Chapitre 1 A - K (
Maçonnerie ) |
ACACIA……L’ACACIA M’EST CONNU |
Divers Auteurs |
Edition ARCADIA |
2006 |
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Evoquant
un aspect juvénile résultant de l’acquisition d’une vie immortelle, le bois
d’acacia symbolise une jeunesse impérissable, celle qui s’applique non à
l’homme extérieur mais à l’homme intérieur devenu indépendant du temps et de
la durée. On retrouve cette même signification dans le rituel maçonnique où
l’acacia est associé à la mort d’Hiram, bâtisseur du Temple de Salomon.
Suivant la légende, on planta sur sa tombe un acacia qui deviendra pour les
francs-maçons le symbole de l’immortalité et de la renaissance de la
lumière. En Inde et en Afrique, presque tous les objets ritueliques sont
faits en bois d’acacia. Chez les Bambaras d’Afrique par exemple, un rituel
spécial était fait durant la saison sèche, car c’est à ce moment-là que
l’acacia refleurit après avoir perdu ses fruits et ses feuilles durant
l’hiver, chez eux les vieillards en fin de vie dormaient sur un lit d’acacia,
préfigurant une vie éternelle dans l’autre monde. On
dénote environ 500 espèces d’acacia à travers le monde, la plupart dans les
régions tropicales. Les plus connus sont l’acacia, le robinier et le mimosa Sam
Eched
explique que, selon la tradition salomonienne le terme hébreu qui désigne
l’acacia est : Shita (shin-Teth-Hé), or ce mot vaut 314, qui
n’est autre que la valeur guématrique de Shaddaï, le nom divin Tout
Puissant. Ainsi par cette équivalence traditionnelle, la branche d’acacia,
emblème et symbole du Maître Maçon, nous ramène par l’expression voilée vers
l’un des Noms du G.A.D.L’U. et pas n’importe quel nom. Alexandre
Lederman
nous parle de « L’acacia m’est connu »,
épreuve de la renaissance du Maître en recherche de la parole perdue, épreuve
et chemin qui conduisent à la réalisation spirituelle. La signification du
mythe de l’acacia est décrite comme fondement de la transmission, le V.M
étant un constructeur de pont grâce à ce symbole qu’est une Arche
imputrescible et éternelle. J.D.C. dans sa relecture
d’Hiram prend comme point de départ le décès de sa mère, pour nous amener à
la mort et à la renaissance d’Hiram, il mène l’enquête de la mort d’Hiram et
cherche à savoir pourquoi et comment Hiram a été tué et pourquoi fut planté
une branche d’acacia sur le tertre où Hiram fut enterré. Il conclut n’être
pas l’assassin et cette branche est une bouture qui espère-t-il un jour deviendra
un arbre superbe. Jacques
Trescases
développe cette chambre du milieu où le crime fut commis, il se demande qui
sont les assassins de l’architecte et pourquoi Salomon n’a rien fait pour
éviter ce crime. Il pose l’équation Hiram =
Salomon = surconscient et donc le meurtre d’Hiram n’est rien
d’autre que le suicide de l’âme. Julien
Behaeghel
dans le Tertre et l’Acacia explique que le Tertre est cosmogonique, il
correspond chez les anciens égyptiens au tertre initial, celui sortant de
l’océan initial pour former la terre de la manifestation qui deviendra pour
l’homme la terre de la montée de la conscience. Il est représenté sous la
forme du serpent horizontal contenant la matière, et surmonté du disque
solaire ailé, ce qui exprime l’émergence de l’esprit dans la matière,
émergence qui permettra l’illumination et la verticalisation de l’homme dans
la lumière de la pure conscience. Le disque solaire est ailé, la conscience
monte. H. Berges explique pourquoi cet acacia remplace Maître Hiram, pourquoi l’immanence est la clef de la vie, grâce à la Parole perdue et qu’alors la voie initiatique offre une possibilité de transcendance en reconstituant ce qui est épars ; l’auteur parle de l’Arbre de la Connaissance, de la branche d’acacia, de l’esprit du Maître et de la Parole perdue. |
ACACIA…L’ACACIA M’EST CONNU |
Joël Jacques |
Edition Maison de vie |
2016 |
L'Acacia m'est connu ", dit le Maître
Franc-Maçon. De la même manière, il affirme avoir visité l'intérieur de la
terre. Dans la Loge, il est celui qui plante le rameau d'acacia, le fanal qui
lui a montré le chemin durant ses voyages. Cette petite lumière annonciatrice
de l'avenir est celle qui permet de retrouver son chemin au cœur des
ténèbres. Avec elle, le Maître poursuit son but, quelles que soient les
embûches. Le rameau aux fleurs d'or affirme son niveau de conscience car
l'acacia est un très ancien et très puissant symbole initiatique. Il affirme
aussi que la mort est l'ultime et inséparable objet de la vie et non une
damnation. Plus que tout autre emblème maçonnique,
l'acacia, couronne épineuse du Christ, est le signe de la connaissance des
Maîtres. Il est le messager de la victoire spirituelle et l'esprit de la
manifestation des cycles de mort et de renaissance. Depuis la plus haute
antiquité, l'acacia et le Maître ne font qu'un. Ce rameau d'or sur une motte
verte est ce qu'il nous reste des anciens dieux et nous allons ici tenter de
retrouver sa trace. Au 1er Degré
symbolique, lorsqu’il est questionné sur sa qualité maçonnique, l’Apprenti
répond : « mes FF me reconnaissent comme tel ». Il ne
prend aucune responsabilité : ce n’est pas lui qui se déclare
maçon, il est juste reconnu par d’autres. Dans une deuxième réponse, alors parvenu
au grade de Compagnon, il réplique : « j’ai vu l’Etoile
Flamboyante », le Compagnon Maçon est toujours passif mais, cette
fois-ci, il se place en tant que chercheur, comme un voyageur qui trouverait
son chemin en scrutant les étoiles. Le Compagnon en déclarant qu’il a vu
l’Etoile Flamboyante, indique qu’il est en train de frayer son chemin à
travers les ténèbres afin d’aboutir à la lumière. Mais il n’est toujours pas
maître de son voyage. Il doit suivre un guide qui lui indique la direction à
suivre. Il ne peut voyager s’il n’a pas vu l’Etoile. Dans une troisième réponse, « l’Acacia
m’est connu », le Maître Maçon se place en tant que connaisseur. Il
déclare connaître l’Acacia. Uni au symbole, il a la force de prendre en main
son propre destin, sa propre vie. Déjà le Compagnon assurait son état mais on
peut considérer que le Maître, lui, fait preuve dans sa réponse d’une très
grande confiance en lui-même. Est-il pour autant arrivé au bout du
chemin ? Non. Mais cette fois-ci, il possède suffisamment d’éléments
pour pouvoir décider seul de la direction à prendre. L’Acacia sera pour lui
plus qu’une Etoile qui montre le chemin. Grâce à l’Acacia, il trouvera
l’endroit où gît Maître Hiram, même s’il n’y a aucun chemin qui y mène
puisque cet endroit est enfoui dans la terre. Grâce à l’Acacia, il sera
capable de « déterrer » du fond des abîmes, de l’obscurité totale,
Maître Hiram, c’est-à-dire la connaissance, et de lui redonner la vie. En
choisissant un symbole fort comme l’acacia, la Franc-Maçonnerie tâche de
faire prendre conscience à ses membres qu’ils se trouvent en possession d’un
matériau sacré. La formule « l’Acacia m’est connu » ne
signifie pas seulement que celui qui le dit est devenu Maître. Cette
affirmation va bien au-delà du degré maçonnique. En prononçant ces mots, le
Maître maçon se relie, par l’intermédiaire de ce symbole, à des milliers
d’années d’histoire à travers le monde. En outre, par le choix de l’acacia,
la maçonnerie vise à relier le Maître maçon d’aujourd’hui à l’histoire
biblique, d’une part, et à la légende maçonnique d’autre part. Comme l’acacia
qui fait le lien entre la matière et l’esprit, voire l’homme et le divin, le
Maître maçon possesseur d’acacia est ainsi relié à l’Univers. Se plaçant sous
le signe de l’acacia imputrescible, le nouveau Maître souligne le caractère
incorruptible de son engagement et de sa recherche. Par l’épreuve de la mort,
il a vaincu la mort ; connaissant le secret de la vie, il a pris
conscience du sens de l’éternité mais attention, le Maître maçon ne doit pas
se laisser arrêter, atteindre ou blesser par les piqûres d’épines de l’arbre
qui correspondent à la continuité des épreuves traversées. Au sommaire de cet ouvrage : Minus greenatus
alias green, l’homme vert du Temple
- L’ombre et la tombe de Christian
Rosencreutz - les étapes d’une progression -
les palais de la mémoire
- Rite anglo-saxon de type
Emulation - Rite Français en 7 grades selon le
Régulateur de 1801 - Cahier du Président Edition de 1818 -
Rite Ecossais Ancien et Accepté selon le Régulateur des Maîtres Maçons
Ecossais de 1803 - Les pommiers d’Avallon -
Acacia des mots, Acacia des morts
- Si quelqu’un est déjà
ressuscité, il est vivant comme Dieu est vivant -
La mort de l’apprenti conduit à la résurrection du Maître -
Délivrance et ressemblance
- Sur le terroir de mon
peuple, croîtra le Buisson de ronces
- Mon nom est acacia -
Les fleurs du pays de Moab
- l’arbre le plus élégant de
tous - le jeune homme est le cassiah -
l’arbre du serpent, l’arbre de Sumer
- Hiram Pantocrator -
les baguettes royales posées sur l’Arche d’Alliance -
Acacia memorialis - Acacia à la racine du secret -
les ombrelles africaines et les reflets du monde -
le souffle de l’acacia, les vibrations du silence et l’appel des
esprits - les acacias du Déluge -
Osiris, la mort et la projection des ames -
Green men et Dryades, les déesses et les arbres -
les deux frères - L’homme entre la mort et Dieu -
V.I.T.R.I.O.L. – les racines de
l’acacia - L’acacia est fils de mon Père -
Planter des Temples - ‘’Nous construisons des Temples à la vertu
et creusons des tombeaux pour les vices’’
- La Parole perdue ou oubliée -
le Rameau d’or, clé d’or du pays des ombres -
la canopée de l’Eden - les fleurs de St Jean - le temple intérieur - la
mort du vieil homme - un pont entre deux mondes -
Renaissance et Résurrection
- |
AHIMAN
REZON |
Laurence
DERMOT |
EDITION
SNES |
1997 |
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Dermott joua un rôle important dans l’établissement du Grand Chapitre de L’Arche Royale. En tant
que secrétaire durant près de 20 ans il était donc bien placé, pour raconter
les schismes, créations et autres tractations et compromis qui parsemèrent
toute la Maçonnerie du XVIIIe siècle. Georges
Lamoine
dans sa recherche et traduction de cet ouvrage a fait un remarquable travail
de bénédictin, en allant chercher aux sources tous les éléments expliquant
les différences entre modernes et anciens, entre les différentes Grandes
Loges et sur cette consolidation de l’Arche Royale. Il
nous parle longuement de la vertu du secret et du silence, et avec
quel soin il faut le conserver, il nous donne des exemple du secret à travers
les diverses traditions et civilisations, en Egypte avec Harpocrate,
avec Alexandre le Grand et son ami Ephesion, Caton le
Censeur, Anaxarque qui préféra se couper la langue plutôt que de dévoiler
des secrets, Angerone déesse romaine du silence, Pythagore qui
enseigné à ses disciples que la première vertu était le silence, Aristote pour
qui le plus difficile était de garder le secret et le silence. De
très nombreuses paroles de chants maçonniques anglais sont traduites ainsi
qu’un oratorio. Y est également traduit les anciens devoirs des maçons francs
et acceptés, des exhortations et la façon de constituer une loge. Excellent livre de références pour les chercheurs. |
A LA DḖCOUVERTE DES TEMPLES
MAÇONNIQUES DE FRANCE |
Ludovic Marcos et ronan Loaëc |
Edition Dervy |
2017 |
Un événement ! Au terme de trois ans de travail qui
ont scellé la rencontre de la recherche documentaire et de l’excellence
photographique, de l’expérience et de la passion, les auteurs vous proposent
une découverte des temples maçonniques de France. Un très beau livre, grand
luxe avec de superbes photographies
Le Temple maçonnique, semblable en cela à ceux de
toutes les religions du monde, représente symboliquement l'univers. Il est,
selon l'expression que l'on trouvait sur le fronton du Temple de Ramsès II,
"semblable au ciel dans toutes ses parties". En effet, si nous
entrons dans un Temple maçonnique, ce qui nous frappe au premier abord c'est
qu'il figure la voûte étoilée, que le soleil et la lune sont symboliquement
représentés à l'Orient, qu'il va de l'Orient à l'Occident et du Zénith au
Nadir, et qu'est également symbolisée l'alternance du jour et de la nuit, ou
si l'on préfère, des ténèbres et de la lumière. Et l'ouverture rituelle des
travaux d'une Loge juste et régulière consiste justement à faire passer ce
lieu des ténèbres à la lumière en l'illuminant progressivement. Le Temple
maçonnique symbolise donc l'univers, c'est-à-dire une totalité, un ensemble,
mais un ensemble qui a une structure, qui manifeste un ordre, c'est-à-dire un
"cosmos". Et les historiens nous rappellent que ce serait
Pythagore qui aurait donné ce nom de "cosmos" à l'univers à cause
de l'ordre qui y règne. Le Temple apparaît donc comme un ensemble structuré
et ordonné. De plus, il circonscrit un espace qui est sacré. L'étymologiste
nous indique que le mot "Temple" viendrait du mot grec
"Temnô" qui veut dire "découper", "séparer",
"couper en séparant", et que le "Temenos" est une portion
sacrée de l'espace cosmique. Le Temple maçonnique est un carré long, nous
disent nos vieux rituels. Or, nous savons que dans les anciennes cosmogonies,
le carré représente la terre par rapport au ciel qui, lui, est représenté par
le cercle. Et si l'on nous objecte que le ciel lui aussi fait partie de
l'univers, ce qui est exact, il faut ajouter que le Temple visible symbolise
l'univers créé par rapport à ce qui est incréé, le Temple invisible ou, en
dernière limite, au créateur lui-même. Ajoutons que dans les philosophies traditionnelles,
il y a le plus souvent analogie entre le cosmos et l'homme qui est à son tour
considéré comme un temple, car il y a relation étroite entre le macrocosme
(l'univers) et le microcosme (l'homme lui-même). Le poète grec Pindare
remarque que "l'homme a quelque rapport avec le cosmos et les dieux par
son corps et par son esprit". Le Temple maçonnique, entre autres, nous
présente l'image d'un carré surmonté par un cercle. Cette superposition du cercle au carré montre la
relation entre le ciel et la terre, le transcendant et l'immanent, elle est
"l'image dialectique entre le terrestre où l'homme se situe et le
céleste transcendant auquel il aspire". Pour comprendre ces conceptions et ces idées, qui
étaient celles des maçons opératifs et qui sont souvent celles des maçons
spéculatifs, il faut sans doute nous défaire de la conception du monde que
la science moderne a façonnée en nous et selon laquelle l'univers n'est que
la conséquence d'une nécessité causale et purement matérielle. Pour beaucoup
de grecs, en particulier pour les pythagoriciens et pour Platon, l'univers
lui-même est le fruit d'une justice. Celle-ci, en effet, est placée au centre
du monde comme une puissance qui le dirige et le maintient et à laquelle.
tout doit obéissance. Paul Valéry, dans son poème "Le cimetière
marin", retrouve, semble-t-il, cette idée quand il écrit : "Midi le
juste y compose de feux..." ici le soleil immobile au milieu du ciel
suggère l'idée de la Souveraine Puissance ordonnant l'univers tout entier et
ses différents éléments.
Un très
beau livre de 600 pages aves des photos superbes – Un livre émouvant,
grandiose et de réflexions |
Á la recherche du secret maçonnique |
Louis
Octave oresve |
ALPHÉE |
2005 |
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Cet
ouvrage, qui relate une expérience humaine authentique, constitue un guide
pour ceux qui sont sur le chemin de la découverte du secret de leur être. Il
offre aussi des repères précieux pour aiguiser leur capacité de discernement
sur eux-mêmes, sur leur environnement et sur les organisations, comme la
Franc-maçonnerie, que les hommes, au fil des siècles, ont construites dans le
but de favoriser l’épanouissement de ceux qui ont décidé de vivre pleinement
leur vie, en lui donnant un sens.
la notion du Saint Empire, le tantrisme, l’initiation, la
Tradition, les mythes, la construction du temple de Salomon, le grade de
maître, le chevalier Kadosh, les hauts grades. |
ALLÉGORIE ALCHIMIQUE DANS LA LOGE SYMBOLIQUE DU R.E.A.A. |
Viviane Starck |
Edition de la Hutte |
2013 |
L’alchimiste et le franc-maçon sont tous deux en quête de leur graal. Le premier le nomme «Pierre Philosophale », le second l’appelle « sens de la vie ». La franc-maçonnerie et l’alchimie puisent ainsi leur origine à la même source : celle de l’homme en quête de Lumière. Le rêve alchimique est de réaliser la Pierre philosophale, métaphore culturelle caractérisant le mécanisme d’évolution psychique de l’être humain. Il s’agit d’harmoniser la faculté de s’ouvrir à la spiritualité, la possibilité d’agir sur la matière et le pouvoir de préserver la vie. Ce rêve confine à la démarche du franc-maçon, car l’opus alchymicum est en réalité, comme l’a montré Jung, le processus d’individuation par lequel on devient Soi. La franc-maçonnerie reste en effet dépositaire de la maxime inscrite sur le fronton de Delphes : « Connais-toi toi-même et tu connaitras l’univers et les dieux » ; cette devise nous invite à descendre en nous même pour y découvrir notre essence, notre psyché, nos limites, pour apprendre à accepter ce que l’on est et parvenir à déceler le divin qui est en nous. A cette pensée, la franc-maçonnerie à ajouter la sentence hermétique d’Hermès Trismégiste transmise par les chevaliers Rose+Croix : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut », affirmant ainsi la convergence de l’homme et du cosmos. L’Alchimie est un des piliers de la franc-maçonnerie ; elle lui a même donné son nom : L’Art Royal. Le mot « Art » est utilisé dans son sens ancien « métier », un métier idéal, parfait, digne d’un roi. L’Alchimie imprègne tous les rituels maçonniques, elle n’est bien sûr pas le seul apport, mais elle en est un des ingrédients essentiels. Si les francs-maçons travaillent avec des outils, les alchimistes emploient des matériaux : quatre éléments, sept métaux, sept planètes et trois principes. Un des aspects évocateurs du travail alchimique et maçonnique est de passer des Ténèbres à la Lumière. En ce sens, les mutations successives de l’œuvre sont symboliquement contenues dans les trois couleurs : Noir, blanc et rouge, le franc-maçon passe ainsi du Petit Œuvre au Grand Œuvre, car les initiations maçonniques sont une succession de dissolutions et de coagulation ou, si l’on préfère, une suite de déstructurations et de reconstructions qui permettent la transmutation, au sens alchimique du terme et invitent le franc-maçon à passer de l’œuvre au noir à l’œuvre au rouge. C’est le « solve et coagula », le « dissous et coagule » des alchimistes. Au sommaire de cet ouvrage on y trouve : Zozime de Panopolis - Marie la juive - Geber - Rhasès - Avicenne - Hermès Trismégiste - Albert le grand - Roger Bacon - Arnauld de Villeneuve - Raymond Lulle - Nicolas Flamel - Basile Valentin - Paracelce - John Dee - Jacob Böhme - Van Helmont - Les alchimistes - les souffleurs - Les philosophes hermétistes - Les théories alchimiques - L’unicité de la matière - Les deux voies et les trois principes - Les trois phases de l’œuvre - Les quatre qualités - Les quatre éléments - Les 7 métaux et les 7 planètes - Les opérations de l’œuvre et le laboratoire alchimique - Le langage alchimique - La franc-maçonnerie et l’Alchimie - Parallélisme et transmutation - Finalité initiatique - Le cabinet de réflexion et les voyages - Le sceau de Salomon - Le miroir - Les 5 voyages et les outils - Le G et l’étoile Flamboyante - Schibboleth - La légende d’Hiram - Mourir et renaitre - Les larmes d’argent - De l’œuvre au noir à l’œuvre au rouge - |
AMADOU
- ANNALES MAÇONNIQUES ou FASTA LATOMORUM, des origines à 1975 |
ROBERT
AMADOU |
Annales
présentées aux travaux de Villard de Honnecourt en 1973 |
1975 |
Un
très gros travail d’historien présenté par Robert Amadou sur les dates
maçonniques avec retour sur ses origines à partir de 1212. 16 pages où il
détaille la chronologie de l’histoire qui a généré en 1717 la
Franc-maçonnerie spéculative. Ce travail publié en 1975 a reçu l’aval de Jean
Baylot, dignitaire de la G.L.N.F et de l’historien Alain Le Bihan. La Franc-maçonnerie n’est pas née en 1717 ou en 1723 ;
elle n’est pas non plus issue des druides ou de l’Ordre du Temple. Et ce
n’est pas une société de pensée. Contrairement à des préjugés, les lignes
majeures et les étapes principales de son histoire ancienne, contemporaine et
moderne peuvent être déterminées avec certitude. Le malheur est qu’on ne s’en
soucie guère. Malheur intellectuel, péché contre l’historiographie. Mais
aussi malheur spirituel, car la Franc-maçonnerie n’est pas indéfinissable, ni
susceptible de plusieurs définitions divergentes au fond, voire
contradictoires. L’Ordre ou le Métier est une société traditionnelle, et il
n’y a qu’une seule tradition maçonnique. Or, où trouver les références de la
tradition et la trace de son sens, sinon dans l’histoire ? Aussi a-t-il
paru utile, pour une vue juste, à étudier ou à vivre, de la Franc-maçonnerie,
d’en publier des annales aussi rigoureusement vérifiées que possible au nom
de Grand Architecte de l’Univers. (Robert Amadou)
Pour lire les Annales : Cliques
ici |
AMADOU - cagliostro & le rituel de la maçonnerie Égyptienne |
Robert amadou |
Edition
SEEP |
1996 |
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Le rituel est la partie dont il est le plus difficile de parler, puisque nous sommes désormais très proches du secret pour lequel un Maçon prête un Serment inaliénable. Le Rituel de Misraïm est tout d’abord, comme tous les autres Rituels maçonniques, un RIT (Rituel d’Introduction des Travaux). Il codifie les cérémonies qui rythment la vie du Maçon et il permet la bonne exécution des travaux requis par le Chemin Initiatique. Il plante le décor, fait vivre les mythes et les symboles correspondants à l’avancement de chacun. En cela il est déjà un outil irremplaçable, mais mieux encore il est une sorte de boîte à outils dans laquelle le Maçon trouvera toujours la réponse qu’il cherche sans qu’elle ne soit jamais écrite ni imposée. Sa juste exécution garantit la qualité et la sérénité des Travaux. Comparé à d’autres Rituels, Le Rite Oriental de Misraïm propose à ceux de ses membres qui le souhaitent une forme supérieure de sacralité et de spiritualité. |
AMADOU
- LA TRADITION MAÇONNIQUE
|
Robert
Amadou |
Edition
Carisprit |
1986 |
L’auteur
explique sa vision de la tradition maçonnique, ses sources et ses origines.
L’auteur, grand connaisseur du Rectifié, du Martinézisme et plus généralement
de la Maçonnerie, propose dans ce livre une lecture synthétique et spirituelle
de la première période de l’histoire maçonnique. La
tradition occidentale, s’est perfectionnée, Dieu l’a perfectionnée dans
les trois religions abrahamiques : judaïsme, christianisme,
islam. » La gnose dont on parle est une connaissance, nullement exclusive
de l’amour, bien au contraire, qui possède dans sa perfection – la gnose est
une connaissance parfaite – quatre traits principaux pour la spécifier :
elle est religieuse, traditionnelle, initiatique et universelle Mais Robert Amadou est aussi un
théosophe, spécialiste de Louis-Claude de Saint Martin, le Philosophe
inconnu, à qui il a consacré une thèse, et vingt ans de recherches
documentaires, c’est, enfin, un prêtre, de l’Église syrienne d’Antioche, qui
n’hésite pas à désigner la Sainte Montagne, l’Athos, comme le lieu vivant des
maîtres de l’ésotérisme chrétien ; « Le cœur de ma recherche, écrit-il,
c’est Dieu. Ma vocation est celle de tout homme, j’essaie d’en prendre
conscience : m’approcher – ou me rapprocher – de Dieu. » Mais la question est de savoir où
s’origine sa vocation ? « Cette vocation mienne est située dans la
tradition occidentale, dans l’expression occidentale de la Tradition. Là, je
veux être très net : je suis tout à fait certain que la Tradition est
universelle – la Tradition a une source non humaine, elle est révélée – et en
même temps, et c’est ma certitude en même temps que ma conviction, ma
connaissance en même temps que ma foi, que son expression occidentale en est
la perfection, la forme achevée, pleinement et totalement authentique. Il y a
des traditions parallèles, analogues, comme vous voudrez. Certains de leurs
éléments peuvent, par comparaison, être utiles au tenant de la voie
occidentale ; mais il n’y a pas de traditions, de religions équivalentes.
C’est vrai aussi de la gnose, connaissance parfaite qui perfectionne
elle-même la foi et dont il existe mainte manifestation à travers les pays et
les époques, en mainte forme traditionnelle ; elle trouve sa perfection
actuelle dans la tradition la plus riche et la plus pure qui est la tradition
occidentale » Alors qu’entend-t-il par « tradition
occidentale », où faut-il la rechercher ? « Dans les trois
religions abrahamiques : judaïsme, christianisme, islam. ». D’une
certaine manière il y a, pour Robert Amadou, supériorité de la tradition
occidentale sur les traditions extrême-orientales, autrement dit de
« l’unité de la Conscience » sur « l’unicité de l’être ».
C’est ce qui non seulement le distingue, mais l’oppose à René Guénon.
« L’important, l’essentiel est le terme : Dieu connu, Dieu aimé.
Or, la tradition occidentale a, parfaite, la lucidité de placer l’expérience
de l’Absolu non manifesté, ontologiquement et chronologiquement, avant
l’expérience de Dieu personnel. En Occident, le monisme mystique qui
est une imperfection de la pensée extrême-orientale, procède souvent (et
jusque dans l’adhésion qu’on y donne aux doctrines extrême-orientales ou aux
déviations extrême-orientalisantes en Occident) du désir de faire mourir
l’homme, corrélatif du désir de tuer Dieu; je l’ai montré précisément à
propos de René Guénon. A Hallâj même, qui fut condamné pour avoir donné
l’impression d’incarner Dieu, les maniaques de la non-dualité ont reproché
d’avoir encore laissé subsister une dualité dans l’expérience de l’union. Il
est vrai, et l’honneur exceptionnel, la perfection de la tradition
occidentale – appelez-la gnostique, appelez-la mystique – est d’avoir exalté,
au regard de l’illusoire unité ontologique, la « présence
testimoniale ». Une autre critique adressée à René Guénon
concerne le guénonisme : « René Guénon fait du guénonisme la
Tradition, et le guénonisme est un syncrétisme très moderne. Ce pourquoi il y
a du bon et même du très bon si l’on s’autorise à des démontages, nonobstant
les directives de l’auteur ». Quant à l’initiation, à la transmission
de l’influence spirituelle, Robert Amadou s’écarte là aussi de René Guénon,
tout en partageant avec lui son terrible constat sur la société occidentale
moderne : « La société occidentale moderne, qui tend à devenir
culture planétaire, est unique en son manque d’une initiation, d’initiations,
de sociétés initiatiques, officiellement admises, officiellement profitables
et utiles. S’initier n’en devient pour chaque déviant – déviant du mal – que
plus malaisé, et peut-être aussi plus fécond : rien n’est jamais à
inventer, tout est aujourd’hui à réinventer ». On
va de Noé à Anderson et du Chevalier de Ramsay, on navigue dans les annales
maçonniques, des origines à nos jours. Y est développé la notion du grand
Architecte |
AMADOU
-
OCCIDENT,
ORIENT,
Parcours d’une tradition |
Robert
AMADOU |
Edition
CARISCRIPT |
1987 |
||
La
même année, sous l’égide de l’IMI, il publie une compilation de textes, L’Art
et l’Occultisme, sous la forme d’un numéro spécial de la Revue
Métapsychique. En juillet et août 1953, il organise un premier "Colloque
International de Parapsychologie" à l’université d’Utrecht, dont les
comptes rendus seront publiés en 1954 sous la forme d’un numéro double de la
RM (N°29-30, Mai-août 1954). On y trouve notamment des textes de René
Warcollier, Hans Bender, G. Spencer Brown, Samuel G. Soal (qui sera convaincu
de fraude bien plus tard, dans les années 1970), du philosophe Gabriel
Marcel, du psychanalyste Jules Eisenbud, etc. La liste des nombreux
participants montre assez la volonté d’ouverture et de mise en place de
"ponts" qu’entendait réaliser Amadou, entre la parapsychologie et
les autres disciplines. Parallèlement
à son investissement dans l’IMI, il lance La Tour Saint-Jacques en
1955, revue de bibliothèque qui traite de l’occultisme au sens large et au
sens noble : alchimie, sociétés secrètes (la Golden Dawn par exemple),
spiritualités, ésotérisme, art et mystique, insolite et bizarre. Assez
rapidement semble-t-il, Amadou se fâche avec l’équipe de l’Institut
Métapsychique, à cause de divergences sur ce qu’il faut penser de la
"vieille" métapsychique par rapport à la nouvelle parapsychologie
anglo-saxonne. Amadou défend alors un point de vue très exigeant, présentant
la parapsychologie comme une évolution, plus adulte, rationnelle et
scientifique, de la métapsychique d’avant-guerre, dont les animateurs de
l’IMI seraient les héritiers parfois trop enthousiastes ou crispés sur
quelques légendes dorées de l’ère métapsychique. Ainsi,
en 1956, c’est dans La Tour Saint-Jacques, et non plus dans la revue de
l’IMI, qu’Amadou choisit de publier les comptes rendus du Colloque de
Royaumont sur la parapsychologie, qu’il vient d’organiser avec notamment le
psychanalyste Emilio Servadio, Ernesto de Martino, des parapsychologues comme
G.W. Fisk et D.J. West, l’ethnologue Jean Servier. Dès les premiers numéros
de la revue La Tour Saint-Jacques, on voit apparaître en fin de volume un
"Bulletin de Parapsychologie", totalement indépendant des activités
de l’IMI, dans lequel on retrouvera bientôt les signatures d’Aimé Michel
("Principes d’une expérience électronique de psychokinèse", n°2,
jan-fév. 1956), ou de Jacques Bergier, grand ami de Robert Amadou, qui y
tient une rubrique "Nouvelles de nulle part et d’ailleurs" qui
préfigure ses articles de la célèbre revue Planète quelques années plus tard. En
1957, Amadou publie, toujours chez Denoël, dans la collection "La Tour
Saint-Jacques", son ouvrage Les Grands Médiums, qui présente
quelques-uns des plus célèbres médiums à effets physiques de l’ère
métapsychique (entre 1870 et 1930 environ). Un livre sans concession, qui
conclut presque toujours au manque de preuves ou de certitudes bien établies,
et qui lui vaudra sans doute quelques inimitiés du côté de l’IMI (Guzik,
Kluski, Eva C., entre autres médiums, y sont présentés comme des médiums
hautement douteux). En 1958, il publie La télépathie dans la petite
collection Bilan du Mystère des éditions Grasset. Un ouvrage synthétique (160
pages), qui présente à la fois "les raisons de douter" et "les
raisons de croire", illustré par de nombreuses photographies. A partir
du début des années 1960, Robert Amadou abandonne le domaine de la
parapsychologie pour se consacrer à des centres d’intérêts plus spirituels.
Il devient gnostique, s’intéresse au soufisme et publie des ouvrages sur
divers aspects de l’ésotérisme occidental et oriental. Il
obtient une thèse de philosophie sur les mystiques du XVIIIème siècle (plus
précisément, sur le “Philosophe Inconnu” Louis-Claude de Saint-Martin), à la
fin des années 1970, à Paris. Son ambivalence entre d’une part la défense
d’une parapsychologie exigeante et proprement scientifique, et d’autre part
son parcours spirituel (on l’a dit lui-même martiniste, et il était aussi
docteur en théologie), lui a été reprochée par quelques auteurs. Notamment
par Imbert-Nergal dans son ouvrage Les sciences occultes ne sont pas des
sciences (Editions Rationalistes, 1959), dans lequel l’auteur veut
montrer que la parapsychologie n’est pas une science, puisque son principal
promoteur en France à l’époque, Amadou, était en réalité un occultiste... |
AMADOU - LE FEU DU SOLEIL - ENTRETIEN SUR
L’ALCHIMIE AVEC EUGÈNE
CANSELIET |
Robert
AMADOU |
ÉDITION
PAUVERT |
1978 |
||
S'appuyant sur son érudition dans
les langues anciennes, les Écritures et la mythologie grecque, il présente
une Europe habitée, de tous temps, par une pensée alchimique qui demeure au
travers de son patrimoine. Mais l'auteur ne s'arrête pas là : la symbolique
monumentale étudiée dans ces livres conduit à une réflexion générale sur la
société moderne. Un troisième ouvrage de
Fulcanelli, intitulé Finis Gloriae Mundi (« La fin de la gloire du
monde », en latin), devait paraître ; or, il reprit le seul exemplaire
manuscrit à son secrétaire et disciple, Eugène Canseliet. Cette oeuvre aurait
révélé de trop grands secrets, que le monde moderne ne serait pas prêt à
entendre... Qui peut bien être cet Adepte inconnu ? Plusieurs hypothèses ont
été défendues. Selon certains, il s'agirait d'Eugène Canseliet (1899-1982) :
le prétendu disciple serait, en réalité, le maître lui-même. C'est notamment
la thèse de Robert Amadou (1924-2006), qui a coécrit un ouvrage d'entretiens
avec Canseliet, Paul Le Cour
(1871-954) en a cosigné la rédaction |
AMADOU - DE LA LANGUE HÉBRAIQUE RESTITUÉE A
L’ÉSOTÉRISME DE LA GENÈSE |
Robert
AMADOU |
Edition
CARISCRIPT |
1987 |
Fabre
D’Olivet a, dans son livre « La langue hébraïque restituée » essayé d’en
extraire un ésotérisme, mais il en fit un livre touffu et difficile à lire.
Chauvet lui fit une analyse ésotérique et métaphysique de la genèse assez
facile d’accès et selon Robert Amadou en sorti « une révélation de la
révélation ». Un
petit livre (40 pages) clair et concis qui explique les 2 positions. |
AMADOU
- ANTHOLOGIE
LITTÉRAIRE DE L’OCCULTISME |
ROBERT
AMADOU et ROBERT KANTERS |
ÉDITION
SEGHERS |
1950 |
Cette
anthologie s’adresse à la fois aux amateurs, aux étudiants et aux
curieux d’occultisme. Elle permet de prendre connaissance de tous les grands
thèmes de l’occultisme, non à travers des textes ardus, mais en lisant des
pages de quelques-uns des plus grands écrivains. En
même temps, elle esquisse une histoire de la littérature universelle à la
lumière de l’occultisme, à l’aide d’extraits caractéristiques de plus de quarante
écrivains français et étrangers, de Platon à Rimbaud, de Jean de Meung à
André Breton, de Dante à Strindberg. Chacun de ces écrivains fait l’objet d’une notice et d’une bibliographie qui appliquent à l’interprétation de ses œuvres les principes généraux d’une exégèse occultiste de la littérature, exégèse que Robert Amadou et Robert Kanters exposent dans une importante introduction. Il
n’est pas facile de parler d’occultisme, ce terme ayant été diabolisé et
utilisé également par des faux gourous, pseudo maître à penser, mais qui ont
marqué leur époque. Heureusement de très nombreux occultistes ont relevé le
défi de rendre à cette discipline ses lettres de noblesse. Cette anthologie
remet à sa place les fausses idées sur l’occultisme, terme qui né vers 1850
avec Eliphas Lévi et qui explore l’ésotérisme caché. Cette anthologie retrace les idées des grands penseurs
suivants : Hésiode, avec la naissance
du monde, les races et les âges Pythagore
et
ses vers d’o. Fragments d’Hiérocles et commentaire de Fabre d’Olivet Platon. L’Atlantide et l’Âme
du monde Virgile. IVe Eglogue et la
descente aux enfers : Anchise Apulée
et
son initiation aux mystères Chrétien
de Troyes et la liturgie de la Queste. La quête du Graal. Jean
de Meung.
La fontaine de vie et l’Alchimie. Dante
Alighiéri,
Béatrice, le nombre 9, l’influence des sphères célestes. Léonard
de Vinci et Rabelais avec l’oracle de la Dive Bouteille Maurice
Scève - Pierre de Ronsard- Milton et ses enseignements de Raphael Cyrano
de Bergerac
et son langage des oiseaux Charles
Perrault
et sa Belle au Bois Dormant Nicolas
Montfaucon de Villars avec ses incubes et ses succubes. Jacques
Cazotte.
Le diable, le hasard, et les dangers de l’occultisme. Louis
Claude de Saint Martin, la mythologie, catholicisme et christianisme Goethe
– Joseph de Maistre et William Blake. Mariage du ciel et de l’enfer Fabre
d’Olivet
et ses Atlantes, le destin, la providence- Novalis
–Ballanche
– les disciples de Saïs- Charles Nodier – de la palingénésie humaine Balzac
–
son traité de la prière, le chemin pour aller au ciel, pensée de L. Lambert Victor
Hugo
et ce que dit la bouche d’Ombre Gérard
de Nerval
– El Desdichado, Artémis et Aurélia Edgar
Allan Poe – Richard Wagner avec Parsifal Charles
Baudelaire – Auguste de Villiers de l’Isle-Adam Stéphane
Mallarmé – Léon Bloy – Josephin Péladan Joris-Karl
Huysmans
–une messe noire- le symbolisme Arthur
Rimbaud – Auguste Strindberg – la tête de mort Maurice
Maeterlinck
et son jugement sur l’occultisme – notre moi André
Breton
et Matta – Oscar V. Milosz et son cantique de la Connaissance |
AMADOU - la
queste du saint graal & le graal en compagnie au xxème siḔcle |
Robert
amadou |
Edition
CARISCRIPT |
1988 |
La
« queste » à laquelle ce livre nous invite – admirable aventure de la
conquête de notre cœur spirituel – et dont l’expérience qu’il est possible
d’en avoir fut pour moi la vie même de mon père…
La
Tradition méditerranéenne est une adaptation particulière de la religio
perennis qui existe depuis le commencement du monde et se confond avec la
Tradition primordiale. Préservée par les temples égyptiens, exposée par
Platon et l’école néo-platonicienne, incarnée dans le Christianisme et
développée par les Pères de l’Église, cette approche se caractérise par la
doctrine du logos dont la révélation très pure est livrée par le Prologue de
l’Évangile de saint Jean. Le Logos ou Verbe de Dieu est donné comme «La
lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde». C’est l’Intellect
transcendant, Ce par quoi Dieu pense le monde et nous pense dans les raisons
éternelles où se trouvent présents, à l’état d’archétypes, les modèles
exemplaires de toutes les choses, y compris nous-mêmes. Dans le Logos se
trouve donc toute la Connaissance de ce qui est et de ce qui peut être. On
dit avec raison qu’Il est le lieu de tous les possibles. Sans Lui, la
création est impossible et Dieu inconnaissable. C’est dans et par le Verbe
que se maintient l’harmonie de l’Univers qui, sans cela, retournerait au
chaos. On peut donc dire que le Logos n’est pas seulement Connaissance mais
Amour au sens fort et absolu puisqu’Il est le lien de toutes choses et de
tous les êtres, leur substance et leur raison d’être. La
doctrine métaphysique du Logos connue depuis la plus haute Antiquité, a été
rendue aux hommes par le christianisme grâce à l’incarnation et à la venue de
l’Homme-Dieu. Le contenu traditionnel —et donc véritable— du Christianisme
appartient en Occident à l’Église catholique, en Orient à l’orthodoxie. La
Voie spirituelle correspondant à cette approche porte en Orient méditerranéen
le nom d’hesychasme tandis qu’en Occident le Moyen-âge chrétien en a délivré
le message dans le cycle du Saint-Graal. Ainsi,
par exemple Wolfram von Eschenbach souligne l’origine méditerranéenne de ses
sources lorsqu’il affirme détenir son récit de Kyot le Provençal qui en
trouva le texte à Tolède en Espagne, texte dû au musulman Flege-Tanis.
Celui-ci «lut clairement le nom du Graal dans les étoiles» manifestant très
explicitement son origine céleste et le caractère non-humain de sa
provenance. Les influences islamiques sont ici indéniables. Encore ne
s’agit-il pas de n’importe quel Islam mais de l’aspect intérieur ou
ésotérique propre à cette forme religieuse, ensemble de doctrines connues en
Espagne du sud par les ordres Soufis. L’énorme
pierre précieuse (émeraude) ou «Lapsit exillis» du «Parzifal» dont Wolfram
fait le Graal ne serait autre que le «Chaton de la Sagesse Christique» décrit
par l’auteur soufi bien connu Ibn’Arabi dans son œuvre majeure, le Fuçûç al
Hikam (les «Chatons de la Sagesse») rédigé vers 1230. Souvenons-nous que Kyot
est un seigneur catalan qui dut être en contact avec la civilisation arabe et
l’Islam ésotérique, nullement hostile au Christ et à la doctrine du Logos,
connue à travers les influences byzantines présentes en Orient méditerranéen.
On se souvient également de la communauté du destin ayant existé entre la
Provence — y compris la Septimanie — et la Catalogne toute une partie du
Moyen-âge. Toujours à propos du «Parzifal», c’est à juste titre, semble-t-il,
que l’on a voulu voir dans le château de Mount-salvage, résidence du Graal
gardée par les «Templistes», un lieu situé dans les Pyrénées, sur les
«chemins de Saint-Jacques» où se trouvent des sommets tels que Montségur,
Montserrat et Montjoie (ce dernier dans la forêt de Sauveterre, en pays
basque). Si
l’on se penche maintenant sur les autres récits du cycle arthurien, on
s’aperçoit qu’ils font également référence à une source antérieure, livres
mystérieux auxquels n’avaient accès que de rares privilégiés. Sinon pourquoi
le chroniqueur cistercien Helinand de Froidmont, écrivant en 1204 au plus
tard, aurait-il affirmé l’existence d’un livre qu’il fait remonter à l’an 718
comme source unique de la quête du Graal. Pratiquement tous les conteurs font
allusion à un récit unique typique dont ils s’inspirent. L’estoire apporte
cette indication capitale qu’il s’agirait d’un livre écrit par le Christ
lui-même après sa Résurrection et avant son Ascension, ce qui ferait du Graal
une source inconnue de la Révélation, et nous ramène à la Tradition
initiatique de la Primitive Église avec ses trois foyers méditerranéen de
Jérusalem, d’Éphèse et d’Antioche. L’influence
byzantine a pu s’exercer par l’intermédiaire des Croisés, en
particulier par Philippe d’Alsace, Comte de Flandres, dont le père, Thierry
d’Alsace apporta le Saint-Sang de Jérusalem à Bruges. Or on sait que Chrétien
de Troyes, auteur de la légende du Graal, était le protégé dudit Philippe.
Mais indépendamment de toute filiation historique, ce qui nous intéresse
avant tout ici est la convergence de symboles «signifiants» par eux-mêmes qui
prouvent ainsi l’unité fondamentale des doctrines métaphysiques surgissant
d’une profondeur commune: celle du Logos. Et le «point commun révélateur» ou
«signe» est constitué à cet égard, dans un cas comme dans l’autre, par la
participation des puissances angéliques au «service», «car on sait que telle
a toujours été l’antique croyance: concélébration des hommes avec les
Incorporels, en tant que reflet de la Liturgie Céleste. Et c’est bien ce que
nous voyons dans la queste comme dans l’Estoire». La
Lance est à la fois «couteau du sacrifice» ritualisé par l’Orient, berceau du
«sacré liturgique» et objet vénéré comme instrument de la Passion qui cause à
la fois la mort de la Victime et ouvre aux hommes la «fontaine de vie» par où
s’écoulent avec l’eau et le sang, les sacrements et la grâce. Telle est
également la signification de la lance celtique, symbole ambivalent qui tue
et vivifie tour à tour. C’est ce qui nous amène à dire quelques mots des
symboles proprement dits qui apparaissent dans les récits du Graal. Pierre
précieuse symbolisant la Connaissance primordiale perdue lors de la Chute
(Wolfram von Eschenbach), «sanotissime Vaisseau» contenant l’Hostie consacrée
(Chrétien de Troyes) ou «Calice de la Cène» portant le sang du Sauveur
(Robert de Boron), le Graal revêt essentiellement une double signification.
En tant que réceptacle ou que support (pierre tombée du Ciel ou coupe du
Salut), il est symbole féminin de la puissance divine et se trouve en rapport
avec l’Amour; en tant que contenu et que message, qu’il s’agisse de son
pouvoir «fécondant», de son aspect «révélé» ou «lumineux» ou «aveuglant», il
est symbole masculin de l’agir divin et se trouve lié au mystère de la Connaissance,
ces deux aspects du Logos qui se retrouvent, à l’échelle du microcosme, dans
l’être humain. C’est là, que se trouve le cœur du Mystère du Graal. Et
ce mystère est celui de la présence de Dieu dans l’homme et donc celui du
Dieu-Homme révélé dans Jésus-Christ, celui en définitive de l’union
hypostatique de deux natures en une seule Personne. |
AMADOU - les sociÉtÉs
secrÈtes – Entretien avec robert amadou - |
Pierre
barrucand |
Edition Horay |
1978 |
||
|
AMADOU - ILLUMINISME ET CONTRE-ILLUMINISME au 18ème
Siècle |
Robert
AMADOU |
Edition
CARISCRIPT |
1989 |
L’épisode
du couple infernal des lumières et des contre-lumières s’inscrit dans
l’épopée d’un occident nostalgique de la sagesse (Sophia) et de la lumière
(Connaissance). L'illuminisme désigne un courant à la fois philosophique et
religieux qui eut son apogée avec les théosophes du xviiie siècle. Il se rattache à la pensée de
Plotin, du néo-platonisme, de Maître Eckhart, de Tauler, de la Theologia germanica et
de Nicolas de Cues ; fidèle à l'esprit de l'évangile de Jean et de
l'Apocalypse, il est lié aux kabbalistes juifs et chrétiens, aux quiétistes
vaudois, aux piétistes allemands, à la gnose éternelle, aux thèses de Mme
Guyon, aux mystiques et alchimistes allemands du xvie siècle.
Paracelse, Valentin Weigel, Jacob Boehme surtout peuvent être considérés
comme les maîtres des illuministes. Enfin, une certaine attitude d'esprit,
procédant de la Réforme, n'est pas étrangère à la spiritualité de ce
mouvement. L'originalité de l'illuminisme tient à la façon dont il
considère le problème de Dieu et celui de ses rapports avec l'homme. Elle
apparaît, plus essentiellement encore, dans l'importance donnée à la
dimension intérieure, au souci de se dégager de l'histoire, du temps et de l'espace.
Rien de plus opposé aux méthodes d'autorité de la scolastique que
l'illuminisme, dans lequel la personne est appelée à tenir le rôle que lui
assigne sa vocation singulière. Chaque être possède sa propre lumière et ses
propres ténèbres. Si la vérité est une, elle ne peut toutefois être reçue que
selon la capacité de chacun. Les illuministes s'intéressent volontiers aux sciences
métapsychiques et à l'occultisme. Bien que les uns demeurent fidèles à
l'enseignement des Églises officielles tandis que d'autres s'en détachent
pour des options hétérodoxes, considérant les dogmes comme de simples
revêtements de la vérité profonde impossible à exprimer, ils se rattachent le
plus souvent à la Franc-maçonnerie et à la théosophie, et se
situent dans la perspective eschatologique de la préparation du retour du
Christ. |
AMADOU - la
magie des Élus coëns catÉchismes |
Robert
amadou |
CARISCRIPT |
1989 |
D.
Combien de sortes de temples y a-t-il contenus dans l’univers ? |
ANATOMIE DE LA CROIX PHILOSOPHIQUE DU
CHEVALIER ROSE+CROIX
|
Percy John Harvey
|
Edition Cépaduès
|
2019
|
Cet ouvrage constitue une suite au précédent. En réalité, les
deux études, véritables « autopsies », nous dit Percy John Harvey
se complètent. Au cœur du symbolisme de la Croix Philosophique se
trouve le quaternaire : « 4 directions, 4 saisons, 4 Eléments, 4
phases lunaires, 4 tempéraments, 4 âges… ». Selon le même principe que dans l’ouvrage précédent, le texte
d’Antoine Chéreau est réparti en commentaires de l’iconographie détaillée.
« Cette Croix Philosophique, explique Percy John Harvey, se veut aussi
universelle sous une forme de représentation du Monde, en partageant un
espace métaphorique en quatre domaines selon les quatre directions
cardinales. Selon cette disposition, la Croix se compose de plusieurs
« strates » de différentes natures : géographique, hermétique,
alchimique, astrologique ou zodiacale, psychologique. Le cycle de la vie de
l’homme, figuré en forme de croix, est aussi représenté en correspondance
avec la « Roue de la vie » ou la « Roue de la Fortune ». Les composés étudiés sont, entre autres, le Triple Tau, la Croix
de l’orientation, les symboles élémentaires, INRI, la Croix ésotérique, la
Croix et le Centre, la Roue du temps, le Troisième Temple d’Ezéchiel, le
Temple Rose-Croix, la Croix philosophique et l’homme de Vitruve. |
antimaçonnisme -
B.A BA |
Jérôme
rousse-lacordaire |
Edition
PARDES |
2003 |
Où
l’on retrouve les antimaçonnismes révolutionnaires, communistes, fascistes,
vichystes, chrétiens, l’affaire L. Taxil, les complots divers, et les
Jésuites rouges. Ce B.A.-BA de l'antimaçonnisme présente les
principales thématiques sur lesquelles reposent les accusations contre la
franc-maçonnerie : secret, complot, subversion... La franc-maçonnerie est
comprise par ses adversaires comme une société secrète perverse et
malignement occulte, ayant pour objectif la domination du monde, même si elle
fut, peut-être, à l'origine, une institution saine avant d'être dénaturée et
détournée de ses fins par des manœuvriers de tous ordres. Des exemples
historiques particulièrement significatifs viennent illustrer et éclairer le
large panorama de la question. Deux
grands courants alimentent l'antimaçonnisme : un courant politique et un
courant doctrinal. Le premier développe surtout l'aspect de complot occulte;
le second se dédouble en un antimaçonnisme religieux qui voit essentiellement
dans la franc-maçonnerie une contre-religion satanique, et un antimaçonnisme
"traditionnel" qui lui reproche son dévoiement des principes
originels. Si bien que tous ceux qui font profession d'antimaçonnisme ne sont
pas également opposés à la maçonnerie elle-même. Solidement étayée par des
documents de diverses provenances, cette étude impartiale ne favorise aucun
aspect au détriment des autres, elle ne milite aucunement en faveur de
celui-ci ou de celui-là. Elle
présente des faits et invite à une lecture plus approfondie des données - seule
manière de se faire une opinion sur ce phénomène discuté. excellente
synthèse de la question particulièrement riche en illustrations et
anecdotes." - une analyse très serrée des différents courants
antimaçonniques." l'auteur présente ici une typologie de
l'antimaçonnisme claire et solidement argumentée à partir de nombreuses
références textuelles." (Jean-Pierre Laurant, Archives de sciences
sociales des religions.) - "Un livre précis, documenté, clair, écrit
dans un esprit d'objectivité historique et de jugement sain." - "
l'auteur est sérieux et érudit. Dominicain, il semble appartenir à la
catégorie de ces prêtres qui ont cherché à se placer à la jonction des
mondes catholique et maçonnique." Une
étude solide qui donne à réfléchir sur certains courants pseudo-maçonniques. Au sommaire de cet ouvrage : Le complot - typologie de l’antimaçonnisme
- l’ antimaçonnisme politique et la Maçonnerie contre le trône
- le complot des illuminés - Augustin Barruel -
John Robinson - Joseph de Maistre - la maçonnerie
révolutionnaire - l’affaire Morgan - les jésuites
rouges - les affairistes - les communistes
- les fascistes - Vichy - antimaçonnisme
religieux - , contre l’autel - les condamnations
romaines - Satan grand Maitre - Catholiques et
francs-maçons - antimaçonnisme protestant - la
maçonnerie jésuitique - les Mormons
- le Grand Orient vu de l’Orient - la maçonnerie
anti-orthodoxe - la maçonnerie sioniste - la trahison
d’Anderson - la maçonnerie chrétienne des anciens devoirs
- les constitutions d’Anderson - les
« Ancients et les Modernes » - le temple
profané - au-dessus de tous les cultes et de toutes les
religions - de la tolérance à l’exclusivisme -
René Guénon et la régularité initiatique - Julius
Evola - initiation et contre-initiation - d’une
tradition à une autre - le judéo-maçonnisme - la
franc-maçonnerie : bouc émissaire ? - |
antimaçonnisme-
FILM– au seuil de la loge – les secrets de
la franc-maçonnerie |
J.P. r……. |
Production
PRISME ÉDITION |
2004 |
DVD
de 1h 20 couleur sur une initiation maçonnique au REAA tourné dans la région de
Lyon. Un film qui sent l’antimaçonnisme, la vengeance et la rancœur d’un
ex-initié. Une contre-initiation certaine.
|
ANTIMAÇONNISME
-film – forces occultes |
J.M. rivière |
Production Nova Films |
1943 |
||
Ce
film montre certaines facettes d’ordinaire obscurs de la franc maçonnerie dut
à son statut de société secrète. Les réalisateurs seront à la fin de la
guerre et du régime de vichy condamnés par la justice, mais Marquès-Rivière
arrive à fuir la vengeance des alliés. Il sera condamné à mort par contumace.
Sur cette trame, deux anciens maçons,
Paul Riche, metteur en scène, et Jean Marquès-Rivière, scénariste, ont
réalisé le seul film entièrement antimaçonnique de l’histoire. Commandité par
Vichy, il connut un grand succès face au Tout-Paris, le 9 mars 1943. Des
acteurs connus (Maurice Rémy, Boverio, Marcel Vibert) étaient à l’affiche, ainsi
qu’une débutante prometteuse, Gisèle Party. La presse collaborationniste lui
assura un retentissement national. Le film se veut réaliste. Il s’agissait de
faire vrai en rendant le faux vraisemblable. Des scènes tournées au
Palais-Bourbon (fermé) et prétendument au Grand Orient de France (interdit)
lui donnent l’air de vérité que ses promoteurs recherchaient. Au peuple humilié par la défaite, on
désignait les vrais responsables de l’abaissement de la France. Il fallait
les punir. Les physionomies caricaturales et antisémites, les lumières, une
séance d’initiation, des parlementaires ridiculisés, font de cet ouvrage
l’instrument que les pétainistes souhaitaient pour raviver la thèse du
complot judéo-maçonnique, vieux cheval de bataille de l’extrême droite et des
conservateurs religieux. Et liquider définitivement la République. Regarder le film et le faire voir est
une nécessité pour tout humaniste, même au prix du malaise et de
l’indignation qu’il suscite encore. Avant le film, Jean-Louis Coy démonte les
ressorts de la machination et, dans le bonus, Jean-Robert Ragache évoque avec
lui cette période où le mensonge valait vérité. Le climat est donc édifiant.
Ce film fut cependant peu diffusé et n’eut de succès qu’auprès des convaincus
de la « race des seigneurs » |
ANTIMAÇONNISME EN FRANCE A LA
BELLE ḖPOQUE |
Michel Jarrige |
Edition Arché |
2001 |
Dans les années 1880,
Troisième République et franc-maçonnerie commencent à se confondre aux yeux
de l’anti maçon, qui vont alors essayer de s'organiser afin d'enrayer ce
processus. Cette anti maçonnerie naissante institutionnalise et structure
l'antimaçonnisme, conception qui s'oppose à l'idée même de franc-maçonnerie.
Avec la recrudescence du conflit entre l'État et l'Église catholique, qui
fait suite à l'affaire Dreyfus, les groupements antimaçonniques connaissent
leur âge d'or entre 1899 et 1914. Ces quinze années d'affrontements autour de
la question laïque ont changé le visage de la France et accentué la coupure
de la nation en deux camps irréductiblement opposés. Liées à des degrés
divers au catholicisme et aux courants politiques conservateurs ou
antirévolutionnaires, les organisations antimaçonniques ont pris toute leur
part au combat pour la défense des valeurs religieuses et patriotiques selon
l'idée que s'en faisaient leurs chefs. Le dépouillement exhaustif
des revues antimaçonniques (notamment La Franc-Maçonnerie démasquée, La
France chrétienne, La Bastille, La Revue antimaçonnique, la Revue
internationale des sociétés secrètes) et la consultation d'archives à la
Bibliothèque nationale de France, au Centre historique des Archives
nationales et aux Archives historiques de l’archevêché de Paris ont permis de
mettre en lumière la grande vitalité et les rivalités des groupements
impliqués. Ce faisant, Michel Jarrige a écrit la première histoire complète
de l'anti maçonnerie en France à la Belle Époque. Cette étude constitue donc
une contribution très appréciable à l'histoire des idées et des mouvements
politiques pour la période concernée. Deux approches ont permis de retrouver
les racines et les clefs du mouvement antimaçonnique : d'une part, l'exposé
du fonctionnement et des activités des organisations antimaçonniques ;
d'autre part, l'analyse des mentalités et des doctrines qui sous-tendaient
l'action de ces formations. In fine, il est montré comment se fit le lien
entre des formes de pensée antimaçonniques, antirévolutionnaires et
antisémites selon le modèle du XIXe siècle et l'anti judéo-maçonnisme propre
au XXe siècle. L’un des premiers livres à
condamner la franc-maçonnerie est celui d’un jésuite conservateur,
antidémocrate et rejetant les idées des Lumières, Augustin de Barruel
(1741-1820). En effet, le prêtre dénonce dans Mémoires pour servir
l’histoire du jacobinisme, un ouvrage en 5 tomes paru à Hambourg entre
1797 et 1799, le rôle supposé des francs-maçons dans le déclenchement de la
Révolution française. Toutefois, « il est précédé en cela par la brochure du
comte Ferrand, publié à Turin en 1790, Les Conspirateurs démasqués. ».
Cependant, Ferrand voit surtout dans ce complot l’action d’un protestant,
Necker (1732-1804). Barruel va plus loin : il estime que le complot est à la
fois antichrétien, antimonarchique et cherchant à détruire la société
d’Ancien régime. Les acteurs changent aussi : il ne s’agit plus d’un complot
protestant, mais maçonnique. Cette idée se cristallisera dans les milieux
catholiques intégristes. Pour s’en convaincre, il suffit de garder à l’esprit
la prégnance du « complot judéo-maçonnique » dans ces milieux, comme le
montrent les catalogues des Éditions Barruel, des Éditions Saint Rémi, les
Éditions de Chiré et, sur Internet, la Bibliothèque Saint-Libère. Récemment
encore, le Vatican voyait dans la franc-maçonnerie une secte… Cette idée de complot vient
notamment de l’usage de l’expression « Supérieurs Inconnus », forgé initialement
par des francs-maçons. En effet, en 1751, le baron Charles-Gotthelf von Hund
(1722-1776) fonde une nouvelle forme de maçonnerie : la Stricte Observance ou
plus exactement l’Ordre supérieur des chevaliers du Temple sacré de
Jérusalem. L’idée était que la franc-maçonnerie serait une perpétuation des
Templiers dirigée par des « Supérieurs Inconnus » dont Hund était, selon ses
dires, le seul mandataire, s’étant lui-même fait initier par un mystérieux
chevalier au « plumet rouge », en 1747. Cette légende va connaître un succès
considérable au cours des XIXe et XXe siècles.
Récupérés par les anti-maçons, les Supérieurs Inconnus vont devenir les vrais
maîtres occultes de la franc-maçonnerie. Ils seront assimilés aux satanistes,
aux Juifs, aux maîtres de l’Himalaya de la Société théosophique, etc.,
devenant le symbole de la sphère dirigeante du complot mondial, selon la
vulgate conspirationniste. Cette idée de complot maçonnique
se retrouve également chez un auteur écossais, John Robison (1739-1805) qui
publie, également en 1797, un ouvrage développant la même thèse, intitulé Preuve
d’une conspiration contre toutes les religions et les gouvernements d’Europe
fomentées les assemblées secrètes des francs-maçons et des illuminés [. Pour ce
dernier, les Illuminés de Bavière auraient infiltré les loges françaises et auraient
provoqué la révolution française dans le but de mettre en place un
gouvernement mondial. À compter de ce moment, la franc-maçonnerie est
assimilée à une société secrète, bien que ses rituels aient été divulgués dès
1730 par Pritchard, dans son Masonry Dissected. Malgré cette
divulgation ancienne, la question du secret est restée capitale dans les
milieux d’extrême droite, qui voient dans la franc-maçonnerie une société
secrète. Ces thèses se diffusèrent en
Occident au XIXe siècle, donnant naissance à un
antimaçonnisme à la fois virulent et banalisé auprès d’opinion publique.
Ainsi, dès 1831, il existe un parti antimaçonnique aux États-Unis, dont le
président américain John Quincy Adams fut membre. Cet antimaçonnisme fut
encouragé dans les milieux catholiques par différentes bulles et encycliques
papales, hostiles à son relativisme religieux. En 1917, tout catholique
risquait l’excommunication en devenant franc-maçon, bien qu’initialement, il
fût obligatoire d’être chrétien pour l’être. Mais surtout le XIXe siècle
voit la naissance d’une expression qui jouira d’une grande postérité dans les
extrêmes droites occidentales : le complot judéo-maçonnique. Ainsi,
différents partis et ligues antimaçonniques apparaissent entre 1830 et 1880
en Europe et aux États-Unis. En France cet antimaçonnisme fut développé entre
la fin du XIXe siècle et la Seconde guerre mondiale par une
foule de publication et de publicistes dont il serait fastidieux de faire
l’inventaire. L’une des plus importantes fut la Revue Internationale des
Sociétés Secrètes (RISS) de monseigneur Jouin. À compter de ce moment, l’idée
d’un complot mondial d’une société secrète cherchant à renverser les
gouvernements va se diffuser dans différents milieux et dans différents pays.
