.

 Au départ, les esclaves venaient de toutes les régions d’Afrique et se regroupaient par nations et donc par religions. Actuellement, tout s’est unifié, mais il reste encore quelques centres, en voie de disparition, comme les Bantous et les Nagos.

 

CARAÏBES - le vaudou – magie & divination

marichal & saint amand

Edition AXIOME

 2002

Dans cet ouvrage Pierre de Saint Amand et Pierre Marichal nous guident dans le monde fascinant des initiés Vaudou, nous entraînant parmi les sorciers et magiciens les plus puissants du monde.

 

Définir le Vaudou est difficile, mais on peut dire que c’est une religion issue d’un syncrétisme des traditions africaines et des religions chrétiennes, c’est aussi une magie et un mouvement de réunion populaire. Le mot vaudou vient de « vodoo » et signifie « esprit ».

 

Le culte vaudou repose sur l’adoration d’une entité suprême, celle-ci le Fa, Nanu-Baluku, est à l’origine de tout. Il est l’énergie, la force universelle, de lui émane le contre créateur, Mawu-Lisa, condensant en une entité le masculin et le féminin, le positif et le négatif.

 

Dans certains cultes vaudou, l’être suprême est symbolisé par un serpent python appelé Dang Ba, c’est lui qui a ouvert les yeux à l’univers et permis à l’homme de venir au monde. Viennent ensuite toute une hiérarchie (Loas) qui représente les anges, les saints et les entités diverses qui tous et toutes ont des spécificités avec leur couleur, leur caractères, leur langage, leur bon et mauvais côté.

 

Grâce à ce livre vous remonterez aux origines de ce culte qui a traversé l’Atlantique avec les esclaves africains pour s’imposer au nouveau continent. Les auteurs nous décrivent les cérémonies auxquelles ils ont assistées : initiations, transes, envoûtements, rituels d’amour et de puissance.

 

L’âme éternelle de l’Afrique est ici exprimée à travers ces cérémonies et les divers rituels dont celui des bougies, des poupées et des cauris.

 

CARAÏBES – MAGIE DES CARAÏBES ET SANTERIA

Maria Alba Valdès

Edition Trajectoire

 2010

Contrairement au Vaudou, dont elle se rapproche par bien des aspects, la Santéria est une religion peu connue en France. L’histoire de cette religion et du système de magie qui en découle est néanmoins fascinante. La santéria dissimile des croyances traditionnelles africaines (principalement yorubas, contrairement au vaudou), derrière un catholicisme de façade qui s’exprime principalement à travers l’imagerie et la statuaire. Son histoire, liée aux grandes découvertes et à l’esclavage, est passionnante : dans les Caraïbes, les conquistadors ne permettaient aux esclaves africains que la pratique du catholicisme.

 

Pour duper les espagnols et conserver leur religion et leurs croyances, les esclaves africains se mirent donc à identifier leurs « divinités » (orishas) aux saints de la religion catholique, afin de pouvoir continuer de les adorer tout en dupant leurs maîtres.

 

Comme le Vaudou, la Santéria est une religion qui est très liée à la magie, à la divination et à la communication avec les esprits. Il est important d’écouter les conseils que peuvent-nous donner les « orishas » et les esprits, qui s’expriment par le biais de rituels spirites ou par le biais d’oracles traditionnels d’origine africaine. Il est également important de s’attirer les bonnes grâces des orishas en leur faisant régulièrement des offrandes, ce qui permet ensuite de leur demander des services à travers certains rituels de magie.

 

Cet ouvrage permet de mieux comprendre l’histoire complexe de cette religion méconnue en France et d’apprendre à connaître l’ensemble de croyances qui en découle. Pour un Santero, le but ultime de la vie est d’atteindre l’harmonie avec son destin, afin d’accomplir pleinement sa vie en développant ses potentialités.

 

Ce livre nous fait découvrir comment réaliser les rituels d’initiation, de magie et de divination. Ce ne sont pas moins de 36 rituels, dont certains ont été que très rarement dévoilés, et qui permettent d’utiliser la magie de la Santéria pour parvenir à cette harmonie.

 

Au sommaire de cet ouvrage, l’auteur développe :

 

Les Yorubas et leur religion : Naissance et religion de cette civilisation

L’esclavage à Cuba : les grandes découvertes et leur installation

Le choc de deux cultures : Les cabildos et les orishas

Une religion syncrétique : Allan Cardec – spiritisme et santéria – catholicisme  -esclaves chinois et africains

Le Vaudou et le Rastafarisme : Bob Marley – Marcus Garvey – le nazirisme et les dreadlocks –

La Santéria et les autres religions afro-caribéennes 

Olodumare et la création du monde

Les orishas : Obatala, Elegua, Orunla, Chango, Ogun, Osain, Oba, Inle et bien d’autres…

Les piliers de la foi : Croyance dans un dieu unique –qui sont les orishas ? – Réincarnation – Ikù (la mort) –

Rituels d’initiation et de protection : la rogation – les elekes – faire un Eleguà – faire le saint –

Rituels magiques : une trentaine de rituels de protections ou  propitiatoire –

Rituel de divination : oracle d’Ifà – de Dilogùn, de Biague  - numérologie chinoise -

 

CHAMANISMEAYAHUASCA : DU SERPENT AU JAGUAR, UNE ḖDUCATION CHAMANIQUE AMAZONIENNE

Yves  Duc

Edition Véga

2015

Journaliste scientifique suisse, Yves Duc s'est plongé dans le monde mystérieux des chamans amazoniens, un univers aux antipodes de la science rationaliste, éprouvant sur lui-même les rites initiatiques infligés aux apprentis... Sur le fil du rasoir, il livre le témoignage de ses huit années d'apprentissage dans la tradition des Ashaninka d'Amazonie péruvienne et évoque dans le détail le travail avec les plantes "enseignantes" que sont le tabac et l'ayahuasca. Très peu d'Occidentaux ont effectué l'apprentissage chamanique amazonien sur une telle durée et, à ce jour, aucun n'en a rendu compte de manière aussi complète et détaillée en langue française. Construit selon une structure thématique reproduisant le cheminement initiatique de l'apprenti sur la voie de la connaissance, cet ouvrage évoque avec précision des pratiques, des techniques et des recettes jusqu'ici restées confidentielles, voire secrètes. Enfin, il fournit de précieuses indications sur les pièges à éviter et livre une lecture critique des dérives auxquelles donne lieu la mode actuelle de l'ayahuasca, en Amérique latine et ailleurs.

 

Le chamanisme, décliné sous des milliers de formes différentes, n’est ni une médecine à part entière, ni une religion en elle-même, il est en fait le mélange inextricable des deux. Voie spirituelle qui enseigne à l’individu comment se fondre avec l’univers entier, il est avant tout une façon de percevoir, de pratiquer et même de créer le monde dans l’alliance tout en cultivant la diversité. « L’unité dans la diversité » telle pourrait être sa devise.


Ses racines s’ancrent au plus profond de la perception du monde des premiers peuples nomades chasseurs-cueilleurs. Sans aucun écrit, celles-ci se sont perpétuées pendant des millénaires jusqu’à nos jours par la puissance vivante du verbe. Un peu comme si l’histoire et le progrès n’existaient pas... Autant dire que lorsque l’on tente de pratiquer le chamanisme, ce dernier nous interpelle sur ce que nous avons gardé de sauvage en nous... Sauvage, bien sûr, dans le sens de sylvicole, habitant des forêts et habité par la nature...


Il reste que l’analyse froide et extérieure des Occidentaux nous propose une autre version du chamanisme. Présenté sous la forme d’une simple solution utilitariste visant à vivre en société, à se soigner et à satisfaire les besoins essentiels de l’homme, il ne serait alors qu’une première et grossière tentative de s’approprier le monde. Les chamans avaient à faire face à l’urgence ; ils devaient sauver la communauté de la famine en faisant en sorte que le gibier s’offre au chasseur ; ils devaient expliquer et justifier la souffrance, l’injustice, les intempéries, la mort ; ils devaient aussi soulager les malades et résoudre les conflits du clan. Tout à la fois prêtres, socio thérapeutes, médecins, devins, conseillers de guerre et sages, ils ne seraient que l’état indifférencié de ce que nous avons su décortiquer.


La différence immense entre ces deux versions illustre le gouffre qui sépare la pensée des peuples de la nature de celle des « civilisés ». Après avoir considéré les chamans comme une incarnation du diable, puis comme des charlatans, voire des psychopathes, la version la plus reconnue en ethnologie semble engluée dans notre propre conception linéaire du temps et de l’évolution du vivant, un vivant qui à notre image serait en guerre contre l’univers entier... Certains anthropologues d’avant-garde, anglo-saxons pour la plupart, ont alors sauté le pas ; ils cherchent dans la physique quantique, de nouvelles pistes de compréhension, ce qui nous montre à quel point les chamans restent des êtres… insaisissables !

 

L’Ayahuasca : L’ingrédient principal de ce thé de la jungle est une vigne, Banisteriopsis caapi, qui comme le thé lui-même est aussi appelée ayahuasca (ce qui signifie ‘vigne de l’âme’ ou ‘vigne avec une âme’). Le deuxième ingrédient est soit chacruna (Psychotria viridis) ou soit chagropanga (Diplopterys cabrerana , les deux étants des plantes qui contiennent une quantité relativement élevée de la substance psychédélique DMT. Personne ne sait exactement depuis combien de temps cette boisson a été utilisée. Le premier contact occidental avec l’ayahuasca enregistré a été fait en 1851 par Richard Spruce, le célèbre ethnobotaniste Anglais. En tenant compte des preuves archéologiques de l’utilisation de plantes comparables, il semble probable que son utilisation remonte à au moins deux millénaires auparavant.

 

Il y a actuellement un grand intérêt dans l’utilisation de ces plantes sacrées et on peut régulièrement lire à leur sujet dans des articles et des magazines. Ce site documente ces publications dans la section des nouvelles. ayahuasca induit un état d’esprit visionnaire et psychédélique, et cet effet est utilisé par différentes personnes pour différentes raisons. Les chamans ou les hommes de médecine prennent l’ayahuasca pour communiquer avec la nature ou pour voir ce qui provoque une maladie sur un plan spirituel. Au Brésil, plusieurs religions peuvent être trouvées qui se concentre autour des rassemblements où l’ayahuasca est prise par tous les participants. De boire l’ayahuasca et de chanter ensemble les emmènent dans une sorte de transe guérissant et dans une source d’inspiration.

 

Au cours des dernières décennies, l’ayahuasca a petit à petit gagné l’intérêt de la société occidentale également. Non seulement les chercheurs universitaires dans le domaine de la psychothérapie ont montré un intérêt accru. Des psychonautes, c’est-à-dire des gens qui pratique l’utilisation de substances psychoactives d’une façon responsable et consciente, utilisent l’ayahuasca pour faire face à la richesse de l’esprit, à l’infini de l’univers, et à leurs craintes les plus profondes afin d’expérimenter de l’ecstasy en les surmontant. L’un des effets d’ayahuasca, est qu’il fait vomir un grand nombre de personnes et de nombreux buveurs obtiennent de la diarrhée aussi. Il existe une tribu qui nomme ayahuasca ‘kamarampi’, qui vient de ‘kamarank’: de vomir. Ayahuasca est aussi appelé ‘la purga’, comme si il purge le corps à travers cet effet physique, et purifie l’esprit à travers les expériences ou les visions psychologiques. En général on se sent complètement rafraîchi et renaît après une solide expérience.

 

Bien qu’ils ne soient pas uniques à l’ayahuasca, il existe de nombreux rapports fascinant sur des personnes qui ont été guéri de plusieurs problèmes, comme la toxicomanie ou la dépression, pendant une ou plusieurs sessions. Toutefois, cela peut aussi être obtenu en utilisant du LSD, des champignons psilocybines, de l’iboga, d’autres psychédéliques ou divers techniques de respiration et de méditation, et ça implique toujours un intense travail psychologique. Ayahuasca n’est pas un remède de miracle dans le sens que vous buvez l’infusion et que quelques heures après tous vos soucis ont disparu. Il est un remède miracle dans le sens qu’il apporte à la surface des processus apparemment inconscient, et vous permet de travailler avec eux aussi long que les effets durs.

 

Ce qui est unique à l’ayahuasca, est que les effets son basée sur une combinaison de deux plantes: Banisteriopsis caapi et chacruna (ou chagropanga, selon la région). Exactement quand et comment la découverte de ces deux plantes a été faite par les indigènes Américains reste flou, bien que de nombreuses tribus et de nombreux chamans disposent de leurs propres récits mystiques expliquant cet événement. Le principal ingrédient de chacruna et de chagropanga est aussi un neurotransmetteur trouvé dans tous les êtres humains, et il joue un rôle clé dans toutes sortes d’états de conscience extraordinaire. Ce neurotransmetteur est appelé Diméthyltryptamine, ou DMT, et on le trouve dans le cerveau, le sang, les poumons et d’autres parties du corps humain. Il y de fortes preuves indiquant vers la glande pinéale (le “troisième oeil” dans les traditions ésotériques), qui est situé au centre du cerveau, comme l’usine principale de la DMT. A part dans les êtres humains, DMT peut être trouvée dans tous les mammifères et dans une variété de plantes.

 

CHAMANISME - ces sorciÈres qui nous habitent – une expÉrience auprès de chamans & de prÊtres vaudou

Baby garroux

Edition TREDANIEL

 2002

Le chamanisme est une mode mais peu nombreux sont ceux qui en parlent, qui se sont risqués à regarder derrière le rideau, de « l’autre côté » du miroir, pour faire l’expérience de cet arrière-monde, le monde des esprits, des pouvoirs.


Journaliste de profession, Baby Garroux, Brésilienne de souche franco-italienne, sait que pour être, il faut connaître, et pour connaître, il faut être. Participante, elle a fait son métier de journaliste, pour éprouver et expérimenter ce mode étrange, fascinant, des entités-pouvoir.

 

Elle s’est ainsi impliquée dans une voie qui ne peut être que la quête de Soi, avec, souvent, suffisamment de distance pour faire de son témoignage un livre informatif, et assez de proximité pour en faire un document poétique.Le monde peu connu de l’île de Pâques est présenté d’une façon saisissante et mystérieuse ; nous sommes loin de l’ethnologie aux mains froides et aussi de la spéculation pseudo-mystique aux yeux hagards. L’expérience est mystérieuse mais précise.

 

Un destin étrange, comme un jeu de piste, a aussi conduit Baby Garroux chez les Navajo et les Pueblo dont elle a pu expérimenter les mystères. Elle nous apprend également des choses inédites sur les cultes haïtiens, afro-brésiliens, sur les mystérieuses femmes-oiseaux africaines. Dans ce domaine, il est très difficile de rendre compte en n’utilisant que la raison prédéterminée à l’acceptation du monde de la routine, et au rejet du monde du mystère. Il faut peut-être raison garder, mais surtout, cœur ouvrir.

 

C’est ainsi que Baby Garroux est devenue chaman et que, journaliste toujours, elle rend compte des entretiens très poétiques, qu’elle a menés ave non seulement des connaisseurs des esprits, mais aussi les esprits eux-mêmes.

 

CHAMANISME.  anthologie du chamanisme

Sue nicholson

Edition le MAIL EDS

 2003

Le Chamanisme est un ensemble de pratiques magiques reflétant une croyance spirituelle fondamentale, établie dans un système initiatique et de correspondance. Dans cette vieille religion, base de toutes les sociétés archaïques du monde, le « sorcier » est magicien, prêtre, tout en étant chef du clan : son rite apparaît dès le paléolithique. Cet être, en relation avec les esprits, sait surtout guérir : homme-médecine il établit la jonction entre le Ciel, la Terre et l’Homme. Il est l’intermédiaire des forces immanentes qui gèrent la nature, un intermédiaire entre le visible et l’invisible. Cette expérience mystique d’identification totale peut s’accompagner de danses, d’incantations sacrées, en utilisant l’énergie magique pour aboutir à un état d’extase. Des femmes peuvent être chamanes.


Mircea Eliade (tout comme Frithjof Schuon), établit une distinction entre chaman et prêtre, mais ces pouvoirs surnaturels paraissent décuplés par les rites initiatiques qui permettent à l’être de se dédoubler, d’aboutir à un rite sacrificiel comme celui du démembrement mystique. Ce phénomène religieux a surtout été étudié en Sibérie et en centre asiatique.



Bien que l’on ait voulu comparer l’état chamanique aux maladies nerveuses, aux formes d’hystérie ou de maladies mentales, cet être doit posséder une intelligence vive et une énergie sans limite ; la transe chamanique parfaitement contrôlée permet alors d’entrer en contact avec les forces surnaturelles et d’atteindre ce niveau où les données fondamentales sont révélées ; durant ces expériences l’âme est censée quitter le corps pour entreprendre des ascensions célestes ou des descentes infernales, des vols magiques ; cet individu commande les esprits, maîtrise le feu, communique avec les morts, les démons, les esprits de la nature, mais conserve son indépendance et ne devient pas l’instrument d’un génie.

 

L’instruction est d’ordre extatique ; elle comprend la transe, les rêves, le langage secret. Le tambour chamanique anime les danses sacrées, où les masques et les totems permettent une communication directe avec le monde invisible. Pour voyager le chaman emploie souvent le cheval bâton. Chez les Mayas, le chaman dit « nawal winak », (l’homme nagual) peut se transformer en animal (nagual) ou en tout autre aspect, comme un nuage.

Les maîtres chamans, jaloux de leurs prérogatives, ne font pas d’enseignement de groupes, quoique Carlos Castaneda, dans une série d’essais romancés fort adroits, publiés par la NRF entre 1973 et 1988, attire l’attention d’un large public sur un chamanisme mystérieux à souhait qui se rapproche plus de la sorcellerie et des plongées psychiques d’un « sorcier », que de la véritable pensée chamanique.

 

Les chamans ne transmettent leurs dons qu’à de rares élus et l’instruction se fait de maître à disciple.

 

COMPRENDRE L’ESSENCE DU CHAMANISME : AU DELẴ DES CULTURES, LES PRATIQES CHAMANIQUES EXPLIQUḖES PAR UNE CHAMANE -

 Valery  Tardy

Edition  AFNIL

 2015

Un livre clair pour accéder à la compréhension du chamanisme, tel qu'il est vraiment en son essence, au-delà des traditions et des cultures qui y sont habituellement rattachées. Valérie Tardy utilise des mots simples et précis pour exposer ce qu’est un chamane, comment fonctionne le chamanisme, et pourquoi. Elle explique de nombreuses notions, telles que la spiritualité, l'intuition, l'intention, l'empathie, l'énergie, la connaissance, l’évolution spirituelle, le mental, le pouvoir de l’imagination, les perceptions, les états de conscience, les croyances, le pouvoir personnel, etc. Vous serez surpris pas la quantité d’informations contenues dans cet ouvrage de taille moyenne (244 pages).

 

C’est un livre que vous pourrez relire plusieurs fois avant d’en avoir fait le tour. Chaque paragraphe délivre un message important. L'auteur aborde les différentes techniques associées au chamanisme sous l'angle de sa propre expérience de chamane : voyage chamanique, animal de pouvoir, animal totem, hutte de sudation, marche de vision, soins chamaniques, recouvrement d’âme, quête de vision, tambour chamanique etc. Elle aide le lecteur à se faire une vision claire du chamanisme et à éviter tous ses pièges. Son discours, très différent de tout ce qu’on a pu lire jusqu’ici sur le chamanisme, peut déplaire ou enchanter, voire soulager, bien des personnes qui s’intéressent à la spiritualité et au développement personnel. Il ouvre des portes à celui qui souhaite y voir clair, et prendre du recul sur les aspects folkloriques du chamanisme tel qu’on le présente habituellement. Ce livre indispensable, vous guide hors des sentiers battus et vous montre que le chamanisme est accessible aux occidentaux que nous sommes. De ce fait, l’auteur y joue parfaitement son rôle d’éveilleuse de consciences.

 

Le chamanisme est une des plus vieilles formes de spiritualité de l'humanité qui a été redécouvert grâce notamment à l'oeuvre de Carlos Castaneda ou encore grâce aux écrits de l'ethnologue Mircea Eliade (Le chamanisme et les techniques archaïque de l'extase, 1968). Il offre à notre monde moderne une approche holistique de la vie : Retrouver l'harmonie avec la nature et la vie qui nous entoure, prendre conscience de nos illusions, et de nos conditionnements et vivre plus au présent.

 

Les Chamanes voient la terre, les animaux et les hommes comme des parties d'une entité entière en évolution et ils nous mettent en garde contre notre culture occidentale matérialiste qui, partout, veut imposer sa loi du déracinement,  rompant nos liens avec les forces naturelles de la terre et du cosmos. De nombreuses prophéties de Chamans parlent de notre époque comme de l'approche de l'inévitable fin du monde. En effet nous sommes peut-être en train de détruire progressivement notre propre monde. La pollution de l'air et de l'eau, l'enterrement de déchets toxiques, la destruction des forêts amazoniennes, la destruction de la couche d'ozone, les variations des températures, l'accumulation d'armes de destruction massives... tout ceci serait le résultat de notre abandon des anciennes valeurs chamaniques.

 

Or, le chamanisme peut nous apprendre beaucoup, il touche à la source même de notre conscience, là où s'élaborent notre attention, notre perception, notre intelligence des réalités, la structuration de nos désirs et notre créativité, enfin l'énergie de notre corps. La médecine chamanique est très riche, elle considère la maladie comme un signe de l'ignorance ou de l'oubli momentané de notre nature divine : Chacun de nous a le pouvoir et la responsabilité de se guérir, d'être son propre chaman ! Le chamanisme est donc une véritable passerelle entre la Nature et la Spiritualité qui permet un état d'harmonie entre le monde qui nous entoure et notre propre monde intérieur.

 

Valérie Tardy est mère de trois enfants. Enthousiaste et passionnée, elle s’est intéressée à de nombreux domaines, dans lesquels elle est souvent devenue experte. Les recettes de cosmétiques et de savons naturels que Valérie met au point pour toute sa famille sont reprises par de nombreuses personnes satisfaites ; le blog de musique qu’elle a créé après s’être lancée dans l’apprentissage du violon à 42 ans est devenu une référence. Au fil des années, elle a acquis de nombreuses connaissances sur les plantes, les huiles essentielles et les soins naturels. Diplômée de l’Ecole Nationale Louis Lumière, Valérie est également passionnée de photo et de cinéma. Mais tout cela est peu de choses comparé à son engagement sur son chemin spirituel. Si Valérie s’exprime si aisément dans de nombreux domaines, c’est avant tout à un long travail sur elle-même qu’elle le doit. Attirée par la voie spirituelle dès l’enfance, Valérie a suivi un parcours d'évolution intensif qui a transformé la jeune fille timorée qu’elle était en une femme libérée et épanouie. Elle a reçu une initiation spirituelle dans les règles qui a fait d'elle une chamane. Depuis une douzaine d’années, Valérie partage son expérience et sa connaissance à travers des stages qui permettent à ses élèves de se libérer de leurs conditionnements, blocages, peurs et croyances limitantes. Valérie souhaite maintenant partager avec le plus grand nombre à travers des ouvrages accessibles et adaptés aux besoins de ceux qui cherchent à améliorer leur vie ou à mieux comprendre le monde. Vous serez surpris par son langage direct, simple, profond, et par la clarté de sa vision. Si vous souhaitez la découvrir plus amplement, rendez-vous sur ses sites, qu’elle a réalisés elle-même : http://www.au-coeur-de-la-vie.com http://www.tambourschamaniques.fr http://www.lereikiguide.com

 

CHAMANISME - ANTHOLOGIE DU CHAMANISME - CINQ CENTS ANS DE CHAMANES ET DE CHAMANISME

Jérémy Narby et Francis Huxley

Edition Albin Michel

 2002

A la fois artistes, voyants et médecins, les chamanes sont les intercesseurs entre les hommes et les esprits de la nature. Cette Anthologie du chamanisme imaginée par Jeremy Narby et Francis Huxley nous permet de mesurer la curiosité croissante des chercheurs occidentaux pour les chamanes. On y découvre que s’ils furent voués aux gémonies par les premiers missionnaires, leur savoir holistique éveille aujourd’hui un intérêt jusque dans les sciences cognitives. 

Des ministres du diable

Les 64 textes qui composent cette excellente anthologie sont tirés d’essais ou d’articles de scientifiques sur le chamanisme. Pour chaque extrait, Narby et Huxley ont rédigé une courte introduction destinée à restituer son contexte et la thèse défendue par son auteur. L’ouvrage conçu chronologiquement débute par le rejet sans appel des ecclésiastiques. Ainsi, le père André Thévet qui revient d’une colonie Brésilienne en 1557 s’indigne qu’ « en pays de loi et police, on laisse pulluler telles ordures avec un tas de vieilles sorcières qui mettent herbes aux bras, pendent écriteaux au col (…) en cérémonies qui ne sont que vraie idolâtrie, digne de grande punition. »

Plus clément, Diderot les réduit dans l’Encyclopédie à «  des imposteurs, qui chez eux font les fonctions de prêtre, de jongleur, de sorcier et de médecin  ». Ce n’est qu’avec l’arrivée des anthropologues du XXème siècle que cette Anthologie du chamanisme devient réellement intéressante. Le premier texte à dépasser la simple description de leur cérémonial pour tenter d’appréhender leur savoir est celui d’Alfred Métraux. Cet anthropologue suisse est frappé par leur connaissance de la magie noire. Il se montre ainsi le premier à pointer cette « ambivalence dans la personnalité du chamane qui, pour aider les hommes doit être capable de leur nuire  ».

L’herbe du diable et la petite fumée

On remarquera ailleurs la relation entre chamanisme et psychanalyse sous la plume rigoureuse de Lévi-Strauss. Mais c’est peut-être la théorie de Walter Burket sur les peintures rupestres de Lascaux qui s’avère la plus passionnante. Cet historien suisse fait remonter l’origine du chamanisme au paléolithique. Les dessins de gibier représentaient selon lui un autre monde où devait se réaliser la rencontre avec les animaux, une sorte de « bestiaire de l’au-delà  ». Cette conciliation s’opérait sous l’égide d’un sorcier qui pouvait communiquer avec leur esprit. Ainsi, cette quête symbolique se serait « convertie dans sa répétition en un rituel établi dans l’espoir d’une abondance possible. » 

Narby et Huxley ont tenu à faire figurer dans ce livre un extrait de l’article que le banquier américain Gordon Wasson publia en 1957 dans Life Magazine. Son témoignage relatant la cérémonie à laquelle il participa sous l’effet du peyotl connut une audience considérable. Il aura ainsi provoqué l’engouement des occidentaux pour les hallucinogènes et les expériences mystiques. Ce recueil très complet est enfin l’occasion de se replonger dans la prose magnifique de Carlos Castaneda, qui rapporte ici les réflexions dualistes de son sorcier Yaki. Et lorsque de tels anthropologues allient profondeur d’analyse et grâce de la langue, cette Anthologie du chamanisme devient un moment de lecture passionnant.

Ont participé à cette anthologie :

Gonzalo Fernandez de Oviedo - André Thévert - Antoine Biet - Avvakum Petrovitch - Joseph François Lafitau - Johann Georg Gmelin - Stepan Petrovitch Kracheninnikov - Denis Diderot - Johann Gottfried Herder - edward Tylor - everard thurn - Franz Boas - Wenceslas Sierochevski - Arnold van Gennep - Waldemar Bogoras - Vladimir Ilitch Jochelson - Roland Dixon - Antoinette Czaplicka - Ivalo et Knud Rasmussen - John Neihardt - Sergei Chirokogoroff - Willard Park - Alfred Métraux - Adolphus Peter Elkin - Claude Lévi-Strauss - Verrier Elwin - George Devereux - Ronald Rose - Vilmos Dioszegi - Lorna Marshall - Francis Huxley - Gordon Wasson - Carlos Castaneda - Barbara Myerhoff - Maria Sabina - Alvaro Estrada - Michael Harner - Holger Kalweit - Don Handelman - John Hitchcock - Carmen Blacker - Dale Olsen - Gerardo Reichel-Dolmatoff - Luis Eduardo Luna - Fernando Payaguaje - Peter Skafte - Malidoma Patrice Somé - Richard Noll - Michael Brown - Roger Walsh - Edith Turner - Graham Townsley - Jean-Pierre Chaumeil - Marlene Dobkin de Rios - Eleanor Ott - Wade Davis - Glenn Shepard - Jérémy Narby -

 

CHAMANISME – B.A. -BA

Thierry piras

Edition  Pardès

  2004

Le chamanisme est ce formidable élan de reliance qui réunit l’homme et l’ensemble de la création.


Le chaman agit en intermédiaire entre le monde des humains et celui des morts, des esprits et des dieux ; ses initiations, sa reconnaissance par la tradition lui permettent de « voyager » dans l’invisible. Il est, à la fois, prêtre d’un culte traditionnel de reliance avec les forces sacrées de la nature, sorcier par ses connaissances et savoirs, par ses relations avec les esprits de pouvoir, guérisseur par ses actions de soins et d’aide sur les personnes qui font appel à lui.

 

Le chamane, par ses longues années d’initiations et de formations, a acquis le pouvoir de parler avec les esprits, de se métamorphoser avec ses esprits de pouvoir, pour devenir, l’espace d’un rituel, un esprit de pouvoir. Le chamanisme est ce formidable chant d’amour et de reliance qui unit les hommes au monde des esprits et des dieux.


Dans ce B.A. –BA du chamanisme, l’auteur nous parle de la plus ancienne religion, apparue avec l’homme sur la planète, comme une réponse des dieux aux troubles et difficultés des humains à comprendre et régler leurs problèmes. Le chamane, par ses initiations, acquiert la possibilité de « voyager » entre les différents mondes. Il est l’intermédiaire entre les esprits et les hommes. Par son pouvoir, il est apte à faire appel aux forces sacrées pour aider ceux et celles qui font route vers lui.

Le chamanisme n’en finit pas de faire couler et couler encore les paroles, et ce, peut-être depuis que des Occidentaux le découvrirent, il y a de cela plusieurs siècles. Lorsque des voyageurs, venus d’Europe occidentale, commencèrent à explorer les parties du monde les plus lointaines, ils se trouvèrent confrontés à des croyances et des pratiques religieuses qui leur parurent étranges, voire terrifiantes.

Nous trouvons, dans cette quête des mondes nouveaux, la rencontre des Russes avec les populations sibériennes et arctiques ; les conquérants des Amériques, de Cortès, en passant par le May Flowers, ou bien encore Jacques Cartier. Tous découvrirent des peuples, qui vinrent le plus souvent en paix vers eux. Ces Occidentaux étaient à la conquête de richesses, de territoires vierges pour y installer leurs parias : les déportés russes, les exclus des révoltes paysannes françaises, les laissés pour compte de toute la Grande-Bretagne. Ces conquérants du XVIème siècle avaient pour eux la bonne conscience des religions chrétiennes qui, comme jadis aux temps des croisades, portaient haut et fier l’étendard de leur foi unique

 

Aussi, quels ne furent pas leur surprise et leur effrois devant des pratiques religieuses montrant, à grand renfort de tambours, de chants et de danses frénétiques, comme le signalent les premiers missionnaires jésuites chez les Iroquois du Canada, les pratiques chamaniques.

 

Ces peuples, de l’Est à l’Ouest, tout en présentant des spécificités, n’en montraient pas moins une constante : la recherche de sens des problèmes de vie quotidienne, dans la lecture de la surnature, du monde invisible. Invisible à tous, sauf au personnage central de cet équilibre, le champion de la maîtrise du chaos, le chamane. Ce lien entre le monde des hommes et celui des esprits ne pouvait être aux yeux de ces Occidentaux, Russes, Espagnols, Portugais, Français ou Anglais, que de nature démoniaque.

 

Ces danses, ces pratiques de transes où le chamane disait voyager au pays des morts ou des esprits, ne pouvaient signifier que possessions, pratiques sataniques et adoration du Malin. Ces explorateurs et envahisseurs de terres, qu’ils désignaient comme vierges et libres, puisqu’elles n’étaient peuplées que de non-chrétiens et non-blancs, croyaient à tort être confrontés pour la première fois au chamanisme. Bien entendu, ils n’utilisaient pas ce terme, qui nous vient de la langue toungouse, et qui fut choisi par les ethnologues de l’après Deuxième Guerre mondiale pour signifier les pratiquants de la transe d’extase.

 

Cette méfiance et ce rejet des pratiques spirituelles des nouvelles terres, qualifiées trop rapidement de primitives, païennes ou démoniaques, s’accompagnaient d’une lutte acharnée cherchant à convertir ces peuples à détruire tous objets ou édifices pouvant être associés à ces pratiques. D’ailleurs, n’en avait-il pas été de même avec les premières installations du christianisme qui érigeait ses temples sur les ruines des anciennes cultures et fois anciennes. Là aussi, l’Église catholique, en Europe, exhortait ses prélats à éradiquer par tous les moyens les anciennes croyances, qui après le glaive étaient présentées comme maléfiques.

 

 Des monuments se dressaient sur l’emplacement d’anciens lieux de cérémonies, aux croisées des chemins, à l’orée des bois, auprès de sources ou cascades. De nouvelles fêtes finirent par prendre le même emplacement que les cérémonies anciennes, la naissance de Jésus au moment des célébrations de l’hiver, les feux de la Saint-Jean, à la place des rituels d’offrandes aux esprits du feu, par exemple. Rome, puis ensuite Luther et Calvin, mirent tout en œuvre, violence et conditionnement, pour faire disparaître les anciens dieux, les anciennes pratiques, liées le plus souvent à la nature et à ses cycles. Mais l’extermination des Cathares, des Bogomiles, en passant par l’Inquisition et la chasse aux sorcières, montrèrent la volonté d’une prééminence formelle et sans ouverture, et ce, quels que soient les moyens employés. Ce qui n’était pas tolérable en Occident, ne pouvait l’être en terres de convoitise.

 

 L’Occident chrétien craignait pour sa légitimité et la pérennité de son message messianique. D’autres religions devenues officielles, le plus souvent à force de luttes et de combats, imposèrent aussi la disparition ou la traversée du désert aux autres fois ancestrales. Le bouddhisme combattit les pratiques chamaniques, tant en Mongolie qu’au Tibet, et ce jusqu’à ces dernières années. L’islam chercha, lui aussi, à faire disparaître ou bien à canaliser les pratiques de ces Marabouts, Griots, et jeteurs de sorts ou bien possédés.

 

En Europe, malgré les procès et les bûchers, les guérisseurs des campagnes et des villes se sont transmis, à travers les âges, les secrets des plantes, des charmes, des invocations et pratiques de maîtrise des éléments, comme chez les passeurs de feu. Au cœur des courants officiels du bouddhisme tibétain ont toujours subsisté les pratiques chamaniques, comme celles liées à la mort ou à la divination.

 

Des confréries secrètes en terres islamiques témoignent de la persistance et de l’attrait des anciens cultes. Présent au cœur des civilisations géographiques spécifiques, comme les forêts tropicales, les déserts, les confins arctiques, mais aussi les Carpates ou bien encore ce que l’on nomme communément les campagnes profondes, le chamanisme ne s’est jamais éteint. La période hippy, le développement du New Age, une meilleure connaissance du chamanisme, y compris dans des lieux où il était resté en sommeil depuis longtemps. Comment d’ailleurs aurait-il pu en être autrement alors que le chamanisme est la première réponse articulée aux interrogations, aux doutes, aux peurs et à la volonté d’agir des hommes.

 

Malgré le dénigrement, l’ignorance de nombreux scientifiques qui ne virent longtemps dans le chamanisme qu’un ensemble de pratiques archaïques ou à caractère psychonévrotique, le chamanisme est et demeure une réponse spirituelle et pragmatique aux souffrances de « ceux qui marchent debout », comme les chamanes nomment ceux et celles qui prennent conscience du sens de la vie et des liens qui existent dans la Création.

 

Le chamanisme nous est accessible par l’observation des sociétés qui le vivent, par l’écoute des enseignements des chamanes, par l’analyse des traces d’une existence quasi aussi ancienne que l’homme que sont les peintures rupestres. Comme le disent les chamans, et ce, qu’elles que soient leur langue et leur région, « tout devient possible pour celui qui réapprend à voir et à entendre ».

 

CHAMANISME - druides & chamanes

Jean markale

Edition PYGMALION

 2005

Les chamanes qui se multiplient aujourd’hui seraient-ils les héritiers de nos druides, disparus lors de la conquête romaine ou absorbés dans le christianisme triomphant ? S’il y a, en effet, des rapports certains entre ces « hommes médecines » que séparent deux millénaires, ils ne sont pas ceux qu’on imagine.

 

Le druide chaman établit un ensemble de relations entre la collectivité humaine et le monde des énergies de la nature, des ancêtres et du sacré. L’importance de la poésie, des musiques rythmiques, du monde forestier et des animaux à cornes au sein des cérémonies chamaniques sont autant de points communs avec le druidisme. En ce sens, le chamanisme forme la racine du druidisme, ce qui explique que la musique et l’utilisation des arts (dont la forge) adoptent des tournures plus primitives dans le chamanisme qu’au sein du druidisme, dans lequel le travail des métaux fut porté à son paroxysme.

 

Il s’établit par contre des différences entre le chaman qui règne en chef tribal et le druide qui ne peut aspirer à détenir le pouvoir royal. Ainsi dans le chamanisme, pouvoir temporel et pouvoir spirituel ne sont point séparés. Cette caractéristique est probablement due au mode de vie des chasseurs‑cueilleurs qui se réunissaient en petit nombre et formaient un « petit village » autour du chaman. La singularité du druide réunissant en lui les qualités du chaman et du prêtre, en étant pourtant ni l’un ni l’autre, a longtemps égaré nombre de chercheurs quant à la définition du druide.

 

L’importance de la nature sauvage dans le culte de nos lointains ancêtres s’avère un élément essentiel pour aborder le druidisme. Les pratiques de magie végétale, le bois sacré et la cueillette du gui, également l’immanence mystérieuse du dieu cerf, le Kernunnos gaulois, personnage principal du vase de Gundestrup, déterminent tout un ensemble d’éléments celtiques et pré‑celtiques prédominants au sein de la pensée druidique. De par le rôle primordial de la nature dans leur spiritualité, je pense qu’il n’est pas erroné de rattacher ce particularisme au chamanisme. Si l’ensemble des pratiques végétales et forestières, de transe, d’utilisation de la musique et de la magie ne constituait pas un fond commun au druidisme et au chamanisme, nous pourrions comprendre alors que les Druides créèrent leurs propres pratiques chamaniques.


Spécialiste du monde celtique, Jean Markale nous apporte un nouvel éclairage sur ce profond mystère : y a-t-il une tradition qui aurait perduré secrètement à travers les campagnes, à l’abri des enseignements officiels, et quel serait son lien avec le chamanisme contemporain ? Ou bien existe-t-il un fonds commun plus ancien encore puisqu’il remonterait aux origines de l’humanité ? Jean Markale bâtit son enquête minutieuse sur l’arsenal des connaissances dont nous disposons : les découvertes archéologiques les plus récentes, l’étude des légendes et des mythes, le folklore européen, les pratiques obscures et les superstitions qui habitent encore certains coins reculés d’Europe.

 

En faisant ainsi la part des choses entre le druidisme tel que nous pouvons le connaître aujourd’hui à travers des sources extrêmement fragmentaires et le chamanisme contemporain, porté par une nouvelle vague de spiritualité, il nous révèle de précieux itinéraires qui réjouiront tous ceux qui recherchent avec passion la connaissance des mystères du monde.

 

CHAMANISME ET MAGIE ANIMALE - suivi de L’OISEAU DANS LE VOYAGE SPIRITUEL DE L’ÂME

Érik Sablé 

Edition Dervy

 2014

Le chamanisme et les croyances des anciens peuples ont tous une relation magique avec le règne animal. Pour le chaman, les esprits alliés qui l’aident dans ses voyages mystiques, les séances de guérison et ses multiples entreprises apparaissent souvent sous forme animale : chien, loup… ou bien oiseaux, plus ils sont nombreux, plus le chaman est considéré comme puissant.

Il existe un lien étrange entre le chamanisme et l’oiseau. Le chaman authentique est toujours un peu oiseau avec ses plumes qui lui permettent de rejoindre le pays des esprits dans un convoi extatique vers l’autre monde. Ces esprits animaux sont intimement liés à certaines expériences spirituelles, ils sont le pont avec l’invisible, des lieux de passage vers d’autres univers que le nôtre.

Cet ouvrage est un voyage dans l’univers de la magie ancienne et animale, il mêle expérience spirituelles et personnelle avec l’étude des anciennes civilisations, il nous montre la possibilité de faire un pacte avec l’âme collective d’une espèce animale et nous apprend à découvrir notre oiseau-totem et la pratique de l’ornithomancie.

La connaissance de son animal totem n’appartient pas seulement aux indiens d’Amérique du nord, mais tout le monde peut le connaitre. En Occident, Jacques Cœur, Grand argentier du roi, certainement initié au symbolisme hermétique, s’entourait d’ours, qu’il faisait venir de son duché d’Auvergne et parfois de plus loin. Il a fait figurer l’animal presque à chaque page de ses livres « d’heures », également sur ses bannières et autour de ses armes, son palais était rempli de figurines ursines. De même, toute son apparence, son allure lourde, pesante et placide, reflétait cette analogie avec le plantigrade et c’est un ourson qui figure, sommeillant aux pieds de son gisant.

Notre animal totem n’est pas forcément un animal qu’on aime bien, mais correspond à une affinité beaucoup plus profonde, comme une image de voyance, lorsque nous sommes dans un état de réceptivité suffisante qui vient d’une source beaucoup plus mystérieuse qu’un simple désir de notre ego. Ce totem ou animal va jouer comme un révélateur et nous indiquera quelle est notre vraie place dans la société, ainsi elle nous aidera, nous protégera et nous fera comprendre les cycles et les énergies qui nous animent.

Au sujet du voyage spirituel, l’auteur écrit : « Tout homme est « condamné » ici-bas, à passer par l’étape de « l’esclavage », qui n’est qu’une phase dans le processus de son évolution spirituelle. Cette phase n’est pas un épisode dépourvu d’enseignement, bien au contraire. Pour pouvoir apprécier la « liberté » à sa pleine valeur, il faut avoir fait l’expérience d’avoir été mis en cage. Si le chemin de la vie n’était qu’une voie ornée de lys et de roses, le pèlerin passerait à côté du sens réel de la Liberté.

L’expérience de l’esclavage spirituel et l’intense désir de se désengagé constituent tous deux la préparation indispensable à l’expérience parfaite de la Liberté de l’esprit. En fait, la nostalgie de revenir à la Source du Bonheur Eternel, telle l’angoisse du poisson égaré sur la berge, est présente en tout être humain, mais il en demeure inconscient, jusqu’au moment où il entre consciemment sur le « chemin ». Il est certes possible de s’habituer à l’ignorance, mais l’on éprouve toujours un certain malaise, et un vague et indéfinissable sentiment d’inquiétude, provoqué par l’impression que « quelque chose manque ». Ce « Quelque chose », qui est en définitive Dieu, Principe Créateur, est confondu par erreur avec les divers objets de la Manifestation.

C’est ainsi que chacun se met à chercher désespérément le bonheur sous toutes ses formes, jusqu’au moment où, complètement dégouté des biens de ce monde, il se décide à partir à la rencontre de ce qu’il croit lui manquer véritablement. A ce stade il s’attache à un degré de Réalité qui est plus stable que les formes évanescentes qu’il recherchait jusqu’ici, et cet instant peut être considéré comme sa première « initiation » dans la voie de l’esprit. Dès lors, sa passion d’union avec la « Source » devient précise et intense ».