Jusqu’à récemment, cette thèse était surtout mise en avant par des auteurs ou
des groupes que l’on peut classer à l’extrême droite, principalement dans la
mouvance catholique traditionaliste et contre-révolutionnaire. Encore
aujourd’hui, des militants notoires de l’extrême droite, considèrent que la
Révolution française est à chercher dans l’action de la franc-maçonnerie.
C’est par exemple le cas de l’antisémite et ancien collaborateur Henry Coston
qui diffusa cette idée des années 1930 à sa mort en 2001. C’est le cas également
de Philippe Ploncard d’Assac. Nous pourrions multiplier les exemples… Henry Coston et Jacques Ploncard
(dit d’Assac), le père de Philippe Ploncard d’Assac, étaient des militants
d’extrême droite dont l’amitié était soudée amis par un antisémitisme et un
antimaçonnisme virulents. Conspirationnistes, ils participèrent durant la
guerre au dépouillement des archives du Grand Orient de France et à la
recherche d’une supposée subversion maçonnique. Ils étaient en outres des
membres influents de la Commission d’études judéo-maçonniques (CEJM), qui
siégeait dans les locaux du Grand Orient de France. Le financement de leurs
activités provenait des occupants nazis, qu’ils fréquentaient dès 1934, mais
également de l’État français. Leurs thèses furent reprises après-guerre par
différents groupes extrémistes, allant des néonazis aux catholiques
traditionalistes. Dans les années 1930, l’idée fut
endossée par Julius Evola dont nous déjà parlé dans Critica Masonica.
Il voyait dans celle-ci une création moderne ex nihilo et non pas
une persistance d’une tradition immémoriale et s’opposait par conséquent à
René Guénon, qui considérait la franc-maçonnerie spéculative comme héritière,
certes dégénérée, de la franc-maçonnerie médiévale. Il intégra dans sa pensée
antimoderne des éléments conspirationnistes issus des thèses antisémites et
contre-révolutionnaires d’auteurs comme Emmanuel Malynski et Léon de Poncins,
en particulier au livre La Grande conspiration d’Emmanuel
Malynski, dont Léon de Poncins cosigna une version abrégée sous le titre La
Guerre occulte. Juifs et Francs-Maçons à la conquête du monde, qu’Evola
traduisit et préfaça. Dans ses articles, il se penchait sur la notion de «
guerre occulte », c’est-à-dire la guerre menée par les sociétés secrètes,
notamment la franc-maçonnerie, et par les Juifs contre la tradition, et
analysait l’action de ces dernières au prisme de la « contre-initiation ». L’antimaçonnisme est réapparu
quasiment à la fin du conflit, reprenant ses vieilles antiennes. Toutefois,
il a également muté, en intégrant au vieil anti-judéo-maçonnisme
d’avant-guerre des considérations antisionistes se nourrissant d’un
anti-maçonnisme musulman, que nous trouvons par exemple chez Paul-Éric
Blanrue, un publiciste négationniste contemporain. Outre celui-ci, l’un des
principaux représentants de ce « nouvel » antimaçonnisme en France est Alain
Soral. Celui-ci en fait régulièrement la promotion dans ses vidéos. Toutefois
son antimaçonnisme se nourrit également de textes « classiques » parus au
début du XXe siècle. Ainsi, il a réédité en 2012 la brochure
du publiciste Maurice Talmeyr, La Franc-maçonnerie et la Révolution
française, paru initialement en 1904. Il s’inspire également des ouvrages
d’Henri Coston, et de son héritier intellectuel Emmanuel Ratier, récemment
décédé, qui participait à des débats à Égalité & Réconciliation,
l’association de Soral. Emmanuel Ratier est une figure intéressante de
l’extrême droite : diplômé de Science Po, journaliste, éditeur, ancien membre
du GRECE, militant néopaïen, pourfendeur des « lobbies » (juifs et
francs-maçons), il est régulièrement accusé d’avoir été franc-maçon.
Quoiqu’il en soit, sa feuille confidentielle Faits et Documents est très bien
informé, dévoilant les noms d’hommes politiques appartenant ou soupçonnés
d’appartenir à une loge. Il reprend la tradition d’un Henri Coston, mais sans
son antisémitisme délirant. |
anti-maçonnisme « les
33 documents maçonniques » |
A.
DOUZET & B. PROU |
EDITION
DU DRAGON |
1998 |
||
Afin
de préserver son intégralité, la série de 33 fascicules « Documents
Maçonniques » est scrupuleusement reproduite dans sa présentation originelle.
En agissant de la sorte, nous avons voulu conserver l’authenticité des
documents en les replaçant dans leur contexte historique. Le contenu de ces
documents, nous le savons, a suscité bien des convoitises mais aussi des
polémiques. Les serviteurs du gouvernement de Vichy, en pillant les loges et
en divulguant des informations tronquées sur les activités maçonniques, se
sont livrés, avec une incroyable habilité, à une campagne de désinformation
visant à discréditer et à détruire la Franc-maçonnerie. Ils n’y parviendront
jamais. |
anthologie
de la poÉsie maçonnique & symbolique |
par J.L. maxence & e. viel |
EDITION DERVY |
2007 |
||
Acte
créateur s’il en est, qui donne déjà une première interprétation du verset
fameux de l’Évangile de Jean : « Au
commencement était le Verbe et… » ; car, pour le moins, c’est en
nommant les choses qu’on les crée ! Et la langue est d’abord poétique. Ce
long cheminement est, en soi, déjà, un « acte poétique », où, sous la voûte
azurée du Cosmos, entre l’équerre et le compas, prenant conscience de sa
finitude, l’homme est amené, par un travail de réflexion et de
conscientisation, une « conversion du regard », à élaborer de
nouvelles valeurs, à décider de donner un nouveau sens à sa vie, à œuvrer
(Gloire au Travail) pour tenter de faire de celle-ci un « chef-d’œuvre ». Ne soyez donc pas étonnés du fait que, parfois, cette seule œuvre qu’est la vie d’un homme, ainsi conçue et vécue lucidement, laisse des traces écrites… |
ARCHE ROYALE |
DIVERS
AUTEURS |
ARCADIA |
2003 |
Très
important dossier sur la Sainte Arche
Royale de Jérusalem. G.
Gerd nous
raconte les diverses péripéties de cette Arche avec sa naissance, son
implantation en Amérique en 1753 dans la loge ou l’année précédente (1752)
Georges Washington venait d’être initié. Apres ce côté historique, il nous
raconte l’histoire biblique de la captivité des Hébreux à Babylone, la
destruction du Temple de Jérusalem et sa reconstruction. Edmond
Mazet
nous emmène aux sources bibliques du rite de l’Arche Royale avec les livres d’Esdras, de Néhémie
et le livre des Chroniques. J.P.
Rollet
nous entraîne dans notre intériorité, et nous demande de méditer tous les
symboles de ce rite, tant sur le plan biblique que sur le plan personnel, en
empruntant ce chemin comme un développement de Soi, afin d’aller au
centre de notre intériorité et d’y retrouver la Déité pour certains, Maître
secret pour d’autres. Pierre
Noël
nous raconte l’histoire du culte de Baal au XXe siècle et confirme les
explications de Sam Eched sur Yah
(Dieu), Bul (Dieu Maître, ou Baal), On (Dieu Soleil). Est développé le côté
historique de l’Arche Royale et ses diverses explications en Irlande et
en Angleterre, également est expliqué les différents termes employés. Harry
Caar
donne sa version anglaise sur les péripéties du rite, les approches du récit
biblique, les origines des cérémonies de l’Arche, les temples d’Ezechiel et
d’Hérode. Des explications pointues sont données sur les mots : Darius
1e, Cyrus, et Zorobabel. Des réponses sont apportées sur les
différents noms de Dieu après les diverses attaques en Angleterre par
l’Eglise anglicane au sujet du mot sacré de l’Arche, mot sacré qui condense
le cœur même de ce suprême degré. Philippe
Laspougeas
explique l’intérêt qu’a témoigné René Guénon pour l’Arche Royale et
ses explications des mots sacrés et divin. Pour René Guénon, rassemblé ce qui
est épars, revient à rechercher la Parole perdue. David F.
MacKee
explique la Franc-maçonnerie irlandaise et le conseil des chevaliers maçons. Georges
Draffen nous parle des Hauts grades et de l’Arche Royale en Ecosse. Claude
Guérillot explique
dans l’églantier anglais les diverses formes du Très Saint Royal Arch. Roger
Dachez
nous offre une superbe étude sur les différents : Arch, Arc, Ark, Arche. René
Désaguliers nous
soumet son étude sur quatre rituels français anciens de l’Arc Royal. Enfin
nous lisons une remarquable conférence de J.M Hammil (bibliothécaire
de la grande loge d’Angleterre) datant de 1982 sur les Manuscrits du Royal
Arch. La
maçonnerie de la Sainte Arche Royale de Jérusalem, clef de voûte et temple de
Zorobabel : C’est,
en reprenant la terminologie de la maçonnerie (craft) opérative,
« passer de l’équerre au compas. » (« From square to
arch »), passage de l’initiation Royale (le roi Salomon et les petits
mystères) à l’initiation sacerdotale (Melkitsédeq et les grands mystères),
véritable passage de la terre au ciel, telle l’exaltation au sublime degré de
la Sainte Arche Royale de Jérusalem. Dans la royauté sacrée, que nous allons
étudier, le roi à un caractère sacerdotal, qui en fait un roi-prêtre, qu’il
soit du type de la royauté divine (Egypte, Chine) ou de celui de la royauté
par grâce divine. A titre d’exemple, cela se traduit chez le Pape par le port
d’un vêtement composé d’une robe blanche et d’une cappa rouge.
« Ce sont les rapports exacts entre pouvoir sacerdotal et pouvoir royal
qui conditionnent la nature et l’état d’une société » C’est la doctrine
du Moyen-Age dite des deux glaives, désignant les deux pouvoirs, le
glaive spirituel et le glaive temporel, extraite de l’Evangile de Luc (Luc
22-36-38), texte sur lequel saint Bernard a vu le fondement de l’attribution
des deux pouvoirs au prince des apôtres, Pierre. En
approfondissant cet enseignement, le Moyen-Age a précisé la nature des deux
glaives, en distinguant les notions d’auctoritas et de potestas.
L’auctoritas désigne le glaive spirituel, l’autorité spirituelle, la potestas,
le glaive du pouvoir temporel. Le domaine de l’autorité spirituelle est celui
de la puissance intellectuelle, de la sagesse intégrale et de la vérité
divine. Le domaine du pouvoir temporel est celui de la force, de
l’administration, de la justice et de la guerre, alors que le rôle de
l’autorité spirituelle est de conserver et de transmettre la doctrine
traditionnelle supra-humaine (transcendante) dans laquelle la société trouve
son fondement. C’est le domaine du sacré, celui du sacerdoce, dont la
fonction de la science sacrée, ensuite des rites, lesquels dépendent de la
science sacrée Le sacerdoce ne comprend pas seulement les desservants et officiants
du culte, mais d’abord et aussi, tous ceux qui ont pour rôle de connaître la
doctrine orthodoxe, de la maintenir et d’en approfondir la connaissance. Au Moyen-Age, c’était la mission des clercs,
par opposition aux laïcs, ou encore l’Eglise enseignante par rapport à
l’Eglise enseignée. Le domaine de l’autorité spirituelle est celui de la
connaissance qu’elle doit transmettre à chacun selon un ordre hiérarchique
(dixit Denys l’Aréopagite). Toute connaissance traditionnelle authentique,
quelle qu’elle soit, a sa source dans l’enseignement du sacerdoce. Ce qui est
personnellement réservé à celui-ci, c’est la science des principes et la
métaphysique (et subsidiairement la théologie), dont les sciences dérivent,
ainsi que les applications. A son tour, saint Thomas d’Aquin développera
aussi, au Moyen-Age, la même doctrine selon laquelle toutes les fonctions
humaines sont subordonnées à la contemplation comme à une fin supérieure. Le
gouvernement de la vie civile ayant pour vraie raison d’être d’avoir à assurer
la paix à cette contemplation (saint Thomas d’Aquin, « Du
gouvernement »). Il y a ainsi clairement exposé le principe de la
supériorité de la contemplation sur l’action. D’où il s’induit que la morale
et les arts, au sens médiéval, c’est-à-dire les techniques traditionnelles
propres aux différents métiers, dérivent de la pure science sacrée et ont
pour but essentiel d’aider l’homme à y participer, dans la mesure des
possibilités de chacun, et ainsi à accomplir sa destinée. Ce que le Christ a
résumé ainsi : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice
et le reste vous sera donné de surcroît. » (Luc 12, 31). « Les formes supérieures contiennent
éminemment les formes intérieures » (Aristote) : Autorité spirituelle
et pouvoir temporel sont déterminés par leurs domaines respectifs, la
contemplation ou la connaissance d’une part et l’action d’autre part. Sans
jamais oublier que la contemplation doit précéder l’action car c’est la
contemplation qui donne à l’action sa loi, d’où il résulte que l’autorité
spirituelle est supérieure au pouvoir temporel. De même, la métaphysique est
supérieure à la physique, comme le principe est supérieur à ce qui en dérive
C’est ainsi qu’une société traditionnelle vit en harmonie, chacun faisant ce
pour quoi il est qualifié. Hors de ce principe, la vie sociale ne peut être
que confusion. Ainsi, le pouvoir temporel a besoin d’une consécration de
l’autorité spirituelle, consécration qui fait sa légitimité, et que vise
l’initiation royale (le roi Salomon). En franc-maçonnerie, le modèle du roi,
plus particulièrement pour le Vénérable Maître installé, est le roi Salomon,
dont le trône constitue le signe du pouvoir temporel, telle la chaire du
Vénérable Maître (et non la chaise !). Le premier livre des Chroniques (29.23)
désigne le trône du roi d’Israël comme étant « le trône de Yahweh »
et « le trône de la royauté de Yahweh » (I Chronique 28,5). Le roi
gouverne son peuple en conformité avec la loi universelle, celle avec
laquelle Dieu régit l’univers. Quant à la spiritualité chevaleresque, elle
découle de la fonction royale comme étant le magis (magistère), le
service dans l’armée du roi éternel, là où l’action est détachée de ses
fruits, ce qui est le coeur de l’initiation active. Le pouvoir sacerdotal, la prêtrise : Qu’était-ce que le
prêtre en Israël ? Jusqu’à une certaine époque, après la sortie
d’Egypte, les fonctions sacerdotales furent confiées aux premiers nés de
chaque famille. D’après certains docteurs, il en fut ainsi jusqu’à l’érection
du tabernacle. Dans la famille de Jacob, c’est à Ruben et à ses descendants
qu’aurait dû échoir cette dignité, si le péché ne l’en avait rendu indigne.
La tribu de Lévi prit alors sa place, et chaque premier né, la part consacrée
à Dieu. Dans cette structure, le prêtre est l’envoyé, le représentant du
peuple auprès de Dieu, plutôt que le représentant de Dieu auprès du peuple.
Dans la société israélite, comme dans toute société, les fonctions et les
pouvoirs, d’abord concentrés, tendent à se répartir ensuite en organes
distincts. Tel fut le cas après que Moïse, le grand législateur, eut été à la
fois le chef spirituel et temporel des Hébreux, tant que le sacerdoce ne fut
pas encore constitué. Les attributions du sacerdoce israélite
consistaient dans le service intérieur du temple et la célébration du culte
public. L’instruction qui est confiée aux prêtres concerne le culte, les
rites religieux, la distinction entre le pur et l’impur, le saint et le
profane, les lois alimentaires et cérémonielles. Ils avaient la garde du
dépôt de la Thora. La seule partie de la loi où le prêtre avait une autorité
légale reconnue était la législation lévitique représentée dans le
Pentateuque par un livre spécial désigné, depuis la plus haute Antiquité,
sous le nom de Thora cohanim ou loi sacerdotale (Lévitique). Le sacerdoce : En Mésopotamie et en
Egypte, la fonction sacerdotale est assurée par le roi, assisté par un clergé
hiérarchisé. Les patriarches bibliques, Abraham, Isaac et Jacob, exercent un
sacerdoce familial en construisant des autels et en offrant des sacrifices
(Genèse 22, 32-54). Puis apparaissent des prêtres étrangers tels que
Melkitsédeq (Genèse 14, 18), prêtre, roi de Jérusalem, et les prêtres de
pharaon (Genèse 41, 45, et 47, 22). A partir de Moïse, lévite lui-même, la
tribu de Lévi semble avoir des fonctions cultuelles. Elle est élue et
consacrée par Dieu lui-même pour son service (Exode 32, 25-29). A côté du
sacerdoce lévitique, le sacerdoce familial continue de s’exercer (Juges 6,
18-29-13, 19-17, 5-1 Samuel 7, 1). Sous la monarchie, le roi exerce plusieurs
fonctions sacerdotales : il offre des sacrifices, bénit le peuple (I
Rois 8, 14). Il ne reçoit le titre de prêtre que dans l’antique psaume 110, 4
qui le compare à Melkitsédeq. En réalité, il est plutôt le chef du sacerdoce
qu’un membre de la caste sacerdotale. La référence de Josias, en 621, supprime les
sanctuaires locaux et consacre le monopole lévitique et la suprématie du
sacerdoce de Jérusalem. La ruine simultanée du temple et de la monarchie
(587), puis la disparition progressive du prophétisme, à partir du Ve siècle,
accentue encore son autorité. Une hiérarchie sacerdotale rigoureuse
s’instaure. Au sommet, est le grand prêtre, fils de Sadoq, qui est le
successeur d’Aaron, le prêtre type et modèle. Il reçoit l’onction (Lévitique
8, 12). Au-dessous de lui sont les Chroniques 25, 26). Les fonctions sacerdotales : Le sacerdoce exerce
deux ministères fondamentaux : le service du
culte et le service de
la parole. Son acte essentiel est le sacrifice, où il apparaît comme
médiateur entre le peuple et Dieu. Le sacerdoce est aussi chargé des rites de
consécration (onction royale, I Rois 1, 39) et de purification. Jusqu’à
David, le prêtre exerce aussi la divination en maniant l’éphod (I
Samuel 30-78), l’urim et le tummim (Samuel 14, 36-42 et
Deutéronome 33, 8). En dehors de la voie des prophètes, il y a aussi la forme
traditionnelle de la parole, dont le prêtre est le médiateur sous la forme de
I ’histoire sainte, de la loi de Moïse, et du Code de l’alliance. Il porte au
peuple, la parole de DIEU au nom de la Tradition, et non de son propre chef.
Il porte à Dieu la prière du peuple dans la liturgie et il répond à cette
prière par la bénédiction divine-. « Avec l’épitre aux Hébreux, Jésus est à
la fois le grand prêtre de la nouvelle Alliance, le messie-roi et le verbe de
Dieu. L’Ancien Testament avait distingué les médiations du roi et du prêtre
(le temporel et le spirituel), du prêtre et du prophète (l’institution et
l’événement) : distinctions nécessaires à l’intelligence des valeurs
propres de la Révélation. Parce que sa transcendance le situe au-dessus des
équivoques de l’histoire, Jésus réunit en sa personne ces médiations
diverses : fils de Dieu, il est la parole éternelle qui achève et dépasse
le message des prophètes ; fils de l’homme, il assume toute l’humanité,
il en est le roi avec une autorité et un amour inconnus jusqu’à Lui,
médiateur unique entre Dieu et son peuple, il est le prêtre parfait par qui
les hommes sont sanctifiés. » (« Vocabulaire de théologie
biblique », Le Cerf, Paris, 1988, colonne 1162, article intitulé Sacerdoce).
La première épitre de Pierre et l’Apocalypse attribuent au peuple chrétien le
sacerdoce royal d’Israël (I Pierre 2, 5-9 et Apocalypse 1, 6/ 5-10 et
20, 6). Ce sacerdoce du peuple de Dieu ne peut être exercé concrètement que
par des ministres appelés de Dieu, qui assurent un service de médiation. Le pouvoir prophétique, le prophète (le
maître spirituel) : Ses origines dans la Bible : Le titre de prophète
est donné à Abraham, mais c’est par un transfert tardif (Genèse 20, 7). Quant
à Moïse, il est une des sources de la prophétie en Israël (Exode 7, 1-Nombres
11, 17-23), donc plus qu’un prophète (Nombres 12, 6-8). Seul le Deutéronome
lui donne ce nom (Deutéronome 18, 15), en précisant que personne après lui ne
l’a égalé. A la fin de la période des juges, le prophétisme prend des aspects
variés sous les termes de nabi (appelé), (IS. 9, 9), visionnaire
(Amos 7, 12), homme de Dieu (Isaïe 9, 78) attribué à Elie et à Elisée
(II Rois 4, 9). Cependant, il a bien existé une véritable tradition
prophétique qui se perpétua grâce aux disciples des prophètes. On est bien
dans le cadre d’une tradition vivante où l’Ecriture joue son rôle (Isaïe 8,
16- Jérémie 36,4) de même que le rapport de prophète à disciple enseignant
(Isaïe 50, 48 et 42, 2). C’est de Dieu que les prophètes tiennent la parole.
Le charisme prophétique est un charisme de Révélation (Amos 3, 7-Jérémie 23,
18-II Rois 6, 12), qui fait connaître à l’homme ce qu’il ne pourrait
découvrir par lui-même. Le prophète dans la communauté : Il joue un rôle, avec
le prêtre, dans le sacre du roi (I Rois 1). Roi, prêtre, prophète sont
pendant longtemps comme les trois pôles de la société d’Israël. Ils éclairent
les rois, tels Nathan, Gad, Elisée, Isaïe, Jérémie. Cependant, le prophétisme
n’est pas une institution comme la royauté ou le sacerdoce. C’est un pur don
de Dieu (Deutéronome 18, 14 ; 19). C’est la vocation qui constitue le
prophète. Tel fut le cas le cas de Moïse, Samuel, Amos, Isaïe, Jérémie,
Ezechiel. Elle conduit toujours à une mission dont l’instrument est la bouche
du prophète qui dira la parole de Dieu (Jérémie 1, 9 et 15, 19. Isaïe 6,
6S ; Ezechiel 3, 1 S). La parole prophétique est d’ordre eschatologique et
non pas immédiat ; c’est nous qu’elle concerne (I Pierre I, 10 S). Le prophète, la tradition, la loi et le
culte : Prophétisme
et législation sont des fonctions distinctes à l’intérieur de la société
traditionnelle. Le prophète dénonce les fautes contre la loi sans attendre
d’être saisi d’un cas particulier, sans référence à un pouvoir acquis auprès
de la société et sans un savoir appris d’autrui. Par son charisme, il atteint
le point secret où chaque homme a à se déterminer en choisissant ou en
repoussant la lumière-. Les prophètes vitupèrent plus violemment les prêtres
et tous les responsables (Isaïe 3, 2 ; Jérémie 5, 45) qui détiennent les
normes (Osée 5, 1 ; Isaïe 10, 1) et les faussent. Contre une telle
situation, la loi est sans armes. Dans la perversion des signes, le seul
recours est le discernement entre deux esprits, celui du mal et celui de
Dieu : c’est la situation où l’on voit s’affronter prophète contre
prophète (Jérémie, 28). (« Vocabulaire de théologie biblique », Les
prophètes s’opposent au peuple d’Israël, qui reste fixé à une image heureuse
du passé dont il désire s’assurer la reconduction indéfinie (Jérémie 21,
2 ; Isaïe 56, 12). Les prophètes ne cherchent pas le retour à un état
antérieur, sans renier le passé (Osée Il, 1 5 et Jérémie 2, 28). Le prophète et le culte : Ils ne confondent pas
le passé avec ses survivances mortes et Jérémie annonce qu’il y aura une
alliance nouvelle (Jérémie 31 ; 31, 34). La loi n’est pas supprimée,
mais change de place. Les prophètes rappellent que les signes ont une valeur
relative, en tant qu’ils n’ont pas toujours été et ne seront pas toujours
tels qu’ils sont (Amos 5, 25 ; Jérémie 7, 22), et ne sont capables, par
eux-mêmes, ni de purifier ni de sauver (He. 10, 1).Le prophète voit d’un seul
regard les vérités éternelles et les faits où ils se manifestent. Ils lui
sont révélés par la grâce de son charisme. Pour lui seul, l’avenir lointain
est décisif. La fin de l’histoire est l’objet essentiel de la prophétie,
l’avenir étant à l’oeuvre dans le présent dont il sera l’aujourd’hui. Saint
Jean-l’Evangéliste, l’un de nos saints patrons en franc-maçonnerie, en est le
modèle avec son Apocalypse, révélation par excellence, de l’événement absolu,
centre et fin de l’histoire humaine. Le prophète aujourd’hui : « Puisse tout le
peuple être prophète ! », souhaitait déjà Moïse (Nombres 11, 29).
Et Joël voyait ce souhait se réaliser aux derniers temps (Joël
3,1 ; 4). Le prophète n’a pas pour seule fonction de prédire
l’avenir : il édifie, exhorte, console (1 Corinthiens14, 3), fonctions
qui touchent de près à la prédication. Il ne saurait ramener à soi la
communauté (1 Corinthiens 12, 4 ; Il). Quant au prophétisme authentique,
il reste reconnaissable grâce aux règles du discernement des esprits. Dans
l’Ancien Testament, le voyant est un précurseur du prophète et est comme la
source légitime d’une révélation donnée par Dieu (ls. 28, 6). Le prophète
isolé intervient sans qu’on le lui demande, à la différence du voyant, dans
la vie de l’individu ou dans celle du peuple. On considère généralement Moïse
comme le fondateur et le prototype du prophétisme israélite (Dt. 18, 18). On
attribue aussi le titre de prophète à Abraham (psaume 105, 15) et à Miryam
(Exode 15, 20) et à Debora (Juges 4, 4). Les prophètes classiques de I
’Ecriture, appelés directement par Yahweh apparaissent dès le milieu du VIIIe
siècle (Amos, Osée, Isaïe, Michée). Leur tâche consiste en la prédication de
la parole. Après l’exil, le judaïsme a vu tarir la prophétie, remplacée par
les sages et les docteurs de la loi. Le prophétisme dans l’Ancien
Testament : La
naissance de Jésus est entourée de paroles prophétiques (Luc 1, 41 et 2, 25).
Tous les chrétiens sont, par principe, favorisés du don prophétique (Actes 2,
17 et 1 Co. 14, 1 ; 39), mais seuls des individus isolés l’exercent
comme un charisme particulier, parce qu’ils sont mandatés de façon spéciale.
Ils sont placés à côté des apôtres (I Co. 12, 29 ; Eph. 3, 5 ; Luc
Il, 49). Unis à eux, ils constituent le fondement de I ’Eglise (Eph. 2, 20).
« Par prophétie, il ne s’agit pas d’entendre prédiction, mais bien
plutôt prédication, proclamation des intentions de Dieu à l’égard de son
peuple, et au-delà du peuple : du monde ! » (Jacques-Noël
Pérès, « Les Trois Pouvoirs », La prophétie n’est ni vague, ni
abstraite : elle implique un temps et un lieu déterminés. Elle est le rappel au peuple de l’Alliance,
vivant l’Alliance, de cette Alliance. Elle est anticipation du royaume de
Dieu et des temps qui viennent : l’eschatologie. Le prophétisme est dans
l ’Eglise. Il est dans notre époque. Il doit se traduire par :
l’enseignement doctrinal et l’homélie ; la proposition claire de remèdes
et de solutions aux crises actuelles des hommes et de la société ; la
vision claire et précise de l’avenir proche et dernier. « L’idée
d’inspiration est proche de celle de prophétie, qui comprend elle-même dans
sa vaste extension tout le déploiement des figures. Or, celles-ci ne peuvent
être pleinement comprises, souvent même elles ne peuvent être décelées qu’une
fois venue la vérité qu’elles annoncent. » Les trois pouvoirs à la Sainte Arche Royale
de Jérusalem : En franc-maçonnerie de tradition, dans la direction des
chapitres de la Sainte Arche Royale de Jérusalem, trois pouvoirs sont
représentés par le premier principal, qui représente Zorobabel et le pouvoir
royal, le deuxième principal qui représente Aggée et le pouvoir prophétique
et le troisième principal qui représente Josué et le pouvoir sacerdotal. Les
attributs de leurs sceptres et la couleur de leur robe dénotent les dignités
royale, prophétique et sacerdotale. Il est à souligner qu’ils sont revêtus
d’une dignité plus qu’ils n’exercent un pouvoir, lequel n’appartient qu’à
Dieu, qui, de sa libre volonté, éclaire par le volume de la loi sacrée ceux
auxquels quelque responsabilité est confiée. En effet, suivant la définition
du Nouveau Larousse universel (Paris, 1949) le pouvoir est une faculté de
faire, avoir la faculté, le moyen, l’autorité, de faire, alors que
la dignité est une fonction ou une charge qu’on exerce parce qu’on en a reçu
délégation (Petit Robert). Aussi les trois pouvoirs, royal, prophétique
et sacerdotal, sont issus de Dieu et c’est Lui qui constitue également ceux
qui seront ses serviteurs de manière très spécifique. Ses serviteurs,
c’est-à-dire ses ministres, car les fonctions royales, prophétique et
sacerdotale sont des ministères. Ces trois ministères ne s’exercent pas de
façon isolée, mais en harmonie (« Nous trois ici réunis, affectueux et
unis », rituel d’ouverture). Qu’est-ce qu’un ministre et en quoi consiste
un ministère dans le vocabulaire biblique ? Les mots ministre et
ministère sont calqués sur le latin de la Vulgate et correspondent au grec
diakonos et Diakonia. Dès l’Ancien Testament, la réalité d’un
ministère religieux accompli dans le peuple de Dieu par les titulaires de
certaines fonctions sacrées est une chose attestée : les rois, les
prophètes, les dépositaires du sacerdoce, sont des serviteurs de Dieu, qui
exercent une médiation entre Lui et son peuple. Le mot diakonia s’applique
tout d’abord à des services matériels nécessaires à la communauté. L’esprit
diversifie ses charismes en vue de l’oeuvre du ministère (Ephésiens 4 ;
12). La fonction de parole est toujours en tête des charismes. Il s’agit
alors d’anciens, qui ont le titre de presbytres (Tite 1, 5), dont le
recrutement est soumis à des règles précises et qui sont établis dans leur
fonction par l’imposition des mains (1 Timothée 5, .17 ; 22 |
ARCHE ROYALE - La Franc-maçonnerie de
la Sainte Arche Royale Pourquoi et Comment |
MICHEL
GORTCHAKOFF |
Collection
Le COMPAS |
1997 |
Cet
ouvrage de M. Gortchakoff propose une réflexion sur le rite maçonnique
mal connu dit de l’Arche Royale. Il entend faire comprendre comment ce menu
traditionnel est le complément parfait du degré de Maître Maçon. Le
lecteur y trouvera des éléments d’étude et de recherche sur l’archétype de la
reconstruction du Temple et de la Parole perdue enfin retrouvée. Dans ce
schéma initiatique, alliant tradition et modernité, Michel Gortchakoff fait
une proposition nouvelle de la maçonnerie de l’Arche Royale, mais aussi
adaptée aux temps présents. Quelques thèmes développés par l’auteur, avec toujours la même
question : Pourquoi et Comment ?
|
ARCHE ROYALE - L’ARCHE ROYALE DES FRANCS-MAÇONS |
BERNARD
JONES |
EDITION
DE LA HUTTE |
2010 |
« The Freemasons’book of the
royal arch » est une publication de toute première importance
dans la littérature maçonnique anglo-saxonne. Somme historique considérable
de Bernard E. Jones –connu pour la rigueur et l’intérêt de ses travaux dans
le cadre de la loge Ars Quatuor Coronati No 2076 de Londres- complétée par
son stupéfiant et non moins célèbre collègue Harry Carr, ce livre reprend et
analyse toutes les sources anciennes de l’Ordre de l’Arche Royale, en le
resituant dans l’ensemble des systèmes de recouvrement de parole
naissant au XVIIIe siècle, puis en traçant ses évolutions interprétatives
particulières, depuis lors jusqu’aux formes actuellement fixées. Unique
en son genre, ce livre décrit et compare les structures rituelles et
graduelles des concepts d’Arche anglais, américains, écossais et irlandais en
puisant profondément dans les ressources symboliques de l’histoire de
l’Ordre. Il s’en dégage un corpus ésotérique solidement enraciné dans les
origines de cet ensemble de grades apparemment mystérieux, mais qui trouve sa
place comme clé de voûte de la franc-maçonnerie universelle et symbolique
pour quiconque travaille un tant soit peu le rituel de son propre chapitre et
sa signification, ce que ce livre aidera grandement. Ce
livre en édition française est un indispensable de la bibliothèque de tous
les maçons de l’Arche Royale qui souhaitent affiner leur culture de l’Arche
et leur compréhension de la franc-maçonnerie de la parole perdue. La
traduction a été faite par Georges Lamoine, la Préface et édition
critique par Jean Solis, le tout avec l’aide d’André Bassou. Est développé : Les tableaux de l’Arche, les ateliers, les juridictions,
l’histoire de l’Arche et ses développement à travers le monde, l’aspect
chrétien des rituels anciens, les passerelles entre l’Arche et la
Franc-maçonnerie, le chevalier Ramsay, John Coustos, la guerre entre les
maçons anciens et modernes, Lord Blayney, la charte de compromis, Thomas
Dunckerley, les diverses patentes, fondation des grands chapitres de l’Arche
Royale, le grand chapitre d’York, explications des termes de compagnon,
séjournants, exaltation, le portier, pure maçonnerie ancienne, le quorum, les
légendes de l’Arche Royale, Philostorgius, la crypte, Calliste, l’Arche,
l’Arche caténaire et triple, la double pierre cubique, le cercle, le point
dans le cercle, le yod, le Tau et le triple Tau, la croix, les divers
triangles, l’hexalpha, le pentalpha, l’étoile à 5 branches, la pierre
d’autel, les lumières, les bannières, les planches à tracer, les décors, la
coiffure, le tablier, le baudrier, les colliers et chaines, les bijoux. |
ARCHE ROYALE - LES CAHIERS DE
L’ARCHE
- par Le
Grand Chapitre de l’Arche Royale |
|
ARCHE
ROYALE PARIS |
1988 |
5 volumes pour expliquer ce degré, complément du Maître
Maçon. Le premier volume nous parle de : Esdras et Néhémie,
les bannières, les trois pouvoirs, le triple Tau, les trois loges, les cinq
corps platoniciens, le tabernacle, le rituel « Domatic » Le deuxième volume étudie le rite domatique de la Sainte Arche Royale de Jérusalem, Zorobabel
prince du peuple, les vêtements du grand prêtre, son pectoral et son
utilisation dans la Bible. Le sanhédrin est expliqué. Le troisième volume commente les manuscrits du Royal Arch
(1780-1830), deux rituels oubliés du rite ancien : le Pass Master et
Royal Arche, René Guénon et l’Arche Royale, les corps platoniciens et
le fondement de la fraternité dans les sociétés initiatiques, les trois
principaux, les personnages des bannières du rite domatique du Royal Arch et
leur signification selon la tradition judéo-chrétienne transcrite par Richard
de Saint Victor. Le quatrième volume explique l’évolution du rite, sa naissance, comment
les loges bleues par la voie hiramique préparent à ce degré. Les références
des années 1720 et 1730, le cinquième ordre, le chevalier de Ramsay,
la grande loge des Anciens, l’évolution du rite en Ecosse, Irlande,
Angleterre et en Amérique. Divers chapitres d’Angleterre, la charte de
fondation en 1766. Le cinquième volume rappelle les règles et ordonnances, la
Grande Loge d’York, et les premiers chapitres d’York, explications des termes
de compagnons, Séjourneurs ou Séjournants, the Janitor, l’exaltation.
L’expression «Pure et ancienne
maçonnerie », les titres et appellations, la légende de la
crypte, le caveau, l’Arche, l’Arche caténiforme et triple, la double
pierre cubique. Les origines bibliques, le sanhédrin, le nom
ineffable, le tétragramme, ouverture et fermeture, les lectures
des Principaux, leur installation, l’office de Principal et son passage dans
la chaire de Zorobabel. |
ARCHE ROYALE. l’Ésotérisme
maçonnique du rite de l’arche royale |
F.X.
mafuta |
Edition
du Cosmogone |
2005 |
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ART ROYAL DANS LA FRANC-MAÇONNERIE
- de la royauté à la construction du temple
- N°
54 - |
Jean
Onofrio |
Edition
Maison de Vie |
2013 |
La
Franc-maçonnerie est-elle un art, et, plus précisément un art royal ?
Cette étrange expression, loin d’être désuète, évoque la plus haute dimension
initiatique de la Franc-maçonnerie originelle qui vise à bâtir le temple de
l’homme en s’inspirant de la royauté en esprit et en pratiquant le rite
adéquat, art royal par excellence. Cet
ouvrage nous invite à découvrir les secrets de l’art royal, sa nature
alchimique et sa fonction primordiale : Transformer la nature en art et
mettre l’harmonie à la place du chaos. S’il
y a tout un pan de la F.M. qui est devenu complètement profane et ne prétend
plus être un art, demeure une F.M. héritière d’une longue tradition de
bâtisseurs, dans laquelle l’art (en grec le mot art se dit tékné et signifie
également œuvre de métier) joue un rôle tout à fait capital. La Maçonnerie
est un art si elle est initiatique. L’auteur
tente d’établir que la F.M. initiatique (en grec le mot initiation s’écrit
télétè la célébration des mystères, également il évoque la mise sur le
chemin) a une fonction de transmission dans le domaine de la création, car
elle s’attache à prolonger l’œuvre du Grand Architecte de l’Univers afin de
manifester la présence du Principe. Au sommaire de cet ouvrage : La
Franc-maçonnerie est-elle un art ? Quels
sont les secrets de l’Art royal ? Existe-t-il
un art initiatique communautaire et un temple intérieur ? Quelles
connaissances dispensent la F.M. Microcosme et macrocosme. L’initiation
est-elle un métier ? métier d’initié et métier immuable. L’Art
royal a-t-il une dimension alchimique ? Creuset et transmutation
alchimique Le
rite est-il un art royal ? Perpétuer l’ordre universel Qu’est-ce
que la royauté en esprit ? L’esprit souffle de vie. Intégration au
processus créateur L’ultime
fonction de l’Art royal. Renaissance. La Règle. Ordo ab chao |
AUX SOURCES DU REAA – LE CAHIER DE
LOGE DU VḖNḖRABLE TARADE. MANUSCRIT TḖMOIN DE LA VIE
MAÇONNIQUE DE 1761 A 1776 - |
Claude Gagne et Dominique Jardin |
Edition Dervy |
2017 |
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Nos deux auteurs
allient leurs compétences pour servir à la compréhension du REAA. Ils
confirment, comme le remarque Pierre Mollier dans sa préface à l’ouvrage que
les hauts grades ne sont pas un ajout tardif et que leur élaboration a pu,
pour les plus anciens, servir à la fixation des trois premiers grades. Cela
introduit un tout autre regard sur la cohérence d’un rite. Le manuscrit du
Vénérable Tarade est composé des trois premiers grades puis des rituels de la
maçonnerie « pour les Dames » augmentés d’un quatrième grade
d’Ecossaise, dû au Frère Lachaussée et de huit rituels de hauts grades. A
ceci s’ajoutent les dessins des tableaux de loge et les notes du Vénérable
Tarade, compte-rendu des réunions de loge, permettant d’approcher la mise en
œuvre des rituels dans le quotidien de la loge. Ainsi, au lieu d’un objet
figé, sujet d’étude distante, le rituel peut être approché comme un processus
dynamique. Ce n’est donc pas une froide analyse de manuscrits qui nous est
proposée mais une participation à la vie maçonnique de l’époque, susceptible
de nourrir nos propres pratiques. L’ouvrage nous
rappelle que les rituels sont inventés par des êtres humains, qui cherchent,
tâtonnent, expérimentent, choisissent, dans un contexte donné, avec une
intention plus ou moins claire. Des divisions apparaissent, parfois sociales,
parfois structurelles, des désaccords s’affirment, des alliances et des
réconciliations se font jour dans un temps de protoécossisme. L’influence des
Trinitaires est de plus en plus marquée en avançant dans l’échelle de grades
pour s’imposer dans les derniers grades du REAA. Si on se reporte aux
comptes-rendus du Vénérable Tarade, il apparaît que la vie administrative de
la loge est réduite au minimum, peut-être une leçon salutaire pour notre
époque maçonnique cannibalisée par l’administration. La richesse du
contenu, la précision des commentaires, les questions ainsi posées font de ce
livre, non seulement une contribution majeure à l’histoire du REAA ou de la
Franc-maçonnerie en général mais une invitation à réfléchir à la nature du
travail maçonnique. L’initiation n’obéit pas qu’à l’imitation, elle est aussi
une invention. En rendant compte d’un véritable laboratoire maçonnique en
plein XVIIIème siècle, Claude Gagne et Dominique Jardin nous
appellent aussi à nous réapproprier le procès initiatique et à éviter
l’enfermement par l’une des « machines réplicantes » de Gilles
Deleuze. En effet, la dynamique qui conduit à la fixation, relative et sans
cesse interrogeable, des rituels, ne devrait pas cesser quand les formes sont
arrêtées, elle peut se poursuivre jusqu’à l’essence qui justifie la forme
initiatique. La
« franche-maçonnerie » s'implante en France vers 1725 dans
l'ambiance anglophile et libérale de la Régence. Elle apparaît dans le
sillage de Britanniques exilés pour des raisons politiques ou religieuses.
Accueillie comme une mode par l'aristocratie, elle s'étend rapidement à la
bourgeoisie et s'enracine dans la société d'Ancien Régime. La maçonnerie
française n'est pas une simple importation : elle intègre des formes de
sociabilités anciennes (confréries de pénitents, compagnies d'archers) qui se
fondent dans les nouvelles loges. Une dizaine de loges parisiennes voient
ainsi le jour dans les années 1720. Elles reçoivent des patentes de la Grande
Loge de Londres. Dans la décennie 1730, des loges se créent également en
province. A partir de 1740, la maçonnerie s'étend dans toute la France. Rares
sont les villes qui ne comptent pas de loges. Elles sont un lieu de
convivialité où, dans l'esprit du siècle, les frères célèbrent la vertu et
l'égalité. Des loges féminines d'adoption commencent même à se constituer
dans les milieux aristocratiques. La franc-maçonnerie
française recrute au départ surtout dans la noblesse, puis s'ouvre peu à peu
au monde des négociants, et marchands, fonctionnaires royaux, juristes,
capitaines de navires et officiers militaires. Le gouvernement du cardinal de
Fleury cherchera, vainement, à interdire la franc-maçonnerie, y voyant un
repaire de jansénistes opposants à la monarchie absolue et partisans de la
liberté conscience. Des ordonnances royales vont interdire les réunions
maçonniques et la police interviendra plusieurs fois pour déloger des
francs-maçons des tavernes où ils se réunissent. Mais les francs-maçons
bénéficient d'une tolérance, renforcée par la nomination du duc d'Antin comme
Grand Maître en 1738. Cette même année, la
bulle « in Eminenti » du pape Clément XII, qui reproche aux
francs-maçons leur tolérance à l'égard des autres confessions, interdit aux
catholiques de devenir francs-maçons sous peine d'excommunication. Mais la
bulle n'est pas enregistrée par le Parlement de Paris, ce qui la rend
inapplicable. Elle n'empêche pas non plus le recrutement d'ecclésiastiques,
séculiers ou moines, dans les loges. C'est aussi l'époque ou « les
secrets » des maçons sont révélés au public par des livres ou des
gravures, et celle du discours d'André-Michel de Ramsay, texte fondateur, qui
attribue à la maçonnerie la mission de répandre la philanthropie, une
discrétion inviolable, le goût des beaux-arts et les devoirs de l'humanité.
Ce programme, nullement politique et social, sera longtemps celui de la
maçonnerie française. L'essor de la
pratique maçonnique favorise une mutation des mentalités et promeut un modèle
de démocratie associative. Elle est pénétrée par les lumières et ses
pratiques contribuent à l'émergence d'un esprit philosophique et d'une pensée
rationaliste qui influencent toute la société à la fin de l'Ancien Régime. La
franc-maçonnerie française connaît un développement important, mais parfois
un peu anarchique, qui s'accompagne d'une difficulté à s'organiser. Des
tendances s'affrontent, notamment l'une composée de membres de la noblesse,
l'autre de maîtres parisiens issus de la petite bourgeoisie. De 1728 à 1771, la
première Grande Loge échoue à s'organiser durablement et à faire reconnaître
son autorité. En 1771, à la mort du comte de Clermont, le duc de Chartres –
futur Philippe Egalité – devient Grand Maître. Pour mettre fin au désordre
qui règne, une assemblée générale de toutes les loges de France est
organisée. Elle réunit 400 loges et décide fin 1772 à une large majorité de
se constituer en Grand Orient de France (juin 1773), qui introduit
deux nouveautés majeures : l'élection périodique des vénérables, jusqu'alors
propriétaires à vie de leur patente, et une administration plus structurée Cet ouvrage précède ou suit le livre de
Jean-Luc Leguay « Rituels
perdus »,
(Chapitre 1 R), ainsi ces deux ouvrages sont très complémentaire |
AUX SOURCES DE L’ÉCOSSISME –
LE PREMIER TUILEUR ILLUSTRÉ -
80 TABLEAUX DE LOGE ET BIJOUX MAÇONNIQUES
|
Dominique Jardin
|
Edition Dervy
|
2019
|
||
Nous
avons aussi retrouvé et publions les manuscrits-sources conservés à la
Bibliothèque nationale de France et une version, elle aussi exceptionnelle,
conservée à la bibliothèque de la Grande Loge Unie d'Angleterre (GLUA). Cette publication est remarquable. Dominique
Jardin, agrégé et Docteur en histoire, auteurs de nombreux travaux, met pour
la première fois à notre disposition le plus ancien tuileur maçonnique
manuscrit, ce qu’il désigne comme un proto-tuileur : « Le manuscrit
étudié est sans doute le premier tuileur de l’histoire maçonnique. Ce
proto-tuileur est extrêmement rare puisque très haut en époque pour ce type
de document manuscrit, très complet par le nombre de grades traités et très
illustré puisque chaque grade est accompagné de l’iconographie du tableau et
du bijou correspondants. De plus, contrairement aux manuscrits de la BnF qui
en sont la source, son iconographie est complètement aquarellée. Tous les
mots et mots de passe y figurent également en alphabet maçonnique, ainsi que
les différents signes et attouchements. C’est-à-dire que nous avons affaire
ici au « nucléus fondamental » de la maçonnerie et à un formidable
outil initiatique. » C’est non seulement un tuileur, sans doute
le premier, mais c’est une œuvre d’art qui nous est proposée. Le manuscrit de
la Maison des Maçons, de la Bibliothèque de la GLNF, Précis des huit premiers
grades ornés de discours et d’histoires allégoriques relatifs au respectable
ordre de la franc-maçonnerie, comporte quatre-vingts planches hors texte
en couleur, de qualité, quand la plupart des tuileurs anciens proposent des
illustrations en noir et blanc. Les grades, pour la plupart, feront partie du
futur REAA mais certains correspondent aux grades du système du baron de
Tschoudy. Par ailleurs, les textes permettent de préciser la nature des
planches. Ce document est complété notamment par les planches de la
Bibliothèque André Doré du Grand Collège des Rites Ecossais du Grand Orient
de France. L’ensemble iconographique commenté constitue
une matière de grande valeur pour la réflexion initiatique et l’exploration
des grades. Il permet aussi d’envisager la mise en œuvre de grades inconnus
ou encore considérés comme intermédiaires. Le foisonnement de grades et de
rituels démontre, en ce XVIIIème siècle si surprenant, que le rituel est
vivant, et non figé par quelque décret, construit et reconstruit à partir de
matériaux divers, religieux ou mythiques. Repartir de l’iconographie, plutôt
que de commentaires secondaires permet de reconquérir le sens et d’approcher
peut-être le projet initiatique initial. Le travail considérable de l’auteur,
Dominique Jardin, doit être salué à sa juste valeur. C’est tout simplement
exceptionnel. Au sommaire de cet ouvrage : Chapitre 1 : Un proto-tuileur du XVIIIe siècle Les grades de la F.M. en France vers 1780 - Comment les maçons se sont appropriés la
Bible et que usage en font-ils ?
- Un proto-tuileur, l’ancêtre
des tuileurs - Une iconographie
exceptionnelle, présentation des séries d’images -
Les étapes de l’élaboration du tuileur
- Un texte très simplifié -
Les types d’écritures - Une nécessaire interprétation -
les grades du manuscrit - Un magnifique ensemble de bijoux
maçonniques - Un recueil très complet de tableaux de
loge - Chapitre 2 : commentaire du manuscrit – Les iconographies des trois premiers grades - Maître
- Maître parfait - Petit
Elu -
Elu de l’Inconnu - Elu des quinze -
Chevalier du Lyon - Chevalier de l’Ancre -
L’Illustre - Petit Maître anglais -
Maître Irlandois - Ecossais de Clermont - Le
Sublime Ecossois - Sublime Ecossois d’Angleterre - Le
parfait Maître Anglois - Le Sublime Choix - Ecossois de Saint André - Le
Chevalier d’Orient - Chevalier d’Occident -
Le Chevalier du Soleil - Souverain commandeur du Temple -
Chevalier du Phénix - Elu Suprême
- Maître de la loge -
Royal Arche - Chevalier Architecte -
Sublime philosophe - Souverain Prince de Rose-Croix
- L’Aigle noir - Le
Grand Inspecteur - Grand Inquisiteur - Le
Grand Elu - L’Initié dans les mystères - Le
Vrai maçon - Les Antipodiens - Chapitre 3 : Le Manuscrit de la
GLNF -
Les planches de la bibliothèque André Doré - En annexe les discours historiques et
manuscrits de la GLUA - les mots de passe et grades du manuscrit
GLNF |
ART ROYAL ET RÉGULARITÉ
DANS LA TRADITION DE 1723-1730 |
PATRICK
NÉGRIER |
ÉDITION
IVOIRE-CLAIR |
2009 |
Ce
livre s’adresse aux amateurs intéressés par l’histoire de l’institution et de
la pensée maçonnique mais aussi aux francs-maçons désireux de pratiquer la
maçonnerie conformément à l’une des formes originelles du rite du Mot du
Maçon (1637-1751) et à la religion naturelle (orthopraxies morale) prescrite
par les constitutions d’Anderson et de Désaguliers de 1723. Lues dans une
perspective critique qui en modernise le contenu en dépassant ce que leur
conservatisme social avait de contraire à la raison : l’exclusion active
des serfs et la non remise en question de la pratique du servage, l’antiféminisme,
et l’homophobie. Avec
la publication de ce dernier ouvrage sur Art royal et régularité, l’œuvre
maçonnique de Patrick Négrier se trouve désormais entièrement publiée, et il
devient dès lors possible de comprendre la diversité et l’unité des
contributions apportées par cet auteur à l’histoire de l’institution et
surtout de la pensée maçonnique des origines depuis la création de la
franc-maçonnerie au XIVe siècle jusqu’aux dernières années du XVIIIe siècle. L’auteur développe les points suivants : La reconstitution de l’histoire de la création en 171 de la
Grande Loge de Londres, le Rite et le Mot du Maçon, les modifications des
rituels, l’Ordre des Francs-Maçons trahi de l’Abbé Pérau, le Sceau rompu, le
Maçon démasqué de Wolson, les trois coups distincts (1760), l’évolution
de l’allégorisme du Temple de Salomon, les constitutions de 1723 et leur
postérité, James Anderson, le texte de Désaguliers, les constitutions
retouchées de 1738, Catholicisme romain et homophobie chez La Tierce, Ahiman
Rezon de Laurence Dermott (1756), l’évolution de la pensée religieuse
de la Grande Loge d’Angleterre, les déclarations du G.O de 1877, la religion
naturelle, le contexte religieux de l’époque. |
1 B
B.A-BA de
la FRANC- MAÇONNERIE |
PHILIPPE LESTIENNE |
EDITION
PARDES |
2004 |
Ce
livre sur la Franc- Maçonnerie présente les principales problématiques
de cette voie initiatique moderne, en particulier les aspects
historiques :
Mais
la Franc- Maçonnerie est surtout un phénomène social et culturel dont
l’apparente unité planétaire, masque mal les profondes divergences :
association basée sur la forte convivialité d’une société d’égaux qui se sont
choisis, elle revêt des formes et des options très diverses pour satisfaire
des sensibilités différentes, souvent en conflit les unes avec les autres. On
ne peut donc pas traiter de la Franc- Maçonnerie sans aller à la rencontre
des diverses Maçonneries nationales et des différents rites et systèmes pour
s’interroger : faut-il parler de « la » ou
« des » Franc- Maçonneries ?
L’auteur
entend donner un aperçu synthétique de la complexité du phénomène maçonnique
afin de dresser le portrait nuancé d’une institution qui n’a pas la
toute-puissance diabolique que lui prête l’antimaçonnisme, sans doute,
mais dont l’influence, pour le bien comme pour le mal, est certainement plus
importante qu’elle n’accepte de le reconnaître elle-même. |
BEHAEGHEL - APOCALYPSE
- UNE AUTRE GENÈSE |
Julien
behaeghel |
Edition
VIF |
1997 |
||
Selon l’Écriture
Sainte, l’homme et la femme, « à l’image comme la ressemblance » de Dieu
créateur, constituent la relation fondamentale. Point de départ de
l’anthropologie chrétienne, cette relation sert d’appui à une anthropologie
universelle dans le dialogue interreligieux et le rapport entre les cultures. L’Ancien
Testament s’éclaire par le Nouveau et le Nouveau par l’Ancien. La Bible
s’interprète selon les moments qu’elle occupe dans l’histoire de la
Révélation. Des textes fondateurs servent ici de jalons au déploiement biblique
de la relation homme-femme. Dès la Genèse, pour le Pentateuque, Dieu est
relation. Homme et femme y figurent comme lieu de Dieu dans la création et
les aléas de l’Alliance. Le livre des Proverbes, pour les écrits sapientiaux,
distingue la Sagesse créatrice et Dieu, sans attenter au monothéisme, en
valorisant l’éducation des enfants. Osée avec d’autres, pour les Prophètes,
décrit la fidélité de Dieu à son Alliance dans l’infidélité du peuple par le
recours à la symbolique nuptiale, gage d’une Alliance Nouvelle. Le Cantique des Cantiques conjoint l’un et
l’autre Testament. L’Annonciation selon Luc, la noce à Cana et la croix, chez
Jean, l’Agneau et son Épouse enfin, qui concluent l’Apocalypse, célèbrent
l’Alliance accomplie. La
bonté de la créature découle donc bien de la bonté du Créateur. Le mal arrive
plus tard : trop tard ! L’accomplissement dans le Christ se réalise sur le
lieu de l’origine. Sans jamais supplanter la bonté originelle, le péché
stimule la Sagesse qui en promeut l’Amour toujours plus grand. |
BEHAEGHEL - cosmogonie et tableau de loge |
Julien
behaeghel |
Edition
La Maison de Vie |
2002 |
Le
tableau de loge est un itinéraire symbolique qui permet au maçon de
construire sa vie spirituelle avec les outils de l’architecte. Véritable
cosmogramme qui trouve ses sources dans les symboles universels communs à
toutes les grandes cosmogonies, il guide notre quête de recherche et de
lumière. La cosmogonie nous fait rentrer dans le mythe de la création d’un
monde invisible qui se situe à la frontière de deux éternités. Le tableau de
la loge est cet itinéraire symbolique qui permet de nous y rendre. Le
tableau de loge est un carré long, il est le symbole du tracé du temple dans
la loge. La loge que beaucoup de Maçons appelle erronément temple. Le Maçon
travaille sur le parvis du temple et non dans le temple. Cela étant dit, nous
renvoyons le lecteur à l’article que J. Tomaso consacre au temple dans le
Dictionnaire thématique illustré de la franc-maçonnerie (Editions du Rocher,
1993). Rappelons
que le tracé symbolique du temple délimite dans la loge l’espace sacré par
excellence. Il en est le centre d’illumination. Il contient donc les deux
luminaires symboliques, soleil et lune, réunis dans une même fusion
opérative. Fusion que l’on peut, suivant la tradition, évoquer par les deux
serpents, tressés et se dévorant l’un l’autre, du caducée de l’insigne d’une loge
bruxelloise ainsi que par les serpents de la croix irlandaise de Muiredach
dans laquelle les serpents sont surmontés de la main de Justice et du
Soleil... Soulignons
aussi que les proportions du porche (Oulam) et du sanctuaire (Hekhal) du
temple de Salomon sont celles du carré long, 20 coudées X 10 pour le Oulam et
20 coudées X 40 pour le Hekhal, et que la proportion dorée est partout
présente dans l’architecture sacrée du monde. Le
carré long est donc d’abord une symbolique du centre et, à ce titre, peut
être représenté sous forme du cercle inscrit dans le carré, figurant ainsi de
la façon la plus simple le temple dont le centre est le saint des saints, le
cercle de la manifestation spiritualisée, conscientisée. Et cette
représentation nous fait penser aussi au cercle et aux deux parallèles
utilisés dans différents rituels pour symboliser la course du soleil et les
deux portes de l’année : le solstice d’été et le solstice d’hiver. On y trouve : Le Centre, l’espace sacré, entre l’équerre et le compas, l’œil
de l’architecte, les outils, les pierres brutes et taillées et les tableaux
des trois degrés – le tracé – cosmogramme et circumambulation – les nombres
et les couleurs – la Lumière - |
BEHAEGHEL - DE PHARAON À L’APPRENTI maçon – trois pas pour l’ÉternitÉ |
Julien bEhaeghel |
Edition ALPHEE |
2008 |
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Julien Behaeghel nous conduit ici au cœur même du symbole et
de sa force initiatique. Le symbole est la trace du divin dans la matière.
Par-delà le temps et les civilisations il relie dans un éternel présent
l’homme à son devenir, la terre au ciel.
C’est le symbole en action qui nous accompagne dans ce parcours, à travers le zodiaque, la croix celtique, la triple enceinte, le mandala, la quête du Graal, l’arbre de Vie, le Fou sur le chemin (du tarot)… De Pharaon, à l’apprenti maçon, il n’y a qu’un pas, celui du présent éternel, celui du symbole qui régénère et réunit. Y sont expliqués :
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BEHAEGHEL - hiram & la reine de saba |
Julien
behaeghel |
EDITION
MAISON DE VIE |
2005 |
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Son
mariage avec Salomon n'a jamais été consommé, car autrement le nom de Maçon
aurait disparu des mémoires longtemps avant l'époque actuelle, et les humains
seraient maintenant les enfants dociles de l'église dominante, et n'auraient
ni libre arbitre, ni choix, ni prérogatives. Mais il ne lui fut pas non plus
permis d'épouser Hiram, qui représentait le pouvoir temporel, sans quoi la Religion
aurait été étouffée. Elle doit donc attendre le fiancé qui incarnera en lui
les qualités combinées de Salomon et d'Hiram, mais qui sera purifié de leurs
faiblesses. En effet, la Reine de Saba est l'âme composite de l'Humanité, et
lorsque le travail de notre ère d'évolution sera terminé, elle sera la
fiancée, tandis que le Christ, que Paul nommait le Grand-Prêtre de l'ordre de
Melchisédech, remplira le double office de chef spirituel et temporel, de roi
et de prêtre, pour le bonheur éternel de toute l'humanité actuellement
esclave de l'Eglise ou de l'Etat, mais attendant, qu'elle s'en rende compte
ou non, le jour de l'émancipation symboliquement représenté par le
"Millénium", durant lequel existera une cité merveilleuse, la
Nouvelle Jérusalem, la cité de paix. Plus tôt cette union pourra être
réalisée, mieux cela vaudra pour l'humanité. En conséquence, une tentative fut faite, que la légende nous relate sous le symbolisme des deux prétendants, Salomon et Hiram, à la main de la Reine. Les deux Ordres Initiatiques s'étaient réunis pour accomplir un travail en commun, La Mer de Fonte, dont on tentait la réalisation pour la première fois. Il n'aurait pu être exécuté à une époque antérieure, car l'homme n'était pas encore suffisamment évolué. Mais à cette époque-là, il semblait que les efforts réunis des deux écoles pourraient accomplir cette tâche, et s'il n'y avait pas eu en chacune d'elles le désir de déposséder l'autre de l'affection de la symbolique Reine de Saba, l'âme de l'humanité, elles auraient pu réussir une union équitable entre l'Eglise et l'Etat, et l'évolution humaine aurait pu progresser grandement.
Mais
l'Eglise et l'Etat étaient tous les deux jaloux de leurs prérogatives
particulières; l'Eglise n'acceptait la fusion qu'à la condition de conserver
son ancien pouvoir sur l'humanité et de prendre en plus le pouvoir temporel.
L'Etat nourrissait la même ambition égoïste et la Reine de Saba, l'humanité
dans son ensemble, est encore sans époux. La Légende Maçonnique raconte cette
tentative et son échec de la manière suivante: Lorsqu'on
eut montré à la Reine de Saba le splendide palais de Salomon et qu'elle lui
eut offert les magnifiques présents d'or et d'objets travaillés, elle demanda
à voir le grand Temple presque achevé. Elle admira beaucoup l'importance du
travail, mais s'étonna de l'absence apparente des ouvriers et du silence qui
régnait. Elle demanda donc à Salomon d'appeler les ouvriers, afin de voir
celui qui avait réalisé cette merveille. Mais alors que, dans le palais, les
serviteurs de Salomon obéissaient au moindre souhait du monarque désigné par
Jéhovah pour construire le temple, ces ouvriers n'étaient pas soumis à son
autorité; ils n'obéissaient qu'à celui qui avait "Le Verbe" et
"Le Signe". Aucun d'eux ne se présenta donc à l'appel de Salomon,
et la Reine de Saba ne put s'empêcher de conclure que cette ouvre
merveilleuse avait été exécutée par quelqu'un qui était plus grand que
Salomon. Elle insista donc pour connaître ce Roi des Métiers et ses
admirables ouvriers, au grand dépit de Salomon qui sentit qu'il avait baissé
dans l'estime de la reine. Le
temple de Salomon est notre Univers Solaire, qui forme la grande école de la
vie pour notre humanité en évolution. Les grandes lignes de son histoire
passée, présente et future sont inscrites dans les astres, les points
importants étant discernables par quiconque possède une intelligence moyenne.
Dans le plan Microcosmique, le temple de Salomon est aussi le corps de
l'homme dans lequel l'esprit individualisé ou Ego évolue comme le fait Dieu
dans l'univers. Le travail sur le vrai temple, comme il nous est dit au
chapitre cinq de la deuxième Epître aux Corinthiens, est accompli par des
forces invisibles travaillant en silence, construisant le temple sans bruit
de marteau. Tout comme le temple de Salomon était visible dans toute sa
gloire pour la Reine de Saba, de même l'évidence du travail des forces
invisibles est facilement perçue dans l'univers et dans l'homme, mais les
forces elles-mêmes restent à l'arrière-plan; elles travaillent sans ostentation,
elles se dissimulent aux yeux de ceux qui n'ont pas le droit de les voir ou
de les commander. Le rapport de ces forces de la nature avec le travail
qu'elles accomplissent dans l'univers sera peut-être mieux compris à l'aide
d'une comparaison. On y trouve : l’Arche d’alliance, Salomon, les
Loges masculines et féminines, l’homme recréé, les rituels, l’art du trait,
l’initiation, la reine de Sagesse, les outils. |
bEhaeghel - la
bible Á la lumiÈre du symbole |
Julien bEhaeghel |
Edition
ALPHḖE |
2007 |
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Parmi
les symboles employés par les premiers Chrétiens, celui du poisson semble
avoir le premier rang en importance. En effet, à partir de sources monumentales
telles que des tombes nous savons que le poisson symbolique était familier
aux Chrétiens des premiers temps. On peut le voir dans des monuments romains
tels que la Capella Greca et les Chapelles du Sacrement de la catacombe de St
Callistus. Le poisson a été désigné comme un symbole Chrétien dans les
premières décennies du 2ème siècle. Les
anciens croyaient que la chair d'un paon ne se décomposait pas après la mort,
et il est ainsi devenu un symbole d'immortalité. Ce symbolisme a été adopté
par les débuts de la Chrétienté, et ainsi de nombreuses peintures et
mosaïques du début du Christianisme montrent le paon. Le paon est toujours
utilisé lors de la saison de Pâques en particulier à l'Est.
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BEHAEGHEL - l’apprenti franc-maçon & le
monde des symboles - Tome
1 |
Julien
behaeghel |
Edition Maison de Vie |
1999 |
Dépositaire
d’une partie de la tradition ésotérique, la Franc-maçonnerie Initiatique
trouve sa raison d’être dans l’étude des symboles et dans la pratique
rituelle.
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BEHAEGHEL - le compagnon franc-maçon & l’art
du trait - Tome 2 -
|
Julien
behaeghel |
Edition
MAISON DE VIE |
2001 |
Après
une première approche du monde des symboles en tant qu’Apprenti, le Compagnon
découvre l’Art du Trait qui le fait entrer, jour après jour, dans la lumière
de l’initiation. Du carré long à l’étoile, le chemin à parcourir est celui
d’une spirale qui conduit au cœur de l’étoile.
Tout
est expliqué. |
BEHAEGHEL - le maÎtre maçon & la mort
symbolique - Tome 3
- |
Julien
behaeghel |
Edition
MAISON DE VIE |
2002 |
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Au niveau individuel, le mythe nous guide
dans la quête du MM dans sa démarche maçonnique. Cette quête n’est pas la
recherche d’un résultat, mais la progression vers plus de connaissance, vers
plus de conscience. Nous ne pouvons avancer sur ce chemin de la connaissance
et de la conscience que par l’expérimentation, par l’action, car tout ce qui
est en dehors de l’expérimentation n’est que possibilité. Si nous avons tenté d’apporter des réponses à
quelques questions du mythe, il en reste de nombreuses qui restent encore
ouvertes : pourquoi a-t-on perdu ces secrets car d’autres maîtres devaient le
posséder ? Qui va terminer le temple ? Que sont devenus les mauvais
compagnons ? Où est la sépulture de Maître Hiram ? Etc. La recherche des
réponses à ces questions en s’appuyant sur la transmission et l’expérience
permettra de progresser dans la recherche personnelle. Changer la pierre brute en pierre taillée,
l’amener à recevoir et à diffuser la lumière n’est-il pas le travail que nous
devons entreprendre sur nous avec nos Frères : seul et ensemble en même temps
? Car on ne peut prétendre améliorer le monde si l’on n’est pas soi-même
construit et réalisé, c’est-à dire un Homme Véritable, qui a retrouvé les
secrets véritables. sommaire :
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BEHAEGHEL - LE
NOMBRE CRÉATEUR |
Julien Behaeghel |
Edition Maison de Vie |
2012 |
A
l’origine de la création se trouve le Nombre ; c’est lui qui engendre la
forme et le temps. Et c’est ce Nombre originel qui se décline en dix phases.
L’auteur nous propose de parcourir ces dix phases en les éclairant à partir
d’une philosophie du Nombre, élément essentiel de la Tradition. 1 : Le Dieu UN : Le cercle est le symbole universel de
la Totalité Une. La couronne Kether est une autre expression du cercle, elle
est Principe créateur d’où fusent toutes les potentialités de la création
éternelle. C’est l’œuf cosmique, le centre d’union-émanation d’où l’éclair
créateur a jailli pour illuminer les Ténèbres, ce point est Unique (R.
Guénon). Cette porte, porte de la sortie du Temps, le passage vers l’invisible,
elle est la porte de sortie du temps spiralé de l’éternel retour, l’ouverture
par laquelle l’initié chaman sort du monde matériel pour gravir les échelons
de l’échelle des 7 cieux et atteindre la sphère des étoiles fixes. C’est
aussi la « porte » située entre le monde de la Manifestation et
celui de l’Emanation, l’œil du Dieu créateur. Le monde est d’abord
« vision de l’œil de Dieu » avant tout. 2 : l’eau double : L’une est la pluie spiritualisante et
l’autre l’eau terrestre, l’eau du Baptême ou eau de transsubstantiation. Les
eaux solaires et lunaires chez les Dogon les principes mêmes de la création
des génies de l’eau, premiers enfants réussis des œuvres de Dieu. L’eau donne
donc naissance aux jumeaux de la dualité première, jumeaux qui sont très
présent dans le Tarot et le Zodiaque. On trouve cette dualité dans le blanc
et le noir, la lumière et les ténèbres, et dans ce cas la dualité est
manichéenne et passive, elle divise et sépare les deux aspects apparemment
inconciliables d’une certaine réalité. 3 : La Divine Triade : Dans toutes les traditions, le nombre
3 a toujours été associé à la divinité parfaitement manifestée à
elle-même ; le 3 procède à la véritable naissance de Dieu. L’homme est
en quelque sorte crée trois fois suivant sa triple nature originelle :
sa substance est à la fois divine, spirituelle et biologique. Le triangle
étant la manifestation de la divinité trois en une. Le Trois est représenté
par la planète Saturne et pas la Séphire Binah qui est la compréhension. En
Egypte les trois pas du Pharaon symbolisaient L’Etoile, le Soleil et la
Terre. 4 : Le carré Terre : Figure de base de l’espace, il est le
symbole de l’univers crée et complémentaire de l’univers incréé. Le carré
exprime l’instant et même l’arrêt ; il comporte l’idée de consolidation
et de solidification. Le chiffre quatre, homologue du carré, est le nombre du
développement complet de la Manifestation. Autrement dit, le carré rend
visible les totalités, il est le fondement de toutes les cosmogonies. 5 : L’Homme-Etoile : L’Etoile Flamboyante a toujours été
dans toutes les traditions, signe de lumière et de rayonnement, mais aussi
d’Amour. Aussi bien dans l’Arbre séphirotique (Gevoura) que dans la Tarot
(arcane 5-le Pape) ou dans la Tradition Judéo-chrétienne (l’étoile étant
l’envoyé de Dieu symbolisé par un ange, et c’est pour cela que les Rois mages
partirent à la recherche de Jésus) ; mais elle reste un mystère. Le
pentagramme est le pentagone circonscrit contenant l’étoile en son centre.
Cet androgyne-étoile est l’homme des temps nouveaux qui, comme le dit J.
Servier « inscrit sur terre le nom divin
en nombre d’homme » 6 : L’Androgyne Divin : Le nombre six, géométriquement
traduit par l’hexagramme, nommé souvent sceau de Salomon ou bouclier de
David, est celui du parfait équilibre, il réalise l’harmonie entre le
processus de création et de réintégration, autrement dit, il réalise l’union
du créateur et de sa créature. Dans la 6e Séphira (Tipheret) est
appelée Beauté, elle est situé sur l’axe central de l’Arbre de Vie, elle est
le reflet de Kether, la source divine. R. Abellio considère le sénaire(6)
comme étant la structure absolue à la base de toute manifestation. La Genèse
nous apprend que le mode fut créé en 6 jours. 7 : Le Septénaire triomphant : Netzach la 7e
Séphira représente la force ascendante de l’éternité, la double triade
concentrée en Tipheret, commence son ascension vers l’unité cosmique et éternelle.
Elle formera avec Hod, le Réverbération, la 3e triade de l’Arbre.
Le Septénaire est par-dessus tout, la naissance de l’homme nouveau, qui,
marqué du sceau de Salomon, se sent irrésistiblement attiré vers le haut,
vers le dôme de son éternité ; comme l’arcane 7 du Tarot avec le Chariot
et son triomphateur qui est emporté vers le soleil. 8 : Le Trône octogonal : La 8e Séphira est
Hod (Splendeur) ; cette splendeur est triple, la splendeur de la forme
parfaite, celle du trône et la splendeur de l’étoile jumelle. L’octogone est
la forme intermédiaire entre le carré (Terre) et le cercle (ciel), il est le
symbole du Trône divin qui n’est autre que l’Esprit Universel. Le nombre 8
nous rappelle aussi la forme du caducée dont les deux serpents symbolisent les
deux principes créateurs en parfait équilibre par rapport à l’axe central
(axis mundi). 9 : La Rose crucifiée : Le nombre 9 réunit en lui tous les
autres pour les projeter dissous dans l’Unité nouvelle : l’Unité
cosmique. Hesed (9e Séphire est la fondation, elle est fin de
cycle avant l’avènement du Royaume. Le monde en 9 est une merveilleuse
représentation quaternaire du cosmos dont les deux croix conduisent au dix,
nombre de l’unité amplifiée du Royaume. La rose à 5 pétales remplace ici
l’étoile à 5 branches. L’Homme qui attache la Rose à la croix, relie
temporellement la dialectique et la Gnose, le Temps et l’Eternité. Il faut
transcender définitivement la temporalité pour permettre à la corporéité de
quitter la pesanteur terrestre afin de communier pleinement avec l’Eternel. 10 : La Mandorle : On atteint la 10e Séphira : Malkut (royaume), terme du voyage. La dixième et dernière phase des métamorphoses successives du symbole nous révèle le cercle unificateur de la nouvelle unité, l’unité cosmique : l’Ouroboros se mord la queue ; la vision retourne rajeunie à l’œil de son créateur. La totalité de la Manifestation formelle retourne au Principe, la fin du cycle, la fin du Temps. La Roue cosmique induit immédiatement une série de symboles dont le plus évident est « la rue de fortune » du Tarot qui rappelle les divers cycles de la vie de l’homme sur terre et ses diverses réincarnations purificatrices (Samsara). Symboles du Sol Invictus, mandalas de Borobudur, chrisme chrétien, antimoine alchimique, diverses croix à plusieurs directions, swastika et sceau de Salomon, tous ces symboles nous invitent à une pérégrination vers le Centre, vers notre centre, vers notre labyrinthe pour atteindre le Centre vide de l’unité céleste et peut être se fondre et fusionné avec lui. |
BEHAEGHEL
- le tarot du fou |
Julien BEHAEGHEL |
EDITION LABOR |
1991 |
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BEHAEGHEL - LE ZODIAQUE
SYMBOLIQUE |
Julien BEHAEGHEL |
Edition MOLLS – Belgique |
1999 |
Le Zodiaque est un des plus vieux symboles de
l’humanité, les premiers ont été découvert en Mésopotamie, puis est passé en
Egypte où on le retrouve au plafond de Dendérah, enfin les Grecs le développe
et le transporte à Alexandrie où vers -300 ans, Ptolémée va le développer
considérablement et en faire une science astrologique qui deviendra
astronomique au siècle des Lumières, car, depuis toujours l’Homme croit que
son devenir est inscrit dans les étoiles. Dans
cet essai, l’auteur n’analyse pas le Zodiaque comme le ferait un astrologue
mais bien comme un chercheur à la recherche de son âme. C’est de ce Zodiaque
intérieur dont il sera question. Le Zodiaque qui résume parfaitement notre
quête terrestre, notre voyage dans le temps, depuis notre naissance jusqu’à
notre re-naissance. Les
12 signes du Zodiaque sont les 12 yeux de
l’Homme qui veut voir l’autre côté du réel, ce réel qui nous cache
l’apparence des choses et des êtres. Les
12 signes du Zodiaque sont les 12 portes du royaume de l’esprit, ces 12 portes
de notre maison de lumière. Chaque
signe est présenté avec ses mythes, ses éléments, ses symboles, son histoire
et ses rapports avec les autres signes. Au sommaire de cet ouvrage de Julien Behaeghel: Les 4 éléments du Zodiaque et le Zodiaque cosmogonique. L’Homme Zodiaque et son anatomie en fonction des signes La spirale du Bélier (21 Mars - 21 Avril) Les cornes du Taureau (21 Avril - 21 Mai) Les Gémeaux-Jumeaux (21 Mai - 21Juin) La mort du Cancer (21 Juin - 21 Juillet) La force du Lion (21 Juillet - 21 Août) La Vierge oblative (21 Août – 21 Septembre) La Balance de justice (21 Septembre - 21 Octobre) La mort du Scorpion (21 Octobre - 21 Novembre) La flèche du Sagittaire (21 Novembre – 21 Décembre) La chèvre-poisson du Capricorne (21 Décembre – 21 Janvier) L’onde de lumière du Verseau (21 Janvier – 21 Février) Le cordon ombilical des Poissons (21 Février – 21 Mars) |
BEHAEGHEL - LES GRANDS SYMBOLES DE L’HUMANITÉ |
JULIEN BEHAEGHEL |
ÉDITION ALPHÉE |
2011 |
Les symboles sont les balises du voyage humain dans le labyrinthe du temps. Ils racontent à leur façon les principaux moments de l’éveil de la conscience. L’auteur nous présente les principaux symboles, du point initial des commencements, à l’axe du monde en passant par la Roue de la Vie, la dualité, la Trinité, la Croix….et nous conduit au cœur de nous-mêmes, au cœur de l’Etoile. Le symbole est infini et éternel, il contient en lui la totalité des devenirs, dans ce monde comme dans d’autres mondes possibles. Il contient toutes les réponses à toutes les questions que l’Homme se pose depuis toujours sur son avenir terrestre, mais voilà, pour avoir accès à ces réponses, il faut d’abord pouvoir poser les bonnes questions et ensuite être suffisamment éveillé pour être à même de déchiffrer les réponses. Or tout est là, tout est donné, depuis le commencement, dans l’universalité du mythe, dans l’intemporalité du symbole, encore faut-il pouvoir lire, voir et écouter. Cet ouvrage est une tentative de lecture du symbole en insistant sur notre myopie et notre ignorance du plan. Nous savons que le plan existe mais son tracé ne nous est pas connu avec précision. C’est d’ailleurs pour quoi nous l’appelons labyrinthe, car nous ne pourrons connaître son tracé que lorsque le voyage sera terminé. Le symbole est donc un voyage, et il se présente à la fois, comme un nœud à démêler et une toile à tisser. Ce que nous devons chercher c’est le fil d’Ariane, car sans ce fil nous ne pouvons pas nous relier à notre ombilic, à notre centre de vie. Julien Behaeghel, qui nous a quitté en 2007, a beaucoup écrit sur le symbole. Dans ce livre, il nous invite à « manger le symbole », faisant référence à Gilgamesh qui ne comprend pas qu’il doit manger la plante d’immortalité et l’eau de vie. Manger le symbole, l’ingérer, c’est être le symbole plutôt qu’avoir le symbole. Les trente symboles étudiés dans ce livre ont tous une fonction particulière dans le grand jeu initiatique œuf cosmique – œil-miroir, point-rien, Père-Ciel et Mère-Terre, arbre, serpent, soleil double, lune quaternité, cercle, croix, spirale, labyrinthe, montagne sacrée, trinité et triangle, arc-en-ciel, cercle-carré zodiacal, dieu cornu, axe du monde et pôle, ange et androgyne, équerre et compas, Janus ou la dualité, nœud, cœur, étoile, coquille et conque, phallus-linga, roue…Chaque étude, dense, précise et d’une grande richesse, révèle les possibilités de mouvement du symbole, sa potentialité opérative. Plutôt que des longs et inutiles développements, Julien Behaeghel préfère condenser l’essentiel dans une écriture où se mêle poésie et connaissance. « Le symbole est « le dernier accès au sacré » selon Robert Triomphe, rappelle l’auteur. Et il développe : « Qu’est-ce que le sacré, sinon l’incompréhensible verbe qui a prononcé notre forme, au commencement, lorsque tout était noirceur et inconscience. Le sacré est la parole perdue, celle qui a tout créé, qui a tout dit, lorsque rien n’avait jamais été dit. C’est la parole de vie, la parole de sang, de sève, d’eau et de lumière. Le sacré, c’est ce qui nous a pensés de toute éternité afin qu’un jour, dans le temps, nous puissions voir sa beauté et petit à petit deviner la couleur de son regard et, plus tard, bien plus tard, partager sa sagesse. » Après avoir abordé ces symboles fondamentaux, il rappelle les bases du symbolisme géométrique, du symbolisme des nombres, du symbolisme des couleurs, du symbolisme des animaux, du symbolisme des métaux et du symbolisme des fleurs, les fleurs qui sont « dieux et déesses et dans de nombreux cas symboles d’immortalité. ».Ce livre, dédié à C.G. Jung, ce qui n’est pas anodin, relève du tissage traditionnel. Il ne propose pas une juxtaposition de notices mais un voyage sur l’océan du symbole par des méditations imbriquées. Utile à l’instruction de base, il nourrit aussi l’esprit des questeurs qui ici et là trouveront matière à nouer ou dénouer. Julien Behaeghel puise dans le superbe symbolisme Dogon : « La déesse nous tient en son nœud, giron cosmique dont le centre est chaleur solaire. Et c’est à sa chaleur que nous tisserons notre propre devenir en ajoutant quelques mailles à l’énorme grenier du monde, et lorsque notre travail d’amour sera terminé, la Nommo-déesse, Vierge du passage, nous donnera son fil, cordon ombilical de l’invisible, nous hissera dans le centre de conscience. Le fil de la Vierge deviendra alors l’axe du monde ; le nœud sera délié, le temps sera abrogé, la porte entre les deux mondes sera ouverte. L’homme alors n’aura plus qu’à tresser son âme au cœur même de l’âme universelle. » L’auteur développe les symboles suivants : L’œuf cosmique, l’œil-miroir, le Père-Ciel et la Mère-Terre, L’arbre, le serpent, le soleil-double, la lune, la quaternité, le cercle, la croix, la spirale, le labyrinthe, la montagne sacrée, la Trinité et le triangle, l’Arc-en-ciel, le cercle-carré zodiacal, le dieu cornu, l’Axe du monde et le Pôle, l’ange et l’androgyne, l’équerre et le compas, Janus et la dualité, le nœud, l’étoile, le cœur, la coquille et la conque, la phallus linga, la roue, le symbolisme géométrique des nombres, des couleurs, des animaux, des métaux et des fleurs. |
BEHAEGHEL - osiris, le dieu ressuscitÉ |
Julien behaeghel |
Edition BERG INTERNATIONAL |
1995 |
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Osiris
est le premier des dieux ressuscités. Il est le personnage central d’un des
plus grands mythes fondateurs de l’humanité. Il préfigure le Christ, venu
pour sauver les hommes, et annonce l’alchimie spirituelle dont le but est de
sauver aussi la matière. Isis est la Mère divine, archétype de toutes les
Vierges à l’enfant de notre histoire religieuse. Avec Horus, ils seront les
initiateurs de toutes les trinités à venir. Nout et Geb, la Déesse du Ciel et le Dieu de la Terre, mirent au
monde Osiris, Seth, Isis et Nephtys. Osiris épousa sa sœur Isis et reçut de
son père la riche vallée du Nil, tandis que Seth et Nephtys héritèrent des
vastes déserts environnants. Devenu roi, Osiris apporta la civilisation aux
Égyptiens : la culture, la justice, la religion... Osiris, qui au départ
était un homme, fut appelé « Dieu » car il révéla le monde divin. Il avait le
savoir divin et il ouvrit à son peuple le chemin vers la Lumière à travers les
enseignements sacrés, les symboles, les rites. Osiris était un Fils du
Soleil, un Envoyé du Père, mais il a rapidement constaté qu’il ne pouvait pas
apporter la Lumière dans le monde des hommes car il y avait trop d’agitation,
trop de conflits autour de lui et tout ce qu’il essayait de poser sur la e
terre était sans arrêt détruit. Il faisait face à une incompatibilité absolue
entre la vie matérielle et le monde de l’éternité. La légende d’Osiris raconte que son frère Seth était jaloux de
lui. Mais pourquoi était-il jaloux ? e Seth était un homme puissant dont le
but était de réaliser le monde des hommes, de faire apparaître la matière et
de la maîtriser. Il voulait se servir des lois de l’Esprit, des lois de
l’Intelligence supérieure- pour maîtriser la vie sur terre et édifier une
puissante civilisation. Osiris et Seth, c’est l’Esprit et la matière. Seth
est la loi de la matière, la loi de ce qui est dur, ce qui se cristallise.
C’est lui qui fait en sorte que l’Esprit se condense et devient matière. La contraction,
le durcissement, le froid sont des lois de la matière, tandis que la
dilatation, l’expansion, la chaleur sont des lois de l’Esprit. De la même
manière, l’avidité est une loi de la matière, elle est contraction,
durcissement, froid ; alors que la générosité est une loi de l’Esprit, elle
est dilatation, expansion, chaleur. Seth et Osiris personnifiaient ces forces
de la nature. Seth a engendré la matière, donc la mort, et Osiris a engendré
l’Esprit, la vie. Osiris est partout, il est généreux et impersonnel, alors
que Seth nous offre l’existence personnelle, la liberté, la capacité d’être
des créateurs. Dans la légende, Osiris et Isis étaient le couple sacré, des
Dieux sur la terre. Osiris était le Père, Isis était la Mère et ils
s’aimaient. Seth était jaloux de cet amour car Osiris et Isis vivaient dans
l’immensité alors que lui était prisonnier dans les formes. La légende
raconte qu’avec soixante-douze conspirateurs, il confectionna un sarcophage à
la taille d’Osiris. À l’occasion d’un banquet, Seth lança qu’il offrirait le
coffre à celui qui parviendrait à s’y allonger complètement. Aucun
participant ne réussit à y entrer entièrement, alors Osiris lui-même essaya
le sarcophage, qui lui allait comme un gant. Les compagnons de Seth
refermèrent le couvercle et l’y emprisonnèrent. Puis ils jetèrent le cercueil
dans le Nil. Apprenant ce qui était arrivé à son époux, Isis partit à la
recherche du coffre. Après de longues recherches, elle le retrouva à Byblos,
en Phénicie. Le sarcophage avait été pris dans le tronc d’un arbre pendant sa
croissance, arbre que le roi de Byblos avait utilisé dans la construction de
son palais. En se faisant passer pour une nourrice réussit à se faire engager
au palais et à récupérer le sarcophage, qu’elle ramena en Égypte. Seth,
frustré, réussit à s’emparer du corps d’Osiris et le découpa en plusieurs
morceaux qu’il éparpilla dans toute l’Égypte. Isis et Nephthys naviguèrent alors sur toutes les eaux du pays à
la recherche des morceaux du corps, qu’elles rassemblèrent peu à peu. À
Philæ, elles retrouvèrent une jambe, à Letopolis, une épaule, à Busiris, la
colonne vertébrale, et à Abydos, la tête. Elles retrouvèrent toutes les
parties du corps d’Osiris, sauf son phallus, qui avait été jeté dans le Nil
et avalé par un poisson oxyrhynque. Isis parcourut donc l’Égypte pour
reconstituer le corps de son époux. Reconstituer le corps d’Osiris, c’est
réunir toutes les parties du Tout, c’est donner du sens à tout ce que l’on
voit, et voir que tout est relié dans une grande sagesse qui illumine le
monde. Isis, c’est la femme qui aime son mari, qui est Dieu, et qui veut
prendre soin du Divin sur la terre. Isis retrouva finalement tous les
morceaux du corps d’Osiris. Sachant que tant que le corps de son mari ne
serait pas complet il ne pourrait pas atteindre l’immortalité, elle lui
confectionna un phallus et elle reforma tout son corps. Aidée de Thot et de
sa sœur Nephtys, elle en fi t une momie, à laquelle elle réussit à donner le
souffle e de vie par la magie de ses ailes. C’est ainsi qu’Osiris atteint
l’immortalité et ouvrit ce chemin pour tous les êtres, à travers Isis et
Horus. On y parle : des Néter, du Nil, du soleil, de la pyramide, du temple, du livre des morts, Seth Typhon, des jumeaux, Orphée et Eurydice, Nephtys, du sacrifice, la lune, les 3 mondes, les 14 morceaux d’Osiris, la fontaine de Jouvence, Astarté, la trinité osirienne, la pesée des cœurs, la consubstantiation, la femme solaire, … |
BEHAEGHEL - quÊte symbolique d’un franc-maçon |
Julien
behaeghel |
Edition
MAISON DE VIE |
2007 |
Selon
l’auteur, chaque Franc-maçon se doit de témoigner de son expérience
initiatique. Depuis vingt ans, Julien BEHAEGHEL « pérégrine
» de loge en loge pour transmettre le fruit de ses méditations,
sachant cependant que le vécu est impossible à communiquer, même à ses
meilleurs amis. le sacré, St Jean l’initié, le verbe, la lumière, l’apocalypse,
le nombre créateur, force, beauté, sagesse, l’étoile flamboyante, Yung et la
quête de l’âme, initiation et alchimie, Osiris, les tailleurs de pierre,
l’art du trait, l’endormissement, le tarot initiatique. |
BEHAEGHEL - symbole & initiation maçonnique |
Julien behaeghel |
Edition Du Rocher |
1999 |
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BEHAEGHEL - VAINCRE LA
MORT OU LA
SPIRALE DE VIE |
Julien
BEHAEGHEL |
ÉDITION
MAISON DE VIE |
2011 |
Comment
un Franc-maçon, attaché à la symbolique et à la vision de Jung,
aborde-t-il le problème de la mort, aujourd’hui tellement occulté ? Julien
Behaeghel
qui nous a quitté en Juillet 2007, nous invite à méditer avec lui et à
parcourir un chemin qui mène au-delà de la mort, notamment en empruntant la
voie et le tracé de la spirale, qui permet de traverser les mondes « Tout spiraliser pour tout spiritualiser », écrit-il, alors la mort n’est plus une
fin. Au
cours de leur longue histoire, les hommes ont souvent maltraité la
nature ; aujourd’hui, c’est la planète qui est en cause. La gent humaine
prépare inconsciemment mais avec certitude la mort de la terre qui nous porte
et nourrit. La mort de la planète entraînera automatiquement la mort de
l’homme. On peut se demander alors si nous n’avons pas en nous un instinct de
mort aussi puissant que notre instinct de vie. La
faim de la mort semble supplanter la réalité physique de la fin de la vie,
alors que, pour l’homme de la Tradition, la mort a été toujours un passage
vers une autre vie. En Egypte ancienne,
le décédé était appelé le « nouveau
vivant », et c’est comme tel qu’il se présentait devant Anubis
le dieu de la pesée des cœurs. La mort, ésotériquement, n’est ni une fin, ni
une faim ; elle est la clé d’un devenir de l’esprit. La faim de la mort
est en fait une maladie de l’esprit, une conséquence insidieuse de la dualité
du créé ; elle manifeste la prépondérance de la dualité sur l’unité, du
désordre sur l’ordre, du visible sur l’invisible. Or vivre n’est pas œuvre de destruction mais, bien au
contraire, vivre c’est créer, vivre c’est aimer. Et l’amour est la seule
façon de préparer activement et consciemment un monde autre, le monde
d’après. Mais
en réalité il ne sera pas question dans ce livre de la vie physique ou de la
mort de l’homme mais bien de sa vie spirituelle. Cette
vie qui se déploie, au fil du temps et de la montée de la conscience, dans un
espace et dans un temps qui sont au-delà de temps et de l’espace planétaire
ou interplanétaire. Nous allons tenter comme bien d’autres avant nous, de
pénétrer dans le dedans des choses, afin de voir dans quelle mesure l’esprit
a un sens qui n’est pas celui de la mort et de la désintégration. Nous
allons entrer dans un monde du dessous et, comme Ishtar, y rencontrer
la Reine du royaume d’En-Bas pour lui poser nos questions. Pour
ce faire, nous devons évidemment croire que l’esprit existe et qu’il est une
dimension essentielle de nous-même et du vivant. Ce qui veut dire que sans
cette dimension la vie ne peut avoir de sens et que l’esprit, comme un agent
vital, peut transcender le temps et la matière pour nous conduire au-delà du
réel apparent, c'est-à-dire au-delà de l’impermanence de la vie cyclique et
organique. |
BEHAEGHEL - voyage au cœur du symbole |
Julien behaeghel |
Edition DU ROCHER |
2004 |
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Il s’agit d’un état de complétude
qui l’amène à tenir des deux sexes ou qui amène le masculin et le féminin à
coexister en elle. Il rappelle l’état primordial de l’être humain, le
deux en un dans le Paradis originel, et son état futur, dans la perspective
de la réintégration à opérer après le passage dans la désintégration, au
moment de la fusion avec la Monade divine. Il exprime la bipolarité de
la Réalité, une fusion harmonieuse des contraires apparents, toujours
compatibles et complémentaires, au-delà des apparences. Dans ce contexte, on illustre
l’Androgyne primordial par un cercle inscrit dans un carré. Dans le
cycle de l’Évolution, il évoque soit que la séparation n’ait pas encore eu
lieu ou qu’elle ait pris fin (la redécouverte de la vertu première
d’innocence ou l’Âge d’or reconquis). Il symbolise la plénitude de
l’Unité fondamentale, qui fusionne en équilibre les opposés apparents, telle
qu’on la rencontre dans l’Alpha, en potentialité, ou dans l’Omega, dans leur
intégration finale. Globalement, cette créature mythique rappelle à
l’être humain l’état primordial qu’il revêtait consciemment dans l’Alpha, au
moment de l’Émission et qu’il doit aspirer à reconnaître consciemment, après
une longue phase d’oubli, perdu dans la dualité de la Matière, afin de le
réintégrer dans l’Omega, au terme de la Voie du Retour dans le Royaume du
Père-Mère. Dans la Mythologie grecque, il s’agit d’une race dont les
sujets, à la fois homme et femme, partirent à l’assaut de l’Olympe, la
résidence des Dieux suprêmes, et qui furent exterminés par Zeus. Dans l’Alchimie, cet être
homme-femme, debout dans l’œuf alchimique, entouré des signes planétaires
(soufre et mercure). Debout sur le Dragon, il révèle l’état de
Réalisation suprême obtenu par la sage manipulation de l’Énergie
vitale. Alors, il couronne le Caducée hermétique, le Caducée de
Mercure, pour désigner l’expiration-inspiration du Créateur et pour signifier
que le Ciel n’a plus rien de caché pour l’être capable de le porter.
Cet être concilie en lui les contraires apparents, fusionnant le Ciel (les
aspects du Père) et la Terre (les aspects de la Mère). Il vibre dans
l’extase du Un. Comme le dit l’adage codé : Le mâle devient
femelle et la femelle devient mâle pour former l’androgyne
hermétique. Dans ce cas, on parle davantage d’Androgyne
hermétique pour identifier une réunion des principes féminin et masculin,
avec renversement ou échange des aspects polarisés. Dans la Cabale il donne l’image
magique de Hod (Mercure), qu’on dit né de Hockmah (Uranus) et de Binah
(Saturne). Parfois, cette même expression sert à voiler Malkuth (la
Terre, dite le Royaume). Au début de son Cycle d’émanation, l’Homme ou
l’Être humain primordial comprenait en lui-même tous les attributs de la
polarité, les aspects mâle et femelle. Mais après sa sortie prématurée
du Paradis, au cours de sa descente progressive vers la Matière, pour avoir
choisi de façon délibérée d’entrer dans l’Arbre de la Connaissance des
Opposés apparents, ce qui le plongea vers les royaumes de la dualité, cette
créature dut se diviser en deux entités afin de rester en mesure d’engendrer
des enfants et de perpétuer son espèce. Depuis ce jour, plus préoccupé
par le monde extérieur, le Monde de la Matière, il n’a cessé de chercher sa
complétude dans une entité extérieure plutôt qu’en lui-même. Voilà ce
qui, pour de motifs de supériorité apparente, a engendré la guerre des sexes,
la source de tous les autres conflits, fondée sur l’incompréhension de
l’égalité des aspects de la polarité. En effet, ontologiquement,
pendant son incarnation, tout être masculin porte une âme féminine (son
âme-sœur véritable), tandis que tout être féminin porte une âme masculine
(son esprit-frère véritable). Ainsi, au terme de son évolution, l’être
humain, qu’il soit homme ou femme, devra se réintégrer et se réunifier en
lui-même, ce qui lui conférera l’aptitude d’engendrer ou d’émaner, de concert
avec le Créateur suprême, ses propres réalités afin d’engendrer un univers à
son image et à sa ressemblance. Ce n’est que de cette manière qu’il
accédera à la plénitude de son Pouvoir et qu’il assumera pleinement son rôle
de co-créateur libre avec Dieu. L’expression «Androgyne
primordial» renvoie à l’Adam primordial qui apparaît au commencement
comme à la fin des temps, donc au début comme à la fin d’un Cycle évolutif
complet. C’est un signe de totalité qui résume ou abroge la séparation
des sexes. Il explique que chaque être humain naît à la fois mâle et
femelle dans son corps, dans ses aspects subtils et dans son Principe spirituel.
De ce fait, sa spécificité et son orientation sexuelle ne révèlent, dans ce
monde que d’une nécessité de différencier, à divers degrés, les sexes, afin
de mener une expérience particulière. Il s’agit de l’état initial qui
doit être reconnu au terme de l’expérience évolutive par la conciliation des
contraires qu’on appelle la Réalisation de l’Unité première. Pour le
commun des mortels, l’Androgyne illustre l’Âge d’or à reconquérir,
l’innocence, la vertu première, à retrouver. Devenir un par la
fusion en Dieu constitue le but de toute vie humaine. Voilà l’une des
caractéristiques de la Perfection spirituelle. Ainsi, le pôle solaire,
électrique, actif, émissif, pénétrant et le pôle lunaire, magnétique, passif,
captatif, accueillant, ne désignent que des aspects d’une multiplicité
d’opposés appelés à s’interpénétrer de nouveau. Toute opposition
apparente est appelée à s’abolir par l’union du céleste (subtil) et du
terrestre (matériel), réalisée par l’être humain dont la puissance doit
s’exercer sur le Cosmos dans sa totalité. Normalement, l’expression «Androgyne
principiel» désigne le Créateur en tant que Père-Mère, ce Deux dans
lequel les principes masculin et féminin se contemplent, se reconnaissent et
s’échangent à l’infini la félicité d’un amour sublime qui est à l’origine de
toute création, soit de la Création sans cesse recommencée dans l’Éternel
présent. Y est développé: l’androgyne, l’immortalité, les contes, les rêves, les légendes, les symboles fondateurs, cosmiques et figuratifs, les croix celtiques, swastika, potencée et autres, le zodiaque, les quatre éléments, 22 arcanes majeurs, l’arbre, les sephirot, et autre Tétraktys. |
BEHAEGHEL - VOYAGE SYMBOLIQUE DANS LA MARQUE |
Julien Behaeghel |
Edition VIF |
1994 |
Julien
Behaeghel
est peintre et écrivain. Spiritualiste convaincu, il est fasciné par les
grands symboles de l'humanité qu'il a successivement analysés dans le Tarot,
dans les quatre éléments de la tradition, dans les grandes marques
commerciales de notre époque, dans le mythe des commencements, dans
le récit visionnaire de l'Apocalypse de Jean (Apocalypse, une autre genèse, Mols, 1997) et
dans les signes du Zodiaque (Le
Zodiaque symbolique, Mols, 1999).
Au sommaire : L'espace morphologique de la marque (parole
et visage, langage symbolique, symboles fondamentaux)-espace symbolique de la
marque (symboles cosmiques, mythologie et genèse, signes de la matière, magie
du Nombre, personnalités de Marque, lettres de noblesse, nouveaux croisés,
bestiaire remarquable, fleurs et musique, son et lumière)-l'espace créatif de
la marque-la marque s'en va-t’en guerre
Extrait du livre : En 1933, la construction du nouvel Hôtel de Ville de Lille décide de l'expropriation de l'entreprise. Wattignies accueille ses installations et une nouvelle usine. Dans le même temps, l'affaire marseillaise est fermée. Un repli géographique qui ne signe pas, loin s'en faut, la mort de la marque, puisque La Pie qui Chante va désormais prendre sous son aile toute la gamme existante et les nombreux nouveaux produits. Et s'affranchir ainsi de la légende qui en fait un animal néfaste qu'il faut détruire. «Mais quel oiseau, mieux que La Pie qui Chante, la marque française de toute une gamme de bonbons, symbolise avec autant de bonheur l'oiseau chanteur ? Et même si la pie est reconnue comme bavarde, voleuse et futile (elle est attirée par tout ce qui brille), la légende grecque en fait la chanteuse par excellence, capable de rivaliser avec les Muses» nous dit Julien Behaeghel. Hasard ou proximité plus que temporelle, un autre animal va conquérir l'imaginaire des enfants selon la même syntaxe : La Vache qui Rit, née en 1921. |
BENZIMRA - CONTRIBUTION MAÇONNIQUE AU
DIALOGUE ENTRE LES RELIGIONS DU LIVRE. LE
GRAND SECRET DE RÉCONCILIATION |
ANDRÉ BENZIMRA |
ÉDITION DERVY |
2010 |
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L’auteur explique les sujets suivants : Le temps du dévoilement et la doctrine secrète- les noms
divins- l’Infini (en-Soph)- le Très Haut (El Elyon)- L’Être Créateur (Elohim
Lui-les-dieux)- Rattachement des cultes à leurs principes respectifs-
signature du nom divin sur le culte qui lui est rattaché- le judaïsme – le
christianisme- l’islam- la question du Messie- la querelle du filioque- le
saint esprit sur l’arbre séphirotique- la trinité aux yeux des juifs et des
musulmans- le Coran- l’Ange Gabriel- l’annonce de la venue de Mahomet- Place
de la franc-maçonnerie parmi les cultes, sa mission dans l’œuvre de
réconciliation- l’histoire traditionnelle, légendaire et véridique des
religions d’Occident- Le Tout Puissant- El Schaddaï et le Grand Architecte de
L’Univers- André
Benzimra, professeur de philosophie est membre de la Grande Loge de France |
BENZIMRA - ENQUÊTE SUR L’EXISTENCE D’UNE THÉORIE
DU TEMPS CYCLIQUE EN FRANC-MAÇONNERIE |
André Benzimra |
Edition Archè Milan |
2012 |
Il
y a un principe infini. L’idée d’une science purement déductive a été reprise
par quelques philosophes, parmi lesquels Descartes et Spinoza.
Le premier commence par établir sa propre existence en considérant qu’il ne
saurait être rien, attendu qu’il pense. De cette première
« vérité », il entend déduire tout le reste, à savoir qu’il existe
un Dieu dont on peut connaître la nature et un monde dont on peut découvrir
les lois en nous fondant sur quelques idées innées (discours de la méthode). C’est
là prendre les choses à rebours car on ne saurait faire de la créature le
principe et du Créateur la conséquence. C’est selon l’enchaînement exactement
inverse, c'est-à-dire du Créateur aux créatures, que les choses s’ordonnent
dans la réalité et doivent du même coup s’ordonner dans la démarche
déductive. Car il n’est dans la pensée aucun ordre véritable, hors celui qui
s’inspire de l’ordre des choses. Spinoza
prend quant à lui les choses dans le bon ordre (quoiqu’on puisse émettre
quelques bémols) car il part comme il faut de l’idée d’un Dieu infini. Mais
son souci n’est point tant de connaître le monde, afin d’éclairer le chemin
qui retourne à Dieu, que de tirer de cette connaissance du Principe suprême
quelques règles d’éthique qui nous permettent de vivre aussi bien qu’il est
possible à un être enfermé dans sa condition. Trois
conceptions fondamentales du temps sont envisageables. On peut les figurer
l’une par une ligne droite orientée, l’autre par un cercle et la troisième
par une spirale. Les données de la métaphysique permettent de déduire que seule la spirale est à retenir. L’auteur explique les différences fondamentales entre le temps cyclique et le temps linéaire et pourquoi cette spirale et double spirale est importante dans une étude spirituelle. La spirale dans laquelle nous sommes entraînés du fait de notre condition temporelle, prend son départ dans un point central qui est Dieu et effectue, en sens sinistrogyre, un déroulement progressif qui éloigne tous les passagers du temps de leur port d’origine, à savoir Dieu. Le temps véritable comporte une seconde spirale, reliée à la première et disposée vis-à-vis de la première en symétrie inversée, cette seconde spirale effectue donc un enroulement en sens dextrogyre autour d’un point central, qui est toujours Dieu. Si la première spirale est négative, la seconde est positive. Le symbole de cette double spirale est symbolisé sur le pilier Sagesse qui est ionique et où est bien marquée cette double spirale qui nous demande une descente suivie d’une remontée dans les profondeurs du temps, avoisinant ainsi l’Eternité. Au sommaire de cet ouvrage l’auteur nous parle de : De la doctrine des cycles cosmiques en général ; de son
expression dans l’Hindouisme ; de sa présence dans les doctrines qui ont
parrainé la Franc-maçonnerie. La double spirale et le temps cyclique Enquête sur la manière de déterminer les dimensions du temps La doctrine des cycles cosmiques dans les traditions qui
ont influencé la Franc-maçonnerie ; les cycles chez les Grecs et les
Romains ; dans l’Hermétisme et l’Alchimie ; dans le Judaïsme et la
Kabbale ; dans la tradition Johannique L’Héritage pythagoricien, hermétique et Hébraïque. Tubalcaïn; le retour d’Abel et Caïn; l’échelle de Jacob; Le
roi du monde une terre sacrée, la plus haute des montagnes, la plus
basse des vallées : la vallée de Josaphat. L’Etoile des Rois-Mages ; Métamorphose d’un symbole Pythagoricien ; la fin du manvantara et l’annonce de celui qui doit le suivre ; le livre scellé de sept sceaux. |
BENZIMRA - EXPLORATION DU TEMPLE MAÇONNIQUE A LA
LUMIÈRE DE LA KABBALE |
ANDRE
BENZIMRA |
EDITION
DERVY |
2008 |
||
En
abritant les vestiges de ces antiques traditions, l’Ordre manifeste la
confiance qu’il leur accorde. Ainsi, chacune de ces traditions, si l’on veut
bien la prendre pour flambeau, est de nature à nourrir une enquête exigeante
et rigoureuse sur les symboles, les rituels et les rites maçonniques. C’est
à une enquête de ce genre que se livre André Benzimra en prenant la
Kabbale comme guide de sa visite du temple maçonnique. L’auteur développe les points suivants :
|
BENZIMRA - LA PAROLE CIRCULE -
PROPOS D’UN FRANC-MAÇON - |
André Benzimra |
Edition Numérilivre |
2015 |
En fait, en ce livre, la Parole semble flâner
plutôt que circuler tant le désordre y est grand. On passe sans logique
apparente d'un sujet à un autre tout différent, du goût pour les idées
fausses aux traditions réservées aux enfants, de la symétrie organique à
l'étude des mœurs des insectes francs-maçons. Ici, l'on traite de la
supériorité du baiser sur la bouche sur les actes amoureux plus avancés,
ailleurs de ces autres moi-même que sont le singe, mon reflet dans le miroir
et mon ombre sur le sol, plus loin d'une interprétation maçonnique du
Cantique des Cantiques. Du Commentaire du Prologue de Saint Jean, on verse
sans crier gare à un plaidoyer en faveur de la tortue. Etc. Etc. Et,
pourtant, s'il est vrai que circuler, c'est suivre un chemin circulaire, les
textes de ce livre sont liés les uns aux autres par un réseau de secrètes
correspondances. A chacun de ces textes d'autres, déjà lus, répondent en écho
en sorte qu'il faut revenir à ceux-ci pour mieux apprécier celui-là et
peut-être mieux le comprendre. Cela fait au total bien des lectures en cercle
ou en spirale. A l'image de la Parole qui y circule. André Benzimra est
agrégé de philosophie et est l'auteur de nombreux ouvrages sur la Kabbale et
la Franc-maçonnerie. Il est bon de dire ce qu'est la franc-maçonnerie,
et ce qu’elle n’est pas; ce qu'elle devrait être, et ce qu'elle ne devrait
pas être, tout en gardant à l’esprit que le dernier mot sur ce phénomène
pluriel et hétérogène ne sera pas dit dans ces quelques lignes. Mais enfin,
en guise de mise au point, on peut avancer les quelques données suivantes. En
premier lieu, à ceux qui ne voudraient voir dans la maçonnerie qu'une secte
parmi tant d'autres, on leur demandera de considérer si une institution
fondée sur la tolérance et la liberté de pensée peut raisonnablement être
assimilée à une secte. Certes, chacun sait que cette tolérance si
fièrement arborée peut souffrir de certaines limites et que la liberté de
pensée constitue un idéal difficile à atteindre. Mais on ne voit nulle part
dans la société maçonnique de dérives sectaires telles que la soumission à un
leader, l'exploitation financière des membres (il faut tordre ici le cou à
une légende qui voudrait faire croire que, «pour en être», il faut être riche
et influent), l'endoctrinement, la manipulation des consciences. Ensuite, ce
n'est pas faire œuvre apologétique que de poser que la maçonnerie n'est en
rien une société secrète, mais seulement une société discrète. Les ateliers
maçonniques sont, dans notre pays, créés sous forme d’assemblées et leurs
statuts sont publiés en Préfecture. Une véritable société secrète est
clandestine et elle parvient à faire oublier jusqu’à son existence. Les
adresses des obédiences sont bien connues et dans chaque ville les lieux où
les frères et les sœurs se réunissent attisent les curiosités locales. Que la
maçonnerie soit une société discrète est en revanche une évidence, au vu de
pratiques toujours actuelles qui ne laissent pas d'intriguer les profanes
(ceux qui n'en font pas partie), comme le secret d'appartenance par exemple.
Il est vrai que ce caractère discret suffit à alimenter les pires suspicions.
S'inspirant d'un passage des évangiles, le
pape Clément XII (le premier à condamner la franc-maçonnerie) ne
s'exclamait-il déjà pas en 1738 : « S'ils ne faisaient point le mal, ils ne
haïraient pas ainsi la lumière ». De telles réactions prévalent aujourd'hui
sur toutes les tentatives d'explication. Force est de constater que
l’avalanche littéraire - et le présent article de même, sans doute... - ne
parviennent qu'à grand peine à endiguer le mythe d'une société secrète et
puissante, dont les membres, recrutés par cooptation, triés sur le volet,
sont supposés tirer les ficelles de l'économie, de la politique, voire même
des médias, quand leur solidarité ne passe pas pour être une gigantesque
toile où se croisent affairisme, corruption et pratique de la courte échelle.
Tout se passe comme si les démentis accentuaient cet état de fait, mais il
est vrai que certains discours lénifiants sur la maçonnerie ne portent pas à
croire qu'il s'agit d'une société dont tous les membres ont les mains
propres... A quoi bon répéter, en effet, que la
maçonnerie ne recrute que des hommes de bien et de probité, que les griefs
portés à son égard ne peuvent venir que d'anti maçons rabiques, quand
certains de ses membres sont condamnés par la justice et emprisonnés pour
diverses affaires de corruption et de détournement de biens publics? Soyons
clair, le fait que quelques brebis galeuses fréquentent les colonnes du
temple ne devrait pas ternir l’image de toute une société dont l’immense
majorité des membres ne recherche que le perfectionnement individuel, la
fraternité et l'ouverture vers l'autre, voire vers un absolu. Les
raisonnements de certains paraissent bien simplistes. L'antimaçonnisme
populaire dit qu'il n'y a pas de fumée sans feu; répondons alors que l'arbre
ne doit pas cacher la forêt. L'idéalisation de la société maçonnique au
travers de discours éthérés ne nous paraît pas être la meilleure façon de
défendre une société qui doit être défendue contre les attaques récurrentes
dont elle fait l'objet. En réalité, beaucoup de malentendus seraient dissipés
si la maçonnerie de notre pays voulait se montrer plus ouverte, moins
discrète, si les maçons prenaient publiquement position sur les grands sujets
de société, si le secret d'appartenance était largement levé. On objectera que l'appartenance à la
maçonnerie doit demeurer cachée parce que les régimes totalitaires
persécutent les maçons et qu’ils pourraient prendre à nouveau le pouvoir dans
notre pays (?), qu'il ne fait pas bon se déclarer maçon dans certains milieux
professionnels et qu'une déclaration d'appartenance équivaudrait, sinon à un
licenciement, du moins à une mise sur une voie de garage. Etc. Précisément,
de telles réactions sont, pour une part, le fruit de la discrétion
maçonnique. L'extériorisation progressive constitue à nos yeux un rempart
contre l'antimaçonnisme. Mais sans doute la pratique du secret fait-elle une
bonne part du charme de la franc-maçonnerie et l’on ne peut exclure que
certains y trouvent des compensations d'autant plus grandes que leur vie
familiale ou professionnelle est morne et sans attrait. Reste à comprendre ce qu’est la maçonnerie.
Elle n'est ni une religion, ni une contre-religion (elle a pu l’être,
lorsqu’elle était anticatholique et antireligieuse), elle ne saurait dès lors
entrer en concurrence avec la pratique d’une religion dans le chef du maçon.
Société initiatique et philanthropique, société adelphique, elle pourrait
bien constituer un bel exemple de religiosité séculière. Aux États-Unis, les
loges, si ouvertes sur le monde extérieur, ont pu jouer le rôle de religion
civile. En Europe, la franc-maçonnerie est promise à un bel avenir parce
qu'elle répond à des besoins inscrits dans le cœur de l'homme, transcendant
les divisions confessionnelles et religieuses, sans pour autant revendiquer
un rôle supra religieux et fédérateur de tous les universalismes. Au sommaire de cet
ouvrage :
Du gout pour les idées fausses - Sur
le mode d’exposition des textes initiatiques - Sur le beau style
et sur la bonne odeur - Sur le symbole - Sur les sens
contraires des mots hébreux - Sur la philosophie et la
psychanalyse - Le conte de Blanche-neige - De la loi
des oppositions - Pieuses pensées sur la lumière -
Sur le singe - Au sujet d’un insecte franc-maçon -
Sur les pas de danse d’Adam - De la symétrie organique
- Dans quel sens souffle le vent - De la lutte pour la vie
- Au sujet du Grand Architecte de l’Univers - Pourquoi je
suis à la fois juif, chrétien et musulman - Du génie maçonnique
de l’abeille - L’attrait du mystère et pourquoi
demande-t-on l’entrée ? - Aperçu sur un avenir que j’espère
imaginaire - A propos d’un ver de Virgile - Jouis du
présent et présente lui tes devoirs - Sur la
nostalgie - D’autres jeux - Plaidoyer pour la tortue
- Sur la croyance - Sur le moi, le je - Sur la
circulation de la parole - Sur les lèvres de l’immortalité de ce
qu'’elles disent parfois - Commentaire des 13 premiers versets de
l’évangile de Jean - Sur la ressemblance avec Marie -
Sur l’amour courtois - Sur le baiser - Sur l’amour et
la connaissance - Sur l’humilité - Pour une
interprétation maçonnique du Cantique - Pourquoi les Noms
divins - Les signes - Sur une ânesse et son petit et
sur un certain buisson - Sur le mandala - Du Paradis
terrestre à la Jérusalem céleste - |
BENZIMRA - LA
VIE DE JḖSUS-CHRIST AU CIEL ET SUR LA TERRE -
ḖNIGMES ET MYSTḔRES |
André Benzimra |
Edition Archè Milan |
2015 |
||
Ceci ne diminue pas
le rôle joué dans l'A. T, par les intermédiaires nommés et par les autres
dont les noms auraient pu être ajouté. Paul lui-même, dans, parlant de
l'utilité de la Loi, rappelle qu'elle fut promulguée par le moyen d'un
médiateur ; il attribue à Moïse le même titre qu'à Jésus-Christ.
Quelques exégètes ont allégué que Moïse était le représentant du peuple
d'Israël devant Dieu, bien plus que le représentant de Dieu devant le peuple.
L'erreur est manifeste ; l'apôtre l'a par avance réfutée en ajoutant, v.
20 : « un médiateur ne l'est pas d'un seul », c'est-à-dire un
médiateur suppose toujours deux parties. La fin de ce verset a donné lieu à
des centaines d'explications, explications ingénieuses mais
compliquées ; le contexte permet, semble-t-il, de l'entendre simplement :
« Dieu est un », rappelle l'apôtre, c'est-à-dire : Dieu est
une partie. Paul entend établir, par la mention expresse de Dieu comme l'une
des parties entre lesquelles s'opère la médiation, que Moïse était bien
l'envoyé de Jéhovah et son mandataire ; l'autre partie, Israël, était
connue de tous et Moïse était son chef indiscuté. L'épître aux Hébreux
admet, elle aussi, la réalité de l'action médiatrice des témoins de Dieu dans
l'ancienne alliance ; c'est en le comparant à eux qu'elle démontre la
préexcellence du Christ comme médiateur d'une meilleure alliance d'une alliance nouvelle. Cette comparaison,
ou plutôt cette opposition des deux alliances, thème fondamental de l'auteur,
est la comparaison, l'opposition de la Loi et de l'Évangile. L'alliance
ancienne est abolie, la loi mosaïque est dépassée ; elles n'étaient que
pour un temps ; la nouvelle alliance est définitive, l'Évangile est
éternel, et l'oeuvre de Jésus-Christ, fondant la nouvelle alliance et
proclamant l'Évangile, corrobore le caractère surnaturel de sa personne de
Fils unique. Toutefois, l'ancienne alliance et la loi mosaïque, malgré leur
rôle temporaire, leur insuffisante valeur, sont d'origine divine ; leur
mission a été providentielle ; l'opposition n'est pas une antinomie, car
si le parfait n'a plus besoin de l'imparfait, l'imparfait a préparé le
parfait. Et désormais il n'y a
plus qu'un seul médiateur, Jésus-Christ, parce que Jésus-Christ seul tient
d'assez près à Dieu pour être son représentant parmi les hommes et tient
d'assez près aux hommes pour être leur représentant devant Dieu. Si bien que,
quand Jésus-Christ vient vers les hommes c'est Dieu lui-même qui vient vers
eux, et que, quand les hommes vont à Jésus-Christ c'est à Dieu lui-même
qu'ils vont. Et si Dieu, « chez lequel il n'y a nul changement ni
l'ombre d'une variation, continue, pour étendre son Royaume, à orienter les
hommes par l'action de certains hommes, ceux-ci seront, en même temps, les
intermédiaires du « Père des lumières » et du Fils qui est
« la lumière du monde ». C'est au nom du seul médiateur comme au
nom du seul Dieu que les hommes se convertiront, se sanctifieront,
travailleront pour le salut de leurs frères ; ils seront ouvriers avec
Dieu parce qu'ils seront, et dans la mesure où ils seront, les témoins de
Jésus-Christ. En ce qui concerne
Dieu, Jésus s'attribue une si entière connaissance qu'elle atteint la
connaissance divine elle-même et que lui seul possède. « Nul ne connaît
ce qu'est le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît ce qu'est le Père si
ce n'est le Fils »,. Surhumaine parole et parole historique dont un
critique aussi indépendant que W. Heitmüller dit qu'elle « appartient à
la source des Logia », à la plus ancienne source, et qu'elle possède
« une authenticité substantielle », dont un critique aussi perspicace
que W. Sanday dit que « celui qui la pénètre a trouvé sa voie pour aller
jusqu'au coeur du christianisme » . De même que Dieu discerne non
seulement la vie du Fils que les hommes peuvent aussi percevoir, mais l'être
profond, ce qui constitue l'être propre, le moi réel du Fils, ainsi le Christ
saisit non seulement l'action de Dieu manifestée par ses interventions dans
le monde, la personne de Dieu révélée dans les desseins miséricordieux
constituant l'histoire de l'A.T., mais, par-delà ces fragments de vérité
accessibles aux hommes, il découvre la pensée inconnue, le sentiment
insaisissable, la volonté impénétrable aux regards des créatures et qui
forment l'être même de Dieu. Entre Dieu et le Christ il y a une communion
réciproque et complète, qui n'est admissible et qui n'est compréhensible que
parce que le premier est le Père et que le second est le Fils. Si Jésus ne s'est pas
désigné comme « le Fils de Dieu », il a accepté d'être ainsi
appelé, et les textes sont en grand nombre où il se donne comme « le
Fils » ; non un fils quelconque, ou supérieur en quelque manière
aux autres fils, mais le Fils en un sens absolu. Il y a parité entre ces deux
titres. Les notions de prophète, de témoin de Dieu, d'homme-type, de
révélateur, de fondateur du Royaume de Dieu, de Sauveur, n'épuisent pas la
plénitude de l'expression « le Fils » ou le « Fils de
Dieu ». L'union personnelle ainsi marquée est le fondement de la
conscience de Jésus. Ce n'est pas sa mission de révélateur, de rédempteur qui
lui donne la conviction qu'il est le Fils de Dieu ; c'est parce qu'il
est le Fils de Dieu qu'il entreprend sa mission de révélateur et de
rédempteur ; le sentiment de sa filialité divine est en Jésus la cause,
non la conséquence de son oeuvre. Le 4e
évangile, appuie fortement les déclarations des synoptiques. Aux pharisiens
contestant la portée du témoignage qu'il se rend à lui-même, Jésus
répond : « S'il m'arrive de juger, mon jugement est vrai car je ne
suis pas seul mais le Père est avec moi ». Le médiateur ne parle pas de
son propre chef ; représentant de Dieu, il sait assurément quel est le
plan général, l'éternel dessein de Dieu, mais en outre il suit à toute heure
la volonté de Dieu, il distingue en toute occasion la pensée de Dieu, et sa
parole correspond d'autant mieux à la réalité vraie que, sur la réalité en
question, il traduit ce que Dieu lui inspire. Jésus n'est pas une
personnalité même exceptionnelle déléguée par un Dieu lointain ; à côté
de lui se tient le Père qui l'a envoyé, et c'est le Juge souverain qui prononce
avec Jésus l'arrêt que Jésus prononce. En vertu de cette assistance directe,
de ce lien permanent, le Fils possède une pleine intuition de Dieu. Et ce
savoir ne lui vient pas d'une sagesse lentement acquise, d'une réflexion
longuement mûrie, il lui est donné parce qu'il est le Fils, le Fils que Dieu
ne laisse jamais seul. C'est pourquoi, et
par inévitable conséquence, même quand les Juifs appellent Dieu : leur
Dieu, cependant ils l'ignorent encore. Vis-à-vis de leur science
traditionnelle si limitée, si rudimentaire qu'elle ne discerne pas dans le
Christ celui par qui Dieu veut se révéler, et que sur le point culminant de
l'action de Dieu leur science est aveugle, Jésus place son savoir personnel,
un savoir qui, dans sa compréhension sans ombres, forme avec tout autre
savoir humain un ineffaçable contraste : « Vous n'avez point connu
Dieu, mais moi je le connais » . La particule adversative du texte
original oppose les interlocuteurs, comme les verbes employés opposent les
connaissances : l'une directe, immédiate, l'autre transmise, acquise. Le
Dieu méconnu par les Juifs est pour Jésus son Père ; cette situation
spéciale de Jésus explique sa pénétration spéciale et que Jésus seul sache
véritablement ce qu'est Dieu et ce que Dieu veut. Plus loin, Jésus mettra sur
le même plan la connaissance que Dieu a de lui et la connaissance que lui a
de Dieu. Comme la connaissance de Jésus par Dieu est une connaissance
intégrale, pareillement est intégrale la connaissance de Dieu par Jésus. Au
sommaire de cet ouvrage : Des naissances insolites -
L’annonce faite à Marie - Aide et protection demandée au Baptiste - La
naissance de Jésus - La visite des Rois mages - La
circoncision - La fuite en Egypte -
L’enfance de Jésus - Le baptême de Jésus et sa mise à l’épreuve -
Notes sur le baptême - Commencement de la mission de Jésus -
Les noces de Cana - les miracles - la
calomnie - Donne nous un signe -
L’ordre de la nature et la loi de Moïse - Ce
que dit Jésus au nom de son père qui est dans les cieux - Ce
que Jésus dit de lui-même - La mission des douze - la
malédictions sur les villes du bord du lac
- la demande de Jean le
baptiste - la mort du Baptiste -
les paraboles - retour sur Nazareth - La
tristesse de Dieu - la Transfiguration - la
notion de création et l’action des trois personnes de la Trinité sur les
êtres crées - Paroles de sagesse - le
pouvoir de lié et de délier - le désaccord entre les douze - le
petit à l’ânesse - Avant et après l’entrée à Jérusalem -
Dans Jérusalem - l’entretien avec Nicomède -
les marchands du Temple - le concours d’énigmes -
quand reviendra le printemps du monde
- tu aimeras ton prochain comme
toi-même - la colère contre les pharisiens et les
scribes - les signes des temps - le
jugement dernier - cette génération ne passera pas sans que
vous ayez vu ces choses que je vous annonce
- l’onction de Béthanie - la
trahison de Judas - le repas pascal -
l’Eucharistie - l’écœurement - le
reniement - le sommeil de ceux qui devraient
veiller - arrestation de Jésus - la
condamnation à mort - ces violents qui forcent les portes du
ciel -
mort de Judas - Jésus devant Ponce Pilate - le
sacre dérisoire - le chemin de croix - le
Golgotha - la crucifixion - la
consolation de Marie - la mort de Jésus - ce
qui advint aussitôt après la mort de Jésus
- le tombeau vide -
les dernières apparitions de Jésus
- |
BENZIMRA – LE
GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS OU COMMENT COLLABORER A SES PLANS |
André Benzimra |
Edition Archè Milan |
2016 |
Parce que
l’Oeil (Grand Architecte de l’Univers) tient une place essentielle
dans notre Delta lumineux, il paraît intéressant d’élargir notre champ de
réflexion en abordant d’autres cultures, là surtout où il relève aussi du
ternaire. Sa symbolique y demeure celle de la perception intellectuelle. On
considère successivement l’oeil physique dans sa fonction de réception de la
lumière. Puis l’oeil frontal, le troisième oeil de Civa, enfin l’oeil du
coeur, qui reçoivent l’un et l’autre la lumière spirituelle. Selon Platon et
saint Clément d’Alexandrie, l’oeil de l’âme est non seulement unique, mais
sans mobilité. Il n’est susceptible que d’une perception globale et
synthétique. La même expression d’oeil du coeur ou de l’esprit est relevée
chez Plotin, saint Paul et saint Augustin. C’est aussi une constante de la spiritualité
musulmane (ayn-el-Qalb). On la trouve chez la plupart des soufis, notamment
chez Al-Hallâj. Mais, également, le mauvais oeil est une expression très
répandue dans le monde islamique, symbolisant une prise de pouvoir sur
quelqu’un ou quelque chose, par envie et avec une intention méchante. Le
mauvais oeil, dit-on, est cause de la mort d’une moitié de l’humanité. Le
mauvais oeil vide les maisons et remplit les tombes. Auraient des yeux
particulièrement dangereux les vieilles femmes et les jeunes mariées. Y sont
particulièrement sensibles les petits enfants, les accouchées, les chevaux,
les chiens, le lait, le blé. Heureusement, il existe des moyens de défense
contre le mauvais oeil: des dessins géométriques, des objets brillants, des
fumigations odorantes, le fer rouge, le sel, l’alun, des cornes, le
croissant, une main de Fatma. Le fer à cheval est aussi un talisman contre le
mauvais oeil. Il semble réunir à cause de sa matière, de sa forme et de sa
fonction les vertus magiques de plusieurs symboles: corne, croissant, main et
cheval (animal domestique et primitivement sacré). Chez les Egyptiens, l’oeil Oudjat (oeil
fardé), était un symbole sacré, que l’on retrouve sur presque toutes les
oeuvres d’art. Il était considéré comme une source de fluide magique,
l’oeil-lumière purificateur. On connaît aussi la place du faucon dans l’art
et la littérature religieuse de l’Egypte ancienne. Or, les Egyptiens avaient
été frappés par la tache étrange qu’on observe sous l’oeil du faucon, oeil
qui voit tout. Autour de l’oeil d’Horus se développe toute une symbolique de
la fécondité universelle. Rê, le dieu soleil, était doté d’un oeil brûlant,
symbole de la nature ignée; il était représenté par un cobra dressé, à l’oeil
dilaté. Les sarcophages égyptiens sont souvent ornés d’un dessin de deux yeux
censés permettre au mort de suivre sans se déplacer le spectacle du monde
extérieur. Pour nous francs-maçons encore sur terre, l’oeil du Delta
lumineux, dans le symbolisme constructif, devient l’oeil du dôme, au sommet
de la voûte ou du temple. Il exprime la porte étroite située au zénith du
cosmos, ou de la voûte étoilée qui ouvre sur l’inconnaissable. Ce qui est en
haut est comme ce qui est en bas. La voie parcourue passera de la porte
étroite franchie par l’apprenti, à la porte étroite du maître maçon. " Si tu veux comprendre la kabbale, tu dois manger
le feu symbolisé par ses lettres, pénétrer l'esprit qui anime l'arbre des
Sephirot pour t'en nourrir quotidiennement puis tu devras absorber son
essence pour en séparer la substance nutritive et enfin, après en avoir
rejeté les scories, tu distilleras cette connaissance dans tes pensées pour
que ton âme puisse s'ouvrir à la puissance du Créateur. " Bien qu'ayant perçu une vérité au travers de ses paroles
obscures, je ne compris que bien plus tard le sens de ces paroles. C'est en
effet par le texte hébraïque inscrit en lettre de feu que j'ai pu pénétrer
l'esprit de la kabbale. Une lente méditation sur le symbolisme de l'arbre des
Sephirot m'a permis de réunir ses sphères incandescentes dans une vision
globale du monde de la Création. Au cœur de cet univers symbolique, l'homme
occupe une position centrale à la croisée des chemins initiatiques de la vie.