Au sommaire de ce livre :

Chamanisme et magie animale - la magie des oiseaux et des animaux - le chamanisme et la préhistoire - l’âme collective des animaux - le pacte - Oiseau-totem - Ornithomancie - L’oiseau dans le voyage spirituel de l’âme - les chamans et l’oiseau - la langue des oiseaux - l’âme oiseau - l’envol de l’âme - Rêves, états post-mortem - le voyage spirituel de l’âme -

 

CHAMANISME - LES SECRETS DU CHAMANISME SIBÉRIEN – INITIATION

Elena Michetchkina

Edition Véga

 2013

Lorsque pour ses 20 ans, elle partit en Sibérie tenter de retrouver la femme chamane qui l’avait sauvé de la mort quand elle avait 5 ans alors que les médecins s’avouaient impuissants devant le mal qui la rongeait, Elena ne se doutait pas que toute sa vie allait en être bouleversée.

Sorte de retour aux sources ou voyage initiatique, Elena allait, dans les montagnes de l’Altaï et les steppes de Touva, recevoir la transmission de savoirs chamaniques et de secrets ancestraux transmis depuis la nuit des temps de chamane à disciple. Initié aux pratiques et aux rituels propres au chamanisme sibérien, celui des origines, Elena transmet à l’Occident ce qu’elle a appris avant que ne se perde la richesse de cette tradition. Elle ira ensuite en Amérique latine où elle se formera à la médecine par les plantes et complétera ses connaissances à l’aune des spécificités du chamanisme sud-américain.

Très bizarrement, toutes ces techniques et connaissances venues du fond des âges sont complètement adaptés à l’homme moderne désemparé et l’aident à reprendre le contrôle de sa propre vie au sein de la société actuelle.

Le chamanisme est probablement la médecine la plus ancienne au monde. La vocation principale du chamane est la guérison des malades, mais il est à la fois sage, visionnaire et conseiller spirituel. Le sens et le but du chamanisme sont l’acquisition de cet état particulier (la transe, l’extase), dans lequel la personne perd son ego, sa personnalité, son esprit rationnel, et se lit avec la source initiale.

Système de guérison traditionnel, le chamanisme aide à résoudre des problèmes tant privés que sociaux. Le plus souvent le chamane ou le guérisseur communiquent avec les esprits en état modifié de conscience, perçoivent ainsi la nature profonde des choses, peuvent comprendre les origines des problèmes et obtenir des connaissances et des conseils pour y remédier.

Selon les cultures, la place du chamane peut varier de simple membre de la société exerçant l’activité de guérisseur et de guide spirituel à professionnel, c'est-à-dire, médecin, thérapeute ou conseiller. Parfois il est conféré au chamane un véritable statut de prêtre, vénéré comme un saint, et à ce titre inséparable du système religieux.

Aujourd’hui dans notre société matérialiste qui part à la dérive, n’importe quelle personne peut utiliser les pratiques chamaniques dans sa vie, sans pour autant devenir un chamane. Le monde des esprits est accessible à toute personne utilisant les techniques chamaniques. L’initié au chamanisme peut puiser dans le monde invisible grâce au renforcement de sa structure émotionnelle, une solution à ses problèmes personnels, il y trouvera solution et le soutien dont il a besoin.

Les techniques chamaniques améliorent la qualité de vie à travers l’expansion de la conscience et donnent la possibilité de transformer ses croyances, ses blocages, ses peurs, ses culpabilités, ses tristesses, ses vices et ses sentiments de perte, afin de vivre une amélioration dans ses relations en récupérant son 6e sens, son intuition et sa sensibilité.

Au sommaire de cet ouvrage :

1e Partie : Le chamanisme, un monde inconnu : Les 3 mondes, les esprits qui peuplent la terre, les 5 éléments, l’animal-totem, les centres énergétiques et les chakras

2e Partie : Le chamane et les objets de force : L’initiation chamanique, la force et les habits du chamane, le tambour et autres attributs du chamane, le coffre, le masque, le bâton, les pierres ; les plantes, le miroir, le hochet, le maillet, le ougon et l’amulette –

3e Partie : Le pouvoir du Chamane : La transe, la guérison, les adieux pour l’âme, la divination

4e Partie : Livret d’initiation au chamanisme : La préparation au voyage, la danse et le chant de l’animal-totem, le voyage dans le monde d’en haut, la rencontre avec son ombre, rencontre avec les élémentaux, la mort initiatique, l’utilisation des plantes, diverses fabrications dont celle d’une amulette et d’un naouz, l’herbier magique et les propriétés des pierre.

 

chamanisme & chamans le vÉcu dans l’expÉrience magique

Mario mercier

Edition DANGLES

 1993

Vers le pôle Nord, en atteignant des régions à peine touchées par la « civilisation » (Asie et Sibérie septentrionales, Laponie, Mongolie, Alaska, Grand Nord Canadien….), on peut rencontrer des hommes et des femmes qui voyagent dans le monde des Esprits et qui rapportent de l’Au-delà des pouvoirs inexplicables pour notre esprit cartésien : les chamans. Sont-ils des prêtres, des mages, des sorciers, des guérisseurs… ? Tout cela à la fois, et bien plus encore.


Le chamanisme est la « science du maniement des esprits ». Le chaman évolue dans un monde essentiellement magique, car lui aussi est « magique » en ce sens qu’il perçoit les correspondances secrètes de la nature et du cosmos. Hyper sensitif, doué d’une conscience intuitive remarquable, clairvoyant et clairaudiant, relié de par son extrême sensibilité à la grande puissance cosmique, il possède également le pouvoir d’incarnation et de métamorphose.

 

En raison de sa texture mentale particulière, il est capable d’accéder aux différents plans des mondes invisibles et d’atteindre l’extase. Mais il ne parvient à ce stade suprême de la Connaissance qu’après une longue et difficile initiation, tant physique que mentale. Sa mission sur Terre, essentiellement humanitaire, est de mettre ses forces magiques au service de la communauté dans laquelle il vit.


Initié au chamanisme, Mario Mercier nous fait vivre, de l’intérieur, la pratique chamanique et pénétrer dans l’esprit du chaman. En même temps qu’un voyage ethnographique captivant et révélateur, un récit d’expériences vécues, ce livre est le chemin d’approche d’un univers magique et spirituel dont l’origine remonte à la nuit des temps.

 

CHAMANISME  -  LE CHAMANISME DE SIBÉRIE ET D’ASIE CENTRALE

Charles Stépanoff et Thierry Zarcone

Edition  Gallimard 

 2011

Les peuples de Sibérie et d’Asie centrale reconnaissent parmi eux des êtres d’exception aux pouvoirs héréditaires, les chamanes, à qui est confiée la gestion des relations entre les humains et le monde invisible. Tout à la fois devins et thérapeutes, ils œuvrent au bien être  des communautés autant qu’à celui des individus.

 

Recomposé avec les autres religions asiatiques : Islam, bouddhisme et christianisme, le chamanisme a traversé les siècles. Aujourd’hui les chamanes renouvellent les traditions préservées en secret pendant la période communiste et s’adaptent à un mode urbanisé, en exerçant souvent leur art dans des associations.

 

Charles Stépanoff et Thierry Zarcone explorent leurs rituels et leurs mythologies et évoquent l’émergence d’un néo chamanisme en occident. Qu’il soit individuel ou collectif, le rituel chamanique fascine par les brouillages subtils et les déplacements réglés des frontières de la personne du chamane qu’il met en scène.

Le voyage que décrivent les chants et les gestes du chamane a pour décor le monde souterrain, le ciel ou tout simplement les montagnes environnantes. Cette projection dans un espace virtuel peut légitimement être comparée aux opérations cognitives accomplies par les joueurs de jeux vidéo.

Cependant dans le rituel sibérien, l’espace réel et l’espace virtuel ne sont pas séparés mais demeurent en liens constant car le dialogue est permanent. Lorsqu’un chamane est censé combattre un démon situé dans la monde inférieur, ou ramer à travers la Rivière invisible, il donne à voir ces actions par ses mouvements, cris et paroles au milieu de la tente, dans certaines tribus il est demandé à des membres de tenir le rôle des démons avec lesquels ils se battent. L’action se situe simultanément ici et là-bas, la personne du chamane se trouvant distribuée entre plusieurs espaces.

 

La coordination entre espace réel et virtuel est accomplie grâce à un certain nombre de conventions et de technologies. Chez les Téléoutes, le chamane utilise l’espace de la yourte pour représenter les yourtes des divinités qu’il vient visiter. Chez les Tchektches, au cours du rituel, le chamane coule, c'est-à-dire s’allonge immobile au sol, de façon à donner à voir sa descente vers le monde inférieur ; il transforme ainsi sa tente en un microcosme où il peut, par quelques gestes, donner à voir un voyage à travers les mondes.

 

Le corps du chamane est au centre du rituel, car c’est en lui que sont rendus présents et palpables les esprits, et c’est à travers lui que les humains peuvent établir des échanges avec eux. La qualité principale attendue d’un chamane est donc son ouverture corporelle à toutes les forces et substances qui circulent lors d’un rituel.

 

Dans les forêts de l’Altaï, les steppes turco-mongoles ou sur les rives de l’Arctique, les chamanes sont environnés par une armée fantastique, ours, rennes, grenouilles, serpents ou monstres. Tout au long de ce voyage au son d’un tambour, de la viole et du luth. 110 documents pour découvrir les chamanes de Sibérie et d’Asie centrale. Découverte Gallimard est un formidable outil pédagogique, avec de très nombreuses photos couleurs, avec un petit prix et un format agréable.

 

CHAMANISME - LE CHAMANISME- UNE ENQUÊTE AUX FRONTIÈRES DE LA TRANSE

Audrey Mouge 

Editions de la Martinière

 2014

Ils dialoguent avec les esprits en « voyageant » dans des mondes invisibles auxquels ils accèdent par la transe, un état modifié de conscience principalement induit par les rythmes du tambour ou l’ingestion de plantes hallucinogènes.

Les chamanes considèrent que tout l’univers possède une forme d’intelligence avec laquelle il est possible de communiquer : les arbres, les animaux, les rivières, les astres ; les éléments, les défunts, mais aussi tout un panthéon de créatures mythologiques, et de guides spirituels. Leur but : Obtenir des informations de ces forces de la nature pour maintenir l’équilibre psychique d’un individu ou l’harmonie au sein d’une communauté. Mais également et surtout pour soigner les êtres.

Derrière les apparences surnaturelles de ces pratiques ancestrales se cache-t-il une véritable médecine de l’âme ? Pourquoi inspirent-elles de plus en plus la psychiatrie occidentale. ? La renaissance du chamanisme dans notre société moderne peut-elle nous aider à explorer de nouvelles capacités de la conscience humaine et une autre réalité du monde ?

A travers les différentes expériences effectuées sur la transe et son voyage dans le temps et dans l’espace, l’auteur nous rappelle que Carl Gustav Jung en 1920 avançait l’idée et l’hypothèse de l’existence d’un « inconscient collectif » divisant notre inconscient en deux territoires, le ‘personnel » et le « collectif », le second étant la résultante non seulement des expériences du personnel mais également était alimenté depuis la nuit des temps par les mythes, les légendes et les contes des diverses traditions. Elle devenait ainsi la « mémoire psychique de l’humanité ».

Cet ouvrage fait appel à de nombreux témoignages et avis d’experts, une enquête aux frontières de la transe.

Au sommaire de cet ouvrage :

Histoire du chamanisme - Les sorciers et chamanes du vieux continent - Religions et pratiques primitives - A l’encontre des dogmes religieux - Voir l’invisible grâce au tambour - Dialoguer avec les plantes enseignantes pour soigner - L’ayahuasca, au-delà des clichés magico-romantiques - Les chamanes derrière l’image d’Epinal - Les principaux courants chamaniques traditionnels - Chamanisme amazonien et occidentaux : les « bugs » de l’interface culturelle - La transe et les états modifiés de conscience dans l’histoire de la psychiatrie - Les visions, délires de l’esprit - Expression de l’inconscient, ou messages d’un espace invisible - L’expérience extatique - La psychanalyse freudienne et la psychologie humaniste - La naissance avortée de la thérapie psychédélique - Les nouvelles approches inspirées du chamanisme traditionnel - Psychologie transpersonnelle et respiration holotropique - Le tambour, le cerveau et la transe - Découvrir les nouvelles frontières de la conscience humaine - Science et chamanisme - Réintégrer le chamanisme en Occident - Recréer le lien perdu avec la nature et changer notre regard sur le monde - Bibliographie pour aller plus loin -

 

CHAMANISME LES  ESPRITS DE LA STEPPEAvec les derniers chamanes de Mongolie

Corine  Sombrun

Edition  Albin MICHEL

 2012

L’auteur C. Sombrun a rencontré Enkhetuya, chamane du peuple Tsataan, au nord de la Mongolie, à l’orée des années 2000. Cette femme à la personnalité exceptionnelle, qui vit encore dans un univers autarcique où, de génération en génération on élève des rennes  et on respecte les esprits de la nature, va lui transmettre un enseignement millénaire fait de rites et de cérémonie, gardiens de l’harmonie du monde.

 

Tout en évoquant l’enfance d’Enkhetuya, née en  pleine taïga, son dur apprentissage de chamane dans une République populaire qui en interdit la pratique, ce récit passionnant retrace l’histoire d’un peuple de nomades qui a vécu comme à l’aube de l’humanité pour basculer il y a peu dans l’ère de la mondialisation et qui va, hélas, certainement disparaître.

 

Née en 1957 dans la Taïga de la région d’Uul, issue d’une lignée de chamanes qui pratiquaient dans le plus grand secret , Enkhetuya voulait être institutrice ; mais les signes auxquels on reconnaît un « don », vont lui imposer une autre orientation. Elle reçoit alors un enseignement difficile et devient un chamane aux cérémonies très demandées pour soigner ou supprimer les sorts. C’est tout cet environnement traditionnel, où les esprits de la terre, du ciel, de l’eau et de l’air, entretiennent avec les humains une relation étroite et exigeante, en prise directe avec la nature, que recrée C. Sombrun.

 

Histoire d’un peuple de nomades qui a vécu comme à l’aube de l’humanité, résistant aux persécutions communistes et qui bascule dans la première décennie du XXIe siècle avec l’afflux des touristes et de la modernité dans l’ère du marché planétaire. De par son expérience étonnante et ses voyages qui l’ont amené d’Amazonie en Mongolie, l’auteur est un témoin privilégié à la fois du basculement du monde et de la permanence d’un héritage millénaire.

 

CHAMANISME -  CHAMANS, SORCIERS ET GUḖRISSEURS

Stéphane Mangin

Edition  Cartouche

 2009

Si la carte postale et la photo ancienne est une invitation au voyage, parcourir une collection d’outre-mer c’est avant tout remonter le temps, effectuer un arrêt sur l’image et rêver.

Cet album fait d’environ 250 cartes postales et photographie anciennes, nous fait remonter le temps  au début des années 1900, en Afrique, en Amérique et en Océanie. On visite les empires coloniaux à travers leurs chamans, leurs sorciers, leurs féticheurs et autres guérisseurs.

 

Les diverses expositions coloniales et universelles se rapprochent avec leurs appétit pour l’exotisme, l’exotique et les Arts lointains, qui feront les délices des photographes et des lecteurs. Les établissements coloniaux auront la faveur des photographes, mais, heureusement certains développeront leur intérêt pour les sociétés coutumières, royaumes et autres chefferies, au travers de séries thématiques, qui constituent aujourd’hui autant de précieux documents pour les amateurs de mystères et de sciences humaines.

 

La beauté de ces photos et cartes, la qualité des sujets, la fraicheur des portraits est fascinante, c’est la rencontre entre la technique photographique et les coutumes ancestrales des chamans, des animistes et autres sorciers avec leurs panoplies de guerre, de sorcelleries ou de guérisons.

 

Un monde qui a tendance à se moderniser, donc à disparaitre, on y voit des êtres fiers, inquiétants, armés de leurs fétiches protecteurs, de leurs lances et de leurs masques.

On a l’impression de voir en surimpression le monde invisible avec lequel ils ont l’habitude de dialoguer, de combattre ou d’amadouer

 

Un superbe album de photos et de cartes postales qui nous projettent dans un autre monde, un monde invisible peuplé de bons et de mauvais esprits qu’il est bon de connaitre : c’est le rôle du chaman

 

CHAMANISME -  DES MONTS ET DES CHAMANES

Anne Ferlat

Edition Rafael de Surtis

 2008

« Asie perlée », c’est ainsi que Nicolas Roerich évoquait cette chaîne de montagnes qui l’inspira dans ses écrits et peintures. Le nom « Altaï » signifie « d’or  ou doré » et désigne une ancienne patrie chez les Turcs et les Mongols. Cette allusion au métal précieux suggère à lui seul un monde disparu, l’un de ces royaumes inaccessible à l’humain ordinaire ou à l’homme rationnel. C’est bien là l’intention de cet ouvrage : faire découvrir au lecteur un lieu de hauts mystères, où le temps s’écoule différemment. Pour les bouddhistes, des sages gouvernants depuis l’invisible pourraient s’y cacher, il s’agirait alors de la Shamballah mythique. Certains ésotéristes, parles de l’Atlantide, de Thulé, de ce royaume du Prêtre Jean ou de ces terres mythiques recélant des Traditions millénaires.

 

Ces rocs où domine le chamanisme, subirent bien des influences au cours de l’histoire, bouddhistes et chrétiennes notamment. Il est parfois difficile de déterminer si les légendes racontées dans cet ouvrage remontent à un passé très ancien et quelle est leur version authentique ; d’autant plus qu’il n’est pas question d’une ethnie mais d’une mosaïque de tribus d’origine turque ; les Chors, les Khakasses, les Tofalars et les Téléoutes, principalement composent les altaïens ou habitants de l’Altaï.

 

On les appelle encore les « Kalmouks blancs » à la suite d’une confusion avec les véritables Kalmouks d’origine mongole. Il y a 25 ans certaines ethnies ne comptaient pas plus de 16.000 membres ; par conséquent sans considérer la soviétisation, la mémoire de celles-ci risque de se perdre à jamais.

 

Les ethnologues, surtout les russes, ont accumulé un matériau important auquel l’auteur a été puiser afin de rendre plus accessible au plus grand nombre ces mythes captivants. L’auteur précise qu’il ne faut pas confondre les langues dites « altaïques » recouvrant un territoire immense (Sibérie et Asie centrale) et comprenant les langues turques, mongoles et toungouses avec les « Altaïens »

 

Le Chamane, personnage atypique et génial, est le vecteur entre deux mondes. Il aide la nature et les hommes à retrouver leur âme, enfuie ou capturée par un esprit. Il se meut et danse dans l’invisible, réduisant le temps et l’espace à néant, les limbes du Double l’enserrent et il sait déchirer les voiles qui en parent les limites.

 

Une telle capacité suppose des prédispositions au contact avec le surnaturel : la possibilité de se déplacer, celle d’interpréter les signes et les présages, de comprendre pourquoi et comment un mal s’est installé. Parfois, il est dit qu’un grand chamane nait dans un nid au somment d’un arbre tandis qu’un petit chamane nait au pied de l’arbre, mais dans les deux cas il sort toujours d’un œuf. Œuf dont l’origine vient d’un aigle royal fondateur de la lignée des chamanes, cet aigle sera au centre des rituels.

 

CHAMANISME -  20  clefs POUR COMPRENDRE LE CHAMANISME

Divers  Auteurs

Edition  Albin Michel

 2013

Religion primordiale, philosophie de l’harmonie avec la nature et des réalités extrasensorielles, le chamanisme fascine notre modernité à la recherche d’authenticité. Présent aussi bien en Amérique précolombienne qu’en Sibérie ou en Afrique, il donne lieu à un vaste éventail de manifestations culturelles et spirituelles dont le présent ouvrage offre un tour d’horizon complet

 

Reprenant des hors-séries du magazine Le Monde des Religions, les Editions Albin Michel proposent des synthèses très claires consacrées au chamanisme et en 20 chapitres, l’essentiel de ce qu’il faut savoir est dit pour ainsi nous aider à comprendre le monde contemporain ainsi que les religions et autres philosophie de ces  civilisations souvent oubliées.

 

Au sommaire de cet ouvrage :

 

Odon Vallet nous parle de la première religion de l’humanité

Serge Laffitte nous explique le chamanisme : une religion de la nature ainsi que Chamanisme et Orient  -

Michel Perrin : L’Art et le médium esthétique ainsi que La représentation de l’Univers -

Frédéric Laugrand : la logique chamanique et ses rituels

Danièle Vazeilles nous offre : Des esprits et des ancêtres  - Le Chamane  -   Le voyage dans les autres mondes  -  Le néochamanisme et l’envol du magico-religieux –

Michèle Bilimoff : Le langage des plantes, clé des forces de la nature

Joëlle Rostkowski et les lieux sacrés  -  Renouveau identitaire en Amérique du Nord

Djénane Tager nous parle de la divination, des signes et des augures

Eric de Rosny : La musique et le tambour du sorcier

Anne de Sales : Rites et pratiques de guérisons

Jennifer Schwarz : Afrique, maintenir l’harmonie

Roberte Hamayan : Sibérie et le gibier

L. J. Dorais : En Asie, le culte de la possession

 

CHAMANISME  voyage au cœur de la force – l’expÉrience magique d’un chaman

Mario mercier

Edition GRANCHER

 1995

Un récit limpide, une joie de l’âme qui viennent à point rafraîchir le cœur usé de notre vieux monde.

Le Journal d’un chaman et le Livre de l’Ange nous avaient, par ailleurs, fascinés par la poésie de leurs messages et leur portée magique. Ce sont ici d’autres voyages qu’entreprend Mario Mercier en compagnie de ses amis, chamans indiens et européens.

 

 Explorateurs d’univers vivants et originaux, ils se fondent dans le mystère de la forêt et, à travers la trame du rêve, évoluent dans le monde des doubles, conversent avec les animaux de pouvoir, charment les corneilles, entrent en résonance avec les puissances de la terre, des volcans, des vents, accomplissent les rites de l’orage, sont confrontés à la sacralité de la Femme spirituelle et à l’énigme des puissances de l’Esprit…  Leur périple envoûtant conduit au cœur de l’être, en ce lieu où gît la Force.

Ce livre est un voyage magique de l’homme à travers l’homme et de l’homme inspiré qu’est le chaman à travers l’Univers.

 

comte de saint-germain – qui suis-je ?

Patrick rivière

Edition PARDES

 2007

Le mystérieux compte de Saint-Germain, doté des mille qualités que lui accorde la légende, demeure incontestablement une des figures les plus énigmatiques du Grand Siècle. Derrière l’apparent « gentilhomme de salon », ne se dissimulait-il pas, en fait, l’archétype immortel du « Saint-Frère (Germanus) de l’humanité » ?


Dans ce « Qui suis-je ? » Saint-Germain, l’auteur révèle sans ambages qui était réellement ce personnage, en dehors de sa nature profane, du reste prestigieuse, puisque de sang royal. Dans cette biographie sans faille, en abordant les multiples facettes de la personnalité de Saint-Germain, non seulement, l’auteur livre la véritable identité de celui-ci, avec preuves à l’appui, mais, de surcroît, il dévoile tous les aspects les plus secrets d’un tel génie, décriés – hélas ! – le plus souvent comme ceux d’un charlatan !


Introduit à la cour de France par la Pompadour, était-il un simple diplomate occasionnel ou un véritable espion à la solde du roi Louis XV, à qui il intimera, en outre, de se faire Rose + Croix ? Ne passait-il pas encore, auprès de beaucoup, pour un « théurge thaumaturge », doublé d’un grand alchimiste qui, au surplus, ne meurt jamais… ! On lui attribue aussi des textes, plus ou moins émanés de sa plume, qui sont décodés et explicités, pour la première fois, dans cet ouvrage, où l’hermétisme et les sciences sacrées traditionnelles tiennent une place prééminente.


Il est des époques particulièrement troublées que de « Nobles voyageurs » traversent tels d’authentiques « phares » pour l’humanité. Que leur message d’amour et de fraternité se trouve détourné de son originel et réel objectif est en soi regrettable, mais, somme toute, compréhensible en un monde où « le paraître » et « l’avoir » l’emportent constamment sur « l’être véritable », où les valeurs suprêmes se voient généralement délaissées au profit du scandale le plus abject ; les motivations n’étant d’ailleurs pas dénuées d’un intérêt certain, le plus souvent mercantile et pervers, justifié par l’orgueil à lui seul. Reconnaître ce « qui sort de l’ordinaire », c’est condamner par là même « le vulgaire » ! Et s’avouer ses propres faiblesses, n’est-ce point-là poser le constat de son inexpugnable impuissance : l’échec irréductible le plus cuisant qui soit ?


Il demeure assurément plus confortable de mépriser ou même de nier ce que l’on ne comprend pas ; c’est-à-dire ce qui se soustrait à l’entendement raisonnable et « bien-pensant » que le quotidien, dans sa monotonie lancinante, nous offre comme le plus sûr rempart à tout élan d’évolution de notre part.


Certains individus en marge, certes trop rares, se trouvent de facto engagés dans la voie spirituelle, bien qu’égarés dans ce dilemme. Ils errent alors désespérément en quête de l’auditoire favorable aux révélations de leurs préoccupations mystiques, leurs méditations sur l’abîme les ayant menés à la contemplation des cimes ! Détachés de la masse – sans que ceci fût ici péjoratif – grâce aux immenses efforts exercés sur eux-mêmes, ils se sont hissés au faîte de la maîtrise ainsi qu’à l’apogée de la connaissance des secrets de la Nature : Saint-Germain (voire Cagliostro) fut incontestablement de ceux-là.


Comme de coutume, en pareil cas, leurs faits et gestes furent décriés et la calomnie alla bon train bien que la noblesse d’âme et de cœur les caractérisant fût indéniable. Mais, cependant, convaincus d’excentricité et de charlatanisme, voire d’escroquerie – en ce qui concerne Cagliostro –, ils furent honnis et rejetés par « la bonne société » après avoir été précédemment l’objet des plus dithyrambiques louanges.


Les véhémentes critiques qui leur furent adressées et qui trouvèrent leur prolongement à travers les chroniques du Grand Siècle – qu’elles émanent de la plume de l’abbé Lécanu, du marquis de Luchet, du baron de Gleichen, de Frédéric Bülau, de Jules Doinel, ou, ce qui demeure surprenant, de Gérard de Nerval lui-même, qui ne résista pas à égratigner Saint-Germain et Cagliostro – reflétaient cette haine pour « l’inconnu » que l’humain trouve tant de plaisir à brandir, tel un bouclier l’affranchissant à jamais de la vérité qui l’effraie.

 

cours de haute magie – l’exploitation du monde invisible

Dr Fernand rozier

Edition LE MERCURE DAUPHINOIS

 2001

Fort d’une longue quête personnelle de l’occulte, le Dr Fernand Rozier dresse ici, à l’intention de ses étudiants, un inventaire méthodique des mondes invisibles, avec leurs hiérarchies respectives : plans divin, céleste, mental, karmique, astral, physique et infra physique.

 

Il passe en revue les habitants de ces mondes : le Christ, la Vierge de Lumière, les anges pour le céleste, les salamandres, sylphes, ondins et gnomes, fées et nymphes pour le plan mental et enfin les élémentals pour le plan astral. Puis il aborde la notion de l’âme et du péché, et pose la question de la pénétration de l’homme dans l’invisible, au moyen de sorties en corps astral, ou dans d’autres corps.

Enfin, il fait le point sur les différents types de visions que l’homme peut rencontrer dans ses expériences sensibles.


Ce cours de haute magie donné à l’École des sciences hermétiques, à Paris, en 1905, est publié par Serge Caillet, d’après le manuscrit qui appartint au Dr Gérard Encausse-Papus, puis à son fils, le Dr Philippe Encausse, à la mort duquel il a été légué à la Bibliothèque municipale de Lyon.

 

Désormais accessible à tous, ce cours n’a rien perdu de son intérêt.


Docteur en médecine et en sciences physiques, Fernand Rozier (1839 – 1922) fut l’élève du mage Éliphas Lévi, avant de s’engager avec Papus et ses compagnons dans la restauration de l’occultisme chrétien.

Il nous fait participer ici à sa propre expérience de l’invisible.

 

CRIMES ET LOGES - LE CONVENT DU SANG

Alain Bauer et Roger Dachez

Edition J.C. Lattes

 2009

Dans la série « Crimes et Loges » Alain Bauer et Roger Dachez nous livrent ce deuxième livre et continuent la série avec cet épisode majeur de la franc-maçonnerie dans la France pré-révolutionnaire.

Lyon, 1778. Un convent de francs-maçons venus de tous les coins de l’Europe s’est réuni pour renoncer à la filiation templière de la maçonnerie, dangereuse dans un pays catholique. A la tête de cette révision déchirante, Jean-Baptiste Willermoz, commerçant aisé de la soie et chef des francs-maçons de la capitale des Gaules.

Or, la veille même du convent, on retrouve dans le quartier des Brotteaux un mystérieux cadavre costumé en Templier ! Le lendemain, un nouveau cadavre est découvert devant le domicile de Willermoz, lui-même objet d’une agression, et sauvé miraculeusement par un magicien sorti de l’ombre : Cagliostro lui-même…

Intrigues maçonniques, complots politiques et joutes amoureuses s’entrecroisent tandis qu’un groupe d’activistes, « les illuminés de Bavière », a décidé d’embraser la franc-maçonnerie, voire à la faire disparaitre …

Le premier livre de cette série « les mystères de Channel Row » nous contait l’histoire de Désaguliers et la fondation en 1717 de la franc-maçonnerie, il avait déjoué des pièges, sauvé la franc-maçonnerie et donné une impulsion salutaire à ce jeune mouvement.

Une cinquantaine d’années plus tard des milliers de frères avaient rejoint ce mouvement, et ce dans toute l’Europe et dans toutes les sociétés, aussi bien grand seigneur que militaires, bourgeois, petits commerçants ou simple quidam.

Entre Lyon et Paris, les fils de la lumière étaient restés d’ombrageux gaulois et les vieux démons de la discorde n’avaient pas cessé de hanter leurs temple et de semer, bien souvent le désordre et la confusion dans leurs rangs.

Depuis les années 1760, dans la traditionnelle capitale des Gaules, un petit groupe de maçons convaincus et fidèles s’étaient efforcé de redonner à la franc-maçonnerie tout son lustre et toute sa profondeur. Nouant des liens avec certains des cénacles les plus secrets parmi tous les initiés de l’Europe, ils travaillaient, dans l’ombre à une renaissance.

Dans un royaume longtemps menacé par d’interminables conflits européens, toujours incertain sous le nouveau règne du jeune Louis XVI, ils s’apprêtaient à convoquer à Lyon une grande assemblée, « un convent », dans lequel ils plaçaient tous leurs espoirs.

Fidèles à l’esprit de cette série, tout en respectant scrupuleusement l’histoire générale de la franc-maçonnerie et les personnalités qui l’illustrèrent, les auteurs nous emmènent à travers cette intrigue dans les coulisses de cette jeune franc-maçonnerie.

 

CRIMES ET LOGES - LES MYSTÈRES DE CHANNEL ROW

ALAIN Bauer et Roger Dachez 

Edition J.C. Lattès

 2007

Londres, juin 1717. C’est d’une modeste taverne du quartier St Paul que va surgir la première loge franc-maçonne. Le révérend Jean-Baptiste Théophile Désaguliers, physicien proche de Newton et de la famille royale, en devient le Grand Maître.

Aussitôt, d’étranges événements surviennent : un registre est volé, une servante agressée, un Maître de loge est mystérieusement assassiné, et Thomas, le disciple préféré, est retrouvé mort après une folle poursuite.

Aidé par la police de Londres, le révérend mène l’enquête, en même temps qu’il construit la puissante franc-maçonnerie anglaise. Désaguliers va traquer la vérité dans les recoins les plus sordides de la capitale, il y rencontrera notamment le chef des bandits de Londres, mais aussi un aristocrate débauché, traitre à son roi et Grand-Maître des francs-maçons ! Surtout, il va découvrir un incroyable secret qui donnera un sens nouveau à sa vie…

Dans l’avant-propos du livre, les auteurs Alain Bauer et Roger Dachez avertissent : «  Cette histoire est un roman : un roman situé dans l’histoire. Nous avons souhaité, avec la liberté que le genre romanesque autorise, évoquer de façon aussi vivante et aussi juste que possible, le monde encore si mal connu et pourtant si attachant et si pittoresque des premiers temps de la Franc-maçonnerie, entre l’Ecosse et l’Angleterre ? ENTRE Londres et Edimbourg, au début du XVIIIe siècle.

Toutes les dates sont exactes, les événements dont l’Histoire a conservé la trace sont fidèlement relatés, et la vie publique des personnages illustres qui sont mis en scène a été scrupuleusement respectée, grâce à l’accès à des archives inédites ou encore mal connues.

Nous avons seulement, avec un peu de fantaisie, comblé les lacunes de la documentation : dans l’ombre d’une histoire qui fut, nous avons pris le risque d’imaginer aussi ce qui aurait pu être, sous la forme d’une intrigue criminelle comme il s’en nouait tant dans l’Angleterre d’il y a presque trois siècles ».

 

croyances et rites populaires

J. eveillard

OUEST-FRANCE

 2006

À l’aube du XXIème siècle, savez-vous que :

• Des femmes viennent se frotter contre certains menhirs ayant le « pouvoir » de fécondité.
• Le rocher du « Pas de la Vierge » (Deux-Sèvres) est l’objet d’une étrange dévotion.
• Les « bonnes fontaines » du Limousin, Auvergne, Bretagne, sont régulièrement fréquentées pour leurs vertus thérapeutiques.
• Les arbres votifs de Cussac (Haute-Vienne) ou de Vatteville-la-Rue (Seine-Maritime) sont toujours vénérés.
• La procession de la « Lunade » est célébrée à Tulle (Corrèze), sans la moindre interruption, depuis … 1348 ! Celle de la « Rodella », à Arles-sur-Tech (Pyrénées-Orientales), depuis 1465 !
• Les guérisseurs, chiropracteurs et autres magnétiseurs n’ont jamais fait autant fortune.

Sont développés : le culte des pierres, les mégalithes, les œuvres des fées et des géants, les pierres d’amour, de jugement, de fécondité, le druidisme, les fontaines de jouvence, les fontaines d’offrandes, la lune, le soleil, les étoiles, l’arc-en-ciel, les orages, les devins, les guérisseurs, les rebouteux, les reliques, la vierge Marie, les vierges noires, les saints protecteurs, mélusine, les grottes, les fantômes, les loups-garous, le diable, les chamans, etc.

9 D 

deux essais

j. corneloup

Edition VÉGA

 1969

Des réflexions sur l’Alpha et sur la Prémonition.

 

La littérature baroque du début du XVIIe siècle se plaît plus que jamais à unir les mots « songe » et « mensonge », que ce soit parfois pour illustrer les plaisirs fugaces du rêve érotique ou, le plus souvent, la nature illusoire de l’existence elle-même. Le rêve y symbolise l'intuition d'un monde en mutation, instable, incertain, au sein duquel la réalité est à l’image du songe, mouvante et trompeuse. Et pourtant, il existe parallèlement des traités d’interprétation des rêves, les clés des songes, dans lesquelles le rêve est le vecteur d’un message prémonitoire. Ces clés des songes relèvent de la tradition de l’oniromancie – la divination par les rêves – et promettent au lecteur des explications sur la nature des rêves, mais aussi le moyen d’en avoir de véritables et surtout de les déchiffrer, élément par élément. Or, les sens sont présents dans les rêves. Ils permettent dans les clés des songes d’affiner, de préciser, de qualifier un élément ou un autre jusqu’à en modifier parfois profondément la signification.

 

A ce titre, ils font partie intégrante de ce système interprétatif : une douce musique n’annoncera pas le même destin qu’un caquètement discordant, et selon que le rêveur percevra un feu comme clair et vif, comme chaleureux ou comme dévorant, la prédiction ne sera pas non plus la même. Mais le sujet étant endormi, rappelons qu’il ne s’agit pas véritablement de ses sens et bien d’illusions sensorielles. Michel Foucault décrit le rêve comme « l'illusion par laquelle le sujet est enchanté, enchaîné par le rêve, et dont il s'affranchit de lui-même par le réveil. » « Cette illusion », ajoute-t-il, « est censée dire la vérité d'un sujet, en tout cas dire une vérité qui, la plupart du temps, le concerne lui». En quelques lignes surgit le paradoxe intrinsèque au rêve divinatoire : comment une illusion pourrait-elle être porteuse de vérité ? Parallèlement au motif baroque, donc, se poursuit au XVIIe siècle la tradition oniromancienne pour laquelle le rêve est porteur de vérité et qui voit dans les rêves une série de symboles, de signes à décrypter pour y lire l’avenir.

 

A travers l’étude de deux clés des songes, Le Palais des curieux et Le Palais du prince du sommeil, on peut se demander comment ce dialogue entre illusions sensorielles et vérité s’insère dans les théories du rêve qui sont au XVIIe siècle le terrain de multiples débats autour de la nature du songe, mais également comment ces illusions sensorielles sont interprétées par les clés des songes de la période.

 

dom pernety et les illuminÉs d’avignon

M. MEILLASSOUX

Edition Arché

 1992

Il vit au siècle des lumières, compagnon de voyage de Bougainville, il devient académicien à Berlin, illuminé en Prusse et à Avignon, il est acteur de la Révolution Française. Il se passionne pour l’Alchimie et crée un dictionnaire mytho-hermétique.

Comme Voltaire il est un écrivain curieux et comme Cagliostro il est attiré par l’irrationnel et la communication avec Dieu, il est à la fois illuminé et homme des lumières mots qui ont d’ailleurs une étymologie commune.

Le texte de sa doctrine « Sainte Parole » est à la fin du livre en transcription intégrale.

Neveu de l'érudit lyonnais Jacques Pernetti, il entre comme lui dans les ordres. Il avait découvert l'hermétisme, en 1757, dans la bibliothèque de l’abbaye Saint Germain-des-Prés. Extrêmement cultivé et érudit, en 1762, il partit avec Bougainville aux îles Malouines en tant qu’aumônier et naturaliste. Revenu en France, il se défroqua et se rendit pour la première fois à Avignon où il entra dans la loge des Sectateurs de la Vérité.

Pour fuir l'Inquisition du vice-légat d’Avignon, Grégoire Salviati, il dut s’exiler à Berlin auprès de Frédéric II de Prusse, qui le nomma conservateur de sa bibliothèque. Il put dès lors continuer ses recherches sur le Grand Œuvre et se lança dans l’étude de vieux grimoires pour découvrir le secret de la pierre philosophale. Il se passionna pour les doctrines mystiques du suédois Emanuel Swedenborg et il fonda, avec le comte polonais Grabienka, les Illuminés de Berlin. Son prosélytisme ne plut point au roi qui le renvoya[].

Château du Mont-Thabor, à Bédarrides : Accompagné du comte, il revint à Avignon et accepta, fin 1784, l'invitation du marquis de Vaucroze, riche propriétaire terrien à Bédarrides qui se dit prêt à les accueillir chez lui, dans une de ses propriétés qui devint dès lors le « Temple du Mont Thabor »

Ces agapes fraternelles réunirent jusqu’à plus de cent personnes. L’irruption de la Révolution française dans les états pontificaux d’Avignon et du Comtat Venaissin, dispersa les Illuminés. Arrêté, Pernety fut rapidement relâché sur l’intervention personnelle du citoyen François Poultier, représentant en mission. Il trouva refuge chez l'avocat Vincent-Xavier Gasqui qui l’installa dans son Hôtel de la place des Trois Pilats. Ce fut là qu’il décéda le 25 vendémiaire An V, soit le 16 octobre 1796[3].

Ses Fables égyptiennes et grecques dévoilées sont un ouvrage sur les sciences magiques et la symbolique des anciens. Il concerne l'alchimie et les éléments de la matière, les hiéroglyphes, les mythes, les dieux et toutes les représentations symboliques des anciens, l'étude de la Philosophie hermétique.

Pour composer ses Fables égyptiennes et grecques, il s’inspire largement de Michael Maier, au point de garder le plan en six livres, d’Arcana Arcanissima, avec les mêmes titres qu’il traduit textuellement en français. Pernety l’explique lui-même : « J’ai lu avec attention plusieurs des traités de Michaël Maïer, et ils m’ont été d’un si grand secours, que celui qui a pour titre Arcana Arcanissima, a servi de canevas à mon ouvrage… »[4].

Dans sa Dissertation sur l'Amérique & les Américains il propose de prouver, contre le sentiment de Corneille de Pauw, que l’Amérique n’a pas été plus disgraciée de la nature que les autres parties du monde

Voir d’autres ouvrages de Dom Pernetty au chapitre 3 Alchimie.

 

DOM PERMETY   -     DICTIONNAIRE MYTHO- HERMÉTIQUE

DOM A.J. PERNETY

Edition ARCHE MILAN

 1980

Reproduction de l’édition de Paris 1758

 

Il n'est pas besoin d'insister sur l'importance des écrits de Dom Pernety en matière d'alchimie : il a contribué à l'égal de Lenglet Dufrenoy, à l'établissement d'une critique des doctrines de l'Art sacré et, s'il n'a pas fait oeuvre d'alchimiste, du moins a-t-il passé au crible les vieux auteurs.

 

Il a, comme Fulcanelli, réalisé sa trilogie, avec le Dictionnaire mytho - hermétique et les deux tomes des Fables Égyptiennes et Grecques. Ces ouvrages sont à présent disponibles sur internet. Tel n'est pas le cas, encore, de l'Histoire de la philosophie hermétique de Lenglet Dufrenoy...

Le Dictionnaire de Pernety se referme sur des planches qui résument la science chimique de l'époque et ces planches ont été disposées sur internet dans le site d’Alkest, Amoureux de science s'il en ait... Ces planches étaient cependant séparées sur plusieurs pages : elles ont été réunies ici en espérant avoir fait oeuvre utile. Voici, en prélude à leur étude, l'introduction de Pernety à son Dictionnaire

Préambule du Dictionnaire Mytho-hermétique de Antoine - Joseph Pernety

Jamais Science n'eut plus besoin de Dictionnaire que la Philosophie Hermétique [à la même époque paraissait l'Histoire de la Philosophie hermétique en deux volumes de l'abbé Nicolas Lenglet Du Fresnoy, Amsterdam, 1742 et Paris, 1744]. Ceux dans les mains de qui tombent les Livres faits sur cette matière, ne sauraient en soutenir la lecture une demi-heure seulement; les noms barbares qu'on y trouve, semblent vides de sens, et les termes équivoques qui sont placés à dessein presque dans toutes les phrases, ne présentent aucun sens déterminé. Les Auteurs avertissent eux-mêmes qu'on ne doit pas les entendre à la lettre; qu'ils ont donné mille noms à une même chose; que leurs Ouvrages ne sont qu'un tissu d'énigmes, de métaphores, d'allégories, présentées même sous le voile de termes ambigus, et qu'il faut se défier des endroits qui paraissent faciles à entendre à la première lecture. Ils font mystère de tout, et semblent n'avoir écrit que pour n'être pas entendus.

 

Ils protestent cependant qu'ils n'écrivent que pour instruire, et pour instruire d'une Science qu'ils appellent la clef de toutes les autres. L'amour de Dieu, du prochain, de la vérité, leur met la plume à la main : la reconnaissance d'une faveur si signalée que celle d'avoir reçu du Créateur l'intelligence d'un mystère si relevé, ne leur permet pas de se taire. Mais ils l'ont reçue, ajoutent-ils, dans l'ombre du mystère; ce serait même un crime digne d'anathème que de lever le voile qui le cacha aux yeux du vulgaire. Pouvaient-ils se dispenser d'écrire mystérieusement ? Si l'on exposait au grand jour cette Science dans sa simplicité, les femmes, les enfants même voudraient en faire l'épreuve : le Paysan le plus stupide quitterait sa charrue pour labourer le champ de Mars comme Jason : il cultiverait la terre philosophique, dont le travail ne serait pour lui qu'un amusement, et dont les moissons abondantes lui procureraient d'immenses richesses, avec une vie très longue, et une santé inaltérable pour en jouir.