Toute l'essence de la kabbale se retrouve dans le principe de la Création,
celle du Livre de la formation de l'univers, le Sépher Yetzirah, source
primordiale de l'enseignement kabbalistique. La compréhension des voies du
Grand Architecte de l'Univers représenté par l'arbre des Sephirot passe
nécessairement par l'étude symbolique de son Oeuvre. L'obstacle principal de
cette étude réside dans le fait que nous utilisons notre intellect, notre
raison, nos sens pour concevoir ce qui n'est perceptible que par le pur
esprit. Néanmoins, la possibilité qui est laissé à l'homme de réfléchir,
méditer, transcender, évoluer, transformer sa propre nature, lui permet de se
rapprocher du Divin et de lever partiellement le voile obscur qui entoure sa
condition humaine. L'arbre des Sephirot, qui prend racines dans les
entrailles de la terre et dont la cime caresse la puissance divine, est à
l'image de l'homme, le lien entre la terre et le Grand Architecte de
l'Univers. Cet arbre représente le parcours de tout initié cherchant à
pénétrer les voies de l'âme par la lumière de l'esprit. Toute initiation
humaine passe par les chemins de la transformation de l'être. Celui qui
cherche la Connaissance devra gravir une à une les branches de l'arbre de la
kabbale pour découvrir progressivement le vaste paysage de la création
terrestre. Il devra se nourrir des fruits de l'arbre pour découvrir la
variété des saveurs de la vie. Un à un, il devra cueillir les symboles
inscrits en lettres de feu. Au
sommaire de cet ouvrage : De l’unité divine et de la
mission qui incombe aux francs-maçons de rassembler ce sui est épars -
Ordo ab Chao - El Schadai et sa mission d’unir ciel et
terre - Quel est le nom du Grand Architecte de
l’Univers ? - le delta et sa lumière - le tétragramme sacré -
Yod - l’Oeil du Delta -
l’étoile flamboyante - la méthode des kabbalistes - préceptes et obligations des
Francs-maçons - Le travail des maçons ne s’arrête
jamais - Vigilance et persévérance -
Ici tout est symbole - les signes des Francs-maçons se font par
équerre, niveau et perpendiculaire
- Puisqu’il est l’heure, que
nous avons l’âge et que tout est conforme, entrons dans les voies qui nous
sont ouvertes - Elevons nos cœurs en fraternité et que nos regards se
tournent vers la lumière - usage des pléonasmes -
Je vous crée, constitue et reçois apprenti franc-maçon -
les trois points - le secret
- le miroir -
les mots sacrés et la circulation de la parole entre les frères -
le silence - le serment - |
BENZIMRA
- L’INTERDICTION DE L’INCESTE SELON LA KABBALE |
André Benzimra |
ED. Archè Milan |
2007 |
Cela peut sembler saugrenu, mais tout le monde ne partage pas le même
point de vue sur la question de l’inceste. Cela peut différer d’un individu à
un autre et d’une société à une autre. Ainsi, dans certaines cultures, il n’a
rien de choquant dans le fait d’épouser son cousin ou sa cousine tandis que
dans d’autres c’est interdit. De plus, nous vivons à une époque où au nom de
l’amour on se permet toutes sortes de transgressions. Chose impensable il y a encore une décennie, aujourd’hui on peut
même voir des personnes qui vont à la télévision pour afficher sans
honte leur liaison avec leur cousin, cousine, oncle ou tante ou encore entre
demi-frères et demi-sœurs. Dieu condamne l’inceste et il est clair que les
païens et surtout les chrétiens ne doivent en aucun cas se retrouver dans
cette situation Certains croient qu'il y a peu d'épisodes incestueux dans la bible. Le moins qu'on puisse dire est qu'ils se trompent. Certains sont explicites : Loth, Reuven, Amnon (avec sa sœur Tamar), Absalon (qui couche avec les concubines de David, son père), Adonias (qui veut prendre la compagne de son père David pour épouse) (guerre inexpiable entre les fils rivaux de David). D'autres sont implicites comme Juda avec sa belle-fille Tamar (ne pas confondre avec la sœur d'Amnon) et l'atavisme supposé des Moabites et des Ammonites, descendants des filles de Loth. Cette liste est loin d'être complète. On
pourrait y ajouter par exemple Jephté et sa fille (en la sacrifiant, il évite
qu'elle épouse un autre homme), ainsi qu'Abraham (à cause de sa relation
bizarre avec sa femme, qu'il considère comme sa sœur, et avec son fils Isaac,
qu'il traite comme une Iphigénie) et les descendants des uns et/ou des
autres, comme Ruth et David, et aussi Amon, roi de Juda (qui n'est pas un
ammonite). |
BENZIMRA -
FRANCS-MAÇONS ET PHILOSOPHES - LA PHILOSOPHIE JUGḖE PAR LA TRADITION |
André Benzimra |
Edition Numérilivre |
2014 |
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Les
francs-maçons se situent en droite ligne dans la philosophie des Lumières, et
ceci même en partant de deux points de vue différents. En premier lieu, nos
rituels et nos symboles trouvent leur origine dans la maçonnerie opérative
des tailleurs de pierre. Nombre d'entre eux étaient des constructeurs
inspirés de cathédrales et d'autres édifices religieux. Ces constructeurs ont
ainsi réalisé - essentiellement entre le XIe et le XIVe siècle - des ouvrages
d'une valeur que l'on peut qualifier d'éternelle et d'un contenu symbolique
impressionnant. On
ne peut pas se représenter la culture européenne en faisant abstraction de
ces constructions à caractère religieux. Leurs concepteurs et leurs
réalisateurs étaient profondément imprégnés d'un esprit ouvert et éclairé.
Par ailleurs, nous représentons les successeurs des premiers maçons
spéculatifs qui, par la suite, furent admis en nombre sans cesse croissant
dans les ateliers des maçons opératifs, ceci spécialement aux XVIe et XVIIe
siècles. La date exacte du passage des corporations de tailleurs de pierre à
la maçonnerie spéculative ne peut être fixée de façon définitive. La
fondation de la première Grande Loge anglaise – en 1717 - constitue cependant
le début officiel de la maçonnerie spéculative. Les loges regroupées au sein
de celle-ci ont contribué de manière essentielle à former le caractère de ce
qui allait devenir le siècle des Lumières, et ceci en dehors de toute
contrainte ou restriction de caractère étatique ou religieux. Et,
inversement, la philosophie des Lumières a largement contribué à l'éclosion
d'une pensée libre et responsable au sein de l'espace privé et discret des
Loges. Nombreux sont les grands esprits se prévalant de la philosophie des
Lumières qui étaient également francs-maçons. Selon
l'interprétation que Kant en a faite, «sapere aude» signifie «ait le courage
d'utiliser ton propre entendement». Cette citation trouve sa source dans
l'essai publié en 1784 par Emmanuel Kant (1724-1804) sous le titre Réponse à
la question: Qu'est-ce que la philosophie des Lumières ? Dans cette contribution,
publiée dans l'édition de décembre de cette année-là de la Berlinischen
Monatsschrift, Kant répondait à la question posée par le pasteur Johann
Friederich Zöllner Qu'est-ce que les Lumières ? publiée une année auparavant
dans la même revue. Dans son essai, Kant fait figurer sa définition restée
célèbre de la philosophie des Lumières : «La philosophie des Lumières
représente la sortie de l'être humain de son état - dont il est le seul
responsable - de mineur aux facultés limitées. Cette minorité réside dans son
incapacité à utiliser son entendement de façon libre et indépendante, sans
prendre l'avis de qui que ce soit. Il est seul responsable de cette minorité
dès lors que la cause de celle-ci ne réside pas dans un entendement
déficient, mais dans un manque d'esprit de décision et du courage de se
servir de cet entendement sans s'en référer à autrui. Sapere aude ! - ait le
courage de faire usage de ton propre entendement ! – doit être la devise de
la philosophie des Lumières ». Par
la suite, Kant a donné dans un autre de ses ouvrages une autre définition de
la philosophie des Lumières, encore plus condensée que la précédente : «La
maxime enjoignant à chacun de raisonner en toute chose par lui-même». Lorsque
Kant évoque cette minorité intellectuelle dont l'homme concerné est le seul
responsable, il met l'accent sur le fait que la philosophie des Lumières
n'est pas un état, mais un processus pour trouver une "voie de
sortie" d'une situation qui n'est plus appropriée à un être adulte. Kant
ne dit pas que l'homme est devenu majeur et responsable. Il constate
simplement que l'irresponsabilité domine. Dans sa réponse à la question :
qu'est-ce que les Lumières ? Kant explique sans prendre le moindre ménagement
pourquoi la plus grande partie de l'humanité, bien que ses représentants
soient depuis longtemps parvenus à l'âge adulte, et qu'ils seraient donc
capables de raisonner de façon individuelle, restent cependant pour la durée
de leur vie mineurs et irresponsables et, qu'en plus, ils apprécient cet état
de fait. Les raisons de cet état seraient la paresse et la lâcheté. Car il
serait confortable de se maintenir au stade d'un humain mineur. L'obligation
contraignante de la pensée autonome peut en effet ainsi être transférée à
d'autres. Qui fait appel à un médecin n'est pas obligé de décider par
lui-même du régime qu'il doit suivre. Qui peut se payer un guide spirituel
peut se dispenser d'avoir une conscience. De
ce fait, il n'est plus nécessaire de penser de manière autonome, et c'est
bien de cette possibilité que la plus grande partie de l'humanité fait usage.
Il est dès lors facile pour certains de jouer le rôle de "tuteur"
de ces individus. Ces tuteurs veillent alors à ce que les êtres humains
encore à l'état de mineurs considèrent le pas à franchir jusqu'à leur
"majorité" non seulement comme pénible, mais encore comme
dangereux. Kant ose ici une comparaison saisissante entre ces humains vivant
dans l'obscurité de l'ignorance et le "bétail" que l'asservissement
à l'homme a rendu stupide. Ces humains sont comme des enfants enfermés dans
un youpala. Au XVIIIe siècle, cet engin consistait en un châssis en forme de
corbeille, monté sur roues, avec lequel les enfants apprenaient à marcher.
Ces personnes ainsi "mises en cage" se voient sans cesse rappeler
par leurs "tuteurs" des dangers qui les menaceraient au cas où ils
tenteraient d'agir de manière autonome. Cette situation rendrait évidemment
difficile pour une personne agissant individuellement la tâche de se libérer
de sa "minorité". Ceci premièrement parce qu'elle s'était
"liée d'affection" avec cet état de minorité, car il lui paraissait
confortable, et, secondement, parce qu'il lui était devenu pratiquement
impossible d'utiliser son entendement, du fait qu'on ne l'aurait jamais
laissé entreprendre la moindre tentative dans ce sens et qu'on l'aurait même
fermement dissuadé de l'entreprendre. Mais,
selon les développements de Kant, on doit admettre que l'homme a malgré tout
peu à peu compris qu'il était dans sa nature de conserver son intégrité et
qu'il lui appartenait de penser par lui-même. La possibilité de réaliser
quelque chose implique la connaissance de ce que l'on peut faire et du fait
qu'on peut le faire. Mais cette connaissance ne constitue pas encore une
certitude. Car ce n'est que lorsque l'on fait ce qu'on est capable de faire
que l'on a la certitude d'avoir pu le faire. Mais, pour franchir ce pas, il y
a une condition nécessaire et indispensable : le courage. En opposition avec
le penchant - devenu une seconde nature - à la paresse, à la lâcheté et au confort
à n'importe quel prix, Kant place l'esprit de décision et le courage.
L'impératif est donc ici : oser quelque chose. «Sapere aude !». Aie le
courage de penser ! Kant sait qu'il s'agit là de la maxime de l'un de ses
auteurs préférés, qu'il n'a d'ailleurs pas hésité à citer à maintes reprises.
C'est Horace (65-8 av J.-C.) qui, dans une lettre à Lullius Maximus,
encourage ce jeune ami à ne jamais se laisser aller à l'oisiveté et à la
paresse spirituelle, mais d'être au contraire actif et de bander ses forces
spirituelles : «Sapere aude, incipe. Aie du courage, commence. Décide-toi
pour la sagesse ! Ose entreprendre !». Car celui qui projette d'entamer une
nouvelle vie, mais remet sans cesse le premier jour de son entreprise ne
changera jamais rien à rien. Kant
fut l'un des philosophes les plus éminents du siècle des Lumières. Dans ses
trois oeuvres principales Critique de la raison pure (1781), Critique de la
raison pratique (1788) et Critique de la faculté de juger (1790), il
s'attacha à définir les limites de la connaissance. L'éthique de Kant, guidée
par la raison, est centrée sur la pensée, sur l'action et sur le sentiment de
l'homme éclairé. «Agis de manière que les maximes de ta volonté puissent en
tous temps servir également de principe fondateur d'une législation
d'application universelle». Cet aphorisme célèbre de Kant (l'«impératif
catégorique») précise son exigence d'une législation qui, loin de favoriser
les intérêts des puissants, prend sa source dans le discernement et le
comportement strictement éthique du citoyen. Avec sa Critique de la raison
pure Kant explore systématiquement les limites de cette raison pure. En dépit
de ces limites, il voit dans la raison l'attribut le plus important de l'être
humain, ceci en particulier en relation avec la possibilité de concevoir un
principe pratique de l'éthique. L'époque
connue sous le nom de siècle des Lumières correspond à celle de l'éclosion
d'une vie spirituelle en Europe et en Amérique aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Elle est marquée par un mouvement de sécularisation et par l'abandon
progressif d'une vision absolutiste de la notion d'Etat, remplacée par une
vision démocratique. C'est à ce moment que le libéralisme et sa conception
des droits de l'homme et du citoyen ont vu le jour. Ce mouvement prônait une
pensée conforme à la raison et s'opposait aux préjugés et aux superstitions
religieuses, à la place desquelles il développait une «religion de la
raison». La science et l'instruction devaient être encouragées et développées
dans toutes les couches de la population. La Révolution française marque
communément la fin du siècle des Lumières, selon le sens que l'on attribuait
à l'époque à ce terme. Nous devons cependant constater que, malheureusement,
cette «minorité spirituelle» de l'individu due - rappelons-le - à sa seule
responsabilité est un phénomène encore très répandu de nos jours. C'est
pourquoi nous ne pouvons en aucun cas parler de sa fin. Le projet consistant
à faire de la philosophie des Lumières un modèle de pensée est encore loin
d'être réalisé ! Erwin
von Steinbach (1244-1318) était un tailleur de pierre et un architecte
allemand et passe pour être l'architecte principal à qui l'on devrait la
cathédrale de Strasbourg. Les plus anciens statuts d'une loge connus au monde
qui nous aient été transmis sont ceux des tailleurs de pierre de Strasbourg.
Ils datent de 1459. Comme ce fut le cas pour d'autres architectes de son
temps, Erwin von Steinbach prit comme modèle de la cathédrale qu'il projetait
le Temple de Salomon. De telles vénérables cathédrales sont imprégnées d'une
puissance symbolique impressionnante. Ceux qui comprennent cette symbolique
comprennent sans difficulté ce que nos anciens maîtres ont voulu nous dire.
On pourrait résumer les principes ayant servi à configurer une cathédrale par
la formule «deux colonnes et trois pas». Remodèle des deux colonnes du Temple
de Salomon a atteint son apogée dans les deux tours d'une cathédrale. Ces
deux colonnes représentent deux mondes différents. L'un d'eux est le monde
visible et correspond aux connaissances limitées de l'homme. On le représente
par le chiffre4oulafigure du carré. L'autre monde est invisible, c'est celui
de l'ignorance, de l'incompréhensible et finalement celui du divin. On le
représente par le chiffre 3 ou la figure du triangle. Pris ensemble, ces deux
nombres donnent le chiffre 7, le nombre parfait. Les
exemples d'une symbolique remontant à l'origine des temps et se retrouvant
systématiquement dans le Temple de Salomon puis, par suite, dans les
cathédrales et, de là, dans les loges des tailleurs de pierre, puis dans les
loges spéculatives, pourraient être multipliés à l'infini. À mon avis, le
côté «philosophie des Lumières» se situe dans le caractère abstrait des
symboles, sur lequel ne pèse pas le poids dogmatique des représentations de
l'Église catholique. Ce que nous trouvons dans les symboles des tailleurs de
pierre, c'est que ce monde non-matériel peut être bien sûr rendu visible par
étapes successives à l'aide d'une pensée débarrassée de tout a priori et de
la recherche scientifique mais, qu'en même temps, chacune de ces étapes fait
apparaître de nouvelles questions se refusant à l'application de la science. Les
tailleurs de pierre de cette époque ne se sont pas laissé induire en erreur
par les images à caractère trop concret que l'Église catholique cherchait à
imposer, relatives à Dieu, aux saints et au Diable, mais ils se concentrèrent
au contraire, dans leur représentation du monde invisible, sur des symboles
abstraits. Et même le plus instruit des Maîtres parmi les tailleurs de pierre
se faisait enterrer à l'angle nord-est de la cathédrale, au nord-est, à
l'endroit donc où se tient l'Apprenti après son initiation. Ceci parce que,
parvenu au terme de sa vie, au moment de son entrée dans l'Orient éternel, le
Maître se présente avec le symbole de la règle, car il ne sait effectivement
encore rien du monde non-visible. Et,
à partir de ce point, où nous trouvons l'homme éclairé qu'est le Maître
Maçon, qui, au contraire du clergé figé sur ses dogmes, est conscient de ce
qu'il ne peut pas savoir, nous parvenons directement au Maçon spéculatif qui,
lui aussi, fait appel à sa raison et l'utilise de façon personnelle, tout en
évitant lui aussi de se faire une image concrète du Divin. C'est pourquoi les
francs-maçons, comme Kant l'exige de l'homme éclairé, opposent à
l'hétéronomie d'une raison fixée par d'autres l'autonomie d'une pensée
indépendante. Ou, comme Kant l'exprime, «penser par soi-même signifie
chercher en soi-même la vraie pierre de touche de la vérité (c'est-à-dire
dans sa propre raison), et la maxime : En tout temps penser par soi-même,
constitue la base de la philosophie des Lumières». Conformément
à la tradition des tailleurs de pierre, marqués par l'esprit de la
philosophie des Lumières, les maçons d'aujourd'hui font également usage du
symbole du Grand Architecte de l'Univers. Le chercheur Helmut Reinhalter
écrit à ce propos : «Ce symbole repose sur la responsabilité éthique du
Maçon. En Maçonnerie, la valeur de l'homme ne se mesure pas à l'aune de sa
profession de foi d'une religion ou d'un dogme, mais à celle de sa loyauté
intellectuelle. Le GADLU symbolise par son efficacité l'arrière- plan éternel
et le cadre universel duquel la vie acquiert un sens et une responsabilité
humaine». À
l'époque actuelle, qui a vu l'éclosion des sciences cognitives, éclaireront
encore mieux nos loges à l'aide d'une nouvelle philosophie des Lumières, plus
développée, qui soit à même d'écarter les obstacles qui parsèment notre
chemin et empêchent la dissémination de la connaissance critique et de la
raison, compte tenu des menaces de caractère global et des crises politico-sociales
qui nous guettent. Ne nous bornons pas à faire briller la lumière de la
raison à l'intérieur de nos loges. La «race humaine», pour employer
l'expression de Kant, n'a aucune chance de survie si elle s'écarte de la
raison. Utilisons donc notre chaîne fraternelle universelle pour répandre
dans tous les types de société la lumière d'une nouvelle philosophie
maçonnique ! Combattons, partout où nous avons de l'influence, la déraison
universelle avec l'arme de la «raison aimable» postulée par Épicure (341-271
av. J.-C.). Car c'est à lui que l'on doit l'aphorisme : «Le savoir sans
l'amour est un poison mortel ». C'est dans cet esprit que nous devons, guidés
par notre solide expérience et appuyés par la «raison aimable», avancer tous
ensemble et affronter avec courage les grands défis de l'avenir. «Sapere
aude», mes très chers frères. Au sommaire de cet ouvrage : La Tradition - Les philosophes
- Thalès de Milet - Pythagore de Samos -
Parménide d’Elée - Héraclite d’Ephèse - Anaxagore de
Clazomènes - Empédocle d’Agrigente - Socrate
d’Athènes - Les épicuriens - Platon -
Diogène de Sinope - Aristote de Stagire - les
stoïciens - Guillaume d’Ockham - René Descartes
- Blaise Pascal - Baruc de Spinoza - Nicolas
Malebranche - Gottfried Wilhelm Leibniz - George
Berkeley - David Hume - Emmanuel Kant -
Les tenants du transformisme - Georg Wilhelm Friedrich Hegel
- Arthur Schopenhauer - Auguste Comte - Karl
Marx - Friedrich Nietzsche - Sigmund Freud
- Edmund Husserl - Henri Bergson - Pierre
Theillard de Chardin - Gaston Bachelard - Martin
Heidegger - Ludwig Wittgenstein - Jean-Paul
Sartre - Albert Camus - Karl Popper -
Michel Foucault - |
BENZIMRA - PETITS ET GRANDS MYSTÈRES DANS LA KABBALE – L’ŒUVRE DU COMMENCEMENT – L’ŒUVRE DU CHAR |
André Benzimra |
Edition de la Hutte |
2013 |
La
Kabbale comporte deux études :
Le Maaseh Bereshit porte sur la cosmologie ; le Maaseh Merkavah sur la théologie, mais on aurait tort de ne voir dans ces deux parties que des études théoriques. L’idée d’œuvre désigne d’ailleurs une entreprise pratique. C’est que ces deux études comportent les secrets d’une certaine sagesse que le disciple doit s’efforcer d’acquérir. De quoi s’agit-il ? Le Maaseh Bereshit correspond à ce que les Grecs appelaient les petits mystères : ceux-ci visent à rétablir l’Homme dans l’état primordial, celui que les Hébreux nomment l’Adam paradisiaque, l’homme qui était un avec le monde, (de là vient que les traditions assignent à l’Adam du Paradis terrestre la taille du monde. « Il l’a créé remplissant le monde tout entier – Midrach Rabba VIII,1) », en sorte que tous les corps étaient comme autant de ses organes et que l’âme de chaque chose était une partie de son âme. Le Maaseh Merkavah correspond quant à lui aux grands Mystères de la Tradition grecque, lesquels visaient premièrement à identifier l’homme avec l’Univers tout entier (de là vient que l’iconographie traditionnelle fait coïncider l’Adam Kadmon, l’Adam du Paradis céleste, avec l’ensemble de tous les mondes), c'est-à-dire avec l’ensemble des mondes, et secondement à rétablir l’union de l’homme avec la divinité. Au sommaire de cet ouvrage l’auteur nous parle de : L’œuvre du commencement - La Genèse I et II - L’œuvre du Char - Ezéchiel - Voie initiatique et voie religieuse - l’alphabet hébraïque - la science des lettres - la hiérarchie des principes - les Sephiroth - la Thora - le Nom divin Hou, Lui - les quatre mondes - le Nom divin Maqom, le Lieu - la science des nombres - la centralité de l’homme - le Nom divin YHVH - le yin et le yang - Schaddaï ou El Schaddaï - les sept mondes déjà créés - Nomadisme et sédentarité - le Golem - les quatre qui entrèrent au Pardès - les éléments - le genou - |
BENZIMRA
- LES
LḖGENDES CACHḖES DANS LA BIBLE -
ḖTUDE DE KABBALE MAÇONNIQUE |
André Benzimra |
Edition Archè Milan |
2006 |
||
Suivent les récits fondateurs de
Moïse et de l’Exode. À travers des miracles étonnants, Dieu fait sortir son
peuple d’Égypte où il était esclave. Beaucoup plus loin, nous trouvons le
récit de la vie, de la mort et de la résurrection de l’homme appelé Jésus de
Nazareth. Comment le lecteur moderne doit-il
donc aborder tous ces passages ? Est-il appelé à y voir des récits
légendaires ou des métaphores qui ne véhiculent que des vérités spirituelles
? Doit-il plutôt considérer qu’ils relatent des événements tout à fait
historiques ? Dans un premier temps, il peut être utile de savoir ce que la
Bible dit d’elle-même, de son message et de son objectif. Elle se présente
comme un livre qui raconte l’histoire de la relation de Dieu avec son peuple.
Son but ultime est d’inviter l’homme à connaître Dieu et à être réconcilié
avec lui. L’histoire que la Bible raconte est, très clairement, d’ordre
théologique dans le sens où ce qui est raconté explique qui est Dieu, sa
nature, ses attentes, ses promesses et qui est l’homme. Les récits des
auteurs bibliques ont été écrits pour parler de Dieu et de ses desseins. La Bible se présente aussi comme
la Parole d’un Dieu honnête, omniscient et fiable. Ses textes ont, certes,
été rédigés par des auteurs humains ayant chacun leur style, leur vocabulaire
et leur personnalité, mais la Bible affirme qu’ils ont été inspirés par
l’Esprit de Dieu Lorsque des apôtres se réfèrent à des évènements tels que la
création, le déluge et l’Exode, ils se montrent persuadés de leur nature
historique. Si l’on croit à l’inspiration de la Bible, il n’y a donc pas lieu
de lire ce qu’elle affirme être des faits historiques à la manière de textes symboliques.
Le lecteur attentif doit cependant se garder d’une lecture anachronique du
texte, qui s’attendrait à ce que les auteurs se conforment aux méthodes
historiques modernes. Les textes bibliques racontent l’histoire à la manière
de ceux de l’Antiquité. Ils ne cherchent pas à parler de manière dépassionnée
et exhaustive, mais ils racontent des événements historiques dans le but de
véhiculer un message théologique. Comme toute œuvre littéraire la
Bible utilise toute une variété de styles et de genres Devant chaque texte,
il convient, autant que faire se peut, de discerner les intentions de
l’auteur. Veut-il présenter une idée, une image ou un fait historique ?
Certains passages sont explicitement présentés comme des paraboles ou des
fables, qu’il convient de ne pas comprendre de manière littérale et
historique. De même, tout le monde s’accorde pour dire qu’il serait absurde
de comprendre la poésie de manière littérale. À titre d’exemple, certains
lecteurs de la Bible perçoivent un symbolisme voulu dans le récit de Genèse
2-3 quand il évoque par exemple l’arbre et le serpent. Pourquoi ? À cause de
l’usage symbolique qui en est fait dans d’autres parties de la Bible. En même
temps, le Nouveau Testament affirme la nature historique de l’homme Adam et
de sa faute. Une bonne connaissance des conventions littéraires de l’époque
aide à comprendre les textes. Ceci n’enlève rien au caractère historique des
événements rapportés. Pour mieux comprendre les textes
difficiles, il est également possible de faire appel à des connaissances
extrabibliques. Au cours des derniers siècles, l’archéologie a énormément
progressé. Or les découvertes archéologiques ne contredisent pas le récit
biblique ; elles ont plutôt tendance à le confirmer De plus, en comparant les
récits bibliques à des récits similaires des mêmes époques, on découvre à
quel point les auteurs bibliques usent d’un style extrêmement sobre. À titre
d’exemple, un récit de la création issu de la Mésopotamie parle de luttes
entre dieux différents qui naissent de l’union de deux êtres, Tiamat et Apsû.
De son côté, le récit biblique de la création pose avec beaucoup de retenue
le cadre d’un Dieu distinct de sa Création qui a créé toute chose de manière
ordonnée. La foi chrétienne est née à l’entrée du tombeau vide de Jésus-Christ.
Pour certains, sa résurrection est la légende par excellence, mais pour les
chrétiens elle est l’exemple par excellence d’une foi raisonnable. On a là le
récit d’un événement extraordinaire, miraculeux et merveilleux, mais les
indices historiques et logiques qui plaident en faveur de sa réalité sont
considérables). Si Jésus a vraiment été ressuscité
d’entre les morts, la logique veut qu’il ne soit pas un imposteur, mais
véritablement le Fils de Dieu. Or il a accepté la nature historique de
l’Ancien Testament et de ses récits de la Création, du déluge, de l’Exode.
Ceux qui mettent leur foi en lui accepteront naturellement d’accepter la
fiabilité de ses paroles. Toutes les questions concernant les passages les
plus difficiles de la Bible n’en sont pas supprimées pour autant, mais elles
se vivent dans la confiance. Au sommaire de cet ouvrage : Tubalcaïn -
Hiram - Salomon -
Noé - Schadaï - Jacob et Esaü - |
bouddhisme
& franc-maçonnerie |
Divers
Auteurs |
EDITION
ALBIN MICHEL |
1995 |
Conférence
et réflexions sur ces deux philosophies. Un langage commun peut-il être trouvé
entre la tradition bouddhiste venue du bout du monde, et la tradition
maçonnique née en Europe, enracinée dans une symbolique très spécifique dans
certains mythes bibliques, dans la philosophie grecque et l’esprit des
lumières ? Deux
voies spirituelles qui chacune à sa façon aspirent à l’Universel et proposent
une libération de l’Être et exaltent la sagesse. Le problème est dans la
traduction du vocabulaire de chacun au sujet de la nature intime de l’homme,
là est l’explication incompréhensible de l’un ou de l’autre. Au sommaire de cette conférence on trouve : Jacques Deperne : Philosophia humana Lama Denys Teundroup : Des points communs et la démarche bouddhiste Jean Pierre Schnetzler : De la démarche maçonnique Bernard Besret, Alain Lorand, J. P. Pilorge, Luc Trinley : Orient Occident,
convergences et divergences Nicolle Vassel et Michel Barrat : De la réalisation
spirituelle Bernard Besret, Lama Denis Teundroup : Pratique maçonnique
et « sadhana », symbole et méditation Marie Madeleine David : Chronique |
1 C
cambacÉrÈs, 1er
surveillant de la franc-maçonnerie impÉriale |
P.F.
PINAUD |
Edition
Maçonnique de France |
1998 |
||
Cette
ascendance familiale explique sans doute que, dès avant l’âge de 20 ans, il
est initié. En 1772, on le trouve inscrit sur les tableaux de la loge
anglaise Saint-Jean du Secret et de l’Harmonie à Montpellier, où il côtoie
financiers, magistrats et entrepreneurs. Son entrée rapide dans l’ordre ne
s’explique pas seulement par ses antécédents familiaux. En effet, en 1772, il
est en opposition au système en vigueur et refuse d’intégrer la nouvelle
magistrature proposée par le gouvernement. Il s’est agrégé à un groupe de
magistrats réfractaires dont beaucoup sont maçons. Ses amis l’ont donc engagé
à recevoir la Lumière. Par ailleurs, lui-même avait le désir d’échanger des
opinions, de confronter des convictions, d’apprendre et de trouver des
repères dans une société qui évolue. Par ses contacts avec le médecin et
chimiste Chaptal, il pouvait appréhender un monde scientifique qui remettait
en cause tant de croyances. Enfin,
l’expérience confessionnelle de sa famille l’incitait à rechercher des
nourritures spirituelles alors que son métier le tournait vers le quotidien.
Il plonge d’ailleurs à cette époque dans l’étude des diverses religions
connues, se penche sur le problème du crime et du châtiment, de l’enfer et de
l’au-delà pour conclure : « Il n’y a qu’une grande foi qui puisse faire
croire à une autre vie. Et comment avoir de la foi ou une croyance aveugle
pour ce qui peut être soumis aux lumières de la raison ? ». Comme la grande
partie de l’élite intellectuelle de l’époque, il professe son mépris pour les
usages antiques de l’Eglise, son obscurantisme et son exigence de pouvoir et
de richesses ; il adhère à l’humanisme, au dévouement aux autres et aux
sentiments de fraternité qu’il exprime par sa participation active dans la
confrérie des Pénitents Blancs. C’est l’époque où l’opposition entre les
Frères de l’aristocratie provinciale et ceux de la bourgeoisie parisienne
allait conduire à la création du Grand Orient de France par des Frères
expulsés de la Grande Loge. C’est l’époque aussi où Willermoz, à Lyon, prône
la réforme mise sur pied en Allemagne, réforme qui prétend aller vers « la
révélation d’une véritable connaissance ». Il
voyage également beaucoup par tout le royaume, à Paris, Marseille, Bordeaux,
siège du directoire de Septimanie du rite écossais rectifié, où il fréquente
de nombreuses connaissances tant familiales que maçonniques, nouant par sa
participation aux activités maçonniques des relations avec un cercle étendu
d’avocats et de financiers. Il mène ainsi une vie à la fois studieuse et
mondaine, éclairée par la fenêtre spirituelle de la confrérie des Pénitents
Blancs et celle, plus intellectuelle, des loges maçonniques, une vie toute
imprégnée d’un fort sentiment de solidarité qu’il conservera malgré son
ascension sociale. Joyeux célibataire, le plaisir des sens ne lui est pas
inconnu ; probablement a-t-il rencontré à la loge La Candeur à Paris
Choderlos de Laclos, l’auteur des Liaisons Dangereuses. Jean écrira un jour :
« Il y a peu de femmes qui se livrent par inclination. Il n’en est aucune qui
ne soit insensible à l’hommage d’un homme distingué. L’aune de ce sentiment
les décide à se livrer. Combien la femme qu’on croyait la plus relevée fait
d’étranges révélations à son amant lorsqu’elle s’est abandonnée, etc., etc. » A
Paris, il visite la loge des Neuf Sœurs et fait la connaissance de Condorcet.
Il fréquente aussi la loge des Amis Réunis qui « forme une société d’amis à
peu près pareille aux clubs d’Angleterre mais qui doit à la maçonnerie, dont
l’esprit de corps est la franchise, l’égalité, la bienfaisance et la pratique
de toutes les vertus sociales, des liens d’autant plus étroits qu’ils
seraient resserrés par une estime réciproque et une connaissance respective
les uns des autres qui ne peut manquer d’être la suite du régime républicain
d’une loge de francs-maçons ». Cet atelier a également pour caractéristique
d’être peuplé pour l’essentiel de financiers tels le directeur de la
compagnie des Indes, celui de la manufacture des Gobelins, le trésorier
général de la Marine, des receveurs généraux etc. Le
système judiciaire ayant été réformé par l’Assemblée Législative, Jean
Cambacérès est élu président du tribunal criminel de l’Hérault siégeant à
Montpellier ; il est installé dans ses fonctions le 1 janvier 1792. Dans
l’exercice de celles-ci, il exprimera son idéal maçonnique. S’il ne se
prononce pas publiquement sur l’abolition de la peine de mort, il l’évitera
toujours lorsque cela sera en son pouvoir et ne la fera appliquer – mais
alors sans hésitation – que si l’ordre public est troublé. Cette présidence
du tribunal criminel le marquera très profondément. Le pouvoir de vie ou de
mort qu’il détient l’oblige à une perpétuelle remise en cause. Il écrira que
« quand on juge les hommes, il ne faut jamais les séparer des événements » et
aussi que « l’âme d’un fameux coupable ne diffère souvent de celle d’un grand
homme que par l’objet vers lequel la fatalité l’a déterminé ». Le spectre de
Voltaire le hantera pendant toute cette année, aiguillonnant sa quête de
vérité. Bientôt
élu député à la Convention, il arrive le 18 août 1792 à Paris. Il y rencontre
très vite Roëttiers de Montaleau, haut dignitaire de Grand orient qu’il
connaît depuis longtemps. Celui-ci lui raconte les difficultés dues au combat
passionné des opinions politiques au sein des loges. Comment les frères
pourraient-ils respecter leurs serments de fraternité maçonnique ? Beaucoup
d’entre eux ont émigré derrière les frères du roi, maçons eux-mêmes. Les
loges se sont vidées. Le duc d’Orléans, grand maître du Grand Orient, joue
son propre jeu. Certains le suivent, espérant qu’il réussira à prendre le
pouvoir. Beaucoup se méfient, critiquent. Les soupçons s’installent avec la
crainte du lendemain et ralentissent toutes les activités maçonniques dans
l’attente de jours meilleurs. La franc-maçonnerie rentre dans l’ombre, sinon
en léthargie. Après thermidor, à partir de l’automne 1794, Cambacérès est au
gouvernement de la France ; il se fait investir de la présidence du comité de
Salut Public. Ses qualités, comme ses qualifications en font un
incontournable de la direction du pays. C’est ce qui bientôt fera de lui le
deuxième consul après le coup d’état de brumaire, puis l’archichancelier de
l’empire et maître d’œuvre de Napoléon, ainsi que l’appelle sa biographe
Laurence Chatel de Brancion, après le couronnement de Bonaparte. Mais
laissons de côté sa carrière publique et revenons à ce qui nous occupe plus
particulièrement, même si l’une et l’autre facettes de sa vie sont
étroitement imbriquées, puisque, par exemple, lorsqu’il présente à la
tribune, comme responsable de la politique extérieure de la France, le traité
de paix signé avec la Toscane, c’est le franc-maçon qui parle ; il établit le
fondement des organisations internationales actuelles, en rupture totale avec
les mœurs de l’époque : « S’il existait en Europe, proclame-t-il, un droit
des nations, des principes reconnus d’indépendance, de liberté de commerce et
de navigation, s’il existait un plan contre l’ambition des puissances
usurpatrices et une garantie pour la sûreté des états faibles, alors les
conditions de la paix seraient facilement dictées et acceptées ; alors, nous
n’aurions pas de guerre à soutenir. » Dans
le courant de l’année 1795, derrière sa volonté de protection de l’intimité
et de la liberté individuelle, pour lui principes de base, Cambacérès exprime
son désir de protéger les premiers pas des loges maçonniques qui renaissent
après la tornade de la Terreur. Ces hommes éclairés et modérés doivent
pouvoir se réunir chez l’un ou chez l’autre sans être inquiétés car la
franc-maçonnerie peut être un ferment d’amélioration du climat politique et,
si on lui en laisse le temps, un éducateur de l’opinion. Dans ce même esprit
d’éduquer l’opinion, il pousse la Convention à mettre sur pied un ensemble
d’écoles spécialisées, comme l’Ecole normale, l’Ecole des langues orientales,
l’Ecole polytechnique, les écoles de santé et les écoles centrales, futurs
lycées napoléoniens. Le
24 juin 1795, la Grande Loge célèbre son réveil. Celui du Grand Orient
interviendra l’année suivante. Cambacérès fréquente la loge du Vrai Zèle. Il
rencontre au sein des ateliers des hommes qu’il ne côtoie pas habituellement
: les militaires, tels Kellerman ou Masséna, titulaires comme lui de hauts
grades maçonniques. Avec son ami et frère d’Aigrefeuille, qui, curieusement,
a installé à Montpellier l’ancien grand maître de l’ordre de Malte, il
assiste le 22 juin 1799 à la cérémonie marquant l’union entre le Grand Orient
et la Grande Loge de France. A cette tenue solennelle assistaient 29
officiers des deux obédiences, 3 officiers honoraires, 29 vénérables ou leurs
représentants et 28 frères visiteurs. Le mois suivant, il devient ministre de
la Justice. A ce moment, peu d’hommes sont plus à même que lui de maîtriser
l’arsenal légal français, si complexe à la fin de la Révolution. Le 12
décembre 1799, Cambacérès devient deuxième consul de la République, second
personnage de l’Etat après Bonaparte. Retourné,
on l’a vu, très tôt vers les loges, il y a retrouvé la sociabilité des années
pré-révolutionnaire. Pour sauvegarder cette liberté et cette tolérance, et
aussi pour éviter une mainmise sur l’éducation, il reste fermement attaché à
affirmer l’indépendance du pays vis-à-vis de Rome et rêve d’établir en France
l’équivalent de l’Eglise d’Angleterre. Il prêche le rassemblement dans la
tolérance et oriente le Premier Consul vers un gallicanisme moderne. Son rôle
dans la négociation du Concordat est occulte ; il n’existe qu’à l’état d’influence
par des discussions, des notes, des études. Ce descendant de protestants, ce
défenseur des communautés juives suggère aussi que des accords soient passés
avec les responsables de ces religions pour que chacun ait le droit de
pratiquer le culte de son choix ; en contrepartie, ces religions se couleront
dans le système politique. En effet, les églises, quelle qu’elles soient, ne
peuvent prétendre exercer une action hors du contrôle de l’Etat ; le
gouvernement doit rester seul maître à bord. C'est
à ce moment-là qu'il se préoccupe concrètement de la franc-maçonnerie. Les
rapports de police ont signalé l'essor très important du nombre des loges
depuis le début du Consulat : cent quatorze dont vingt-sept parisiennes en
1802, trois cents en 1804. Vénérable de la loge Saint-Jean de la Grande
Maîtrise, quel rôle joue Cambacérès dans les conflits entre le Grand Orient
et les obédiences de rite écossais en 1802-1804 ? Dans ses papiers se
retrouvent de nombreux documents relatifs à des projets de traités d'union.
Selon son habitude, il fait réaliser méthodiquement un historique de chacune
des obédiences, et analyser les conflits. Considérant ceux-ci comme du
détail, il veut arriver à un accord permettant à chacun de garder ses
pratiques dans une unité d'ensemble harmonieuse. Du fait même du recrutement
dans les milieux de hauts fonctionnaires et dans l'armée, leurs rivalités ou
désaccords peuvent être facteurs de désunion. L'Empereur aurait envisagé de
résoudre le problème en supprimant la franc-maçonnerie, et il fallut les
protestations de Kellermann dont l'aide de camp, de Grasse-Tilly, fils du
héros de Yorktown, venait d'être élu Premier Souverain Grand Commandeur du
rite écossais, et celles de Cambacérès qui fit valoir qu'interdire la
maçonnerie la ferait surgir de toutes parts, en coulisses et dans
l'opposition, pour arrêter cette décision. Est-ce Cambacérès qui propose que
Joseph Bonaparte soit nommé grand maître du Grand Orient et Louis Bonaparte
de la Grande Loge Générale Ecossaise qui vient d'être fondée pour fédérer le
rite ? |
CAMILLE SAVOIRE - REGARDS SUR LES TEMPLES DE LA FRANC-MAÇONNERIE |
Présentation de Jean-Marc Vivenza |
Edition La Pierre Philosophale |
2015 |
« La connaissance ne s’obtient que par l’initiation, connaissance qui est une « communion » avec l’âme universelle et dont le nom n’est autre que Gnose.» Camille Savoire (1869-1951) La réédition de son ouvrage publié en 1935 : « Regards sur les Temples de la Franc-maçonnerie », précédé d’une longue Préface de Jean-Marc Vivenza, vient de porter une lumière pour le moins assez nouvelle sur la personnalité de Camille Savoire. On s’aperçoit en effet, à la lecture des 90 pages de présentation du livre, que l’on ignorait énormément de choses sur celui qui fut à l’origine, en 1935, l’année même où il faisait paraître son livre, du « réveil » du Régime Rectifié en France. Jean-Marc Vivenza nous révèle ainsi bien des aspects méconnus du parcours de Camille Savoire, et surtout nous montre l’évolution de celui qui se disait agnostique en son jeune âge, vers un spiritualisme de plus en plus marqué : « Camille Savoire, de l’agnosticisme de son jeune âge va donc, peu à peu, sans doute de par l’exercice de sa charge et son contact avec les degrés élevés des différents Rites maçonniques, évoluer vers un spiritualisme qui, pour n’être point une adhésion pleine et entière à une « Révélation », participait néanmoins d’un refus du matérialisme. » « Ce fut le désir de travailler dans le secret et le silence, qui attira vers la Franc-Maçonnerie les adeptes de certaines organisations philosophiques, initiatiques ou occultistes, survivances des anciennes confréries… » Camille Savoire s’explique lui-même sur ce changement de point de vue, après avoir découvert « le caractère « initiatique » de la franc-maçonnerie » : « Ce fut le désir de travailler dans le secret et le silence, à l’abri des regards indiscrets de la police et des autorités qui attira vers la Franc-Maçonnerie les adeptes de certaines organisations philosophiques, initiatiques ou occultistes, survivances des anciennes confréries de Rose-Croix, Alchimistes, Illuminés d’Allemagne ou de Bavière, lesquelles vinrent s’agréger au sein de la Franc-Maçonnerie en y constituant des Loges d’un caractère spécial (…) l’étude approfondie des anciens rituels, en m’éclairant à la lumière des travaux d’occultistes ou d’initiés anciens ou modernes, me permit d’entrevoir nettement le caractère initiatique de la Franc-Maçonnerie, tel que l’avaient conçu certains de ses adeptes, et de le comparer aux sociétés initiatiques de tous les temps, sinon par les moyens employés, mais par les buts poursuivis, la communauté des symboles, de certaines appellations, mots et signes de reconnaissance, formes rituelles, épreuves.» Mais ce premier constant va aboutir à une décision qui transformera profondément la vie de Camille de Savoire : « à savoir la nécessité pour l’initié de devoir se livrer à un travail intérieur pour parvenir à la pleine compréhension de ce que signifie « l’Esprit », pour reprendre l’expression employée par Savoire : « Des études poursuivies pendant plus de dix ans, confrontées avec les découvertes et enseignements de la science contemporaine, j’acquis la notion que seul un travail intérieur effectué sur soi-même peut faire progresser dans la voie de l’initiation, laquelle n’est qu’une éducation de ce sens intime qu’on désigne sous le nom d’intuition et qui n’est vraisemblablement qu’une communion ou une prise de contact avec l’Intelligence universelle. Cette notion est incompatible avec une profession de foi matérialiste. Tout ceci me conduisit vers un spiritualisme s’élevant au-dessus des dogmes des religions, des diverses croyances philosophiques et métaphysiques qui m’a paru constituer le véritable fondement de la Franc-Maçonnerie… » Et c’est bien ce qu’affirme positivement l’auteur des Regards sur les Temples de la Franc-maçonnerie : « s’était effectuée en moi une accession vers la conception d’un monde dans lequel la Matière qui, dans ses divers aspects, n’est qu’une transformation de l’Esprit, cherche à dominer ce dernier et à l’asservir, alors que l’homme sage que doit être le Franc-Maçon cherche à se libérer des emprises de la Matière.» Cette « Gnose, Camille Savoire l’avait expérimentée par « l’étude de l’esprit » : « L’étude de l’esprit apprend à l’homme à connaître l’âme, c’est-à-dire la force et la vie intime des choses et des êtres, de l’inanimé comme de l’animé et cette connaissance ne s’acquiert que par l’initiation, c’est-à-dire par l’éducation d’un sens intime, « l’intuition », qui a pour effet d’établir entre le Maçon et la vie universelle une «véritable communion » alors que notre intelligence est souvent faussée par nos intérêts, nos passions et nos préjugés. Cette connaissance, véritable communion avec l’âme universelle, c’est la Gnose. Pour l’acquérir, le Franc-Maçon doit maîtriser ses passions, établir un juste équilibre entre ses diverses facultés : raison, intelligence, sensibilité, et les accorder avec le milieu universel réalisant ainsi le « juste milieu » de chacun de nous, c’est-à-dire « la loi de notre être » en conformité avec la « loi universelle ». Cette loi n’est pas fixe, disait Confucius. Aussi, le Maçon, par un perpétuel effort et un éveil constant, doit conformer ses pensées et ses actes au principe changeant de l’Univers tout en s’efforçant de garantir son harmonie intérieure ! »
Ainsi donc, analyse Jean-Marc Vivenza : « On le constate, loin du portrait erroné que l’on présente encore parfois de lui, en quelques années, Camille Savoire, de par ses fonctions de Grand Commandeur des Rites et son cheminement maçonnique personnel, avait profondément évolué, puisque du matérialiste agnostique qu’il déclarait être dans sa période de jeunesse, il était devenu un spiritualiste qui, pour conserver son attachement à la liberté de penser – liberté non synonyme pour lui d’incroyance –, néanmoins, n’hésitait plus à se référer à la kabbale, aux Rose-Croix, refusant l’athéisme, appelant à un travail intérieur capable de faire accéder l’initié à la connaissance véritable de la « Gnose », entendue comme l’expression de « l’âme universelle ». On est donc très loin d’une attitude de rejet de la spiritualité, bien au contraire. »
Le témoignage le plus probant des convictions spiritualistes qui étaient devenues les siennes et sur lesquelles Jean-Marc Vivenza porte un éclairage tout à fait saisissant, allait être donné par Camille Savoire à la demande de son ami Constant Chevillon (1880-1944) qui : « s’il avait encore des objections à formuler à l’égard du dogmatisme ecclésial, n’en avait point à l’encontre du spiritualisme spéculatif qui pour lui était synonyme de « connaissance », c’est-à-dire de la « Gnose » qui constitue même, selon lui, « l’objet principal de l’institution initiatique » .
La réédition des « Regards sur les Temples de la Franc-maçonnerie » à l’heureuse initiative des éditions la Pierre Philosophale, rend donc, par la Préface étendue de Jean-Marc Vivenza qui présente cette nouvelle édition – la première depuis 1935 – un hommage plus que mérité à une grande figure de la maçonnerie spiritualiste, qu’il importait, loin des caricatures que certains avaient édifiées sur Camille Savoire, de porter à la lumière…de la « connaissance ». |
catalogue des manuscrits maçonniques
des bibliothÈques publiques de france |
Jacques
leglise |
SEPP |
1984 |
Ville
après ville tous les documents sont répertoriés. Un
gros travail qui facilite le chercheur. |
CATHOLIQUES ET FRANCS-MAÇONS. ÉTERNELS
ADVERSAIRES ? |
PAUL
PISTRE |
ÉDITION
PRIVAT |
2011 |
Moins
secrète que discrète, la franc-maçonnerie nourrit d’étonnants fantasmes.
L’opinion française la connaît mal. Sait-on qu’aujourd’hui la maçonnerie
comporte un nombre important de loges en activité avec un effectif record de
frères et de sœurs, et ce dans toute la France ? Ou encore que le Grand
Orient de France, longtemps largement majoritaire, n’accueille que le tiers
des initiés, aux côtés d’autres obédiences plus confidentielles ? La
franc-maçonnerie est puissante, largement répandue et témoigne d’une capacité
d’évolution surprenante. Si l’Eglise romaine et la maçonnerie ont longtemps
été adversaire, plusieurs entretiens récents, oraux et écrits, très peu
médiatisés, témoignent d’un évident rapprochement entre clercs et maçons… Paul
Piste dévoile ces conversations inédites dans cet ouvrage et y livre une
définition de ce qu’est la franc-maçonnerie au XXIe siècle. L’auteur développe les sujets suivants :Le
Temple, la loge et l’obédience – une Eglise mal connue – les années sombres
qui pèsent encore – la première loge à Londres en 1717 – sous l’Ancien Régime
avec Napoléon 1e – les persécutions sous Vichy – l’œuvre des
chercheurs – les causes des condamnations pontificales – un antimaçonnisme
vigoureux et fréquent – les antimaçonnismes politiques, religieux et
populaires – une aurore prometteuse – le colloque de Toulouse de 1987 –
Rosario Esposito : un pionnier méconnu de la réconciliation
Eglise-maçonnerie – Quelques pionniers et prophètes – la famille spirituelle
la mieux connue de France - Aperçu sur les maçonneries voisines, en
Espagne, en Belgique, en Italie et en Angleterre – les juifs et la
franc-maçonnerie - les protestants - Catholiques et francs-maçons
de la G.L.N.F, du Grand Orient , du Grand Prieuré des Gaules, du droit
humain, et de la grande loge mixte universelle de Perpignan - le
théologien Jean Rigal – la libre pensée – effets pervers des condamnations –
la Bible, trait d’union entre catholiques et francs-maçons – l’Inquisition –
Mieux connaître les spiritualités maçonniques – vers un universalisme
maçonnique – Paul Pistre est historien. Enseignant dans l’école laïque
catholique, il a été membre actif du service incroyance-foi. Il a déjà publié
deux ouvrages, Francs-Maçons du Midi, maçonnerie biterroise et sociabilité
urbaine, du XVIIIe siècle à nos jours, ainsi que
Francs-Maçons à Toulouse, des origines à nos jours. Il
dirige depuis plus de 22 ans la revue : Lettre
aux catholiques amis des maçons. |
ce « g »
que dÉsigne-t-il ? |
Jacques
thomas |
ARCHÉ
MILAN |
2001 |
||
La lettre G est un
symbole maçonnique qui n’apparaît jamais seul. Il est souvent situé entre une
équerre et un compas entrelacés ou encore au centre d'une étoile à cinq
branches. Sa signification n'est pas précise et donne lieu à plusieurs
interprétations dont certaines sont fantaisistes. Ce qui est certain en
revanche, c’est que dans aucun texte maçonnique, G est l'initiale de Grand. La lettre G apparaît
dans les rituels maçonniques anglais vers 1730 puis est adoptée par les loges
françaises. Pour les Anglo-saxons, de tradition déiste, la lettre G est
l'initiale de God (Dieu en anglais)
et son interprétation est sans ambiguïté. Pour les Français, les rituels plus
modernes associent G à Géométrie, Génération, Gravitation, Génie et Gnose.
Ces cinq termes peuvent surprendre. Que viennent-ils faire dans les rituels
maçonniques ? Comme les autres
symboles, ils sont proposés à la réflexion du franc-maçon et prennent un sens
différent de leur signification convenue. La géométrie, l'art du trait
et de la construction, imprègne fortement la symbolique maçonnique dont les
outils : fil à plomb, équerre, compas… renvoient à la mesure et au
métier de bâtisseur, sources d’inspiration de la franc-maçonnerie moderne. Le
terme génération fait référence à la capacité de création que tout
homme possède en lui et sur tous les plans qu'ils soient intellectuels,
physiques ou psychiques. Gravitation fait référence au principe de
gravitation universelle découvert et théorisé par Newton au 18e siècle.
Transposée à l'Humanité, cette loi universelle s’appelle l'Amour et est
indissociable de la fraternité humaine. Elle rappelle le message chrétien
« aimez-vous les uns les autres » Par le terme génie, les
maçons du 18e ne font pas référence à l'intelligence supérieure, mais à la
capacité de l'esprit humain à s'élever et à se dépasser. Enfin, la Gnose renvoie
à la connaissance sacrée ou encore à la compréhension entière de la vérité du
Monde, but ultime de l'initiation. Les cinq
interprétations de la lettre G sont, pour le franc-maçon, autant de voies à explorer, non pas
seulement d’un point de vue intellectuel et objectif, mais suivant une
méthode spirituelle et subjective. Au-delà des mots, les cinq significations
de la lettre G renvoie à la place de l’homme dans la création, comme « l’homme
de Vitruve » de Léonard de Vinci, représentation bien connue d’un homme
harmonieusement placé au centre d’un cercle et d’un carré les pieds sur terre
et la tête dans les étoiles, tout comme la lettre G entre l'équerre symbole
de la Terre et de la matière et le compas symbole du ciel et de l'esprit. L’auteur décortique les sujets suivants : La pierre angulaire cruciforme, le diamant, l’équerre, la
tradition pythagoricienne, la triade, le nom de Dieu en Hébreu, le Gimel, le
Gamma, Nemrod et la tour de Babel. |
cÉlÉbration du bicentaire des grandes constitutions
de 1786 |
|
Le
Suprême Conseil pour la France |
1986 |
À
cette occasion trois orateurs, Baranger, Lasalle, Briens, nous rappellent les
grands axes de ces grandes constitutions qui sont la base de l’Ordre Ecossais
Ancien et Accepté. |
ces francs-maçons qui croient en dieu |
J.M.
merle & m. viot |
EDITION
DE LA PIERRE PHILOSOPHALE |
1995 |
Dieu…
les Francs-maçons… les termes semblent s’opposer, en particulier dans nos
pays latins. Les Français, dans leur majorité, n’ont peut-être pas l’exacte
mémoire des péripéties des luttes anticléricales, voire simplement des menées
antireligieuses de certains maçons qui ont conduit en 1905 à la Loi de
séparation des Églises et de l’État. Quelques-uns se souviennent cependant de
la querelle à propos de l’école libre de 1984 et du laïcisme militant de
quelques dignitaires de la Franc-maçonnerie française. Mais
ce que le grand public ignore, c’est que de tels maçons sont en rupture de
ban avec la Franc-maçonnerie universelle, forte de quatre millions de
membres, qui ne reconnaissent comme obédience régulière en France que la
seule Grande Loge Nationale Française. Or pour y entrer, il faut affirmer
solennellement sa foi en un seul Dieu révélé. Le
travail en loge et les méthodes mises en œuvre sont clairement définies et,
pour la première fois, les auteurs fournissent au public profane un exemple
d’utilisation de la Bible en loge maçonnique. |
chevaliers &
rose-croix |
g & r jamet |
EDITION
DU BORRAGO |
1994 |
||
Le signe de ce grade montre distinctement la voie du Ciel et de la Terre. Le mot sacré du grade est INRI qui peut être vidé de tous sens, tellement on pourrait en trouver. Il représente bien le mot formulé avec les initiales I.N.R.I, car le grade représente l’entrée dans la Loi nouvelle, passant de la loi juive à la mission évangélique. Les trois colonnes du Temple sont constituées « au nom de la très sainte et très indivisible Trinité » (aussi bien dans le rite moderne que celui de Kilwinning) et les trente-trois bougies du premier appartement rappellent les 33 années du Christ. La Passion du Christ se trouve copiée et renvoyée à des images symboliques de la maçonnerie, à savoir la pierre cubique à pointe qui sue sang et eau et qui soufre, (d’où l’analogie alchimique, mais dans le rite de Kilwinning la rose est bien fanée), l’étoile flamboyante, la géométrie. La rose maçonnique se trouve alors sacrifiée sur une croix au sommet de la montagne, par les trois équerres, les trois triangles et les trois cercles. Le reste de l’histoire dans ce grade ancien est une version maçonnique de la passion du christ pour retrouver l’étoile flamboyante et la Parole fut aussi retrouvée. Le symbolisme chrétien est si évident que de le nier paraît incongru, et à peine plausible au niveau du symbolisme en général. Même les verres sont appelés calice et la table autel. L’esprit de ce grade est qu’il s’agit d’un grade de chapitre ouvrant les grades philosophiques de la sixième classe. Les deux thèmes beauté et connaissance sont déjà depuis longtemps dépassés dans les grades précédents. L’image du Christ rédempteur est une image plus séduisante plus que le christ en croix qui n’inspire en fait qu’une image morbide d’un homme crucifié par ses semblables. Sortie de toute Eglise, la version alchimique où l’on trouve sur la même croix parfois un serpent, symbolise effectivement la matière, l’oeuvre en cours de réalisation par sublimation des éléments, mais il s’agit là d’un travail peu élaboré qui ne sied pas au grade en question. Soit, un athée peut utiliser le symbolisme alchimique et cabalistique. Mais l’essence initiale et originelle du grade est chrétien quoi qu’on en dise et quoique certains trafiquent. Le chevalier Rose Croix l’est par Jéhovah, le nom incommunicable qui, parmi les juifs, signifie l’immutabilité de Dieu. Tout dans ce grade rappelle l’essence chrétienne, évangélique. Il n’y a rien à tenter ; car c’est ainsi. Affirmer autre chose n’est que poudre aux yeux. Pour tous ceux qui cherchent vraiment à comprendre l’écossisme, il ne fait guère de doute qu’il s’agit d’un symbolisme |
CHATOYANT
SONT LES 33 DEGRḖS DU R.E.A.A. |
Serge van Khache et J. M. Cybart |
Edition Dervy |
2017 |
||
Le chat était l'un
des nombreux animaux dont les attributs furent vénérés dans l'Égypte antique.
Le chat était le symbole de protection. En effet, le chat était un animal
très bénéfique pour les égyptiens : en chassant les petits rongeurs, les
chats protégeaient les silos à blé des Égyptiens, une ressource alimentaire
vitale pour ce peuple. Les chats éliminaient aussi les rats, et les maladies
propagées par ceux-ci (peste, …). Les chats chassaient également les
serpents, rendant plus sûr les foyers situés dans le territoire du chat. Le
chat deviendra également, par la suite, un animal de compagnie réputé, pour
sa douceur, sa grâce, … Le culte du chat atteindra son apogée lorsque les
chats seront perçus comme l'incarnation de la déesse Bastet. Dès le IIIe
millénaire av. J.-C., les Égyptiens ont apprivoisés le chat. Depuis, le chat
est omniprésent dans l'Égypte antique, que ce soit dans la vie quotidienne
(animal de compagnie et de protection), ou spirituelle : le chat est tout
d'abord l'avatar du dieu Rê en tant que pourfendeur du serpent Apophis. Et,
chaque temple possédait ses propres chats. Le chat, comme les autres animaux
sacrés, avait un statut particulier dans la société égyptienne, et par
conséquent ne pouvait ni être tué, ni maltraité, au risque de sanctions
pouvant aller jusqu'à la condamnation à mort du contrevenant. Le chat, en
tant qu'animal sacré, sera vénéré en tant qu'incarnation de Bastet, ce qui
explique que les Égyptiens momifieront des milliers de chats, retrouvés dans
des cimetières de chat. On trouve également le chat représenté sur de
nombreux vases, bijoux et vaisselle, ainsi que dans les peintures. Et, en cas
de décès d'un chat, selon Hérodote, la famille était en deuil -durant 70
jours -et se rasait les sourcils, en signe de tristesse. Présent bien avant
l'avènement du Nouvel Empire, vers -1500 avant JC, le culte du chat a pris de
l'ampleur lorsque Sheshonq Ier, qui régna de -945 à -924 développa la ville
de Bubastis, chef-lieu de la déesse Bastet, située à l'est du delta du Nil.
Près du centre de la cité, on pouvait voir le temple de Bastet. Dans la cour
se trouvait une allée d'arbres, qui exposait une statue massive de Bastet,
ainsi qu'un nombre important de chats sacrés dont les prêtres s'occupaient
grâce aux dons des pèlerins. Ces chats, s'ils étaient très respectés, n'en
restaient pas moins nombreux, et un sacrifice périodique était organisé. Les
chats sacrifiés, la plupart du temps des chatons, étaient ensuite bénis et
momifiés, puis vendus comme reliques sacrées. Le culte de Bastet sera
officiellement interdit par décret impérial, vers -390. Le chat en Égypte a
donc vu un déclin progressif de son intérêt, bien que resté en tant qu'animal
de compagnie, il n'était plus adoré dans les temples. Et, de nos jours, le chat
n'a plus l'importance qu'il avait d'antan notamment à cause des maladies,
comme la peste, qu'il véhicule. |
chroniques maçonniques |
Jacques normand |
à L’Orient |
1999 |
||
Ce phénomène est – il faut le
redire – exclusivement britannique : en France, par exemple, les
compagnonnages ne se sont pas transformés en franc-maçonnerie. L’Écosse est
au cœur de cette mutation, à partir de l’extrême fin du XVIe siècle et
tout au long du XVIIe. La date la plus ancienne dont nous puissions faire
état pour ce qui va devenir la franc-maçonnerie est 1599. Cette année-là,
William Schaw, maître des bâtiments du roi à Edimbourg donne de nouveaux
règlements aux maçons. Ces « Statuts Schaw» présentent une conception
nouvelle de la loge qui va devenir celle que nous connaissons encore
aujourd’hui. Elle n’est plus liée à un chantier forcément temporaire, mais se
voit dotée d’une personnalité morale et pérenne. C’est aussi de 1599 que date
le premier procès-verbal dont nous disposons, en l’occurrence le compte rendu
des travaux de la Loge d’Aitcheson’s Haven – un hameau sur la côte, à une
dizaine de kilomètres à l’est d’Edimbourg – le 9 janvier 1599. À partir
de cette date, toute une série de documents font la jonction avec la
franc-maçonnerie actuelle.
Derrière ces débats se cachent
aussi des présupposés idéologiques : les partisans de la continuité
sont souvent influencés par le philosophe René Guénon, qui estime que la
dimension initiatique de la maçonnerie vient de cette expérience de
confrontation à la matière des maçons d’autrefois. Si ce lien n’existait
plus, la dimension initiatique de la franc-maçonnerie disparaîtrait.
Inversement, ceux qui considèrent que tout a été créé au XVIIIe siècle
perçoivent la maçonnerie comme un produit de la philosophie des Lumières.
L’historien que je suis estime que la vérité se situe entre les deux :
s’il est clair que la première Grande Loge en 1717 correspond à un esprit et
à un projet nouveau, les matériaux qu’elle utilise sont incontestablement
directement tirés des traditions des maçons de métier, alors encore bien
vivantes. |
comment travaillent les
francs-maçons ?
- N° 22 - |
Jean onofrio |
LA
MAISON DE VIE |
2007 |
Lorsque
des Frères ou des Sœurs appartenant à la Franc-maçonnerie initiatique se
réunissent, ils célèbrent une « Tenue ». Que signifie ce terme, à quelles
réalités spirituelles et symboliques correspond-il, pourquoi garde-t-il toute
sa valeur ?
|
comprendre les francs-maçons |
Jean saunier |
EDITION Ivoire Clair |
1999 |
Ce
livre présente un panorama historique de la Franc-maçonnerie moderne et de
son rôle au fil des siècles.
Sans
prétendre à des « révélations » spectaculaires plus ou moins fondées, il aborde
en détail la description et la signification symbolique profonde du serment
maçonnique, de l’initiation ainsi que des grades les plus représentatifs. Il
se garde toutefois d’en tirer des conclusions figées, tentant au contraire de
replacer chaque période dans son contexte historique, suivant le principe qui
veut qu’un corps social quel qu’il soit, et encore plus un groupe qui
revendique pour lui-même le secret, n’existe qu’au travers de ses membres,
eux-mêmes vivant au sein d’une société dont ils forment un microcosme. |
compte rendu de la 12ème confÉrence
internationale des suprÊmes conseils du r.e.a.a. |
|
Le
Suprême Conseil pour la France |
1980 |
Lors
de cette conférence des Suprêmes Conseils à Paris en 1980, des conférenciers
de talent ont évoqué le R.E.A.A., son mysticisme, sa spécificité et ce qu’il
peut apporter dans la vie de chacun. Un
excellent ouvrage qui explique la spécificité de ce rite et son merveilleux
parcours initiatique et spirituel |
confession d’un grand commandeur de
la franc-maçonnerie |
Charles
riandey |
EDITION
DU ROCHER |
1989 |
Décédé
en 1976, Charles Riandey, initié à la Grande Loge de France en 1917, membre
du Suprême Conseil de France en 1930, Grand Secrétaire de la Grande Loge de
France en 1931, Grand Chevalier du Suprême Conseil de France puis Souverain
Grand Commandeur en 1961, nous a laissé ses mémoires. |
considÉrations sur la maîtrise –
3e DegrḖ |
Marcel
spaeth |
Détrad |
1997 |
Sont expliqués, dans cet ouvrage destiné aux Maîtres : Chapitre I – La sapience du Maitre – Les arts libéraux – l’escalier
à vis et le retour en arrière – la rosace – Grammaire, arithmétique, musique,
astronomie, géométrie, rhétorique et dialectique – l’arbre séphirotique
adapté à la Franc-maçonnerie – Chapitre 2 – La légende d’Hiram – Poème épique – Réception d’un
profane – Chapitre 3 – Les mors, leur sens, leur écriture et leur étymologie
- Thubal-Caïn – Moabon – Mac Benah – Giblim – Hiram – Gabaon – Chapitre 4 – Les tapis de la chambre du milieu, en tenue de travail
et en Tenue de réception – L’équerre et le Compas – le Tétragramme – le signe
des chairs – le Tertre et l’acacia – Les Nombres en maîtrise, ceux du
compagnonnage et ceux de l’apprentissage – Chapitre 5 – La Maîtrise et la magie – ouverture des
travaux – Effets de l’assiduité – la circumambulation – Passage du
récipiendaire par la mort – Nécromancie – imposition de l’épée flamboyante –
la putréfaction alchimique – le geste de détresse – la batterie d’allégresse
– le port du chapeau – Chapitre 6 – L’Etoile Flamboyante en Maîtrise – le
« Yin-Yang » -L’Androgyne alchimique - |
CONSTRUIRE LE TEMPLE AUJOURD’HUI |
.
Behaeghel - Bruno Etienne - J. Fontaine - F. Figeac – I. Mainguy |
Édition
MAISON DE VIE |
2008 |
||
Irène Mainguy, rappelle ce que veut dire « initiation », mot inconnu ou non pratiqué
jusqu’en 1801, où ce mot apparaît dans le régulateur du maçon, et qui sera
officialisé en 1826, avant cette date on parlait de recevoir ou faire un
maçon. La finalité étant la même que de nos jours, à savoir « faire
un nouvel homme », avec la mort du vieil homme, la renaissance, le
passage de l’ombre à la lumière, le passage de la captivité à la libération
ou du sommeil à l’éveil. François Figeac pose la question « Qu’est-ce-que la Franc-maçonnerie initiatique » ?
C’est évidemment la construction du Temple. Temple commun à tous les initiés,
mais par la magie de la méthode cette œuvre provoque la transformation de
chacun qui ainsi se construit son propre temple, à l’image de la perfection
du Temple de Salomon. Bruno Etienne donne sa version de la Maçonnerie : Société initiatique fondée sur des mythes, qui pratique
des rites et qui utilise des symboles. Pour lui il y a société
initiatique lorsque les 10 variables suivants sont réunis, après acceptation
des mots, rites, symboles et mythes : 1/ Une légende de
base justifiant le rite. 2/ Un dépouillement physique vestimentaire
accompagné d’une réclusion. 3/ La présence d’époptie dévoilée pour la
contemplation des symboles et des mytho-drames, c'est-à-dire le rite
fondateur. 4/ La présence des éléments. 5/ Un ou plusieurs voyages
unidirectionnels. 6/ Un rapport chute-élévation. 7/8 Une guidance,
c'est-à-dire une utopie voire une eschatologie. 9/ Une uchronie 10/ Une
eurythmie en rapport avec les types de temps et d’espace séparés donc sacrés.
11/ Des épreuves physiques réelles ou symboliques, liées au passage, à la
mort et à la résurrection. Julien Behaeghel nous explique les outils et le message de la Franc-maçonnerie. Pour lui le
message est simple « Refaire notre unité
par le symbole initiateur »,
en refaisant cette unité nous reconstruisons le temple du monde qui est en
réalité celui de l’Homme, le macrocosme n’étant que le reflet du microcosme.
Hermès Trismégiste nous ayant transmis cette grande pensée, faut- il en
prendre conscience et œuvrer dans ce sens. Jacques Fontaine termine ce colloque en posant la question
« Quel message et pour quel
avenir ? » C’est un
message pessimiste qu’il nous délivre, en arguant du fait que la Franc-maçonnerie
est en perdition compte tenu de la qualité des initiés et de leur peu
d’enthousiasme à étudier la symbolique et à s’interroger sur eux-mêmes. Il
délivre son message, qui est le suivant : Si on veut changer, et ainsi
sauver la Franc-maçonnerie, appliquons le principe ou l’adage, vieux comme le
monde « Connais-toi toi-même »,
cet adage étudié par exemple par les bouddhistes et d’autres sociétés
initiatiques. |
CONVERSATIONS ÉCOSSAISES |
Bernard
GUILLEMAIN |
Edition
TREDANIEL |
1996 |
C’est une conversation continue sur la maçonnerie avec la fraternité, les mythes fondateurs de l’Ecossisme et du suprême conseil avec le St Empire, la symbolique profane et écossaise et son éthique. Il
parle longuement de la devise Ordo ab Chao et Deus Memque Jus, sur le Saint
Empire qui lui tenait à cœur et sur cette transmission scalaire et
alchimique. Le
REAA a pour but de développer et d’approfondir les enseignements de la
Maçonnerie de Saint-Jean. En se référant aux traditions initiatiques et
spiritualistes, il place ses travaux sous l’égide du Grand Architecte de
l’Univers. Il engage ses membres à s’intéresser aux problèmes importants de
l’humanité, et à s’investir pour la défense de la tradition culturelle et le
bien constant des hommes. Les enseignements du REAA incitent ses membres à
comprendre, mettre en oeuvre et établir l’amour du prochain, les droits et la
dignité de l’homme. Ils doivent également s’engager pour la défense de la
liberté de pensée et de croyance et combattre l’ignorance, la superstition et
le despotisme. Le REAA n’impose aucune limite à la libre recherche de la
vérité. Pour garantir à chacun cette liberté, il exige de tous ses membres
une tolérance active. Le REAA attend de ses membres un engagement ferme et
désintéressé pour l’amélioration de la société et de l’Etat et pour garantir
à tous les hommes une existence dans la dignité, la paix et la liberté. Bernard était membre du Suprême conseil pour la France depuis plus de 50 ans, il nous a quitté en 2002. Qu’il repose en paix. |
crÉation et histoire du rite Écossais rectifiÉ |
Jean
urcin |
Edition Dervy |
1994 |
Cette
recherche historico maçonnique nous conduit du début du christianisme à J. B.
Willermoz et à l’écossisme contemporain. Ce nouvel éclairage apporte un
complément aux ouvrages de Jean Tourniac. A l'heure où la Franc-maçonnerie
connaît un regain d'intérêt, Jean Ursin s'est livré à un minutieux travail de
recherche sur le Rite Écossais Rectifié, afin de mieux en cerner les
origines. Ses recherches nous conduisent des débuts du christianisme à Jean
Baptiste Willermoz (1730-1824) et à l'écossisme contemporain. L'auteur,
privilégiant la clarté et la simplicité, nous offre ici une histoire
exhaustive du R.E.R qui complète les ouvrages de Jean Tourniac sur ce sujet
et apporte les éléments indispensables à la compréhension de la
franc-maçonnerie d'aujourd'hui |
D
dÉcors & usages |
|
GLNF |
2002 |
À
l’intention des membres de la Grande Loge Nationale Française. |
DE LA PORTE DES HOMMES A LA PORTE DES DIEUX Cérémonie solsticiale de la Saint-Jean d’été |
Alain Pozarnik |
Edition Dervy |
2014 |
||
Toute vie, même en ce monde terrestre, est replacée, par les initiés dans un mouvement perpétuel, ils vibrent dans une authentique relation avec la création, cette création est peut-être loin des idées que les hommes ordinaires s’en font mais grâce à leur nouvelle conscience, ils deviennent plus justement l’homme aboutit promis par la création. Le grand secret de la vie que nous allons aborder dans la cérémonie solsticiale de Saint Jean, consiste, par l’observation de la nature à trouver cette porte qui donne accès à la mystérieuse réalité sous-jacente, ainsi nous passerons de la porte des hommes à la porte des dieux. Au sommaire de cet ouvrage de 340 pages : Cérémonie de Saint-Jean d’été au Rite Écossais Ancien et Accepté de la Grande Loge de France - -Le V.M : Frère Maitre des cérémonies, veuillez donner l’entrée du Temple… -LE V.M : Mesdames et Messieurs, mes sœurs et mes frères, veuillez prendre place - Mes sœurs et mes frères, nous allons maintenant célébrer la fête de saint j jean -Le V.M : Frère second surveillant, quel est le but de notre rassemblement de ce jour ? -Le V.M : Frère orateur, pourquoi les francs-maçons célèbrent –ils cette fête à cette époque de l’année ? -L’orateur : En cela, nous perpétuons les traditions des corporations de métiers romaines… Aujourd’hui, nous voici ensemble pour franchir la porte solsticiale d’été… -Le V.M : Frère secrétaire, d’où venez-vous ? -Le secrétaire : Cet Evangile est essentiellement l’évangile de la connaissance… -Le V.M : Veuillez vous lever, mes sœurs et mes frères - : Frère second surveillant de quel présent symbolique disposez-vous ? - : Le blé recouvre t-il d’autre sens, mon frère second surveillant ? - : Qu’en concluez-vous frère second surveillant ? : Frère premier surveillant, de quel présent symbolique disposez-vous ? - : Peut-on considérer que le cycle soit complet, frère premier surveillant ? -Le V.M se saisit du parchemin qui est devant lui et le montre à l’assemblée tout en disant : Avant de nous séparer, je vous invite, mes sœurs et mes frères à entrer dans la chaîne d’union qui symbolise l’Amour entre tous les hommes de la Terre, puis Remerciements du V.M à tous les assistants d’avoir participé à cette cérémonie. |
DE LONDRES A
SAINT-PETERSBOURG : CARL FRIEDRICH TIEMAN (1743-1802) AUX CARREFOURS DES COURANTS ILLUMINISTES ET
MAÇONNIQUES
|
Antoine
Faivre
|
Ed.
Arché - Edidit
|
2018
|
Attachante
figure de l´Illuminisme et de la Franc-Maçonnerie dans le dernier tiers du
XVIIIe siècle, Tieman est compagnon de route, colporteur de nouvelles,
émissaire, intermédiaire, voyageur à la curiosité toujours en éveil,
épistolier à la plume - tant française qu´allemande - élégante et féconde.
Suivre cet itinérant à l´esprit cosmopolite nous fait parcourir une galerie
de personnages, les uns peu connus, d´autres qui le sont davantage mais que
nous retrouvons en retouchant du même coup l´image que nous nous étions faite
d´eux et de leurs entours. Né non loin de Berlin dans une famille imprégnée
de spiritualité piétiste, et dès l´adolescence sujet d´expériences
visionnaires, il poursuit à l´université de Wittenberg des études historiques
et philologiques poussées. Puis, très apprécié par l´Impératrice Catherine
II, il exerce pendant de nombreuses années l´activité de ‘gouverneur´ - tuteur
chargé d´accompagner de jeunes nobles russes dans leur ‘Grand Tour´ ou voyage
de formation. Les longs déplacements que cela implique favorisent son
insertion dans un espace de circulation et de sociabilité qui englobe la
Franc-Maçonnerie proprement dite et ses satellites ou dérivés de type
néo-rosicrucien ou swedenborgien, ainsi que certains lieux d´élection du
magnétisme animal.
En
phase avec la culture et la mobilité des élites d´alors, cet espace est
structuré en réseaux que constituent tant les messages échangés entre membres
dispersés aux quatre coins de l´Europe, que des instances institutionnelles
(loges, Obédiences, Systèmes ou Ordres para- ou péri-maçonniques). Circuler,
comme Tieman, d´une instance à l´autre - les ‘visiter´ - contribue à dynamiser
une vaste nébuleuse qui se déploie de façon réticulaire. Comme placé d´emblée
au sein de deux principaux ‘bureaux de correspondance´ rivaux (l´un, à Lyon,
autour de loge La Bienfaisance ; l´autre, à Paris, autour de celle des Amis
Réunis), cet ami intime de Louis-Claude de Saint-Martin sillonne l´Europe en
tous sens - un de ses longs séjours en Russie étant, notamment, marqué par
son rôle dans l´organisation du Régime Écossais Rectifié à Saint-Pétersbourg.
Le présent travail repose, pour l´essentiel, sur des matériaux
(principalement en français, allemand et russe) tirés de Fonds d´archives
dispersés à travers le Continent.
On
trouve donc ici, transcrits et commentés, jusqu´alors inédits dans leur
grande majorité, tant ses riches échanges épistolaires - avec, en
particulier, Jean-Baptiste Willermoz, Savalette de Langes, Johann Caspar
Lavater, César de La Harpe, Frédérique Sophie Dorothée de Wurtemberg - que
nombre de documents portant sur ses rapports avec des contemporains, dont
Johann Georg Hamann et certaines des principales figures de l´IIluminisme
russe. Se trouvent ainsi revisités divers aspects de la vie associative
(sociétés initiatiques, courants ésotériques) et de la sensibilité
préromantique dans les dernières décennies de l´ère des Lumières.
|
DE LA ROSE A L’ḖPḖE – RḖFLEXIONS SUR LES HAUTS GRADES DU R.E.A.A. |
André Moser |
Edition Create space |
2015 |
||
Il convient également de se demander si le
rituel du 4ème degré s’adresse à l’homme de manière totalement
sécularisée, celui voyant dans les notions mises en avant la concrétisation
de qualités humaines indéniables ou, au contraire, s’il interpelle l’homme
dans ce qu’il a de plus mythique, de plus mémorial, bref dans ce qu’il a de
plus supra-humain ? De sorte qu’il soit possible, là aussi, de se
demander si l’initiation relève d’un phénomène culturel ou si, à l’inverse,
elle s’inscrit dans une pensée du métaphysique dont les modalités
contre-culturelles transporteraient et transposeraient le corpus référentiel
initiatique dans un temps a-historique, en somme mythique et traditionnel,
sans pour autant tomber dans le double travers d’une métaphysique exacerbée
et hyper-théorique qui pourrait amener à négliger l’homme dans sa faculté
d’acculturation métaphysique et, par voie de conséquence, lui ôter la
possibilité de se penser et de s’intégrer dans le champ de ce possible
métaphysique régénérateur et libérateur. Le rituel du 4ème
degré souligne la dimension équivoque de la vie et du destin de
l’homme : comment articuler la signification et l’efficacité de notre
existence si ce n’est en essayant de toucher, de sonder à la fois les limites
du rationnel et l’infini de l’irrationnel ? Le Devoir propose une
ouverture sur le mystère de l’Etre. Recherche d’une intériorité, d’une
« lumière intérieure », il est une expérience vécue et inspirée qui
ouvre la réflexion et libère la pensée. Si l’on admet même que l’initiation
relève de l’ordre de la Grâce, on a alors le sentiment intime qu’avec
la pleine compréhension du Devoir se profile une voie de salut ; qu’une
perspective de libération est ainsi offerte à l’Homme. Le 4ème
degré est l’étape probatoire qui doit faire retrouver la Parole qui fait
vivre après le temps de l’oubli sclérosant de cette dernière. Hiram est mort
mais l’Acacia restait, ainsi que les cinq points de la maîtrise qui sont les
vestiges de cette mémoire enfouie. Il s’agit, pour l’heure, de renouer avec
le dépôt sacré de la Tradition en rassemblant ce qui est épars, en interrogeant
les indices laissés à la disposition du maître orphelin de ses
origines. Rester humain, trop
humain, ce serait, en fait, renoncer à emprunter le chemin vers la Vraie
Lumière ; ce serait refuser d’entreprendre de sonder la relation
complexe qui unit le Fini et l’Infini, le Visible et l’Invisible,
le Créé et l’Incréé, le Relatif et l’Absolu, le Temporel
et l’Eternel. On pressent très bien que le travail de sublimation
opéré par le franc-maçon dans sa quête d’espoir d’une réappropriation de soi peut
le dépasser à bien des égards. Mais c’est bien parce que la quête nous
dépasse, qu’elle échappe même à tout entendement humain, -mais cela ne
signifie pas que l’on doive se refuser à soi-même la portée symbolique des
principes initiatiques exposés-, que naît chez le cherchant la
conviction intime d’un principe ineffable. De ce fait, il paraît
opportun de mettre en liaison étroite l’idéal de Perfection proposé aux francs-maçons
avec la signification symbolique du Temple de Salomon en tant que support
référentiel omniprésent en loge de Maître Secret. Temple qui, non seulement,
est le symbole de l’univers dans son infinitude, mais dont l’une des
restitutions symboliques tend à démontrer que l’Homme en est à la fois image
et partie tentant d’en percer le mystère ! En ce sens, le Temple de
Salomon devient le théâtre et la cristallisation d’un symbole figuré et
transfiguré qui porte en germe la recherche d’une harmonie, en accord avec
une vision de perfectibilité. Et l’on ne peut occulter de notre propos
l’importance fondamentale des trois piliers constitutifs du projet
architectural du Temple. Le soutien mystérieux qu’ils procurent à l’édifice
s’assimile, du reste, aux trois piliers du Temple symbolique que représente
l’Homme, à savoir Force, Beauté, Sagesse. Seulement, l’idée d’achèvement,
donc de Perfection, est intrinsèquement liée au quaternaire. Quaternaire
primordial en tant que principe de vie, mais également quaternaire
géométrique dans l’élaboration d’une quadrature du cercle,
c’est-à-dire d’une incorporation de l’esprit. Les notions de Devoir
et de Perfection apparaissent donc au cours d’un processus initiatique où le
corps est investi par l’Esprit, dans l’affirmation d’un Etre complètement
unifié, devenu sens et conférant du sens. Mais ceci démontre que la
Perfection, l’exigence de Perfection, dans cette quête d’un quaternaire
obligé, devient le quatrième pilier du Temple ; quatrième pilier que
l’on retrouve, au demeurant, dans nombre de traditions. Mais ce quatrième
pilier, invisible et axial par nature, doit être regardé comme un symbole du
soutien universel. Son axialité fait référence à l’existence d’un centre
suprême par rapport au monde. Or, ces 3 + 1 piliers qui forment une matrice
initiatique universelle, ont pour objet de relier le monde à un Absolu
métaphysique. C’est pour cette raison que le quatrième pilier invite à
une réflexion d’ordre métaphysique. C’est pourquoi il est difficilement
envisageable de concevoir l’initiation sans une portée hautement spirituelle.
De ce fait, le quaternaire qui donne corps à la notion de Devoir et qui
concrétise celle de Perfection, semble orienter la démarche du franc-maçon
vers une conception du Divin. En effet, la somme 1 + 2 + 3 + 4 qui
totalise 10, la décade, symbolise la Perfection tout en étant regardée comme
la Clé de l’univers. Le quaternaire devient chiffre sacré du monde
puisque finitude de celui-ci. Mais, il est aussi à égale distance de l’unité
impénétrable du Un et du Septénaire divin. On voit bien alors
que l’idéal de Perfection à atteindre n’est pas une finalité mais bien une
étape au sein d’un processus d’ordre ascensionnel. Par ailleurs, le quatrième
pilier est invisible car d’inspiration transcendante, ce qui autorise un
questionnement de dimension ontologique. La loge de Maître
Secret, on le constate, expose toute la problématique de la Tradition
Primordiale et de l’état primordial de l’Homme. Cela pose, en substance,
la question de la réalité hypothétique de la véritable Maîtrise, en
relation avec la Parole Perdue et la recherche de la Vérité, et l’émergence
finale du Maître réalisé en tant que redécouvreur de la Parole. Dès
lors, le Maître réalisé, d’intermédiaire initiatique entre Terre et Ciel,
entre équerre et compas, s’identifie pleinement à ces différentes entités. Le
Temple de Salomon se transforme en Temple universel métaphysique, tandis que
le maître tend vers le Maître réalisé par le biais d’une transformation
d’inspiration, là aussi, ontologique. A la lumière de ces
éléments, on comprend que le Devoir du Maître Secret ne relève pas d’un
simple état d’esprit, d’une manière d’être, encore moins d’une morale voire
d’une éthique se nourrissant d’une pensée sécularisée et profane. Sa pleine
compréhension tendrait plutôt à démontrer le contraire puisque le rejet de la
chose métaphysique aurait pour conséquence directe la perte du sens de l’idée
de Devoir dans ce qu’elle renferme de plus initiatique. Son refoulement
interdirait même toute réflexion cohérente sur le devenir du maître. En
effet, comment concrétiser l’union du plan corporel et du plan spirituel,
envisager la possibilité d’un invisible intérieur à sonder, sans le langage
et la connaissance appropriés ? L’argumentaire rituel de la loge de
Maître Secret n’a pas pour objet de fabriquer une sorte de surhomme athée et
nihiliste, déniant l’efficacité spirituelle des mythes fondateurs des cosmologies
traditionnelles, croyant au simple progrès de l’homme par l’homme et pour
l’homme. Que signifierait, dans ce contexte culturel particulier, celui de la
modernité contemporaine, celui de l’humanisme athée, la notion de Tradition,
et qu’aurait-elle à apprendre à l’Homme, à des hommes orphelins de leurs
origines ? La voie de libération du Maître Secret ne repose pas
sur l’idée d’une liberté absolue et sans concession, en somme d’un
libre-arbitre exacerbé ! Le rituel du 4ème degré est là pour
prouver que la prétendue autonomie ontologique de l’homme est un leurre. En
terme philosophique, l’initiation stigmatiserait l’impasse existentialiste de
notre monde moderne ; un monde, au demeurant, en panne de sens et en
proie au désenchantement. De ce fait,
l’incapacité à connaître spirituellement est un obstacle majeur de la voie
libératoire du Devoir. D’où l’intérêt d’en appeler à un outil spéculatif
intellectuellement original, en l’occurrence l’outil ésotérique,
celui-là même qu’utilisent tous les systèmes traditionnels, pour tenter de
réinvestir au mieux le champ du spirituel laissé vacant par les consciences
et les intellectualités modernes. En effet, l’ésotérisme incite à la
découverte d’un sens caché à toute chose en révélant les traces insoupçonnées
d’une tradition originelle qui remémore en chaque homme l’idée d’une vérité
absolue. Ne parle-t-on pas d’unité transcendante des religions, mais
aussi d’unité transcendante des traditions ? Certes, il est difficile de
penser initiatiquement du fait de la complexité des différents niveaux de
signification du discours initiatique. Mais justement, par l’acquisition
progressive et graduelle d’une intelligence ésotérique, et en s’imposant l’ascèse
comme discipline intellectuelle et spirituelle, le Maître Secret peut s’attacher
à intérioriser quelque chose qui échappe à l’entendement humain. Grâce à
l’outil ésotérique, il peut entrevoir les principes d’une compréhension
intérieure des messages traditionnels comme il peut prendre conscience que le
nom Mac Benah, artificiellement composé par la science des hommes, ne
pouvait restituer toute la Science de la véritable Parole. Parole qui déborde du
cadre hiramique, Parole qui, dans son sens le plus profond, ne serait autre
que le véritable nom du Grand Architecte de l’Univers, les trois mots
sacrés du grade, Iod, Adonaï et Jahvé, préparant incontestablement à cette
éventualité, à cette découverte du Grand Nom. Omniprésent, même de
manière voilée, son nom ne serait-il pas l’authentique mot sacré du grade de
Maître ? La recherche de la Parole Perdue ne serait-elle donc pas la
recherche du nom du Grand Architecte de l’Univers par lequel il peut être
invoqué ? La Parole retrouvée ne serait-elle pas à rechercher, comme
beaucoup d’éléments convergents le laissent à penser, dans le passage du Tétragramme,
le nom ineffable de Dieu, Iod-Hé-Vau-Hé, au Pentagramme ineffable,
c’est-à-dire dans le nom hébreu –ou dans le nom ésotérique- de Jésus, Yeshoua,
Iod-Hé-Schin-Vau-Hé ? A la lecture ésotérique de cet ensemble de
données, n’accédons-nous pas au cœur du véritable secret maçonnique ?
Evidentes, alors, sont les correspondances que le rituel de Maître Secret
entretient avec la Kabbale et une Kabbale chrétienne associée au
néoplatonisme de la Renaissance, ou bien avec les ésotérismes traditionnels
qui exaltent l’ascension spirituelle du Corps mystique et de l’Esprit
régénéré, et la montée vers l’Un ou l’unité principielle. On pense,
notamment, à cette vérité du soufisme qui voit dans la quête intérieure le
chemin ascensionnel de la Lumière vers l’Unité, ou à la lettre Z du
grade de Maître Secret qui est l’initiale de Ziza qui se traduit par Splendeur,
mais également de Zohar qui se traduit, lui aussi, par Splendeur ?
|
DEMANDER LA CLḖ AU CAFḖ DES INITIḖS |
J. M. Pétillot |
Edition du Midi |
2016 |
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L’auteur
ancien GM de la GLTSO, nous offre ici un essai sous forme d’Ennéade de portes
s’ouvrant sur son passé. 9 expériences vécues au cours de sa vie, nous fait
découvrir son parcours maçonnique qu'’il nous raconte avec un symbolisme
surréaliste, humoristique et réaliste. C’est à une lente et progressive
découverte de l’Autre de soi-même que l’auteur nous livre à l’aide d’une
écriture fulgurante et énigmatique. Au
sommaire :
1e porte : du passage sous le bandeau -
2e porte du cabinet de réflexion -
3e porte : de la mort -
4e porte : du miroir
et du Temple - 5e porte : Des droits et
des devoirs. Il existe une communauté d’intention et de pensée entre la Franc-maçonnerie et les Compagnons dits
‘’du Devoir’’ - 6e porte : des
rencontres inopinées - 7e porte : de la mémoire
de l’événement - 8e porte : du retour au
passé - 9e porte : la réalité
dénaturée - |
des origines du grade de maÎtre |
Goblet
d’alviella |
EDITION
TREDANIEL |
1984 |
L’histoire
de ce grade est capital ; par lui, le franc-maçon acquiert la plénitude
des droits et devoirs maçonniques. Mais à quelle période de l’histoire
apparait-il ? Pourquoi a-t-il été créé ? Quel est son
symbolisme ? Pour
répondre à ces questions, il suffit de lire cet excellent ouvrage de Goblet
d’Alviella. D’où vient d’abord cette légende ? Paul Naudon autre
historien en maçonnologie, nous précise que nous le devons au moine
bénédictin Walafrid Strabon (IXe siècle) qui dans ses œuvres, l’aurait
rédigé telle que nous la connaissons aujourd’hui, il fit du bronzier Hiram
(Livre des rois 5), le Maître par excellence. Dans
les légendes opératives à partir du XIIIe siècle, nous ne trouvons pas
grand-chose ; c’est à partir de 1680 qu’Hiram recommence à être
mentionné dans le manuscrit « Tew » et le manuscrit
« inigo Jones », mais c’est surtout en 1711, soit 6 ans avant la
création de la Grande Loge d’Angleterre, que nous trouvons un 3e
grade (Maître), il est rédigé sur une feuille d’un manuscrit du (Trinity
Collège Dublin) et porte la mention « maçonnerie, Février 1711 ». Pour
les Franc-maçon du XXIe siècle, Hiram est un symbole moral ; c’est
l’homme de bien persécuté, le penseur bâillonné, l’inventeur méconnu. C’est
Job sur son tas de fumier, Prométhée sur son rocher, Jésus sur la croix,
Molay sur son bûcher, ce sont les martyres chrétiens jetés aux lions du
cirque à Rome, les hérétiques et les philosophes suppliciés par les bourreaux
de l’inquisition, les intellectuels précipités dans les mines de Sibérie,
c’est tout libérateur qui souffre et tombe pour une juste cause et comme le
dit le grand Dieu Osiris en Egypte : « Depuis
que j’ai reçu la grande blessure, je suis blessé dans toute blessure ». Hiram
tout en étant le juste, est également la justice, il est la liberté violée,
la civilisation anéantie par les barbares, la culture morale et
intellectuelle d’un peuple combattue par la superstition et le fanatisme. Tel
sont en substance les enseignements de ce grade, mais lisons ce que nous en
dit l’auteur dans ce livre, qui nous révèle des trésors, quant à l’origine de
la légende, du grade et de son enseignement. Au sommaire de cet ouvrage : La Maîtrise dans la franc-maçonnerie de pratique
- L’initiation maçonnique pendant la période de
transition - Le troisième degré dans la maçonnerie
spéculative, la légende et le rituel - Origine
psychologique de la légende - Les antécédents
historiques de la légende - Formation et introduction
du rituel - Philosophie du troisième degré - |
DES PLUMES DANS L’ENCRIER MAÇONNIQUE |
Divers Auteurs |
Edité par l’Institut maçonnique de France |
2013 |
||||
|
deux siÈcles de maçonnerie en roussillon 1744 –
1945 |
Jacques
mongay & p.R. baldie |
EDITION Les Presses Littéraires |
2003 |
Ce sont deux siècles de maçonnerie dans les
Pyrénées-Orientales avec les noms des loges, leurs histoires et les divers
maçons qui s’y sont illustrés. Un très bon travail d’histoire. Le Roussillon se distingue alors par une
concentration maçonnique unique en France. Entre 1744 et 1789, on dénombre à
Perpignan 317 frères pour 13 000 habitants: 1 Perpignanais sur 40 est
franc-maçon! Les loges sont nombreuses: 12 civiles et 6 militaires. Ces
dernières, grâce au caractère itinérant des régiments, contribuent fortement
à la propagation de la franc-maçonnerie. La loge est un laboratoire des
idées des Lumières. Les frères y présentent des discours et des planches. On
parle philosophie, mais les discussions politiques et religieuses y sont
interdites. Les ateliers ont un mode de fonctionnement unique pour l'époque:
les maçons s'écoutent dans un respect mutuel et votent librement. Les travaux
se terminent par des agapes, un moment de convivialité autour d'un banquet et
de chansons. Certes, la fraternité roussillonnaise a ses
limites. La Sociabilité, composée de tous les grands nobles catalans,
recherche l'excellence sociale et ne fréquente pas la loge des Artistes. On
met un point d'honneur à combattre la confusion des états. Le noble et le
marchand sont frères, ils portent tous les deux l'épée de l'égalité, mais ils
ne se réunissent pas dans la même loge. Il ne faut pas oublier que la
maçonnerie est alors très élitiste, elle exclut les femmes, les analphabètes,
les paysans, les comédiens, les juifs, les bègues, les borgnes et les boiteux. L'idée qu'il existe une influence maçonnique sur
cette période est tenace, mais exagérée. C'est vrai que le fonctionnement des
loges joue un rôle novateur. Il rend concret des idéaux abstraits: l'égalité,
la fraternité, la raison, la tolérance. Les frères proposent un modèle de
république universelle, fondé sur l'échange et le dépassement des
différences. Mais le but est de façonner un comportement, pas de préparer une
mobilisation politique. D'ailleurs, les maçons catalans reflètent fidèlement
la société française: un tiers sont royalistes, un tiers, Jacobins, et un
tiers, Montagnards! Pourtant, le gouvernement révolutionnaire voit dans ces
ateliers des foyers potentiels d'opposition. Paradoxalement, la Révolution
est donc l'un des moments noirs de l'histoire de la maçonnerie catalane. Les
loges se mettent en sommeil jusqu'en 1795. Dès 1799, Napoléon relance la
franc-maçonnerie, tout en la surveillant par l'intermédiaire de sa famille -
il nomme son frère Joseph à la tête du mouvement. Il y voit un bon moyen de
surveiller les élites. C'est l'âge d'or de la maçonnerie perpignanaise. Entre
1800 et 1813, plus de 1 000 frères fréquentent les ateliers de
Perpignan, de Catalogne du Sud et du Nord! Les loges se développent surtout
par l'intermédiaire des militaires qui affluent en 1808, pour la guerre
d'Espagne. . Entre 1804 et 1815, sur les six maires nommés par le
préfet, cinq sont francs-maçons. Quelles sont les idées des francs-maçons
au XIXe siècle? Nous avons peu d'éléments pour Perpignan, mais, en France,
ils sont de tous les combats progressistes. En 1848, les maçons Charles
Bissette et Victor Schalcher abolissent l'esclavage dans les colonies.
L'activité philanthropique est également très forte. Les frères s'engagent
dans des comités de vaccination. Le recrutement est de plus en plus
démocratique, les loges s'ouvrent aux ouvriers et aux boutiquiers. : On
assiste, en effet, à une désertion des membres du clergé. Le combat contre
l'Eglise, qui a commencé à la fin du second Empire, se radicalise sous la 3e
République. La franc-maçonnerie, particulièrement le Grand Orient de France,
évolue vers la pensée positiviste et scientiste et s'oppose aux catholiques,
alignés sur les positions du pape. Le débat prend une tournure très
politique. Et cela quelques années avant la séparation de l'Eglise et de
l'Etat, qui aura lieu en 1905. Ces discussions renforcent la politisation des
loges, ce qui explique la place de choix de la franc-maçonnerie dans les
combats républicains. Les trabucayres : En bons brigands, ils prennent
leur nom du trabuc, court fusil à canon évasé. De 1837 à 1846, ces bandits de
grand chemin sévissent dans la région frontalière du Vallespir. Ils y
rançonnent, voire séquestrent, diligences et propriétaires fermiers.
Surnommés aujourd'hui «les Robin des bois catalans», ils détroussent les
riches pour donner aux pauvres. Ces célèbres malandrins anarchistes
seraient-ils maçons? En 1846, l'un des chefs, Joseph Balme (Sagals de son nom
de guerre), est condamné à mort. Avant l'exécution, le bourreau récupère le
foulard que Sagals porte autour du cou. Il est orné de symboles maçonniques:
compas, équerre, lune, soleil, etc. Pour certains, Joseph Balme aurait été
initié dans une loge de Gérone. Pour d'autres, un protecteur maçon aurait pu
lui offrir ce foulard. Difficile à dire aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, le
foulard contribue à nourrir la légende... |
deux siÈcles dU rite Écossais ancien et
acceptÉ en France 1804 – 2004 |
par
le grand Collège R.E.A.A. du G. O. de France |
EDITION DERVY |
2004 |
||
Donc
oui l'ancien-nouveau SC forme en 1805, et choisit de placer à sa tête
Cambacérès qui met deux conditions: - le GO gère directement jusqu'au
XVIIIème - le SC indivis gère ensuite, mais au nom du GO. Le
décret du 27 novembre 1806 pris par Cambacérès stipule en effet que les
Frères promus doivent prêter "serment
d'obéissance au GO comme unissant à lui le REAA, et au SC du 33ème degré,
chacun en ce qui le concerne." Et ce qui semble établi,
c'est que, si Grasse-Tilly a pris la tête du "SC indivis" en
France, ce fut de courte durée, il l'a rapidement cédé à Cambacérès. Ensuite,
il était hors-jeu pour recréer un SC français. Par contre il a gardé la
Grande Maîtrise du SC des Îles de l'Amérique dont il a beaucoup usé. On peut
se demander pourquoi Grasse-Tilly a cédé à Cambacérès cette
"nouvelle" Grande Maîtrise en 1806. C'est simple: faire une fronde
alors que la volonté de l'empereur est l'unité d'une franc-maçonnerie à sa
dévotion, est osé, sinon dangereux. Et
pour Grasse-Tilly, nommé adjoint à l'état-major du prince Eugène de
Beauharnais le 29 juin 1806 (soit 19 jours après s'être dessaisi en faveur de
Cambacérès), manifestement s'asseoir dans le fauteuil de GM qui fut occupé
par le prince Louis était encore plus délicat. Cambacérès, un génie
politique, trouve la solution qui ne lèse personne. L'arrangement semble
heureux: le GO garde la maîtrise sur le Rite français et les grades
apparentés (dont celui de Rose-Croix). La fronde garde la maîtrise sur les
grades au-delà, mais au nom du GO. Personne ne perd la face, et surtout
l'unité de façade est maintenue. (la solution est d'ailleurs tellement bonne
que Cambacérès refait le coup avec le RER en 1808.) |
DICTIONNAIRE MAÇONNIQUE – TERMINOLOGIE DES RITUELS MAÇONNIQUES |
Michaël Segall |
Edition Dervy |
2014 |
25 ans se sont écoulés depuis la publication en 1988 de la première édition de ce dictionnaire, donnant la prononciation, la traduction, l’orthographe, l’étymologie, l’explication et, autant que possible, les références bibliques d’une grande partie des termes, notamment des hébraïsmes, utilisés au Rite Ecossais Ancien et Accepté tel qu’il se pratique en Europe continentale et dans d’autres pays du monde. Suite aux demandes et aux questions, il a semblé à l’auteur, utile et nécessaire d’étendre cette étude à des mots oubliés ou négligés dans son premier dictionnaire et apparaissant surtout aux grades rouges écossais ainsi qu’à la terminologie générale des rites maçonniques majeurs encore pratiqués à notre époque. Comme pour le précédent dictionnaire et afin que celui-ci puisse rester à la portée de tous, aucune indication précise n’y est donnée quant aux grades auxquels appartiennent les mots, les phrases et les acronymes expliqués ; la seule différence que le lecteur y trouvera dans ce domaine, par rapport au dictionnaire des hébraïsmes, est que des indications y seront données en ce qui concerne l’appartenance des mots à l’un ou à l’autre des rites étudies sauf bien sûr, pour des termes d’une utilisation tellement générale qu’une explication serait superflue. Il reste la question du compagnonnage ; il ne s’agit certainement pas d’un rite maçonnique, mais les influences mutuelles entre compagnonnage et maçonnerie sont telles, et les points communs sont si nombreux, qu’il n’était pas possible de l’ignorer, tout en sachant qu’à ce jour, il n’existe aucune preuve d’une quelconque filiation, malgré cela ce dictionnaire comporte des mots et expressions utilisés dans les cayennes compagnonniques. La maçonnerie américaine (souvent appelée maçonnerie d’Albert Pike), pose ici quelques problèmes dans sa formulation historique et sur des noms de personnages historiques qui n’ont peu ou pas de rapports avec la maçonnerie continentale, car ils ont été introduit récemment par Albert Pike, ainsi il était difficile de trier ceux qui pouvaient figurer dans ce dictionnaire et ceux qui devaient être occultés. L’auteur a pris sagement le parti de tout garder, tout en expliquant pour chacun son origine et sa filiation. Lorsqu’on feuillette les rituels maçonniques des loges symboliques ou des hauts-grades, tous rites confondus, on s’aperçoit vite que 80% des mots de passe, des mots sacrés, des expressions, des devises, ont une origine hébraïque et araméenne, qui souvent ont été traduites en latin (Pax vobis). Presque tous ces mots et expressions ont été tirés du Livre des Rois, des Chroniques et des Nombres, mais aussi d’autres versets de la Bible. Ils font partie de la légende salomonienne. Le nouveau Testament n’est pas non plus oublié. Le Zohar a fourni pas mal de termes et d’expressions avec les sephirot. La Kabala avec sa démonologie et son angélologie nous donne des noms difficiles à comprendre et à identifier. Puis il y a des mots et phrases fabriquées par des hébraïsants de mauvais choix et qui au fil des siècles, ne firent qu’obscurcir les textes. On ne peut que remercier l’auteur pour cet excellent ouvrage, très utile pour ne pas dire indispensable dans notre recherche maçonnologique autant que spirituelle. |
DICTIONNAIRE VAGABOND DE LA PENSḖE
MAÇONNIQUE |
Solange Sudarsky |
Edition Dervy |
2017 |
L’ouvrage restitue, dans un esprit vagabond,
quelques 1000 référents de la franc-maçonnerie, symboles, rituels, gestuelle,
outils, mythes, fondements philosophiques..., enrichis par leurs
interférences avec d’autres cultures, spécialement celles des voies de la
Connaissance (alchimie, gnose, kabbale...). Le choix de la présentation
alphabétique rend légère sa consultation par tout franc-maçon des loges
bleues, mais n’écarte ni la profondeur d’analyse ni la largeur de vue des
expressions. La terminologie retenue aidera le lecteur dans son parcours de
recherche des levains intellectuels et spirituels qui fermentent la pensée maçonnique.
Il ne manquera pas de glisser d’un élément à l’autre dans cet ensemble
rayonnant de vocables où, par le jeu des renvois, les affinités de sens
réalisent un réseau de concepts concourant à montrer, dans la diversité des
rites, la mêmeté ou plutôt l’ipséité de toutes les démarches initiatiques. Ce dictionnaire, qui ne se
veut que suggestif dans la transmission de ce qui fait sens pour l’auteur, a
été conçu pour servir le perfectionnement individuel afin que chacun, par
l’effort, tisse sa propre toile d’accès à une pensée maçonnique. Propos
de Solange Sudarsky : La pratique du symbolisme en Maçonnerie
stimule la conscience par la recherche et la compréhension de la substitution
des signes aux choses, du sens aux signes, du symbole au sens. Ainsi, le maillet,
le fil à plomb, l’équerre, l’étoile, la lettre G, le blé, l’eau, le feu ne
sont que l’expression matérielle d’une symbolique qui se substitue à la
chose, cette substitution annonçant une substitution dans le monde des
signes, dans l’ordre des concepts (droiture, volonté, équilibre,
purification..). La substitution renvoie à un au-delà, à un invisible. Pour
atteindre le sens, il faut en référer à un au-delà qui appartient à l’esprit
ou qui n’est qu’esprit. Le sens est donc ce qui se substitue à une réalité
invisible Avec la substitution, le sens est ce qui hante énigmatiquement un
signe dont il est la substitution ; c’est ce qu’on appelle le
symbolisme. Mon travail sur le symbolisme a précisément été
attentif à la façon dont les symboles se substituent les uns aux autres par
tropes (mots, figures, analogie, métonymie, synecdoque, allégorie, parabole…)
ouvrant des chemins infinis pour des quêtes en esprit. C'est
pourquoi j'ai cherché à rassembler ce qui était apparemment épars. - Le premier temps a consisté à prélever sur mes
expériences, sur les textes que j’ai pu aborder, les récents comme les
anciens qu’il fallait vérifier à la source et sur les dialogues avec les
frères et sœurs que je rencontrais, les éléments constitutifs de ma base de
données des signes de ce que je considère comme une pensée maçonnique. Là
intervient le vagabondage, parfois l’errance, ne me refusant aucun écart dans
les domaines de toute connaissance connexe qu’un puriste maçonnique aurait
peut-être délaissées. - Un second temps s’est imposé. Entre ces données
éparpillées s’est créé un réseau fluide en surface, plus souvent subreptice,
qui faisait converger vers une unité, par analogie, congruence,
correspondance, opposition, rapprochement, complémentarité, similitude, mêmeté,
ipséité, un rassemblement de ce qui était en apparence épars. En ce point
focal se trouve la source de ma compréhension. Cette compréhension
approfondie et élargie par l’écriture de l’ouvrage est mon secret maçonnique,
non parce qu’il y a interdit ou mauvaise volonté de ma part à le transmettre,
mais parce que je ne le pourrai pas tant il est indicible : il est mon
rapport personnel, au plus intime de moi, avec le Tout qui m’entoure. Ce «Dictionnaire» a vocation à proposer au
lecteur de constituer son propre réseau de compréhension. Je ne lui transmets
que quelques cailloux blancs pour lui faciliter ce qui indique le
commencement d’un chemin, en aucun cas sa voie que lui seul peut tracer.
Comme le bas-relief de la Sagesse sculpté sur le pilier central de Notre-Dame
de Paris l’indique en tenant dans sa main deux livres, l’un ouvert, l’autre
fermé, la vraie connaissance ne saurait être livresque ; elle ne peut
résulter que d’un travail intime mené en soi et sur soi. Pour ma part, je ne veux qu’être un franc-maçon
libre dans une loge libre pour poursuivre cette expérience personnelle
existentielle avec le doute fécond et l’esprit agnostique. Je suis sur la
voie qui veut s'affirmer par elle-même sans que rien ne lui soit imposé de
l'extérieur, celle qui ne condamne pas le choix des autres, celle qui s'est
même nourrie de la voie imposant le dogme de la croyance définie à
l'anglo-saxonne comme de la voie opposée qui, elle, a rayé de ses
constitutions la référence du Grand Architecte de l'Univers. Cette troisième
voie choisie consiste à rassembler ce qui est épars en en faisant la synthèse
dans la tolérance, en laissant à chacun sa liberté de pensée. Avec Antoine Kervella, je dis que quels que
soient les champs de leur extension, les savoirs se heurtent toujours à des
limites et tout ce qui reste au-dehors de ces limites se maintient dans une
sorte d’opacité. Pourtant, nous ne renonçons pas à vouloir parler de cet
au-dehors ou au-delà. J’aimerais participer à la diminution de l’intensité de
cette opacité, mais je sais il y a aussi et avant tout les mystères des
émotions, des sentiments, des plaisirs et désirs, des affinités électives. Il
y a l’énigme de la vie et de la mort. Il y a les dérives de l’irrationnel.
L’initié est celui qui s’aventure dans ce qu’il ne sait pas pour y trouver
quelques clairières de sens, qui aident à compenser son ignorance et à vivre
en bonne intelligence avec autrui fut-il lui-même |
DISCOURS et VIE du CHEVALIER André-MICHEL
de RAMSAY |
Divers Auteurs |
Edition ARCADIA |
2005 |
||
En
1737 il modifie son discours et le donne à lire au cardinal André Hercule de
Fleury alors ministre d’état de Louis XV, mal lui en prit puisque le cardinal
non seulement lui interdit de le lire, mais l’envoie au Pape, lequel va
pondre en 1738 une bulle d’excommunication (In Eminenti Apostolatus
Specula), ce qui n’empêcha pas Ramsay de lire son discours le mois
suivant à Lunéville. Ramsay meurt en 1743 à Saint Germain en Laye, à l’âge de
57 ans. Georges
Lamoine
explique pourquoi et comment Ramsay est au début de la propagation de
l’écossisme à travers le monde. De par l’honorabilité de ses buts, sa
noblesse et sa fraternité universelle, de son intérêt pour le savoir, son
souci de la moralité, sa pratique de la charité, le discours de Ramsay est
indiscutablement à la base de l’écossisme. Christian
Charlet
évoque la vie du Chevalier de Ramsay surtout la période qu’il a vécu aux
cotés de Fénelon à qui il voua une admiration sincère et qui fut son Père
spirituel.
Francis
Bardot
nous transporte dans le monde des Arts et dans l’imaginaire à l’époque du
discours du Chevalier Ramsay. 1685 est l’année de la révocation de l’édit de
Nantes, elle est le point de départ d’une modification du rapport entre le
sacré et le profane dans la conscience des européens. Cette même année né
Bach, Haendel et Scarlatti, Ramsay naîtra l’année suivante. J.P.
Lassalle
disserte sur le discours de Ramsay et essaie de savoir où ce discours a eu
lieu, compte tenu que beaucoup de rues ont disparu, est-ce rue de Buci ?
Rue des boucheries ? Rue du paon ? Difficile à dire. Il nous
explique les différences entre les deux discours, différences assez
importantes. Pierre
Mollier
dans un long article développe l’imaginaire chevaleresque et la
Franc-maçonnerie au XVIIIe siècle. Cette chevalerie qui devient spéculative
est malgré tout issue du Moyen Âge avec ses règles et ses coutumes. Eques a norma explique pourquoi le Discours de Ramsay est le texte le plus important de la première Maçonnerie française, car elle enracine durablement dans les esprits l’idée que la Franc-maçonnerie est l’héritière de la chevalerie médiévale. Ramsay s’efforça toute sa vie de démontrer cette origine chevaleresque qu’il revendiquait, hélas les preuves furent minces, néanmoins il laissa dans ses textes et surtout dans son discours des affirmations tellement convaincantes sur les coutumes chevaleresques, les cérémonies féodales, son appartenance à l’ordre de St Lazare, que son affirmation d’une Franc-maçonnerie chevaleresque écossaise devint une vérité. |
DISCOURS
PRONONCÉ A LA RÉCEPTION DES FRANC MAÇONS PAR LE CHEVALIER André Michel de RAMSAY en 1737 |
Traduction
G Lamoine |
SNES |
2000 |
Ce
discours que le chevalier prononça en 1938 et en 1940 est donné comme le
départ de l’écossisme avec la notion de spiritualité basée sur le métier des
armes. « La
maçonnerie chevaleresque ». Il a exprimé et transposé un
universalisme de la loi morale en un souffle spirituel à travers les métiers
de bâtisseur et de chevalier. Le « Discours » de Ramsay fait partie, avec les
Constitutions d’Anderson, de ces textes emblématiques, souvent qualifiés de «
textes fondateurs de la Franc-maçonnerie ». Beaucoup l’ont
parcouru. L’a-t-on vraiment lu ? Pourquoi ce texte a-t-il joui d’une telle
réputation, d’une telle aura, au point d’en faire le « point de départ » de
la constitution des systèmes de hauts grades ? Et pourquoi, aujourd’hui,
a-t-on tendance à renier ou tout au moins à limiter son influence historique
? Près de trois siècles après qu’il ait été écrit, sinon prononcé, le discours,
ou plutôt les discours de Ramsay méritent une relecture attentive et
critique. En effet, l’historiographie maçonnique considère généralement, sans
en développer l’argumentation, que le fameux discours, prononcé en 1736 et
publié en 1738, constitue la base historique du développement des Hauts
Grades en France à partir de la fin des années 1730 et ce, tout au long du 18ème
siècle. Pourtant, une relecture contemporaine un tant soit peu critique
de ces fameux discours peut laisser dubitatif quant au caractère souvent
péremptoire de cette affirmation. Le discours de Ramsay, comme les textes
dits « fondateurs » qui l’on précédé (les Anciens Devoirs et les
Constitutions d’Anderson en particulier), mêle indifféremment ce qui relève
de l’histoire, au sens contemporain du terme, et ce qui relève du mythe.
Et ce discours lui-même, et le contexte qui entoure sa rédaction et son
éventuelle présentation à la Saint Jean d’Eté de 1736 finit, dans la
littérature maçonnique, à relever lui aussi autant de la légende, sinon du
mythe, que de l’histoire… On rappelle avec raison la nécessité de distinguer, même
pour un Franc-Maçon attentif aux mythes fondateurs de son ordre, ce qui
procède du mythe de ce qui procède de l’histoire, l’une n’étant pas moins «
vraie », ni même « véridique » que l’autre, mais l’une et l’autre se plaçant
sur deux plans différents de la pensée, et donc relevant de réalités
différentes. Il convient donc ici de distinguer ce qui relève de la connaissance,
objet de recherche du « cherchant » qu’est le franc-maçon, de ce qui relève des connaissances,
objet de recherche du « chercheur » qu’est le scientifique - ici l’historien.
Le « cherchant » fait appel à l’intuition, et trouve en lui-même, fût-ce à
l’écoute de l’autre, la réponse à ses questions. C’est ce qu’on dénomme
généralement la connaissance, au sens ésotérique du terme.