Il fallait donc tenir cette Science dans l'obscurité, n'en parler que par hiéroglyphes, par fictions, à l'imitation des anciens Prêtres de l'Égypte, des Brahmanes des Indes, des premiers Philosophes de la Grèce et de tous les pays, dès qu'on sentait la nécessité de ne pas bouleverser tout l'ordre et l'harmonie établis dans la société civile. Ils suivaient en cela le conseil du Sage. [tout ce qu'a écrit Pernety au sujet de l'Art sacré dans les deux tomes des Fables Égyptiennes et Grecques pourrait n'apparaître que comme un tissu de divagations, n'était son érudition, qui est incontestable. Tout ce qu'il dit des hiéroglyphes et de leur sens soi disant hermétique est absolument faux ; tout ce qu'il dit du soi disant or alchimique des Égyptiens est tout autant absurde.

9 E

ÉCRITURES MYSTÉRIEUSES

D. BECKER et F.KIRCHER

Edition PARDES

 2007

Des peuples, dont on connaît la splendeur par l’architecture de l’archéologie, nous restent toujours aussi mystérieux ….Cela tient à ce que l’on n’a pas encore réussi à déchiffrer leur écriture. L’histoire, les mœurs, les croyances, des Celtes, des Etrusques, des Précolombiens, demeurent dans l’ombre parce que des documents scripturaux nous font défaut. De même, que penser des monuments retrouvés dans le petit hameau français de Glozel ? S’agit- il bien du spécimen d’une des plus anciennes écritures de l’humanité ?comme on l’a prétendu ?


Une écriture peut également paraître mystérieuse parce qu’elle est codée. La Bible est ainsi supposée contenir des informations cachées, réservées à ceux qui détiennent la clef des connaissances interdites. Le mystérieux manuscrit de Voynich compte-t-il au nombre de ces cryptoglyphes porteurs d’informations surhumaines ? Le lecteur se forgera lui-même une opinion car les auteurs soumettent une traduction basée sur une correspondance entre les lettres de ce texte énigmatique et l’alphabet latin.


Enfin, il y a ces écrits venus d’un ailleurs indémontrable, ces signes dont de fervents adeptes assurent qu’ils nous viennent des dieux, d’extra-terrestres, d’anges ou encore, de revenants.
Ce livre des écritures mystérieuses emportera le lecteur à la découverte des civilisations fascinantes du passé, sur les traces des secrets de l’île de Pâques et du plateau de Nazca, avant une visite guidée sur Mars, avec Hélène Smith.


Les civilisations disparues ……………….
- Celtes et Gaulois La Grande Bretagne et l’écriture organique, Les Etrusques,
- Crétois et Mycéniens- Sumer- Harappa et la civilisation de l’Indus-Les Aztèques et l’écriture nabuati- Les Mayas- Les Incas et le mystère des quipus
Enigmes locales.
- L’affaire Glozel, L’écriture ibérique, Les écritures italiques : l’ombrien, l’osque, le falisque, le picénien, Une civilisation danubienne, Le méroïtique, Les tablettes de l’Ile de Pâques, Les géoglyphes nazcans, les Ecritures  codées
- Les sens cachés de la Bible, Les écrits de l’Abbé, Tritbeim, les énigmes du manuscrit Voynich
Ecritures Divines, Spirites et Extraterrestres.
- Les Tables de la Loi, L’écriture sur le mur, Un ange rédacteur, Héno et les tablettes célestes, l’apprentissage forcé de la lecture par un ange, le Dieu Thot, inventeur de l’écriture , Odin et les Runes, Le Yi King ou les symboles d’une préscience, John Dee, les anges, et les écritures secrètes, l’écriture automatique, Hélène Smith, en visite sur la planète Mars, le Crash d’Aurora et les notes de voyage martiennes, ces écrits qui tombent du ciel, le livre de Mormon, sous la semelle d’un vénusien, communications extraterrestres, Jim Sparks, écolier des extraterrestres, l’alphabet ummite, et les agroglyphes : une écriture venue d’ailleurs ?

 

ELIPHAS LÉVI

Paul CHACORNAC

Editions ETUDES TRADITIONNELLES

1989

Eliphas Lévi est mort le 31 Mai 1875. Un demi-siècle plus tard parait sa biographie détaillée qu’attendaient depuis longtemps tous ceux qu’enivra son œuvre, savant et capiteux. Il y a une trentaine d’année, Lucien Chalmuel, en sa jeunesse épanouie dans sa fameuse boutique de la rue de Trévise, promettait cette biographie et commençait à ce sujet une enquête qu’il ne lui fut pas donné de terminer.

 

Aujourd’hui, Paul Chacornac nous donne le résultat de celle qu’il a su mener avec conscience et une patience extraordinaires. De la naissance à la mort, il suit pas à pas le maître du dogme magique avec une telle fidélité qu’on n’imagine pas ce qu’il laisse à glaner à ceux qui viendront après lui. On est frappé, à la lecture de livre, de la ténacité qu’il exigea dans des recherches minutieuses. A suivre cette vie inégale et longtemps tâtonnante, ballotée par les tourmentes, instable, pauvre, souffrante, on en vient à des conclusions de tout temps acquises aux esprits que les ans et la méditation ont pourvu d’expérience, à savoir que si l’esprit souffle où il veut, du moins il expose à de dures aventures ceux qui ont l’audace de révéler ses secrets.

 

Voici le fils d’un couple ouvrier de vieille souche française, né à Paris, nourri à l’âpre école de la pauvreté, qui, prédestiné, après avoir dans tous les sens cherché péniblement sa voie, après des tâtonnements, des erreurs, de nombreux fourvoiements, finit par devenir un des plus audacieux explorateurs des arcanes de la connaissance, un maître gnostique. Quand il en est là, il est soutenu intérieurement par une force occulte dont l’aide efficace est évidente. Chose curieuse : dès qu’il a conquis son initiation, il est un excellent écrivain. Sa phrase ardente, colorée, vivante, est d’un bel artiste.

 

 Je me souviens que Catulle Mendes me récitait avec admiration des phrases du Dogme et Rituel de la Haute Magie qu’il avait gardées dans sa mémoire pour leur beauté plastique. Mais antérieurement à sa « seconde naissance » tant qu’il n’est que le publiciste Alphonse-Louis Constant, il n’est aussi qu’un écrivain très médiocre. Le génie qui inspire un homme, son daïmôn, est infidèle comme une amante. On constate chez Eliphas Levi le même phénomène que chez Corneille. Ce grand tragique, en sa première période, écrit des pièces fort ordinaires, puis soudain, après le CID, il donne chefs-d’œuvre sur chefs-d’œuvre. Ensuite il produit des œuvres très inégales.

 

De même Eliphas Levi : dans une première période, il entasse des libellés de polémique sociale sans autre valeur que leur intention généreuse, qu’il signe de son patronyme Alphonse-Louis Constant. Puis, quand il a connu la lumière initiatique, il donne coup sur coup cinq ou six livres où la plus profonde science s’exprime dans le langage d’un artiste consommé.

 

éliphas lévi – dogme & rituel de la haute magie

Éliphas lévi (Abbé Constant)

Edition BUSSIERE – 1854

réédité en 1977

Premier volume du triptyque de l’œuvre majeure d’Eliphas LEVI sur l’occultisme. Le deuxième volume est « l’Histoire de la magie » et le troisième volume est « la clef des grands mystères ». Éliphas LEVI remis en route les sciences magiques oubliées sous le vocable « d’occultisme » mot qu’il inventa. Il y développe la Kabbale, la magie et l’hermétisme. Cet occultisme fut poursuivi et développé dans la foulée par Stanislas de Guaïta.

Y sont développés :


Discours préliminaires : Des tendances religieuses, philosophiques et morales de nos livres sur la magie – Le récipiendaire : Unité du dogme – Qualités requises pour l’adepte – Les colonnes du temple : Bases de la doctrine – Les deux principes – L’agent et le patient – Le triangle de Salomon : Théologie universelle du ternaire – Macrocosme – Le tétragramme : Vertu magique du quaternaire – Analogies et adaptations – Esprits élémentaires de la cabale – Le pentagramme : Le microcosme et son signe – Pouvoir sur les éléments et sur les esprits – L’équilibre magique : Action de la volonté – Initiative et résistance – Amour sexuel – Le plein et le vide – L’épée flamboyante :
Le sanctum regnum – Les sept anges et les sept génies des planètes – Vertu universelle du septénaire – La réalisation : Reproduction analogique des forces – Incarnation des idées – Parallélisme – Antagonisme nécessaire – L’initiation : La lampe, le manteau et le bâton magiques – Prophétie et intuition – Sécurité et stabilité de l’initié au milieu des périls – Exercice du pouvoir magique – La Kabbale : Sephirot – Semhamphoras – Tarots – Les voies et les portes, le Béréshit et la Merkavah, la Guématrie et la

Témurah – La Chaîne magique : Courants magnétiques – Secrets des grands succès – Tables parlantes – Manifestations fluidiques – Le grand œuvre : Magie hermétique –Dogmes d’Hermès – La Minerva mundi – Le grand et unique Athanor – Le pendu – La nécromancie : Révélation de l’autre monde – Secrets de la mort et de la vie – Evocations – Les transmutations : Lycanthropie – Possessions mutuelles ou embryonnut des Âmes – Baguette de Circée – L’élixir de Cagliostro – La magie noire : Démonomancie – Obsessions – Mystères des maladies nerveuses – Ursulines de Loudun et religieuses de Louviers – Gaufridi et le père Girard – Le livre de M. EUDES de M. – Les envoûtements : Forces dangereuses – Pouvoir de vie et de mort – Faits et principes – Remèdes – Pratique de Paracelse – L’astrologie : Connaissance des hommes d’après les signes de leur nativité – Phrénologie – Chiromancie – Métoposcopie – Les planètes et les étoiles – Années climatériques – Prédictions par les révolutions astrales – Les philtres et les sorts : Magie empoisonneuse – Poudres et pactes des sorciers – La jettatura de Naples – Le mauvais œil – Les superstitions – Les talismans – La pierre des philosophes : Élagabal – Ce que c’est que cette pierre – Pourquoi une pierre – Singulière analogies – La médecine universelle : Prolongation de la vie par l’or potable – Résurrectionnisme - Abolition de la douleur – La divination : songes – somnambulisme – Pressentiments – Seconde vue – Instruments divinatoires – Alliette et ses découvertes sur le tarot – Résumé et clef générale des quatre sciences occultes : Cabale – Magie – l’Alchimie – Magnétisme ou médecine occulte –

Les préparations : Dispositions et principes de l’opération magique, préparations personnelles de l’opérateur – L’équilibre magique : Emploi alternatif des forces, résistance simultanées – La truelle et l’épée des travailleurs du Temple – Le Triangle des pentacles : Emploi du ternaire dans les conjurations et les sacrifices magiques – Le triangle des évocations et des pentacles – Les combinaisons triangulaires – Le trident magique de Paracelse – La conjuration des quatre : Les éléments occultes et leur usage – Manière de dompter et d’asservir les esprits élémentaires et les génies malfaisants – Le pentagramme flamboyant : Usage et consécration du pentagramme – Le médium et le médiateur : Application de la volonté au grand agent – Le médium naturel et le médiateur extranaturel – Le septénaire des talismans : Cérémonies, vêtements et parfums propres aux sept jours de la semaine – Confection des sept talismans et consécration des instruments magiques – Avis aux imprudents : Précautions à prendre en accomplissant les grandes œuvres de la science – Le cérémonial des initiés : Son but et son esprit – La clef de l’occultisme : Usage des pentacles – Leurs mystères anciens et modernes – Clef des obscurités bibliques – Ézéchiel et Saint Jean – La triple chaîne : Manières de la former – Le grand œuvre : Ses procédés et ses secrets – Raymond Lulle et Nicolas Flamel – La nécromancie : Cérémonial pour la résurrection des morts et la nécromancie – Les transmutations : Moyens pour changer la nature des choses – L’anneau de Gygès – Paroles qui opèrent les transmutations – Le sabbat des sorciers : Rites du sabbat et des évocations particulières – Le bouc de Mendès et son culte – Aberrations de Catherine de Médicis et de Gilles de Laval, seigneur de Raiz - Les envoûtements et les sorts : leurs cérémonies – Manière de s’en défendre – L’écriture des étoiles : Divination par les étoiles – Planisphère de Gaffarel – Comment on peut lire dans le ciel les destinées des hommes et des empires – Philtres et magnétisme : Composition des filtres – Manière d’influencer les destinées – remèdes et préservatifs – Le magistère du soleil : Usage de la pierre philosophale – Comment on doit la conserver, la dissoudre par parties, et la recomposer ensuite – Thérapeutique – Insufflations chaudes et froides – Passes avec et sans contact – Impositions des mains – Vertus diverses de la salive – L’huile et le vin – L’incubation et le massage – Cérémonial des opérations divinatoires – La clavicule de Trithème – L’avenir probable de l’Europe et du monde – Comment toute cette science est contenue dans le livre occulte d’Hermès – Ancienneté de ce livre – Travaux de Court de Gébelin et d’Eteilla – Les théraphins des Hébreux suivant Gaffarel – La clef de Guillaume Postel – Un livre de saint Martin – La vraie figure de l’arche d’alliance – Tarots italiens et allemands – Tarots chinois – Une médaille du XVIème siècle – Clef universelle du tarot – Son application aux figures de l’Apocalypse – Les sept sceaux de la cabale chrétienne – Conclusion de tout l’ouvrage – Le Nuctéméron d’Appolonius de Thyane – Le Nuctéméron suivant les Hébreux – De la magie des campagnes et de la sorcellerie des bergers.

 

ELIPHAS levi  - histoire de la magie

éliphas levi

 Edition Trédaniel

 1976

Depuis trop longtemps on confond la magie avec les prestiges des charlatans, avec les hallucinations des malades, et avec les crimes de certains malfaiteurs exceptionnels. Bien des gens, d’ailleurs, définiraient volontiers la magie : l’art de produire des effets sans causes. Et d’après cette définition, la foule dira, avec le bon sens qui la caractérise, même dans ses plus grandes injustices, que la magie est une absurdité.


La magie ne saurait être ce que la font ceux qui ne la connaissent pas. Il n’appartient d’ailleurs à personne de la faire ceci ou cela ; elle est ce qu’elle est, elle est par elle-même, comme les mathématiques, car c’est la science exacte et absolue de la nature et de ses lois.


La magie est la science des anciens mages ; et la religion chrétienne, qui a imposé silence aux oracles menteurs, et fait cesser tous les prestiges des faux dieux, révère elle-même ces mages qui virent de l’Orient, guidés par une étoile, pour adorer le Sauveur du monde dans son berceau.

Ce livre est le résultat de l’œuvre d’Eliphas Levi (Abbé Constant).

 

ÉLIPHAS LEVI - la clÉ des grands mystÈres

éliphas levi

Edition LA DIFFUSION SCIENTIFIQUE

 1992

Il existe un alphabet occulte et sacré que les Hébreux attribuent à Hénoch, les Égyptiens à Thauth ou à Mercure Trismégiste, les Grecs à Cadmus et à Palamède. Cet alphabet, connu des pythagoriciens, se compose d’idées absolues attachées à des signes et à des nombres, et réalise par ses combinaisons les mathématiques de la pensée. Salomon avait représenté cet alphabet par soixante-douze noms écrits sur trente-six talismans, et c’est ce que les initiés de l’Orient nomment encore les petites clefs ou clavicules de Salomon.

 

Ces clefs sont décrites et leur usage est expliqué dans un livre dont le dogme traditionnel remonte au patriarche Abraham, c’est le Sepher-Jésirah, et avec l’intelligence du Sepher-Jésirah, on pénètre le sens caché du Zohar, le grand livre dogmatique de la Kabbale des Hébreux.

 

Les Clavicules de Salomon, oubliées avec le temps et qu’on disait perdues, nous les avons retrouvées et nous avons ouvert sans peine toutes les portes des vieux sanctuaires où la vérité absolue semblait dormir, toujours jeune et toujours belle, comme cette princesse d’une légende enfantine qui attend pendant un siècle de sommeil l’époux qui doit la réveiller.

Y sont développés :

Esquisse de la théologie prophétique des nombres – L’unité – Le binaire – Le ternaire – Le quaternaire – Le quinaire – Le sénaire – Le septénaire – Le nombre huit – Le nombre neuf – Nombre absolu de la Kabbale – Le nombre onze – Le nombre douze – Le nombre treize – Le nombre quatorze – Le nombre quinze – Le nombre seize – Le nombre dix-sept – Le nombre dix-huit – Le nombre dix-neuf – Solution du dernier problème (séparer la religion de la superstition et du fanatisme) – La foi, la science, la raison – Mystères philosophies – Solution des problèmes philosophiques – Les mystères de la nature – Le grand agent magique – Les mystère magnétiques – La clef du mesmérisme – La vie et la mort – La veille et le sommeil – Mystères des hallucinations et de l’évocation des esprits – Les fantômes à Paris – Des fantômes fluidiques et leurs mystères – Les mystères magiques - Théorie de la volonté – La puissance de la parole – Les influences mystérieuses – Mystères de la perversité – Les grands secrets pratiques ou les réalisations de la science – De la transformation. La baguette de Circé – Le bain de Médée – La magie vaincue par ses propres armes – Le grand arcane des jésuites et le secret de leur puissance – Comment on peut conserver et renouveler la jeunesse – Les secrets de Cagliostro – La possibilité de la résurrection – Exemple de Guillaume Postel, dit le Ressuscité, d’un ouvrier thaumaturge, etc. – Le grand arcane de la mort – Le grand arcane des arcanes.

 

Éliphas lévi – la science des esprits

éliphas lévi

Edition TREDANIEL

 1976

Sous la forme littéraire et poétique de l’apologue, nous avons caché pour le vulgaire et enseigné pour les chercheurs éclairés, les plus grands mystères de la science.

Nous abordons aujourd’hui la seconde série, celle qui traite de la science des esprits. Cette étude est divisée en trois parties.

 

Dans la première, sous le titre d’esprits réels, nous traitons de Dieu et de l’homme réunis et idéalisés en la personne de Jésus-Christ. Dans la seconde, sous le titre d’esprits hypothétiques, nous parlerons des anges, des démons et des âmes des trépassés, suivant les doctrines kabbalistiques et magiques.

 

Dans la troisième, consacrée aux prétendus esprits ou aux fantômes, nous traitons des évocations et nous apprécions les phénomènes et les doctrines spirites. La science suppose nécessairement Dieu, étudie l’esprit de l’homme dans ses aspirations les plus hautes, examine les hypothèses relatives aux esprits inconnus et rejette les fantômes. Nous avons dit de Dieu, dans notre dogme et rituel de la haute magie, que Dieu pour nous c’est l’Azoth des sages.

Le mot Azoth, employé par le savant initié Basile Valentin, pour exprimer l’agent universel, est composé de la première et de la dernière lettre de l’alphabet en hébreu, en grec et en latin. Il équivaut à l’INRI de la Maçonnerie, et veut dire le principe et la fin, l’Alpha et l’Omega, c’est-à-dire l’absolu dans les trois mondes.


Au-dessus de la science c’est Dieu, dans la science kabbalistique c’est l’absolu, dans la physique occulte c’est l’agent universel.

Ce nom exprime donc trois choses :

1. l’hypothèse divine,
2. la synthèse philosophique,
3. la synthèse physique.

C’est-à-dire une croyance, une idée et une force.
Nous donnons ces explications pour ceux de nos lecteurs qui ne cherchent que la vérité, et nous commençons notre livre. (Eliphas Levi)

 

Éliphas lévi – qui suis-je ?

Arnaud de l’estoile

Edition Pardès

 2008

Le vocable occultisme recouvre des croyances, des théories et des techniques déjà répandues à la fin de l’Antiquité, notamment en Égypte et en Mésopotamie. Elles reprenaient les sciences anciennes contenant un savoir ou faisant agir des forces de nature secrète et mystérieuse : magie, théurgie, alchimie, astrologie, etc. à ces sciences, rien d’impossible : elles commandaient aux éléments, savaient le langage des astres et dirigeaient la marche des étoiles. Elles disposaient de la vie et de la mort, réunissaient la transmutation des métaux, procuraient l’immortalité par leur quintessence et leur élixir composé d’or et de lumière, et surtout permettaient à l’homme de réintégrer son antique et divine condition.


Mais ces savoirs et leurs pratiques, pourchassés impitoyablement à l’avènement du christianisme, devinrent la philosophie occulte. En effet, un Assyrien prononçant une conjuration contre le démon Pazuzzu ne gênait pas le moins du monde les Shangu (prêtres des temples), un Egyptien du Nouvel Empire accrochant à son poignet un œil d’Horus était considéré comme normal par les grands prêtres de Karnak, un Grec évoquant des spectres au sein du culte d’Hécate pour connaître son avenir ou un Romain consultant les aruspices n’étaient nullement condamnés par leur religion. Alors que, dès les premiers siècles du christianisme, un chrétien se servant de talismans, d’incantations, de divination, allait à l’encontre de la nouvelle religion et encourait les foudres des Pères de l’Eglise.

 

Le christianisme rejeta et combattit tous les cultes le précédant. De 319, où Constantin en sa constitution condamnait à mort l’aruspice rentrant dans une maison et déportait celui qui l’acceptait, en passant par la loi de 395 de Théodose abolissant toute pratique païenne, au code de Justinien du VIème siècle, la répression ne fit que s’aggraver. Traquée, devenue occulte pour survivre, cette antique philosophie creusa, malgré tout, un sillon de siècle en siècle. Elle s’était constituée dès le premier siècle avec la Gnose et était considérée, par les initiés chargés de la protéger, comme un trésor de sagesse venant du fond des âges, regroupant autant les principes du pythagorisme, de l’orphisme, des mystères de Sumer, etc.

 

Resurgissant au XIIIème siècle avec la Kabbale, elle s’épanouit à la Renaissance. La redécouverte en Macédoine, vers 1450, du Corpus Hermeticum, écrit au IIème et IIIème siècle après Jésus Christ, permit son épanouissement en Europe occidentale. Henri Corneille-Agrippa répandit de façon magistrale la philosophie occulte avec son fameux De occulta philosophia qui, rédigé dès 1510, fut publié en 1533. Pour mieux s’exprimer à l’ombre du siècle des Lumières, elle s’engouffra, à la suite du choix de la modernité, dans la place vacante laissée entre l’ancienne théologie et la science nouvelle. Martines de Pasqually, fondateur de l’ordre de la « Franc-maçonnerie des chevaliers Maçons élus Cohens de l’Univers » à la fin du XVIIIème siècle, le linguiste Fabre d’Olivet, le mathématicien polonais Hoëné-Wronski, avaient rouvert la voie après la rupture du XVIIème siècle, où la philosophie occulte avait été en partie marginalisée, à la suite du développement de la pensée absolutiste, du fanatisme religieux et des débuts du rationalisme. Dans la première partie du XIXème siècle, parallèlement aux philosophes de la nature de l’époque romantique (1790-1815), domineront les figures de Franz von Baader, Louis-Claude de Saint-Martin. Puis, face à la mode du magnétisme animal et spiritisme, éclipsant quelque peu l’antique Tradition, surgit celui qui la revivifia de son talent : Eliphas Lévi.

C’est donc à cet homme, de son vrai nom Alphonse-Louis Constant, ancien diacre, théologien dissident et utopiste révolutionnaire, que revint la lourde tâche et l’insigne honneur d’être le rénovateur de la philosophie occulte dont l’occultisme est le fruit direct, ce fils d’un modeste cordonnier, brillant élève, se destinait à une carrière ecclésiastique. Mais, tombé amoureux d’une jeune fille, il s’enfuit du séminaire et connut une vie d’errance et de misère, ponctuée de séjours en prison.


Après avoir décidé de se vouer corps et âme aux sciences occultes, son destin bascula en 1854 lorsqu’il rencontra des adeptes à Londres. Devenu Eliphas Lévi Zahed, il publia en 1856 son maître livre, le fameux Dogme et Rituel de la haute magie, devenant ainsi le grand rénovateur de l’occultisme. Dès lors, il consacra sa vie à la rédaction d’ouvrages sur la magie, la kabbale, les grands mystères et à la formation de disciples à domicile ou par correspondance.


Avec ce « Qui suis-je ? » Eliphas Lévi, l’auteur se propose de nous faire découvrir une personnalité puissante et rayonnante dont l’influence fut profonde aussi bien sur les grands auteurs de son époque (Baudelaire, Victor Hugo, Rimbaud, etc.) que sur le fleuron des occultistes européens. L’œuvre de ce précurseur, capitale pour des générations de chercheurs en « science maudites », le place parmi les premiers au sein des maîtres de l’occultisme.


Il meurt en mai 1875 dans la sérénité, après une existence pour le moins chaotique et mouvementée.

 

ÉSOTÉRISMES D’AILLEURS

Pierre RIFFARD

Edition Robert LAFONT

 1997

Les ésotérismes non occidentaux, primitifs, civilisateurs. Indiens extrêmes orientaux.

 

Il y a, généralement, dans l'esprit du public, une confusion entre magie et sorcellerie ; ésotérisme et occultisme. Dangereuses matières pour les uns, sous culture pour les autres. Pierre A. Riffard, docteur en philosophie, fait un état des lieux, dissipe les malentendus et donne à l'ésotérisme toute l'importance qu'il revêt dans nos civilisations. La singularité de cet ouvrage - qui mérite donc d'être soulignée - réside dans la manière dont l'auteur traite de l'ésotérisme occidental. Il rappelle à juste titre que toute sagesse ne provient pas forcément de l'Orient.

 

On apprend même que cette tradition hermétique a des racines profondément ancrées dans le temps sur notre continent et qu'il conviendrait peut-être - sûrement - de retrouver cet enseignement adapté à nos mentalités. Ainsi, d'Aristote à René Guénon, l'ésotérisme, à toutes les périodes de l'histoire, était présent. Divination, magie, médecine, astrologie et alchimie, des peuples dits barbares aux Chrétiens, cette connaissance s'est transmise par les mythes et légendes, voire structurée par la suite grâce à la franc-maçonnerie ou le compagnonnage.

 

Cette authentique épopée est minutieusement décrite, illustrée et analysée. Ce livre est donc indispensable pour connaître l'ésotérisme, pour embrasser ses principaux aspects et pour rencontrer les principales figures qui l'ont animé tout au long des siècles. –

 

Ce livre se présente comme une thèse universitaire, tentant de définir le concept d'ésotérisme puis son histoire à travers les différents mouvements ayant existé en occident. Il est selon moi le livre idéal pour tous les néophytes se trouvant un peu perdus ou ayant séchés certains cours d'histoire. Les 400 premières pages servent donc d'introduction à l’ésotérisme du point de vue sémantique puis culturel. Savoir que ce qui est relève de l'ésotérisme aujourd'hui dans l’esprit populaire ne l'a pas toujours été.

 

La deuxième partie étant une anthologie, l'auteur place un cadre spatio-temporelle créant un fil d'Ariane de la Grèce antique à nos jours. L'auteur imitant un travail universitaire, ce livre ne contient aucun prêche mais expose simplement l'historicité et les différentes idéologies des multiples écoles philosophiques. Il sera ainsi aisé pour le néophyte de trouver des mouvements l'inspirant plus que d'autres, l'auteur donnant de nombreuses références, cela pourra faciliter grandement la recherche. On pourra cependant y déceler quelques lacunes. Pour commencer l'ésotérisme ante-hellénistique n'est pas traité, il ne faudra pas donc pas compter sur cette étude pour avoir un panorama des conceptions égyptiennes, sémites ou indo-aryenne antérieur à cette date.

 

La partie sur l'ésotérisme contemporain, en particulier anglo-saxon reste aussi très succincte comparé à l'étendu du phénomène mais il s'agit de la période la plus représentée sur les blogs/sites et donc la plus connues de nos jours ce qui n'affecte pas la qualité de l'ouvrage.

 

Évocation, invocation, incantation – la priÈre

Divers Auteurs

Edition LE JARDIN DES DRAGONS

 1991

La prière, le propitiatoire, et les invocations magiques par : un Bouddhiste, un druide, un Rosicrucien, un Franc-maçon, un Hindouiste.


Le Dictionnaire de la Spiritualité nous apprend à faire une approche anthropologique de la prière et de ses différentes formulations qui se cristallisèrent dans les civilisations majeures qui ont précédé la nôtre.
Un accent particulier a bien sûr été donné sur les spécificités de la prière en Chrétienté.


Cette étude nous permet d’apprécier la constance de cette prière, que cela soit dans le monde paléo-chrétien ou dans notre époque contemporaine.


Un père du désert : Agathon


Les frères l’interrogeaient encore ainsi : « Père, quelle est dans la vie la vertu qui exige le plus d’effort ? »  Croyez-moi, j’estime qu’il n’y a rien qui demande plus d’effort que de prier Dieu. Car chaque fois que l’homme veut prier, les ennemis cherchent à l’en détourner…

 

La prière réclame le combat jusqu’au dernier soupir. »

9 F

 

film documentaire sur les sociÉtés secrÈtes

Serge moati

Production TV 5

 2006

12 heures de cassettes VHS, où sont filmés, expliqués et disséqués, le Ku Klux Kan, l’Opus Dei, le Da Vinci Code, la Franc-maçonnerie, les Illuminati, et les compagnons du Tour de France.


Une très grande enquête.

 

FORMULAIRES DE HAUTE MAGIE

P.V. PIOBB

Edition DANGLES

 1980

Y sont décrits les opérations magiques, les clavicules, les pentacles, l’évangile de St Jean et son ésotérisme, la hiérarchies des anges, le monde de la kabbale, les différents alphabets templiers, chinois, égyptiens, les nombres, les carrés magiques, les pierres et les couleurs, les encens, les drogues psychiques et les dérives de la magie.


Pierre Piobb - et depuis 1917, P.-V. Piobb - était la signature usuelle du comte Pierre Vincenti-Piobb, né à Paris le 12 avril 1874, et décédé à Paris le 12 mai 1942.

 

Il descendait d'une vieille famille florentine fixée en Corse vers la fin du XIVe siècle, à la suite des sanglantes et mémorables querelles entre les Guelfes et les Gibelins. Le jeune Vincenti fit toutes ses études au Collège Stanislas d'abord, à la Sorbonne et à la faculté de Droit ensuite. Il avait il peine dix-huit ans lorsqu'il perdit brusquement son père : c'est donc seul, sans aucun appui moral ou matériel, qu'il devint successivement licencié ès-lettres, licencié ès-sciences, licencié en droit. Puis, considérant qu'il avait encore beaucoup à apprendre, il se conforma au vieil adage : «Les voyages forment la jeunesse», et se mît à parcourir l'Europe. C'est ainsi qu'il visita successivement la Corse, l'Italie, l'Angleterre, l'Ecosse, l'Islande et poussa jusqu'à l'Océan glacial.

Sans doute, n'est-il pas inutile de parler succinctement de la collaboration de Piobb à la grande presse. De 1895 à 1899, il donne des articles au Monde Illustré et à La Paix; il entre en 1900 aux Lectures Modernes, où il reste comme rédacteur principal jusqu'en 1905; la même année, il publie au Tour du Monde, entre autres choses, la relation détaillée de son voyage en Islande, avec une abondante illustration; il devient chroniqueur scientifique à Nos Loisirs (1906-1908), à la Revue des Revues (1908-1914), à La Liberté (1909-1912);.


Mais la véritable œuvre de Piobb, ce sont les ouvrages qu'il a publiés sur l'occultisme. Il faut donc nous étendre un peu plus sur ce sujet. A ce propos, il n'est pas inutile de signaler que l'on chercherait en vain sa signature dans les revues d'astrologie ou d'occultisme, sauf, toutefois, en 1935, dans Votre Bonheur : il y donna une série de mémoires qui amusèrent et intriguèrent beaucoup le grand public.


Parmi les maîtres dont il avait suivi les cours en Sorbonne, de 1892 à 1898, il en est quelques-uns dont il conserva toute sa vie un souvenir ineffaçable.  C'étaient, pour les lettres, Emile Faguet, Ernest Lavisse et Emile Gébhart; pour les sciences, le biologiste Yves Delage et l'astronome Deslandes. Sur leur conseil, encore que cela puisse paraître paradoxal, Piobb, en 1897 – et cette date est indiquée au bas de la préface de son volume intitulé Vénus, paru en 1908, - dirigea ses pensées vers les sciences de l'antiquité que, voici une cinquantaine d'années, méconnaissaient et même méprisaient- le mot n'est pas trop fort - la plupart des savants officiels.

 

Les ouvrages de Berthelot sur l'alchimie et de Bouché-Leclerq sur l'astrologie grecque étaient plus faits pour déconsidérer ces sciences que pour inciter les chercheurs à les étudier. Tout au contraire, Piobb voulut profiler de son savoir dans les langues mortes et de sa très grande compréhension scientifique pour élucider les textes volontairement obscurs que les hermétistes nous ont légués. Il avait remarqué que les littérateurs, insuffisamment instruits en sciences, commettaient de lourdes erreurs, et que les hommes de sciences, mal informés de la valeur des mots, saisissaient souvent à contre-sens les conceptions exposées. L'idée directrice, qui est à la base des travaux entrepris par Pierre Piobb, est la suivante : il est impossible que les anciens, dont les civilisations se montraient extraordinairement brillantes, aient raisonné, en matière scientifique, d'une manière aussi illogique et aussi ridicule que le prétendaient les auteurs modernes. Donc il y a lieu de réviser tout ce que les modernes ont dit des anciens et de redresser toutes les erreurs commises dans l'interprétation des vieux auteurs.

 

 Pour arriver à ce résultat, il fallait être autant un «littéraire» qu'un «scientifique», dualité qui existait au plus haut point chez Piobb. Aussi a-t-il pu être très justement qualifié : «homme de lettres et homme de sciences». Mais cette manière de voir devait l'entraîner très loin et l'écarter de plus en plus des opinions courantes. Il arriva même souvent à être en contradiction avec les occultistes. Ces surprenantes dispositions pour les sciences et la philosophie qu'il montra dès sa jeunesse et que ses illustres professeurs surent cultiver et développer, Piobb les expliquait par l'hérédité : hérédité paternelle d'abord, hérédité plus lointaine ensuite. Dès 1903, Piobb avait pu résumer à lui seul, et pour son compte personnel tout ce que la Bibliothèque Nationale, la Bibliothèque de l'Arsenal et même le British Museum renfermaient en manuscrits et en imprimés de tout genre.


Ayant ainsi en mains une documentation de tout premier ordre et servi, en outre, par une mémoire sans défaillance, Piobb publia en 1907 son premier ouvrage sur ces sujets mal connus. Ce fut le Formulaire de Haute-Magie, compendium très précieux de toutes les pratiques employées dans l'antiquité et au Moyen-Age, dont il donna, en 1937 une nouvelle édition revue et considérablement augmentée. En 1908 paraissait une étude mythologique, intitulée Vénus, qui fut traduite à l'étranger et qui eut un grand retentissement : au cours d'un congrès à Oxford, Salomon Reinach fut amené, en en parlant, à faire d'importantes réserves sur la façon dont, jusqu'alors, on avait entendu et expliqué les conceptions gréco-romaines. L'année suivante, Piobb prend position, dans la Revue des Revues, avec un article sensationnel sur la fabrication de l'or, que toutes les revues d'Europe reproduisirent ;
C'est encore en 1907 et en 1908 que parurent les deux volumes de l'Année Occultiste, recueils de la plus haute importance à consulter pour se rendre compte des travaux accomplis par de nombreux chercheurs au cours des années indiquées, d'ailleurs particulièrement actives.

 

Vers le même temps, Piobb mit au point certaines lois retrouvées par lui dans de vieux manuscrits et concernant les facultés psychiques d'après les déterminations astrologiques. Ayant eu la chance de découvrir un sujet remarquable qui s'ignorait, le journaliste Henri Christian, il accomplit avec lui diverses expériences retentissantes. Celles-ci démontraient, d'une manière péremptoire, la possibilité de l'extériorisation des facultés sensorielles. Dans le monde occultiste, on les dénomma, d'ailleurs improprement «sorties en astral». Le monde savant en fut ému : les professeurs d'Arsonval et Georges Dumas s'y intéressèrent particulièrement. Toujours en 1907, Piobb fit la connaissance de Charles Barlet, dont il ne tarda pas à devenir l'ami. Barlet avait réuni autour de lui un petit groupe de chercheurs en astrologie, qui constitua le noyau d'où, quatre ans plus tard, sortit la Société des Sciences Anciennes. Piobb en fut le fondateur et le président. L'un des buts qu'il poursuivait en créant cette Société était d'élargir le plus possible le domaine des recherches en les étendant à toutes les branches : il avait donc besoin de nombreux collaborateurs spécialisés.

 

L'autre but, et c'est pourquoi il en assuma la présidence, était de faire admettre la légitimité de semblables travaux. Sa position dans le monde savant et ses relations dans le monde politique ne permettaient qu'à lui seul de faire reconnaître officiellement le nouveau groupement. Car, aux environs de 1911, on ne pouvait guère parler d'astrologie sans être aussitôt traité de visionnaire. L'activité de la Société se manifesta par des cours professés sur les divers sujets étudiés par ses membres. C'est au Palais du Trocadéro, aujourd'hui démoli, que, pendant trois ans, Piobb exposa à ses nombreux auditeurs les «Conceptions astrologiques du Moyen-Age». Dans la même salle, d'autres cours étaient faits, notamment par Albert Jounet, Paul Vuilliaud, Oswald Wirth, André Godin, Edmond Du Roure de Paulin, respectivement sur le Zohar, la Kabbale hébraïque, le symbolisme chaldéen, l'ésotérisme égyptien, l'hermétisme en héraldique et la médecine spagirique. Et nous passons sous silence les multiples conférences qui remplissaient les séances ordinaires de la Société : leur nomenclature n'en finirait pas.

 

 Toutes ces leçons, toutes ces communications révélèrent au monde savant tout un domaine absolument ignoré et inexploré. La reconnaissance officielle de la Société des Sciences Anciennes avait désigné Piobb, en 1910 et en 1913, pour les fonctions de vice-président du Congrès International de Psychologie Expérimentale. Malheureusement, la guerre de 1914 vint arrêter ce bel élan. Celui-ci ne put être repris par la suite à cause du bouleversement que les circonstances avaient apporté dans la situation de ceux qui restaient, car les rangs de ces hardis novateurs s'étaient considérablement éclaircis, tant du fait de la guerre qu'en raison de l'âge et de la maladie.


Pendant dix ans, on n'entendit plus guère parler de Piobb comme occultiste. Par contre, il était très répandu dans le journalisme et dans les milieux parlementaires et politiques, comme représentant à Paris du maréchal Lyautey, puis des résidents généraux qui lui succédèrent.

 

En 1924, le regretté Charles Blech, qui lui portait beaucoup d'amitié, bien qu'il le sût assez éloigné des idées théosophiques, offrit à Piobb la salle de sa Société, avenue Rapp, pour faire part au public de ses recherches sur le texte des prophéties de Nostradamus. En 1927, une série de conférences données au même endroit attira une foule énorme.

 

FranceS A. YATES  l’art de la mÉmoire

Frances a. yates

 Edition  GALLIMARD

 1975

Les Grecs ont inventé un art de la mémoire qui, transmis à Rome, est passé dans la tradition occidentale. Frances A. Yates étudie cet art depuis l’utilisation qu’en faisaient les orateurs de l’Antiquité jusqu’à la forme occultiste qu’il prit à la Renaissance et au début du XVIIème siècle, en passant par la métamorphose morale que le Moyen Âge gothique lui fit subir. La transmission de la Tradition par l’oralité est une constante dans cet Art de la mémoire, et ce , depuis la nuit des temps.

 

Elle envisage également de ce point de vue les pensées de Raymond Lulle, de Pierre de la Ramée et, surtout, de Giordano Bruno, le grand artiste, poète et philosophe occultiste de la mémoire à la fin de la Renaissance.
L’histoire de la mémorisation est un cas évident de sujet à la fois marginal et central à la formation de notre culture et de notre civilisation. Comme écrit l’auteur : « On a omis de l’étudier parce qu’il n’était l’affaire de personne. Et le résultat est, pourtant, qu’il constitue l’affaire de tout le monde. » L’histoire de l’organisation de la mémoire touche en effet des points fondamentaux de l’histoire de la religion et de la morale, de la philosophie et de la psychologie, de l’art, de la littérature et de la méthode scientifique.

 

Ce travail considérable éclaire de lumières neuves et souvent décisives aussi bien Dante que le Globe Théâtre de Shakespeare, Giotto aussi bien que Leibniz, Giordano Bruno – à qui Frances Yates a consacré un précédent ouvrage – aussi bien que Fludd ou Quintilien.

Mais l’apport principal de cet ouvrage tient sans doute à ce qu’il jette les bases historiques et méthodologiques de ce que pourrait être une histoire de l’imagination dans le monde occidental ; l’art de la mémoire, fondé sur des « images » et des « lieux », lié à la magie et à l’hermétisme comme à la naissance de la méthode scientifique, est en effet une voie d’approche privilégiée pour comprendre ce qui se passe entre le moment où Giordano Bruno fait de l’imagination le principe supérieur selon lequel organiser la psyché et celui où Pascal et tant d’autres en feront la « folle du logis », la « maîtresse d’erreur et de fausseté », posant ainsi les bases d’une aliénation dont les conséquences sont toujours sensibles.

 

La légende raconte que « l'art de la mémoire » fut inventé en Grèce par le poète Simonide de Céos, lors d'un banquet donné au par un noble de Thessalie. Le toit de la maison s'étant effondré en sur les convives en l'absence de Simonide, celui-ci seul fut capable de rendre leur nom aux cadavres défigurés, grâce à son souvenir des lieux où les invités étaient assis. « Il comprit qu'une disposition ordonnée est essentielle à une bonne mémoire. »

 

Ainsi commence la vaste fresque que Frances A. Yates dresse, avec sa rigueur d'historienne, de la Grèce antique jusqu'à Leibniz. Son projet est aussi humble qu'important : mettre en lumière les caractères généraux et l'évolution d'une réalité considérée comme marginale et qui, pourtant, touche à l'histoire essentielle de la culture et de l'imagination. Elle mène scrupuleusement son entreprise et ne fait qu'entrouvrir les portes de l'interprétation.
D'une importance capitale avant l'invention de l'imprimerie, « l'art de la mémoire » est « transmis à Rome d'où il passa dans la tradition européenne ». Partie de la rhétorique, il permettait aux grands orateurs de prononcer de très longs discours avec une précision impeccable. Il se fonde sur deux données essentielles: les lieux et les images. Cicéron dit: « Les lieux sont les tablettes de cire sur lesquelles on écrit; les images sont les lettres qu'on y trace. » La Mémoire est donc d'abord un édifice à but pratique, une sorte de Musée où des tableaux sont entreposés dans de petites salles bien proportionnées, ni trop claires ni trop obscures, que l'orateur doit pouvoir parcourir en imagination au fil de son discours. Cela exige, bien sûr, une grande précision visuelle à laquelle doit aider le choc émotionnel que chaque image produit. L'art soutient la nature en plaçant les mots dans un théâtre; ils deviennent les acteurs de la pensée.

 

Cette étrange rhétorique architecturale et dramatique s'accorde aux préoccupations culturelles des époques auxquelles elle se rattache, et se transforme peu à peu en une philosophie et une morale de l'harmonie. Pour Platon déjà, la vraie connaissance consiste à se rappeler les idées que les âmes ont vues. Il sera à ce titre le père de l'art « renaissant » de la mémoire qui n'a plus le souci de la persuasion, mais celui de la vérité. Le Moyen Age, au contraire, suit la tradition aristotélicienne de l'image, qui se charge d'un sens moral pour frapper religieusement l'esprit. Lorsque saint Thomas pratique l'art de la mémoire, c'est pour aider les fidèles à gagner le Paradis et les préserver de l'Enfer. L'image est sacrée, elle indique une direction à suivre et définit le Bien et le Mal. Pour cette faible créature pécheresse qu'est l'homme, la mémoire est le moyen d'atteindre à l'intelligibilia par le biais de la sensibilia. De plus, la scolastique aboutit à une « promotion» de la mémoire qui doit fixer les nouvelles connaissances de l'homme, car un nouveau savoir est nécessaire pour parvenir à la connaissance du Bien.

 

Les prédicateurs dominicains accroissent ainsi l'aspect moral de la mémoire dont les images mettent en relief les récompenses et les châtiments de l'au-delà. Les figures symboliques de Giotto doivent sans doute quelque chose à cet art primordial. Leur caractère dramatique, la situation des personnages dans un lieu et une profondeur en font des « symboles corporels animés d'intentions spirituelles ». De même, L'Enfer de Dante peut apparaître comme un système de représentations destiné à « mémoriser l'Enfer et ses châtiments à l'aide d'images frappantes distribuées sur une série ordonnée de lieux ». En concrétisant l'abstrait, l'image accroît son importance aux dépens de la mémoire. Ce sentiment artistique et religieux annonce les premières grandes créations de la Renaissance, qui confie à l'art le souci des images, au livre celui de la connaissance, pour s'intéresser désormais aux arcanes de la mémoire.

 

« Technique laïque, dépouillée de ses connotations médiévales », l'art de la mémoire devient mystique jusqu'à l'hérésie, puisque Giordano Bruno périt sur le bûcher. Intégré au mouvement néo-platonicien, il se transforme en un art occulte et hermétique, et continue, par cette métamorphose, d'occuper « une place centrale dans une des plus profondes traditions européennes ». S'intéressant parallèlement aux structures de l'art et aux possibilités cachées de la connaissance, la renaissance est une promotion de l'homme fasciné par l'architecture, c'est-à-dire par l'ordre qui permet de rejoindre Dieu. Ainsi Guilio Camillo construit-il un amphithéâtre où le spectateur sera capable de « discourir sur n'importe quel sujet avec autant d'aisance que Cicéron ». Il appelle cet édifice une « âme construite », car on peut y voir physiquement ce que l'esprit conçoit, mais que l'oeil ne perçoit point. « Le théâtre est donc une vision du monde depuis les sources supra célestes de la sagesse. » Les images y prennent place dans des lieux éternels; elles sont dotées de pouvoirs magiques; ce sont des talismans qui mettent en mouvement l'imagination. L'art de la mémoire n'est plus le recours de la faiblesse humaine, mais l'attribut du divin, reflet du macrocosme dans le microcosme de son esprit.

 

Cet art, Giordano Bruno le porte à son apothéose. Associant aux architectures et aux images de Camillo « la géométrie mystique et cosmologique de Raymond Lulle », savant du Moyen Age, il « attelle le monde intérieur de l'imagination aux étoiles » et reproduit « le monde céleste à l'intérieur de l'homme ». La mémoire magique sort de leur chaos les images archétypales de la conscience et offre, en les organisant, une faculté divine à l'homme. Celui-ci rejoint Dieu en recréant le monde. Telle est la grande métamorphose de l'art de la mémoire, «devenu l'outil qui sert à former la Psyché d'un mystique ou d'un Mage inspiré par Hermès ». Il fait partie d'un culte initiatique et constitue la tentative prométhéenne de mémoriser l'univers tout entier grâce à la série des correspondances et des associations, unifiées par le système céleste. Mais le problème essentiel reste pour Bruno « l'organisation de la psyché au moyen de l'imagination ». Il englobe ainsi l'esprit même de la renaissance.

 

Parallèlement à cette tendance occultiste, la mnémotechnique rationnelle insiste sur le principe de l'ordre et confond peu à peu le problème de la mémoire avec celui de la méthode qui sera au coeur du siècle suivant. Ramus représente bien cette tendance. Huguenot en réaction contre la scolastique et contre les idoles, il se rapproche de « l'algèbre » lulliste et représente la tendance opposée de la Renaissance finissante. Le conflit se poursuit en Angleterre, où, face à la réaction puritaine de l'époque élisabéthaine, certaines persévérances obscurantistes et catholicistes annoncent les sectes franc-maçonnes. Mais de toute cette période, c'est surtout l'image fascinante de Giordano Bruno qu'il faudra retenir, car l'élan fondamental de la Renaissance s'y révèle: une création subjective et cosmique, la grande promotion de l'imagination et la volonté d'interpréter et de transformer à la fois le monde. Une telle magie étend ses ramifications jusqu'à Shakespeare dont F. A. Yates nous propose une nouvelle compréhension en étudiant le plan du « Globe Theater » qui accueillit ses pièces. L'architecture de ce théâtre suit « la structure harmonique de l'univers ». Selon que tel personnage se trouvait à tel endroit, il représentait tel aspect de la condition humaine. De la scène carrée du monde élémentaire à la scène circulaire céleste, les actions prennent une plus haute signification spirituelle. Une porte ici est ouverte pour des recherches futures. Il y a dans l'art de la mémoire une relecture possible de toute la Renaissance et de son évolution.

 

L'ouvrage de F. A. Yates se termine sur une série de perspectives. Au XVII' siècle, l'art de la mémoire est connu et discuté par des penseurs comme Bacon, Descartes et Leibniz. De méthode destinée à mémoriser une connaissance encyclopédique, il deviendra la méthode d’étude de cette encyclopédie. D'une certaine manière, la tentative de G. Bruno pour parvenir à une « connaissance universelle en combinant des images significatives de la réalité » peut ressembler à un calcul infinitésimal sauvage. Le souci de la connaissance est au coeur de la mémoire. Il fait toute la matière de ce livre dont on peut espérer qu'il trouvera des échos et des prolongements. Le premier est peut-être cette joie immédiate de sentir tout au fond de l'histoire le grand courant des préoccupations humaines essentielles. Pour goûter pleinement cette étude, il faut oser y déchiffrer le mouvement même de toute imagination et de toute création

   

FRANCES YATES  -   LA PHILOSOPHIE OCCULTE A L’ÉPOQUE ÉLIZABḖTHAINE

FRANCES  A.  YATES

ÉDITION   DERVY

 1979

La philosophie Occulte à l’époque élisabéthaine explore la philosophie magique, alchimique, hermétique et secrète qui est une des principales sources d’inspiration de certaines grandes œuvres de l’Art et de la littérature de la Renaissance qui constituent une part fondamentale de notre héritage culturel. Dans ce livre, en mêlant de façon unique, une extraordinaire érudition et perspicacité provocatrice, Frances Yates démontre, alors que nous pensons à la Renaissance comme à un siècle de la raison triomphante, l’importance primordiale de la pensée occulte et mystique pour l’homme de ce temps. Ce courant se reflète à la fois à travers l’analyse des œuvres et de la pensée de personnages particulièrement marquants tels que Spencer, Shakespeare, Dürer, Rembrandt, Pic de la Mirandole, Marlowe, Chapman, et l’énigmatique John Dee, mage et magicien d’Astrée, la reine vierge Elizabeth 1e d’Angleterre. La Kabbale, la philosophie hermétique, l’alchimie et toutes les sciences des mutations, enseignées dans les « écoles de la nuit » de cette période empreinte de magie, en Europe et dans l’Angleterre élisabéthaine, sont ici décrites. Ce livre talisman apporte une aide essentielle à la compréhension de la culture de la Renaissance, de la Réforme et de celle d’aujourd’hui.

 

F. Yates nous entraine dans la Kabbale chrétienne médiévale avec Raymond Lulle et son Ars Magna, la reconquista espagnole de l’Espagne par Ferdinand et Isabelle, reconquête qui se termine en 1492 par la prise de Grenade, mais également l’expulsion des juifs d’Espagne la même année et celles des arabes en 1505, ce qui donna deux courants religieux et philosophiques qui furent obligés de errer avant de se fondre dans divers pays. C’est en 1486 que Pic de la Mirandole se rendit à Rome pour faire approuver ses 900 thèses par le Pape et ainsi poser les bases de la kabbale chrétienne. Faisait parti de son cercle, Marsile Ficin qui traduit et divulgua les traités hermétiques appelés « Corpus Hermeticum »

 

Johannes Reuchlin (1455-1522) fut l’un des plus grands érudits de la Renaissance allemande, il se lia d’amitié avec Pic de la Mirandole et s’inspira de son œuvre sur la kabbale chrétienne, pour insérer dans ses livres les noms hébraïques des anges et des archanges et la manière de les invoquer, mais la vague d’antisémitisme de l’époque lui valu des attaques, nous sommes en pleine Réforme et Luther est un réformateur violent. Ses œuvres maitresses sont  «le Verbo mirifico » et «De arte cabalistica »

 

Francesco Giorgi ou Zorzi de Venise (1466-1540) était un dominicain, il publia « de harmonia mundi » et « In Scripturam Sacram Problemata », il fait parti des philosophes qui à la suite de Pic de la Mirandole sut donner à la kabbale chrétienne une coloration plus mystique et plus intense, il influença beaucoup de philosophes et occultistes dont John Dee.

 

Henry Cornelius Agrippa (1486-1534). Son ouvrage majeur « De occulta philosophia » est considéré comme le manuel indispensable de la magie et de la kabbale de la Renaissance, alliant la magie blanche de M. Ficin à la magie kabbalistique de Pic de la Mirandole. Il joua un grand rôle dans la diffusion du néo-platonisme de la Renaissance avec son esprit magique. Durant un séjour en Angleterre en 1510, on suppose qu’il rencontra Erasme qui écrivait son ouvrage capital « L’éloge de la folie » chez son ami Thomas Moore à Londres (1508-1513)

 

Dürer (1471-1528). Homme très religieux, la puissance de Dürer se retrouve dans ses dessins sur l’Apocalypse. Il développa la théorie de la proportion entre l’Homme et l’Univers, théorie exprimé par la proportion en architecture, telle établie par Vitruve et dans tous les arts. Son dessin « mélancolie » fit couler beaucoup d’encre er certains firent la comparaison entre sa mélancolie inspirée et la sorcière mélancolique de Cranach, ce qui introduit le problème de savoir s’il y a un lien entre la peur des sorcières de la fin du XVIe siècle et l’exploitation de la mélancolie inspirée dans la philosophie occulte de la Renaissance.

 

Après un très long chapitre sur la chasse aux sorcières du XVe et XVIe siècle, nous sommes au XVIIe siècle avec John Dee (1527-1608). On peut le classer parmi les kabbalistes chrétiens de la Renaissance, il fut occultiste, alchimiste, hermétiste, voyagea en Europe sur les traces de Giorgi, d’Agrippa, de Reuchlin et de Pic de la Mirandole. Sa monade hiéroglyphique indique une grande érudition et un sens inné pour des recherches alchimiques, magiques et occultes. Il influença le mouvement Rose+Croix.

 

Edmund Spencer, poète élisabéthain, néo-platonicien, il écrivit une œuvre immense « La Reine des Fées » dans lequel il y mit tout ce que les idées des philosophes chrétiens de la Renaissance véhiculaient, que ce soit dans la magie du merveilleux, l’alchimie, l’hermétisme, l’éthique et le religieux.

 

L’auteur nous parle de Giordano Bruno (elle lui a consacré un livre), des juifs en Angleterre durant cette période, de Christopher Marlowe (1564-1593), maître à penser de William Shakespeare, auteur de pièce de théâtre, ce qui épaissi encore le mystère des pièces de Shakespeare et de sa célèbre pièce « le marchand de Venise » en 1600, avec son commentaire sur l’harmonie universelle, pièce truffée de kabbale et de vertus chrétienne.

 

George Chapman, grand poète de cette époque, écrivit « The Shadow of Night » œuvre totalement hermétique dont, encore aujourd’hui on s’interroge sur le sens des ténèbres et de la mélancolie qui irrigue l’œuvre.

 

Cette période 1600-0680 fut marquée par le merveilleux des fées, des sorcières, des démons du mystère mais aussi par une grand mélancolie. Le livre se termine par une étude sur la philosophie occulte, le mouvement Rose+Croix et le puritanisme avec John Milton.

 

FRANCES YATESGIORDANO  BRUNO  ET  LA  TRADITION  HERMÉTIQUE

FRANCES A. YATES 

ÉDITION  DERVY

 1988

Cet ouvrage a beaucoup contribué à modifier l’image et l’idée que nous nous faisions de la pensée de la Renaissance. Il est en effet le premier à étudier le rôle essentiel de l’Hermétisme à cette époque. L’enquête de F. Yates porte sue la redécouverte et la perception de l’hermétisme alexandrin, et sur Giordano Bruno, deux sujets d’étude tout à fait complémentaires l’un de l’autre.

 

Le Corpus Hermeticum, un ensemble de textes attribués au légendaire Hermès Trismégiste et écrits en grec dans l’Egypte (Alexandrie) des IIe et IIIe siècles de notre ère, après avoir été oubliés au Moyen Âge furent redécouverts à la fin du XV siècle et traduits en latin par Marcile Ficin.

 

On les croyait alors extrêmement anciens, voire contemporains de Moïse. Frances Yates étudie ici leur succès extraordinaire depuis Ficin et Pic de la Mirandole -qui les rattachait à la Kabbale-, jusqu’aux controverses entre Robert Fludd et Marin Mersenne, à Kepler et aux néo-platoniciens de Cambridge, en passant par Campanella.

 

Elle montre aussi comment la découverte en 1614, de leur datation exacte commença à sonner le déclin de ce courant hermétiste qui n’a pourtant jamais cessé, jusqu’au XXe siècle, d’inspirer et de féconder nombre de courants ésotériques occidentaux modernes.

Dans cet ouvrage, le dominicain Giordano Bruno, condamné au bûcher en 1600, apparaît comme un philosophe et un mage hermétisant, porteur d’un message religieux original. Le soutien qu’il apporta à l’héliocentrisme copernicien est associé à la magie solaire de Ficin, Giordano Bruno, précurseur de Galilée, fut l’un des premiers à défendre l’idée d’un univers infini et la pluralité des mondes habités. Il pressenti même la loi de la gravitation universelle.

 

Né à Nola, Filippo Bruno prit le nom de Giordano en 1565 quand il entra au couvent dominicain de Naples, après quelques études de littérature classique et de philosophe à l'université. Reçu docteur en théologie en 1572, il quitta définitivement son ordre en 1576, à la suite de deux procès.

 

En 1579, on le trouve à Genève, où il se convertit au calvinisme. La même année, il vint enseigner à Toulouse, puis monta à Paris en 1582, où il fut chargé de cours au collège de Cambrai. Henri III créa alors pour lui à la Sorbonne une chaire « extraordinaire » qui le dispensait d'assister aux offices religieux. En 1584, il accompagna en Angleterre l'ambassadeur du roi de France ; il y rencontra la reine Élisabeth ainsi que les docteurs d'Oxford. De retour à Paris en 1586, il engagea contre les péripatéticiens une violente polémique, dont il consigna plus tard les principaux arguments dans son célèbre Acrotismus camoeracensis. En 1587, il quitta la France pour six années d'errance dans les pays germaniques.

 

En 1591, Zuane Mocenigo le fit venir à Venise pour y enseigner l'art de la mémoire et la géométrie. Ce riche patricien allait pourtant le livrer à l'Inquisition le 23 mai 1592. Bruno passa les dernières années de sa vie dans les cachots de l'Inquisition romaine qui avait obtenu son extradition. Soumis à d'interminables interrogatoires et à la torture, il fut condamné à mort et brûlé en 1600

 

Avec un avant-propos de Antoine Faivre, l’auteur nous parle de :

 

Hermès Trismégiste, et le Corpus Hermeticum

Le Pimandre et l’Asclépius de M. Ficin, les diverses magies

 Pic de la Mirandole et la magie kabbalistique

Le Pseudo Denys et la théologie du mage chrétien

Corneilla Agrippa et la magie de la Renaissance

La tradition Humaniste et les objections théologiques

L’Hermétisme religieux au XVIe siècle

Les divers voyages de G. Bruno, en Angleterre, en France, en Italie et en Allemagne  -   Tommaso Campanella, Robert Fludd et la kabbala

 

FRANCES A. YATES  -  FRAGMENTS AUTOBIOGRAPHIQUES

Frances A. Yates

Ed. Allia

2009

Dans ces Fragments autobiographiques rédigés à la fin de sa vie, elle raconte son itinéraire intellectuel sur un ton très simple, vivant et personnel : elle y évoque son enfance, dans l’Angleterre du début du XXe siècle, au sein d’une famille éprise de culture qui la laisse faire elle-même sa propre éducation en dehors de l’école ; elle y revient sur ses premières recherches, entreprises en marge de l’Université ; elle y retrace sa rencontre avec les membres de l’Institut Warburg, qui donnent à cette autodidacte les moyens d’envisager la période fondatrice de notre modernité, la Renaissance et le premier XVIIe siècle, dans une optique tout à fait nouvelle. Frances Yates entrelace ces souvenirs d’un panorama de l’ensemble de ses écrits, consacrés à Shakespeare, à Giordano Bruno, à l’art de la mémoire, au mouvement rose-croix, à la circulation des idées dans l’Europe des Guerres de Religion et à l’imbrication étroite de la science et de la magie à l’aube des temps modernes. Elle donne dans ces pages une remarquable synthèse de ses travaux, dont elle fait apparaître la profonde cohérence en même temps qu’elle en révèle la dimension personnelle, en montrant le lien secret de ses recherches historiques avec les déchirements et les espoirs du siècle qu’elle a traversé.

 

« Je ne suis pas une occultiste, ni une alchimiste, ni une quelconque sorcière. Je ne suis qu’une humble historienne, dont l’activité favorite est la lecture.» Pour son «humble» travail, elle se verra conférer toutes les distinctions honorifiques, recevra le prix Galilée, sera Officer of the Order of the British Empire et, en 1977, élevée au rang de Dame Commander. Quant à son activité de lectrice, elle l’exerce dès son plus jeune âge - elle publie à 13 ans son premier article dans le Glasgow Herald - et, de façon frénétique, quand elle devient membre de l’Institut Warburg.

 

La Bibliothèque fondée en 1905 à Hambourg par Aby Warburg, forcée de «déménager» en Angleterre à l’avènement du nazisme, était alors sise dans les Imperial Institute Buildings, South Kensington : elle contenait, en plus de 200 000 photographies, près de 90 000 volumes et était à disposition des savants anglais et étrangers. Elle était organisée de façon originale : fuyant le traditionnel classement en «sujets», elle disposait les livres par «associations» ou «sympathie magique», de telle sorte que, sur une question qui l’intéressait, le chercheur pût aller de domaine en domaine et découvrir des connexions insoupçonnées entre la philosophie, l’histoire de l’art, la science, la musique, la religion, la sociologie, la littérature. De l’institution, dirigée entre autres par Fritz Saxl et Ernst Gombrich, Dame Frances Amelia Yates a été l’une des âmes. Un Dante sans Virgile, capable de se diriger lestement dans «cet étrange dédale de salles gothiques, si hautes que le plafond semblait presque se perdre dans les nuages». Ou une équilibriste, dont un disciple se souvient qu’elle se hissait «au sommet de l’échelle, en se balançant comme un marin dans la tempête», tendait «tout son corps vers la droite pour attraper un gros volume, puis vers la gauche pour en attraper un autre», en risquant à chaque instant la chute.

 

Climat. De Frances A. Yates sont aujourd’hui publiés deux ouvrages : Science et tradition hermétique et Fragments autobiographiques. Le premier contient deux courts textes sur Newton et Copernic, ainsi que l’essai «La tradition hermétique dans la science de la Renaissance», sorte de «condensé» de ce qu’on a appelé le «Yates paradigm» : à savoir l’idée germinale selon laquelle les origines du changement de climat intellectuel en Europe occidentale, d’où naîtra la «science moderne», doivent être recherchées dans des traditions magiques et hermétiques, repérables aussi bien chez Léonard de Vinci, Giordano Bruno, John Dee, Francis Bacon que dans le néoplatonisme de Marsile Ficin ou l’humanisme de Pic de la Mirandole. Les Fragments autobiographiques sont, eux, la première partie d’un livre que Yates s’était promis d’écrire, une sorte d’«ego-histoire» avant l’heure qui eût retracé son itinéraire intellectuel, évoqué l’éveil de son intérêt pour la Renaissance, décrit la genèse de l’Institut Warburg, qu’elle fréquente dès 1937 et intègre à la fin de la guerre, puis la carrière de l’historienne, à laquelle ses ouvrages vont donner une réputation mondiale - en particulier ce «classique» qu’est Giordano Bruno et la tradition hermétique (Dervy 1988), qui a modifié totalement l’image du philosophe italien et changé la place qu’il occupait dans l’histoire de la pensée : de savant, galiléen et copernicien, précurseur de Kepler, de Newton et de la science moderne, à visionnaire, mage de la Renaissance, porteur d’un message religieux ou théosophique «égyptien», hérité de Hermès Trismégiste (auteur - mais a-t-il seulement existé ? - du Corpus Hermeticum).

 

«Je suis née le mardi 28 novembre 1899, dans une maison baptisée Fairfax, sise dans Victoria Road North, à Southsea (Hampshire).» Tels quels - composés, autrement dit, des «Années d’enfance», courant jusqu’en 1914, de commentaires sur les «premiers travaux» et de notes sur l’Institut Warburg -, les Fragments demeurent un précieux document. Ils sont même émouvants en ce qu’ils décrivent comment une volonté («Mon frère écrivait des poèmes, une de mes sœurs écrit des romans, l’autre fait de la peinture ; moi aussi il faut que je fasse quelque chose, je le veux. Je ne suis pas très douée pour le dessin et pas du tout pour la musique ; il ne me reste que l’écriture. J’écrirai donc. Mais, pour écrire, il faut avoir lu : je lis comme une furie») crée une vocation, et comment la vocation se fait passion.

 

«Nous formions une famille passionnante : jeune, en plein essor, ancrée quelque part dans le monde, remplie d’espoirs et de projets» - une famille de la classe moyenne cultivée, dans laquelle Frances vit une enfance et une adolescence des plus douces. Ingénieur, son père est souvent muté, de chantier naval en chantier naval, et Frances décrit avec précision toutes les nouvelles demeures, et les paysages, qu’elle habite, de Portsmouth à Chatham et Glasgow, de Worthing à la Maison Neuve de Claygate, où les Yates vont s’établir définitivement. Plus que par l’école, que sa vie nomade l’empêche de fréquenter régulièrement, Frances s’éduque «naturellement», par ses lectures, et les discussions avec ses parents, ses sœurs Nannie et Ruby, son frère Jimmy. La guerre brise, en octobre 1915, le bel univers de la famille Yates : «Quand Jimmy était là, le monde était illuminé ; quand il a disparu, une lumière s’est éteinte à jamais.»

 

Frances A. Yates - d’aucuns le lui reprocheront - n’aura pas une formation académique prestigieuse. Elle passe une licence à l’université de Londres, en candidate libre, «à l’aide d’un cours par correspondance», et une maîtrise en 1926 sur «Le théâtre politique en France au XVIe siècle». Elle commence tôt à publier des articles dans des revues et, peu à peu, focalise son attention sur John Florio, «professeur d’italien des élisabéthains», connu de Shakespeare, qui l’avait «peut-être satirisé sous les traits d’Holopherne dans Peines d’amour perdues». C’est là que naît la passion. Florio avait travaillé pour l’Ambassade de France, et, là, avait rencontré… Giordano Bruno.

 

En 1934, Yates publie John Florio - the Life on an Italian in Shakespeare’s England. Le livre est remarqué, notamment par Fritz Saxl. Mais déjà Yates tisse sa toile, ou, si l’on veut, procède par «ramifications», ou par cette «sympathie magique» qui lie en secret les livres de la Bibliothèque Warburg : de Florio, elle passe à Bruno, entreprend de traduire le Banquet des cendres, renverse l’idée selon laquelle, «du seul fait de sa vision copernicienne», Bruno serait «un moderne en rupture avec le Moyen Age», parfait sa connaissance des idées et des arts de la Renaissance, s’initie à «l’approche warburgienne de la mythologie», travaille sur l’hermétisme, la magie, la Cabale, les «arts de la mémoire» - bref, devient «Dame Frances».

 

La fin de sa vie - elle meurt le 29 septembre 1981 -, elle la passe, en compagnie de sa sœur Ruby, dans sa maison de Claygate. Avec son père, elle y avait planté le cèdre de l’Atlas et le marronnier rouge. «Mon existence entière ou presque s’est passée à essayer de comprendre une période qui m’a toujours paru, non un passé mort, mais un moment essentiel pour la vie spirituelle et l’imaginaire de notre temps.» Elle croyait en la puissance infinie de l’esprit. Quand elle descendait de son échelle incertaine avec une «pleine brassée de pesants folios», elle les posait devant le chercheur venu quérir son aide, et, lui prêtant spontanément la même capacité de travail que la sienne, l’enjoignait de les «compulser sur le champ».

 

FRANCES A. YATES  -  SCIENCE ET TRADITION HERMḖTIQUE

Frances A. Yates

Edition Allia

2014

Rien ne semble plus éloigné de la science moderne que l'astrologie, la magie et l'alchimie. Pourtant, les choses sont plus complexes historiquement : on sait, par exemple, que certains des fondateurs de l'astronomie pratiquèrent l'astrologie. S'agit-il d'une concession à d'antiques superstitions ? Ou ces savants ont-ils été profondément marqués par de telles croyances ? Pour démêler ces questions, il faut se plonger dans l'oeuvre pionnière de l'historienne des sciences Frances A. Yates (1899-1981), qui a éclairé d'un nouveau jour les origines de la science moderne en explorant ses liens avec la magie et l'hermétisme de la Renaissance...


La thèse de Yates est que cette vision magico-religieuse a imprégné la science du XVIe siècle, de Copernic à Bruno. Exemplaire à cet égard est la figure de l'astronome John Dee (1527-1609), astrologue et magicien qui, par sa formation, était convaincu de l'importance des mathématiques. Et Leonard de Vinci, plus qu'un scientifique expérimental, serait un "mage" marqué par la tradition hermétique. Celle-ci, selon Yates, exercera ses effets jusqu'au début du XVIIe siècle, voire au-delà, jusqu'à Newton, qui consacra tant d'importance à l'alchimie. On a certes parfois reproché à Yates de trop mettre l'accent sur ce moment "magique" de la science et de moins s'intéresser à la façon dont celle-ci s'est émancipée de cette matrice. La lecture de ses écrits n'en reste pas moins essentielle pour quiconque veut comprendre la genèse de la science moderne.

 

Dans les trois textes que comporte ce volume, la grande historienne anglaise traite de l'un de ses sujets de prédilection : le rôle joué par la tradition hermétique et la pensée magique dans l'histoire des idées en Europe, à la charnière de la Renaissance et du XVIIe siècle. On a longtemps cru que l'hermétisme avait constitué un obstacle au développement de la pensée scientifique : contre cette idée reçue, Frances Yates montre qu'au contraire, sur certains points essentiels, la tradition hermétique a amorcé le changement dans les mentalités qui a rendu possible l'émergence de la science moderne. En effet, c'est peut-être de la connaissance occulte du cosmos, détenue par le mage de la Renaissance, que dérive l'ambition qui caractérise la science classique : connaître les secrets de la nature pour la maîtriser, doter l'homme de moyens pour agir sur elle et pour la transformer. Et l’intérêt alors nouveau porté aux mathématiques, envisagées comme la clé du réel, n’est pas sans rapport avec la Kabbale et les pouvoirs qu'elle attribuait aux nombres...

 

L’essai qui ouvre le volume propose une synthèse lumineuse sur ces questions aussi complexes que passionnantes ; il offre une sorte de condensé des idées que Frances Yates a développées dans son grand ouvrage sur Giordano Bruno et la tradition hermétique. Il est suivi de deux articles plus brefs, mais non moins stimulants, montrant que même deux grandes découvertes qui semblent emblématiques de la rationalité moderne, l'héliocentrisme de Copernic et la physique de Newton, ont probablement été marquées par la pensée hermétique.

 

FRANCES A. YATES -   la lumiḔre des rose-croix – l’illuminisme rosicrucien

Frances A. yates

Edition CULTURE ART LOISIRS

 1978

Cet ouvrage est une étude historique sur la pensée, la culture et la religion au XVIIème siècle et particulièrement sur le mouvement rosicrucien et son influence sur la franc-maçonnerie, l’utopie et autre société de pensée. Ce livre traite de :

Des noces royales. Le mariage de la princesse Elisabeth et de l’électeur palatin.
La tragédie bohémienne.
John Dee et l’origine de Christian Rosencreutz.
Les manifestes rosicruciens.
Les noces chymiques de Christian Rosencreutz.
L’éditeur palatin Johann Théodore de Bry et la publication des œuvres de Robert Fludd et de Michaël Maïer.
L’enthousiasme rosicrucien en Allemagne.
La terreur rosicrucienne en France.
Francis Bacon « à l’ombre des ailes de Jéhovah ».
Les libéraux italiens et les manifestes rosicruciens.
La fraternité R.C. et les unions chrétiennes.
Comenius et le rosicrucianisme en Bohème.
De l’invisible collège à la Royal Society.
Elias Ashmole et la tradition de Dee.
Isaac Newton et l’alchimie rosicrucienne.
Rosicrucianisme et franc-maçonnerie.
L’illuminisme rosicrucien.
La Fama.
Confessio fraternitatis.

 

Fulcanelli & le mystÈre de la croix d’hendaye

Axel brüker

Edition SEGUIER

 2005

Depuis la révélation par Fulcanelli, le plus célèbre alchimiste du XXème siècle, de la « croix cyclique d’Hendaye » dans Le Mystère des cathédrales, philosophes, savants, astronomes, chercheurs, francs-maçons et alchimistes du monde entier cherchent à déchiffrer les symboles ésotériques de ce mystérieux ouvrage, que des chercheurs américains ont reconnu comme « A monument to the end of time » (Un monument sur la fin du monde).


Axel Brüker, descendant d’une vieille famille hendayaise, a enquêté avec passion sur tous les secrets entourant cette croix qui fait aussi partie de l’étrange histoire d’Hendaye. Il s’est plongé dans les milieux ésotériques, maçonniques et alchimiques en essayant de comprendre et de répondre aux questions essentielles : pourquoi Hendaye, ou plutôt ANDAYE ?

 

D’où vient cette croix et pourquoi fut-elle déplacée et retournée par les prêtres d’Hendaye ? Que signifient les étranges figures du socle et la curieuse inscription sur la croix ? Et pourquoi cette faute de latin ? Peut-on y déchiffrer la date de l’Apocalypse, du Jugement dernier et la place du refuge, comme le pensait ce mystérieux Fulcanelli ?


Et enfin…, mais qui était vraiment Fulcanelli ?


On y croise Zoroastre, la croix des Andes, Atahualpa, le Roi-soleil, l’Apocalypse de St Jean et bien d’autres énigmes.

9 G

gÉrard de nerval & la pensÉe hermÉtique

Jean-Pierre bayard

Edition  ARQA

 2006

Cet ouvrage pourrait s’appeler « Introduction au voyage en Orient » tant il recèle des parfums et l’ésotérisme de l’Orient.

-Où comptez-vous aller, en quittant mes États ? Demanda le roi Salomon avec une feinte insouciance.


-À Tyr, répliqua sans hésiter l’artiste : je l’ai promis à mon protecteur, le bon roi Hiram, qui vous chérit comme un frère, et qui eut pour moi des bontés paternelles. Sous votre bon plaisir, je désire lui porter un plan, avec une vue en élévation, du palais, du temple, de la mer d’airain, ainsi que des deux grandes colonnes torses de bronze, Jakin et Booz, qui ornent la grande porte du temple.

Dans ce chef-d’œuvre de la Tradition initiatique occidentale qu’est Le Voyage en Orient, Gérard de Nerval, dans la quatrième partie de son ouvrage, restituée ici in extenso – texte essentiel si souvent cité partiellement, et pourtant rarement lu dans son contexte originel – l’auteur, empruntant un sentier mystérieux parfumé de tous les encens d’Égypte, nous conte de la plus belle des manières, se servant des légendes ancestrales, des récits de voyages, et des rituels cachés, les vérités inconnues des secrets maçonniques, nous instruisant notamment du grade de Maître.

 

Jean-Pierre Bayard dans une introduction lumineuse nous dévoile la nature des éléments épars : biographiques, historiques, symboliques et initiatiques, pour mieux nous faire appréhender la prose onirique et enflammée de l’écrivain fou d’Hermétisme.

 

 Avec Jean-Pierre Bayard soyons certain que : « Gérard de Nerval nous a légué la chaîne indiscontinue de la pensée traditionnelle dans la langue la plus limpide en nous faisant parcourir le chemin du soleil des pôles. »

 

golden dawn – la magie henokeenne de l’ordre hermÉtique de la golden dawn

J. Pascal ruggiu

Edition TELETES

 1994

Jean-Pascal Ruggiu, présente pour la première fois en langue française les bases de la Magie Hénokéenne, qui constitue le cœur du système magique de l’Ordre Intérieur de la Golden Dawn. La Magie Hénokéenne fut créée au XVIème siècle par le Dr John Dee, astrologue de la reine Élizabeth I, et par son médium Edward Kelly.  Elle fut préservée au sein des cénacles rosicruciens anglais par Elias Ashmole au XVIIème siècle, qui la transmirent à Wynn Wescott et à McGregor Mathers. Sous l’impulsion de ces derniers, la Magie Hénokéenne connut un développement considérable et fut structurée selon le système Qabalistique.


Le lecteur découvrira dans cet ouvrage la traduction intégrale du « Livre de la Convergence des Forces » qui explique la structure des quatre tablettes Hénokéenne élémentaires et leurs hiérarchies spirituelles et qui comprend aussi : les rituels des 48 Appels ou Clefs Angéliques permettant l’invocation des esprits de ces tablettes.

 

golden – dawn – les ancÊtres rosicruciens de l’ordre hermÉtique de la g.d. – tome iv

Nicolas tereshenko

Edition TELETES

 1992

La première partie de cet ouvrage est consacrée à l’histoire « officielle » de la Golden DAWN basée sur la découverte d’un manuscrit rosicrucien, telle qu’elle fut présentée en 1893 par le Dr WESCOT. Ce manuscrit chiffré, sur lequel repose l’enseignement incomparable de l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée, pourrait être un de ceux évoqués dans la Fama.


La deuxième partie permettra au lecteur d’acquérir les bases traditionnelles nécessaires (symbolisme, hermétisme, Qabalah et alphabets, cryptographie, numérologie, constitution occulte de l’homme…) à la compréhension du texte de la Fama.


La dernière présente une traduction nouvelle de la Fama Fraternitatis, contant les origines et les buts de l’Ordre de la Rose-Croix au travers de l’histoire et de la découverte du tombeau de son fondateur Christian ROSENKREUTZ, suivie de commentaires et d’une analyse profonde.


Si de nombreux livres ont été consacrés à la Fama Fraternitatis et au mouvement rosicrucien, cet ouvrage apporte un éclairage inédit et original, notamment dans le parallèle entre l’enseignement de GURJIEFF et les données Qabalistiques et rosicruciennes, permettant au lecteur « qui comprend la Sagesse » de suivre « l’universelle et générale réformation du vaste monde tout entier ».

 

golden dawn – les enseignements qabalistiques de l’ordre hermÉtique de la golden dawn

Denis labourÉ

Edition TELETES

 1991

The Hermetic Order of the Golden Dawn ou l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée est sans nul doute l’ordre magique le plus célèbre du XXème siècle. Il a exercé une immense influence sur le développement de l’occultisme pratique dans tous les pays anglo-saxons et a contribué à une véritable renaissance de la magie cérémonielle.

 

Cet ordre prestigieux a été fondé en 1888 par trois Francs-maçons éminents : Wescott, Mathers et Woodman, sur la base de mystérieux manuscrits rosicruciens codés. Il a compté dans ses rangs nombre de célébrités de l’époque victorienne telles que Yeats, Moïna Bergson, l’actrice Florence Farr, les écrivains de nouvelles fantastiques Arthur Machen, Algernon Blackwood et Charles Williams, ainsi que les égyptologues Blackden et Sir Wallis Budge, et bien sûr des occultistes de grande valeur tels que le « fameux » Aleister Crowley, Israël Regardie, Dion Fortune ou Paul Foster Case.


« Dans son ouvrage, Denis Labouré a réussi non seulement à réunir tout ce qu’il est essentiel de connaître pour une étude approfondie de la Qabalah, mais aussi nous présenter de nombreuses données auxiliaires qui facilitent grandement l’apprentissage de ce système harmonieux, sans contradictions internes et très complet de la connaissance nécessaire pour pénétrer au cœur même des Lois de la création et du maintien de notre Univers.

 

Tout lecteur attentif – et aucun livre qui vaut la peine d’être non seulement lu mais aussi étudié ne doit être approché autrement qu’attentivement - trouvera non seulement des informations de la plus grande valeur dans chacun de ses chapitres, mais aussi des indications pratiques qui lui serviront dans toutes ses études ésotériques ainsi que dans sa pratique des rituels de l’Ordre de l’Aube Dorée » Nick Tereshchenko.


Après avoir détaillé les enseignements kabbalistiques de la Golden Dawn, base théorique indispensable à toute progression, Denis Labouré donne les éléments nécessaires à toute expérimentation sans danger de l’occultisme : qu’est-ce que la Kabale pratique ? Comment tracer un Arbre de vie ? Que représentent les Sephiroth ? Par quels exercices éveiller ces centres d’énergie en nous ? (Cet ouvrage expose d’une manière complète le rituel ou la pratique de la Colonne du Milieu). Comment prononcer avec efficacité les Noms divins au cours d’un rituel ?

 

golden dawn – les rituels d’initiation de l’ordre de la g.d. – tome iii

JP ruggiu

Edition TELETES

1992

Jamais jusqu’à ce jour les rituels d’initiation de l’Ordre Extérieur de la Golden Dawn n’avaient été publiés en français. Jean-Pascal RUGGIU a eu accès aux archives de l’Ordre conservées par les descendants du Temple Hermès de Bristol en Angleterre, ce qui lui a permis de puiser directement aux sources originelles.

Cet ouvrage qui présente les Rituels d’initiation de l’Ordre Extérieur (du grade de Néophyte à celui de Philosophus) permettra au lecteur de découvrir le processus de l’initiation au travers du symbolisme hautement Qabalistique et hermétique de la Golden DAWN. Celui-ci est abondamment commenté dans le Document z. 1. Traitant du symbolisme des décors du Temple, des vêtures et des insignes rituels des officiers.

 

Les aspects opératifs des rituels d’initiation sont décrits en détail, ainsi que les formes divines « télématiques » égyptiennes qui adombrent les officiers du Temple. Le Document Z. 3. explique comment les centres de forces spirituelles sont éveillés chez le candidat par l’initiation. Enfin la signification occulte de la cérémonie d’Équinoxe est dévoilée. Cet ouvrage révèlera au lecteur la nature profonde des Mystiques Initiatiques tels qu’ils étaient pratiqués dans l’Antiquité, héritage précieux que l’Ordre Hermétique de la Golden Dawn a su préserver.

Selon l’histoire officielle de l’Ordre, le Dr William Wynn Westcott (1848-1925), un coroner de Londres, franc-maçon de haut grade et membre de la S.R.I.A. (Societas Rosicruciana In Galia), entra en 1887 en possession de mystérieux manuscrits, codés selon une cryptographie alchimique tirée d’un ouvrage allemand datant du XVIème, la Polygraphie ou universelle écriture secrète, écrit par le célèbre Abbé Trithème que d’aucuns ont surnommé « le père de l’Hermétisme ».

Ces manuscrits, une fois décodés se révélèrent être les rituels d’Initiation, hâtivement notés, d’un ordre jusque-là totalement inconnu appelé The Golden Dawn (l’Aube Dorée). D’après les déclarations du Dr Wescott, ces manuscrits chiffrés lui auraient été légués par le Révérend A.F.A. Woodford, un pasteur anglican franc-maçon, membre de la fameuse loge de recherche Quatuor Coronati de Londres à laquelle appartenait également Westcott. Ce dernier prétendait que Woodford aurait trouvé ces manuscrits dans une librairie d’occasion de Londres vers 1886 ; toutefois, il était resté très vague sur l’origine de ces documents. Toujours selon les déclarations de Wescott, Woodford lui aurait confié qu’ils provenaient de France et qu’ils avaient appartenu au célèbre mage français Éliphas Levi….

 

golden dawn – les rituels magiques de l’ordre hermÉtique de la g.d.

Edition  P. RUGGIU

Télètes

 1990

Bien que de nombreux articles aient été consacrés à la Golden Dawn en France, aucuns rituels n’avaient été publiés jusqu’à présent en langue française. Ces rituels, qui jusque-là étaient l’apanage de groupes extrêmement fermés ou d’une élite d’occultistes maîtrisant la langue anglaise, sont donc exposés pour la première fois au plus grand nombre par Jean Pascal Ruggiu qui a eu accès aux archives de l’Ordre en Angleterre et qui a reçu l’autorisation de les dévoiler de la part du dernier Temple authentique de l’Ordre encore en activité en Nouvelle Zélande.

Cet ouvrage présente les techniques magiques incomparables de la Golden Dawn qui ont contribué à sa célébrité, ainsi que les rituels magiques fondamentaux utilisés au sein de l’Ordre intérieur, à savoir les rituels mineurs, majeurs et suprêmes du Pentagramme et l’Hexagramme, la consécration des quatre armes élémentaires et des trois armes majeures, ainsi que le rituel de la Rose-Croix et des Tours de Guet.

 

Il détaille particulièrement les techniques de protection utilisées au sein de l’Ordre qui seront d’une aide indispensable à tous les occultistes désirant s’engager en toute sécurité sur la voie, parfois périlleuse, de la haute magie cérémonielle.

 

Il éclaire enfin de façon lumineuse les mécanismes psychologiques qui permettent de comprendre ce qu’est réellement la voie magique moderne à savoir une voie de réalisation spirituelle par le moyen du cérémoniel.

 

guaita – qui suis-je ?

A. de l’estoile

Edition PARDES

 2005

Malgré sa mort prématurée, à 36 ans, Stanislas de Guaita eut le privilège d’être considéré de son vivant comme un classique. Il occupa ainsi une place de choix parmi les principaux protagonistes du renouveau de l’occultisme dans les dernières décennies du XIXème siècle, entre Éliphas LEVI, PAPUS et d’autres.

Issu d’une famille noble d’origine lombarde, il fut l’ami d’enfance et le camarade de classe de Maurice Barres. À vingt-trois ans, il abandonne sa carrière de poète et décide de se consacrer corps et âme à l’occultisme. À vingt-cinq ans, la publication de son premier ouvrage ésotérique, Au seuil du mystère, en fait, d’emblée, le chef de file de l’occultisme français.


En 1888, il instaure l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix, avec Péladan et Papus.


Avec ce Guaita (« Qui suis-je ? »), l’auteur nous plonge dans les coulisses de l’occultisme de la Belle Époque, où anathèmes, envoûtements à distance, duels et rivalités entre ordres rosicruciens firent les délices de la chronique parisienne.

 

Il nous montre comment Stanislas De Guaita se retrouva au centre de l’affaire Boullan, véritable « guerre des mages », et de la « guerre des deux roses », à la suite de sa brouille avec Joséphin Péladan.

Foudroyé en pleine jeunesse, ajoutant ainsi le mystère à la légende, il n’eut pas le temps d’achever sa grande trilogie, ses Essais de sciences maudites (Le Temple de Satan, la Clé de la magie noire et Le Problème du mal).