Comme on le sait, cette forme de vérité est par nature incommunicable en ce
qu’elle repose sur l’expérience intime de chacun. Le « chercheur », de son
côté, fait appel à l’observation, et c’est à travers elle (et à celle
d’autrui, car pour être mesurable, les phénomènes doivent être
reproductibles) qu’il développe les connaissances,
ensemble de savoirs reconnaissables, reproductibles et donc… publiables. Le «
cherchant » s’adresse à la réalité, sa réalité, qu’il essaye de comprendre
(c'est-à-dire, au sens étymologique, de « prendre avec soi »), tandis que le
« chercheur » au sens scientifique du terme s’adresse au réel, qu’il mesure
et analyse davantage pour autrui que pour lui-même. Ces deux démarches, loin d’être inconciliables, sont
complémentaires. Elles doivent cependant faire l’objet d’une distinction
épistémologique claire, sans laquelle la vérité du mythe, érigée au rang de
vérité historique, devient dogme. Cette attitude est contraire avec la
démarche maçonnique, qui cherche à éloigner l’homme des préjugés en général,
et des dogmes en particulier. Comme l’écrivait justement Bruno Etienne, le
contraire dans la langue française du mot « dogmatique » n’est pas «
adogmatique » mais « sceptique », attitude qui doit être, intrinsèquement,
partagée entre le « cherchant » et le « chercheur », le doute constituant une
attitude raisonnable et préalable à toute recherche. Cette distinction
épistémologique claire doit permettre d’admettre en toute modestie que la
vérité du mythe repose bien souvent sur ce qu’un historien appellerait «
forgerie », c'est-à-dire la fabrication délibérée ou non d’une histoire
erronée. C’est, d’une certaine manière, le cas de la plupart des textes
dits « fondateurs » de la Franc-Maçonnerie, et du discours de Ramsay
lui-même. Pour autant, la légitimité d’une institution, fût-elle maçonnique,
ne peut reposer autrement que sur une compréhension juste de l’imaginaire
mythique, d’une part, et du réel historique, d’autre part. Dès lors, les «
cherchants » doivent parfois savoir se muer en « chercheurs » afin qu’ils
puissent distinguer ce qui relève de la tradition de ce qui relève de
l’histoire. Il convient dès-lors de relire le Discours de Ramsay au crible de
cette distinction épistémologique du mythe et de l’histoire. Cette relecture
doit pouvoir revêtir plusieurs aspects, en référence à des questionnements
mettant en lumière les différentes facettes du Discours lui-même et de son
contexte : que dit le discours de Ramsay ? Dans quel contexte historique le
discours a-t-il été pensé ? Dans quel contexte historique le discours a-t-il
été prononcé et publié ? Rappelons tout d’abord que le Discours de Ramsay fait partie, avec les Grandes Constitutions de Bordeaux de 1762 et celles de Berlin de 1786, des « Textes Fondamentaux » qui introduisent encore aujourd’hui les Règlements Généraux du Suprême Conseil pour la France. On parle d’ailleurs « du » discours de Ramsay, mais on devrait dire « des » discours, surtout depuis que le manuscrit original de 1736 a été retrouvé à la bibliothèque municipale d’Epernay Ce manuscrit correspond de façon certaine au discours prononcé à l’occasion d’une cérémonie d’initiation le 26 décembre 1736, dans la loge particulière de Lord Derwentwater, qui sera élu dès le lendemain Grand-Maître de ce qui n’est pas encore tout à fait la Grande Loge de France. Cette version diffère sur certains points de la version connue jusqu’à une période récente, dite de 1737, imprimée à Rouen en 1738, prétendument publiée à La Haye, pour des raisons de censure, dans un recueil de textes et d’auteurs divers intitulé « Lettres à M. de V. avec plusieurs pièces de différents auteurs ». |
DISCOURS
- RAMSAY ET SES DEUX DISCOURS |
Alain Bernheim |
Edition Télètes |
2012 |
Qui
était Michel de Ramsay, dont la date de naissance est incertaine. Initié
à Londres en 1730, il est enterré à Saint Germain au mois de Mai 1743. Ce
jacobite convaincu et pauvre, dépendant du bon vouloir de groupes (exilés,
stuartistes, aristocrates français, francs-maçons) aux opinions
diverses, apparaît dans la Franc-maçonnerie française le 26 Décembre 1736,
date portée sur la manuscrit de son discours conservé à la médiathèque
d’Epernay, dont le texte est fort différent de celui imprimées
ultérieurement. Après
avoir retracé sa vie, rappelé ce que nous savons des débuts de la
Franc-maçonnerie française et des premières loges parisiennes, Alain Bernheim
analyse le Discours, son plan, ses versions successives dont il fait
recension, ainsi que ses sources qu’il détermine en s’appuyant sur des
documents qu’il cite et commente abondamment. Un
tableau met en regard la version manuscrite, ici transcrite intégralement
pour la première fois, le texte de la lettre que Ramsay adressa au marquis de
Caumont le 16 Avril 1737 et les versions imprimées – la lettre à M. de V… et
l’histoire de la très vénérable confraternité des Francs-Maçons de la Tierce
(1742 et 1745) – Il permet au lecteur de constater que le texte de 1736
n’était pas une version incomplète comme l’écrivit Lantoine, mais qu’il
existe deux discours distincts dont Alain Bernheim suggère les clefs, après
avoir répondu à deux questions : Ramsay prononça-t-il son discours en
Mars 1737 ? A-t-il inventé les grades maçonniques ? Ce
que nous savons c’est que la version imprimée est tout à fait différente de
la version manuscrite. Si différente même qu’il est permit de penser qu’elle
a été rédigée comme une conséquence de l’élection du Grand Maître
Derwentwater et sous son influence. Serait-ce aller trop loin que d’imaginer
Ramsay, dans son second discours, rapportant les événements parisiens récents
en les situant dans une maçonnerie écossaise légendaire qui prendrait ici
naissance ? Au sommaire de cet ouvrage : La vie de Ramsay - Débuts de la Franc-maçonnerie française - Les premières loges à Paris - Le discours de Ramsay, version manuscrite et version imprimée - Le plan du discours - L’histoire de La Tierce 1742 et 1745 - Lettre de M. de V… 1744 - La lettre au marquis de Caumont en 1737 - Les versions imprimées, modifications et additions - Ramsay prononça t-il son discours en 1737. - Ramsay a-t-il inventé les grades maçonniques - divers tableaux comparatifs - |
document sur la grande loge du vÉnÉzuela |
g.l.r.v. |
CARACAS
|
1952 |
Ensemble
de 7 documents édités en 1952 à Caracas par la Grande Loge des EE UU du
Venezuela. |
DU FḖMININ
ET DE SA QUÊTE EN FRANC-MAÇONNERIE - |
Marie Dominique Massoni |
Edition de la Tarente |
2015 |
||
Marie-Dominique Massoni nous
invite ici à associer sensation, raison, imagination et intuition pour suivre
le féminin à la trace afin qu'il se déploie en chacun, tout au long de son
chemin initiatique Mythes apparents, mythes cachés, quelles figures du
féminin se dessinent dans les rituels ? Comment l'Art royal prépare-t-il à la
conjonction des opposés, dès nos premiers pas et avant même nos premiers
travaux ? Comment nous préparons-nous aux noces sacrées ? Commentaire sur
le féminin dans les loges : Homme et femme sont
sans conteste égaux sur le plan de l’esprit. Les femmes peuvent accéder aux
plus hautes vérités transcendantes, rayonner d’une profonde autorité morale
ou spirituelle, et rien à cet égard ne justifie qu’elles soient privées du
sacerdoce, dont les écartent pour d’autres raisons de nombreuses religions.
La femme est donc indiscutablement initiable. Restent toutefois ouvertes les
questions de savoir si la nature de l’initiation féminine est différente, si
la franc-maçonnerie est une voie appropriée aux femmes ou encore si
l’initiation et, partant, la maçonnerie peuvent être mixtes. Notre époque
peine à distinguer égalité des sexes et confusion des genres. La pensée
dominante récuse toute différentiation des rôles sociaux fondée sur le sexe et
prône la mixité dans tous les domaines. Aussi, le caractère exclusivement
masculin de la maçonnerie régulière et celui majoritairement non-mixte des
autres obédiences suscitent-ils incompréhension et critiques allant jusqu’au
grief d’archaïsme patriarcal ou de sexisme sectaire. La mise à l’écart des
femmes ou le rejet de la mixité peuvent certes paraître opposés à
l’universalisme de la maçonnerie, contraires à une fraternité exempte de
ségrégation. Mais cette situation découle à la fois de la tradition, à
laquelle sont foncièrement attachés les maçons, et de la volonté de ceux-ci,
dans leur actuelle majorité. Les explications
profanes à cette attitude de la maçonnerie envers les femmes ne manquent pas.
Des sociologues y verront une survivance de la division sexuelle des tâches
sociales et du travail, un avatar de l’appropriation du savoir et du pouvoir
par une classe. Des anthropologues diront que les rites initiatiques des
tribus primitives ont en particulier pour but l’identification sexuelle et
l’intégration communautaire, qu’historiquement l’initiation des hommes et des
femmes a toujours été séparée. Des psychanalystes freudiens réduiront cette
attitude à un tabou né du refoulement de la libido ou à une forme de
résolution du complexe d’Œdipe. Des moralistes enfin y chercheront
l’empreinte d’un idéal ascétique universel de dépassement des désirs et de
chasteté, de délivrance des contingences terrestres. Plus
prosaïquement, nombre de francs-maçons, et des maçonnes aussi, considèrent la
non-mixité en loge comme relevant de la sagesse pratique. Au regard notamment
de la morale maçonnique, les risques de la fraternité entre sexes sont
évidents. Légitime est donc le souci d’éviter le désordre des sentiments et
les tentations de la chair; comme celui de rassurer son partenaire ou
préserver sa famille. Les faiblesses des hommes étant ce qu’elles sont, et
celles des femmes n’étant pas moindres, la présence de l’autre sexe perturbe
souvent pensée et comportement; le travail maçonnique rituel, intellectuel ou
spirituel peut s’en trouver parasité. Notre monde est de plus en plus mixte,
mais hommes et femmes n’en restent pas moins prisonniers de leur image;
au-delà des plaisirs conviviaux, le partage entre personnes du même sexe,
sans le masque porté devant l’autre, a une valeur positive. Ces critiques,
explications profanes ou justifications pratiques ne permettent cependant pas
de prendre la vraie mesure des rapports entre maçonnerie et femme. Elles
suscitent des débats relevant d’ordinaire plus du politique que de l’initiatique,
stériles car elles ignorent ce qui est pour nous essentiel: le sens du
féminin dans les trois dimensions, symbolique, psychologique et spirituelle
de la franc-maçonnerie. Or pour découvrir ce sens, propre à clarifier et
relativiser le problème des relations entre hommes et femmes en maçonnerie,
ce n’est pas dans quelque direction sociologique ou pragmatique qu’il faut
chercher, mais dans la profondeur de l’âme humaine, dans les fondements et
l’histoire de la pensée religieuse, dans la sagesse. Le symbolisme
maçonnique, avec notamment ses nombreuses références opératives, ne présente
apparemment rien de féminin. Cela tient certes à l’ origine typiquement
masculine de notre tradition puisque nous disons être les descendants à la
fois des bâtisseurs et des chevaliers. Mais cela tient aussi à nos racines
religieuses, la tradition judéo-chrétienne qui laisse fort peu de place au
féminin et dont l’image de la divinité est exclusivement masculine. Apparence
seulement, car à y regarder de plus près le symbolisme maçonnique, comme
celui de la religion, cache une dimension féminine qu’il importe de
comprendre. On peut en donner quatre exemples. Les trois
petites lumières éclairant la loge, ses fondements qui nous viennent de
l’Être éternel et infini, portent toutes des noms féminins. La première est
la Sagesse. Or, on y reviendra, la sagesse divine occupe dans les derniers
livres de l’Ancien Testament une place très importante et représente la face
féminine de Dieu. Le Livre de la sagesse, dit de Salomon, la chante par
exemple comme «le maître d’oeuvre» et «l’artisane de l’univers»; il dit
notamment que «les vertus sont les fruits de ses travaux car elle enseigne
tempérance et prudence, justice et fortitude» (Sg 7: 27-28, 8: 7). La
basilique de Byzance, la Rome orthodoxe, était consacrée à Sainte Sophie,
Sophia signifiant en grec la sagesse. La Légende dorée dit certes que Sophie
était une vertueuse martyre, mais son texte montre clairement qu’il s’agit en
réalité de la sagesse divine puisqu’il ajoute que Sainte Sophie avait «trois
filles, la foi, l’espérance et la charité». A l’Orient
brillent le soleil et la lune, couple cosmique qui évoque le mariage divin,
la hiérogamie chère aussi bien aux religions antiques qu’à la tradition
alchimique. Ce couple fait également pendant aux deux colonnes de l’entrée du
temple qui représentent notamment les deux pôles de la vie et de l’être. Dans
de nombreuses représentations de la crucifixion par la peinture médiévale, le
soleil et la lune figurent au ciel, de chaque côté de la tête du Christ.
Souvent aussi ces deux astres sont au-dessus de Saint Jean et de Marie
agenouillés au pied de la croix, nouveau couple spirituel par la bénédiction
et l’adoption. Les bâtisseurs de cathédrales avaient du reste une
prédilection pour la dédicace de leurs œuvres à Saint Jean ou à Notre Dame,
tout comme les Templiers. Cela à l’époque même de l’amour courtois, où la
dame était bien plus un idéal spirituel qu’une femme de chair. Sur nos autels
la Bible est ouverte au Prologue de Jean, texte consacré au Verbe, le Logos
de Dieu. Or, même si selon la théologie le Verbe est assimilé au Christ, le
Logos du Prologue s’identifie à plusieurs égards à la Parole comme
Esprit-Saint, en particulier à l’esprit féminin de Dieu, la Sophia. En effet,
le Verbe selon le Prologue présente des analogies extrêmement frappantes avec
la Sagesse divine telle qu’elle est décrite dans l’Ancien Testament. La
Sagesse y dit d’elle-même qu’elle fut «établie depuis l’éternité… dès le
commencement
aux côtés» de l’Eternel (Pr 8: 22-23, 30), que sa «source est
la Parole de Dieu dans les cieux» et qu’elle est «la mère du pur amour» (Si
1: 5; 24: 17). Salomon dit d’elle en s’adressant à Dieu: «Tu avais donné
toi-même la Sagesse… envoyé d’en haut ton Saint Esprit…», et les hommes
furent ainsi «instruits et sauvés par la Sagesse divine» (Sg 9: 10, 17). Le temple de
Salomon, figure emblématique de la maçonnerie, détruit puis reconstruit après
l’exil, évoque bibliquement les noces entre Dieu et son peuple, peuple
symbolisé par Jérusalem, féminine comme toute cité. Le prophète dit ainsi
d’elle: «Resurgis, remets-toi debout Jérusalem… toi, stérile qui n’enfantais
plus, explose et vibre… ton veuvage, tu ne t’en souviendras plus… car ton
époux, le Seigneur tout-puissant, t’a rappelée» (Es 51: 17; 54: 1-8). Noces
encore celles de la nouvelle Jérusalem céleste de l’Apocalypse, décrite par
Jean «comme une épouse qui s’est parée pour son époux», vêtue «d’un lin
resplendissant et pur», prête pour les «noces», «la fiancée, l’épouse de l’agneau»
(Ap 19: 7-8; 21: 2, 9). Temple et cité sainte sont donc lieux de noces,
d’union symbolique du masculin et du féminin. Ainsi, l’aspect féminin
du sacré est réellement présent dans la profondeur de notre symbolisme, et il
apparaît même d’une importance qui n’est pas secondaire. Mais alors, pourquoi
cet aspect féminin est-il si discret et pourquoi est-il largement écarté de
nos réflexions symboliques? La prédominance masculine dans notre symbolisme
n’a pas pour seules bases des distinctions découlant du travail artisanal ou
du combat chevaleresque. Elle ne s’explique pas non plus comme un simple
reflet de la condition féminine dans les sociétés patriarcales du temps
biblique ou du Moyen Age. Elle plonge ses racines bien plus loin, dans la
profondeur de la psyché humaine et dans les fondements de la pensée
religieuse. L’apparente mise
à l’écart du féminin dans la tradition, puis sa résurgence épisodique, doit
être comprise sur deux plans. D’une part celui du cheminement psychologique
de l’âme individuelle vers sa complétude, d’autre part celui du développement
de la conscience religieuse de l’humanité. Or, sur ces deux plans, le
refoulement – temporaire - du féminin correspond à une réalité, à une phase
naturelle. L’âme humaine, la psyché de l’homme comme de la femme, possède
deux pôles, l’un correspondant à des qualités symboliquement féminines, comme
l’intuition ou la sensibilité, l’autre à des qualités symboliquement
masculines, comme la logique ou la construction. Cette dualité, qui recouvre
en partie aussi celle de l’inconscient et du conscient, on la voit notamment
exprimée dans la lune et le soleil qui brillent à l’Orient, ou dans les deux
colonnes à l’Occident. L’équilibre entre ces deux pôles est le fondement de
l’être, leur harmonie est son accomplissement. Afin de parvenir
à la complétude de son être, aboutissement de son destin terrestre, l’humain
doit apprendre à découvrir et écouter, aimer et sublimer cette face voilée de
lui-même. L’homme doit aller à la rencontre de son anima refoulée, pour la
faire renaître de l’obscurité, pour en quelque sorte l’épouser. Il s’agit là
d’un passage obligé, car c’est seulement quand l’être parvient à se
réunifier, à marier les deux faces de lui-même, qu’il peut accéder à
l’accomplissement du Soi, sens et but de sa vie terrestre. Cette union des
deux pôles de la personnalité est l’une des étapes du chemin initiatique. Le processus
psychique et individuel qui précède est dans ses grandes lignes exactement le
même que celui suivi par l’évolution spirituelle et collective des religions.
Dans son état primitif, l’homme perçoit le divin de façon avant tout
inconsciente et naturelle. A l’instar d’Adam et Eve au paradis, les pôles de
sa psyché restent équilibrés et il perçoit également de manière harmonieuse
les aspects symboliquement masculins et féminins de la divinité. Son univers
est encore constellé de dieux et de déesses. Les grandes religions antiques
et les traditions primitives de l’Occident faisaient une large place aux
femmes dans les rites et accordaient de multiples aspects féminins à la
divinité. Dans les religions archaïques, les déesses mères ou de la terre
étaient prédominantes. Les panthéons de l’Egypte et de la Grèce comptaient
autant de dieux que de déesses, et pratiquement chaque dieu avait pour
pendant féminin une épouse ou une sœur, comme Jupiter et Junon, Apollon et
Diane. Les triades divines comprenaient très souvent un élément féminin,
comme Isis en Egypte, Ishtar à Babylone. Même le Yahvé archaïque des hébreux
possédait une épouse, Ashéra. Mais peu à peu
la conscience de l’homme se développe; c’est la connaissance du bien et du
mal, la chute allégorique. La psyché se dissocie tout comme la perception et
la représentation du divin. À partir de cette conscience, de cette
dissociation, le judaïsme évoluera vers le monothéisme, l’hellénisme vers la
philosophie. Comme la conscience et la raison sont symboliquement masculines,
l’inconscient et le spirituel féminins, au fur et à mesure que conscience et
raison croissent, la perception du monde et de la divinité qui le gouverne
prend des formes de plus en plus masculines. Se renforce ainsi, jusqu’à
devenir unique dans le judaïsme, la figure masculine du Dieu père symbolisant
l’ordre et la loi, du Dieu céleste qu’il faut craindre. À l’inverse s’estompe
jusqu’à disparaître, l’image de la déesse terre protectrice et nourricière,
de la déesse mère métaphore de l’amour et de la renaissance. Le christianisme
suivra la même voie: le Christ rédempteur est Fils de Dieu le Père; la
Trinité est dénuée d’expression féminine; Marie, pourtant «mère de Dieu», en
est exclue, alors que le Saint Esprit procède du Père et du Fils. Le modèle
divin est une relation père-fils sublimée, la mère et la fille en sont
écartées. Ainsi, psychisme
et religion suivent le même chemin. Comme l’homme qui refoule son anima dans
la profondeur de son inconscient, la religion évacue la figure féminine de
Dieu. Mais dans les deux cas la moitié écartée n’est pas éliminée, elle est
seulement occultée. Un certain déséquilibre, une incomplétude en résulte.
Situation temporaire cependant, car ainsi que l’homme est voué par sa quête à
retrouver son anima, la religion est amenée un jour à laisser transparaître
ou à mettre en pleine lumière les éléments féminins qu’elle dissimulait. Tel
fut le cas du judaïsme exaltant la Sagesse, puis du christianisme vénérant la
Vierge ou idéalisant la Jérusalem céleste. En d’autres termes, la quête de
l’homme face à lui-même et son essor vers la divinité ont le même passage
obligé: la rencontre, les noces avec l’Eternel féminin. Pour l’homme
psychique, le but sera l’union dans le Soi de sa conscience masculine et de
son intériorité féminine, l’anima. Pour l’homme spirituel, le but sera le
mariage mystique de l’esprit et de l’âme, ou de l’intelligence et de la
sagesse divine, afin que de ces noces naisse l’enfant-dieu de l’amour,
l’homme ressuscité à la vraie vie. Si la face féminine de Dieu se dissimule
aujourd’hui à nos regards, sous le voile plus ou moins épais dont la recouvre
la religion, la tradition et nos symboles, c’est parce qu’elle représente un
des buts les plus secrets de la quête intérieure et spirituelle. À travers ses
multiples récits et anecdotes, souvent exploités à des fins mysogines,
l’Ancien Testament donne à première vue de la femme l’image d’une mineure
soumise à l’arbitraire d’une société patriarcale. Mais le féminin dans la
Bible dépasse cette condition profane, pour peu que l’on aille à l’essentiel.
Et cet essentiel commence par la Genèse qui nous révèle la double nature
masculine et féminine à la fois de l’être humain et de la divinité, en même
temps qu’elle nous révèle l’égalité de l’homme et de la femme face au salut
et leur complémentarité essentielle. Au sixième jour,
«Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il le créa mâle
et femelle». Ainsi, le tout premier livre de la Genèse déclare le masculin et
le féminin simultanément incarnés dans l’humain, ce qui vise notamment la
double nature psychique de l’homme. Plus, déclarant l’homme créé mâle et
femelle à l’image de Dieu, le texte implique logiquement que Dieu lui-même
possède ce double aspect masculin et féminin. Cette dualité dans l’unité est
l’un des sens que l’on peut prêter au delta maçonnique. Puis, dans le second
livre, Dieu crée l’Adam originel, tiré de la terre et animé de son souffle
divin. Mais la solitude d’Adam appelle immédiatement la création d’Eve.
Nullement pour que l’humanité puisse se perpétuer, car au paradis cela n’est
pas nécessaire, mais afin qu’Adam ait un semblable, un vis-à-vis. Eve incarne
donc non seulement l’autre, sans lequel la vie n’aurait pas de sens, mais
aussi le miroir, qui renvoie à l’homme sa propre image profonde. Plus, l’anecdote
de la création de la femme à partir de la côte ou du flanc de l’homme,
indique, qu’Eve est symboliquement une partie d’Adam, la part féminine de
celui-ci, son anima. Au paradis, Adam
et Eve vivent dans une parfaite harmonie. Mais la chute, avec ses malédictions
différenciées pour chacun d’eux, remplacera cet état par des relations
souffrantes de désir et de domination. C’est le symbole de la dissociation de
la conscience et de la psyché. Dès lors, le but de l’être sera de retrouver
cette harmonie perdue, de reformer le couple originel d’Adam et Eve. Car,
comme le dit l’évangile apocryphe de Philippe, «Quand Eve était en Adam, il
n’y avait pas de mort. Si à nouveau elle entre en lui et s’il la prend en
lui-même, il n’y aura plus de mort». La renaissance de l’initié passe par
cette réunion. Après la chute du couple primordial, le judaïsme de l’Ancien
Testament connaîtra schématiquement deux périodes, dominées successivement
par deux regards sur la divinité, et donc par deux images très différentes du
féminin dans la relation entre l’homme et Dieu. D’une part, dans la première
moitié du millénaire avant notre ère, la figure dominante sera celle de
l’Alliance, c’est-à-dire de la loi ancienne; d’autre part, dans sa seconde
moitié, avant l’émergence du christianisme et sous l’influence grecque,
apparaîtra la figure de la Sagesse de Dieu, qui préfigurera la loi nouvelle. La première
période est centrée sur l’Alliance entre l’Eternel et son peuple. Dans cette
Alliance qui exprime l’amour et la fidélité à Dieu, comme dans une relation
nuptiale où la divinité tient le rôle de l'époux, l’humanité est revêtue
d’une identité féminine. Elle prend poétiquement le féminin visage de la
Terre promise ou de la Cité sainte. À travers ce couple, l’humain s’identifie
à la femme soumise à la loi d’un mari exigeant et jaloux. Epouse tentée par
l’infidélité, le retour aux divinités païennes, car souffrant des colères
imprévisibles de l’implacable époux (Os 1-2). C’est ainsi que se cristallise
la figure du Yahvé de l’Ancien Testament. Dans la lumière du ciel, seul
brille le Père qui inspire la crainte. L’anima est exilée dans l’obscurité de
la terre. Au fil des siècles, cette relation ombrageuse s’adoucit quelque
peu. Le Cantique des cantiques, pur chant d’amour où résonne la voix féminine
de la bien-aimée, élève symboliquement l’humanité au rang d’une épouse plus
aimée que possédée. C’est cette relation que l’on retrouvera plus tard dans
le christianisme, notamment chez Paul, avec l’union du Christ et de son
Eglise, l’Eglise étant comparée à la femme soumise, mais aimée de son mari
(Ep 5: 21-32). A ce stade, où l’homme est encore largement dominé par ses
sentiments et où sa raison doute encore d’elle- même, l’identité symbolique
de l’humanité reste féminine, celle de la divinité exclusivement masculine.
Ce n’est déjà plus la loi ancienne mais ce n’est pas encore la loi d’amour. Plus nous
approchons de notre ère, plus la conscience et la raison humaines se
renforcent, et plus la divinité devient abstraite et se spiritualise. D’une
part, l’esprit de l’homme ne s’accommode plus de l’image du Dieu patriarcal
et violent des origines; la conscience n’accepte plus l’humiliation de Job.
D’autre part et en conséquence, dans la pensée religieuse, les qualités du
divin se féminisent, la relation au divin appelle sagesse et amour. Ainsi,
dans la pensée judéo-alexandrine des deux derniers siècles avant Jésus
Christ, le Dieu d’Israël change quelque peu de caractère et, surtout, deux
autres créatures d’essence divine font leur apparition à ses côtés: le Logos
et la Sophia. C’est ainsi qu’à
travers les livres tardifs de l’Ancien Testament comme les Proverbes, la
Sagesse et le Siracide, s’élaborent la figure de la Sagesse divine et sa
tradition sophianique. Sophia, mystérieuse entité féminine, émanant éternellement
du souffle de Dieu, dépositaire de ses secrets, présente à ses côtés lors de
la création et artisane de l’univers. Elle deviendra la médiatrice entre
l’homme et Dieu, l’intercesseur bienveillant qui compense l’abîme insondable
de l’Eternel terrifiant. L’anima retrouve la lumière, la divinité une face
féminine. La Sagesse
divine, figure mal connue du judaïsme de la fin de l’Antiquité, préfigura
clairement l’Esprit Saint de la Trinité chrétienne, le Paraclet de l’évangile
de Jean, et même le Logos du Prologue. Elle inspira de nombreux traits à
l’image de Marie, mère immaculée du Christ et intercesseur priant pour le
salut des pécheurs. Elle fut enfin chantée avec passion comme une femme
aimée, à l’instar de la Jérusalem apocalyptique, épouse spirituelle de
l’agneau. Epouse parée non plus pour l’union cosmique de Dieu avec
l’humanité, son peuple ou son Eglise, mais parée pour les noces mystiques de
l’homme, de chaque initié, avec la divinité. L’Ancien Testament dit de la
Sagesse: «Elle est un reflet de la lumière éternelle, un miroir sans taches
dans l’activité de Dieu et une image de sa beauté… Elle partage la vie de
Dieu… à ses côtés comme le maître d’oeuvre… l’artisane de l’univers et des
êtres» (Sg 7: 26 , 8: 3-4; Pr 8: 30, Sg 8: 5). Et la Sagesse dit d’elle-même:
«Je suis la mère du pur amour… je suis donnée à tous mes enfants… Venez à
moi, vous qui me désirez et rassasiez-vous de mes fruits» (Si 24: 17, 19).
Ainsi, l’exaltation de la Sagesse divine dans l’Ancien Testament, comme plus
tard dans la franc-maçonnerie, symbolise un triple accomplissement, la
célébration de trois sortes de noces qui abolissent la dualité. Accomplissement
religieux tout d’abord. La part féminine de Dieu, autrefois déesse archaïque
chassée du ciel, revient d’exil régénérée et spiritualisée; elle retrouve sa
place auprès de l’Eternel. De ce mariage divin pourra naître l’enfant-Dieu
rédempteur de l’humanité, incarné au coeur de l’homme pour y engendrer
l’amour. Accomplissement psychologique ensuite. La moitié de la personnalité,
refoulée dans l’inconscient, est libérée, aimée; pôle féminin de l’âme et
pôle masculin de la conscience se rejoignent et recouvrent l’harmonie. De
cette union psychique pourra naître le Soi, expression de la complétude de
l’être. Accomplissement spirituel enfin. L’image de Dieu ensevelie en l’homme
est ressuscitée comme l’initié, l’image défigurée est restaurée; l’être
retrouve son centre, la communion avec sa source sacrée. De ces noces
mystiques pourra renaître l’homme primordial, réintégré dans sa ressemblance
divine. C’est cette triple union que célèbre symboliquement la Jérusalem
apocalyptique: «Heureux ceux qui sont appelés au festin des noces de
l’agneau!». Heureux les spirituels ou les initiés accomplis qui pourront
pénétrer dans leur propre ville sainte, leur intériorité préparée comme une
épouse, comme un tabernacle de Dieu, car celui-ci habitera avec eux. (Ap 19:
9; 21: 2-3). De telles noces passent par l’abolition de toute dualité, par la
fusion du masculin et du féminin notamment. Parvenu à ce stade ultime de la
quête, l’être n’a plus besoin ni de soleil ni de lune; car la gloire de Dieu
l’éclaire. Alors, la nuit comme la mort sont abolies. (Ap 21: 4, 23; 22: 6). À travers
symbolisme maçonnique, psychologie des profondeurs et histoire de la
religion, la sagesse éternelle enseigne donc que la quête initiatique, comme
toute voie spirituelle, doit aboutir à une unité transcendant toutes
dualités. Sur le chemin vers ce but, ultime et peut-être inaccessible,
s’opère nécessairement un retournement de conscience. Ce que l’on croyait des
causes s’avère n’être que conséquences; ce que l’on prenait pour de simples
conséquences se révèle être causes profondes. Ainsi la lumière de la raison
apparaît-elle n’être souvent que le reflet d’un sens, psychologique ou
transcendant, qui nous échappe. De même réalise-t-on que parfois le symbole
constitue le réel, alors que la réalité sensible n’a plus de valeur que
symbolique. Cette inversion du regard conduit en particulier à admettre que
l’homme ne construit pas son image inconsciente et symbolique du féminin à
partir de son expérience de la femme réelle, singulièrement de sa mère;
l’homme au contraire projette sur les femmes, à commencer par sa mère,
l’image du féminin qu’il porte en lui dès l’origine. Par conséquent, les
relations concrètes entre hommes et femmes, sur le plan individuel ou
collectif, sont largement déterminées par les archétypes relationnels du
masculin et du féminin; y compris ceux qui concernent les rapports de
l’humain au transcendant et dont relève la figure féminine du divin. Il est vain de mettre la charrue de la volonté avant les bœufs de la nature. C’est grâce à l’harmonisation psychique des pôles masculin et féminin de l’être, grâce à l’intégration spirituelle des faces masculine et féminine de la divinité, que l’on peut espérer construire entre hommes et femmes des relations de niveau véritablement initiatique. A partir seulement de cette préalable taille psychologique et spirituelle de la pierre de chacun et chacune pourrait-il être envisagé que se joignent pierres masculines et féminines, pour l’élévation d’un édifice commun ou de deux contigus. Cette taille est toutefois délicate, le travail long, les pierres nombreuses et le plan audacieux. Mais peut-être le vrai retournement consiste-t-il à se détacher même du désir d’une telle oeuvre. C’est souvent plus le chemin que le but qui donne son sens au voyage, plus le travail que le produit qui justifie l’ouvrage. Il faut accepter d’errer et de défaire. Au fil du chemin et du travail, l’ambition fait place à l’humilité, le calcul à l’art, le raisonnement à la sagesse. Pour l’initié accompli, que chaque adepte devrait rêver d’être, une question comme la place des femmes dans la maçonnerie apparaîtra sans doute presque profane. Car au stade ultime de la quête, au sommet de la pyramide des voies spirituelles, masculin et féminin sont avant tout symboles; les genres ne comptent plus guère, sinon ceux de l’âme et du divin. |
DYNAMIQUE DE LA LÉGENDE EN FRANC-MAÇONNERIE
|
Yves Saez
|
Edition Cépaduès
|
2019
|
Avec cet essai passionnant, Yves Saez nous rappelle
que la littérature est une philosophie, une spiritualité ou une métaphysique
et veut restaurer le lien entre initiation, notamment maçonnique, et
fiction : « Une société, dit-il, repose sur ses fictions, sur la
relation, étroite ou distante, qu’elle entretient avec ses fictions ;
elle vaut par le fond d’expériences et de connaissances qui se manifeste en
elles, fond qu’elle approuve et qu’elle convoque ; et qui transmet des
vérités depuis longtemps admises. Et la Franc-maçonnerie repose sur ses fictions.
Le récit, la narration, la transmission, l’interprétation, sont au cœur du
propos d’Yves Saez, tous les véhicules d’un imaginaire, parfois
poétique, constituent la matière d’une
transformation et d’une libération. « Le récit, dit-il encore, est conducteur
de vérité. Il est plus ancien que la philosophie. Il est le sol sur lequel
s’édifie la philosophie, la terre où elle fut prise, avec laquelle elle fut
formée. Où elle retourne, sans cesse où elle retourne. » Ce procès, très alchimique, ce travail de la
matière littéraire, orale comme écrite, est essentiel au travail initiatique
et il nous conduit à l’indispensable silence : « La maçonnerie
s’invente et se continue dans cette poétique du silence et du renouvellement.
C’est sa plus authentique et sa meilleure occupation. » La référence à
« l’invention » n’est pas anodine, il s’agit bien de passer par
l’initiation, de la réplication aliénante du moi à l’invention libératrice du
soi. Yves Saez convoque nombre d’auteurs pour éclairer son propos :
Daniel Defoe et son Robinson Crusoé, que nous devrions relire,
Rousseau, Platon, Cicéron, Homère bien sûr et cet Ulysse, prototype de
l’initié, Euclide et beaucoup d’autres. Il s’intéresse au livre de Tom
Wolson, Le Maçon Démasqué, Ou Le Vrai Secret Des Francs- Maçons, Mis Au
Jour Dans Toutes Ses Parties, publié à Amsterdam en 1748, à Londres en
1751, ouvrage dans lequel l’auteur relate sa réception au grade d’Apprenti.
Il analyse le récit en trois phases : la séparation, l’épreuve et
l’alliance. Il met en évidence la force des mots. Exemple avec le
traditionnel « qu’il entre » : « Le subjonctif est le
mode de la détermination. Mais il est aussi le mode de la subjectivité et de
l’incertitude : dans le même temps qu’il franchit le seuil, le candidat
est assiégé par des bruits méconnus et des impressions neuves et envahi par
les émotions que ces impressions font naître en lui. Les mots dirigent le
monde. La grammaire dit l’intériorité de l’aventure du maçon. » Nous sommes invités à nous réapproprier le
langage et le récit, à ne point rester figer dans la structure de surface du
langage pour explorer les structures profondes de l’expérience, chemin vers
le réel. Nous retrouvons ce « qu’il entre » dans le voyage
initiatique d’Ulysse lui aussi structuré par la séquence séparation –
épreuves – admission (alliance). Le voyage initiatique est toujours un voyage
de retour. « Il a fallu très longtemps, écrit Yves Saez, pour que les
hommes s’accordent à la réalité, pour qu’ils la tolèrent et qu’ils
identifient leurs peurs et voient Poséidon derrière les vagues furieuses et
Hermès dans les messages des immortels et Athéna sous les exploits guerriers.
Plus longtemps encore pour qu’ils éveillent leur conscience, et doutent, et
s’interrogent sur leurs dieux et les caprices de leurs dieux. Et plus
longtemps encore pour qu’ils se libèrent et se désenchantent du divin, et
qu’ils éclaircissent et aménagent leur rapport au monde par ce que Claudio
Magris désigne : « une rationalisation inexorable, qui le place
(l’homme) et le pousse sur des rails obligés ». » |
1 E
EMBLÉMATIQUE
DES 7 ARTS LIBÉRAUX
|
Percy John Harvey
|
Maison de vie
|
2021
|
Hérités de
l'Antiquité, les sept arts libéraux désignaient au Moyen-Âge l'ensemble des
savoirs que tout homme réputé « libre » se devait de connaître. Ils se
répartissaient en deux branches. Le trivium, ou sciences des mots :
Grammaire, Rhétorique, Logique ; le quadrivium, ou sciences des choses :
Arithmétique, Géométrie, Astrologie ou Astronomie, et Musique. Au fil des
siècles, chacun d'eux a acquis une valeur symbolique et initiatique qui
justifie leur présence dans le corpus rituel maçonnique. C'est à l'approche
de ces « arts » par l'emblème et l'iconographie traditionnelle que nous
convie l'auteur, transmettant ainsi une connaissance indispensable pour
comprendre la nature du grade de Compagnon. Le futur compagnon exécute son
troisième voyage, règle et levier en main ; parvenu à la colonnette
Sagesse il découvre sur le cartouche que retourne le Frère Expert les
« Sept Arts Libéraux »: Grammaire, Rhétorique,
Logique Arithmétique, Géométrie, Musique, Astronomie; le Vénérable
Maître lui explique que depuis l’antiquité, ils sont considérés comme
« les sept piliers de la Sagesse ». Le Trivium, regroupe les trois
premiers, les « artes voces », le Quadrivium,
regroupe les 4 derniers, les arts des choses précurseurs de nos sciences.
« Ainsi les sept arts libéraux résultent de la conjonction du nombre 3
(nombre du ciel, exprimant le trivium ensemble des sciences de l’âme) et du
nombre 4, (nombre de la terre exprimant le quadrivium ensemble des sciences
pratiques) cette union suggère nous dit le rituel l’image de la
Parole ordonnant le Chaos, l’action du Ciel sur la Terre. « Leur
évocation au cours de ce voyage invite le Compagnon à considérer les
« sciences » comme le moyen traditionnel de rechercher les
principes supérieurs d’autre part elle rappelle que dans l’initiation de
métier, le travail sacralisé revêt une noblesse
particulière : il est le chemin qui mène à Dieu. « Le
système des sept arts libéraux, tel que Martianus Capella l’avait codifié,
repris par Charlemagne lorsqu’il entreprit de sauver la culture impériale,
devint le cadre d’un enseignement dont le but était de mieux interpréter la
parole divine, de discerner les armatures de l’ordre universel, mais aussi
d’aider à mieux tenir sa place dans la cité terrestre, puisque l’on
considérait celle‑ci comme homologue à la cité de Dieu. Il continua de
former des “ orateurs ”, des experts de l’oraison et de la pratique oratoire.
A ces arts initiait précisément la faculté propédeutique de l’université. Au
XIIe siècle cependant, Hugues de Saint Victor, entreprenant le classement des
connaissances humaines, jugea nécessaire de faire une place auprès des arts
libéraux aux arts “ mécaniques ”, c’est‑à‑dire à ceux qui font
intervenir le corps, les muscles, la main. Hugues toutefois situa ceux‑ci
très en contrebas, dans une position subordonnée, domestique, analogue à
celle assignée, dans les maisons nobles, aux gens de métier (ministerium,
ministériaux), logés à part dans les communs, soumis aux ordres des maîtres,
isolés d’eux par une frontière de classe infranchissable. La
délimitation entre les arts libéraux et les arts mécaniques prend assise en
effet sur de très vieilles attitudes mentales, alliant la noblesse à
l’oisiveté, réputant le travail manuel “ servile ”, indigne de l’homme de
qualité, sur d’autres aussi, manichéennes, qui, voyant dans le charnel la
part maudite de l’univers, tournaient le dos à la matière, la redoutaient, la
condamnaient, s’évertuant à dégager à toute force le spirituel du corporel.
Ces tendances de la pensée incitaient à répartir les divers “ arts ”
au sein d’un édifice à deux niveaux : à l’étage maître, les pratiques
conférant la maîtrise du verbe, du chant, des idées, de toutes les activités
qui relient l’être humain au domaine des anges; au ras du sol, au plan des
cuisines, les façons de travailler le bois, la laine, le métal, la chair
même, et qui rabaissent vers le bestial. Entre les deux, ce fossé qui, par
exemple, sépara très longtemps les médecins, gens de réflexion, interprétant
des symptômes, habiles à remettre en ordre l’organisme sans y porter la main,
des chirurgiens, confondus avec les barbiers et les bourreaux, parce que,
munis d’outils, ils touchaient au corps, et qui durent pendant des siècles
lutter pour faire admettre leur “ art ” parmi les libéraux. Pendant
des siècles, un semblable désir de forcer la cloison anima ceux que nous
appellerions des artistes. Ils étaient en effet, pour des raisons identiques,
exclus. Principalement parce que, dans la conscience médiévale, ce qu’est
pour nous l’art demeurait enfoui au profond d’une mystique et d’une morale.
La beauté n’était pas recherchée pour elle‑même. Elle était offerte à
la gloire de Dieu. Dans l’œuvre d’art, la meilleure part des richesses du
monde était, au sens plein du terme, “consacrée ” ‑ et par cette
vocation sacrificielle, l’intention, la signification symbolique, la valeur
du matériau, le temps passé à l’élaborer se trouvait privilégié par rapport
au travail des mains. L’œuvre d’art, d’autre part, collaborait à
l’élucidation des mystères; elle entendait livrer aux regards des
équivalences de l’invisible. Par conséquent, l’acte créateur incombait aux
prêtres, aux savants, aux hommes du livre et de la parole. Orfèvres,
brodeurs, verriers, imagiers, n’avaient mission que d’exécuter. » |
ÉMULATION - DE LA FRANC-MAÇONNERIE
OPÉRATIVE AU RITE ÉMULATION - Secrets
d’une histoire et d’une tradition spirituelle |
David Taillades |
Edition Dervy |
2013 |
La Franc-maçonnerie revendique une tradition initiatique puisant ses sources chez les constructeurs du Moyen-Âge et constituerait ainsi une voie spirituelle authentique parfaitement légitime. S’il n’est pas possible d’expliquer ses origines par la seule symbolique des rituels, en ignorant ou négligeant celle-ci, on laisse nécessairement dans l’ombre, la clé essentielle de la compréhension intégrale de l’édifice maçonnique. Ainsi, la confrontation de l’histoire au contenu symbolique des rituels fait indéniablement apparaitre qu’elle n’est pas un pur produit de l’enlightenment anglais. Plus encore, tout confirme qu’il s’agit bien d’une tradition ésotérique, qui a fait l’objet d’un détournement d’intention et d’une reconfiguration formelle pour servir un projet politique dissimulé de grande envergure. L’auteur de cet ouvrage, propose une relecture complète et inédite des faits historiques, à la lumière des rituels maçonniques anglais dont il dispose, et expose clairement la symbolique, l’ascèse et la finalité. Par le travail de synthèse des différentes sources qu’il sollicite et par un argumentaire rigoureux, il nous conduit ainsi à des conclusions solides et ouvre la porte à des recherches et des conclusions inattendues et étonnantes. Au sujet d’un guide spirituel : Ce qui peut égarer les nouveaux initiés, non seulement au rite Emulation lais aussi dans les autres rites maçonniques, c’est l’absence d’un »Maître spirituel » dont la Loge recevrait directement l’enseignement, comme dans le bouddhisme tantrique par exemple. La Franc-maçonnerie relève d’un travail initiatique collectif et d’une présence spirituelle. Le Maître spirituel de la Loge est à la fois l’ensemble de ses membres mais également, et surtout, l’influence spirituelle qui descend sur elle lors des travaux. Cette présence n’est pas l’égrégore, ou une quelconque entité psychique collective, mais bien une présence divine : la « Shekinah ». Cette présence divine est sollicitée dans notre rituel lors de l’ouverture de la loge, si les frères ont une sensation de plénitude à la fin de nos rituels, et s’ils n’ont pas cela ailleurs, c’est que nos travaux se font en présence du divin et que nous en tirons tous un bénéfice non négligeable ; Et si certains s’interrogent sur cette vérité là, il existe pourtant un guide spirituel intérieur que nous appelons ange gardien, Maître secret ou intérieur, la voix, un guide, l’intuition… et qu’il faut savoir réveiller et dialoguer avec lui. Bien que cet ouvrage se réfère uniquement au rite Emulation, tout maçon y trouvera matière à découvrir le noyau central d’une spiritualité susceptible de nourrir sa transformation intérieure. Au sommaire de cet ouvrage : 1e partie : Histoire d’un rite, histoire d’une Tradition - Histoire du rite Emulation - Origines de la F.M. et des rites en général - Aperçus historiques du futur Royaume-Unis - Naissance d’une grande loge - Vers une vision Traditionnelle - 2e partie : La méthode Emulation - Spiritualité et méthode - L’initiation et le symbole - Le « par cœur » et l’art de la mémoire - La pratique des vertus - Le travail personnel - 3e partie : Sur le chemin de la méthode Émulation - Les avantages et les effets de la méthode - Ses écueils - Un cheminement spirituels avec les bornes - 4e partie : Une technique spirituelle à retrouver - Le 3e grade : une ouverture plus qu’une conclusion - La perte des secrets et la recherche de la Parole perdue - Pourquoi retrouver la Parole perdue - Invocations et prières - En annexe : Ouverture, cérémonie, planche à tracer et fermeture des 1e, 2e et 3e grade |
ENLUMINURE LE MUTUS LIBER de L’INITIATION |
JEAN
LUC LEGUAY |
ÉDITION
DERVY |
2010 |
||
Pendant
10 ans cet ermite le guida progressivement, comme on élève un néophyte,
semblable à un germe qui tend vers la clarté avec fragilité, il lui transmit
les gestes du métier de sa filiation et lui enseigna tout le savoir des
Anciens qui était en sa possession, du symbolisme à l’étude des textes
fondamentaux, de l’Art des couleurs jusqu’à celui de la géométrie. Ainsi il
lui donna les trois initiations qui mènent à la maîtrise et fut consacré
« Maître imaginiez ». Ce
Mutus Liber sommeillait depuis 25
ans dans la mémoire de J.L Leguay, comme un rêve scintillant lointain,
inaccessible, puis un jour les mystères de la vie lui ouvrirent les voies de
l’accomplissement de l’œuvre et l’inconcevable devint possible. La
réalisation de cet ouvrage et de ses enluminures lui demanda trois ans de
travail, humblement immergé en un vide contemplatif, les fresques naissaient
sous sa main, et l’enseignement de ses précurseurs et de son Maître l’ont
accompagné. Le
codex original, sur parchemin en peau d’agneau, est bâti selon la proportion
d’or et ses mesures sont aussi parfaites que celles d’une cathédrale. Les
différentes couleurs de terres, de végétaux, de coquillages…proviennent de
tous les continents de notre planète et lui donnent une dimension
universelle. L’action se déroule à l’intérieur d’un immense temple en
construction. L’homme égaré au milieu des ténèbres, cherche les chemins de la
transcendance. Par
cet ouvrage, le lecteur, d’image en image, s’élèvera au sein de l’espace
sacré vers le cœur du Principe. Le Livre Muet,
ouvre des voies de lecture, de réflexions et de contemplation, et où le
silence grâce à l’enluminure redevient Parole Primordiale. Cet ouvrage de très grande qualité autant par ses enluminures,
que par sa finition et ses matériaux, en fait un livre incontournable pour
l’initié et un très beau livre de bibliophilie. 64 enluminures grand format (24 x 30) sur papier
japon. Un tirage confidentiel à 1000 exemplaires et une très belle
reliure. |
ENQUÊTE DE LA PAROLE PERDUE – FRANC- MAÇONNERIE
ET KABBALE INITIATIQUE |
José
BONIFACIO |
Edition
DELETES PARIS |
1993 |
En hébreu, la lettre « Mem » à deux écritures.
Quand elle termine un mot, elle change de silhouette. Elle est dessinée comme
un carré et se ferme. Dans ce cas, elle signifie qu’il n’y a ni commencement
ni fin mais que tout est cycle. Rien ne se détruit tout se transforme,
chassant au loin l’idée d’un néant qui ne peut avoir d’existence. Loin de
supprimer la vie, la mort pourvoit à son perpétuel rajeunissement. Elle
dissout le contenant pour libérer le contenu. Il s’agit de la deuxième lettre de l’alphabet. Elle
correspond au nombre 2. Elle a deux prononciations : Beith si on ajoute
à l’intérieur de la lettre un point. Sans le point elle se prononce veith. Le
Beith est une des 7 lettres doubles. Beith en hébreu signifie la maison
ou le temple. Le Temple de Salomon s’appelle : la Maison Sainte,
« Beith ha mikdash », la Maison de YHVH. Les cabalistes se servent
de la configuration du Temple pour y inscrire ce qu’ils appellent les quatre
états de l’univers. Partant des parvis on trouve: – Le monde de l’action : « Asiah », le
parvis. – Le monde des formes : « Yetsira », lieu
des émotions. Le vestibule ou olam. – Le monde des idées : « Briah », lieu des
pensées intellectuelles. Le palais ou hekhal. – Le monde de l’émanation spirituelle : «
Atsilout », lieu des sentiments. On se rapproche du Saint des Saints. Le
Debir, la parole en hébreu, (dabar). Ces mondes représentent un itinéraire à parcourir en
partant du monde profane, visible, matériel, tangible vers un monde
sacré, subtil, caché qui se dévoilera peu à peu pour celui qui veut
bien s’en préoccuper. Les voyages à travers ces quatre mondes s’effectuent
dans les deux sens. Lorsque la lumière de l’infini souhaite atteindre le
cosmos physique et l’homme en tant que créature, elle doit, elle aussi
traverser les quatre mondes en sens inverse, étape par étape en commençant
par le monde de l’émanation, du subtil vers le plus matériel. Notre temple intérieur est un lieu de passage d’un état à
un autre. Il baigne dans le monde de l’action constitué de deux
sous-ensembles. Un premier sous-ensemble où prédomine le principe de
causalité, gouverné par notre raison. Mais, dans sa partie supérieure se
trouve un autre sous-ensemble que l’on pourrait appeler le monde de l’action spirituelle
gouverné lui, par l’imagination et l’intuition. L’homme participe de ces deux
mondes à la fois. Il est matière et esprit. Tout cela pour dire qu’il faut
allier une sévère logique à une imagination sans limite si l’on aspire à
deviner les choses cachées, des autres mondes ! Cette lettre, Beith
signifie également : dans ou en. Elle a donc un rôle de contenant ou
d’enveloppe. Cette lettre sert de symbole à
l’univers : « bait, maison cosmique », l’espace créé où
tout se déroule, raconté dans la bible. Le premier mot de ce livre sacré est le mot
« Béréshit » qui signifie, dans le commencement. La première lettre
est donc un B qui exprime la dualité, le binaire et la division due à son
nombre deux. Par_rapport_à l’aleph qui était statique, le Beith est actif.
Dans les traductions on ne se rend pas compte de cette différence pourtant
fondamentale. La lettre Beith de Béréshit est un grand carré ouvert sur la
gauche qui avale toutes les autres lettres. Elle correspond à l’acte de
création proprement dit, à l’expression extérieure de la puissance créatrice
contenue dans l’aleph originel. Elle représente le premier dédoublement de
l’unité, la rupture de l’équilibre, pour que le mouvement soit ! Boaz est un autre exemple intéressant de cette lettre. Si
on considère la colonne creuse, Boaz peut signifier : l’énergie divine
qui accepte de descendre dans un réceptacle fini, qui consent à se limiter.
Un mouvement qui s’enferme dans un espace. On peut penser aussi à l’histoire
de Ruth et de Boaz dans la bible, et à la généalogie royale juive car, Ruth
l’étrangère et Boaz le juif sont les grands-parents de David futur roi
d’Israël et père de Salomon. Leur histoire est très symbolique et nous
enrichi sur la signification de la colonne placée à l’entrée de notre temple.
Les deux colonnes placées devant le Temple pouvaient donc désigner les deux
pouvoirs qui gouvernaient le peuple. La colonne royale, rouge de Boaz et la
colonne sacerdotale, blanche de Jakin. Quand les deux pouvoirs gouvernaient
avec Sagesse, un arc en ciel s’installait au-dessus des deux colonnes et la
paix, « Shlomo » en hébreu, Salomon régnait sur le peuple.
Pour les cabalistes, La colonne Jakin correspond à la bienveillance, à la
miséricorde. La colonne Boaz correspond à la force, la rigueur et à la
justice. Les uns et les autres s’accordent donc sur le symbolisme des deux
colonnes. Dans l’arbre séfirotique ou l’arbre de vie,
« Binah » est la 8ème Séphira en partant du bas. Elle
correspond à notre 7ème ciel, niveau le plus élevé qu’un initié
puisse atteindre de son vivant. « Binah » qui vient de
« béin » en hébreu, signifie : entre, ou relier. Elle
symbolise l’intelligence des initiés arrivés à ce niveau. Les anciens
connaissaient sans aucun doute, la signification des deux lettres MB dont
l’une ne va pas sans l’autre, indissociables, reliées par
« Binah », l’intelligence. Le secret de la mort et de la
renaissance caché dans la lettre M, relié au Temple, lieu fermé, clos,
mystérieux indiqué par la lettre B. Une révélation émouvante, confirmée par
la cérémonie d’élévation au grade de maître. Le langage symbolique des lettres ne s’adresse ni aux
cultivés, ni aux intelligents, mais à tous ceux qui sont des poètes, des
naïfs, des sensibles. Il active et harmonise les vibrations intimes créant un
équilibre positif. Ce langage permet au maître de tendre vers la perfection
et la liberté. Il lui donne le courage de continuer le chemin, en regardant
l’horizon, qu’il n’atteindra sans doute jamais et qui exprime la
transcendance de la finitude de l’esprit humain qu’il se doit d’accomplir. Un
dernier clin d’œil du côté des cabalistes et de la guématria. La somme de M
de valeur 40 et de B de valeur 2 donne 42. Voilà donc enfin quelque chose de
rassurant et de tangible, les mathématiques. Au sommaire de cet ouvrage qui demande
d’avoir des clés :
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ENTRE CAVERNE ET LUMIḔRE – ESSAI
SUR L’IMAGINAIRE EN LOGE DE FRANC-MAÇONS |
Georges Bertin |
Edition du Cosmogone |
2017 |
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Les
ombres sur le mur de la caverne sont nos opinions et nos préjugés,
fondés sur notre expérience sensible et sur la force de l'habitude
(représentés dans l'Allégorie par les chaînes qui entravent les
prisonniers) On libère de ses liens un
prisonnier et on le force à se retourner vers la lumière du feu et vers les
marionnettes dont les ombres se projettent sur le mur de la caverne. On force
ensuite ce prisonnier à sortir de la caverne. Le
prisonnier qui n'était pas malheureux de son sort, qui n'avait pas connu
autre chose que la pénombre de la caverne, ne comprend pas ce qui lui
arrive, d'autant moins que ce "retournement" est douloureux et
pénible. Ses yeux n'étant pas habitués à contempler autre chose que
l'obscurité, il est ébloui et aveuglé par la moindre source de lumière.
Cependant lorsque ces yeux se seront habitués et qu'il pourra distinguer les
formes des marionnettes, il n'aura pas plus de repères, il ne saura pas plus ce qui est réel, si
ce sont les ombres de la caverne ou ces objets qui se présentent désormais à
lui. Sans repères, le prisonnier sera en proie à la confusion. Il s'emportera
même contre quiconque chercherait à lui dire combien sa situation initiale
était pitoyable. Il souhaitera d'ailleurs pouvoir y revenir. De la même
façon, une fois arrivé à la surface et à la lumière du jour, il sera tout
d'abord ébloui et ne pourra supporter de voir les objets réels qu'au moyen de
leurs reflets dans l'eau ou sur une surface opaque et polie, et de façon
indirecte. Ce n'est qu'ensuite au terme d'un long apprentissage, une fois que
ses yeux se seront accoutumés à la luminosité, qu'il pourra regarder
ces objets directement, sous la lumière du soleil et pourra même tourner son
regard vers le soleil lui-même. Il faut se souvenir ici que pour Platon, le but de la
connaissance n'est pas la connaissance en elle-même mais la justice et le
bonheur qu'elle procure concrètement. Tel est le sens de l'activité
philosophique.
Cette connaissance à laquelle accède le
philosophe n'a de sens que si celui-ci peut la partager avec les autres
hommes et la mettre en pratique dans la Caverne. Une fois que le philosophe
aura terminé sa formation et sera parvenu à la contemplation du Vrai, il
retournera donc dans la caverne pour expliquer aux hommes que
leur monde est un monde d'illusions et de mensonges, un monde dans lequel le
bonheur auquel ils croient accéder n'est lui aussi qu'une illusion destinée à
les maintenir enchaînés. Une telle
révélation sera insupportable aux hommes de la caverne qui dans le meilleur
des cas le traiteront comme un fou ou un original et refuseront de le croire,
et dans le pire des cas le mettront à mort. Dans ce texte Platon expose le pouvoir libérateur de la
philosophie, comme pensée abstraite, qui conduit à la connaissance et au
discernement. L'homme qui se met à penser y est décrit
comme celui qui rompt avec les liens de la conformité à l'expérience
ordinaire et à l'opinion reçue. La progression vers l'état éclairé
(vers la vérité) y est décrite comme un voyage de l'obscurité vers la
lumière. Après avoir été délivré de ses liens, celui qui remonte
péniblement de la Caverne vers la surface doit fournir un effort maximal qui
n'est pas sans douleur. Ce voyage prend la forme d'une conversion de
l'individu dans tout son être, une conversion qu'il éprouve dans son corps
et qui le transforme en profondeur. En effet, celui qui se met à faire
usage de son esprit, fait quelque chose pour lui-même. Il prend soin de
lui-même (ce qui est une des maximes socratiques : "Prends soin de
toi"). • En parallèle, Platon dresse un tableau très pessimiste de
ceux qui ne sont pas éclairés par la philosophie. Impuissants et passifs, ils
sont manipulés par d'autres (les marionnettistes). Bien pire, ils sont
habitués à cet état et ils l'aiment, résistant à tout effort qui viserait à
les en libérer. Leur satisfaction est une sorte de conscience aveugle de leur
état car ils ne peuvent même pas reconnaître la vérité de leur
condition pour y réagir. Pour
Platon ce qui est n'est pas ce
qui nous apparaît. L'Être
ne se réduit pas à ce qui apparaît ou se qui se manifeste dans la
perception (to phainoménon). L'apparence est
"habitée" par l'être mais elle n'en est qu'une copie ou une
réalisation imparfaite et dégradée. Lors de son ascension vers la surface,
puis vers le sommet où brille la lumière du soleil qui éclaire toute chose,
le prisonnier traverse successivement les différentes régions de l'Être. Il passe
progressivement du monde visible
(le monde des apparences sensibles) au monde intelligible (le monde des Formes ou des Idées). L'allégorie de la Caverne décrit donc ce
mouvement du connaître qui nous amène à dépasser les phénomènes ou les
apparences sensibles, pour contempler les Idées intelligibles qui ne
sont pas de pures abstractions mais qui possèdent bien une réalité en
soi. Dans
la caverne, le prisonnier ne voit que des copies et des images. Il n'a accès
qu'à la forme la plus dégradée de l'être. A l'entrée de la caverne,
puis à la surface le prisonnier désormais libre voit les objets et les êtres.
Mais qu'est-ce qui lui garantit que ce ne sont pas à nouveau des images et
des copies ? Que ces êtres ont plus de réalité ou de vérité que les ombres dans
la caverne ? Rien
nous dit Platon. Dans la région du monde
visible, que nous soyons dans la Caverne, ou à l'extérieur de la
Caverne, nous appréhendons les choses par l'intermédiaire de notre expérience
sensible. Aussi rien ne nous garantit que les objets que nous percevons
aient plus de réalité que leurs ombres. Ici Platon remet en question les fondements de l'évidence qui identifie
l'être et l'apparence. Cette évidence qui tient l'expérience sensible
pour infaillible est au fondement de l'empirisme. Elle peut être résumée par la phrase de
Protagoras qui affirmait que " l'homme
est la mesure de toute chose". Ce qui signifie que les choses
sont, "existent" telles qu'elles m'apparaissent. Cette thèse ne va
pas sans poser problème lorsqu'on veut connaître ce que sont les choses. Prenons
par exemple un souffle de vent. Il est possible que sous le même souffle de
vent l'un frissonne et l'autre pas. Si chaque homme possède sa propre vérité, que dirons-nous de ce
souffle de vent ? Qu'il est froid ou qu'il n'est pas froid ? Qu'il est froid
pour celui qui frissonne et qu'il n'est pas froid pour celui qui ne frissonne
pas ? A moins que les choses puissent à la fois être et n'être pas,
nous voilà fasse à une contradiction. • Le monde visible est un monde
marqué par le mouvement et le changement. Pour connaître nous avons besoin
d'un objet stable, permanent, qui soit identique à lui-même de toute éternité
(ce que Platon appelle une Idée). • Ainsi pour connaître je dois
apprendre à "voir" différemment le monde. Apprendre à
"voir" différemment suppose une conversion de mon regard. Puisque
rien ne me garantit que les objets que je perçois maintenant aient plus de
réalité que les ombres de la caverne, je dois saisir la réalité du monde
différemment, non plus par mon expérience sensible, mais par "le
regard" de l'esprit.
Attention le monde visible et le monde intelligible ne sont pas deux
mondes distincts. Le monde visible et le monde intelligible sont le même
monde, mais un monde dans lequel l'homme adopte une posture ou un regard
différent. le monde intelligible existe toujours en creux dans le monde
visible. |
ENTRETIENS SOUS L’ACACIA - TOME 1 |
Jean
Urcin & F. Pfohl |
Ivoire Clair |
2004 |
C’est
à un partage de réflexions que les auteurs nous invitent dans ces deux
tomes. Il en résulte des réflexions à bâtons rompus sur des sujets divers et
variés, symboliques bien sûr, mais aussi historiques et généraux. Par
leurs diversités, les sujets traités qui ne concernent pas seulement le Rite
rectifié des auteurs, constituent une line d’informations pour les
Francs-maçons de toute obédience et de tous rites et souhaitant développer
leurs recherches, ainsi que pour les non-maçons, les profanes, qui y
trouveront à chaque page, nombre de détails intéressants. Il
s’agit donc d’un livre destiné à un large public qui pourra, à travers sa
lecture, agrémenter sa culture générale. Au sommaire de ce premier tome les auteurs nous parlent
de : Les Landmarks - Le Grand Architecte de
l’Univers - Les constitutions d’Anderson
- Le triangle sur le mur oriental, au rite Rectifié -
Y – a-t-il une différence entre Judéo-maçonnique et
judéo-chrétien ? - Eglise et Franc-maçonnerie au 18e
siècle - A propos du sacré et du secret -
Les origines du polythéisme - Le bijou du 2e
surveillant :La perpendiculaire - L’heure du
bilan - Le Noachisme - Le triangle vers l’ouest
- De Maître Eckhart à Jacob Boehme - Du Moyen-Âge au
chevalier de Ramsay - Les intellectuels au Moyen-Âge
- Des croisades au discours de Ramsay - Diverses
initiations - A propos du tapis de loge - Le
cordon à houppes dentelées - Les heures au
R.E.R - Il est midi - Extrait
du catéchisme - Le temps sacré - Les
inscriptions latines du mausolée - La croix
- La Lumière - La voie rectifiée, une voie
mystique - Définition de la mystique
- Le désert intérieur et le Temple intérieur - La
Dame - |
entretiens sous l’acacia
- TOME 2 |
Jean
urcin & f. pfohl |
Ivoire-Clair |
2004 |
Poursuivant
le dialogue érudit qui, dans le premier volume de ces « entretiens sous l’acacia
» les a parfois menés des rives antiques du Nil, de l’Euphrate et du Jourdain
à celles plus brumeuses de la Tamise, de la Seine et du Tibre, Jean Ursin et
François Pfohl abordent ici, avec la rigueur, l’honnêteté mais aussi l’humour
qui les caractérisent, des sujets aussi éclectiques que la tempérance ou même
la comparaison des figures du prophète Élie et de St Jean Baptiste dans la
Bible et dans les rituels de la Franc-maçonnerie.
Au sommaire de ce 2e tome nous y trouvons : La Tempérance - Jean-Baptiste et la
tempérance - Le patron des compagnons - Es-tu
Elie ? - Qui est Elie ? - Jean-Baptiste et
Elie - Le solstice d’été - En Chine et en Grèce
- Bible et putanats - Prêtres de Baal -
Sécession et schisme - Juda et Israël -
Sarepta - Polythéisme et idolâtrie - Le sang
versé - La science et la foi - La Prudence
- Cycles de génération et de domination - Intermède
sur la prudence - Qui est Jean ? - Le quatrième
évangile - La Gnose - La gnose vu par
Daniel-Rops - Sic transit Gloria Mundi - Le monde hellénistique
- Pythagore - Connais-toi toi-même
- Sur la gnose, nous avons fait un beau voyage - Le
Tétramorphe et le Prologue - Le symbolisme des quatre
vivants - L’Apocalypse de Jean et les quatre vivants
- Le livre d’Ezéchiel - Le grand aigle
- L’esprit et son devenir - La Bible dévoilée au prologue
de l’Evangile de Jean - Un exemple du merveilleux chrétien ou le
mythe fondateur de la Nation Française - Le baptême de
Clovis - Politique et idéologie du roi Josias - Origine
du monothéisme juif, l’hypothèse égyptienne - Les colonnes du
Temple - Le Phénix - Hérodote livre II -
Le roi Salomon - La vieillesse de David - Salomon
prince héritier - Elimination par Salomon des opposants
possibles - Salomon, un bon jeune homme pieux -
Pierre Stables - |
ÉSOTÉRISME ET SPIRITUALITÉ MAÇONNIQUE |
Lhomme – Maisondieu et Tomaso |
Edition Dervy |
2002 |
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Première partie : Miscellanées : La thèse de Stevenson sur l’origine écossaise de la Franc-maçonnerie - les origines de la maçonnerie écossaise selon Kervella - Les origines opératives de la Franc-maçonnerie - les oubliés - la chambre des Grades en 1782 - Voyage au pays des maçons - le mémorial de Washington - les statuts de la société des Philosophes inconnus - Deuxième partie : Le Temple de Salomon : Le Temple - l’esplanade - le coin sud-est - la Bible et le Temple - le tunnel occidental - le tunnel d’Ezéchias - autour du Temple - Troisième partie : Judaïsme et Franc-maçonnerie : Hébraïsme et franc-maçonnerie - Esdras et Néhémie - la pierre de la fondation - le Sepher Yetsirah - les Sephiroth - Hiram Abif - l’impureté dans le judaïsme - Quatrième partie : Approfondissement et nouvelles approches du symbolisme maçonnique : Le soleil et la lune - les Nombres - Sagesse, Force et Beauté - la source et le sacrifice - la vengeance - les heures - la parole innommable - l’ancien et le nouveau grade de maître - Pax Profunda - le balancement - le signe de rejet - la pierre des bâtisseurs - Cinquième partie : Le Rite Ecossais Rectifié : Aperçu sur le RER - sa doctrine - les voyages - les données bibliques du Temple - aspect du Temple - René Guénon et le Rectifié - Eléments d’héraldique - la Parole perdue et le feu sacré - Sixième partie : Hommage à René Girard : Historique du Rite français - Réveil du Rite Ecossais Rectifié en France - la Fête chez les maçons - |
ÉsotḖrisme, occultisme,
franc-maçonnerie & christianisme au xixème et xxème
siècles |
M.F. james |
NOUVELLES
ÉDITIONS LATINES |
1981 |
Le
champ des rapports, interactions et interrelations entre l’ésotérisme,
l’occultisme, la Franc-maçonnerie et le christianisme demeure, encore
aujourd’hui, un domaine neuf et peu exploré. Le présent recueil qui se veut
essentiellement un instrument de travail et un outil documentaire
contribuera, nous l’espérons, à mieux faire connaître un certain nombre de
personnages méconnus des XIXème et XXème siècles qui ont marqué de leur
empreinte, chacun à sa façon et plus ou moins directement, la problématique
concernée.
|
Éthique, sagesse & spiritualitÉ dans
la franc-maçonnerie |
Francis
ducluzeau |
Edition
du Rocher |
2002 |
||
Enfin se
pose une question, contemporaine : quelle relation entre spiritualité et
sagesse ? Elles sont cousines plus que sœurs. Bien souvent, elles se
rencontrent dans une même personne et ne font pas mauvais ménage. L’une naît
d’un ressenti, d’un vécu, qu’ils soient spontanés ou favorisés ; l’autre
découle d’une réflexion sur l’existence, d’une philosophie incarnée. On peut
vivre une spiritualité sans en tirer de conséquences éthiques, voyez les héros
de Dostoïevski. Même si c’est rare, un sage n’a pas forcément de dimension
spirituelle – bien qu’il connaisse toujours une forme de compassion – car son
attitude peut être essentiellement rationnelle et consciente. Il y a des
sages inspirés, voir mystiques, version Swami indien, et des sages de pure
raison, comme le stoïcien Marc Aurèle. Une spiritualité, même intense, ne
constitue pas une assurance contre la souffrance. Tandis qu’une sagesse n’a
de sens que si elle aide à mieux vivre, à approcher de plus près le bonheur. Dégagée
désormais de l’obligation de se référer à une religion, la spiritualité
devient l’aventure possible de chacun. Une aventure aussi intime
qu’imprévisible qui oscille entre une impression cosmique et le simple accès
à une partie plus élevée de nous-mêmes. Elle se nourrit de beauté ou de
tragique, de solitude ou de partage, de silence ou de musique. Elle peut nous
rendre meilleurs ou plus vivants, elle attire ou elle inquiète. Humble ou
sublime, on peut parier qu’aucune de nos vies ne se déroulera jusqu’à son
terme sans que cette dimension de notre être ne se soit exprimée au moins une
fois. Au sommaire de cet ouvrage : Sortir de la confusion - le
sens d’une voie spirituelle authentique - les racines
sensibles de la Franc-maçonnerie - un ordre
initiatique traditionnel et universel - A propos de
l’initiation - Les fondements d’une loge
initiatique - Les « mystères » de la
Franc-maçonnerie - Connais-toi toi-même et tu
connaitras l’univers et les dieux - Se réconcilier
avec soi-même - Mieux vivre quotidiennement avec nos
émotions - Une liberté qui nous
questionne - Egalité, équité et
équanimité - La précieuse fraternité maçonnique et
initiatique - A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers
- Les diverses manifestations de la Tradition
- Spécificité des rites en Franc-maçonnerie
- Le sens caché sous le symbole - La
réalité du tout : du Un au Trois - Monde profane
et monde sacré - La triple dimension fondamentale de
l’homme - La foi d’un franc-maçon
- Un maçon dans une loge de Saint Jean -
L’évangile de Jean, un texte fondateur de portée universelle
- Perspectives pour une véritable harmonie de la vie
- |
ḖTIENNE BRUNO - la spiritualitÉ
maçonnique |
Bruno Ḗtienne |
EDITION
DERVY |
2006 |
L’homme
contemporain est à la recherche de sens, encore plus que de vérité. La Franc-maçonnerie,
par rapport aux religions et aux autres « offres de spiritualité » qui
produisent de l’orthodoxie et du dogme, propose une voie originale de
pratique d’une « éthique autonome et critique », laissant à chacun, comme le
souhaitait en son temps Spinoza, le soin de décider, pour lui, de sa morale.
Par la connaissance de soi et de l’Autre, elle permet à l’homme de «
s’accomplir » et de concevoir sa place dans le cosmos. |
ḖTIENNE
BRUNO - l’initiation |
Bruno
Ḗtienne |
EDITION Dervy |
2002 |
||
Mais
la vraie question est qu’en Occident et plus particulièrement en Europe on
confond souvent religion et Eglise catholique, or pour l’anthropologue le
champ religieux se conçoit de façon beaucoup plus large que par le simple
fait qu’il existe une divinité ou une Eglise institutionnalisée. Il s’agit
plutôt de savoir quelle est la conception qu’un groupe donné a de la place de
l’homme dans le cosmos. Dès lors on parlera plus volontiers de cosmogonie. On
peut ainsi mettre dans le champ religieux de nombreuses activités humaines
qui n’apparaissent pas comme étant liées à une divinité et à une Eglise
uniques. Nous aurons un ensemble de pratiques productrices de sens pour le
groupe qui y adhère, et dans ce domaine la maçonnerie avec ses rites et symboles
correspond parfaitement à cette définition. A.: L’athéisme serait
par conséquent inconcevable? B.E.:
L’athéisme
n’existe pas. D’abord, si je me déclare athée je me situe déjà par rapport à
Theos. Si je me dis agnostique confessionnel, alors je considère comme
équidistantes toutes les formulations que l’homme propose pour répondre à son
angoisse métaphysique et là nous sommes à nouveau dans le champ religieux. A.:
Comment
déterminer, en tant qu’anthropologue, l’adjectif «initiatique » aujourd’hui mis
à toutes les sauces? B.E.:
Pour
mes confrères et moi il est très précis. J’ai travaillé sur environ
quatre-vingt sociétés, confréries, corporations, ordres initiatiques dans un
assez large éventail de pays. On constate que le processus initiatique est le
même partout. L’initiation est en premier lieu un changement d’état, l’ego
n’est plus identique à ce qu’il était après ce mécanisme, il devient à la
fois un «moi» et un «nous». Dans toute l’anthropologie connue, actuelle ou
historique, il y a constamment dix à onze caractéristiques incontournables du
processus initiatique, seules changent les formes culturelles que prennent
les étapes. Celui de la franc-maçonnerie est archétypal et paradigmatique,
donc il est exact. A.:
Comment
envisages tu l’avenir de la maçonnerie dans cette Europe qui se construit,
péniblement mais se construit quand même? B.E.: La manière dont je
la vois ne correspond pas au chemin qu’elle prend. Il est à mon avis
nécessaire qu’en cette période de mondialisation et de matérialisme, abject
dans l’individuation absolue, que la maçonnerie soit ce que les Anciens
nommaient une «vigilance», notre ordre doit être un veilleur et un éveilleur,
quelles que soient les formes qu’il prendra dans son organisation et les
conditions dans lesquelles se bâtit l’Europe. Nous avons à dire que le monde
est aussi spirituel, la transcendance n’a pas disparu, nous avons à dire que
l’homme peut aussi se réaliser par l’ascèse, le travail sur soi. Si chacun
édifie son temple intérieur la maçonnerie ira mieux et ainsi l’environnement
où elle existe. A.:
Quelle
est l’origine de ton intérêt pour l’islam qui t’a conduit à écrire plusieurs
ouvrages remarqués sur le sujet? B.E.:
La
raison en est fort simple, je suis d’une génération de guerres coloniales
donc en 1959 je suis parti en Algérie. J’y ai appris l’arabe et soutenu l’une
des premières thèses sur l’indépendance de ce pays, où je suis resté jusqu’en
1974 après avoir occupé différents postes. J’ai ensuite été nommé professeur
à Casablanca, au Caire, à Istanbul. Est-ce hasard, nécessité, baraka? A.:
As-tu
un jardin secret? B.E.:
Les
arts martiaux, que je pratique depuis l’âge de quatorze ans. Je suis actuellement
4e dan de karaté. Etant donné ma spécialité je suis assez souvent invité dans
des universités japonaises. Deux fois l’an je rends visite à mon vieux maître
de karaté-do Mabuni Ken’ei au Japon, dont je pratique la langue. Je lui ai
fait écrire ses Mémoires et elles viennent d’être publiées chez Dervy, à
Paris, sous le titre La voie de la main nue. Tous mes travaux d’anthropologie
se trouvent confirmés par ce Monsieur, il arrive au même résultat qu’un Saint
Jean de la Croix sur le plan spirituel et cosmologique. Le karaté est pour
moi l’autre voie initiatique. A.:
Parles-nous
de l’Ordre maçonnique de La Fayette, décerné pour la deuxième fois cette
année, et dont tu as été récemment le récipiendaire? B.E.: J’ai quarante-cinq
ans de maçonnerie et j’ai accompli tout le parcours. Aujourd’hui je suis
l’aumônier de mon atelier. J’ai reçu cette distinction devant le Conseil de
l’Ordre parce que le Grand Maître Alain Bauer a estimé que j’avais fait du
bon travail. |
ḖTIENNE BRUNO
-les combattants suicidaires |
Bruno
Ḗtienne |
Edition L’Aube |
2005 |
Tous
les États honorent le sacrifice de leurs enfants morts pour la patrie. Pourtant,
les nations sont horrifiées par celui des combattants suicidaires du type «
kamikaze ». Expliquer et comprendre, même l’inadmissible, est le fondement du
métier de chercheur. Dans
ce texte inédit, Les Combattants suicidaires, Bruno Etienne nous fait
approcher, en étudiant le « terrorisme », l’imaginaire islamique qui se
constitue, le statut de la mort dans la culture monothéiste et dans l’islam,
le statut du suicide et du sacrifice patriotique et/ou religieux, confronté
avec ce que la psychanalyse nous enseigne sur la pulsion de mort et le
gouvernement de la mort dans une société.
Un
ensemble important et préoccupant. |
ḖTIENNE BRUNO - LA VOIE ET L’ENGAGEMENT - Fragments Maçonniques |
Bruno Ḗtienne |
Edition Entrelacs |
2012 |
Être
franc-maçon pour Bruno Etienne, c’est se livrer à une autre recherche
que celle du professeur ; non qu’elle soit irrationnelle, mais parce que
sa raison consiste à aller au-delà des fruits habituels de la science pour
pénétrer dans cet ailleurs et ce profond où l’être et l’univers se
confondent. Véritable recherche mystique, au sens premier : une quête
qui ne peut se dire avec des mots et des raisonnements, mais qui s’analysent
comme une expérience personnelle existentielle. Autant
le statut de professeur entraine la communication, la démonstration,
l’explication qui convainc, autant la recherche du franc-maçon s’accomplit
dans le silence, dans le retrait, dans la quasi mutisme : ce que
découvre le cherchant est une réalité incommunicable. Deux composantes de
Bruno Etienne, complémentaires sous certains angles, contradictoires sous
d’autres, qui apparaissent dans l’ensemble de son œuvre maçonnique. C’est
peut-être cela une vie. Ce
qui frappe dans le discours de Bruno Etienne, c’est la volonté et la
détermination avec lesquelles il organise l’unité de sa vie, unité menacée
comme pour chacun d’entre nous par l’appartenance à divers mondes qui se
rencontrent quelquefois mais qui souvent s’ignorent ou s’excluent. Il nous
rend attentif au cloisonnement pour ne pas dire déchirure, entre deux
appartenances, l’une professionnelle, l’autre associative, deux mondes, l’un
privé et l’autre public. En
tant que professeur il appartient à la sphère de la raison raisonnante où des
règles s’imposent, mais son appartenance à la Franc-maçonnerie et à la
pratique des arts martiaux, lui confère un savoir et une aura, car la
recherche qu’il mène l’oblige à aller au-delà de la science pour pénétrer
dans cet ailleurs, là où le profond de l’être se confond avec
l’univers. C’est à une véritable recherche mystique que Bruno Etienne s’est
livré toute sa vie, il nous restitue ici un certain nombre de réflexions sur
son cheminement ésotérique. Bruno
Etienne fut toute sa vie très mobilisé par le thème de l’initiation, il a
d’ailleurs écrit un ouvrage la dessus. De la même manière l’idée du
pèlerinage qui est proche de celle de l’initiation, l’a beaucoup mobilisé.
L’initiation est le commencement d’une longue marche et le pèlerinage,
géographique ou seulement imaginaire, est le parcours indissociable lié à une
descente en soi, à une marche pour se découvrir. Tout fait sens, alors : la direction du pèlerinage, le caractère à la fois individuel et collectif de la démarche que ne cessent de proclamer tous les marcheurs de Compostelle, comme ceux de la Mecque, le parallèle entre la découverte de l’ailleurs et celle du profond de soi-même, le caractère extrêmement solitaire de l’expérience, surtout lorsque ce voyage, sans déplacement physique, est une descente en soi pour y découvrir l’autre, son Soi. |
ḖTIENNE BRUNO - abd el – kader – le
magnanime |
Bruno
ÉTIENNE & F. POUILLON |
Edition
GALLIMARD |
2003 |
||
|
ḖTIENNE - ABD EL
KADER & LA FRANC-maçonnerie SUIVI DE SOUFISME &
FRANC-maçonnerie |
bRUNO ḖTIENNE |
Edition
Dervy |
2008 |
En
ce bicentenaire de la naissance de l’émir ‘Abd- al-Qâdir ibn Muhyi al-dîn
al-Hassanî al-Jazâ’irî, il nous a paru opportun de faire le point sur
certains aspects contestés de sa vie, si complexe, si dense, qu’elle a pu
faire l’objet d’appropriations partisanes. En ces temps troublés où
l’Histoire est revisitée des deux côtés de la Méditerranée, les chercheurs,
et particulièrement les historiens, ne peuvent accepter que les États leur
indiquent comment ils doivent écrire et enseigner l’Histoire, surtout quand
elle est nationalisée.
|
ḖTIENNE BRUNO -
heureux comme dieu en france |
Bruno
ÉTIENNE |
Edition
BAYARD |
2005 |
«
Heureux comme Dieu en France », dit le dicton. Mais quel Dieu et dans quelle
France ? À partir d’enquêtes de terrain et d’entretiens menés au sein de
l’Observatoire des religions, Bruno Étienne analyse les mutations du
rapport des Français aux religions.
|
ḖTIENNE BRUNO - une voie pour
l’Occident |
Bruno
Ḗtienne |
Edition
DERVY |
2001 |
Les réflexions proposées dans cet essai sur l’avenir de la Franc-maçonnerie s’appuient sur la double expérience de Bruno Étienne à la fois anthropologue et Franc-maçon depuis 1960.
|
ḖTIENNE BRUNO - les constitutions
d’anderson |
Bruno Ḗtienne |
EDITION
DE L’AUBE |
2007 |
James
Anderson (Aberdeen, Écosse, 1684 – 1739), pasteur de l’Église presbytérienne
d’Écosse à Piccadilly, a donné son nom à un ensemble de textes fondateurs de
la franc-maçonnerie connus sous le nom de Constitutions d’Anderson. Il avait
été chargé par la Grande Loge de réunir et de compiler l’histoire des charges
et des règlements d’après les anciennes constitutions. La
première version de ce texte parut en 1723, après avoir été soumise à un
comité de quatorze Frères – dont J.T. Désaguliers, amis de Newton, qui semble
être le rédacteur des deux articles principaux des Obligations du
franc-maçon. |
ḖTIENNE BRUNO - les 15 sujets qui fÂchent les
francs-maçons |
b. Ḗtienne & j. solis |
EDITION
DE LA HUTTE |
2008 |
||||||||||||||||||||
Au
cours d’une série de conversations / exposés animés par l’éditeur, le célèbre
anthropologue Bruno Etienne et le chercheur maçonnique Jean SOLIS abordent,
de façon enthousiaste « la dent dure », l’ensemble des points de discorde
entre les Francs-maçons, en France en particulier. D’une Franc-maçonnerie
séculière et clubiste, victime de ses propres travers politiques, et d’une
autre, spiritualiste plus régulière, nos duettistes dressent un inventaire
libre, sans concession et constructif, afin de réfléchir à ce qu’elle devrait
être aujourd’hui et demain.
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Étude sur la franc-maçonnerie amÉricaine |
Arthur preuss |
Paris |
1908 |
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Les
pères de l'indépendance américaine francs-maçons : L'un des premiers maçons
américains, initié en 1731, le savant Benjamin Franklin, devient très vite
Grand Maître Provincial de Pennsylvanie et exprime dès 1734 le souhait des
F\M\ de Pennsylvanie de se voir accorder une réelle autonomie. Il présentera
en 1754 le 1er projet de Confédération superbement ignoré par Londres. Il
sera plus tard l'envoyé des colons pour négocier, sans succès, un compromis
avec Georges III. Thomas Jefferson était issu d'une famille de propriétaire
d'esclaves et il en possédait lui-même. Cependant, dans son projet de
Déclaration d'Indépendance, un paragraphe condamnait George III qui avait
propagé l'esclavage dans les colonies. " violant les droits les plus
sacrés de la vie et de la liberté en la personne d'un peuple lointain, le
capturant pour le jeter en esclavage dans un autre hémisphère. Ce
paragraphe ne figurera pas dans la version finale " par égard pour la
Caroline du Sud et la Géorgie ", dira Jefferson et parce que " nos frères
du Nord, eux aussi, je crois, se sentirent quelque peu touchés par cette
réprobation ; car, bien que leurs populations possédassent elles-mêmes bien
peu d'esclaves, elles en comptaient d'importants transporteurs ".
Jefferson savait bien que les colons voulaient se rendre indépendants de
l'Angleterre, tout en conservant l'économie liée à l'esclavage. Pourtant
cette Déclaration d'Indépendance affirmera en 1776 " que tous les hommes
naissent égaux, que leur Créateur les a dotés de certains Droits inaliénables,
parmi lesquels la Vie, la Liberté et la Recherche du Bonheur ". On parle
d'abord de 50 sur 56 signataires de la déclaration d'indépendance qui
auraient été F\M\ (d'après l'historien Jacques de Launay), mais en 2001, le
Frère Jean-Marc Van Hill ne donne que 11 signataires, ce qui semble plus
vraisemblable. Des
loges noires se créent également. Prince Hall, un descendant d'affranchi,
initié en même temps que 14 autres Noirs par une Loge militaire britannique,
de constitution irlandaise fonde la première Loge noire. Il convaincra le
Frère Georges Washington (que les délégués des 13 colonies s'étaient donné
comme chef) de recruter des noirs et s'engagera lui-même. Mais il faudra
attendre Lincoln pour que le Ier major noir (qui était maçon) soit nommé, car
jusqu'en 1863 les Noirs se verront refuser le droit de s'enrôler dans l'armée
américaine. Mais
revenons à la Guerre d'Indépendance. Le Frère Lafayette, initié à Paris à
l'âge de 18 ans, entra dans une Loge militaire présidée par Washington. En
effet, le général favorise la création de Loges militaires car les insurgés
manquent de discipline et la maçonnerie semble un bon moyen à Washington pour
la leur inculquer. Revenu aux Etats-Unis en 1825, Lafayette dira en Loge,
devant ses Frères américains : " Après que je fus entré dans la
maçonnerie américaine, le Général Washington sembla avoir reçu une
illumination. Depuis ce moment, je n'eus plus jamais l'occasion de douter de
son entière confiance. Et peu après je reçus un commandement en chef fort
important " ; En effet, ce commandement lui fit prendre une part active
à la victoire de Yorktown en octobre 1781 qui fut fêtée en France, entre
autres, par l'illumination de Paris et suivie un an après, de la signature,
toujours à Paris, des préliminaires de paix entre Américains et Anglais. Il
est à noter que sous Napoléon qui était F-M ainsi que son frère Joseph,
beaucoup de soldats de l'Empereur étaient maçons. Cela s'expliquait par la
capacité sur un champ de bataille à s'entraider entre maçons car souvent les
combats se terminaient au corps à corps. Profitons-en
pour rappeler que des troupes alliées, essentiellement françaises, fortes de
10 000 hommes environ, 2112 français sont morts pour l'Indépendance des E.U.
Parmi eux, des Maçons français car pendant ces 8 années de guerre des F\M\ de
toutes nationalités, européenne et américaine, se sont battus. Histoire de la
F\M\ et histoire de l'indépendance américaine sont donc intimement liées.
Rien d'étonnant à ce que cette maçonnerie soit patriote, avec le culte du drapeau
(drapeau, entre parenthèses, choisi par une commission de membres dont le
Frère Franklin) et avec un serment d'allégeance à la Nation. Et George Bush
Jr, comme tous les présidents américains, a prêté serment sur la " Bible
maçonnique " sur laquelle George Washington avait prêté serment à New
York comme Ier Président des E.U. en 1789. C'est
encore George Washington qui, seul cas dans l'histoire, à la fois Président
de sa Loge et Président des E.U., a posé la 1ère pierre du Capitole revêtu du
tablier maçonnique brodé par Mme Lafayette à son intention… C'était en 1793,
époque à laquelle les F.M. français étaient en sommeil ou exilés, quand ils
n'étaient pas guillotinés comme l'amiral d'Estaing qui commandait la flotte
française durant la guerre d'indépendance. Des reliques maçonniques de
Washington et de Lafayette sont visibles au " George Washington National
Masonic Memorial ", l'un des plus grands bâtiments maçonniques au monde.
Lafayette qui est honoré au même titre que les autres " pères fondateurs
" de la République des E.U., non seulement par les maçons américains
mais par tous les américains. Pour la petite histoire, on est étonné
d'apprendre que 44 villes portent aujourd'hui son nom ainsi que 37 comtés et
pas mal de montagnes, ce qui doit tout de même être une belle source
d'erreurs ! Depuis 1834, année de la mort de Lafayette chaque 4 juillet, jour
de la Fête Nationale qui rappelle la Déclaration d'Indépendance, le
représentant du président des E.U. vient procéder à la relève du drapeau
américain flottant sur la tombe parisienne de Lafayette qui repose auprès de
son épouse. La
F\M\, y compris la F.M. du Grand Orient de France, a donc accompagné la
naissance des E.U. Et à Philadelphie se trouve le monument qui rend hommage
aux signataires de la Constitution américaine : leurs noms et leurs portraits
sont présentés au public avec leur appartenance maçonnique, ce qui représente
13 des 39 signataires de la Constitution des nouveaux Etats-Unis d'Amérique,
promulguée en 1787. A noter également le nombre invraisemblable de signes
maçonniques que l'on retrouve : sur les monuments des villes de Washington
dont le plan même est construit suivant des thèmes maçonniques. Le billet de
one dollar US est à lui tout seul une encyclopédie maçonnique. 1/3 des présidents
américains furent francs-maçons!
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EXPOSḖ GḖNḖRAL DE
LA TRADITION
|
Patrick Négrier
|
Edition Dervy
|
2018
|
Pour Patrick Négrier, il y a eu occultation
de la tradition à partir du IIème siècle de notre ère. La première
cause en est l’abandon du « voir » au profit de la croyance, la seconde
réside dans le déclin du symbolisme, remplacé par un littéralisme stérile. La
pratique du « voir » comme le code symbolique se transmettent.
L’auteur estime qu’à la fin du premier siècle, il y a eu rupture de
transmission dans les milieux juifs et chrétiens même s’il perçoit à la fois
en philosophie, avec le courant de la phénoménologie, et dans le courant
symboliste des persistantes, dans l’architecture ou l’art notamment. Patrick Négrier distingue une voie des rites
et une voie des pères spirituels ou des maîtres. Il est intéressant de noter
qu’il classe les ouvrages qu’il a publiés selon cette distinction. Il
identifie la voie des pères spirituels dans la Bible, à travers des figures
comme David, Salomon, Jésus ben Sirac et bien sûr Jésus de Nazareth. Ce
serait le courant johannique qui véhiculerait de manière privilégiée la voie
des maîtres : « On comprend alors, précise Patrick Négrier, qu’en
Jean 20-23, la distinction par Jésus
entre Simon-Pierre et Jean recouvrait la distinction fondamentale entre la
voie des rites incarnée par Simon-Pierre et celle des pères et des maîtres
spirituels incarnée par Jean. Or, cette distinction faite par Jésus entre ces
deux voies éclaire le passage de Jean 10, 16 sur les deux
« bercails », le premier étant composé des chrétiens membres des
fraternités johanniques suivant la voie des pères et des maîtres spirituels,
et le second des chrétiens membres des Eglises locales suivant la voie des
rites sacramentels. » Patrick Négrier prend le temps, et c’est
nécessaire, de décrire l’opposition toxique de Paul de Tarse, et de ceux qui
le suivirent, à la voie des maîtres et son interprétation de la voie des
rites bien qu’il ne fut pas témoin de l’institution du rite eucharistique.
Sur cette base et aussi cette perspective de la voie des maîtres, Patrick
Négrier traite plusieurs thèmes ésotériques : Les Lettres de Jean à sept
Eglises – le rite maçonnique comme méthode – l’ésotérisme de Genèse 1-2,
l’ésotérisme d’Ezéchiel – La signification des douze tribus d’Israël et des
douze apôtres de Jésus, etc. Il consacre un long développement au
Cantique des cantiques de Salomon qu’il commente point par point. Le Cantique
s’oppose au Lévitique notamment sur la question de la sexualité.
Contrairement au Lévitique, résolument hostile au corps, le Cantique associe
l’érotisme à la spiritualité, et rend à la femme une place essentielle,
« mère » spirituelle et prophétesse. Mais le Cantique, qui
s’inscrit dans la voie des maîtres s’oppose aussi au Lévitique parce que
celui-ci relève de la voie des rites. Ce rappel à la tradition est à la
croisée de nombreuses influences. Familier avec le grec ancien et l’hébreu,
Patrick Négrier lit les textes anciens dans la version originale mais il
s’appuie aussi sur Gurdjieff, Castaneda, Ramakrishna, ce qui explique
peut-être qu’il soit un lecteur lucide de Guénon, ce qui est rare. Il invite
à la tradition, soit à la transmission, à la fois identique et sans cesse
renouvelée. « On pourrait se demander, nous
dit-il : pourquoi s’intéresser aux cultures traditionnelles ?
L’intelligence de la tradition originaire ne suffit-elle pas ?
C’est-à-dire pour l’exprimer en d’autres mots, la religion naturelle tant théorique
que pratique ne suffit-elle pas ? Cette question appelle deux réponses.
D’abord, ce sont les cultures traditionnelles qui, en traitant du thème du
« voir », et en insinuant ainsi l’idée qu’il y a quelque chose à
« voir », et en insinuant ainsi l’idée qu’il y a quelque chose à
« voir » (comme le soutenait avec raison Socrate au livre VII de la
République de Platon, 517 b-c), nous confirment l’existence de la
tradition originaire et nous poussent par-là à tenter de la connaître. Et
ensuite les cultures traditionnelles nous servent de symboles vérificateurs,
au sens étymologique du mot sumbolon (objet de reconnaissance), en ce
que le fait de réussir à les interpréter effectivement (c’est-à-dire
complètement et de manière satisfaisante) nous permet de confirmer a
posteriori que nous avons bien « vu », c’est-à-dire compris, la
tradition originaire telle qu’elle avait été perçue et comprise par les
Anciens qui la codifièrent sous la forme des cultures traditionnelles. » L’ouvrage, fort intéressant en de nombreux
points, remet de l’exigence là où règne le plus souvent un certain
laisser-aller, et pose un cadre à la fois rigoureux et invitant à la liberté
à ceux qui voudraient réellement travailler. |
1 F
FONTAINE -
l’Élan |
Jacques
FONTAINE |
EDITION DETRaD |
2002 |
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Sommaire
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FONTAINE –
l’Énigme – la franc-maçonnerie – une spiritualitÉ pour agir |
Jacques fontaine |
EDITION
DETRAD |
2007 |
Cet
ouvrage pose les questions fondamentales de la nature initiatique réelle de
l’Ordre. Au-delà des clichés. Qu’est-ce que la spiritualité, précisément ? La
question ouvre l’évolution du statut de la religion, du déisme à une position
agnostique, dégagée de tout conditionnement ; centrée sur le développement de
l’être, seul responsable de lui-même. Transcendance toujours mais dépouille
des oripeaux du passé, car l’appel vers l’UN, de TOUT est la marque même de
l’Homme.
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FONTAINE –
l’enjeu – pour une franc-maçonnerie libÉrative |
Jacques fontaine |
EDITION
DETRAD |
2007 |
Cet
ouvrage pose franchement la question : « L’Ordre a-t-il toujours un intérêt
au XXIème siècle ? » Il faut donc définir ce que pourrait être l’évolution.
Permanence et changement tout à la fois. Lecteur,
vous aurez le plaisir de passer en revue les talents de la Franc-maçonnerie.
Elle en regorge. Mais lesquels correspondent aujourd’hui à une attente ? En
vérité les propositions citoyennes qui émanent de l’Ordre ne sont-elles pas
dépassées et son humanisme affadi ? Et pourtant sa vitalité spirituelle entre
en plein dans le champ actuel des questions sur les valeurs et le sens de la
vie.
|
FONTAINE -
l’envol du chef du tabernacle au souverain grand inspecteur gÉnÉral |
Jacques fontaine |
EDITION Détrad |
2002 |
L’envol
vient clore la série de l’éveil, l’essor et l’élan, ouvrages consacrés à une
lecture, à la fois nouvelle et incisive, du parcours initiatique maçonnique.
Jacques Fontaine déploie, dans l’envol, la magnifique structure profonde qui
articule, avec grâce et fermeté, les 33 degrés de l’écossisme.
|
FONTAINE – LE SAVOIR MAÇONNIQUE, UN CHEMIN DE CLARTÉ |
Jacques
FONTAINE |
ÉDITION
DERVY |
2011 |
||
Deuxième partie : Le savoir
à l’épreuve Le
passage, souffrance ou plaisir ? la souffrance, rédemptrice ou
éducatrice ? de la souffrance subie à la souffrance acceptée, la
souffrance dans le christianisme et en franc-maçonnerie, la souffrance en
Orient et en Occident, les quatre vérités du bouddhisme et de la
franc-maçonnerie, changer l’épreuve du plaisir.
Troisième partie : La
découverte du savoir S’enrichir
de la parole de l’autre, pourquoi l’autre m’est-il indispensable ?
améliorer l’écoute en tenue, cultiver la fraternité par le semblable, par
l’idéal du moi, comprendre et pratiquer la compassion. Quatrième partie : La
transmission du savoir Détenir
la quadrature du cercle, un temple avec des médianes et des angles, la croix
invisible de la circumambulation, faire passer le message spirituel, la
transmission spirituelle est une obligation, progresser par étapes de
sagesse, trois manières de former un franc-maçon, le processus initiatique en
plusieurs étapes. |
FONTAINE
– l’essence au cœur du rite maçonnique |
Jacques fontaine |
EDITION
DETRAD |
2007 |
Dans
cet ouvrage, Jacques Fontaine focalise l’attention sur l’importance
fondamentale du rite, le fonctionnement d’une Loge et le rôle de chacun€. Le
lecteur est ainsi amené à tirer des conclusions concrètes du processus
initiatique maçonnique. Il découvre l’originalité du rite par rapport au
théâtre, au culte et à l’hypnose. Il a ensuite l’occasion de remodeler le
degré de Compagnon, si démuni aujourd’hui. Il
peut aussi, en toute logique, décliner les conséquences du principe « Un
Maçon libre dans une Loge libre ». Enfin, le lecteur est invité à explorer la
formation souhaitable des Vénérables et la dynamique de la parole et du
silence dans une tenue. Ainsi
il se conforme au devoir maçonnique : le combat contre l’ignorance afin que
progresse la connaissance et que se diffuse l’harmonie. |
FONTAINE -
l’essor du maÎtre secret au grand Élu de la voÛte sacrÉe |
Jacques fontaine |
EDITION
MONTORGUEIL |
1994 |
Cet
ouvrage propose une lecture originale des grades de la Loge de perfection du
Rite écossais « ancien et accepté », le plus répandu dans le monde. La Loge
de perfection est une école initiatique puissante pour qui en détient les
clés.
|
FONTAINE –
l’Éveil – de l’initiation au maÎtre |
Jacques fontaine |
EDITION
DETRAD |
1995 |
La
majorité des ouvrages sur les trois degrés (Apprenti, Compagnon, Maître) de
la Franc-maçonnerie traitent des aspects symboliques ou/et moraux. Très peu
de livres, jusqu’à ce jour, s’efforcent d’explorer les raisons qui expliquent
pourquoi les parcours initiatiques maçonniques ont tant d’attrait. Les
connaître, c’est mieux les comprendre et les rendre encore plus efficaces et
passionnants.
|
franciscus. Èques a Capité
galeato - 1753 – 1814 |
Benjamin
fabre |
EDITION phénix |
2000 |
||
Mais le chapitre le
plus remarquable est « l’esquisse d’architecture » dans laquelle
l’Eques dénonce – sous une phraséologie convenue – la prolifération
des Loges et des titres, s’élève contre la fausseté des enseignements et
propose à ceux qui veulent suivre son Rit quatre degrés dans la connaissance
intitulés « chapitres essentiels de la Rose-Croix » ; le
premier : connaître les principes et les origines de la Franc-Maçonnerie
(puis s’en séparer rapidement) ; le second : l’étude de la
connaissance théorique ; le troisième : l’alchimie et
l’enseignement ; enfin, le quatrième : la réhabilitation de l’homme
intellectuel dans son rang et ses droits primitifs joint au désir d’en faire
jouir le plus grand nombre. La pièce s’achève sur la constatation que tout
cela n’est rien sans la découverte de « l’échelon ineffable »,
c’est-à-dire de l’Homme Libre, et porte en guise de colophon la
mention : J. XIII. 34, renvoi direct à l’Évangile de Jean qui rappelle à
tous les hommes, sans distinction, la clé de cette liberté : « Je
vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les
autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les
autres. » Une telle prise de
position fut reçue avec raideur par la plupart des courants maçonniques et
illuministes. Leurs buts étroits ne pouvaient concorder avec l’ouverture
d’esprit et la générosité de l’Eques. Cette différence rapprocha le Rit
Primitif de Chefdebien et le Rit Égyptien de Cagliostro, qui se trouvait en
butte aux mêmes critiques et à une campagne de dénigrement soigneusement
réglée ; Cagliostro et l’Eques eurent en effet en commun, qu’au fond,
ils se servaient de la Franc-Maçonnerie, comme d’un moyen à la mode, pour
faire « passer » leurs idées. Non seulement l’un et l’autre
recommandaient la charité universelle et la pratiquaient, par-dessus la
simple entraide mutuelle, mais encore ils préconisaient, comme seul gage de
réelle liberté, l’abandon pur et simple de l’enseignement classique et
traditionnel – Cagliostro, provocateur, ira même jusqu’à exiger des
Maçons la destruction de leurs archives – pour le remplacer par une
requête directe à Dieu. En 1785 le Convent
maçonnique des Philalèthes se déroula à Paris, organisé dans le but avoué
d’une réorganisation de fond et d’une réflexion générale sur les origines et
les buts de la Maçonnerie, il fut pour Cagliostro et Chefdebien l’occasion de
se lier étroitement – ils s’étaient déjà connus en 1781 à
Strasbourg – l’Eques ayant été délégué par le Convent pour tenter
d’adoucir les conditions que Cagliostro avait fixées à sa participation à cette
réunion. On ne pouvait envoyer plus mauvais ambassadeur, car dès lors les
deux hommes établirent de confiantes et amicales relations ; Chefdebien
s’excusa et fut remplacé par le baron de Gleichen dont le précieux témoignage
sur Cagliostro, dans ses Souvenirs (1868), est d’une émouvante
justesse. Le convent s’acheva d’ailleurs sur un constat d’échec :
l’unité tant souhaitée de la Maçonnerie ne pourrait jamais s’établir entre
les différentes obédiences et Cagliostro avait fait un adepte de plus. Par la suite, la
qualité et le ton des relations entre Cagliostro et l’Eques seront ceux que
nous connaissons pour la famille Sarrazin, pour le Cardinal de Rohan, pour
Thilorier et bien d’autres amis du Comte. Des entretiens familiers et
l’immense personnalité de Cagliostro firent que l’Eques abandonna sans
regrets les sommets illusoires auxquels il était parvenu, tout en conservant
les structures initiatiques que l’ordre social et son action bienfaisante lui
imposaient ; une volumineuse correspondance, dont une très faible partie
a été publiée nous montre l’évolution vers la simplicité de cet homme
qui était fait pour les plus hautes charges et pour le service du Pouvoir.
Dans ces lettres, son extraordinaire finesse d’esprit lui permet de donner
aux plus grands représentants des Loges, sans en avoir l’air, des leçons
d’humilité et de vrai savoir, toujours pleines d’éducation. Si son
rayonnement discret dans le monde initiatique du XVIIIème et du début du
XIXème siècle, a été fondamental, il ne fut et ne demeure pas moins sensible
et continu au XXème siècle et encore de nos jours. Cagliostro parti, lui est
là, introduit partout, donnant un conseil, rectifiant une pensée,
infatigablement en contact avec certains chefs de file comme Dom Pernety,
pour prolonger la pensée du Maître. On s’est souvent demandé qui avait repris
le Rit Égyptien de Lyon ; ce fut l’Èques à qui Cagliostro avait remis
tous ses pouvoirs, Cagliostro était, comme il se définissait lui-même
« un noble voyageur » et sa tâche immense ne pouvait se limiter à
Lyon, ni même dans la fondation d’un rit particulier : l’Eques était le
seul homme sur l’autorité duquel il pouvait réellement faire reposer cette
partie de son héritage spirituel ; le marquis de Chefdebien s’acquitta
de cette tâche de 1786 jusqu’à sa mort en 1814. L’Eques, dans la
trace lumineuse de son Maître, demeure l’un des acteurs majeurs des tendances
mystiques de la Franc-Maçonnerie, à l’instar – et parfois en apparente
contradiction et opposition – de certains « petits maîtres »
tels Pernety, le chevalier de Corberon, le marquis Savalette de Langes, le
chevalier de Cagarriga, Louis-Claude de Saint-Martin et quelques autres, qui
entretinrent soit dans leurs Loges, soit dans leur entourage, le respect de
la liberté, la prière sacerdotale, le soin attentif aux malades, l’amour du
genre humain et par-dessus tout la charité. Mais surtout l’Eques annonçait à
ses amis que : « la lecture fréquente et réfléchie des Livres
saints, mettra à portée d’apprécier l’Homme-Dieu et sa doctrine
sublime ; l’approbation que l’on ne pourra s’empêcher d’accorder à ses
préceptes, donnera peu à peu le désir et le goût de ces pratiques ; par
un heureux retour, cette sainte pratique réactionnera et étendra le goût avec
les lumières et par là on parviendra sans incertitudes et sans obstacles à la
perfection, au bonheur et à la science divine, qui sont le but sublime, où
tendent tous les travaux des vrais et légitimes frères maçons Il
restera toujours un échelon ineffable à monter en ce jour auguste et solennel
où la matière ayant fini son temps et l’homme terminé son épreuve la
Parole de CELUI QUI EST retentira encore une fois dans les voûtes
incommensurables de l’abîme » Cette conclusion de la « pièce
d’architecture », reprenant la définition que son Maître donnait de lui-même,
situe la position qui fut toujours celle du marquis de Chefdebien :
l’Espérance. |
FRANC-maçonnerie
ET aLCHIMIE - LA RECHERCHE DE LA
PIERRE CACHḖE DES SAGES |
J. F. Blondel |
Edition
Trajectoire |
2015 |
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Qu'est-ce
que la mort ? » Introduit dans le « cabinet de réflexion », une pièce exiguë
et obscure, le néophyte désirant entrer en franc-maçonnerie est ainsi mis en
contact avec l'alchimie. C'est là qu'il découvre pour la première fois les
grands principes alchimiques tels que le Soufre, le Sel et le Mercure, ou ce
mystérieux acrostiche « V.I.T.R.I.O.L. », dont il apprendra plus tard le
symbolisme profond. Dans
la théorie alchimique, les grands principes ou forces vitales qui animent le
monde sont contenues tant dans les métaux que dans les planètes. Les
alchimistes travaillant sur les métaux reconnaissaient sept métaux auxquels
ils attribuaient le nom et le signe des sept planètes ; Or ou Soleil, Argent ou Lune, Mercure, Plomb ou Saturne, Etain ou Jupiter, Fer ou Mars, Cuivre ou Vénus. Ils doivent
tous dériver d’une même source : la matière première. En
effet, Héphaïstos fils unique de Junon, reine de l’Olympe et de Zeus ne fut
pas reconnu par son père qui le jeta du haut de la montagne. Cela le
rapproche des fils de veuves célèbres, et de la boiterie initiatique. Dans
les mythes, le Pouvoir n’est pas tendre avec celui qui « connaît » les
secrets et les divulgue aux « dominés » afin de leur permettre de se libérer.
De Prométhée à Adam, les « forgerons « sont estropiés. Héphaïstos est boiteux
et difforme, Varuna, Tyr, Odm, Alfado sont estropiés. La perte de leur
intégrité physique est le prix de leur science : ils ont subi la colère d’un
dieu jaloux de ses privilèges. Ils portent les marques de la vengeance des
Dieux. Pour les grecs, Héphaïstos représente le feu intérieur de la terre,
comme celui qui habite le cœur de l’Homme.
Au sommaire de cet ouvrage : Pourquoi et comment l’alchimie a-t-elle été introduite dans la
Franc-maçonnerie - L’Ecossisme -
Les frères de la Rose+Croix et leur influence - Le
Moyen Âge avec Villard de Honnecourt et l’Art de la Géométrie
- Le renouveau humaniste de la Renaissance -
Hermétistes, Kabbalistes et alchimistes -
L’apparition de la Franc-maçonnerie en Ecosse et en Angleterre
- Les évolutions de la Franc-maçonnerie au cours du 18e
siècle - L’ésotérisme de l’Occident - La
Franc-maçonnerie débarque en France - Les courants illuministes
et leur influence dans la franc-maçonnerie - La Théorie
occultiste selon René Le Forestier - De l’hermétisme à
l’alchimie - La Table d’émeraude ou Tabula Smaragdina
- Origine et doctrine de l’alchimie - Les étapes et
la conduite de l’alchimie - le Grand Œuvre
- Les différentes étapes de l’alchimie -
Symboles alchimiques ou maçonniques ? - Le
soleil et la lune - Le delta lumineux - Le Rébis
alchimique - La rose alchimique - Le Phénix et le
Pélican - Rose+Croix et alchimistes, une singulière
rencontre - la filiation lointaine du rosicrucianisme
- Le cercle de Tübingen et les manifestes du 17e
siècle - L’évolution de la Rose+Croix du 17e siècle à
nos jours - Un siècle après le temps de la Fama
- La Royal Society et les adeptes de la Rose+Croix - La
Gold und Rosenkreutz : un ordre maçonnique et rosicrucien -
La réception de Sigismund Backstrom à l’île Maurice en 1794 - La
quête de l’immortalité chez les anciens Rose+Croix - Les
mystères de l’Ecossisme - Origine du grade de Maître
Ecossais - Historicité du Rite Ecossais - 1802, création du
Rite Ecossais Ancien et Accepté - la devise Ordo ab
Chao - L’alchimie dans les trois premiers degrés
symboliques - L’alchimie dans les loges de perfection, les
degrés capitulaires et les Aréopages - Le compas des
sages de la Rose+Croix d’Or - Le Rébis de Basile Valentin
- Symboles hermético-maçonniques - |
FRANC-MAÇONNERIE
ET COMPAGNONNAGE |
Jean François Blondel |
Edition Trajectoire |
2016 |
Les trois premiers grades de la franc-maçonnerie possèdent les
mêmes noms que ceux qui étaient autrefois en usage dans les communautés de
métiers dans la plupart des pays d'Europe, pour désigner les trois états
successifs de leurs membres : apprenti, compagnon et maître. Ce fait,
allié à la revendication de l'Ordre maçonnique d'être une continuité
organique des loges médiévales de tailleurs de pierre (maçons, au sens ancien
du terme), est à l'origine d'un certain nombre de confusions, notamment en ce
qui concerne la parenté entre la franc-maçonnerie spéculative et les
compagnonnages de métiers, tout particulièrement en France. Le problème de savoir si la franc-maçonnerie spéculative est ou
non la réelle continuité des loges britanniques de tailleurs de pierre reste,
à l'heure actuelle, sans réponse absolument certaine. Aucun document ne
permet en effet de l'affirmer, mais le fait même que des traditions et
symboles proviennent bel et bien de ces loges ne permet pas non plus de l'infirmer.
En réalité, le véritable problème se situe davantage dans la question des
modalités et des motivations ayant pu conduire, soit à la transformation de
la maçonnerie opérative en franc-maçonnerie spéculative, soit à
l'appropriation par cette dernière d'un cadre jugé propre à servir de support
à sa dimension spéculative. C'est là un sujet fort complexe, qui reste en
débat chez les historiens de la franc-maçonnerie, et dont tous les aspects
n'ont pas encore été explorés. Quoi qu'il en soit, la franc-maçonnerie, en gagnant la France,
s'est trouvée face à des organisations de métiers qui étaient alors à
l'apogée de leur vitalité : Compagnons du Devoir et autres sociétés de
compagnonnages présentes sur le « tour de France ». Ces sociétés pratiquaient des rites initiatiques lors de la
réception de l'aspirant au rang de Compagnon, seul « grade » mais
qui était souvent divisé en deux états : Compagnon Reçu et Compagnon
Fini (cette seconde partie de la Réception intervenant généralement six mois
après la première, délai consacré à l'instruction compagnonnique). La plus
grande partie de ces sociétés reconnaissaient pour fondateur Maître Jacques,
un tailleur de pierre qui aurait travaillé sur le chantier du temple de
Salomon, selon une version de sa légende, ou sur celui des tours de la
cathédrale d'Orléans, selon une autre version. Les charpentiers, les
couvreurs et les plâtriers étaient pour leur part des « enfants »
du Père Soubise, collègue de Maître Jacques (soit à Jérusalem, soit à
Orléans). Enfants de Maître Jacques et enfants du Père Soubise composaient le
Devoir, tandis que les Compagnons « Étrangers » tailleurs de pierre
et les sociétés « non du Devoir » ou « de Liberté » (plus
tard « du Devoir de Liberté ») formées à l'origine par les
menuisiers et serruriers dits « gavots » (scission d'avec ceux du
Devoir) – auxquels s'ajouteront au début du XIXe siècle les charpentiers
« Indiens » (scission d'avec ceux du Devoir) – reconnaissaient pour
seul fondateur le roi Salomon. L'histoire de ces sociétés est très mal connue. Les légendes
elles-mêmes sont de peu de secours car elles n'ont été relatées que
tardivement (1839), à une époque où des éléments hétérogènes étaient venus
s'y mêler inextricablement. Les compagnonnages n'émergent dans l'histoire
documentaire que vers le milieu du XVIe siècle, mais l'on peut
raisonnablement supposer qu'une partie d'entre-eux, notamment ceux des
métiers de la construction (tailleurs de pierre, charpentiers, menuisiers et
serruriers), descendent assez directement d'organisations crées par les
bâtisseurs des cathédrales gothiques et que les fondements de l'organisation
compagnonnique remontent au moins au tout début du XIIIe siècle. Nous
rejoignons là un milieu et une époque identiques à ceux dont la franc-maçonnerie
britannique prétend tirer son origine. Si les lacunes documentaires ne permettent pas d'envisager
l'existence de relations organiques entre les compagnonnages continentaux et
les loges opératives britanniques (mais les voyages des maîtres maçons
français en Angleterre et ailleurs sont attestés), il est cependant certain
que, très tôt, probablement dès les années 1730, certains Maçons et certains
Compagnons se sont posés la question de savoir s'il existait un lien de
parenté entre leurs organisations respectives, et cela même si de nombreux
Maçons spéculatifs, aristocrates ou bourgeois, tenaient les gens de métiers
comme étant de trop vile condition pour les fréquenter en Loge. Le cas est
d'autant plus probable en ce qui concerne les Compagnons tailleurs de pierre
des deux rites – enfants de Salomon (les Étrangers) et enfants de Maître
Jacques (les Passants) –, car un certain nombre d'entre eux poursuivaient
leur carrière en tant qu'architectes, ingénieurs, entrepreneurs, etc.,
c'est-à-dire appartenaient aux catégories socio-professionnelles dans
lesquelles recrutaient les Loges. Leur emblématique présente des similitudes
très poussées avec celle de la franc-maçonnerie, qui ne s'arrêtent d'ailleurs
pas à l'entrecroisement du compas, de l'équerre et de la règle, ni aux outils
tels que le niveau ou le maillet et le ciseau, mais touchent également à des
symboles « spéculatifs », telle que la sphère armillaire, symbole
vitruvien attesté chez les Compagnons Passants tailleurs de pierre de Paris
dès 1726. Mais, concernant les instruments de la géométrie et les outils
du métier, cette ressemblance formelle ne trahit rien d'autre que le fait que
l'une et l'autre de ces organisations se fondent sur la taille de pierre,
réellement ou symboliquement. Quant aux autres symboles liés à l'architecture
et aux sciences en général, telle la sphère armillaire, leur emploi est trop
général dès le XVIe siècle, notamment dans les frontispices de livres et les
marques d'imprimeurs, pour que l'on puisse en tirer des conclusions sur le
plan des filiations historiques (notons cependant que cela atteste nettement,
dans une grande partie de l'Europe, d'un intérêt spéculatif pour
l'architecture, et cela depuis la redécouverte de l'œuvre de Vitruve en
1486). Il faut également souligner le fait que, dès la fin du XVIIIe
siècle mais surtout dès le début du XIXe, les sociétés de compagnonnage ont
eu accès à la plus grande partie des légendes, des rites et des symboles de
la franc-maçonnerie, et qu'elles y ont largement puisé pour écrire ou
réécrire leurs propres rituels. Si cet accès résulte quelquefois de
l'affiliation de Compagnons aux Loges maçonniques – le fait est attesté dès
avant la Révolution de 1789 –, il convient surtout de prendre en
considération le rôle de toutes les divulgations imprimées à l'aide
desquelles les « profanes » pouvaient avoir connaissance des
« secrets de la Maçonnerie ». Soucieux de donner eux-aussi
l'apparence d'une antiquité respectable et extraordinaire à leurs sociétés,
les Compagnons y ont puisé sans scrupule matière à enrichir leurs traditions. L'importance et la facilité de cette « pollution »
pourraient s'expliquer par la relative proximité qu'auraient eue les deux
traditions, compagnonnique et maçonnique. Mais cette proximité est rendue
très hypothétique par les quelques anciens rites de Réception compagnonniques
dont nous avons connaissance, notamment par la Résolution de la Sorbonne de
1655, concernant les selliers, les cordonniers, les couteliers, les
chapeliers et les tailleurs (d'habits). Les variantes y sont nombreuses, mais
toutes s'articulent autour d'épisodes de la vie du Christ, et plus
particulièrement de la Passion. Même constat pour les anciennes sociétés
forestières, tels les Bons Cousins Charbonniers ou Fendeurs : il s'agit d'initiations
profondément chrétiennes, et c'est tardivement, sous l'influence de la
franc-maçonnerie, qu'y sont introduits des éléments laissant croire
ultérieurement à une origine commune d'avec celle-ci. En tout état de cause, ce qu'il importe de retenir, c'est
que la franc-maçonnerie et les compagnonnages sont des organisations
nettement distinctes, qui, du fait même du rôle fondamental qu'elles
accordent au métier – symboliquement pour l'une, réellement pour les autres –
plongent nécessairement leurs racines, historiques et/ou idéales, dans un
substrat culturel en grande partie commun et dans lequel le temple de Salomon
occupe la position d'archétype incontournable. |
FRANC-MAÇONNERIE & KABBALE |
Marie Delclos |
Edition Trajectoire |
2014 |
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Lorsque les rituels de la Maçonnerie spéculative s’élaborèrent, les chrétiens s’étaient emparés de la kabbale juive, la transformant, pour les besoins de la cause, le problème c’est que de très nombreuses fautes, d’incompréhension, de mauvaises traductions écrites et orales, émaillèrent ces rituels et très souvent en déformèrent le sens original, certaines traductions disant carrément le contraire. C’est ainsi que Pic de la Mirandole (1463-1494) christianisa la kabbale juive, parce qu’il pensait que c’est à travers un système intellectuel architecturé comme celui de la kabbale que l’homme peut approcher des mystères. Au siècle suivant Reuchlin la développa en publiant son De arte cabalistica en latin en 1517, et François 1e se fit enseigner en 1519, « la très sainte et très chrétienne cabale » par son aumônier, le franciscain Jean Thenaud, et lui commanda un « traité de la Kabale » qui restera manuscrit. Au sommaire de cet ouvrage : Qu’est-ce que la kabbale ? - La kabbale et les chrétiens ; Des premiers Pères de l’église aux kabbalistes chrétiens - les trois points - De Houzzé à Hosché - Les deux colonnes Yakhin et Boaz - Hiram et la Kabbale - Le redressement d’Hiram du signe d’horreur aux « cinq points parfaits de la Maîtrise » - M. B. le mot substitué ou le mot du Maître - Le chevalier prussien ou Noachite 21e du REAA : la clé de ma maçonnerie - Le chevalier de Royale Hache ( 22e degré du REAA) - Le chevalier du Soleil ( 28e degré du REAA) - Le chevalier Kadosh et l’échelle mystique ( 30e degré du REAA) - Les mots hébreux, les personnages et les mots sacrés - Le temps sacré du maçon du premier au seizième degré - |
franc-maçonnerie & catholicisme |
Max
heindel |
EDITION
LES BEAUX ARTS |
1998 |
Cet
ouvrage met en parallèle les 2 grands courants de pensée qui animent
l’humanité : la Religion et la Science. D’un côté on trouve les fils de Seth,
obéissants et passifs, de l’autre les fils de Caïn, révoltés mais ingénieux.
L’auteur essaie d’expliquer que ces 2 courants loin d’être opposés doivent
être complémentaires. On y trouve : Lucifer,
la légende maçonnique, la Reine de Saba, la mer d’airain, Melchisédech,
l’alchimie spirituelle, la pierre philosophale, l’initiation et l’Armageddon. Pour Jérôme Rousse-Lacordaire de 1738 à 1983, le catholique appartenant à la
franc-maçonnerie était excommunié. Avec le nouveau Code de droit canonique,
qui ne mentionnait pas la franc-maçonnerie cette discipline catholique parut
avoir disparu, mais en novembre 1983 la Congrégation pour la doctrine de la
foi publia une déclaration réitérant l’interdiction de cette double
appartenance. Ce qui était déjà en jeu à l’époque et qui l’est encore
aujourd’hui, c’est la détermination de « l’essence objective » de
la franc-maçonnerie. En effet, l’ensemble des griefs avancés à l’encontre de
la franc-maçonnerie pointe dans la direction d’une concurrence entre deux
institutions qui partagent un certain patrimoine symbolique et rituel commun. Pour l’essentiel, les condamnations
antérieures reposaient sur des raisons à la fois juridiques morales et plus
proprement religieuses. Les sources immédiates de la déclaration romaine de
1983 montrent à la fois une certaine continuité et des changements dans cet
argumentaire. En effet, si auparavant, ne serait-ce que quantitativement, les
principaux motifs de la condamnation étaient ceux de l’immoralité du serment
du secret et de l’illégalité des associations secrètes, désormais c’est pour
l’essentiel une raison doctrinale qui est mise en avant : le relativisme
foncier de la franc-maçonnerie, renforcé par sa pratique essentiellement
symbolique et rituelle. En conséquence de quoi, s’il n’est plus excommunié,
le catholique qui appartient à la franc-maçonnerie est en état de péché grave
et ne doit pas communier. Parmi
les catholiques certains interprètent de manière très littérale cette
déclaration, voire en accusent les traits les plus hostiles à la
franc-maçonnerie ; d’autres, au contraire, adoptent une attitude plus
pondérée, soit qu’ils s’en tiennent à une interprétation stricte de droit,
soit qu’ils cherchent à distinguer différents courants dans la
franc-maçonnerie, dont quelques-uns seraient conciliables avec une
authentique appartenance catholique. Aussi, s’agit-il finalement de savoir
comment situer l’initiation et la symbolique maçonniques par rapport à
l’initiation et à la symbolique chrétiennes. |
FRANC-MAÇONNERIE ET HISTOIRE DE FRANCE |
Christian
Doumergue – Préface d’Alain Bauer |
Edition de l’Opportun |
2016 |
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Les loges offraient la possibilité de se réunir et de festoyer par-delà les barrières religieuses. L'ouverture d'esprit qui animait les fondateurs de la Grande Loge de Londres se manifesta par la rédaction des Constitutions d'Anderson, lesquelles n'imposaient qu'une seule « religion » : l'amitié. Malheureusement, les hommes n'étant que des hommes, le conservatisme reprit force et vigueur et en 1738, puis en 1815, la Grande Loge de Londres imposa la croyance en dieu à ses membres. En
France, la franc-maçonnerie serait apparue à Saint-Germain en Laye, en 1688.
Les Stuart et la noblesse écossaise réfugiés en France après la Révolution
d'Angleterre auraient souhaité constituer une loge dans le célèbre château où
naquit Louis XIV. Mais là encore les avis diffèrent quant à la naissance de
la première loge française. Etienne Gout soutient que la première loge connue
dans notre pays devait sa fondation, le 1er juin 1726, à des militaires
irlandais enrôlés dans l'armée de Louis XV. Elle se réunissait dans une
taverne à l'enseigne du « Louis d'argent », près de Saint-Germain des prés.