 

 

 

 GUAITA  -  stanislas de guaÏta

Denis capdeville

Edition PIERRON

 1997

Philosophe, chimiste, poète mais surtout infatigable expérimentateur de l’invisible ; considéré par ses pairs comme un maître, Stanislas de GUAITA n’aura eu de cesse de trouver la véritable nature des limites humaines, tant sur le plan physique que sur le plan métaphysique. Disparu prématurément à l’âge de trente-six ans (1861 – 1897), il ne pourra pas achever son œuvre et s’attaquer au gigantesque problème de la « Chute » humaine, mais il en laissera néanmoins de solides indications sur l’origine et les dérives. Partageant son existence entre Paris et Alteville son domaine en Lorraine, ses séjours près du Grand Lindre, parmi ses livres et ses instruments, lui seront indispensables ; quelques photos choisies, ici, nous le rappellent.

 

Né en Lorraine, s'intéressant aux sciences occultes dont l'alchimie (mais prenant de nombreuses drogues), Stanislas de Guaïta mourut jeune dû à une overdose de cocaïne. Initié à l'ésotérisme par Éliphas Lévi, et aux grands mystères en général par Fabre d’Olivet. C'est dans cet esprit qu'il fonda en 1889 l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix, dont firent aussitôt partie Papus et Peladan. Celui-ci s'en sépara pour fonder un autre ordre (la Rose-Croix catholique) ; et, en 1893, l'ordre de Guaïta fut attaqué par Huysmans, qui l'accusa d'envoûter à distance l'abbé lyonnais Boullan.

Des duels s'ensuivirent ; Huysmans et Jules Bois s'opposèrent à Papus et à Guaïta. Stanislas est alors "ce jeune poète dans le goût baudelairien et à qui Mendès venait de révéler Éliphas Lévi", écrit Alain Mercier dans "Les Sources ésotériques et occultes de la poésie symboliste".

Mais l’auteur ajoute que Guaïta poète (Les Oiseaux de passage, 1881 ; La Muse noire, 1883 ; Rosa mystica, 1885) "par son classicisme de forme et d'écriture, est plus proche des parnassiens que des symbolistes", si bien qu'il y eut en lui deux très distincts personnages: "l'hermétiste aristocrate et généreux d'une part, le poète tourmenté et inquiet d'artifices d'autre part".

 

 

GUAITA -  STANISLAS DE GUAÏTA – Souvenirs de son secrétaire Oswald WIRTH

OSWALD WIRTH 

Édition  du SYMBOLISME

 1935

Les œuvres de Stanislas de Guaïta témoignent d’un brillant talent littéraire mis au service d’une vaste érudition et d’une pénétrante acuité philosophique. Théoricien du mystère, Stanislas s’attache au Moyen Âge et à ses croyances relatives à la sorcellerie et aux manifestations du diable. Il explique scientifiquement des phénomènes étranges qui relèvent le plus souvent de la pathologie psychique. Il est en occultisme moderne un des auteurs le plus apprécié, et un guide apte à mettre sur la voie d’un changement ontologique.

 

Après plus de dix ans d’intimité avec Stanislas, l’auteur Oswald Wirth, se fait un devoir de rendre hommage et témoignage du caractère et de l’œuvre de Stanislas de Guaïta. Stanislas recherchait la solitude et le recueillement au milieu de ses livres qu’il affectionnait, mais nul ne se souciait moins que lui de pontifier ou de se poser en chef de quoi que ce soit.  Si sa haute moralité demeure inattaquable, ses idées ne se dérobent à aucune discussion, mais il est mort avant d’avoir eu le temps de les mûrir et de les écrire. Malgré tout ses œuvres écrites sont les amorces d’une construction qui est à poursuivre sous l’inspiration d’invisibles architectes ou de maîtres à penser.

 

Un livre fort intéressant sur l’œuvre peu connu de cet ésotériste qui influença le mouvement Martiniste et Rose+Croix mais également beaucoup d’autres.

 

Oswald Wirth nous raconte :

Ses armoiries – Frédéric Barberousse – la Lorraine – Nancy – Maurice Barres – Eliphas Levi – Josephin Péladan et Albert Jounet – Paracelce – La Théosophie – Le temple de satan et la clef de la magie noire – Le problème du mal – Les états progressifs du sommeil provoqué – Le baron du Potet – Adolphe Didier – un médium guérisseur – Le Tarot et ses 22 arcanes -  Le mysticisme par Stanislas de G. -  La magie, ses rites, ses actions et son influence – Le magnétisme curatif – L’Hypnotisme – Le serpent de la Genèse -  Le matérialisme et ses dangers – Les esprits et les phénomènes spirites – coagulations fluidiques – Esprits élémentaires  avec les gnomes, sylphes, ondins et salamandres – Les rites magiques –La Magie cérémonielle – Le christianisme ésotérique – Lettre aux Franc-maçons – L’abbé Roca – Le docteur Boullan – La Rose+Croix et le conseil des douze – Georges Poirel amphitryon des Rose+Croix – La guerre des deux roses et la déclaration de la Rose+Croix kabbalistique – Papus le vulgarisateur, son intuition et son absolutisme – Le Martinisme – La justice initiatique – J.K Huysmans et la liturgie du carmel – Jules Bois célèbre journaliste, spécialisé dans le satanisme – l’œuvre de Stanislas et sa métaphysique transcendante – Le platonicien kabbaliste – la Lumière et son culte – L’Illumination – Le problème du mal  et son caractère négatif – Les derniers Arcanes – La religion de Stanislas – Saint Yves d’Alveydre – L’Astrologie – Les maisons d’action, de formation, de transformation et d’accomplissement – Rosa Mystica – Gethsémani – Notre Dame d’oubli – Le Sar Mérodack et Acta Syncelli………….

 

GUIDE  DU  PARIS  HERMḖTIQUE

Serge Thibaut

Edition Dervy

2016

Ce livre se démarque de tout ce qui a pu être écrit sur le sujet car l’auteur ne parle que de ce qui apparaît visiblement et ne propose d’hypothèse qu’à la condition que celle-ci soit compatible avec les sources connues des maîtres d’oeuvre des bâtiments abordés. Une telle démarche permet d’éliminer bien des spéculations et d’introduire une certaine rigueur au coeur même de l’analyse symbolique de Paris.


Les calculs mathématiques, peu présents, n’ont été sollicités que lorsque des rapports géométriques étaient trop évidents pour être fortuits ou encore lorsqu’ils étaient explicitement revendiqués par les auteurs du monument abordé. De tels propos reviennent à affirmer que le sens le plus hermétique est en même temps inscrit dans la plus grande visibilité et qu’il ne s’agit pas de rechercher ce qui n’apparaît pas : c’est au contraire dans ce qui apparaît, au coeur de ce qui se montre, que réside le sens dont l’auteur est en quête.
De ce point de vue, la seule exigence qui fut la sienne fut celle d’apprendre à regarder et de poser des questions extrêmement simples : que signifie tel ou tel symbole ? Pour quelle raison tel et tel monument sont-ils pris dans un alignement explicite ?

Pourquoi appeler au Louvre « pyramidions » de petites pyramides qui semblent ne coiffer aucun obélisque ni aucune pyramide alors que le pyramidion se définit comme étant une coiffe ou une couronne ornant le sommet d’un obélisque ou d’une pyramide ?

Le sens dit hermétique se laisse donc découvrir par la médiation de ce qui apparaît et de ce qui se dit au sujet de ce qui apparaît : apprendre à regarder et à écouter constitue dans cette optique la première des exigences.


L’auteur a souhaité mentionner des éléments historiques afin d’évaluer à chaque fois ce qui pouvait relever de la contingence et ce qui relevait d’une décision réfléchie et symboliquement signifiante.
Sans être un guide de Paris à proprement parler, cet ouvrage n’en contient pas moins de nombreuses possibilité quant aux parcours à arpenter pour l’opiniâtre piéton, fasciné par la succession de symboles hermétiques défilant de l’Orient à l’Occident.

 

Cet « essai sur la symbolique des alignements parisiens », d’une très belle présentation, renoue avec le thème récurrent de la symbolique étoilée de la capitale française. Jouant avec la plurivalence des symboles, Serge Thibaut explore les grands axes de Paris en des lectures multiples, alchimiques, maçonniques, chrétiennes, astrologiques ou autres. L’étude des grands et petits monuments de Paris, selon une géographie sacrée mais aussi en fonction du contexte historique de leur édification, fait sens même s’il s’agit de ce que peut dire l’architecture, plutôt que de ce qu’elle veut dire.

 

La première partie de l’ouvrage est construite selon l’axe historique : de la Nation au Louvre ; le Louvre, épicentre parisien ; de la Concorde à la Grande Arche. La deuxième partie s’intéresse aux deux parcours, rive droite, rive gauche, le long du méridien. La troisième partie, selon l’ace fraternelle, propose une lecture plus maçonnique de Paris avant de s’intéresser à l’axe de la terre à travers la place de la République, le beffroi de la gare de Lyon, le ministère de l’Economie et des Finances et la Bibliothèque Nationale de France. La quatrième et dernière partie traite des mues alchimiques et de la mue céleste des héros.

 

L’ouvrage, très argumenté, demeure agréable à lire grâce à la fluidité de l’écriture sur un sujet difficile pour un auteur qui veut rester rigoureux. Serge Thibaut relève « deux types de sens à l’œuvre dans l’hermétisme architectural :

- Un sens a priori qui est celui que détermine l’axe préexistant, et qui impose à chaque nouvel élément un certain volume et, surtout, une certaine porte sacrée. Il eût été impensable, dans le cas de la Grande Arche, que celle-ci fut trop haute, et qu’elle fût dénuée de lien avec le monde céleste : après le passage de l’Arc de Triomphe, il lui fallait exprimer l’ascension de l’ici-bas vers les configurations zodiacales.

- Un sens a posteriori qui résulte de la contingence de l’histoire, des moyens financiers, des choix des jurys, etc. Dans le cas de la Grande Arche, la forme du bâtiment, le revêtement de sa façade en marbre, ou encore l’abandon des nuages relève de ce sens a posteriori qu’il faut se garder de surdéterminer et qui n’est souvent que l’expression d’un projet architectural particulier ou d’une difficulté technique.

 

Telle est sans doute la grandeur du sacré que de pouvoir accueillir la contingence et d’organiser cette dernière dans un cadre préétabli qui lui donne progressivement forme et sens. C’est des aléas de la vie matérielle et du vacarme historique que se nourrissent les structures sacrées qui, jour après jour, tracent dans la poussière des ans l’inébranlable relation aux cycles immuables et aux astres divinisés : Paris ne cesse de nous le rappeler. »

9 H

H.b.of.l.

 Archives – Max Théon

Edition Arché

 1988

Sont ici présentés des documents de cette société à prétention initiatique et qui en son temps retint l’attention de R. Guénon. Sont passés par cette société des personnages comme H.P. Blavatsky et le Colonel Olcott. Cette société dont le siège était aux USA fut introduite en Europe afin de former des cercles occultistes.

 

Ces initiales sont celles de : Hermétique Brotherhood of Luxor.

 

Ouvrage le plus complet sur l'occultisme de la fin du XIXe siècle. Active dans les dernières décennies du XIXe siècle, la Fraternité Hermétique de Louxor, qui n'était désignée que sous ses initiales anglaises H. B. of L., était le seul Ordre de son temps à enseigner l'occultisme pratique dans la lignée de la tradition occidentale. Elle aidait ses membres à progresser sur la voie du développement spirituel en leur fournissant des instructions détaillées notamment pour leur permettre, par l'effort personnel et si possible dans un cadre familial, de cultiver leurs pouvoirs occultes. La H. B. of L. influence un nombre considérable d'éminentes personnalités ou sociétés des milieux théosophes, ésotéristes et occultistes, malgré son déclin rapide dû à un scandale suscité par le lancement d'un projet de communauté spirituelle.

 

En France en furent les membres Barlet, Papus et même René Guénon. La H. B. of L. entretenait le mythe de ses origines, notamment vis-à-vis de la Société Théosophique et de la Fraternité d'Eulis de Randolph. Elle préservait l'incognito de son Grand Maître, dont on sait aujourd'hui qu'il s'agissait du fondateur, vers 1901, du Mouvement Cosmique qui fut indirectement à l'origine d'Auroville, Max Théon.  Cet ordre qui fut actif à la fin du 19e siècle utilisait des techniques « d’occultisme pratique », et se démarquait à la fois de la Société Théosophique et de la Golden Dawn. La Fraternité Hermétique de Louxor s’est fait connaître notamment parce que René Guénon avait attiré l’attention sur ce mouvement. Max Théon le fondateur rassembla de nombreux étudiants, dont Louis Themanlys et Charles Barlet, et lancèrent le « Mouvement Cosmique ». Il était basé sur des documents, appelés la Tradition Cosmique, reçus ou peut-être canalisés par la femme de Théon. Ils établirent le journal Cosmic Review, pour « l’étude et le rétablissement de la Tradition originelle ».

 

Théon affirma que sa femme Alma était l’esprit principal derrière cette idée, et que sans elle la Tradition et la philosophie cosmique n’auraient jamais vus le jour. Parmi les étudiants les plus importants de Théon à cette époque, impliqués au sein de Mouvement Cosmique, à Tlemcen et ensuite à Paris, se trouvaient Charles BarletMirra AlfassaPaul Richard, et Louis Themanlys. Selon Pascal Themanlys, d’autres contributeurs actifs du Mouvement Cosmique comprenaient René Caillie, l’écrivain Marc Semenoff, le typographe Jacques Janin, les peintres Jacques Blot et Louis Bouchet, l’architecte Louis BerthaudMaurice Ben Haroche, la Baronne de Eichthal, parmi d’autres. Le travail cosmique intéressa également Tomáš Masaryk (qui fut le premier Président de Tchécoslovaquie), les poètes Helene Vacaresco et Anna de Noailles, le Dr Serge Voronoff, l’occultiste Edouard Schuré, le psychologue Albert von Schrenck-Notzing, la Princesse de Rohan à Vienne, l’helléniste Mario Meunier, le Général Zinovy Peshkov, la Marquise Ali Maccarani de Florence, et d’autres.

 

HERGḖ ET L’ḖNIGME DU PÔLE     -

 P. Georges Sansonetti

ED. Mercure Dauphinois

2011

Et si les albums d’Hergé étaient entièrement codés ? Et si ce codage concernait le plus grand secret de l’histoire de l’humanité ? Et si, durant des millénaires, un tel secret avait été incorporé à des monuments (pyramides, temples, cathédrales), transcrit par des mythes et tout un légendaire (comme le Graal) et rendu indissociable du processus alchimique ? On pourrait ajouter qu’il a constitué le coeur d’organisations chevaleresques (nous songeons principalement aux Templiers) ou de sociétés initiatiques dont la mystérieuse «Angélique», également appelée du «Brouillard». Aux dires de certaines personnes, le père de Tintin arpenta ses sentiers. Semblablement à la boussole, pareille énigme indique toujours le Pôle où, en des temps lointains, aurait existé un «Centre suprême». Ce lieu de lumière, désormais inaccessible, attend l’avènement d’une ère nouvelle.

 

La révélation progressive du secret en question est dissimulée dans les aventures de Tintin. Mais cela nécessite de découvrir ce que représente notre jeune homme (sans oublier Milou) et les personnages qu’il rencontre. Car, Haddock ne serait-il qu’un ivrogne et Tournesol un savant génial ? Et, à travers l’opéra de Gounod, la Castafiore a-t-elle pour mission de délivrer un message crucial quant à l’avenir des peuples ? De même, faut-il voir en Dupond et Dupont un duo d’imbéciles… ou l’ombre d’une précellence perdue ? Le présent livre propose des clefs de lecture - et de décodage - répondant aux multiples interrogations que suscite l’oeuvre d’Hergé (« initié du Pélican d’Or » avec Edgar P. Jacobs).

 

Ainsi, quelle est cette « puissance occulte » gouvernant clandestinement finance et destinée des nations ? La Syldavie se voudrait-elle gardienne de « la plus longue mémoire » (qu’évoque Nietzsche) ? Sous couvert de science, l’expédition lunaire ne masque-t-elle pas un audacieux projet d’ordre spirituel ? Burlesque république bananière (du moins apparemment), le San Theodoros scellerait-il une alliance entre monde amérindien et mystère johannite ? Enfin, appelant bien d’autres questions, le château de Moulinsart, voué au visionnaire de l’Apocalypse par la société Angélique, doit-il être perçu comme un reflet du Pôle et, de la sorte, l’émanation du Centre suprême ?

 

 Sans doute, à un moment ou un autre de la lecture de cet essai, le lecteur se demandera s’il ne va pas un peu loin, si, vraiment, Hergé, pseudonyme de Georges Rémi, a voulu coder tant d’éléments traditionnels dans son œuvre désormais planétaire. Paul-Georges Sansonetti n’est pas le premier à mettre en évidence l’ésotérisme de Tintin mais il livre ici, en 500 pages, un ensemble très fouillé, rassemblant tellement d’indications concordantes qu’il valide l’hypothèse du « long chemin initiatique arpenté par Tintin » qui commence avec Les Cigares du Pharaon.

 

La modalité privilégiée de codage utilisée par Hergé semble bien être la guématrie, science traditionnelle sur laquelle il s’est appuyé pour développer un ensemble symbolique autour du thème essentiel du Pôle, entendu comme « focalisation spirituelle de la connaissance », qui évoque bien sûr le « Centre suprême » cher à René Guénon. La référence à la Tradition primordiale sur laquelle a tellement insisté et à juste titre René Guénon, sans être nécessairement toujours compris, est au cœur de l’étude de Paul-Georges Sansonetti, véritable quête du 111, un triple 1. Ce nombre, aussi important peut-être que le 515 de Dante, « résume à lui seul ce qu’il convient de nommer l’énigme du Pôle ». Nul ne sera surpris de commencer cette aventure par l’Ordre du Temple et la Société Angélique, deux sociétés qui s’inscrivent dans une lignée, tantôt en queste, tantôt gardienne, d’une tradition de l’Axis Mundi.

 

 Tintin, comme œuvre ésotérique, a pour l’auteur une fonction semblable aux grands écrits traditionnels, on pense aux écrits de Rabelais ou de Cervantès, véritables corpus. D’ailleurs, Tintin et Milou évoque pour lui, toujours en terme de fonctions initiatiques, Don Quichotte et Sancho Pança. On notera d’ailleurs, d’une manière générale que la question de la traversée du jeu duel, jusqu’à l’interrogation des gémellités, sens même de la queste, est mise en scène de manière récurrente au fil des albums.

 

 Le lecteur est rapidement emporté dans un tourbillon de symboles et de signes dont il devra toujours chercher l’œil, le centre immuable. En revisitant les célèbres albums, Paul-Georges Sansonetti l’invite à acquérir une science du symbole qui tend aujourd’hui à se perdre y compris dans les ordres initiatiques qui résistent difficilement à la quantité et à la mondanité.  L’ouvrage est non seulement une aventure passionnante pour les tintinophiles mais il regorge d’indices traditionnels, d’enseignements discrets et de pistes hermétistes qui en font une instruction traditionnelle subtile, parfois déconcertante, comme il se doit.

 

Hergé apparaît comme un fils d’Hermès : « Notre auteur et ses inspirateurs éventuels firent en sorte que rien de ce qui concernait les composantes essentielles de la Tradition primordiale ne soit ouvertement exposé aux lecteurs. Cependant, de par leur subtile et parfois fort savante occultation, ces composantes nécessitent, si l’on souhaite les voir apparaître, une extrême attention portée aux images.  Aux images, certes, mais aussi aux noms de personnages, de lieux et d’objets et c’est en cela que la guématrie se révèle incontournable ; notre étude n’a cessé de le montrer.

 

 Hergé et le cercle très fermé des personnes chargées de l’assister dans son travail s’appliquèrent à réaliser ce qu’il y a d’essentiel et disons même de vital pour un peuple : transmettre les données fondamentales permettant d’appréhender la Tradition primordiale et sa centralité polaire. On peut considérer comme véritablement extraordinaire le fait que la plus célèbre bande dessinée – d’où sa traduction dans des dizaines de langues – se fasse précisément la gardienne du secret des origines transmis en Occident, durant deux mille ans, par le Johannisme et les organisations qu’il devait générer.

 

 L’œuvre d’Hergé, redisons-le, s’inscrit indéniablement comme l’une des plus importantes de l’histoire du roman graphique et, sans doute, doit-on lui attribuer la première place d’un genre enfin reconnu par nos académiciens. Mais son rôle essentiel réside ailleurs : dans ce qu’elle contient de caché et qui, faisant directement référence aux travaux de René Guénon et d’autres exégètes de la Tradition, reconduit au Pôle en annonçant le retour d’un éclairement spirituel conférant jadis à des civilisations le sentiment souverain d’exister d’une façon tangentielle à l’éternité. »  

 

histoire de la magie

F. ribadeau dumas

Edition PRODUCTIONS DE PARIS

 1985

Par la magie, les choses cessent d’être ce qu’elles sont pour devenir ce que nous désirons qu’elles soient.


Le chapeau n’est plus vide si nous voulons qu’il en sorte un lapin : l’être que nous aimons n’est plus indifférent par la vertu de notre philtre ; celui que nous n’aimons pas souffre et meurt comme la poupée que nous torturons pour l’envoûter ; le plomb devient de l’or ; le Diable notre bonne, ou plutôt notre mauvais à tout faire ; la mort cesse d’être tout à fait la mort, l’avenir d’être tout à fait mystérieux.

La magie est donc partout. On pourrait en dire ce qu’un ethnologue, M. Jacques Soustelle, disait de la religion : qu’elle est un fait culturel aussi universel que le feu. Et surtout, elle jaillit de chacun d’entre nous, elle n’est disait Bergson « que l’extériorisation d’un désir dont le cœur est rempli ».

Quel est celui d’entre nous qui, un instant au moins, n’a rêvé d’être magicien ? De changer l’ordre du monde plutôt que ses désirs ? De détenir un pouvoir d’une espèce inconnue pour faire céder un esprit, un cœur, moins que cela, un regard ?

Aspiration universelle, l’aspiration magique ne se traduit ni par une religion, ni par une science. La magie est autoritaire, sa sœur la religion est humble.

- PRAGUE EN 1510, CENTRE DE MAGIE
Prague –Jean HUSS – l’Abbé Tritheim, l’abbé magicien de Wurtzbourg – La Kabbale en Allemagne – Johannès Faust de Kundligen – Grandes légendes héroïques traditionnelles – L’étonnant Cornelis Agrippa – Le Divin Théophraste Paracelse – Azoth – La leçon de Byzance – L’Allemagne.

- PREMIERES LEÇONS DE MAGIE
Invention de la Magie – Pythagore – Formulaires magiques de la Chaldée – La Perse – Athènes – Rome – Apollonius de Thiane – La Bible : Moïse – L’Arche d’Alliance – Les talismans – Saül, Samuel et David – Ézéchiel, Élisée, Salomon et le Temple – Magie de l’Égypte – Les Trois Rois Mages – Les Grands Maîtres : Albert-le-Grand – Roger Bacon – Raymond Lulle – La lumière vient de l’Orient – L’Illuminisme dans la Foi – Christophe Colomb – L’invention de l’Imprimerie – Les livres de Magie.

- LE GRAND ŒUVRE D’ALCHIMIE
Les douze clés de Basile Valentin – Matériel opératoire – Le Mystère des Sages – L’Homonculus – La loi d’Hermès Trismégiste – Les beaux voyages : L’Italie, Michel-Ange – Saint Thomas – Jean XXII – Paris, la Cathédrale – Nicolas Flamel – La montagne Sainte Geneviève – François Rabelais – Jeanne d’Arc et la mandragore – Gilles de Rais – Le Tarot et les Bohémiens.

- LA REFORME ET LA MAGIE
Fraternités : Templiers et Rose-Croix – Saint Jean – Saint Jacques – La Croix de Saint-André – Le Signe de la Rose – Albert Dürer – Les Réformateurs de Nuremberg – Luther – Le Dr Luther et le Dr Faust – Luther et le Diable – Faust devient manichéen – Saint Augustin et Faustus – La Gnose : Simon-le-Magicien – La Magie chez les Cathares.

- CONNAISSANCE DES ARTS MAGIQUES
Astrologie – Arts divinatoires – l’Évocation des Esprits – Grimoires, formules – Charmes - Envoûtements – Clés – Philtres – Miroirs – Anneaux – Étoiles – Robert Fludd – Incubes et Succubes – La Grande Opération – Magie Cérémonielle – Les Têtes Parlantes – Le Prince des Nécromants – Faust opère.

- LUCIFER, PRINCE DU MONDE
La Goétie – Ézéchiel – Satan – L’Ange Exterminateur – Saint Jérôme – Sainte Marguerite – La Sorcellerie – Le Maillet des Sorcières – L’Évocation diabolique – La Clavicule – Le Pacte – Abramelin-le-Mage, à Prague – Nombreux pactes diaboliques – Le Pacte Faustien.

- LE TEMPS DES PRODIGES
Faust et le défilé des diables – Le voyage aux Enfers – Se rendre invisible – Le Voyage dans les astres – Faust au couvent de Malbronn – La Cour de Charles-Quint – Mariage du fils du Prince de Bavière – Le Juif usurier – Le caveau d’Auerbach – Fleurs – Dramatique leçon – La Belle Hélène – Ingolstadt – Erfurt et le Franciscain – Authenticité des prodiges de Faust.

- SORCELLERIE AU XVIIEME SIECLE A LA COUR DU ROI SOLEIL
Les messes noires de 1666 – La Voisin – L’Abbé Mariette – L’Abbé Le Sage – L’Abbé Guibourg – Les trois messes noires de la marquise de Montespan – Maladies du roi Louis XIV – Junon triomphante – La Chambre Ardente – Condamnations – Bûchers – Les amulettes de l’Abbé Davot – Racine compromis – L’en voûtement de Blaise Pascal – Ashmole – L’histoire déplorable du magicien Abbé Gaufridy – Le Diable au couvent des Bénédictines de Madrid – Le Diable au couvent des Ursulines de Loudun et le curé Grandier – Le Diable à Louviers et les deux curés brûlés, le mort et le vif – Les Convulsionnaires de Saint Médard, sur la tombe du diacre Pâris – Les crucifiés et fouettés de Fareins – L’affaire des bergers de la Brie – Les soixante-dix lévitations de Saint Joseph de Cupertino.

- LA MAGIE SCIENTIFIQUE AU XVIIIEME SIECLE : DU MAGNETISME A L’HYPNOTISME
Antoine Mesmer à Paris – Le magnétisme animal – Fureur de l’Académie de Médecine – L’extraordinaire destinée du mage Cagliostro et ses séances d’hypnotisme – L’affaire du Collier de la Reine – Condamnation par le Saint Office – Du côté du Marquis de Sade – Magie à la Cour – L’affaire Cazotte – Le Comte de Saint Germain, ou magicien complet – Emmanuel Swedenborg, inventeur du Spiritisme – Martinès de Pasqually, spirite – Un magicien lyonnais : Claude de Saint-Martin, le « Philosophe inconnu » – Les Templiers de la Stricte Observance de Willermoz – Gœthe et Faust.

- MAGIE ET SPIRITISME DES TEMPS MODERNES
Magnétisme et Hypnotisme – Hystérie – Connaissance des Esprits par le Spiritisme – Les grands Magnétiseurs – William Crokes – Lombroso – Charles Richet – Durville – Spiritisme et médiums – Magie Cérémonielle d’Aujourd’hui – Rites de Papus, d’Éliphas Levi et d’Ambelain – Sectes Lucifériennes – La littérature Sataniste contemporaine : Huysmans et Léon Bloy – Le Satanisme du XIXème siècle dénoncé par Léo Taxil – Diana Vaughan – L’ordre de la Rose-Croix dans les Temps Modernes – Crowley – Vintras – Les Maîtres Mages du XXème siècle – Papus – Éliphas Lévi – Jules Boucher – Oswald Wirth.

 

HISTOIRE DES DOCTRINES ÉSOTÉRIQUES

Jean marques-riviḔre

Edition payot

 1950

Ce livre nous fait pénétrer dans l’univers ésotérique des grandes civilisations. Nous y trouvons les initiations égyptiennes, les mystères grecs, les Esséniens, la Kabbale juive, la Gnose, l’ésotérisme cathare, l’ésotérisme des Templiers, l’énigme des bohémiens, l’ésotérisme des Rose-Croix et les sociétés secrètes de la Renaissance.

 

Les rapports des peuples primitifs avec la divinité se présentent, en général, sous deux formes principales, selon que la divinité est conçue comme un être fini, voisin et parent de l'homme, ou comme un être infini, redoutable. A la première forme correspondent la religion simple, la mythologie épique avec son monde déterminé de dieux et de héros, les représentations anthropomorphiques, les rites précis, un état d'esprit calme ; à la deuxième la religion mystique, la conception plus ou moins panthéiste des dieux comme forces naturelles, les représentations allégoriques de leur passion, les attributs symboliques, l'exaltation de l'âme. Les Mystères ne sont donc pas un accident, mais une forme générale et nécessaire de la vie religieuse. Historiquement, ils se sont développés plus rapidement chez les peuples orientaux, phrygiens, lydiens, thraces et dans la race dite pélasgique que chez les peuples grecs, romains et germains primitifs : mais, même chez ces derniers, ils devaient nécessairement apparaître avec le développement de la pensée religieuse et philosophique.


Origines : Les Mystères ne sont donc ni d'anciennes incantations, analogues à celles des peuples sauvages, destinées, par exemple à Eleusis, à faire obtenir de bonnes récoltes ; ni d'anciens cultes locaux qui seraient devenus, à l'époque historique, l'apanage de familles sacerdotales et qui auraient imposé aux étrangers des formalités d'initiation.


La nécessité d'un enseignement préalable s'explique naturellement par le caractère de la religion à laquelle correspondent les Mystères. Comment s'expliquer l'obligation du secret, maintenue, par exemple à Eleusis, jusqu'à une époque où presque tous étaient initiés et où il n'y avait plus rien à cacher ? Est-ce parce que chaque ville avait ses dieux protecteurs, qu'elle devait cacher aux étrangers, qu'il fallait préserver de tout dégât, de tout enlèvement, et qu'ainsi beaucoup de temples ne s'ouvraient qu'une fois par an ou, en général, aux seuls prêtres parce qu'ils renfermaient des Palladia de ce genre ? Mais on a fait remarquer justement que ce genre de secret était plus exclusif que mystérieux, qu'il ne tenait qu'à des raisons politiques et qu'à l'époque historique tous les cultes auraient dû devenir mystérieux, puisqu'ils avaient tous eu, à l'époque primitive, ce caractère local et exclusif. Il ne faut pas attacher plus d'importance aux raisons locales ou fondées sur le caractère d'un culte qui excluaient du sanctuaire ou de certains actes religieux telle ou telle catégorie de personnes, par exemple du temple de Leukothéa à Chéronée les esclaves et les Etoliens, de celui d'Athéna sur l'Acropole d'Athènes les Doriens, de celui d'Héra à Argos et à Amorgos les étrangers. Nous rejetons également l'hypothèse que d'anciens cultes des Pélasges seraient devenus mystérieux parce que ces peuples vaincus et asservis auraient continué à les pratiquer en secret. L'hypothèse la plus probable est celle de Preller : l'obligation du secret découle de la sainteté même des rites. Le silence est nécessaire dans la cérémonie, comme marque d'attention ; il est encore nécessaire après la cérémonie, parce qu'on ne doit pas profaner les choses saintes en les répétant, en les imitant en dehors de l'initiation.


Ottfried Müller a démontré que c'était dans le culte des divinités chthoniennes et productrices, essentiellement pélasgiques, qu'avaient dû se développer le plus particulièrement et le plus tôt les rites mystiques. Mais il a tiré de ce principe juste des conséquences exagérées en considérant comme chthoniennes toutes les divinités pour lesquelles il y a eu des Mystères. Si Déméter et le Dionysos primitif, celui des plus anciennes fêtes triétériques, ont eu ce caractère, nous ne savons pas exactement quel était celui du Zeus crétois dont les Mystères passaient pour très anciens.


L'apparition des rites mystiques remonte probablement à une très haute antiquité, à l'époque même de l'établissement des tribus grecques dans la Grèce. Si l'époque homérique les passe presque entièrement sous silence, c'est sans doute parce que les rhapsodes ont compris que l'élément héroïque s'accommode mal de l'élément mystique ; d'ailleurs les rites de l'évocation des morts par Ulysse et les épithètes que porte Dionysos laissent voir que l'épopée suppose déjà les plus importants des dogmes et des mythes des Mystères.


Comme le montrent les Mystères de l'Asie Mineure et de la Phrygie, nés du fonds de traditions religieuses commun à ces peuples et aux Grecs, les cultes pélasgiques pouvaient spontanément donner naissance aux Mystères grecs. Mais cependant il faut faire ici une large part aux influences étrangères, mémo pour l'époque primitive. On a mis hors de doute l'influence de la Thrace pour les Mystères de Dionysos. Celle de l'Egypte pour Déméter est également certaine. C'est à tort qu'on a souvent rejeté sur ce point les assertions unanimes des auteurs grecs, en prétendant qu'ils avaient été trompés par des analogies superficielles, par les assertions mensongères, les rapprochements arbitraires des prêtres égyptiens. Les témoignages qu'on a sur la marine égyptienne pour la sixième dynastie, surtout pour Thoutmès III, sur l'existence d'un empire égyptien dans le bassin de la mer Egée du XVIIe au XIIIe siècle, les découvertes d'objets égyptiens dans la tombe dite de Minyas à Orchomène, dans celles de Mycènes, dans une nécropole d'Eleusis antérieure au VIIIe siècle, et surtout les découvertes récentes faites à Cnossos en Crète ont confirmé les textes classiques et prouvé que l'Egypte a été en rapports directs avec la Grèce au moins dès le XVIe siècle. Ce n'est donc pas sans raison que les Grecs ont assimilé Déméter et Dionysos avec Isis et Osiris. Isis et Déméter sont toutes les deux des déesses de l'agriculture et de la civilisation. Il y a une ressemblance étroite entre la mission de Triptolème et celle d'Osiris. Osiris est aussi, en Egypte, le roi des Enfers.

 

Nous savons, d'autre part, que la religion d'Isis avait, en Egypte, des représentations sacrées de l'histoire de la déesse, que ne connaissaient pas les profanes et que les initiés ne devaient pas révéler, et que l'initiation garantissait le bonheur dans l'autre monde. Certains rites grecs, la nécessité pour l'hiérophante d'avoir une voix juste, pour les mystes d'avoir une voix intelligible, l'obligation de ne révéler qu'aux initiés le nom véritable des dieux des Mystères paraissent également s'expliquer par des croyances égyptiennes.


On a répondu victorieusement à l'objection que chez les Egyptiens il y a le couple Isis et Osiris, tandis que chez les Grecs Osiris a disparu et n'a été remplacé que plus tard par Dionysos : le culte classique d'Eleusis a caché le culte plus ancien d'une divinité chthonienne, mâle et femelle, appelée «le dieu et la déesse» (o theos kai ê thea), qui figure sur une inscription du Ve siècle av. J.-C. à côté de Déméter, Coré, Triptolème et Eubouleus, sur des bas-reliefs où le dieu s'appelle Pluton ; elle a encore un prêtre à l'époque d'Hadrien, et le culte de Pluton a été restauré sous l'administration de l'orateur Lycurgue. Dans l'Attique, le dieu mâle, que le dieu des Enfers Aidoneus représente encore dans l'hymne homérique à Déméter, a été démembré de bonne heure en héros Triptolemos et Eubouleus, synonyme de Pluton, et la déesse s'est décomposée en deux déesses, Déméter et Coré, dont le rôle est devenu prépondérant. Nous constatons la même évolution dans les îles où le culte primitif s'est souvent mieux conservé. A Mykonos on trouve, d'une part, Zeus Chthonios et Gè Chthonia, de l'autre Déméter, Coré et Zeus Bouleus ; à Paros, où Hérodote appelle Déméter une divinité chthonienne, on trouve Déméter, Coré, Zeus Eubouleus. Amorgos, Délos, Cnide possèdent la même triade ; à Hermione et Asiné, la vieille divinité tellurique dont on célèbre encore très tard la fête, les chthonia, a formé aussi une Déméter Chthonia, une Coré et un dieu infernal, Clymenos.


A quel moment la divinité primitive a-t-elle subi la transformation et les dédoublements qu'on vient de voir et reçu la légende de Déméter et de Coré ? On peut remonter jusqu'à l'époque probable de la fondation des colonies ioniennes de l'Asie Mineure et de l'Archipel, jusqu'au XIe siècle. C'est vraisemblablement par les fondateurs de ces colonies que la triade dite éleusinienne, de Déméter, de Coré et de Zeus Eubouleus, a été importée dans les Cyclades, et ailleurs, ainsi à Ephèse et à Milet. Elle s'est propagée rapidement aussi dans les autres parties du monde grec. Eleusis parait tirer son nom d'une épithète de la divinité, enêlusiê, eileithuia, qui rappelle son séjour légendaire dans beaucoup de localités. Déméter avait le surnom d'Eleusinie dans plusieurs endroits de la Laconie, de la Béotie, de l'Arcadie, et on ne peut admettre que cette épithète soit venue partout d'Eleusis ; il y avait le mois Eleusinios à Théra et à Olus en Crète ; en Béotie, près du lac Copaïs, il y avait eu une Eleusis disparue ; une inscription archaïque de Laconie mentionne le concours des Eleuhynia. Beaucoup de Mystères, par exemple ceux de Despoina dans l'Arcadie, paraissent aussi anciens que ceux d'Eleusis.


L'influence de l'Egypte sur les Mystères de Déméter parait donc incontestable. Mais peut-être y a-t-il eu aussi l'influence simultanée des Mystères béotiens de Dionysos. Les plus anciennes fêtes de Dionysos, du dieu de la végétation, les Triétériques du Cithéron et du Parnasse, les Aiôleiai d'Orchomène avaient en effet aussi un caractère mystérieux par l'exclusion des hommes, l'inspiration divine, les rites purificatoires, les initiations. Euripide, dans les Bacchantes, y voit de vrais Mystères soumis à la loi du secret.


Pendant cette période, le caractère agraire domine encore dans les fêtes de ces divinités chthoniennes transformées. Ce sont les Haloa, les Chloia, les Kalamaia, et en général les Thesmophoria. Les Haloa ont gardé jusqu'à la fin le caractère de Mystères, avec une initiation accessible aux femmes seules, un échange d'apostrophes grossières, la représentation des organes des deux sexes, l'interdiction d'un certain nombre d'aliments, tels que la grenade, la pomme, les oiseaux de bassecour, les œufs, le rouget, le squale. Il en est de même des Thesmophories : partout elles sont célébrées exclusivement par les femmes, de naissance civique, mariées légalement et qui doivent s'abstenir de rapports charnels pendant la fête et sans doute quelque temps auparavant. Elles comportent certainement une initiation ; c'est attesté pour Smyrne, pour Mykonos, et plusieurs textes appellent cette fête de l'Attique les Mystères d'Halimus ; à Athènes, la direction, le droit de sacrifier et d'initier appartient à la prêtresse de Déméter. Ces Mystères n'ont pas encore de rapport avec la vie future ; ils n'expriment symboliquement que la fécondité universelle.


Il est probable que les Mystères des Grands Dieux ont eu la même origine et le même développement. C'est sur le culte d'une divinité pélasgique et chthonienne antérieure que s'est greffé partout, à Samothrace, à Délos, à Imbros, à Lemnos, à Thèbes, à Andania, le culte des Cabires phéniciens devenus les Grands Dieux. A Samothrace, la déesse femelle s'est décomposée en deux déesses, Axieros, Axiokersa (Déméter, Coré), et les dieux mâles les Cabires ont été assimilés à d'autres dieux d'origine pélasgique, Axiokersos à Zeus, Hadès ou Hephaistos, plus tard à Dionysos, et Casmilos à Hermès, plus tard à Dionysos jeune. Nous ne savons rien de précis sur Délos, ni sur Imbros où la vieille divinité était sans doute Hermès Imbramos. A Lemnos c'est à Héphaïstos, le dieu chthonien du feu, qu'avait été assimilé le principal Cabire, et ce sont probablement les Mystères d'Héphaïstos qui ont subsisté sous le nom de Mystères des Grands Dieux. A Thèbes, les Mystères des Cabires remonteraient, d'après Pausanias, à une très haute antiquité ; mais la partie la plus ancienne du Cabirion qu'on a retrouvé ne paraît pas antérieure au VIe ou au Ve siècle av. J.-C., et l'existence de deux fosses à sacrifices prouve qu'ici encore le culte des Cabires s'était ajouté à un vieux culte chthonien ; le Cabire principal fut identifié avec Dionysos et le Cabire secondaire avec un Dionysos jeune, car une coupe représente le premier avec les traits de Dionysos et le second comme un enfant jouant.

 

Nous savons d'autre part que Déméter Kabeiria et Coré avaient un temple voisin du Cabirion ; elles avaient donc été associées au culte des Cabires, plus tôt que ne le dit la légende rapportée par Pausanias, et c'est probablement dans leur temple qu'avaient lieu les Mystères ; le Cabirion n'était qu'un temple secondaire. A Andania nous ne savons pas exactement quels étaient les dieux des Mystères ; Pausanias donne Déméter et Coré (Hagna) ; l'inscription ne cite que les Grands Dieux auxquels sont associés plusieurs dieux et déesses qui reçoivent des sacrifices au moment de la fête, Déméter, Apollon Carneios, Hermès, Hagna, la nymphe de la source. Les vrais dieux des Mystères paraissent donc être les Grands Dieux ; cependant le rôle que jouent des figurantes dans la représentation sacrée nous fait croire que Déméter y avait sa place. Nous trouvons donc probablement ici encore une triade mystique composée de Déméter et des Cabires, dont le culte a continué un ancien culte chthonien.

 

histoire des sociÉtÉs secrÈtes politiques et religieuses

Pierre zaRcone

Edition Jean de Bonnot

 1995

On y trouve la Franc-maçonnerie, les rose-croix et beaucoup de courants religieux ou philosophiques qui se sont transformés en sociétés secrètes. Peindre l'Orient islamique et ses mystères : fakirs, derviches tourneurs et marabouts (XVIème-XXème siècle)» c’est ce que fait avec talent Mr Thierry Zarcone

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Les premiers voyageurs européens qui visitent l’Empire ottoman, de Constantinople au Caire, sont fascinés par plusieurs aspects de la vie musulmane, et principalement par une classe particulière de religieux que l’on peut apparenter aux moines chrétiens ou aux pénitents. Ces derniers sont connus sous les noms de « derviches » ou « soufis », également de fakir (misérable) ou marabout en Afrique du nord. Graveurs, illustrateurs et peintres n’ont cessé de représenter ces religieux, imités ensuite, à partir du XIXe siècle, par les photographes. Les artistes ont surtout voulu montrer les mortifications extrêmes (transpercements entre autres) des soufis errants, les danses harmonieuses des « derviches tourneurs » et les rituels endiablés des « derviches hurleurs ». Les cérémonies des derviches tourneurs et hurleurs sont, au XIXe et au XXe siècle, parmi les principales attractions d’Istanbul : elles sont décrites, par exemple, par Christian Andersen, Théophile Gauthier et Gérard de Nerval.


Historien, et anthropologue des religions, Thierry Zarcone est actuellement directeur de recherches au CNRS, Groupe Sociétés Religions Laïcité, rattaché à l'École Pratique des Hautes Etudes (Sorbonne). Il a vécu neuf ans en Turquie et deux ans en Asie centrale pour l’apprentissage de langues orientales et pour ses recherches. De 2005 à 2008, Il a été professeur invité à l’Université de Kyoto et à l’Université de Fribourg. Spécialiste de l'histoire intellectuelle et religieuse de la Turquie, de l’Asie centrale et du Turkestan chinois, il s’est tout particulièrement intéressé aux confréries soufies, au croisement de l’islam et du chamanisme en Asie centrale et à l’islam politique en Turquie. Ses ouvrages portent aussi sur l’histoire des intellectuels musulmans et des sociétés secrètes. Il enseigne à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Paris) et à l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence

 

histoire secrÈtes des ocÉans

Robert de la CROIX

Edition  R. LAFFOND

 1978

Cette histoire des océans est un reportage des régions mystérieuses de l’univers marin. Du triangle des Bermudes, aux grandes Abysses tous les océans sont peuplés de légendes, de mythes, de naufrages, de disparitions et d’animaux étranges autant que monstrueux. L'océan est le théâtre de l'étrange, de l'insolite, du mystère. Des mers du Sud aux glaces polaires, sur les eaux calmes, comme dans l'écume des tempêtes, se déroulent des événements qui dépassent notre imagination et notre entendement. Des épaves se donnent de mystérieux rendez-vous. Un paquebot s'évanouit après avoir lancé un incompréhensible message. Dans une chaloupe à la dérive, des matelots balbutient de troublants récits d'outre-naufrage.

 

Des navires inconnus surgissent de la brume, vides d'équipages. Des capitaines hallucinés voient naviguer des coques depuis longtemps englouties. Des gardiens de phare, des occupants d'un voilier disparaissent sans trace. Des naufragés survivent quatre semaines dans la mâture de leur navire, se réfugient sur un glaçon, quêtent d'île en île un miraculeux salut ou perdent le souvenir de leurs vies passées, de leurs personnalités et jusqu'à la parole.

Les monstres marins et les créatures mythologiques liés à l’eau sont nombreuses et font souvent partie prenante des légendes grecques, celtes, africaines… Les plus connues viennent des mers ou des océans comme par exemple les Sirènes, l’Hippocampe, le Kraken…Mais on trouve également des créatures fantastiques hors des océans : dans les rivières, dans les lacs, les fontaines comme par exemple les Nymphes ou les Urisks. Cet article n’est pas exhaustif (loin s’en faut!), mais il devrait vous faire découvrir certaines de ces créatures  et peut-être vous donner envie de vous renseigner sur leur histoire

 

Les Atlantes habitent Atlantis. Atlantis était un continent situé dans l’Atlantique Nord. Les Atlantes le peuplaient depuis 20 000 av. JC. Mais il fut submergé 500 ans après le règne du Roi Kuli lors du « Grand Cataclysme ». Il y a environ 8 000 ans, un groupe de nomades Homo Mermanus découvrit les ruines de la capitale, également appelée Atlantis, et la rebâtit pour y fonder une société sédentaire. Les Atlantes actuels sont de couleur bleuâtre avec des branchies leur permettant de respirer sous l’eau. Leur mythologie raconte que c’est Poséidon qui a transformé une tribu de ses adorateurs en êtres amphibies.

 

Béhémoth est une créature mentionnée dans le Livre de Job, Le Béhémoth est présenté dans le Livre de Job comme la Bête, la force animale que l’homme ne peut domestiquer. Dans la religion juive, il est le symbole du démon et du mal. Son apparence est imprécise, les uns en font un taureau énorme, les autres un hippopotame ou un rhinocéros. L’origine mythique du Béhémoth, comme celle du Léviathan, autre monstre de la création originelle, pourrait se trouver dans les légendes babyloniennes où ils représentent les deux monstres marins primordiaux du chaos originel, respectivement nommés Apsû et Tiamat. Le Béhémoth perdra, au seuil de l’ère chrétienne, ses attributs marins et deviendra un monstre terrestre.

 

Le cheval ondin, ou kelpie est un cheval mythologique des légendes écossaises vivant dans les zones marécageuses. Il est représenté comme un beau cheval blanc se laissant facilement approché. Grâce à sa beauté surnaturelle et à son apparente gentillesse, il attire les humains dans l’eau, les poussant à leur perte : les kelpies mangent les hommes. On peut reconnaître un kelpie d’un cheval normal grâce à une petite partie manquante, comme un bout d’oreille. Des légendes racontent qu’il est possible de conserver un kelpie en lui mettant un licol en écorce de bouleau et, sans lui donner à boire. Il ne faut jamais monter un kelpie dans l’eau car le cavalier serait entrainé au fond et mangé. Ce cheval se retrouve dans toutes les légendes du nord de l’Europe sous différents noms : Cheval ondin en France, Kelpie en Ecosse et Irlande, Nuggle dans les îles Orkney, Shoopiltee dans les îles Shetland, Bäckahästen en Suède, Nøkken en Norvège, Nixe en Allemagne. Dans la majorité des cas, cette créature mythique peut se révéler sous d’autres formes : un humain ou un cheval à queue de poisson.

 

Le eachuisge, créature de mer et marais la plus dangereuse provient de la mythologie écossaise. Il se transforme soit en humain, soit en cheval (parfois en poney) et attire ses victimes près de l’eau. Il est inoffensif sur terre. Il attire par sa beauté gracieuse, il vous attrape et vous emmène vers les fonds marins pour vous dévorer complètement, à part le foie. Il est doublement plus dangereux et féroce que le Kelpie. Sa peau possède la faculté d’être très collante : dès qu’on le touche, il est trop tard. Sous forme humaine, il n’est reconnu que grâce aux plantes aquatiques dans ses cheveux. Il se nomme « Aughisky » en Irlande.

 

L’Écosse recèle de nombreuses créatures. Le Coquillard est un bogou écossais qui hante les torrents d’eau douce. Les coquillages qui le recouvrent s’entrechoquent à chacun de ses mouvements. Son plaisir est de jouer des tours aux voyageurs, de les troubler et de les égarer. La Glésine est un esprit aquatique, chèvre d’un côté, femme et séduisante de l’autre. Elle tente de cacher ses attributs caprins sous une ample robe. La Glésine entraîne les hommes à danser avec elle puis se nourrit de leur sang comme un vampire. Elle a la perversité caractéristique des fées, car elle peut aussi se montrer bienveillante et prendre soin des enfants et des personnes âgées avec douceur.

 

L’hippocampe ou « cheval marin » est, dans la mythologie grecque, une créature fantastique dont la partie antérieure est celle d’un cheval, soit la tête, l’encolure et les deux jambes antérieures, et la partie postérieure celle d’un poisson, d’un serpent, ou d’un monstre marin. Décrits comme les chevaux de la mer, où ils vivent habituellement, deux ou quatre d’entre eux tiraient le char de Poséidon et d’autres servaient de monture aux autres divinités marines, comme les tritons et les néréides. Ils sont assez souvent représentés sur les objets d’art de la période antique comme les mosaïques et les poteries en relation avec le milieu aquatique. Ils y ont généralement une longue queue couverte d’écailles vertes et des nageoires de poisson. Comme de nombreuses autres créatures mythologiques, la figure des hippocampes a été reprise en héraldique et dans quelques œuvres modernes.

 

Dans la mythologie de la Grèce antique, l’hydre est une redoutable créature qui habitait les royaumes aquatiques et les marais. Elle possédait un corps de chien et entre 5 et 1000 têtes. Encore une fois, la tête centrale est immortelle et faite en partie d’or. Ces têtes se régénéraient doublement lorsqu’elles étaient tranchées. De plus, l’haleine soufflée par les multiples gueules exhalait un poison radical, même durant le sommeil de l’animal. Le monstre ravageait le bétail et saccageait les récoltes… Tuer l’Hydre de Lerne fut un des douze travaux d’Héraclès (Hercule).

 

L’Ichthyocentaure, est un animal à ne pas confondre avec l’Hippocampe, ni le triton. Il est appelé aussi Centaure-Poisson ou Centaure-Triton. C’est un centaure des mers : une créature au corps de cheval, avec un buste et une tête d’homme, et une queue de poisson. Il existe deux centaures des mers connus : Bythos (mer profonde) et Aphros (écume). Ce sont des demi-frères du centaure Kheiron. Aphros pourrait être le père d’Aphrodite.


Telles sont les Histoires extraordinaires de la mer: la surprenante épopée de l'homme face au mystère marin. Pour reconstituer cette épopée, Robert de la Croix a utilisé archives françaises et étrangères, journaux de bord, témoignages - une documentation solide, qui était le récit vivant et évocateur de ces passionnantes énigmes vraies

 

HISTORIA  OCCULTAE,

DOMINIQUE  DUBOIS

EDITION DE L’ŒIL DU  SPHINX

 2008-2009

Le No 1 de cette revue des sciences ésotériques est sorti en juillet 2008, un seul numéro par an, mais très fourni. Cette revue parle et détaille les vies et enseignements de grands maîtres spirituels, d’occultistes, de grandes figures ésotériques et divers mouvements qui ont façonnés l’histoire religieuse, métaphysique, occulte et ésotérique de notre temps.

 

Sommaire Du No 1 de juillet 2008 :

 

Stanislas de Guaita, Théoricien et praticien de l’occulte.

L’Ordre Kabbalistique de la Rose+Croix

Les Illuminés et le Prieuré de Sion

Petit aperçu global sur les Illuminés et Pierre Zarcone

Les Illuminés en 1862 par Pierre Zarcone

Les manuscrits codés de la Golden Dawn

La Kabbale de Languedoc

Robert Ambelain (1907-1997), l’occultiste et le défenseur de la tradition

Les charmes et les enchantements (extrait des minutes mystérieuses d’Ambelain)

La Duchesse de Pomar et l’Ordre de l’Etoile

Fulcanelli et le postfacier, Histoire des monuments

Les chroniques d’Historia Occultae

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Sommaire du No 2  de juillet 2009.

Un savant très célèbre mais un alchimiste méconnu : Robert Boyle

L’Hermétiste Lima de Freitas, Traditions et avant-gardes

Un adepte méconnu : Cagliostro

Les librairies anciennes et leurs grimoires

La tradition martinésienne en 1936

La tradition martinézienne

Paroles pour Jacques Bergier

Grasset d’Orcet, des mots et merveilles

De l’Héritage de Claude-Sostène Grasset d’Orcet et de l’abbé Boudet à G. Perec

Ce que l’on sait des liens ayant existé entre Boudet et Saunière

Les Chroniques d’Historia Ocultae. Who is who ?

 

HISTORIA  OCCULTAE   N° 3  et N° 4

DOMINIQUE  DUBOIS

LES ÉDITIONS DE L’ŒIL DU SPHINX

 2010-2011

Le N° 3  (Juillet 2010) de cette revue annuelle consacrée aux sciences ésotériques, développe les articles et auteurs suivants :

 

Le groupe de Thèbes. Ombres et Lumières, par Rémi Boyer qui fut un des fondateurs de ce groupe en juin 1990, avec des ésotéristes tel que J.P Giudicelli de Cressac Bachelerie (Auteur de la rose rouge et la croix d’or), Robert Amadou, Massimo Intovigne, Christian Bouchet, Paolo Fogagnolo, J.M d’Ansembourg et d’autres. Ce groupe rassembla des responsables d’organisations initiatiques occidentales, des universitaires et des spécialistes de disciplines traditionnelles. Ce groupe ne dura que 3 ans (certains égo ne supportant pas d’être dans l’ombre) mais durant ce temps, le groupe tissa un relationnel en Europe et plus loin, parmi des hermétistes, des ésotéristes et des cherchants.

 

De Umbra Ambelanii. Le Très Haut Lunaire. Par Saltus Vadens. Cette organisation commence à exister vers 1880/1890, avec une forme maçonnique pendant 20 ans, puis dévia vers une forme de satanisme religieux. R. Ambelain fut un des rares à en parler puisqu’il l’approcha de très près, Maurice Magre également, la liste est longue de ceux qui de près ou de loin furent curieux de cette organisation très secrète.

 

Art, Révolte et Initiation à la Belle Epoque. L’Exemple d’Ivan Agueli. Par Denis Andro. En 1911 dans le milieu de la revue La Gnose, qui se réunit à Paris, René Guénon est rattaché ainsi que son ami Léon Champrenaud, à l’Islam soufi par le peintre et auteur suédois Ivan Agueli. Sur les traces de ceux-ci, Frithjof Schuon et Michel Valsan les suivront. Ils vont pour la plupart se retrouver dans l’Eglise Gnostique Universelle, de là il va lancer la revue La Gnose.

A cette époque 1890-1914 tout le monde ésotériste, alchimiste, hermétiste, occultiste, se retrouve ensemble dans de très nombreuses sociétés complexes se voulant plus ou moins secrètes, mais toutes se disent spiritualistes et initiatrices. Le bouddhisme fait son apparition, la théosophie avec Mde Blavatsky, le catharisme ressurgit, les templiers, les mouvements anarchistes, la Golden Dawn, le Martinisme, la Rose+Croix, et des myriades de groupuscules poussent comme des champignons.

 

La Mémoire Templière. Par Daniel Castille. Rappel de l’organisation templière pour la défense du Saint Sépulcre.

Les Puritains : De la Religion à la Sorcellerie. Par Jacky Ferjault. Aux USA, la sorcellerie apparaît sans aucun doute en 1692 à Salem chez le pasteur Samuel Parris. C’est cette histoire et ses conséquences qui nous sont raconté.

Entrevue avec Serge Caillet. Serge Caillet a développé ce qu’il appelle la Franc-Maçonnerie de marge et qu’il raconte ici. Avec Robert Ambelain, le martinisme et Robert Amadou qui enseignait  la Gnose, et qui répondait lorsqu’on lui demandait : Qu’est-ce que la Gnose : C’est la foi illuminée, c’est la sagesse, c’est la science des êtres, la connaissance des êtres, c’est la connaissance parfaite qui s’acquiert dans l’Amour de Dieu et des créatures, des êtres qui peuplent la nature et de la Nature elle-même.

Emma Calvé et François Béranger Saunière. Mythe ou Réalité ?  par Ph. Martin.

Réflexions sur le mystère Otto Rahn. Par Philippe Martin.

Une Théosophie Blavatskienne dans le Monde profane. Par Dominique Dubois

En se souvenant du Professeur Rémy Chauvin (1913-2009) par Yves Lignon

Acupuncture, Médecine de l’Âme ? Une Physiologie occulte. Par J.P. Guignette

Je suis proche des origines de la Terre. Par Homa Sayar

Roger Caro, un Alchimiste du XXe siècle. Par Arnaud de l’Estoile. Roger Caro (1911-1992), fut un grand alchimiste, il créa plusieurs sociétés initiatiques, de Rose+Croix, de sanctuaires d’études et d’Eglise de la nouvelle Alliance. Ce mélange lui vaudra quelques critiques et tracasseries mais son œuvre de poète et d’alchimiste reste.

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N° 4 (Novembre 2011) Ce N° comporte les articles suivants: 

Gustav Meyrink et l'occultisme par Beatrice Descamps

Thème succinct de Gustav Meyrink par les degrés Monomères par Deneb Adige

Edgar Allan Poe: La beauté, la raison, le mystère et l'esprit par Jean Hautepierre

Sébastianisme; par Maria Luisa Martins da Cunha

Les mainteneurs du parler d'Oc dans les annales de l'occultisme et de l'ésotérisme des XIXème et XXe siècles par  Dominique Dubois

Howard Philips Lovecraft l'incrédule par Jacky Ferjault

Le sang du Bibliothécaire par Philippe Marlin

Femme, Muse, initiatrice. Introduction à une métaphysique

du sexe par Remi Boyer

Perception surnaturelle et extase. Le vécu d'un pèlerin de l'absolu par Kounga Tséring

Les Cathares par Daniel Castille

Les lettres de Louis Dramard à Camille Lemaître

Un aspect de l'histoire théosophique en France par Denis Andro

La pierre philosophale par Homa Sayar

De la lumière ambelinienne, en vue de la défense d'un homme

et d'un groupe par Brice Michel

Le mystère Fulcanelli est-il résolu? par Serge Caillet

A propos du livre d'Arnaud de l'Estoile par Gérard Galtier

Suit une chronique d’ouvrages et des dates de colloques. 

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Le N° 5  de la revue Historia Occultae  de Janvier  2014, comporte le sommaire suivant :

Aspects corporels de l’Initiation  par  Emmanuel Thibault

Rituel d’adoption  par  Octonovo

Franc-maçonnerie russe  par Octonovo

Un poète initié : Charles Duits

Biographie et entretien sur Charles Duits  par Juste Duits

Camoes, Carvalho Monteiro et Pessoa ; trois esprits vivants, trois œuvres et trois arts de l’imaginal  par Rémi Boyer

Le mythe du grand Monarque  par  Geneviève Béduneau

Les convulsionnaires  par Daniel Castille

Mission dans les Ardennes mystérieuses  par  Jean Claude Rossignol

Lectures initiatiques  par Rémi Boyer et Geneviève Béduneau

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Sommaire du N° 6  -  Février  2015 : Il comporte les articles et auteurs suivants :

 

Aperçus sur le symbolisme du miroir par Christian de Caluwe

Le principe de la visualisation par Emmanuel Thibault

Brother Philip et Sister Thedra : Extraterrestres, apocalypses, théosophie et Montagnes sacrées par Véronique Campion-Vincent

Le vrai visage de Franz Hartmann  par Dominique Dubois

Armand Toussaint, un homme hors du torrent  par Rémy Boyer

Le symbolisme des mois de l’année par Christian de Caluwe

L’ésotérisme nazi au cœur de la Normandie  par Franck Buleux

L’occulte, le merveilleux et le fabuleux chez les bergers  par Tony Goupil

Le Graal de Chrétien de Troyes à nos jours,  par Geneviève Béduneau

Note sur la vie et l’oeuvre d’Henri de Guillebert des Essars  par Emmanuel Kreis

La notion de Vital au XXIe siècle  par Emmanuel Thibault

Les archives de Murmures d’Irem : la pyramide de Falicon  par Jérémy Bérenger

Manuscrits sulfureux  par Philippe Marlin

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Sommaire du N° 7  -   Avril  2016 :

 

Franz Friedrich-Anton Messmer et l’experience magnétique   par Claude Arz

Takiwasi, un cas type de pratique rituelle néochamaniste  par Emmanuel Thibault   -  

Le Portugal et la découverte de l’au-delà de l’histoire   par Antonio Telmo

Ecce Homo  par Christian de Caluwe

Ecce Homo par Louis Claude de Saint Martin

La notion de lien trans-personnel comme base sociétale, l’essence de la démocratie détectée dans le corps humain  par Emmanuel Thibault  -

Les écrivains de la Golden Dawn  par Lauric Guillaud

La diagonale du prophète ou les vies rêvées de Jean-Chales Pichon   par Jean-Christophe Pinchon  -

Le sens initiatique du mythe d’Œdipe et l’accession à la fonction royale  par Christian de Caluwe  -

Occultisme et ésotérisme en Russie de l’âge d’argent à la fin de la terreur stalinnienne   par Christian Bouchet

Science et ésotérisme, l’exemple de l’éther  par Geneviève Béduneau  -

Yiking, première physique quantique des transformations ?  par Pascal Pastor   -    Vox Bogomili : la voix des bogomiles   par Alain Vuillemain  -                                                                                       

9 I 

initiation aux secrets de la magie

 Israël regardie

Edition AMARANDE

 1991

À la lumière des quelques connaissances et du peu d’expérience accumulées au fil de plusieurs années, ce qui m’a alors frappé le plus fortement, c’est l’extraordinaire similitude – voire l’unité fondamentale – des conceptions les plus élevées et les plus essentielles de la Magie en Orient et en Occident. Cette tradition a toujours été si jalousement gardée que la plupart des gens en ignoraient l’existence.

 

Rares ceux qui ont eu la chance à une époque ou à une autre d’être entraînés comme par d’invisibles courants d’affinité spirituelle vers les portails cachés de ses temples. Parfois quelques éléments de cette tradition enfouie filtraient au dehors et se frayaient un chemin jusque dans les livres. Parmi ces derniers figurent les œuvres de Iamblichus et des néoplatoniciens plus tardifs, ainsi que celles de certains disciples tels que Corneliux Agrippa, Pietro d’Abano ou Éliphas Levi. On en retrouve les éléments les plus populaires dans les clavicules, les grimoires et la goétie.

 

Cependant, la plus grande partie de l’enseignement et les vastes implications de son contenu pratique furent gardés absolument secrets. La raison en est sans doute le sentiment que, quels que soient l’époque, le pays ou les hommes, rares sont ceux susceptibles d’apprécier ou de comprendre les aspects les plus profonds et les plus sublimes de la Théurgie, le plus haut degré de la Magie.


Y est expliqué : l’art de la magie, sa signification, les guérisons, la magie en Orient et en Occident, la kabbale et l’arbre de vie, les nombres, la méditation, les centres mentaux et spirituels.

 

introduction à l’ÉsotÉrisme – ÉsotÉrisme & christianisme

Nelly emont

Edition DROGUET & ARDANT

 1991

Le « retour du religieux » annoncé par André Malraux pour cette fin de siècle, se manifeste sous des formes multiples, parfois déconcertantes : ésotérismes, voies de méditation, écoles initiatiques, nouveaux mouvements religieux, techniques de Développement du potentiel humain et de communication avec l’au-delà, nouvelles thérapies et nouvelles sagesses, questionnement sur le sens.

Ce surgissement multiforme traduit une recherche de spiritualité par les hommes de notre temps, de clés pour un mieux-vivre et pour l’émergence d’une nouvelle conscience. Encore faut-il disposer de points de repère solides pour s’orienter en ce Nouvel Âge à l’aube de l’Ère du Verseau. Tel est le propos de la collection dans laquelle se situe le présent ouvrage consacré à l’une des formes d’approche du réel des plus traditionnelles : l’ésotérisme.

Celui-ci ne fait pas l’objet, auprès du grand public, de nombreuses approches critiques. Entre l’exaltation des uns et la méfiance des autres, le véritable débat est oublie. Or l’ésotérisme correspond d’abord à un choix, philosophique et théologique, étayé ensuite par de multiples constructions. Face à ce choix, il est des clés de compréhension. Ce livre en propose quelques-unes, indispensables afin que soit préservée la liberté de l’engagement que toute orientation suppose. Après des études supérieures de lettres qui l’ont orientée vers l’occultisme de la fin du XIXème siècle, Nelly Emont s’est tournée vers la théologie afin de pouvoir sereinement évoquer les problèmes soulevés par l’ésotérisme.

L'une des définitions les plus inadéquates de l'ésotérisme est qu'il concerne ce qui est caché et ce qui, même soupçonné, demeure encore inconnu. On pourrait en déduire que l'ésotériste est celui qui cherche à pénétrer certain domaine secret où l'étudiant ordinaire n'a pas le droit d'entrer. Et si ce n'était que cela, alors tous les savants et tous les mystiques approcheraient le monde de l'ésotérisme et des réalités cachées munis d'un type mental et émotionnel adéquat. Cela, n'est pas tout à fait exact. Le mystique n'est jamais un vrai ésotériste, car il ne s'occupe pas, dans sa conscience, d'énergies et de forces, mais d'un vague «quelque chose d'autre» (appelé Dieu, le Christ, le Bien-aimé) et donc, en réalité, de ce qui satisfait la soif de son âme. Le savant qui, maintenant, pénètre si rapidement le monde des forces, des énergies, et en traite, est en réalité un véritable ésotériste - même si, dans son effort pour les maîtriser, il nie leur source. Cette négation est relativement de peu d'importance ; plus tard, il reconnaîtra la source dont elles émanent.

 

L'approche de base, pour tous ceux qui s'efforcent de saisir l'ésotérisme ou de l'enseigner, est de mettre l'accent sur le monde des énergies et de reconnaître que, derrière tous les événements du monde des phénomènes (par là je désigne les trois mondes de l'évolution humaine), il existe un monde d'énergies extrêmement diverses et complexes, mais qui toutes, se meuvent et fonctionnent selon la Loi de Cause à Effet. Il est donc à peine nécessaire que j'indique la nature très pratique de cette définition, son applicabilité à la vie de l'aspirant, à la vie de la communauté, aux affaires mondiales, ou aux niveaux immédiats des énergies spirituelles expérimentales qui cherchent constamment l'impact ou le contact du monde des phénomènes. Elles le font, sous une direction spirituelle, afin de mettre en œuvre le Plan. La déclaration ci-dessus est d'importance fondamentale, elle contient implicitement toutes les autres définitions ; c'est la première vérité importante concernant l'ésotérisme, qui doit être apprise et appliquée, par chaque étudiant, au mystère et à l'universalité de ce qui fait mouvoir les mondes et sous-tend le processus de l'évolution.

La première tâche de l'ésotériste est de comprendre la nature des énergies qui cherchent à le conditionner et qui aboutissent à l'expression sur le plan physique de son véhicule de manifestation, par l'intermédiaire des moyens dont il est équipé. L'étudiant de l'ésotérisme doit donc saisir : Qu'il est un agrégat de forces héritées et façonnées par ce qu'il a été, auquel s'ajoute une grande force antagoniste qui n'est pas un principe et que nous appelons le corps physique. Qu'il est sensible à certaines énergies inconnues de lui et inutilisables par lui, et dont il devrait prendre conscience de plus en plus s'il veut pénétrer plus profondément dans le monde des forces cachées. Il peut s'agir d'énergies qui, pour lui, seraient mauvaises et qu'il lui faut discerner et rejeter ; ou d'autres qu'il doit apprendre à utiliser, car elles se révéleraient bénéfiques, accroîtraient sa connaissance, et devraient être considérées comme bonnes. Cependant, gardez bien à l'esprit que les énergies en soi, ne sont ni bonnes ni mauvaises.

L'ésotériste en cours d'entraînement doit donc :

Prendre conscience de la nature des forces qui constituent les moyens de sa personnalité, forces qu'il a lui-même amenées magnétiquement à l'expression dans les trois mondes. Elles forment une combinaison de forces actives. Il doit apprendre à distinguer l'énergie strictement physique, qui réagit automatiquement à d'autres énergies intérieures, de celles qui émanent des niveaux de conscience émotionnels et mentaux ; ces dernières se focalisent dans le corps éthérique qui, à son tour, provoque certaines activités de son véhicule physique, en le motivant et en le galvanisant. Devenir sensible aux énergies déterminantes de l'âme, émanant des niveaux mentaux supérieurs qui cherchent à maîtriser les forces de l'homme triple quand un point précis d'évolution est atteint.

Reconnaître les énergies qui conditionnent son entourage, les envisageant non comme des événements ou des circonstances, mais comme de l'énergie en action apprenant de cette façon, à pénétrer derrière la scène des événements extérieurs, dans le monde des énergies, y recherchant le contact et les qualifications pour certaines activités. Il réussira ainsi à entrer dans le monde des causes. Les événements, les circonstances et les phénomènes physiques de toutes sortes sont simplement des symboles de ce qui arrive dans les mondes intérieurs, et c'est dans ces mondes que l'ésotériste doit pénétrer, autant que sa perception le lui permet. Il découvrira successivement des mondes qui feront appel à sa capacité d'investigation scientifique.


Où il est question de : Guénon, de la Tradition, Jung, H. Corbin, G. Durand du corpus hermeticum, de Platon, du stoïcisme du monde chrétien, de la Kabbale, de Kant, de Jacob Bohme, d’Hermès, des mythes, de la Gnose, des Évangiles …

 

isis dÉvoilÉe        

H.P. blavatsky

Edition ADYAR

1979

La doctrine secrète de H.P. Blavatsky, qui invente la Ste théosophique et dont son successeur et amie A. Besant fut à l’origine du Droit Humain.

 

Pour comprendre les principes de la loi de la nature à l'œuvre dans les divers phénomènes décrits plus loin dans ce livre, le lecteur doit garder à l'esprit les propositions fondamentales de la philosophie Orientale décrites par Mde Blavatsky

 

Il n'y a pas de miracle. Tout ce qui se produit est le résultat de la loi, éternelle, immuable, toujours active. Un miracle apparent n'est dû qu'à l'action de forces en opposition avec ce que le Dr. W.B. Carpenter, — homme de grand savoir mais de peu de connaissance — appelle " les lois bien connues de la nature ". Comme beaucoup de ses confrères le Dr. Carpenter ignore que des lois, aujourd'hui inconnues de la Science aient pu être " connues " jadis.

  1. La Nature est une unité triple : il y a une nature visible objective; une nature invisible, intérieure et source d'énergie, le modèle exact de la précédente et son principe vital; et, au-dessus de ces deux-là, l'esprit, source de toutes forces, seul éternel et indestructible. Les deux natures inférieures sont en constant changement mais non la troisième.
  2. L'homme est aussi une unité triple : il a son corps objectif physique, son corps vitalisateur astral (ou âme), l'homme réel ; et ces deux sont couronnés par le troisième qui les illumine, le souverain, l'esprit immortel. Lorsque l'homme réel réussit à fusionner avec ce dernier, il devient une entité immortelle.
  3. La Magie, en tant que science, est la connaissance de ces principes et de la façon dont l'omniscience et l'omnipotence de l'esprit, ainsi que son contrôle sur les forces de la nature, peuvent être acquis par l'individu alors qu'il est encore dans le corps. La Magie, en tant qu'art, est l'application de cette connaissance dans la pratique.
  4. La connaissance secrète mal employée est la sorcellerie ; employée pour le bien, elle est la véritable magie ou Sagesse.
  5. La médiumnité est à l'opposé de l'état d'adepte ; le médium est l'instrument passif d'influences étrangères, l'adepte exerce un contrôle actif sur lui-même et sur toutes les puissances inférieures.
  6. Toutes choses qui furent jamais, qui sont, ou seront, étant imprimées sur la lumière astrale, le registre de l'univers invisible, l'adepte initié, utilisant la vision de son propre esprit, peut connaître tout ce qui a été connu ou peut être connu.
  7. Les races humaines diffèrent en dons spirituels comme en couleur, stature ou n'importe quelle autre qualité extérieure ; la clairvoyance prévaut de façon naturelle chez certains peuples ; chez d'autres c'est la médiumnité. Certains s'adonnent à la sorcellerie et transmettent les règles secrètes de sa pratique de génération en génération, ce qui produit une gamme de phénomènes psychiques plus ou moins étendue.
  8. Un des aspects de l'art du magicien consiste à retirer volontairement et consciemment l'homme intérieur (la forme astrale) de l'homme extérieur (le corps physique). Ce retrait peut se produire chez certains médiums, mais il est inconscient et involontaire. Chez ceux-ci le corps se trouve alors dans un état plus ou moins cataleptique ; mais dans le cas d'un adepte, l'absence de forme astrale ne saurait se remarquer, car les sens physiques sont vigilants et l'individu paraît seulement comme plongé dans une profonde rêverie.
  9. La pierre angulaire de la MAGIE est une connaissance pratique approfondie du magnétisme et de l'électricité, de leurs qualités, corrélations, et pouvoirs. Il est particulièrement nécessaire d'être familiarisé avec leurs effets tant dans le règne animal et dans l'homme que sur eux.

9 J

JAZZ SUPRÊME - INITIÉS, MYSTIQUES & PROPHÉTES

Raphaël Imbert

Edition de l’Éclat

 2014

Il y a du spirituel dans l’art, il prend une place toute particulière dans la musique quand elle exprime l’esprit d’une communauté. Le jazz, depuis ses origines, est nourri au plus profond de cette spiritualité et témoigne de cette « urgence créatrice » dont parle John Coltrane.

Mais comment se formule t-elle et à quel arrière-plan renvoi-t-elle ? C’est toute la recherche de Raphael Imbert, qui s’attache à révéler cette présence du « religieux sans les dogmes » propre au jazz et les très forts engagements des jazzmen au sein de la franc-maçonnerie noire américaine. La dernière partie de ce livre est consacré à John Coltrane, musicien initié, mystique et prophète s’il en est, qui incarne à lui seul ce jazz suprême qu’il a porté à ses sommets.

Prenons par exemple le cas de Duke Ellington : Il est chef d’orchestre vedette au sein du plus grand jazz club d’Harlem, le Coton Club, tenu par la mafia locale, célèbre pour ses danseurs et danseuses exotiques, tirant parti de la fascination d’un public exclusivement blanc pour la jungle sauvage d’une Afrique fantasmée.

Duke va pourtant utiliser rapidement sa célébrité pour faire passer des messages, politiques d’abord avec, par exemple sa suite Black, Brown and beige, créée dans le temple de la musique classique, le Carnegie Hall, et puis bientôt spirituels, à travers ses concerts sacrés, de 1965 jusqu’à sa disparition en 1974.

Duke Ellington nous invite donc à pousser la réflexion sur le spirituel dans le jazz. Ce sujet, central et pourtant quasi cryptique, a aussi le mérite de nous apporter un outil de recherche pluridisciplinaire, arrachant le jazz à une lecture exclusivement historique, ou journalistique, ou musical qui, dès sa genèse, brille davantage par ses zones d’ombres que par sa clarté, revient à mettre en œuvre une herméneutique circonstanciée, et à initier ainsi une anthropologie inédite du jazz.

L’esprit du jazz, impalpable par nature, nous invite à explorer les marges de son parcours, ainsi, à la marge de son histoire, l’appréhension du spirituel, domaine par excellence de l’ineffable et de l’indicible, représente une occasion originale et magnifique de reconnaitre le jazz comme un phénomène esthétique unique, d’examiner plus attentivement son environnement tout entier, ses influences méconnues, les amnésies de son historiographie, et l’imaginaire de ses créateurs.

Poser la question du spirituel dans le jazz est une aventure intellectuelle qui élargit le champ d’exploration de cette musique, au plus près des sources d’inspiration profondes de l’artiste, et contribue à l’inscrire durablement dans notre paysage culturel.

Au sommaire de cet ouvrage :

1e partie : Du spirituel dans la musique - Afrologie et Eurologie - La parole des jazzmen et l’amnésie médiatique - les trois discours spirituels - Amazing grâce, ou la naissance d’une nation - le bop et le croissant - Duke Ellington : les racines de l’universel -

2e partie : Jazzmen noirs et franc-maçon - Notre musique est un ordre secret - L’histoire secrète des loges de Prince Hall - Who’s Who ? - La Nouvelle Orléans de Louis Armstrong - Jazz, funerals, un berceau ? - Masonic inborn, les symboles immémoriaux à l’avant-garde - une musique d’initiés ? -

3e partie : « The father, the Son and the Holy Ghost » - John Coltrane, la foi et la communauté - La déclaration mystique - La confrérie du souffle - Manifeste pour le geste - My favorite Things ou le subterfuge rituel -

 

jules bois  -      Occultiste, journaliste et sataniste

Dominique dubois

Edition ARQA

 2004

L’auteur nous propose un parcours énigmatique à travers la belle époque 1880 – 1930 en compagnie d’un des plus célèbres occultistes de l’époque. On y parle de Rennes Le Château et de ses protagonistes, Emma Calvé, Arsène Lupin, et Maurice Leblanc, Papus, Guaita et les sociétés ésotériques. Le Martinisme, la Franc-maçonnerie, la Ste Théosophique, la Fraternité de l’étoile, Alan Kardec, l’Amorc, l’église gnostique, et plus de 600 noms qui ont marqué la vie secrète et mystérieuse de cette époque.

Jules Bois est né le 29 septembre 1868 à Marseille et décédé le 2 juillet 1943 à l'hôpital français de New York. Il a vécu dans une époque que l'on disait belle, insouciante et légère, où les arts et les lettres embellissaient le Tout-Paris. Avant de rejoindre en 1888 Paris, capitale culturelle du monde et qui écrasait de sa renommée toutes ses rivales, Jules Bois s'était mêlé à la vie littéraire marseillaise, avec notamment : l'historien socialiste Jean Lombard ; Eléazar Rougier, le féministe attendri et morose du Gynécée et du Naufrage d'amour ; Paul Rozaire, qui ciselait de rutilants poèmes à la gloire de Monticelli ; Paul Guigou ; le poète Albert Jounet (1863-1923) ; Gabriel Mourey (1865-1943) ; Raoul Pascalis…

A Paris, Jules Bois est enrôlé en tant que secrétaire particulier de Catulle Mendès (1841-1909), le " sergent recruteur " disait de lui Léon Daudet (1867-1942). En parallèle, Jules Bois fréquente les nouvelles mouvances occultistes parisiennes de la Belle Epoque et rencontre Papus (1858-1916), fondateur d'une prometteuse revue ésotérique et intitulée L'Initiation ; Stanislas de Guaita (1861-1897), grandiose occultiste et fondateur d'une Rose-Croix Kabbalistique ; L'excentrique Péladan (1858-1918), dit le sâr Mérodack depuis sa fondation d'un ordre catholique rosicrucien et de son tapageur salon artistique ; Jules Doisnel (1842-1902), qui naviguait entre un catholicisme romain et une gnose sur fond de catharisme....

Il s'intègre aussi dans le salon parisien de Lady Caithness, duchesse de Pomar (1830-1895), théosophe chrétienne et ardente féministe. Jules Bois faisait ainsi la connaissance de l'abbé Paul Roca (1830-1893), un prêtre socialiste en butte avec les autorités de Rome et qui prônait " tambour battant " un christianisme ésotérique, puis de René Caillié (1831-1896), fils aîné du célèbre explorateur René Caillié (1799-1838) et l'un des premiers membres d'une naissante " Société Théosophique " (1875) en France.

En 1889, alors que Jules Bois venait de participer à la fondation de l' " Ordre de L'Etoile " d'Albert Jounet, il se lie d'amitié avec le romancier Joris-Karl Huysmans (1848-1907). Leur relation indéfectible n'échappa pas à l'écrivain et journaliste catholique Charles Buet (1846-1897) : " Il n'a qu'un seul ami, ce qui n'est pas assez… c'est l'ami littéraire, du reste le plus sûr. Le sien est Joris-Karl Huysmans, qui est le mien aussi… Bizarre association que celle de cet épervier du Nord et cette mésange du Midi. Les extrêmes se touchent ".

Parallèlement, Bois amorce sa collaboration à une revue symbolique belge, La Wallonie (1889-1891) d'Albert Mockel (1866-1945), puis, sous la houlette de Huysmans, fait dans la Revue politique et littéraire (sous-titrée Revue bleue) un article remarqué sur "Villiers de l'Isle- Adam et L'Occultisme moderne" (8 mars 1890, n°45). Dans la foulée, il amorce, sous la recommandation de Jean Lorrain (1855-1906), sa collaboration au Courrier Français, puis tient régulièrement et durant une année la " chronique de Paris " à un hebdomadaire marseillais, Le Passant.

A partir de juin 1890, Bois assure pour cinq années consécutives les chroniques littéraires et artistiques de la revue L'Etoile de René Caillié et d'Albert Jounet (1863-1923). Tout en faisant par ailleurs, pour le compte de " La Fraternité de l'Etoile ", des conférences à Paris sur l'occultisme, parfois à Marseille pour le journal Le Passant, Jules Bois fait connaître en juillet 1890 un drame initiatique, Les Noces de Sathan (chez Albert Savine) et un dialogue ésotérique, Il ne faut pas mourir (1891), qui sera diffusé chez le libraire Edmond Bailly (1850-1916) dont la boutique rue de la Chaussée-d'Antin, à l'enseigne de " l'Art Indépendant ", voyait défiler tour à tour des occultistes et des littérateurs liés au Mouvement symboliste.

En 1892, Jules Bois écrit des articles à la revue mensuelle L'Idée libre. Edouard Schuré (1841-1926), Louis Ménard (1822-1901), Gabriel Mourey et Maurice Pottecher (1867-1960), pour ne citer qu'eux, y collaborèrent. L'année 1893 s'inscrit dans les annales de l'occultisme français comme une date mémorable, puisque Huysmans et Jules Bois se retrouvèrent mêlés non seulement à l'étrange affaire " Boullan " mais opposés à la Rose-Croix parisienne. Sans nous étendre sur cette grotesque affaire (voir l'ouvrage, premier du genre, intitulé : Jules Bois (1868-1943), le reporter de l'occultisme, le poète et féministe de la belle époque, signalons que l'occultiste Stanislas de Guaita demanda réparation par les armes à Jules Bois et Huysmans. Les exégètes de cette histoire connaissent la rétraction de Huysmans mais n'ignorent pas aussi que Jules Bois et Stanislas de Guaita s'affronteront, sans aucun dommage corporel, au pré et par les armes classiques de l'époque (pistolet et épée). L'histoire de l'occultisme en France retiendra également le duel qui opposa, toujours pour la même affaire, Papus et Jules Bois. Signalons également un autre duel de Bois qui ne manque pas de mordant, avec Catulle Mendès qui se sentait tout simplement offensé parce que son ancien élève avait publié dans le Gil Blas du 22 juin 1893 un article intitulé "La Fin d'un Messie".

Après l'affaire " Boullan ", Jules Bois se désolidarise de L'Etoile pour fonder avec Antoine de la Rochefoucauld et Charles Couyba alias Maurice Boukay (1866-1931) la revue Le Cœur. En 1894, année particulièrement dense en publications, Bois fait paraître un drame ésotérique, La Porte Héroïque du Ciel, agrémenté de deux grands dessins de La Rochefoucauld et d'un prélude musical d'Erik Satie (1866-1925). En juillet de la même année un roman à thèse et à l'intrigue intéressante, sur un petit air de symbolisme et de féminisme voit le jour sous le titre de L'Eternelle Poupée. Dans la foulée, il sort son premier ouvrage sur l'histoire de l'occultisme de la Belle Epoque, Les Petites Religions de Paris. C'est vers cette période qu'il rencontre la célèbre cantatrice Emma Calvé (1858-1944) dont on connaît leur longue liaison parfois tumultueuse et qui faisait parfois le délice des échotiers.

L'année 1895 est marquée pour Jules Bois par trois événements majeurs. D'abord son accointance (avec Emma Calvé) pour la philosophie de l'Orient et son dévouement pour un guru indien qui répondait au nom de Swami Vivekananda (1863-1902), puis son duel, mentionné notamment par Le Mercure de France (juillet 1895), avec Laurent Tailhade dit Tybalt (1854-1919), et pour finir la publication de son enquête sur la sorcellerie et intitulée justement Le Satanisme et la Magie, ouvrage qui sera préfacé par son ami Huysmans et qui par la suite fut par décret du 21 août 1896 mis à l'index par le Vatican.

La thématique des écrits de Jules Bois durant l'année 1896-1897 sera principalement basée sur le " Féminisme ", ou " Féministe " selon le vocabulaire du 19ème siècle. Il est vrai que le terme féministe s'imposa à la fin du 19ème siècle. Autrement dit, l'émancipation des femmes était pendant la Belle Epoque d'actualité et que désormais le combat politique et idéologique devait passer par la dénonciation des éléments culturels sur lesquels était fondée la domination masculine. Le militant féministe Jules Bois est naturellement présent pour dénoncer cette hideuse forme de misogynie si profondément ancrée dans la mentalité humaine. On notera, par exemple, sa participation active au congrès féministe de Paris (1896) et bien entendu ses œuvres féministes, à l'image de : La Douleur d'aimer, ouvrage en trois parties dédié à ses amis Augustin-Thierry Gilbert, Ralph Derechef et Pierre Mille (1864-1941) ; L'Eve Nouvelle publiée chez Léon Chailley où Bois tente de montrer les rapports de la femme avec la société pour ensuite étayer en termes mesurés l'affranchissement de la femme ; La Femme inquiète (1897), qui renforce les théories de l'Eve Nouvelle et qui donne en appendice des réponses au journaliste et historien Eugène Ledrain (1844-1910), au critique littéraire Emile Faguet (1847-1916), à Gaston Deschamps (1865-1921), au poète et auteur dramatique François Coppée (1842-1908), pour ne citer que ces noms.

En février 1897, Bois offre sa plume à la Revue des femmes russes, une revue fondée pour les dames de la haute société russe parisienne par Olga de Bézobrazow. En septembre de la même année on relève sa présence au " Congrès de l'humanité " aux côtés de l'occultiste qui répondait du pseudonyme de F. Ch. Barlet (1838-1921), de Gabriel Delanne (1857-1926), un des spirites les plus célèbres de son temps, de Georges Martin (1844-1916), personnage bien connu pour sa lutte pour l'émancipation des femmes et pour avoir secondé Maria Deraismes (1828-1894) à la fondation du " Droit Humain ", un ordre maçonnique mixte. En parallèle, Jules Bois est sollicité par le Président de la " Société alchimique de France ", François Jollivet-Castelot (1874-1937), qui était désireux d'établir, dans sa revue L'Hyperchimie, une enquête impartiale sur " l'Hermétisme populaire et la Théosophie ".

En 1898 les activités de Jules Bois se portent davantage sur le théâtre. On le retrouve ainsi et durant la saison 1898-1899 à la Bodinière, aux côtés du critique dramatique Francisque Sarcey (1827-1899), de Gustave Larroumet (1852-1903), du journaliste Georges Izoulet qui préfacera un ouvrage de Bois, puis chez les " Odéoniens ", les habitués des planches du théâtre de l'Odéon, qui ont notamment pour noms Henry Fouquier (1838-1901) et Henry Bérenger (1867-1952). Par ailleurs, le journaliste Jules Bois rend populaire une " Messe d'Isis ou néo-isiaque " que le Tout-Paris venait alors voir à la Bodinière. Il est vrai que Jules Bois s'était lié avec Samuel Lidell Mathers dit Mac Gregor (1854-1918), un des fondateurs, en 1888, de " L'Ordre Hermétique de L'Aube Dorée " (the Hermetic Order of the Golden Dawn). Pour information, ce dernier vivait à Paris depuis 1893 et avait installé une branche continentale de l'Ordre qui fut consacrée le 6 janvier 1894 sous le nom d' " Ahathöor n°7 " (nom légèrement déformé se rapportant à la déesse égyptienne Athor).

En parallèle, le célèbre astronome Camille Flammarion invite l'étonnante et célèbre médium italienne Eusapia Palladino (1854-1918). Il est vrai que le célèbre professeur napolitain Ercole Chiaia (18 ?-1905) l'avait pris en main pour ensuite lancer à la face du monde savant une retentissante lettre publique de défi afin d'examiner les surprenantes prouesses de sa protégée. Dans le salon de Camille Flammarion on y relevait ainsi la présence de Jules Bois, d'Adolphe Brisson, du colonel Albert de Rochas (1837-1914), de Charles Richet (1850-1935), de Gaston Méry (1866-1909), de Jules Claretie (1840-1913), de Gabriel Delanne (1857-1926), de Gustave Le Bon (1841-1931), de Victorien Sardou (1831-1908)…

En été 1900, Jules Bois reçoit le Swami Vivekananda et l'héberge dans son modeste appartement, sis rue Gazan près du parc " Montsouris ". Le 24 octobre de la même année, ce dernier embarque pour l'Inde. L'accompagnaient Jules Bois, Emma Calvé, Miss Joséphine McLeod, l'ancien carme Hyacinthe Loyson (1827-1912) et son épouse américaine. A Alexandrie, Emma Calvé regagne, en compagnie de Joséphine, Paris ; les " Loyson " se dirigent en Palestine, et Bois continue seul jusqu'en Inde, sans Vivekananda qui avait précédemment délaissé le groupe pour regagner en toute hâte son pays.

En Inde, Jules Bois retrouve Vivekananda et visite ensuite le nord du pays, où il finit par rejeter définitivement l'enseignement de l'Orient pour se convertir à la religion catholique, avant de tomber gravement malade et d'être sauvé in extremis par un de ses compatriotes. A Bombay, Jules Bois embarque sur un paquebot pour revenir à sa chère patrie, celle qui lui a tant manqué. Chemin faisant il fait une halte au Vatican où il est reçu en audience privée chez le pape Léon XIII. Fin juin 1901, Bois est à Paris où l'attend un abondant courrier. Il reprend ses activités littéraires et sort Le Monde Invisible (1902) dans lequel il étrille plus ou moins, selon le cas, les occultistes ; sans doute une façon de tirer un trait sur ce en quoi il ne croit plus. Cet ouvrage, qui sera préfacé d'une lettre de Sully-Prudhomme (1839-1907), précède un autre livre de son cru, L'Au-delà et les forces inconnues (1902) qui sera dédié à ses lecteurs et correspondants du journal Le Matin. L'année suivante, Jules Bois fait paraître Les visions de l'Inde (1903) qui raconte les péripéties de son voyage.

Le 16 février 1906, Jules Bois est fait, au titre du Ministère de l'Instruction publique, des Beaux-arts et des Cultes, " Chevalier de la Légion d'Honneur ". En 1907, année dense et marquante en événements de toutes sortes pour Jules Bois, il perd son grand ami Huysmans, est pris à parti, avec Camille Erlanger (1863-1919), par Charles Maurras (1868-1952), intègre la Société des Gens de lettres de France où il rejoint son ami Maurice Leblanc (1864-1941) , puis se lie avec Marie-Anne L'Heureux et fait paraître par ailleurs son Miracle Moderne. En 1908, il préface Le Diable en cellule de Léonce de Larmandie (1851-1921) et livre Le Vaisseau des Caresses, qui sera dédié au peintre Albert Besnard (1849-1934).

En 1910 il écrit L'Humanité divine. L'année suivante, un ouvrage posthume du Dr Emile Mauchamp voit le jour, La Sorcellerie au Maroc, avec en prime une longue étude de Jules Bois sur l'auteur et son œuvre. Ce n'est pas rien lorsque l'on sait qu'Emile Mauchamp fut à la une de tous les journaux français de l'époque, puisque ce médecin du gouvernement à Marrakech fut, à la veille du protectorat du gouvernement français, assassiné en 1907. L'année suivante, il part en Belgique pour interviewer le guérisseur Henry Jacob, dit le Zouave Jacob (1828-19 ?). Parallèlement, il fait publier à la Librairie des Annales Politiques et Littéraires Le Couple Futur (1912), un ouvrage qui finalise les conceptions féministes d'antan de Jules Bois et dédié : " A la jeunesse qui étudie, qui pense et qui travaille, A tous ceux et à toutes celles qui seront la France de Demain ".

En 1913, outre ses deux autres publications, L'amour doux et cruel (1913) et L'Eternel retour (1914) dédié à Gaston de Pawlowski, sans omettre sa préface écrite en 1913 dans l'ouvrage de Léon Abensour, Le Féminisme sous le règne de Louis-Philippe en 1848, Jules Bois s'engage, avec son ami Henri Bergson (1859-1941), dans la voie de la diplomatie.  Au début de l'année 1915, Jules Bois est envoyé en mission diplomatique en Espagne. Dans son long article, consigné dans La Revue hebdomadaire du 6 mars 1915, et intitulé "L'Espagne et la guerre", il conclut que : " L'Espagne est neutre, c'est une neutralité expectante…Ne soyons pas trop exigeants ; au point de vue français nous n'avons pas à demander à l'Espagne autre chose qu'une neutralité cordiale… ".

Courant mai 1915, Jules Bois est envoyé aux Etats-Unis par le directeur du Journal Charles Humbert pour couvrir la Foire de San Francisco ; une activité qui devait curieusement le retenir durant le reste de sa vie sur le sol américain. En fait, nous savons qu'il fut envoyé en mission officieuse (bons offices et propagande) par le gouvernement de Raymond Poincaré (1860-1934), un personnage élu depuis 1913 à la présidence de la République mais aussi une vieille connaissance de Jules Bois (on se rappelle "la Prophétie d'Antigone" que Bois dédia à Poincaré dans son Humanité divine).

Désormais on a du mal à suivre sa trace, et sa disparition suscite dans les milieux littéraires bien des interrogations. Jules Bois doit même en 1922 démentir une rumeur qui le tenait pour mort. En 1925, le journaliste et romancier Félix Champsaur (1858-1934) se demandait encore ce que Bois devenait, en dépit de quelques nouvelles données dans le quotidien Comoedia du 14 septembre 1923 et qui annonçaient qu'il habitait New-York, était en bonne santé, s'occupait de cinéma, de littérature, de théâtre, de conférences, de psychisme et que ses ouvrages se vendaient fort bien. Il faudra attendre 1927, trois après sa publication à Chicago, Essay on Democraty, A propos of fifteen hundred years of Europe (1924), pour qu'un article de mise au point intervienne dans la Revue Mondiale, date à laquelle Jules Bois revient momentanément en France. Dans cet article, intitulé "Un fidèle Missionnaire de la France", on y fit l'éloge de son propagandisme zélé et de son patriotisme envers la France.

Il repart en 1928, après avoir écrit dans La Revue Mondiale plusieurs articles, "La Philosophie de l'Espérance", "Le Surconscient et l'Afflatus" et "Les dangers individuels et sociaux du Freudisme". Aux Etats-Unis donc, où il est utile de mentionner que l'agent de renseignement Jules Bois demandait à Poincaré une voie pour faire parvenir des documents autrement que par la valise, il représente en 1929 la France au Neuvième Congrès International de Psychologie à Yale University. Le 1er août de la même année, Jules Bois est, au titre du Ministère des Affaires Etrangères, promu Officier de la Légion d'Honneur (une distinction sous forme de rosette que son ami Aristide Briand lui décerna). En parallèle, il cherche à faire connaître les idées et les œuvres de J.-K. Huysmans à la " Mac Dowel Colony ", une association d'artistes, de philosophes ou de poètes, qui s'était créée dans les années vingt afin d'accueillir des influences européennes.

Malade, Jules Bois se consacre pourtant à un ouvrage qui ne verra, hélas, jamais le jour et qui devait s'intitulé La psychologie des Saints ; en effet, un cancer devait l'emporter le 2 juillet 1943 à l'hôpital français de New-York. Le service funèbre aura lieu le 5 juillet à Corpus Christi Church,   

 

jules verne, initiÉ & initiateur

Michel lamy

Edition PAYOT

 1994

Dans le monde entier, des millions de lecteurs connaissent les œuvres de Jules VERNE. Ils ont rêvé d’aventures extraordinaires et se sont émerveillés devant les machines fabuleuses décrites par le romancier. Mais ont-ils bien lu ?


Porte-parole d’une Société secrète qui infiltra une bonne partie du monde littéraire et artistique du XXème et du début du XXème siècle, Jules Verne a caché derrière le texte apparent des romans un message que seuls pouvaient découvrir à l’époque ceux qui étaient dans le secret, les initiés.

 

Au-delà des aventures, au-delà des inventions, ce sont les mystères de la Franc-maçonnerie et des sociétés rosicruciennes qui se dévoilent à celui qui sait lire et décoder l’œuvre du maître.


Cette étude minutieuse débusque les secrets des Voyages Extraordinaires et offre au lecteur les moyens de continuer lui-même le décryptage, ouvrant des horizons nouveaux sur la littérature populaire, celle de George Sand, Alexandre Dumas ou, plus près de nous, Maurice Leblanc, père d’Arsène Lupin, et Gaston Leroux.


Cet ouvrage lève un coin important du voile sur les origines de la royauté française et sur l’intérêt qu’ont porté les Habsbourg au fabuleux trésor de Rennes-le-Château, dont le « Clovis Dardentor » de Jules Verne recèle les clés.

 

KHAITZINE - COMPRENDRE  L’ALCHIMIE

RICHARD  KHAITZINE

Edition LES  CHEMINS  D’HERMES

 2009

En  1937, le physicien Jacques Bergier rencontra un alchimiste dans les locaux du Gaz de France. L’homme lui fit d’étranges confidences. A la fin de la seconde guerre mondiale, Bergier fut contacté par une mystérieuse officine américaine, qui lui demanda de retrouver la trace de l’Alchimiste connu sous le pseudonyme de Fulcanelli. Jacques Bergier, bien des années plus tard  raconta cet épisode curieux, notamment dans son célèbre livre  et best- seller «  le matin des Magiciens » Tel est le point de départ de ce livre, vous invitant à une plongée fascinante au sein de l’alchimie moderne. 

 

Au fil des pages vous découvrirez, qu’en plein  XXe  siècle, il existait encore des  « faiseurs d’or » et des alchimistes qui disparurent sans laisser de traces. Plus surprenant encore, vous apprendrez que l’alchimie ; pour survivre et se propager, utilisa la culture populaire : romans, peintures, architecture religieuse, et civile, jeux, contes de fées, fables, fêtes…Au cours de ce périple, vous croiserez la route de personnages réels ou non, aussi célèbres que Quasimodo, Esméralda, Roméo et Juliette, Don Quichotte, Cyrano de Bergerac, Arsène Lupin, Rouletabille, Chéri Bibi qui tous, sans que vous vous en doutiez, possèdent des rapports avec l’Alchimie.

 

Cette enquête, aussi passionnante que la plus subtile des intrigues policières, vous révèlera tout ce qu’il faut savoir concernant la pratique de la plus ancienne des sciences ; ses moyens, ses buts, et le rôle primordial joué par la Lune. Des expériences, faciles à exécuter, et donnant des résultats visibles, vous convaincront que l’Alchimie n’est pas un mythe mais bien une réalité. Une fois la lecture de ce livre achevée, vos certitudes les mieux ancrées auront été bouleversées, votre sens des valeurs s’en trouvera profondément modifié. Au sortir de ce voyage au sein des mystères du Temps et de l’Espace, vous aurez acquis la certitude que  « l’Esprit constitue toute matière et qu’il lui survit ».

 

KHAITZINEDE LA PAROLE VOILÉE Á LA PAROLE PERDUE

Alain KHAITZINE

EDITION Le Mercure Dauphinois

 2001

A travers un périple surprenant l’auteur nous entraîne vers la recherche des légendes et des mythes, à la recherche de la parole perdue mais qui peut être est simplement voilée ou cachée. Après séparation du subtil de l’épais ne subsistera que le nom de la rose.

 

Le grand et unique secret de la Franc-maçonnerie réside dans ce que l’on nomme la Parole Perdue. Que faut-il entendre par cette expression ? Quelle est cette Parole ? A cette double question, le présent livre apporte des réponses aptes à satisfaire le candidat à l’initiation comme le profane. La dite Parole est-elle réellement perdue ou fut-elle voilée ? La vérité oblige à dire qu’elle fut voilée pour des raisons de sécurité. Ce travail invite le lecteur à retrouver ce verbe, à travers la légende d’Hiram, constructeur du Temple de Salomon, mais également à partir du récit d la lutte fratricide qui opposa Maître Jacques et le Père Soubise, figures emblématiques de la Maçonnerie de la Pierre et du Bois.

 

Le passage du profane dans le cabinet de réflexion est sans doute la phase la plus importante de par l’incidence qu’elle va posséder sur sa vie future. Si cette partie est capitale pour un profane devenant initié, le nouveau membre se doit d’évoluer spirituellement de par sa recherche et son assiduité.

 

Que la Maçonnerie ne puisse apporter la Grâce est une évidence, puisque cette dernière est d’essence Divine, néanmoins cette Grâce, qualifiée de nécessaire et de suffisante doit être le but vers lequel doivent tendre tous nos efforts.

 

Sachant combien cette notion de Grâce, imprégnée fortement de connotation religieuse, peut gêner des esprits laïques ou adogmatiques, ce livre explique plus loin les différentes versions, mais faut-il savoir que sans elle, l’alchimie demeurerait sans effet. Le passage du profane dans le cabinet de réflexions sert à l’amener à une méditation et un premier retour sur lui-même, au sens du renversement des valeurs.

 

Jésus disant qu’il est venu « apporter la Lumière aux hommes », qu’il est « la Lumière des hommes »…Ceci est tellement vrai, que dans les premiers temps de l’Eglise, le Christ n’était jamais figuré en croix, il était exclusivement représenté au sein d’une mandorle, une amande, laquelle adopte toute sa signification dès lors que l’on sait, qu’en hébreu, le mot « Luz » désigne à la fois une amande et la Lumière, c’est ce mot qui se retrouve dans le nom de certaines villes comme St Jean de Luz ou Luz St Sauveur… ou dans des noms comme Mélusine ou Lys, terme qui en héraldique est équivalent à Luz.

 

Cet ouvrage développe les sujets suivants :

Les sources de la légende d’Hiram  -  les sources bibliques  -  Cabinet de réflexion et réflectivité  -  Quand la légende chevauche l’Histoire  -  Du grain de Vie à la force de l’Union  - Le mythe d’Hiram, constructeur du Temple. Au début était le bois… De la pierre brute à la pierre taillée  -  Du symbole de Jupiter au signe de croix  - Sous l’acacia la rose hermétique  -  L’Acacia m’est connu et les colonnes du Temple  -  Mandorle et luz  -  La légende de Maître Jacques et du Père Soubise  -  Les aspects hermétiques de la légende  -  Le symbolisme des chiffres et des nombres contenus dans le mythe de Maître Jacques  -  L’Eglise des premiers siècles…Une usine à fabriquer des faux  -  De Bar-Abbas au fils du Père  -  Quand la genèse de l’histoire terrestre prend ses racines au ciel  -  Du nom imprononçable de Dieu à la Parole perdue  -  De la colombe exaltée à celle du saint Esprit  -  Du poème des voyelles d’Arthur Rimbaud à la disparition de Georges Perrec 

 

 

KHAITZINEfulcanelli et le cabaret du chat noir

Richard KHAITZINE

Edition Ramuel

 1997

Faisant suite à la « langue des oiseaux » cet ouvrage nous entraîne au cabaret du Chat Noir à Montmartre avec toute la faune de l’époque, lendemain du drame sanglant de la commune. L’opération artistique de ce cabaret, avec son labyrinthe et surtout les personnages qui y passèrent et qui firent la renommée de ce cabaret mais qui eurent aussi des destins incroyables, comme Papus, Flammarion et autres. Les confidences et les enseignements occultes des savants et artistes qui le composaient fut orchestrée peut-être par un homme : Fulcanelli.

 

Paris, le cabaret du chat noir : à la page 126 des Demeures Philosophales, Fulcanelli évoque, comme avec nostalgie, le célèbre cabaret montmartrois : « Beaucoup d'entre nous se souviennent du fameux Chat-Noir, qui eut tant de vogue sous la tutelle de Rodolphe Salis ; mais combien savent quel centre ésotérique et politique s'y dissimulait, quelle maçonnerie internationale se cachait derrière l'enseigne du cabaret artistique ? ».

 

Et l’adepte d’ajouter, en note : « Rodolphe Salis imposa au dessinateur Steinlen, auteur de la vignette, l'image du moulin de la Galette, celle du chat, ainsi que la couleur de la robe, des yeux, et la rectitude géométrique des moustaches. Le cabaret du Chat Noir, fondé en 1881, disparut à la mort de son créateur, en 1897. »

Quel centre ésotérique se dissimulait au Chat Noir ? On sait que l’occultiste Papus, fondateur de l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix, était un habitué des lieux ; on sait moins que le compositeur Claude Debussy et son ami Erik Satie, eux aussi rose-croix, fréquentaient également l’endroit en 1890, ce dernier, dit-on, parfois au piano-bar ! Avec Péladan, Papus est membre de l’Ordre, d’inspiration martiniste. A ce propos, citons Geneviève Dubois : Le martinisme devait en principe être l’antichambre d’un ordre plus ancien, la H.B. of Luxor (Hermetic Brotherhood of Luxor)…/…

 


F. Ch. Barlet (1838-1921) était le représentant officiel en France de la H.B. of L. C'était une fraternité  extrêmement secrète, reconstituée vers 1870. Péter Davidson en était l'un des chefs et Max Théon, curieux personnage, l'adepte. La H.B. of Luxor était le cercle extérieur d'un fort ancien centre d'initiation. Près de 30 000 intellectuels y étaient affiliés dont Abraham Lincoln. On retrouvait des membres en Ecosse, en Egypte, en Amérique. L'enseignement portait sur une pratique tendant au développement des facultés spirituelles, fondées sur les théories et pratiques de P.B. Randolph, auteur du très connu Magia Sexualis. » (Geneviève Dubois, Fulcanelli Dévoilé, Dervy 1996, p.31).

 

On notera les références à l’Egypte de la Fraternité Hermétique de Louxor (Hermetic Brotherhood of Luxor) et de celle d’Héliopolis, non moins hermétique, à laquelle Fulcanelli dédie ses ouvrages (« Aux frères d’Héliopolis »). A la suite de Stanislas de Guaita (Oswald Wirth fut son secrétaire), Barlet et Papus se succéderont en tant que Grand Maître de l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix, lié au martinisme dont René Guénon est un membre éminent (avant de rompre avec Papus).  Parallèlement, Guénon devint évêque de l’église gnostique, excommuniée, fondée à la fin du XIXe siècle par Jules Doinel et… Papus. Sont ici rassemblées les principales figures de l’ésotérisme des années 1890 à 1910. Guénon fondera la revue « La Gnose » en 1909, éditée par la Librairie du Merveilleux, un lieu fréquenté par les principaux ésotéristes parisiens de ce temps et dont le propriétaire, Pierre Dujols, fut très lié à Julien Champagne, illustrateur des Fulcanelli.

 

Le Grand Lunaire et la Confrérie de la Flèche d’Or : Le Paris des années 20 voit se développer des courants occultistes, certains proches du mouvement théosophique, d’autres clairement satanistes. Ainsi en est-il du Très Haut ou Grand Lunaire, et de la confrérie de la Flèche d’Or, fondée par la sulfureuse Maria de Naglowska. Cette mystique et occultiste d’origine russe, se prétendant disciple de Raspoutine et installée à Montparnasse, insuffle aux deux confréries un caractère magique dans lequel le prince des ténèbres joue le rôle central. Elle va traduire les œuvres de Randolph, que nous avons rencontré plus haut. Ainsi parait en 1931 un texte fondamental dans son domaine : Magia Sexualis. Il s’agit d’un traité de magie sexuelle dans lequel sont passés en revue les principes fondateurs de la doctrine de Randolph, les positions de l’amour, explicites avec planches à l’appui, jusqu’aux miroirs magiques invitant à passer de l’autre côté, ou plus exactement du côté de l’Autre. L’éditeur de ce « livre maudit » (tiré sur Vélin d’Arches à mille exemplaires numérotés seulement, une édition devenue la cible des collectionneurs du genre), fondateur des éditions du Lys Rouge, écrira et publiera un très curieux traité : Sagesse de l’Inde. Le nom de cette maison d’édition ? Un hommage au roman d’Anatole France, l’ami de Fulcanelli, intitulé Le Lys Rouge.

 

Le Grand Lunaire comptera parmi ses membres l’occultiste Robert Ambelain ; Jules Boucher, disciple et ami de Julien Champagne ; le chimiste Gaston Sauvage qui avait assisté en compagnie de Champagne et Canseliet à la transmutation célèbre opérée en 1922 par Fulcanelli ; le pharmacologue Alexandre Rouhier, auteur du « Peyotl, la plante qui fait les yeux émerveillés » ; et un membre éminemment proche de l’adepte Fulcanelli : son illustrateur Julien Champagne. Ce petit monde se réunit les soirs de Pleine Lune en forêt de Meudon, pour quelque invocation dont le mystère reste entier.

 

Si l’on se réfère à l’excellent livre de Jean Artero, « Julien Champagne, Apôtre de la Science Hermétique » (Le Mercure Dauphinois, 2014, page 155), Eugène Canseliet aurait lui-même compté parmi les membres du Grand Lunaire : Canseliet subit des vols pendant son infarctus (1974). On lui déroba un tableau du Grand Lunaire qui représentait un Baphomet. Et selon Robert Ambelain, « Les frères d’Héliopolis étaient sept ou huit au plus. Ce furent : Champagne, Canseliet, Boucher, Sauvage, Dujols pour les cornues. Canseliet, Boucher, furent membres du Grand Lunaire, dont Sauvage dirigeait la section magie ».

 

KHAITZINE  - GALERIES ET PASSAGES DE PARIS - A LA RECHERCHE DU TEMPS PASSÉ

RICHARD KHAITZINE

ÉDITION LE MERCURE DAUPHINOIS

 2010

En 1850, Paris comptait 150 passages couverts qui, en majeure partie, furent détruits lors des travaux menés par le baron Haussmann. Aujourd’hui, il ne subsiste qu’une vingtaine de ces constructions qui sont le témoin muet du passé. Muet ? S’il leur était donné de parler, ils auraient bien des histoires et de l’histoire à vous conter.

 Les plus grands écrivains ont évoqué ces lieux d’un autre âge au sein de leurs romans.

 

 Ainsi Balzac nous a restitué l’atmosphère qui régnait dans les Galeries et passages du Palais Royal, lieu du jeu et de la prostitution et qui fut le quartier général des membres de la Bande Noire, ancêtre de nos modernes spéculateurs. L’érudit et fantaisiste Gérard de Nerval s’y livra à ses excentricités et Diderot y vécut un amour passionné… enfin, peut- être !

 

Plus récemment, Boris Vian et Serge Gainsbourg débutèrent au Milord l’Arsouille, cabaret qui accueillait, Ferré, Brassens et Brel. Zola, quant à lui, planta le décor de Nana sous les lambris du passage des Panoramas. Mais qui se souvient, qu’en 1832, Victor Hugo faillit être tué au passage du Saumon ?

 

Deux ans auparavant, il aurait pu croiser Alexandre Dumas, vêtu en chasseur et armé d’un fusil de chasse, venu participer à l’insurrection de 1830. Au passage de l’Opera –depuis disparu- se réunissaient André Breton, Louis Aragon, leurs amis surréalistes et dadaïstes, révolutionnaires du verbe.

 

Le passage Choiseul semble encore hanté par les Parnassiens qui, comme l’étonnant et mystérieux Raymond Roussel, furent publiés par Lemerre, chez qui Verlaine « botta le cul » d’Anatole France. Peut-être y croiserez-vous le détective Nestor Burma se rendant dans ses locaux de l’agence Fiat Lux, pour y retrouver son saxophone et sa secrétaire.

 

Toutefois, selon votre humeur, vous pourrez préférer vous perdre dans ces humbles voies qui sont autant de passages découverts.

 

L’univers de la BD n’est pas oublié et ce n’est pas la moindre des surprises qui vous attend dans le sombre passage des Patriarches. Edgar P. Jacobs et sa célèbre « marque  jaune », y ont laissé une curieuse énigme, en l’occurrence une vignette muette, comportant un phylactère privé de son texte, de sa Parole…

 

KHAITZINE  -  histoires, ÉnigmeS & secrets

Richard khaitzine

Edition MERCURE DAUPHINOIS

 2003

Paris, le 23 août 1911. un odieux kidnapping fait la une des journaux. La victime ? La femme la plus célèbre du monde : Mona Lisa…. La Joconde ! La presse s’en donne à cœur joie. Il y a même des petits malins qui ironisent, prétendant que c’est un coup d’Arsène LUPIN, le gentleman-cambrioleur inventé par l’écrivain Maurice Leblanc. Ce dernier avait imaginé, deux ans auparavant, que son héros dérobait la célèbre toile et l’entreposait dans l’Aiguille creuse d’Étretat. Prescience ou coïncidence ? Coïncidence sans doute, mais il n’en reste pas moins vrai que les romans de Maurice Leblanc recèlent de troublantes confidences, à la fois historiques, et artistiques. En janvier 1914, la Joconde est restituée au Louvre et les visiteurs peuvent, de nouveau, venir admirer la toile la plus célèbre du monde.

Mais qui dira le pourquoi d’une telle popularité ? Quel est le secret de Mona Lisa et pourquoi sourit-elle de façon si énigmatique ? Qui fut le modèle de Leonardo Da Vinci ? S’agit-il d’une femme, d’un homme ou d’une allégorie ? Découvrir les réponses à ces questions nécessite de se plonger dans l’histoire de l’Italie du XVème siècle.

 

L’auteur, Richard Khaitzine, dont les travaux relatifs, notamment, à l’œuvre de Toulouse-Lautrec, sont reconnus, vous invite à un périple fascinant au sein de la société des Humanistes de la Renaissance, qui vous mènera de la cour fastueuse de Laurent le Magnifique au milieu feutré des érudits, occupés à rédiger ce qui va devenir le plus beau livre imprimé à cette époque. Vous découvrirez comment l’amour désespéré et malheureux de Laurent De Médicis pour la belle Lucrezia Donati donna naissance à Roméo et Juliette et les liens qui unissent la pièce de Shakespeare à la toile de Leonardo.
Quant à la conclusion inattendue de cette aventure humaine, hors du commun, elle réside dans le portrait de la Joconde, à l’énigmatique sourire, véritable joyau de l’art narquois, héritier de l’esprit des Grecs anciens, et synonymes de fine plaisanterie, destiné à voiler le nom véritable de la…

 

 KHAITZINE - JACK  LONDON.  Vagabondages entre Terre et Ciel

 Richard   KHAITZINE

 Edition   EDITE

 2011 

 Jack London, 1876-1916, a publié une quarantaine de romans et d’essais sur une période de seize ans, traversant le ciel des lettres à la vitesse d’un météore. Ecrivain lucide, matérialiste et humaniste.

Il prophétise l’avènement de la société ultralibérale, dès 1908, dans son roman pessimiste, Le Talon de fer. Mais l’auteur de cet ouvrage s’intéresse à l’autre Jack London, l’écrivain du Vagabond des étoiles – où le personnage principal s’évade vers des vies antérieures pour tromper le temps en prison. London s’attache alors à démontrer la suprématie de l’esprit sur la matière.

 

A l’âge de quarante ans, alcoolique, alors qu’il est au sommet de la gloire, il absorbe une dose mortelle de morphine. Sa femme prétendra qu’il a succombé à une crise d’urémie ; un ami parlera de suicide. Mais pourquoi ce geste ? « La vie ment pour vivre, la vie est un mensonge perpétuel » lit-on dans «le cabaret de la dernière chance », roman autobiographique au sein duquel il expose une philosophie proche de Kant ou du bouddhisme.

 

Au sommaire :

Les temps difficiles – le temps des succès – Boire et déboires – Lettre d’un admirateur de Jack London – Un vagabondage dans les étoiles – Jack London rencontre Zorro, neuf ans avant sa naissance – Du cabaret de la dernière chance à la critique de la raison pure – Traité du Zen et de l’entretien des motocyclettes – Dialogue avec la raison pure – Lettre du docteur Purdon – Des nouvelles d’outre-tombe – Bibliographie de J. London. De très nombreuses photographies de London et de son entourage

 

KHAITZINE  -  la langue des oiseaux  -   TOME  1    -  quand ÉsotÉrisme et littÉrature se rencontrent

Richard khaitzine

Edition derVy

 1996

Le procédé littéraire appelé « langue des oiseaux » fut utilisé par des écrivains talentueux comme Villon, Rabelais et Cyrano de Bergerac, mais plus près de nous, Gaston Leroux Maurice Leblanc et autre Alfred Jarry y eurent recours et permirent ainsi d’avoir plusieurs niveaux de lecture.

La langue des oiseaux, considérée par certains comme une langue secrète, consiste à donner un sens autre à des mots ou à une phrase, soit par un jeu de sonorités, soit par des jeux de mots, soit enfin par le recours à la symbolique des lettres. Autrement dit, la langue des oiseaux est une langue tenant de la cryptographie se fondant sur trois niveaux : La correspondance sonore des mots énoncés avec d’autres non-dits permet un rapprochement sémantique qui constitue un codage volontaire, soit pour masquer une information, soit pour amplifier le sens du mot premier.

Longtemps langue d’initiés, système de codage occulte lié à l’alchimie et à la poésie hermétique, la langue des oiseaux acquiert une dimension psychologique au 20e siècle, avec les travaux de Carl Gustav Jung ou de Jacques Lacan, qui y voient un codage inconscient permettant d’amplifier le sens des mots et des idées.
Dans cette langue où prime le « double sens », le son, en somme, « résonne » et « raisonne ». L’analogie avec les oiseaux est avant tout physique : les sons volent a contrario des lettres, qui restent fixes.

Le proverbe populaire « Les écrits restent les paroles s'envolent » témoigne également de cette symbolique. La langue des oiseaux nous invite donc à trouver le sens profond, caché, de la phrase. L’expression « langue des oiseaux » (on emploie également l’expression synonyme de « langue des anges ») a une origine confuse et plurielle :

Une première interprétation possible est qu’elle renvoie au fait que les oiseaux sifflent des mélodies, des musiques pour l’oreille humaine, mais dont on ne réalise pas le sens caché. C’est l’idée d’une langue sacrée, cachée, que l’homme n’« entend pas » (dans le sens de comprendre). Grasset d’Orcet reprend ce point de vue (voir ci-après). Cette interprétation renvoie également au mythe de Tirésias qui, apercevant un jour deux serpents s'accouplant sur le mont Cithéron (ou sur le mont Cyllène), de peur, tua la femelle d'un coup de bâton. Tirésias fut alors transformé en femme. Sept ans plus tard, il revit des serpents accouplés. Il tua alors le mâle pour redevenir un homme. Tirésias fut ensuite confronté aux dieux Zeus et Héra, qui se disputaient pour savoir si l'homme éprouvait un plus grand plaisir dans l'amour que la femme. Consultant Tirésias pour sa qualité d’initié aux deux sexes, ayant connu les deux situations, le jeune homme répondit que selon lui le plaisir des femmes est neuf fois plus intense que celui des hommes. Héra, outragée, le frappa alors de cécité mais  Zeus compensa ensuite le châtiment infligé en accordant à Tirésias le don de prophéties infaillibles et celui de comprendre le langage des oiseaux.

On peut voir également dans le dieu Hermès-Mercure chez les alchimistes, le créateur de la langue des oiseaux. Ailé, il représente le principe volatil et ésotérique du mystère de la Nature. Finalement, les mots sont des symboles dans la langue des oiseaux, qui mènent vers des enseignements occultes. L’alchimie, qui est une mise en images et en textes du Grand Oeuvre, utilise ainsi le symbolisme des mots pour tisser des correspondances entre les concepts. Ce codage assure la pérennité des concepts et images, car seule l’initiation peut fournir la clé des rapports entre les mots.

Dans l'Antiquité latine, les oiseaux passaient pour messagers des dieux. L'auspicie, divination par le vol des oiseaux dans un carré magique projeté sur le sol (ou « templum ») permettait de comprendre les intentions divines. Les « auspices » (de aves spicere : « observer les oiseaux ») étaient une méthode avant tout visuelle qui prenait en compte également le cri des oiseaux observés. Depuis les temps immémoriaux, les cris des oiseaux sont une métaphore adéquate pour l'esprit humain, dans sa tentative de cerner les messages codés de la Nature. Sous l'influence chrétienne, la langue des oiseaux deviendra « langue des anges », gardant ainsi toute la dimension de communication entre le monde visible et invisible qu'elle avait à l'origine.

Fulcanelli, dans son ouvrage majeur Les Demeures Philosophales note : « Employée au Moyen Âge par les philosophes, les savants, les littérateurs, les diplomates. Chevaliers d’ordre et chevaliers errants, troubadours, trouvères et ménestrels […] discutaient entre eux dans la langue des dieux, dite encore gaye-science ou gay-scavoir, notre cabale hermétique. Elle porte, d’ailleurs, le nom et l’esprit de la Chevalerie, dont les ouvrages mystiques de Dante nous ont révélé le véritable caractère. […] C’était la langue secrète des cabaliers, cavaliers ou chevaliers. Initiés et intellectuels de l’antiquité en avaient tous la connaissance. ».

Fulcanelli pense que la langue des oiseaux doit son origine d'une certaine confrérie chevaleresque passionnée d'Occultisme, d'où leur nom de « cabaliers », paronyme du mot « cavalier » et homophone imparfait du mot « chevalier ». Néanmoins rien n'est dit sur sa nature, sinon cette correspondance phonétique entre « cabalier » et « chevalier ». La langue des oiseaux apparaît surtout à travers le système médiéval de codage inventé par les trouvères et troubadours afin de faire passer des messages qui déjouaient la censure des autorités, notamment ecclésiastiques. De nos jours encore, les jeux de mots et surtout les calembours sont des résidus populaires de cette langue poétique. Par exemple le mot « maladie » pouvait contenir un sens codé : c’est le « Mal qui dit » et cela pouvait renvoyer à une institution ou une pratique visée. À l’inverse, la « Bénédiction », c’est « la Bonne Diction » qui renvoyait peut-être à l’art poétique. Autre exemple : les expressions de « Bonne Heure » (= Bonheur) et de « Mauvaise Heure » (= Malheur).

La poésie mystique des soufis emploie souvent la langue des oiseaux également, de la même manière qu’en Occident. Le poète soufi Farîd al-Din Attâr - persan (aujourd'hui l'Iran) a vécu de 1119 à 1190 ; il appartient à la tradition spirituelle Soufi de l’École d’al-Hallâd- dans son ouvrage « La conférence des oiseaux » raconte une épopée mystique ou 30 000 oiseaux sont à la recherche de leur Roi. Le récit commence par un discours de bienvenue qui constitue une fonction rituelle et magique de la « Huppe », un oiseau assimilé à la fonction initiatique. Ces oiseaux représentent l’humanité des fidèles cherchant un sens au monde. La huppe, figure du maître soufi, appelle les oiseaux à partir pour un voyage difficile qui les conduira à la cour de leur Roi où ils rencontreront un oiseau fabuleux, le Simorgh. Certains suivent la huppe, d’autres refusent, se contentant de leurs sorts terrestres. Attâr fait ici une parabole de la quête initiatique soufie où certains sont initiés car ils accèdent au sens profond des mots, d’autres s’y refusent et restent dans un langage commun.

 

KHAITZINE -  LA LANGUE DES OISEAUX -   TOME 2 -   DE L’ALCHIMIE DU VERBE À LA PERMUTATION DES MOTS

Richard Khaitzine

Edition Dervy

 2012

Ce livre constitue le second et ultime volet de La langue des oiseaux. Récemment, Hester Albach, dans Léona héroïne du surréalisme, le cite comme étant le seul ouvrage, traitant de ce sujet, permettant de comprendre Nadja, l'étonnant roman d'André Breton. Or, Breton, dès 1948 avait établi des liens surprenants entre les écrits du milliardaire excentrique Raymond Roussel et un traité d'alchimie moderne, signé Fulcanelli. Partant de ce constat, Breton préconisa de réexaminer l'oeuvre de Roussel.

 

Ce conseil, Richard Khaitzine l'a suivi au pied de la lettre et ses investigations l'ont amené à se demander pourquoi Georges Perec affectionnait les livres de Roussel alors que, par nature, il était plus porté vers une littérature populaire ? Cette question devait en susciter de nombreuses autres. Au terme de son enquête jubilatoire l'auteur vous aura fait explorer le secret des alcôves, des salons littéraires, et des sociétés très discrètes. Une fois le livre lu, vous aurez le sentiment qu'il aurait mieux valu ne rien avoir appris que d'avoir tout à désapprendre et qu'une majeure partie de la littérature demande à être revisitée et lue avec d'autres yeux.

 

Parler et écrire revient à émettre des sons et à dessiner des formes. De tous les vivants, l’être humain est devenu un spécialiste dans ce genre d’exercice. Se souvient-il encore qu’il réitère par là un acte fondateur et sacré ? Ces deux voies d’expression du sens, celles de la géométrie et de la sonorité, s’enracinent très profondément dans la nature de l’univers.

 

La philosophie tantrique enseigne que la Mère Divine se manifeste par la forme et le nom, et qu’il existe de nombreux mondes sur différents plans de conscience, tous contrôlés par le pouvoir de la Mère Divine. L’objectif de la pratique tantrique consiste à s’identifier au Sans Forme et au Sans Nom situé au-delà de tous ces univers : à la suprême Shakti. Comprendre le jeu des noms et des formes est un premier pas pour sortir de la prison de nos identifications et nous ouvrir au pouvoir, à la conscience et à la bénédiction du Suprême.

 

Pourtant nous acceptons habituellement notre langue et notre l’écriture comme une évidence qui s’impose à nous du fait de l’histoire. Elle serait le fruit du passé, d’un mélange imprévisible issu du brassage des peuples, des conquêtes territoriales, des évolutions culturelles et, en ce qui concerne le français, une transformation particulière du latin. De ce point de vue, les lettres, les sonorités et les accents toniques se forment et se déforment au gré des aléas de l’histoire, l’alphabet et le verbe sont des habitudes forgées par un passé ancestral.

 

La « langue des oiseaux » n’est pas nouvelle. Les alchimistes l’utilisaient déjà pour coder leurs textes puis Lacan la redécouvrit en « jouant » avec le langage. On se souvient des intitulés restés célèbres de deux de ses conférences : Les Non Dupes Errent (pour « les noms du père »)  et Le Fond de l’Air est Frais (pour « le fond de l’ère effraie »). C’est précisément ce savoir « inter-dit » qu’explore la langue des oiseaux. Un savoir indémontrable au sens scientifique du terme mais qui, pourtant, est lourd de conséquences. Restons encore un instant sur l’ « interdit ». Il s’agit de ce qui se tient silencieusement « entre les dits » et, d’une manière plus métaphysique, de ce qui est « entre la déité ( D.I.T.) ». L’inaccessible, pour nous les hommes, c’est bien sur tout ce qui n’a pas encore été verbalisé, tout ce qui est resté dans les limbes sans définition, même très imprécise. Tout ce qui n’est pas formulé nous est interdit. N’oublions pas que formuler un interdit c’est déjà dire quelque chose et par conséquent sortir de l’inter-dit. Le véritable interdit, c’est l’inimaginé et le non verbalisé, là où les mots sont absents. Et pour celui qui a la foi il s’agit de tout ce qui n’est pas dieu.

 

Entrer dans la langue des oiseaux n’est pas jouer avec les mots, c’est accueillir dans sa conscience le jeu divin de la pluralité des sens qui cherchent sans cesse à prendre forme dans l’histoire, la psychologie humaine, la nature et, en cas d’échec ou de résistance, dans nos maladies. Chacun sait que la « mal à die » est « un mal à dieu (d.i.e.) », une souffrance corporelle et/ou psychique qui signe l’inaccomplissement de la joie du cœur. Le corps « sait » naturellement cette langue des oiseaux. C’est ce qu’ont bien compris les praticiens du décodage biologique.

 

KHAITZINE LA PETITE HISTOIRE ET LÉGENDE DE ROBIN DES BOIS Culte de la fertilité et franc-maçonnerie de la forêt

RICHARD   KHAITZINE

Edition  SLATKINE 

 2011 

Robin Hood, le célèbre hors la loi, réfugié avec ses joyeux compagnons dans la forêt de Sherwood, luttant contre le Prince Jean, est un personnage universel. Ses aventures ont été maintes fois portées à l’écran et des comédiens célèbres l’ont incarné : Douglas Fairbanks, Errol Flynn; Richard Tod, Sean Connery, Kevin Costner et plus récemment Russel Crow, pour n’en citer que quelques-uns.

 

Walter Scott, dans Ivanhoé, puis Alexandre Dumas, au sein de deux romans ont fortement contribué à construire sa légende. Pourtant le nom du célèbre archer circulait déjà bien avant le XIXe siècle. On en trouve la trace dans des ballades dès le XIVe siècle, dans Piers Ploman, un long poème attribué à William Langland, dans l’œuvre de Geoffrey Chaucer, traducteur du Roman de la Rose, livre fortement teinté de symbolisme hermétique et plus tardivement, dans l’œuvre de Shakespeare.

 

Mais Robin Hood fut-il un personnage historique ou un mythe ? Tout mythe se forge sur des éléments historiques, enjolivés par l’imagination populaire, qui lui insuffle des élans poétiques. Mais ce qui se sait le moins, c’est que les mythes sont très fréquemment porteurs de confidences relatives à une science mystérieuse.

 

Richard Khaitzine, passionné de littérature internationale, vous invite à effectuer un étonnant voyage dans le passé, un voyage jalonné de surprenantes révélations historiques et linguistiques, impossibles à déceler pour qui n’entend pas « la Langue des oiseaux », dénommée également pun ou can par les anglo-saxons.

Ce périple au sein de l’Histoire anglaise, des mythes et du symbolisme, débouche sur des prolongements aussi étonnants qu’inattendus, tels le culte de la fertilité, les fêtes du mois de Mai, ou même les origines de la République française incarnée par… Marianne, un prénom qui fut celui de la compagne de Robin des Bois comme de la grande déesse des anciens. Et si la légende de Robin des Bois était, avant tout un récit ironique, narquois, ce dernier terme de narquois caractérisant celui qui « décoche des flèches ou des traits » d’esprit ?

 

Au sommaire de cet ouvrage du peuple de la forêt, on parle de :

 

De l’utilité de la compréhension des mythes – Robin des bois dans l’œuvre d Walter Scott et d’Alexandre Dumas -  la genèse de la légende d’un outlaw – la légende et les ballades célébrant Robin des bois – l’évolution du personnage – objets et lieux légendaires - - les témoins historiques – les lieux fléchant le mythe de l’Archer – la flèche de Ludlow – les autres protagonistes de la geste – le moine noir et Foulques Fitz Warin – Robin des bois et le paganisme – Robin et Marianne aux origines de la maçonnerie forestière – le joli mois de Mai – de la Kouille à Colas de Nerval, aux couillaunades de Rabelais, en passant par les testicules de messire François Villon – des Charpentiers Bons Drilles aux joyeux compagnons de Robin Wood – de la compagne de Robin Wood à la Marianne révolutionnaire et républicaine – symbolisme et origine du bonnet phrygien – Robin des bois entre archer et arquois – où il est question de sexe du diable et de Robin – Robin du phallus à la lumière – l’Enigme de Bologne – prête moi ta plume – de William Shakespeare à James Joyce – le Rébis – de Gérard de Nerval à Raymond Roussel –les adaptations cinématographiques et télévisées –

 

KHAITZINE  -  le ginseng – ou la quÊte de l’immortalitÉ

Richard khaitzine

Edition H. Veyrier

 1989

600 ans avant notre ère les alchimistes chinois recherchaient l’élixir de longue vie, puis vint le Ginseng, on murmura que le 3ème Reich convoitait cette plante et que les athlètes russes, grâce à cette plante multipliait leurs performances. Qu’en est-il ?

 

1939 : A la frontière de la Mongolie un certain Chao Kung sillonne la région à la recherche des racines dimmortalité. Ce pseudo chinois est en réalité un juif-hongrois du nom de Trebitsch-Lincoln et il est mandaté par le IIIème Reich. Paradoxal ? Sans doute, mais pas autant que la personnalité de cet « honorable » correspondant.

 

1945 : Le général de Lattre de Tassigny s’intéresse aux dossiers secrets d’un criminel de guerre  Ces dossiers concernent une plante : le ginseng, la plante-homme.Les Français arriveront trop tard. Von R. a été exécuté et ses dossiers ont été dérobés.

 

1957 : Les Russes publient des articles relatifs à leurs travaux concernant cette racine. Cette même année, les athlètes soviétiques multiplient les performances. On murmure qu'’ils usent d’un nouveau stimulant : le ginseng.

 

1980 : Un symposium international ayant pour sujet le ginseng se tient à Séoul.

 

Vers 1000 av. J.-C., des marins maures rapportèrent les premières racines de cette plante fabuleuse en Europe. Mais ce fut la déception. Les médecins n’obtenaient que des résultats partiels. Il fallut attendre le XVIIIe siècle pour que, enfin, un Occidental mette la main sur le secret. Il s’agit du Père Jartoux, missionnaire jésuite en Chine, qui rapporta la plante en France en 1711.
Mais là encore, son extrême fragilité freina sa diffusion. Ce n’est que grâce aux progrès scientifiques récents que cette plante fut enfin disponible en Occident sous une forme vraiment aussi efficace et qu’elle commença à être connue du grand public sous le nom de Ginseng. Ce n’est qu’au 21e siècle, que les scientifiques découvrirent la raison de cet échec. Seules les plantes qui vraiment « ressemblent » à un homme, avec la tête, le corps, les mains et les jambes « sont efficaces », explique le Dr. Ma Fan, praticienne à Lyon et chargée de cours à l’Ecole de médecine chinoise de Lausanne. Car les principes actifs sont dispersés. Ils ne se retrouvent pas avec la même concentration dans chaque racine et ils varient selon le lieu.

 

A noter qu’en 1957 un quotidien russe publie un article relatif à des travaux concernant cette racine. Cette même année, les athlètes soviétiques multiplient les performances. On murmure qu’ils usent d’un nouveau stimulant : le ginseng. Le Ginseng est un stimulant du système nerveux, physique et intellectuel. Il accroît la résistance physique et accélère la convalescence. Il a une action de fond sur l’organisme et il est apprécié pour son caractère « adaptogène », c’est-à-dire permettant à l’organisme de s’adapter plus vite à toute forme de stress (physique, nerveux, intellectuel). Ainsi s’achève de nos jours une prodigieuse aventure commencée 600 ans avant notre ère lorsque les alchimistes chinois recherchaient l’élixir de longue vie …Mais s’agit-il vraiment d’une conclusion ? L’auteur nous fait participer à cette recherche de l’immortalité.

 

KHAITZINE  -  le secret de l’Éternelle jeunesse

R. khaitzine & m. questin

Edition TRÉDANIEL

 1993

L’homme naît, vit et meurt. Entre ces trois verbes se situe ce que nous nommons l’existence, un passage plus ou moins long dans l’espace et le temps s’achevant inéluctablement par la mort, c’est-à-dire la désintégration de la matière. Confrontés à cette perspective effrayante, nos ancêtres trouvèrent une raison d’espérer dans l’observation du soleil, lequel mourait le soir pour renaître le matin. Ainsi naquirent les religions et le dogme de la réincarnation. Et si l’homme, pareil au soleil, était soumis au cycle des renaissances ?


Toutefois, certains individus rêvèrent d’aller plus loin, d’enrayer le processus de dégénérescence et de conquérir l’immortalité. De l’Orient à l’Occident émergèrent des systèmes de pensée variés, notamment le Taoïsme et la Science sacrée : l’Alchimie.

 

Au fil des siècles, cette quête insensée mena à des travaux qui furent de véritables aberrations, tels ceux de Gilles de Rais. Mais tous ces chercheurs ne furent pas des fous, des escrocs ou des charlatans. Ainsi, que faut-il penser de Nicolas Flamel ou de l’énigmatique compte de Saint-Germain ? Furent-ils en possession de l’élixir de longue vie ?

Ce sont là quelques-uns des thèmes explorés par Marc Questin et Richard Khaitzine tout au long de ce livre qui constitue un fascinant voyage au sein de la mémoire collective.

 

KHAITZINE -  rennes- le- chÂteau - les faiseurs d’or

Richard khaitzine

Edition  AJ

 1994

Toujours la fameuse énigme de Rennes-le-Château.

 

L’auteur ésotériste renommé nous entraîne dans les milieux occultistes, satanistes et martinistes de l’époque de l’Abbé Saunière, avec Jules Bois, Papus, Emma Calvé, Maurice eblanc, militant anarchiste et inventeur d’Arsène Lupin, se profile les sociétés secrètes ; la Franc-maçonnerie, les Rose-croix, les martinistes et les supérieurs inconnus, l’A.A., la Ste Angélique, et les Alchimistes comme Fulcanelli.

 

KHAITZINE – rennes- le- chÂteau - les faiseurs d’or

Richard khaitzine

Edition M.C.O.R

 2006

« Il est là, mort… », tel est le message découvert par l’ex-chanteur du groupe « Les Enfants Terribles » et filleul de Jean Cocteau, après qu’il eût déchiffré les documents ayant appartenu à l’Abbé Saunière, curé de l’église de Rennes – le – Château.


Qui est la victime ? Qu’est devenu le corps ? Mystères !


Pour comprendre, il est nécessaire de connaître l’entourage de ce prêtre aux activités « peu catholiques » et qui scandalisa ses contemporains par ses agissements singuliers et ses dépenses pharaoniques.
- Qui fut Henri Boudet, curé de l’église de Rennes – les – Bains, personnage érudit et auteur d’un étrange livre codé ?


- Quelles furent les relations de Saunière avec son supérieur hiérarchique Monseigneur de Bonnechose, curieux prélat, vénérant St Hermès et St Lupin et qui baptisa un enfant nommé Maurice Leblanc ?

Au fil des pages, le lecteur croisera la Diva Emma Calvé, grande amie de Georgette Leblanc, Gérard de Nerval, le poète qui en savait trop et le paya de sa vie, Cyrano de Bergerac… et se profilant, en arrière-plan, l’ombre des Cathares, des Templiers, des Rose-Croix, du Comte de St-Germain, de l’énigmatique Masque de Fer, des Alchimistes : Nicolas Flamel et Fulcanelli.


Enfin, et se laissant guider par L'étoile, Les Bergers d’Arcadie de Nicolas Poussin, et La Joconde de léonard de Vinci, le lecteur découvrira l’identité de la victime, la seule menant au Nom de la…

 

KHAITZINE  -   DEVENIR  ALCHIMISTE

Richard  Khaitzine

Edition ADYAR

 2004

La seule façon de devenir Alchimiste est de faire un apprentissage chez un maître expérimenté. Toutefois, la vie d'un Apprenti consiste trop souvent à trimer dur plutôt que de s'instruire. L'Apprenti est fréquemment traité comme un serviteur non rémunéré, et passe le plus clair de son temps à récurer le plancher et à faire les commissions, au lieu d'étudier assidûment l'art de l'alchimie. Il n'est pas surprenant, par conséquent, que seul un petit nombre d'Apprenti persévèrent suffisamment longtemps pour devenir des Alchimistes compétents.

 

Également dénommée Art d’Hermès, du nom du dieu Grec, ou Art de Musique, l’Alchimie est une Science et un Art. Elle n’a aucun point commun avec la chimie rationaliste. L’Alchimie est une philosophie, une métaphysique. C’est ce qui fit écrire au plus grand des alchimistes contemporains: « La chimie est, incontestablement, la science des faits, comme l’alchimie est celle des causes. La première, limitée au domaine matériel, s’appuie sur l’expérience; la seconde prend de préférence ses directives dans la philosophie. Si l’une a pour objet l’étude des corps naturels, l’autre tente de pénétrer le mystérieux dynamisme qui préside à leurs transformations. » (Fulcanelli – Les Demeures Philosophales – Tome1).

 

Ce même auteur précise : « Au surplus, il ne nous paraît pas suffisant de savoir exactement reconnaître et classer des faits ; il faut encore interroger la nature pour apprendre d’elle dans quelles conditions, et sous l’empire de quelle volonté, s’opèrent ses multiples productions. L’esprit philosophique ne saurait, en effet, se contenter d’une simple possibilité d’identification des corps ; il réclame la connaissance du secret de leur élaboration. » Contrairement au chimiste qui s’attache à l’étude de la matière inerte, l’Alchimiste dirige ses recherches vers l’animateur inconnu, agent de tant de merveilles.

 

Cette différence qu’établit Fulcanelli entre la science positiviste et l’alchimie on peut en retrouver l’écho sous la plume de l’un de nos plus grands auteurs populaires du XXe siècle. On peut lire sous la plume du jovial et facétieux Gaston Leroux, dans Le Mystère de la chambre jaune, cette réflexion du jeune reporter Joseph Rouletabille, évoquant le mode de travail du policier Frédéric Larsan: « J’ai cru que Fred était beaucoup plus fort que cela…

Évidemment, ce n’est pas le premier venu… J’ai même eu beaucoup d’admiration pour lui quand je ne connaissais pas sa méthode de travail. Elle est déplorable… Il doit sa réputation uniquement à son habilité ; mais il manque de philosophie… ». Ce qui pourrait passer pour une coïncidence n’en est pas une, et il y aurait beaucoup à dire en ce qui concerne l’Œuvre de l’auteur du Fantôme de l’Opéra. La seule définition valable de l’alchimie est celle qu’en donna Fulcanelli: « L’alchimie est la permutation des formes par la lumière, autrement dit le feu, ou mieux, l’Esprit. »

 

KHAITZINELES JARDINS DE BAGATELLE  -  HISTOIRE ET SECRETS

Richard  Khaitzine

Edition Mercure Dauphinois

 2006

L’incontournable Richard Khaitzine propose à nouveau une promenade du Savoir pour découvrir cette fois les Jardins de Bagatelle. Au programme : visite d’une demeure philosophale (autrement dit un support architectural de l’Art Hermétique), histoire et symbolisme du domaine, visite de la roseraie (concours international des roses). Conférence-promenade gratuite qui s’annonce passionnante sous le soleil de juin (histoire de respirer le bon air de la nature), merci Richard de nous dispenser votre savoir éclectique.

 

2007 est l'année du 100ème anniversaire du Concours international des roses du parc de Bagatelle* (Paris). Voilà une occasion de revenir sur l'histoire et les secrets d'un lieu souvent considéré comme le plus beau jardin parisien. Situé en plein bois de Boulogne* (Paris), il est connu pour être né d'un pari entre Marie-Antoinette et le comte d'Artois portant sur la faisabilité de construire le petit château et son jardin en deux mois seulement. Mais l'histoire du lieu est riche, elle passe par le château de Madrid, la mode des jardins anglo-chinois, la restauration par Richard Wallace, l'achat par la Ville de Paris grâce à Jean-Claude Nicolas Forestier.

 

Un plan reprend ensuite tous les éléments du jardin depuis la porte d'honneur jusqu'à la collection de clématites en passant par le jardin d'iris (riche de 340 variétés), la roseraie (dont le centenaire sera célébré en 2007) et le labyrinthe. Ces secteurs sont ensuite détaillés un par un. Un récapitulatif des collections (magnolias, pivoines, lilas, iris des jardins, iris d'eau, pois de senteurs, clématites...) rappelle le statut de « jardin botanique de la Ville de Paris ». Après toutes ces considérations historiques et esthétiques, la seconde partie de l'ouvrage s'attache à décrypter le domaine sur le plan de la symbolique du site ou de ses éléments.

 

Si l'étymologie de l'appellation « Bagatelle » peut être liée au plaisir des sens ou à la luxure comme il est souvent mentionné, cela peut aussi vouloir désigner une petite chose sans importance. Considérant Bagatelle en qualité de demeure philosophale, le propos du livre est surtout de retrouver des symboles de l'art hermétique et de l'alchimie et notamment au fil du roman onirique et ésotérique « Peter Ibbetson » (1891) du boulonnais d’origine anglaise George du Maurier (1834-1896), grand-père de Daphné du Maurier. Dans cette histoire, la phrase « Parva sed apta » (« petite mais qui convient ») joue un rôle prépondérant. Or, étrangement, ces mots sont inscrits sur la façade avant du château de Bagatelle et peuvent avoir plusieurs significations et pas nécessairement grivoises. La description de Bagatelle concerne notamment l'agencement conçu en fonctions de multiples symboles (grotte, labyrinthe, rochers, les paons, les iris, les statues, les ruines de l'abbaye de Longchamp, les arbres...).

 

 Au fil des pages, sont révélés que les iris plantés sur des toits sont un moyen d'éviter les incendies, que les paons symbolisent l'immortalité, que les grottes sont des archétypes de la matrice maternelle ou encore que le labyrinthe est l'image de l'homme se concentrant sur lui-même. Des encadrés complètent toute cette démarche explicative et concernent notamment des personnages comme Jean de Bologne (1529-1608) ou François-Joseph Alexandre Belanger (1745-1818), mais aussi des notions comme l'alchimie ou le mot « folie ».

 

Quelques photographies en noir et blanc constituent l'iconographie de ce guide en format de poche. Sa lecture peut constituer une manière bien originale de découvrir le parc de Bagatelle, facilitée par un calendrier des floraisons et une liste des arbres remarquables. Pour en savoir davantage sur l'histoire des environs de Bagatelle, il est aussi possible de se reporter à « Isabelle de France et l’abbaye de Longchamp » de Gabrielle Joudiou, également présenté dans cette même rubrique Internet.

 

KHAITZINE -  NOTRE DAME DE PARIS – DE LA COLOMBE Du saint-esprit A LA LANGUE DES OISEAUX

Richard Khaitzine

Edition Edite

 2011

Les historiens nous dépeignent le Moyen Âge comme un âge sombre durant lequel sévirent guerres, épidémies et famines. Or, entre le XIIe et le XIVe siècle, l'Europe construisit des centaines de cathédrales gothiques. L'art s'épanouissant en temps de paix, il y a là assurément un paradoxe. Autre mystère...

 

Comment expliquer la soudaine apparition de l'art ogival se substituant à l'art roman ? Que dire de ce bestiaire fabuleux gravé dans la pierre d'édifices religieux - et qui suscita la colère de saint Bernard - quand on sait combien l'Eglise se montrait soucieuse du respect de l'orthodoxie ?

 

Resituant la construction de Notre-Dame-de-Paris dans cette époque, pleine de bruit et de fureur, mais qui vit également l'émergence d'un formidable élan spirituel, Richard Khaitzine s'interroge et nous livre quelques réponses dérangeantes ayant trait à l'Histoire. Qui fut réellement Maurice de Sully, le premier constructeur de ce chef-d’œuvre architectural ? Peut-on accréditer la version de ses origines modestes ? On le dit fils d'une bûcheronne ! Quel fut le rôle de l'Ordre du Temple, fondé par Bernard de Clairvaux ? Exista-t-il une seconde règle - secrète - et qui aurait été à l'origine des déviations de l'Ordre ? Il semblerait que ce fût le cas.

L'existence historique du rédacteur du Baptême de Feu, Roncelin de Fos, étant aujourd'hui établie. Comment expliquer que le restaurateur de la cathédrale - Viollet-le-Duc - se soit fait représenter sous les traits d'un saint Thomas plongé dans une intense réflexion ? Dans son Notre-Dame de Paris, Victor Hugo affirme que la cathédrale est un abrégé de l'art hermétique. Sur quoi fondait-il son opinion ? Son roman, un livre à clés ? Existe-t-il un rapport entre l'iconographie catholique et l'art d'Hermès ; cette cohabitation est-elle contre nature ? Une certaine langue bien pendue, enfermée dans une boîte d'os, pourrait bien être ce verbum dimissum, commun à l'Eglise, aux corporations ouvrières, à la Franc-maçonnerie et aux Laboureurs du ciel... Une parole perdue par les uns et dont les autres furent détenteurs, bien qu'ils n'en aient pas gardé le souvenir

 

Une légende pourtant partie d’un simple "graffiti" : c’est en visitant la cathédrale que Victor Hugo, ayant vu gravé dans la pierre le mot "fatalit", se demande qui peut être à l’origine de cette inscription. Naîtront alors dans l’esprit du poète des personnages comme Quasimodo, Esméralda, Phœbus ou Frollo, personnages d’un futur roman historique et fantastique, devenu depuis symbole du romantisme.

 

Fatalité, amour impossible, folie, mort tragique : le roman de 1831 faisait figurer dans ses pages autant d’ingrédients qui ne pouvaient qu’être repris plus tard comme trame de toutes sortes d’adaptations. Des éléments indissociables de leur décor, à savoir les murs épais et les inquiétantes gargouilles de Notre-Dame-de-Paris, qui connaît dès lors ses premières heures de gloire. Après 850 ans d'existence, Notre-Dame-de-Paris fascine toujours autant par sa beauté et sa stature. La légende imaginée par Victor Hugo entoure encore la cathédrale d'un voile de mystère.

 

Au sommaire de cet ouvrage de 300 pages :

 

L’église au Moyen-Âge  -  le témoignage de Victor Hugo  -  Celtisme et christianisme  -  Du passage de l’art roman à l’art gothique  -   Grandeur et chute de l’Ordre du Temple   -   Le baptême de feu  -  La construction de Notre Dame de Paris, de la pierre brute à pierre taillée  -   Aux origines, Lutèce  -  L’ile de la Cité  -  La cathédrale Saint Etienne  -   A la Gloire de la Vierge Marie  -   L’église et la chrétienté au début du XIIe siècle  -   les débuts de la construction, celle de la nef, de la façade occidentale  -  les trois portails  -   la période de 1220 à 1250  -   Au nom de la croix et de la Rose   -   en suivant les toiles, les Mays, les bas-reliefs  -   La sacristie, son trésor et ses vitraux  -   Des orgues, des cloches et de l’Art de la musique   -  Les temps de Solve Coagula  -  De quelques évènements historiques dont fit témoin la cathédrale   -   Les toits  -  les gargouilles   -  les chimères  -   De l’architecture au Grand Architecte de l’Univers  -   Du mystère des cathédrales aux Demeures Philosophales   -  Le Parvis et le Phoebigène  -  Où la fête de l’âne nous mène à un graffiti  -   De la fête des fous à la fête des ânes  -  De l’art gothique à l’art Cot, et de l’art d’Hermès  -  Du symbolisme hermétique des cathédrales en général et de celui de Notre Dame en particulier  -   Du symbolisme chrétien au symbolisme alchimique  -  Des opérations alchimiques qui figurent au portail de Notre-Dame  -   De et cum espiritu tuo à cum la lune  -   les dimensions de la cathédrale en quelques chiffre  -  la Sainte ampoule  -  le saint Chrême  -  le sacre des rois de France et l’Alchimie  -  Au sujet du monogramme d’Henri II   -   Quasimodo ou le Chaos Primordial   -   

 

KHAITZINE -   LA  JOCONDE – HISTOIRE, ḖNIGMES ET SECRETS

Richard  Khaitzine

Edition Mercure Dauphinois

 2003

La Joconde. Le plus célèbre tableau au Monde, l'œuvre du Maitre Léonard De Vinci a fait et continue à faire couler beaucoup d'encre. Qui est cette mystérieuse femme ou que représente-t-elle ? Richard Khaitzine du jour mène l'enquête sur ce tableau...ou plus exactement sur les deux tableaux présumés existants : celui de Mona Lisa et celui de la Joconde.

Le tableau de la "La Joconde" aurait été peint entre 1503 et 1505. Il serait la représentation de la femme d'un riche marchand florentin, Francesco Del Giocondo, la belle Lisa Gherardini. Mais, "Madame Lisa», du nom que lui avait donné De Vinci de son vivant, ne ressemble pas à la description du tableau faites par le biographe Giorgio Vasardi. C'est d'ailleurs lui qui, 30 ans plus tard, donnera à ce portrait le nom de "Mona Lisa". L'histoire veut également que cette oeuvre ait été vendue à François 1er, pourtant Léonard De Vinci gardera jusqu'à sa mort "La Joconde" auprès de lui.

Raphaël fera d'ailleurs une esquisse de la "Mona Lisa" de De Vinci après lui avoir rendu visite. Cette reproduction semble bien loin de "La Joconde". Ce portrait ne correspond pas non plus aux portraits qu'avait peint jusque-là Léonard, ni au personnage réel. D'une part, Léonard De Vinci peignait pour ceux qui pouvaient payer ses services, aussi ils souhaitaient que la représentation de leur bien-aimée soit voluptueuse et laisse respirer le luxe, La Joconde porte un habit sobre sans bijou extravagant, ce qui exprime une certaine pauvreté.

D'autre part, Madame Del Giocondo aurait perdu un enfant peu de temps avant ses séances chez le Maitre. Encore une fois, la Joconde semble paisible et pas tourmentée par un poids comme le serait une femme en deuil. Au regard de son corps et de ses mains, elle serait peut-être enceinte. Mais alors, qui est cette femme au sourire si troublant ? Pour certains, il pourrait s'agir d'un autoportrait de De Vinci, voire d'une extrapolation du visage de sa mère biologique, Catharina, à partir de son visage. D'autres estiment que Léonard a représenté l'être parfait mi-homme, mi-femme.

Dan Brown avait repris dans son "Da Vinci code" une théorie selon laquelle Léonard aurait été un Grand Maître du Prieuré de Sion, leur but étant de protéger la descendance de Jésus de Nazareth. Toujours selon cette théorie, Léonard aurait, via un système complexe de codes et d'anagrammes, tenté de redonner une place au féminin dans la religion catholique, d'où "La Cène" et son fameux personnage androgyne et peut être "La Joconde". S'il semble presque établi que "Mona Lisa" et "La Joconde" sont deux pièces différentes, nul ne peut aujourd'hui établir les origines et surtout comprendre ce que Léonard De Vinci voulait représenter ou qu'il voulait représenter quand il a peint ce tableau.

 

KHAITZINE  -  LE MAGNḖTISME CURATIF  - Pratiques, applications, bienfaits et secrets

Richard Khaitzine

Edition Dervy

 1990

La physique quantique démontre aujourd'hui que la matière dans l'univers n'est en fait que concentration d'énergie. L'être humain est donc constitué d'énergie, principe que certaines médecines traditionnelles anciennes connaissaient et appliquaient. Ce n'est donc pas nouveau : l'homme sait depuis longtemps capter et réutiliser cette énergie pour soulager, apaiser, s'aider et aider les autres.

 

 Cette technique est appelée magnétisme. Lorsque nous subissons les atteintes de la maladie, c'est en raison d'une rupture de la chaîne énergétique, laquelle affecte aussi bien notre âme que notre physique. Le magnétisme, "médecine énergétique", prend en compte tous les niveaux de l'être pour une thérapie globale, il agit sur les symptômes mais aussi sur les causes.

 

Pour Richard Khaitzine, pratiquer le magnétisme n'est pas une affaire de don, cela s'apprend, se travaille, se développe et est accessible à tous. Il nous donne avec ce livre un véritable cours pratique de magnétisme basé sur des techniques simples. Il nous explique comment capter l'énergie puis comment la réutiliser pour soulager.

 

KHAiTZINE  -  le comte de saint-germain – hypothḔses et affabulations

Richard Khaitzine

Edition Médiadit

 2010

Qui fut cet homme mystérieux qui défraya la chronique au XVIIIe siècle ? Un beau parleur, un aventurier se doublant d'un espion, un charlatan ou, ainsi que le prétend la légende, un missionné, un noble voyageur, un alchimiste, un Rose-Croix... un Adepte ayant réalisé la Pierre philosophale et qui aurait acquis l'immortalité ?


En dépit de l'abondante littérature - pas toujours très sérieuse - qui lui fut consacrée, ce personnage demeure une énigme. Où naquit-il ? À quelle date ? Qui furent ses parents ? D'où lui venait sa fortune ? Autant de questions qui n'ont jamais reçu la moindre réponse satisfaisante. Résoudre cette énigme nécessite de faire table rase des hypothèses non fondées et des affabulations. À l'issue de notre enquête, si la personnalité du comte de Saint-Germain se trouve ramenée à des proportions plus humaines, excluant le merveilleux, votre vision de l'histoire de l'Europe, et en particulier de la France, ne sera plus du tout la même.

Un mot de l'auteur

« Je suis heureux de vous annoncer la sortie de mon nouveau livre, un livre consacré à celui qui demeure, sans doute, l'un des plus énigmatiques personnages de notre histoire : le mystérieux Comte de Saint-Germain. Ce travail se situe résolument en rupture avec tout ce qui a été publié sur ce sujet. C'est-à-dire que je me suis évertué à vérifier toutes les sources mentionnées par mes devanciers. Reprenant toutes les hypothèses, séparant ce qui était vrai, ou du domaine du sérieux, des affabulations et des élucubrations émanant de cercles ésotériques peu fiables.


La noble figure du comte de Saint-Germain en ressort grandie, même si dépouillée de l'aura dont certains ont cru devoir l'envelopper. Il ne fut nullement un charlatan ou un escroc, ni un immortel ayant défié le poids des ans, encore moins un «Maître de je ne sais quel rayon violet» !


La vérité est bien plus simple et n'en est que plus belle puisqu'elle fait de cet homme hors du commun un être qui nous est davantage proche. Son passé fut certes mystérieux, mais uniquement parce que sa vie fut exposée aux pires dangers et qu'il fut contraint de vivre en exil. Néanmoins, et ses relations avec Louis XV l'attestent, il appartenait aux plus grandes familles européennes. Homme très cultivé, musicien émérite, inventeur de génie et ne pensant qu'au bonheur de l'humanité, il aima la France et les cours européennes, lesquelles furent bien ingrates. Fut-il alchimiste ? Il le nia toujours, mais un témoignage fiable, rapportant ses propos, montre qu'il avait d'excellentes connaissances en la matière. Il était d'ailleurs capable d'améliorer la qualité des pierres précieuses.


Cet ouvrage vous mènera de la Castille d'Alphonse X le savant, puis de la spoliation des infants de la Cerda, à l'Espagne des XVIIe et XVIIIe siècles. Vous y découvrirez aussi comment la dynastie des Valois, en France, se trouva écartée du pouvoir au profit d'Henri IV et pourquoi le dernier alchimiste français - Fulcanelli - avait la plus grande amitié pour Pierre Dujols, le libraire érudit.


Enfin, preuves historiques à l'appui et surtout grâce à l'analyse des armoiries du comte vous n'aurez plus aucun doute sur ses origines réelles. Une chose est sûre, ayant pris connaissance de ce que fut réellement ce personnage fascinant, doux et généreux, vous n'aurez qu'un regret : celui de ne pas l'avoir connu. Si je devais résumer son existence, je dirais qu'il s'agit d'une histoire très moderne : celle d'un homme désintéressé en but à l'hostilité et à l'ingratitude des grands de ce monde affamés de Pouvoir ! »

 

KHAITZINE -  le syndrome de la pie voleuse  -

Richard Khaitzine

Edition Médiadit

 2010

Il existe une différence fondamentale entre les contes de fées et les événements qui virent au cauchemar. Alors que les premiers ouvrent la porte sur des mondes enchantés grâce à la célèbre phrase «il était une fois...», les seconds commencent par «tout débuta...», et ouvrent les vannes à un déluge d'emmerdements. En l'occurrence, pour Dolorès et Ray tout débuta alors qu'ils passaient des vacances en Espagne. Ce jour-là, la jeune femme avait tanné son mari afin qu'ils aillent assister à une corrida, à Pampelune.

 

Il avait eu beau protester, tenter de l'en dissuader, rien n'y fit. Et, comme le dit le fameux proverbe, «ce que femme veut...» Bref, vous connaissez la suite. Ils se retrouvèrent donc aux arènes, assis au premier rang, juste au-dessus du callejón, le couloir situé entre les gradins de la palissade rouge de la barrera. Au-delà de la barrière rouge, le sable jaune avait été finement ratissé. Les hommes d'estoc, et les employés des arènes pénétrèrent dans le callejón. Ils portaient sur leurs épaules les paniers d'osier emplis de capes de combat et de muletas. Elles étaient tachées de sang, tassées et pliées serrées dans les paniers.

 

La flanelle rouge des muletas fut déployée et on y fixa des baguettes destinées à tendre l'étoffe afin que le matador puisse bénéficier d'une prise. Sous la haute voûte qui conduisait aux corrals, les toréadors, les bras enroulés dans leurs capes, discutaient en attendant de défiler dans l'arène. Dolorès, une petite brune, d'apparence fragile, âgée d'une trentaine d'années, promenait le regard de ses jumelles de l'arène aux gradins bondés. A côté d'elle, Ray, un grand gaillard à la musculature puissante et «bodybuildée», boudait.

Un mot de l'auteur : Chers Amis et Lecteurs

J'ai l'immense plaisir de vous présenter mon premier roman policier qui est un hommage au regretté Michel Audiard. Je lui dois énormément concernant les dialogues qui, j'en suis convaincu, vous amuseront énormément.
Cela étant précisé, il s'agit d'un vrai polar qui sacrifie aux règles du genre. Il y a une véritable intrigue, de l'action, de l'humour, un coup d'oeil ironique et critique concernant les dérives de notre société, des rebondissements et une série - pourquoi se limiter - ? de chutes cocasses et inattendues. En somme tous les ingrédients pouvant vous faire oublier la morosité ambiante et le poids, parfois lourd à porter, du quotidien.


L'Histoire ? Imaginez la rencontre d'une jeune femme enceinte, souffrant de kleptomanie, et d'un tueur professionnel. Rencontre improbable, sauf si la jeune femme ne dérobait à Max le «contrat» relatif à sa nouvelle cible. Or Max est mauvais, très mauvais. Il est mauvais dans sa profession et surtout teigneux comme pas un ! Ce type est une caricature d'homme - misogyne, macho, raciste, violent. De plus, il très embêté. Comment voulez-vous qu'il explique à ses «employeurs» qu'il ne peut remplir ses obligations parce qu'il a «égaré» les coordonnées - dont il n'avait pas pris connaissance - de la personne qu'il doit éliminer. Pas très sérieux ! Et comme si ce déluge d'emmerdements n'était pas suffisant, il y a sa copine, une strip-teaseuse blonde qui lui pourrit la vie. Faut dire que chez cette nana le neurone mourra comme il a vécu - seul - tout seul !


Avec une belle constance, à défaut d'enthousiasme, Max se met à la recherche de son bien et, comme la mémoire est un truc bizarre, un rêve récurrent lui permet de revivre, en partie, l'escamotage de son enveloppe. Désormais la chasse est ouverte. Comment la future maman va-t-elle pouvoir échapper à ce prédateur ? Fort heureusement, elle compense son manque de vélocité, occasionné par un tour de taille s'arrondissant de jour en jour, par une imagination fertile, un sens remarquable de l'à-propos et surtout un instinct de survie frénétique. Il faut dire qu'elle se bat pour deux !


Max est de plus en plus furibard. Il va lui faire la peau à cette maman kangourou, il va la pulvériser, l'atomiser, la réduire en particules - fines les particules ! En attendant, il en bave. S'il tenait le mec qui a écrit que la femme est l'avenir de l'homme, il lui ferait passer l'envie de proférer des conneries ! Mais je vous en ai déjà trop dit et ne veux pas gâcher votre plaisir !

 

KHAITZINE  -  le symbolisme maçonnique & hermÉtique de peter pan

Richard khaitzine

Edition RAMUEL

 1996

Ce premier livre, inaugurant la collection « Il était une fois », s’adresse aussi bien aux adolescents qu’aux adultes. L’étudiant, le frère Maçon, le professeur y trouveront matière à réflexion.


« Peter Pan », le chef-d’œuvre de James Barrie, ne dépareille en rien les contes traditionnels. Il s’agit d’un livre d’une haute portée spirituelle et symbolique. Comme tous les contes, cette histoire à dormir debout constitue un excellent moyen de demeurer éveillé.


Le présent ouvrage se situe dans la droite ligne du précédent livre écrit par l’auteur : « La Langue des Oiseaux ». Il est une invitation à lire autrement, plus intelligemment.
Si vous souhaitez comprendre le sens de votre existence, accompagnez-nous dans ce voyage vers l’île de Nulle Part !

Au sommaire de cet ouvrage :

 

Biographie de James Matthew Barrie  -  Avant de pousser la porte   -  de l’enfance à l’âge adulte   -   Qui est donc Peter Pan ?  -   de Pan à Peter Pan, tout est Un   -   la langue des oiseaux   -  des mondes naturels et surnaturels  -   de l’île de Nulle part à l’île de Délos   -  Jack Crochet   -   charbonnier est maître chez lui   -  

 

KHAITZINE  -  le symbolisme maçonnique et hermÉtique du « petit chaperon rouge

Richard khaitzine

Edition Ramuel

 1997

A travers cet ouvrage, l’auteur nous invite à découvrir la signification des charmants contes de Charles Perrault.

 

Chargés d’un savoir ancestral, les dits contes, connus également comme étant ceux de « Ma mère l’Oie », nous parlent de la Loi Mère, la Grande Nature et la Loi cosmique.

 

Pour les fervents de l’explication psychanalytique, le « petit chaperon rouge » serait un résumé des théories freudiennes avant la lettre ; quant aux universitaires, ils n’y voient qu’une « moralité » attirant l’attention sur les dangers de la désobéissance ; mais voyons, pour qui est-elle dangereuse cette désobéissance civile ?

 

En fait, les contes furent toujours un véhicule privilégié de la Science Hermétique, destinés à nous enseigner la nécessité de procéder à un bouleversement de notre vision, à un renversement des valeurs. C’est en cela que l’Alchimie se montre contestataire et attractive pour une jeunesse n’ayant plus confiance dans les institutions, mais assoiffée d’idéal.

 

Au sommaire de cet ouvrage :

 

Biographie de Charles Perrault  -  Des mots-scions et merveilles des mots  -  A propos de la Mère l’Oye  -   les sources linguistiques de Charles Perrault   -  de la sagesse, de l’ouïe et du bleu  -  lettres de Charles Perrault à Mademoiselle  -  l’arbre qui cache la forêt  -   avez-vous vu le grand méchant loup ?   -  voyage dans les étoiles  -  mutation de conscience et transmission alchimique    -   ce cabinet dit de réflexion   -  de la Galette des Rois au Moulin de la Galette  -  le dernier mot n’est pas dit…

 

KHAITZINE  -  LE SYMBOLISME MAÇONNIQUE ET HERMÉTIQUE DU CHAT BOTTÉ

Richard Khaitzine

Edition La Pierre Philosophale

 2011

Après les contes de Peter Pan et du petit chaperon rouge, voici l’histoire symbolique, maçonnique et hermétique du Chat Botté.

 

L’ère des Poissons s’achève et l’humanité va entrer dans un nouveau cycle –l’ère du Verseau- un cycle de 2160 ans qui va privilégier la communication, les échanges interactifs d’internet, les smartphones, les tablettes numériques, la rapidité de l’information mais aussi la consommation boulimique des images. Tout ceci va accélérer le temps –Chronos et laissera de moins en moins de temps à l’homme pour se poser, réfléchir et se poser des questions sur son devenir et celui de notre planète.

 

L’homme a chaussé les bottes de 7 lieu et veut aller plus vite que la musique, les fées sont reléguées au magasin d’accessoires et la pratique de la spiritualité en loge est remplacée par du théâtre avec des mauvais acteurs, l’entreprise de démolition de la Tradition avec des dirigeants qui se prennent pour des envoyés divins est en marche et le symbolisme est galvaudé. Quelle erreur, que de temps perdu, que d’énergie gaspillée. Mais voyons plutôt l’histoire de ce chat.

 

L’Egypte ancienne vénérait, sous les traits du chat divin la déesse Bastet comme une bienfaitrice et une protectrice de l’homme, de nombreuses œuvres d’art le représentent, un couteau dans une patte tranchant la tête du serpent Apophis, le dragon des ténèbres, personnifiant les ennemis du soleil.

Le chat symbolise ici la force et l’agilité du félin, qu’une déesse tutélaire met au service de l’homme pour triompher de ses ennemis cachés.

 

La liste du symbolisme des chats est immense, chaque pays, chaque continent, chaque religion, chaque tradition a adoré ou diabolisé le chat, au moyen Âge les chats surtout noir, portait le mauvais œil et les chats roux symbolisaient Judas l’Iscariote, mais revenons à notre chat botté.

 

Ce chat botté assure dans un premier temps la nourriture pour son maître, il nous fait assister à tout un processus alchimique dans la succession du gibier entre autre, dévoilant des moyens supranormaux. Puis il oblige son maître à subir un bain d’ouverture, le baptême initiatique, indispensable pour pouvoir accéder au chemin royal, il reçoit également le sel virginal émanant de la Vierge lunaire, fille du Roi, afin que l’œuvre accède à sa phase principale.

 

Le chat alerte tout le monde y compris le roi, en criant « au voleur, mon maître s’est fait voler ses habits » cela pour que le roi lui donne des habits royaux et c’est dans le carrosse royal que le marquis parcourt le chemin de l’investiture définitive.

 

Notre thaumaturge à moustaches saura également intimider les faucheurs puis les moissonneurs, au point de leur faire dire que les terres sur lesquelles ils travaillent sont en fait la propriété du marquis, alors que jusque-là il ne possédait rien.

 

Pour réaliser pleinement la fortune de son maître, le chat initié-initiant, devra encore aborder l’Ogre, en une progression alchimique et stellaire. L’Ogre-Orion laisse sa place céleste au lion puisqu’il se métamorphose en roi du désert, qui lui-même diminue peu à peu, avant de se volatiliser comme le fait le Mercure (alchimique) dans la sublimation opérative.

 

Finalement ce chat me fait penser au Mat-Fou du Tarot qui accompagne l’homme dans son voyage à travers les lames du tarot, il lui sert de conseiller et de garde-fou, lui indique le meilleur chemin et sous le nom d’intuition et de persévérance l’amène à l’œuvre rouge pour le  mariage final.

 

KHAITZINE -  marie-madeleine & jÉsus

Richard khaitzine

Edition LA TABLE D’ÉMERAUDE

 2005

Ce livre est une réponse aux intégrismes religieux qui n’en finissent pas de manipuler les faits au mépris de toute vérité historique ; il est également une réponse à ces auteurs qui n’hésitent pas à flatter le voyeurisme du public en lui vendant une vision de l’histoire, assaisonnée d’une sauce pseudo ésotérique, ne s’élevant jamais au-dessus du niveau de la presse à scandale.


Après la sortie du film de Mel Gibson «La Passion du Christ» flirtant avec un antijudaïsme désuet, et non fondé, nous avons pu pénétrer les secrets d’alcôve de Marie-Madeleine et de Jésus, grâce au Code da Vinci de Dan Brown.

Doit-on accréditer ces thèses ? L’Église catholique nous cache-t-elle la vérité ? À ces questions primordiales pour qui veut comprendre l’histoire de l’humanité au cours des 2000 ans qui viennent de s’écouler, Richard Khaitzine, auteur bien connu des lecteurs exigeants, et apprécié des «sociétés discrètes», apporte des réponses dérangeantes, pouvant être contrôlées aisément.

 

Après la parution de La Joconde, histoire, secret et énigmes, constituant une véritable initiation au symbolisme de l’œuvre de Leonardo da Vinci, il récidive en vous invitant à découvrir les mystères de la chrétienté, quitte à secouer les colonnes du Temple !


À l’issue de votre lecture, Marie de Magdala, Jésus, les Évangiles et l’Église de Rome n’auront plus aucun secret pour vous.

 

KHAITZINE -  paris,  secrets & mystÈres

Richard khaitzine

Edition Mercure Dauphinois

 2004

Ce guide s’adresse à tous les amoureux de Paris, à ceux qui prennent encore le temps de flâner. Il est une invitation à découvrir Paris comme vous ne le connaissez pas, à voir et lire autrement. Nous avons fait la part belle au mystère, aux secrets de l’Histoire. En effectuant ce parcours, vous revivrez 2 000 ans d’histoire de la plus belle ville du monde, à travers des anecdotes surprenantes, mais toujours pleines d’esprit.


Vous croiserez une multitude de personnages : Molière, Cyrano de Bergerac, le Masque de Fer, le comte de Saint Germain, Cagliostro, Gérard de Nerval, George Sand, Victor Hugo, Wagner, Berlioz, Alfred Jarry,  Toulouse Lautrec, André Breton, Jack Kerouac, Ernest Hemingway, Colette, Raymond Roussel, Fulcanelli, Georges Pérec, etc. Vous découvrirez aussi ce que fut le Montmartre des cabarets. Et vous aurez la surprise de croiser Arsène Lupin, Rouletabille, Le Fantôme de l’Opéra, Chéri bibi, mais aussi le Roi Mystère, un justicier, défenseur des pauvres, et fondateur d’une compagnie d’assurances contre les risques de la Société. Tous ces personnages ont des confidences étonnantes à vous faire concernant la Capitale…

 

Son grand-père paternel, Salomon, un artisan ébéniste, quitte la Russie en 1914. Veuf, il épouse en secondes noces une alsacienne: Reine Rouff. Charles, le père de Richard Khaitzine, qui exerçait le métier de cycliste de presse, exerça une forte influence sur sa future carrière