André Combes certifie que la première loge française est ouverte en 1725 à
Paris par des catholiques stuartistes réfugiés. Cependant, un fait est établi
: la naissance de la première obédience française. La première Grande Loge de France aurait été
créée entre mai et juillet 1728 par le duc de Wharton, ancien grand-maître de
la Grande Loge de Londres. Mise en sommeil, la Grande Loge de France est
réveillée en 1735 et choisit Mac Lean comme Grand-Maître. Mais la GLDF était
encore dépendante de la Grande Loge de Londres. Pour cette raison, certains
historiens ne reconnaissent la création de la GLDF qu'avec l'élection du duc
d'Antin à la Grande-Maîtrise en 1738. La même année, le pape Clément XII
condamne la franc-maçonnerie. Il craint la propagation du protestantisme et
de l'agnosticisme en Europe par le biais des loges. La franc-maçonnerie
présente en Grande-Bretagne et en France se développe dans toute l'Europe. La
première loge russe naît en 1717, en Belgique en 1721, en Espagne en 1728, en
Italie en 1733 et en Allemagne en 1736. Cette rapide expansion est due à la
forte représentation des militaires dans l'institution. Ceux-ci étant amenés
à se déplacer, contribuèrent à la création de loges lors de leurs campagnes.
Hélas, la première obédience française est atteinte de graves troubles. En
effet, des clans s'organisent après la mort du duc d'Antin. C'est Louis de
Bourbon-Condé qui devient le nouveau Grand-Maître de la Grande Loge de France
mais il ne peut empêcher la formation de deux camps diamétralement opposés :
les "lacornards" et les "antilacornards". Lacorne est le
Second Substitut du comte Louis de Bourbon. Lacorne se serait emparé de la
direction de l'obédience en plaçant ses partisans aux postes importants. Les
"lacornards" sont des grands bourgeois alors que les
"antilacornards" sont des aristocrates. Cette guerre fratricide va
entraîner la dissolution de la Grande Loge de France le 24 décembre 1772. Des
cendres de cette obédience va naître la Grande Loge Nationale de France (1ère
du nom) qui devient le Grand Orient de France quelques mois plus tard. La cohésion des loges est atteinte avec la création du
Grand Orient : en 1773. En 1777, le Grand-Orient de France possédait trois
cents loges. Les francs-maçons sont souvent appelés les « fils de la Lumière
», le rapprochement avec le siècle des Lumières est donc facile. Il est vrai
que nombre de philosophes furent maçons comme Voltaire, Montesquieu, le
marquis de Sade, mais aussi Goethe et Lessing (qui contribuèrent à
l'Aufklarung, les Lumières allemandes). L'appartenance de certains
philosophes à l'institution maçonnique va entraîner une des plus grandes
mystifications littéraires du XVIIIe siècle : la thèse du complot ourdi par
les loges maçonniques contre l'Eglise et l'Etat. Elle est imaginée par le
jésuite Augustin Barruel et développée dans les Mémoires pour servir à
l'histoire du jacobinisme (1797). La mystification de Barruel est bien
structurée. Dans un premier temps, il dénonce l'influence des philosophes sur
la société française et dénigre leur agnosticisme, voire leur
anticléricalisme. Les traces de l'anticléricalisme des philosophes étaient
effectivement perceptibles dans le Dictionnaire Philosophique de Voltaire et
dans L'Encyclopédie de Diderot. Dans un deuxième temps, le jésuite tente de prouver
l'appartenance des philosophes à la franc-maçonnerie par le biais
d'arrière-loges qui auraient été les laboratoires de la Révolution. Enfin,
Barruel crée une théorie qui laissera des traces jusqu'au vingtième siècle :
l'influence des Illuminés, sorte de super-maçons qui auraient entraîné les
loges à la préparation de la sédition. Barruel s'était appuyé sur la
puissance des Illuminés de Bavière, un ordre paramaçonnique aux idées
rationalistes. La réalité historique est fort éloignée des élucubrations
de Barruel. La franc-maçonnerie dans son ensemble n'inspira pas la
Révolution. En revanche, certaines loges pratiquaient les doctrines
philosophiques des Lumières, et notamment la loge des Neuf Sœurs. Les
principes de liberté d'égalité et de fraternité étaient effectifs dans
quelques loges. La monarchie n'autorisait le port de l'épée qu'aux nobles.
Les loges s'emparèrent de ce symbole de l'élitisme pour le détourner. Les
francs-maçons portaient tous l'épée en loge quel que soit leur statut social.
Des archives de loges ont été retrouvées au XIXe siècle et les historiens ont
constaté avec surprise que la devise « Liberté, Egalité, Fraternité »
figurait dans les registres. Mais cette fraternité effective n'était pas
omniprésente en Maçonnerie. L'historien Daniel Ligou signale que les
artisans, les boutiquiers, les juifs, les pauvres et les comédiens étaient
très souvent exclus des loges. Cette anecdote témoigne de l'absence
d'égalitarisme dans la majorité des loges françaises. Il est donc exact que
la franc-maçonnerie n'a pas directement inspiré la Révolution française. Mais
il est également vrai que la Maçonnerie accueillit dans ses ateliers des
hommes de progrès. Ils firent rejaillir à l'extérieur des temples les
connaissances qu'ils avaient acquises en loge. Parmi ces hommes se trouvaient
: Marat, Lafayette, Mirabeau et Desmoulins. Enfin, pour être tout à fait précis, il est important de
signaler que la Terreur donna l'occasion au Grand-Maître du Grand-Orient de
se faire remarquer. En, effet, Philippe Egalité, cousin de Louis XVI vote en
faveur de l'exécution du roi. Sa décision frappe de stupeur l'Assemblée y
compris Robespierre qu'on surnomme « le tigre assoiffé de sang ». Le
Grand-Maître se justifie par ces mots : Uniquement occupé de mon devoir,
convaincu que ceux qui ont attenté ou attenteront par la suite à la
souveraineté du peuple méritent la mort, je vote pour la mort...Après avoir
renié ses racines, Philippe Egalité trahit la franc-maçonnerie en adressant
une lettre emplie de mépris au secrétaire du G.O. : Comme je ne connais pas
la manière dont le Grand Orient est composé, et que, d'ailleurs, je pense
qu'il ne doit y avoir aucun mystère, ni aucune assemblée secrète dans une
république, surtout au commencement de son établissement, je ne veux plus me
mêler en rien du Grand-Orient ni des assemblées de francs-maçons. Affaiblie par la Révolution française, la franc-maçonnerie
va reprendre force et vigueur sous le Directoire. Elle va être dûment
contrôlée sous le Premier Empire. En effet, Napoléon ne souhaitait pas
détruire cette institution, il préféra y faire affilier la majorité de ses
maréchaux et une partie de sa famille. Parmi les vingt-six maréchaux
d'Empire, dix-huit étaient francs-maçons. Le Grand-Orient fut même dirigé par
Joseph Bonaparte, le propre frère de Napoléon, à partir de 1805 et son
adjoint fut l'archichancelier Cambacérès. Jamais, dans l'histoire de France,
la franc-maçonnerie n'aura été autant contrôlée. L'empereur avait un moment
envisagé d'interdire la Maçonnerie mais y avait renoncé à la suite d'une
démarche passionnée du Frère Masséna. Fin stratège, Napoléon savait qu'il
valait mieux avoir la franc-maçonnerie avec soi et déclara : Aussi longtemps
que la maçonnerie n'est que protégée, elle n'est pas à craindre ; si, au
contraire, elle était autorisée elle deviendrait trop puissante et pourrait
être dangereuse. Telle que 'elle est, elle dépend de moi, et moi je ne veux
pas dépendre d'elle. Le 22 octobre 1804, le frère de Grasse-Tilly crée la
Grande Loge Générale Écossaise. Napoléon voit d'un assez mauvais œil la
naissance d'une deuxième obédience. Pour être mieux à même de « protéger » la
franc-maçonnerie, il impose un concordat au Grand Orient et à la Grande Loge
écossaise dès 1804. L'obéissance des loges à l'égard de Napoléon sera
soulignée par de nombreux historiens. Cette soumission avait pour raisons
l'extrême surveillance de la franc-maçonnerie par la police de Foucher mais
aussi la sincère adhésion au régime de la plupart des francs-maçons. Dans les
premiers mois de la Restauration, la franc-maçonnerie va être une période
noire pour les loges car Louis XVIII veut procéder à une épuration des cadres
de la nation. La police royale mène des enquêtes sur les francs-maçons qui
ont joué un rôle important pendant la Révolution et sous l'Empire. De
nombreux Frères seront chassés de l'administration. Pour ne pas disparaître,
le Grand-Orient et le Suprême Conseil de France (nouvelle obédience créée en
1821) vont afficher leur loyalisme. Le règne de Charles X (1824-1830) est
celui d'un franc-maçon qui a perdu le chemin conduisant vers les loges. En
effet, le roi a été initié mais il a perdu toute conviction pour
l'institution maçonnique. Les cléricaux le pressent de supprimer la
franc-maçonnerie mais Charles X sait qu'il est plus facile de canaliser les
velléités révolutionnaires des loges en tolérant leurs travaux. La Révolution de Juillet voit l'avènement de la monarchie
parlementaire. En effet, Louis-Philipe n'est pas le roi de France mais le «
roi des Français ». Même si la police de Thiers surveille de près les loges,
le Grand-Orient peut travailler sans problèmes et une évolution commence à
s'esquisser. L'aristocratie et la haute bourgeoisie s'éloignent des loges au
profit de la petite et moyenne bourgeoisie. L'effet de cette évolution va
permettre l'entrée des idées libérales. Ainsi, quand en 1848, Louis-Philippe
est déchu, les francs-maçons sont gagnés par les idées républicaines. Le
Grand-Orient manifeste sa vive sympathie pour la IIe République : La
République est dans la Maçonnerie. La république fera ce que fait la
Maçonnerie, elle deviendra le gage éclatant de l'union des peuples sur tous
les points du globe sur tous les côtés de notre triangle, et le Grand
Architecte de l'Univers, du haut du ciel, sourira à cette noble pensée de la
République. La renaissance de la République fut possible grâce au
parrainage de plusieurs grands personnages de la littérature française dont
le poète Lamartine. Bien que celui-ci ne fut pas Maçon, il avait une certaine
sympathie pour la philosophie maçonnique et il soutint les frères qui
voulaient retrouver leur influence auprès de l'Etat : Je vous remercie, au
nom de ce grand peuple qui a rendu la France et le monde témoin des vertus,
du courage, de la modération et de l'humanité qu'il a puisé dans vos
principes, devenus ceux de la République française. Ces sentiments de
fraternité, de liberté, d'égalité qui sont l'évangile de la raison humaine,
ont été laborieusement, quelquefois courageusement, scrutés, propagés,
professés par vous dans vos enceintes particulières, où vous renfermiez
jusqu'ici votre philosophie sublime. Mais la franc-maçonnerie n'est pas la
seule à solliciter les faveurs de la République, le Compagnonnage entre en
concurrence avec elle porté par son principal représentant : Agricol
Perdiguier. Le Grand-Orient contre-attaque en augmentant le tarif de ses
cotisations. Cela a pour effet d'écarter les artisans. Déçus par le retour de
l'élitisme, quelques frères créent une nouvelle obédience : la Grande Loge
Nationale de France (2è du nom à ne pas confondre avec celle de 1772). Cette
nouvelle fédération veut réunir les hommes sensibles à l'amélioration de la
société, quel que soit leur classe sociale. Le gouvernement voit d'un mauvais œil cette tentative de
réforme de la Maçonnerie et interdit la GLNF en 1851. Louis-Napoléon
Bonaparte, le neveu de Napoléon qui était président de la République depuis
1848 restaure l'empire en décembre 1852. Napoléon III, lorsqu'il était encore
Louis-Napoléon, fils de la reine Hortense, avait été initié dans une vendita
et avait prêté le serment des carbonari, qui exigeait un dévouement total,
jusqu'à la mort. La Charbonnerie était la cousine italienne de la
franc-maçonnerie mais elle était nettement plus politisée. Son but était
l'unification de l'Italie. De cette expérience, Napoléon « le petit » (comme
le surnommait Hugo) retint une leçon : il ne faut pas interdire les sociétés
discrètes ou secrètes car elles se reforment et deviennent dangereuses. Comme
son oncle, Napoléon III contrôle la franc-maçonnerie en plaçant ses hommes.
Ainsi, le prince Murat devient Grand-Maître et occupe ce poste de 1852 à
1861. Il dirige le Grand Orient d'une main de fer mais sa gestion est mauvaise,
il se ruine en achetant un hôtel luxueux rue Cadet pour installer toutes les
loges parisiennes du Grand-Orient. La principale obédience française est
endettée et les francs-maçons sont de plus en plus nombreux à mettre en doute
les qualités de Grand-Maître de Murat. Le prince ne supporte pas d'être
critiqué et radie quarante vénérables qui avaient protesté contre sa mauvaise
gestion. L'empereur ne voit pas d'autre solution que de remplacer le prince
Murat. Il nomme un profane comme Grand-maître. En effet, le maréchal Magnan
n'est pas maçon, il est propulsé à la direction du G.O. et doit recevoir les
trente-trois degrés, qui font d'un homme un « initié », en une seule journée
! Le maréchal prenant son rôle très au sérieux, limitera les
interventions du pouvoir impérial. En 1869, Magnan meurt et ses obsèques
créent un incident entre l'épiscopat français et le Vatican. En effet, le
Grand-Maître avait émis le souhait d'être enterré religieusement avec les
insignes maçonniques sur son cercueil. La cérémonie eut lieu à Notre Dame de
Paris sous les auspices de Mgr Darboy qui répondit avec humour aux attaques
pontificales. Il fit croire au pape qu'il n'avait pas vu l'équerre et le
compas qui ornaient le cercueil ! En 1870, l'Empire est affaibli par la guerre
menée contre la Prusse et la défaite de Sedan débouche sur l'abdication de
Napoléon III. La IIIe République naît, elle sera largement influencée par la
franc-maçonnerie. Dès la proclamation du nouveau régime, les frères sont
présents au sein du gouvernement. On compte de nombreux maçons parmi les
ministres : Crémieux, Garnier-Pagès, Pelletan puis un peu plus tard :
Gambetta, Arago et Jules Simon. La jeune République est rapidement mise à mal
avec les révoltes de la Commune. Lors de cette période, la franc-maçonnerie
est divisée mais les initiatives appelant à l'arrêt des combats sont
nombreuses à émaner des loges. La manifestation pacifique la plus importante
a lieu le 29 avril 1871, six mille francs-maçons des loges parisiennes se
rassemblent Place du Louvre puis dressent leurs bannières devant les remparts
provoquant le cessez-le feu des Versaillais. Ils sont partis à huit heures du
matin, ont été rejoints par des bataillons de garde nationaux et par cinq
membres de la Commune dont Jean-Baptiste Clément, l'auteur du chant Communard
: Le temps des cerises. Malheureusement, la conciliation est un échec et
trois semaines plus tard les Versaillais entrent dans Paris puis tirent sur
la foule. De nombreuses réformes apparaissent dans l'institution
maçonnique dans le dernier quart du siècle. En 1877, l'obligation de croire
en un être suprême est abandonnée par le Grand Orient et les femmes vont
enfin pouvoir recevoir l'initiation qui leur était interdite depuis le début
de la Maçonnerie spéculative. Avec la création de l'obédience mixte, le Droit
Humain, en 1893, Maria Deraismes (qui avait été reçue clandestinement par la
loge maçonnique « les libres penseurs du Pecq) décide d'utiliser la
Maçonnerie pour l'émancipation des femmes. L'écrivain rationaliste sera aidé par
le mouvement féministe tout juste naissant. Forte de ces réformes, la
Maçonnerie pourra se prévaloir d'être la garante du progrès. Pour appliquer
ses idées, elle va se politiser de plus en plus. Les travaux des loges sont
axés sur des sujets politiques et sociaux qui le plus souvent se retrouvent
dans le programme du Parti Radical. La Franc-Maçonnerie est la République à couvert. La
République est la Franc-Maçonnerie à découvert. Cet aphorisme du frère
Gadaud, ministre du commerce en 1894 traduit bien l'influence de la
franc-maçonnerie dans la société française. L'année 1894 voit la création
d'une nouvelle obédience maçonnique (après le Grand-Orient et le Droit
Humain), il s'agit de la Grande Loge de France qui n'a rien à voir avec son
prestigieux homonyme de 1728. Cette nouvelle obédience déiste travaille « à
la gloire du Grand Architecte de l'Univers » et privilégie la réflexion sur
les symboles maçonniques. L'omniprésence des maçons dans la vie politique ne
fut pas pour plaire à l'ensemble des conservateurs. Pour cette raison, la
Maçonnerie dut faire face au boulangisme. Boulanger, le général réactionnaire
était sur le point de prendre le pouvoir et d'anéantir la République en 1889
mais Ernest Constans, maçon et ministre de l'Intérieur réussit à débarrasser
la France du dangereux militaire. La démocratie étant sauvée, les francs-maçons allaient pouvoir faire voter leurs idées au Parlement. Un train de lois sociales avait été étudié dans les diverses obédiences prévoyant l'assistance publique intégrale, la suppression de la peine de mort, la fondation des banques populaires, le droit au divorce par consentement mutuel, les retraites ouvrières et le mouvement mutualiste. Ce programme très novateur fut transmis aux francs-maçons parlementaires qui n'en tinrent compte que partiellement, afin de ne pas perdre leurs électeurs souvent effrayés par les réformes. Néanmoins, la Maçonnerie républicaine ou la République maçonnique aura su imposer l'enseignement laïc et gratuit améliorant ainsi la Loi Guizot qui l'avait rendu obligatoire quarante ans plus tôt. Les lois dites « laïques » créées par Jules Ferry établirent une coupure entre les domaines religieux et civils. En 1880, des décrets contre les congrégations excluaient les évêques du Conseil Supérieur de l'Université et en 1882, les écoles primaires furent débarrassées des crucifix. La victoire de la franc-maçonnerie sur l'Eglise ne pouvait que contribuer à la diabolisation des Frères comme en témoigne l'Encyclique Humanum Genus de Léon XIII. |
FRANC-MAÇONNERIE ET
NOMBRES |
Marie-Delclos |
Edition Trajectoire |
2017 |
L'homme comptait avant d'entrer dans l'Histoire. Ces nombres
devinrent des images, d'abord associées aux animaux, puis, plus tard, aux
dieux et enfin aux hommes eux-mêmes. Lorsque l'écriture fit son apparition,
on lia étroitement les noms aux nombres, par les syllabes, puis par les
lettres additionnées. La signification des nombres faisait partie des secrets
de l'initiation qui s'enseignaient dans les temples. Les valeurs utilisées
pour la construction du Temple de Salomon ne sont pas anodines. Sa longueur
est de 60 coudées (le nombre du ciel), sa largeur est de 20 coudées (le
nombre du soleil), et sa hauteur est de 30 coudées (le nombre de la lune),
pour un volume total de 36 000 coudées cubes (le nombre 36 symbolisant la
totalité de l'univers). Au sein de l'ordre mathématique créé par le Grand
Architecte de l'Univers, la Franc-maçonnerie, gardienne des traditions,
s'intéresse aux nombres. La structure des rites organisés témoigne de leur importance.
Ainsi, sur la base des trois degrés (apprenti, compagnon, maître), le Rite de
Perfection ajoute 22 degrés (référence aux 22 lettres de l'alphabet
hébraïque). Les 8 supplémentaires incorporés par le REAA portent le tout à 33
degrés (le nombre 33, allusion au cycle solaire, apporte une dimension
cosmique à la composition). Au cours de son initiation et pour chaque degré,
des nombres sont indiqués au maçon, par les batteries, par son âge
symbolique, par ses pas, ou encore par les mots qui lui seront donnés et les
symboles présents dans la loge. Dans cet ouvrage, l'auteure offre aux
intéressés une étude exhaustive du symbolisme des nombres relatifs aux
différents degrés de la Franc-maçonnerie, en s'appuyant sur la cosmogonie, la
géométrie, l'astronomie, l'alchimie et la kabbale. L'Initiation
chez les anciens, à cette époque où les peuples étaient non seulement dans
l'enfance des sciences et des arts, mais encore dans l'ignorance d'une morale
raisonnée, l’initiation s'enrichissait de toutes les découvertes que l'étude,
la méditation, le génie ou l'esprit des prêtres et des initiés, les seuls
hommes instruits, leur permettait de révéler dans l'intérêt commun. L'initiation en passant d'une nation dans
une autre, s'enrichissait encore des fruits que donnait cette migration. Aux
choses que les doctes recueillaient de leurs prédécesseurs, les nouveaux
prêtres et les initiés ajoutaient les produits de leur propre conception. Si toutes les richesses scientifiques et
morales qu'avaient révélées les différentes initiations qui précédèrent
l’établissement de la Franche-Maçonnerie eussent été réunies avec soin et
transmises aux fondateurs de notre illustre association, nul doute qu'il ne
restât aucune découverte à faire dans les sciences et dans les arts, aucune lumière
de l'esprit à acquérir, aucun sentiment d'affection à rappeler. Jusqu'à Numa,
l'histoire des peuples, leurs sciences, leurs institutions, leurs sentiments,
tout était incomplet ou de tradition. Ainsi, déshérités d'une succession
immense, nous sommes obligés, profanes et maçons, d'étudier l'histoire
publique ou secrète des anciens dans ses triples rapports de la politique, de
la religion et de la morale, moins encore dans des annales fausses ou
incomplètes, que sur des monuments que le temps a respectés, et l'on sait
comment le temps respecte les créations humaines. La
Franc-Maçonnerie comme l'initiation ancienne, renferme toutes les sciences,
et ses grades, du premier au troisième, forment pour l'homme studieux et
méditatif, une véritable Encyclopédie des sciences. Le sujet de cette
dissertation serait la science des nombres, en si grande vénération chez les
anciens, et, parmi les modernes, avant le dix-huitième siècle. Nous ne vous
la présenterons pas pour absorber votre esprit dans des combinaisons qui
n'intéresseraient plus généralement, mais pour vous rappeler des souvenirs de
curiosité sur les nombres trois, cinq, sept, en honneur dans nos loges. Les plus célèbres philosophes de
l'antiquité, et entre autres Pythagore prétendaient qu'il y avait une vertu
secrète, une action singulière et toute admirable dans les nombres. Les plus
célèbres docteurs de l'église eux-mêmes, Saint-Jérôme, Saint-Augustin,
Saint-Ambroise, Saint-Athanase, Origène, Rabanus, etc., partageaient
l'opinion des illustres Payens. Saint-Hilaire, commentateur des psaumes, dit
que les Septante ont mis les psaumes en ordre par l'efficacité des nombres,
et le savant Rabanus a composé un livre sur les vertus qui leur sont
attribuées. Severin
Boèce avance : « que tout ce que la nature a fait d'abord, semble avoir été
formé par le moyen des nombres ; car ça été le principal modèle dans l'esprit
du Créateur ; de là est venue la quantité des éléments ; de là la révolution
des temps ; c'est de là que subsiste le mouvement des astres, le changement
du ciel, et l'état des nombres par leur liaison ». Pythagore dit que tout est composé du
nombre, et que le nombre distribue les vertus à toutes choses. Paracelse assure que le nombre subsiste
toujours et se trouve en tout ; l'un dans la voix ; l'autre dans ses
proportions ; l'un dans l'âme et la raison, l'autre dans les choses divines. Themistius, Boèce, Averroès de Babylone, et
avec eux Platon, louent si fort les nombres,
qu'ils croient que sans eux on ne peut être bon philosophe. Les
nombres simples signifient les choses divines, les nombres dixièmes, les
choses célestes ; les nombres centièmes, les choses terrestres ; les nombres
millièmes, les choses des siècles à venir. Telle
est l’opinion qu’Agrippa, conseiller et historiographe de l'Empereur Charles
V, a développée dans sa philosophie occulte. Les anciens avaient
surtout une grande prédilection pour les nombres impairs ; ils les croyaient
chéris des Dieux, tandis qu'ils regardaient, et particulièrement les Romains,
les nombres pairs comme funestes ou de mauvais augure. L'art de la divination
les repoussait ; la médecine elle-même leur attribuait une fatale influence. Nous ne dirons qu'un mot de l’unité qui
n'ayant point de parties n'est point un nombre. L’unité est le principe et la
source des nombres qui ne sont qu'une répétition de l’unité. Elle est une,
toujours la même, sans aucun changement ; elle a tout en soi ; multipliée,
elle ne produit rien, et elle est indivisible parce qu'elle est sans parties.
Attribut de la divinité, elle exprime l'idée du grand tout. Il n'y a qu'un
Dieu, il n'y a qu'un Soleil. Les prêtres, les initiés
et tous les philosophes de l’Orient crurent découvrir dans la science des
nombres plus profonds décrets de la nature ; mais c'est à quelques-uns des
illustres modernes qu'il était réservé d'en faire pour l'esprit un véhicule
puissant qui l'élevât à la hauteur où ces grands génies semblent entrer dans
le conseil de la divinité ; il suffit de nommer Newton. Du nombre trois : Le nombre Trois qui, suivant Pythagore, représente
l'harmonie parfaite, figure au premier rang dans le monde physique comme dans
le monde moral : Omne trium perfectum. Il est parfait par la longueur, par la
largeur et par la profondeur, après lesquelles il n'y a plus d'autre
dimension. C'est ce nombre qui offre à l'érudit le plus de rapprochements
ingénieux. On est étonné des diverses propriétés que lui ont attribuées la
raison, l’imagination et le sentiment. Nous
remarquerons d'abord que la philosophie occulte ou métaphysique compte trois
mondes : le monde élémentaire, le monde céleste, le monde intellectuel ;
qu’il a dans l'univers l’espace, la matière, le mouvement ; que les choses
corporelles ou spirituelles sont composées d'un principe, d'un milieu, d'une
fin ; que l'étendue ou la mesure du temps est renfermée dans le passé, le
présent et l’avenir ; qu'on admet trois puissances intellectuelles dans
l'homme, la mémoire, l’entendement et la volonté ; que les attributs du
moteur suprême de la nature, sont l’infinité, la toute-puissance, l’éternité.
La physique moderne qui considère l'eau comme un air condensé, n'admet plus
que trois éléments : la terre, le feu et l’air. On observe dans les corps, la
forme, la densité, la couleur. Les couleurs en ont trois primitives : le
jaune, le rouge, le bleu. Le chimiste trouve dans les corps trois principes
palpables : la terre, l’eau et le sel. La géométrie mesure l'étendue par le
point, la ligne, la surface. Dans la géométrie est comprise la trigonométrie
ou science du triangle. La mécanique démontre que la force est le résultat du
produit de la masse multipliée par l’espace, divisée par le temps. Le
médecin observe dans l'homme la conformation des solides, le mouvement des
fluides, le jeu des passions. Le naturaliste classe les ouvrages de la nature
en trois règnes : les végétaux, les minéraux, les animaux. Les géographes
prétendent que les anciens ne connaissaient que l’Europe, l’Asie et
l’Afrique. Dans les beaux-arts, il y a trois arts principaux, la peinture, la
sculpture et l’architecture. Le peintre s'efforce de réunir trois qualités
essentielles : le dessin, l’expression, le coloris. L'architecte se propose
trois objets : la distribution, la proportion, la solidité. On sait que la
base, le fût et le chapiteau composent la colonne dont les ordres étaient,
suivant les Grecs, le dorique, l’ionique et le Corinthien. Le musicien
distingue le son aigu, le son grave et le médium. Il y a en musique trois
clefs : de sol, d'ut et de fa. L'art oratoire a trois parties principales,
l’invention, l’élocution et la distribution. L'auteur dramatique se renferme,
pour la composition de son poème, dans la règle de la triple unité :
d'action, de tempe et de lieu. La Mythologie confiait le fil de nos jours aux
trois Parques, Clotho, Lachesis et Atropos, et sans doute notre bonheur, aux
trois Grâces Aglaé, Thalie et Euphrosyne. Elle divisait le ciel en trois
divinités supérieures : Jupiter, roi du ciel ; Neptune, maître de l'océan ;
Pluton, tyran des enfers. A Argos, Jupiter avait trois yeux pour observer en
même temps, le ciel, la terre et les enfers. L'enfer avait ses trois juges,
Minos, Eaque et Rhadamanthe. Cerbère, gardien des enfers, avait trois têtes ;
les furies étaient au nombre de trois, savoir : Alecton, Mégère, Tisiphone.
La triple Héatre ou Diane aux trois visages, conduisait le char de la Lune,
présidait aux sorcelleries, poursuivait les bêtes fauves. Il y avait trois
gorgones : Méduse, Sthéno, Euriale, ainsi que trois harpies, trois
Hespérides, trois sibylles. On compte aussi trois âges : l'âge d’or, l'âge d'airain,
l’âge de fer. Nous ne devons pas omettre non plus le trépied antique, ni le
fait historique du combat des trois Horaces contre les trois Curiaces. S'il
était permis de faire quelques rapprochements entre les erreurs des Payens et
les vérités de la religion catholique ou chrétienne, nous ajouterions à cette
curieuse nomenclature, la Trinité du Père, du Fils et du St-Esprit ; les
trois rois mages, Baltasar, Gasparet Melchior qui vinrent adorer l'Enfant
Jésus ; les trois poissons et les cinq pains avec lesquels Jésus devenu
homme, nourrit cinq mille personnes ; les trois clous qui attachèrent
Jésus-Christ à la croix ; les trois jours qu'il passa dans le sépulcre ; les
trois vertus théologales : la foi, l’espérance et la charité, et même le
triple reniement de Saint-Pierre. Caton le censeur, se repentait de trois
choses : d'avoir passé un jour sans rien apprendre, d'avoir confié son secret
à sa femme et d'avoir voyagé par eau pouvant voyager par terre. Dans la
guerre entre César et Pompée, César, vainqueur de Pharnace, fils de
Mithridate, qui avait voulu rester neutre, pour exprimer la rapidité de sa
victoire écrivit ces seuls mots : Veni, Vidi, Vici. En politique, la
grandeur, la prospérité et la durée des états dépendent de la justice des
souverains, de la sagesse des lois, de la pureté des mœurs. Nous avons vu en
France, en moins de trente ans, trois consuls, trois pouvoirs : le roi, la
chambre des pairs, la chambre des députés, où se trouvent trois divisions
d'opinions, le côté droit, le centre, le côté gauche. En F. Maçonnerie le Grand Architecte de
l'univers a pour attribut la sagesse, la force, la beauté, et l’image de sa
perfection est représentée par le triangle simple ou triple. Nous ne pouvons mieux terminer ces
citations sur le nombre trois que par les vers qu'il a inspiré au Frère
Voltaire : Je vis d'abord notre
portier Cerbère, De trois gosiers aboyant à la fois ; Il me fallut traverser
trois rivières ; On me montra les trois sœurs filandières Qui font le sort
des peuples et des rois. Je fus conduit vers trois juges sournois
Qu'accompagnaient trois gaupes effroyables, Filles d'enfer et geôlières des
diables ; Car, dieu merci, tout se faisait par trois. |
FRANC-MAÇONNERIE
ET TAROTS |
Marie Delclos |
Edition Trajectoire |
2016 |
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L’étude des Tarots en Franc-maçonnerie
débouche sur la connaissance de soi même : « Connais-toi toi-même et
tu connaitras l’univers et les Dieux ». Cette devise grecque, attribuée à
Socrate, est en réalité plus tardive puisque inscrite sur des temples grecs
bien avant Socrate et serait de philosophes pré-socratiques. Cette phrase
reflète bien la démarche philosophique grecque, qui à travers la connaissance
de soi même, cherchait à découvrir les secrets de l’univers. Le mot
Philosophie vient de philo= aimer et Sophie=sophia/sagesse donc la
philosophie est l’art d’aimer ou de rechercher la Sagesse. Avec cette phrase
nous allons pouvoir entrer dans la philosophie intérieure ésotérique, qui
fait appel, moins à la Raison, mais plus à l’âme et à l’esprit. Les grecs
cachaient cet ésotérisme à l’intérieur des « mystères » : Eleusis –
dionysiaques – Apollon (Dieu du soleil et de la lumière) et d’autres – Tous
ces mystères pratiquaient un exotérisme avec des rituels et des cérémonies,
mais surtout diffusaient un enseignement ésotérique et secret, dont la phrase
« Connais-toi toi-même » en était la clef. On y trouvait également les
phrases suivantes que Platon avait fait inscrire sur le fronton de son
Académie « Nul ne rentre ici s’il n’est géomètre » et aussi il ajoutait «
Dieu fait toujours de la géométrie ».
Voilà en gros ce que l’étude
des Tarots ésotériques amène chez le cherchant. Cet arbre de vie, cet
archétype, est comparable à l’arbre de vie chrétien (arbre de la vie et de la
connaissance), à l’arbre des Sephiroth hébraïques, à l’arbre des 7 chakras
hindoue, et au Yiking chinois. Ces modèles de vie nous apprennent à réfléchir
sur nous-même afin de retrouver cette étincelle divine qui est en nous ;
le chemin est long est difficile, mais donner du sens à sa vie est aussi un
challenge et comme a dit Rudyard Kipling « La liberté spirituelle
n’a pas de prix » |
FRANC-MAÇONNERIE : RÉGULARITÉ ET RECONNAISSANCE - HISTOIRE ET POSTURES |
Roger Dachez, Préface d’Alain Bauer |
|
2015 |
Propos et réflexions de Roger Dachez sur son livre : Ce petit livre est né
d’un vif agacement : celui que j’ai éprouvé, au cours des deux dernières
années, face aux postures artificielles et aux faux semblants qui ont émaillé
le paysage maçonnique français (PMF), suite à ce qu’il sera convenu de
nommer, dans les futurs ouvrages d’histoire, « l’Appel de Bâle »
(juin 2012). Ici ou là, pour s’y
rallier comme pour le dénoncer, pour le défendre comme pour le pourfendre,
les uns et les autres ont adopté des positionnements tactiques parfois
difficiles à déchiffrer autant qu’à tenir, délivré des discours d’une
ambigüité confondante ou fait appel, pour soutenir leur cause, à des
« experts » maniant le double langage ou travestissant les faits,
davantage en vertu de stratégies personnelles que pour éclairer honnêtement
l’opinion maçonnique. Il en est résulté un
désordre navrant qui n’a pas grandi l’image de la franc-maçonnerie française.
Même si l’on oublie les insultes et les invectives d’une violence incroyable
qui ont fleuri sur les forums et dans les blogs – mais qui en disent quand
même long sur ce que la franc-maçonnerie représente pour leurs
auteurs ! –, ce regrettable épisode n’a fait que traduire, une
fois de plus, la troublante incohérence du paysage maçonnique français :
je ne parle pas ici de sa diversité, qui est une donnée incontournable et
définitive de son histoire, mais de ce qui est supposé lui donner malgré tout
une identité commune. Le marqueur
« régularité » a concentré sur lui des débats et mis au jour des
fractures qui vont bien au-delà du naufrage annoncé d’un dossier mal ficelé
depuis le début. L’Appel de Bâle a été le révélateur d’une vision et d’une
pratique de la maçonnerie qui prévalent en France depuis bien plus d’un
siècle et condamnent cette dernière à vivre régulièrement les soubresauts de
querelles assez ridicules, dans la mesure où elles reposent le plus souvent
sur une inquiétante méconnaissance des fondamentaux de la tradition
maçonnique, des aléas de l’histoire de la franc-maçonnerie et, plus encore,
sur une ignorance profonde de ce qu’elle est réellement à travers le monde,
pour l’immense majorité des francs-maçons qui peuplent la planète. Cet improbable
vaudeville en quoi consiste la chronique de la maçonnerie française depuis
quelques décennies, fait de déclarations martiales et de claquements de
portes, où des dignitaires peu ou mal inspirés – et surtout très mal
informés – perdent d’innombrables occasions de se taire, traduit en fait un
problème plus essentiel – et donc plus grave, mais aussi plus intéressant… Ce qui a été mis en
jeu une fois de plus, à travers la tragi-comédie des derniers mois – dont le
seul aboutissement tangible et d’avoir rendu encore plus compliqué le PMF et
attisé de nombreuses rancœurs qui mettront du temps à se résorber –, c’est
sans doute le caractère très atypique du modèle maçonnique français, dans le
concert maçonnique mondial – ce qui, en soi, n’est pas nécessairement un
problème – mais c’est surtout la nature très « hexagonale » d’une
maçonnerie qui, « régulière » ou non, a fortement tendance à
absolutiser ses choix, à réduire à son identité propre et particulière
l’institution maçonnique dans son ensemble et même, comble de tout, à
l’ériger en norme universelle ! C’est au confluent de
cette actualité qu’il faut dépasser, de ces contradictions qu’il faut tenter
de démêler, et de cet aveuglement auquel il faut s’efforcer de porter remède,
que j’ai souhaité présenter le bref essai que voici. Je l’ai voulu sincère
et sans arrière-pensée – nul ne peut me reprocher d’avoir jamais dit le
contraire de ce que je pensais, ni fait le contraire de ce que j’avais dit.
Je me suis également imposé d’en désigner les sources et d’en préciser les
références, mais je ne prétends à aucune infaillibilité et je le propose
comme une contribution honnête, mais naturellement susceptible de critiques,
à un débat difficile. Mon but, toutefois,
n’est pas de tromper mes lecteurs, ni de leur dorer la pilule par veulerie ou
par calcul, ni de les entraîner dans des impasses. Mes choix maçonniques sont
connus et n’interfèrent pas ici car je n’y défends aucun camp : il
serait temps que la distance par rapport au sujet que l’on traite, comme il
sied dans le milieu académique où jadis la franc-maçonnerie recruta tant de
ses adeptes, devienne aussi la norme du débat dans le monde maçonnique
français. Je m’efforce, quant à moi, en écho à Paul Bourget que j’ai cité plus haut et que je paraphrase ici légèrement, et en contrepoint à l’exemple de trop fameux « historiens incontournables », de vivre dans ma vérité, fût-elle discutable, plutôt que dans le mensonge dissimulé – et toujours méprisable. |
FRANCS-MAÇONS
ALCHIMISTES |
Patrick Carré |
Edition Liber Faber |
2015 |
||
De
même tous les profanes ne sont pas initiables, il s'en faut. Et parmi ceux
que le destin, le Karma a amené au bord de l'initiation, ou si l'on veut :
parmi ceux que Dieu a appelé à " mûrir " plus vite, tous ne
présentent pas les mêmes qualités, les mêmes possibilités. Car, ainsi que
nous l'avons vu, c'est bien une maturation accélérée qui est le but de
l'Alchimie et de l'Initiation, respectivement au minéral et à l'homme. Sans
le concours de l'Art, la parcelle de " Minière des Sages ", comme
l'homme resterait, l'une dans sa mine, l'autre dans le profane et l'évolution
connaîtrait la lenteur et les échecs de la nature. |
francs-maçons du midi |
Paul
PISTRE |
EDITION
MARE NOSTRUM |
1995 |
||
Elles se dispersent d'elles-mêmes pour
se protéger d'un pouvoir qui leur est hostile. Napoléon Ier est un
profane, mais il décide de relancer les loges. Fin tacticien, il voit dans la
maçonnerie un bon moyen de contrôler les élites. L'ensemble des maréchaux, des
préfets et des magistrats sous l'Empire sont francs-maçons. L'Empereur les
surveille par l'intermédiaire de sa famille, qui appartient presque
entièrement à l'ordre maçonnique, et de proches, comme Murat et Cambacérès.
Il nomme même son frère Joseph à la tête du Grand Orient, en 1804 ! Bref, la
franc-maçonnerie et le régime sont étroitement imbriqués. Si imbriqués que, sous la Restauration,
après 1815, on fera payer à la franc-maçonnerie sa proximité avec l'Empereur
déchu...A Béziers, elle disparaît même totalement. Avant de renaître à partir
de 1839, date à laquelle l'imprimeur Joseph Fuzier crée la loge des Amis
choisis. Lors de la mise en place du second Empire, Napoléon III adopte
tout d'abord une attitude très hostile aux francs-maçons. Béziers devient un
centre de résistance très actif au nouvel empereur. De nombreux frères sont
arrêtés. Louis-Désiré Coeurdacier, compagnon du tour de France, architecte et
urbaniste de Béziers, est même déporté en Algérie. Cette période marque
aussi le début du combat pour la laïcité. Pourtant, vous l'avez dit, certains
membres du clergé fréquentaient les loges... Sous le second Empire, la
franc-maçonnerie prend un virage considérable. De tradition plutôt modérée,
les francs-maçons deviennent anticléricaux. Ce virage idéologique est dû en
partie à l'influence de la philosophie. Le scientisme, en affirmant que la
science peut tout expliquer, souligne implicitement l'aspect superflu des
religions. Surtout, le pape condamne les francs-maçons, les accusant « sous
couvert de symbolisme, de réinterpréter la Bible ». A cette époque, le
Vatican est un bastion assiégé par les libéraux qui œuvrent pour l'unité de
l'Italie. Même si cela est largement exagéré, la papauté voit dans le
Risorgimento - la période d'unification de la péninsule italienne - un grand
complot maçonnique et décide de lutter contre les frères. En réaction, la
franc-maçonnerie devient clairement anticléricale. Et Napoléon III se
réconcilie avec elle. Incontestablement la 3e République va
marquer une forme d'apogée pour la franc-maçonnerie.... A l'échelle
nationale, elle est à l'origine des grandes lois sur la laïcité, et notamment
de la séparation des Eglises et de l'Etat, en 1905. A Béziers, on observe une
véritable mainmise des francs-maçons sur la politique locale. De nombreux
maires sont des frères, notamment Ernest Perréal, entre 1870 et 1881, et
Alphonse Mas, le « Haussmann biterrois », entre 1888 et 1904. Cette période
correspond aussi à un âge d'or pour l'économie de Béziers. Le vignoble
languedocien érige la ville en capitale du vin. Cette prospérité favorise le
développement et la diversification sociologique de loges maçonniques. De
riches négociants en vin la rejoignent. La Seconde Guerre mondiale met
brutalement fin à cette période favorable. Dès l'arrivée au pouvoir du
maréchal Pétain, les loges maçonniques sont interdites, les temples fermés,
les biens dispersés. Les francs-maçons déclarés sont démis de leurs fonctions
dans les administrations françaises. Il faut attendre la Libération et le général
de Gaulle pour que la législation de Vichy soit abolie et que les
francs-maçons soient réhabilités. Certains participent à la
Résistance de manière individuelle, comme Louis Malbosc. Ce vénérable de la
loge des Amis choisis prend la tête du réseau de renseignement Alliance.
Arrêté le 1er février 1944, il est déporté à Karlsruhe, où il sera torturé
pendant près d'un mois avant d'être fusillé, le 1er avril 1944. |
1 G
grade de rose-croix &
analyse des 14 degrÉs qui le prÉcÈdent |
J.M. ragon |
EDITION DU PRIEURÉ |
1993 |
Dans
le cadre de la maçonnologie en général, que cela soit dans les recherches
universitaires ou plus simplement maçonniques, le Rite Écossais Ancien et
Accepté présente la particularité étonnante de ne pas activer un nombre
important de ses grades supérieurs. Ils ont cependant une grande valeur
traditionnelle.
|
GENḔSE DU RITE ḖCOSSAIS ANCIEN ET
ACCEPTḖ – 250 ANS D’ḖVOLUTION DE 1760 A NOS JOURS |
Philippe Michel |
Edition Dervy |
2017 |
50 après
une étude sur le Rit Français, Philippe Michel nous propose une étude au fil
du temps sur la genèse des différentes versions du REAA au niveau des Loges
symboliques. Apparu dans sa forme primaire en 1760 avec la publication des
Trois Coups Distincts, ce Rit est arrivé en France quelque 44 ans plus
tard en 1804 et a été officiellement publié dans le Guide des Maçons Écossais
quelques années après. À partir des manuscrits et des rituels officiels du
Grand Orient puis du Suprême Conseil de France et enfin de la Grande Loge de
France, Philippe Michel analyse les variations des rituels jusqu’à nos
jours. L’auteur propose un rituel complet tel qu’il devait ou pouvait être
pratiqué, reconstitué à partir des premiers manuscrits et publications. La
préface est de Pierre Noël, publiciste compétent du Guide des Maçons Écossais
(Éditions À l’Orient, 2006) et la postface de Laurent Jaunaux, auteur du
Rituel des Anciens ou édition 6004 du Guide des Maçons Écossais (Dervy, 2004)
donc bien qualifiés pour présenter et conclure un ouvrage consacré aux
rituels du REAA. C’est à travers les rituels que Philippe
Michel observe la genèse et l’évolution du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Pierre
Noël, dans sa préface, remarque que le remaniement quasi permanent des
rituels est une spécialité très franco-française ignorée par exemple en
Grande-Bretagne. Philippe Michel part du rituel type (1804 – 1820), après la
création du REAA en 1760 jusqu’aux différentes versions élaborées après le
deuxième conflit mondial au sein de la Grande Loge de France. Son objectif
est d’identifier le processus évolutif qui aboutit aux rituels pratiqués
couramment aujourd’hui dans les loges symboliques. Pas à pas, il note les
modifications ou les nouveautés qui s’inscrivent dans l’histoire des
obédiences, de leurs rivalités et aussi dans l’histoire tout court, par
exemple la place de la religion au sein de la société. Certains éléments centraux du rite furent
négligés au fil de cette évolution, affaiblissant l’opérativité potentielle
des mythes développés en son sein, notamment le mythe d’Hiram. Les rituels
sont rédigés par des êtres humains, ils sont donc perfectibles mais les
évolutions rituelles, et cela ne concerne pas que le REAA, sont rarement
judicieuses du point de vue initiatique. Elles naissent parfois d’une
incompréhension de l’intention originelle, ou des circonstances, voire
d’aspects pratiques. Le REAA est avant tout un système de hauts grades, les
grades symboliques sont pratiqués surtout en France. La question, annexe mais
d’importance, posée par l’observation de ces processus évolutifs dans les
grades symboliques est celle des relations entre les obédiences et les
suprêmes conseils, relations toujours complexes et souvent conflictuelles.
Cependant, malgré les évolutions, le « caractère » du rite semble avoir été
préservé, particulièrement son universalité comme le signale dans sa postface
Laurant Jaunaux : « Cet ouvrage met en avant l’aspect universel de ce rite et
de ses grades symboliques en montrant qu’ils ne sont pas figés mais qu’ils
évoluent avec le rite dans le temps. Les grades symboliques du rite sont
indiciblement liés aux hauts grades, maintenant ainsi l’harmonie et la
progression initiatique du premier au dernier degré. » Résultat d’une méconnaissance historique, mais
aussi parfois d’un manque d’objectivité et de probité intellectuelles, de
fausses assertions sur les débuts de l’écossisme et du REAA tendent à
s’imposer dans les esprits. La répétition de contre-vérités, la
réinterprétation de faits historiques, l’occultation, voire même la
falsification de documents ou d’évènements avérés mais dérangeants, font que
l’on assiste depuis trop longtemps à une réécriture tendancieuse de l’Histoire
de l’Ordre. Ainsi on a vu par exemple la Grande Loge Unie d’Angleterre et le
Grand Orient de France faire croire à l’idée que la maçonnerie spéculative
serait issue de la réforme de 1717 et que les constitutions d’Anderson
seraient la référence commune obligée de tous les maçons du globe. Ces
allégations réitérées depuis des décennies faisant l’impasse sur la
Maçonnerie des « Anciens » (Ecossais de la Grande Loge d’Ecosse, « antients »
de la Grande Loge d’Irlande, Maçons de Rite Ecossais Ancien et Acceptés)
risquent de devenir des vérités historiques pour des personnes insuffisamment
informées puisque l’on constate que, même dans nos rangs, que de nombreux
frères, et non les moindres, les ont crues, les agréent, voire les professent
encore. Voilà le pourquoi le REAA est l’un des rites
maçonniques le plus répandus dans le monde. Il a officiellement été fondé en
1801 à Charleston en Caroline du Sud aux Etats Unis, sous l’impulsion des
Frères John Mitchell et Frédéric Dalcho, sur la base des Grandes Constitutions
de Berlin, en 1786, attribuées au Roi Frédéric II de Prusse, grand ami et
protecteur de Voltaire, à la suite du « Discours » du Chevalier De Ramsay en
1738 et des Constitutions dites « de Bordeaux » de 1762. Composé de 33
degrés, il est habituellement pratiqué dans le cadre de deux organismes
complémentaires mais distincts : Une « obédience maçonnique », qui fédère des
loges des trois premiers degrés grades de la Franc-maçonnerie de Loge Bleue,
à savoir Apprenti, Compagnon et Maître, qui travaillent toutes au même
rite, Une « juridiction » de Hauts
Grades maçonniques, qui un prolongement de la Maîtrise, dirigée par « un
Suprême Conseil », qui regroupe des ateliers du 4ème degré au 33ème degré en
ce qui concerne le REAA. La Grande Loge de France, fondée en 1738, travaille
exclusivement au REAA, totalement en indépendance du Suprême Conseil de
France depuis 1907, le Suprême Conseil de France ayant de son côté été fondé
en 1804 et régissant toujours les Hauts Grades… Au
sommaire de cet ouvrage : De 1760 à 1820 – La création du REAA -
Le rituel Brigon - Rituels de Grande Loge d’Ecosse (1804-1805) -
Manuscrit Kloss (1815) - Thuileur de Grasse-Tilly (1819) -
Guide des maçons écossais (1820)
- Rituel type (1804-1820) -
De 1821 à 1894 - Période du
SCdF - Le Vade Mecum maçonnique (1825) -
Rituel des trois premiers degrés selon les anciens cahiers (1829) -
Rituel de la loge Le progrès de l’Océanie à l’Orient d’Honolulu (iles
Sandwich – 1859) - Convent de Lausanne (1875) -
Rituel des 3 premiers degrés symboliques de la Franc-maçonnerie
Ecossaise (1877) - La GLDF et ses prémisses -
De 1879 à la seconde guerre mondiale
- Rituel de la Grande Loge
Symbolique Ecossaise (1880) - 1e Rituel de la Grande Loge de
France (1895) -
Réception d’un apprenti (1902)
- Rituels de la GLdF (1905 -
1923 et 1938) - La GLdF après la guerre -
Rapport Marty au convent de 1948
- Les comptes rendus des
convents successifs - Rituels des 3 premiers degrés de la Grande
Loge de France de 1960 à 1986 et 1998
- Rituels d’évaluation -
Projet de divers rituels (1982)
- Transcription du rituel de
la Mère Loge Ecossaise d’Avignon (1774)
- |
GUÉRILLOT – AINSI PARLAIT JÉSUS
– Selon le texte araméen de l’évangile de Mathieu |
Claude GUÉRILLOT |
ÉDITION
Véga |
2009 |
||
Le
Matthieu araméen, dont l'existence est maintenant prouvée, fut rédigé à partir
des devarin. Ceux qui le composèrent se choisirent pour "patron"
l'apôtre Matthieu. Or celui-ci était un publicain, c'est-à-dire un collecteur
de taxes et de péages qui était assermenté. Prendre Matthieu pour
"patron" revenait à certifier l'authenticité de ce qui était
rapporté. Plus tard, ce Matthieu araméen fut traduit en grec et complété à
partir d'éléments qui ne figuraient pas dans les devarin. C'est ainsi que fut
formé notre actuel Evangile de Matthieu. |
GUÉRILLOT- A LA RENCONTRE DES PREMIERS |
Claude
GUÉRILLOT |
EDITION
TREDANIEL |
1997 |
Étude historique des loges Écossaises et des Francs-Maçons
Écossais, avant 1761, “les
jardiniers de la rose” sont ici ceux qui, entre 1740 et 1761,
conçurent, élaborèrent et pratiquèrent les nombreux degrés dit écossais, que
l'auteur a étudiés dans la Rose maçonnique. Ce nouvel ouvrage original
comporte cinq parties :
Au sommaire de cet ouvrage : Loges maçonniques et groupes sociaux -
l’impact de la présence protestante - le
calvinisme - les protestants et la Franc-maçonnerie
- l’influence de la présence juive - les
juifs en France avant les croisades - le domaine
religieux - la kabbale - les juifs en
France du 16e au 18e siècle - la
nation avignonnaise - la nation tudesque
- la nation portugaise - le problème des conversions
(conversos) - L’influence des compagnonnages - les
statuts d’Amiens et d’Abbeville - les sentences de la
Sorbonne - L’influence des militaires -
les armées françaises au 18e siècle - Hainaut
infanterie - les loges militaires -
l’influence de la hiérarchie catholique - l’église au 18e
siècle - Bordeaux, les élus Parfaits et l’ancienne maîtrise
- La Franc-maçonnerie bordelaise au milieu du 18e
siècle - L4Anglaise ? la Française, la Parfaite
harmonie et l’amitié - les statuts de l’ordre de
saint Jean de Jérusalem - les loges
particulières - les officiers et leurs
devoirs - la fondation des élus parfaits
- Etienne Morin - Lamolère de Feuillas - Dupin
Deslezes - La parfaite loge d’Ecosse
- Marseille et ses loges - Toulouse
et la Martinique - Avignon oasis ou
enfer ? - le souci de régularité
- Avignon avant et après les papes - la
loge saint Jean de Jérusalem d’Avignon - Saint Jean de la
persévérance - Paris et l’océan parisien - le développement
des loges à Paris - La loge de la chambre du
roi - les écossais trinitaires - le
conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident - la patente
d’Hervé Morin - le chevalier du Soleil -
le chevalier Kadosh - le Rose+Croix
- la maçonnerie salomonienne - Un hommage mérité - des frères importants qui ont œuvrés souvent dans l’anonymat - les rôles réduits de la noblesse et du clergé - le rôle primordial du Tiers-état - Les jardiniers de la rose et leur bilan - |
GUÉRILLOT - DE LA PORTE
BASSE A LA PORTE |
Claude
GUÉRILLOT |
EDITION
DERVY |
1998 |
||
Au sommaire de cet ouvrage : Devant la porte basse - Retrouver le chemin
de Kaboul - Initiation, pseudo initiation
et contre initiation - Le premier pas - le
regard ésotérique - les rites d’accession
- deux regards exotériques sur l’initiation
- Eléments structurels d’un rituel - Le second
pas - Eleusis ou les premiers mystères
- ce qui disent les légendes et les mythes
- L’Ordre de Mithra - Du monde
mésopotamien au monde romain - les aspects
exotériques, la liturgie, la hiérarchie initiatique et le contenu initiatique
de l’Ordre de Mithra - Le prototype des ordres
initiatiques - Le Christianisme
- L’initiation chrétienne comme Ordre initiatique
- Syméon le Nouveau théologien - Geert
Groote et la « dévotion moderna » - Teresa et
Juan - Vers une gnose -
les constances de l’initiation - les buts et la
convergences de l’initiation - Gnose et
initiation - Le troisième pas - le pas
gnostique - Pour aller de la quête de l’homme à la quête
de Dieu - Le monde épinaturel
- Trois modèles heuristiques - Descendre dans la caverne - Une approche et
quelques aspects des symboles - Les symboles dans les
rites initiatiques pour connaitre l’homme - Vers la
Sainte Montagne - Fausse science et faux
ésotérismes - L’alchimie et l’astrologie
- La quête de Dieu - Ne pas se
forger des idoles humaines - les dangers de l’ésotérisme
- Devant la porte étroite - La difficile
voie de l’initiation - Dire oui à Dieu
- Retour vers le silence - La
translittération de l’hébreu - le
Noachisme - la loi de rétribution - |
GUÉRILLOT - ECCE
HOMO |
Claude
GUÉRILLOT |
EDITION
Véga |
2015 |
|||
Cet
ouvrage est un essai, c'est-à-dire qu'il présente une interprétation propre à
l'auteur. L'histoire de l'Univers lui paraît marquée par deux événements
essentiels, la Création et l'Incarnation, le premier a eu lieu il y a 13,7
milliards d'années et le second il y a plus de deux mille ans. Dieu est hors
du temps, de l'espace et de la matière-énergie car Il en a été le Créateur.
Il a été, est et sera, Il "voit" toute l'étendue du temps, tout ce
qui est, pour nous, le passé, le présent et l'avenir. Il n'est pas question
de distinguer Dieu "avant la Création" ni après, "avant
l'Incarnation" ni après. La
Création est cohérente, elle est régie par des "lois" divines et
intransgressibles qui n'ont pas changé au moins depuis quelques fractions de
millièmes de seconde après le premier instant du temps. Les particules
élémentaires sont "pilotées" par des fonctions d'onde qui
déterminent la probabilité de leur présence dans tel ou tel élément de
volume. Ainsi, dans un téléviseur, l'image se forme par l'impact d'électrons
émis par un "canon à électrons" tous "pilotés" par une
fonction d'onde. L'image obtenue est unique et bien définie parce que les
électrons projetés sont très nombreux. Cela résulte de la composition des
probabilités par leur produit. Les probabilités les plus faibles
disparaissent et les plus fortes deviennent des certitudes. Il en est de même
des humains. Dire que l'homme est libre revient à dire que tous les
comportements qu'il peut adopter ont chacun une certaine probabilité. Mais si
l'on considère l'humanité dans sa totalité, un certain nombre d'humains
réagira d'une certaine façon. Ainsi la peur peut conduire un homme à renier
ce à quoi il croit et à le trahir. Nous ne pouvons pas dire qui trahira ou ne
le fera pas mais nous savons qu'il y aura des traîtres. Cela
est vrai pour tous les comportements humains. Les protagonistes des terribles
journées du 14 au 16 Nissan sont pour nous des "types" qui se
reproduiront tout au long de l'histoire humaine. Il y aura toujours des
Judas, des Pierre, mais aussi des Marie de Magdala, des Joseph d'Arimathie et
des Jean l'Evangéliste. Mais nous vivons le IIIe millénaire après
l'Incarnation. Même si nous ne vivons pas tous dans le même siècle - certains
d'entre nous pensent toujours comme les hommes et les femmes d’autrefois
siècle et c'est leur droit - nombreux sont ceux qui n'acceptent plus pour
vérité historique les récits symboliques ou mythologiques que nos anciens
nous ont légués. Il est donc indispensable de tout examiner à la lumière de
nos connaissances actuelles. Il n'y a pas un "Jésus de l'Histoire"
et un "Jésus de la Foi" mais un seul Christ dont la Parole toujours
actuelle, toujours audible, nous montre le chemin vers le Père, un seul
Christ "de deux natures" qui S'est Incarné, qui a souffert Sa
Passion et qui S'est ressuscité Lui-même le troisième jour. C'est Lui qu'il
nous faut écouter et suivre, si lourde à porter que puisse être notre propre
croix.
Joseph Matar nous fait nous asseoir au seuil de la maison dans
la montagne libanaise, il nous fait saluer le soleil à l’heure du lever comme
à l’heure du coucher, il nous fait nous agenouiller devant la gloire de la
nature dessinée par son Créateur que le peintre salue à chaque heure de sa
vie : il ne l’oublie pas, il le remercie et dans cet élan, il partage avec
vous ce qui lui est donné de voir au-delà du simple trait, au-delà de l’image
la plus élémentaire... Au sommaire de cet ouvrage : Du 14 au 16 de nissan - La dernière Cène
- arrestation et procès - Crucifixion et
dormition - Résurrection et apparitions -
Les antagonistes du Christ - Judas ou l’espérance déçue -
Le passé-grand prêtre Hanne ou l’intolérance du pouvoir
- Caïphe ou les intriguant du pouvoir - Pilate
ou la cruauté des politiques - Celse ou l’audace des
calomniateurs - Le Christ au tombeau
- La dormition du Christ - La
résurrection prophétique - Marie de Magdala ou l’apôtre des
apôtres - Nicodeme et Joseph d’Arimathie -
Saint Thomas et Saint Pierre - Saint Jean ou le chantre de
l’agapé divine - le 3e millénaire
- L’ascension et la Résurrection -
L’Incarnation du Christ, notre espérance - la leçon de
Job - |
GUÉRILLOT - j’ai ce bonheur |
Claude
GUÉRILLOT |
EDITION
TREDANIEL |
2002 |
||
Dès lors, les Frères ont le devoir d'étudier
l'évolution des degrés qu'ils possèdent et le droit de juger du bienfondé des
modifications que certains se croient autorisés à introduire. Sinon, ce que
l'on appelle la " tradition maçonnique " aurait la mémoire bien courte
et les " rénovateurs " la partie bien belle... Mais, que l'on se rassure, bon nombre des
prétendues améliorations, qui n'avaient, en fait, que le but de "
déchristianiser " le Chevalier Rose Croix, ont finalement été, ou
abandonnées en raison de leurs excès, ou, par la force de " l'esprit du
grade ", réintégrées dans la tradition originelle.
Ce petit livre traite du chevalier
Rose-Croix, grade central du R.E.A.A. Il développe ce grade dans les rituels
anciens et les compare au rituel actuel. Si le bonheur est dans le pré, il l’est aussi
dans ce petit livre. |
GUÉRILLOT - LA GENÈSE DU RITE ÉCOSSAIS |
Claude
GUÉRILLOT |
EDITION
TREDANIEL |
1993 |
La
Franc-maçonnerie née en 1717 puis en 1801 à Charleston (USA) né le R.E.A.A.
en 33 degrés, et entre les 2 dates que s’est-il passé ? Ce livre répond à
cette question et c’est 80 ans d’épisodes tantôt cocasses tantôt difficiles
qui ont structuré le R.E.A.A. Ce
petit livre, le premier d'une série de monographies maçonniques, est, bien
entendu, surtout destiné à ceux à qui son titre évoque leur propre vécu. Il
traite du Chevalier Rose Croix, ce grade central du Rite Ecossais Ancien et
Accepté.
Au sommaire de cet ouvrage de 430 pages : Les commencements incertains à Londres et à Paris
- les corporations, les guildes et les communautés
- Ramsay - les Ecossais en
France - le Comte de Clermont - Jacques
Lacorne - Chaillon de Jonville -
les écossismes parisiens - le problème de
Marseille - le degré de Rose+Croix
- Saint Domingue - Etienne Morin et sa
patente - la Jamaïque et
Francken - Naissance des hauts
grades - Louis-Philippe, duc de Chartres -
Anne-Charles Sigismond de Montmorency-Luxembourg -
Labady - Charles-Pierre Paul Savalette de
Langes - les convents des Philalèthes
- le baron de Hund - la Stricte
observance - Willermoz - le convent
de Wilhemsbad - les chevaliers de la Cité
sainte - Le rite écossais philosophique - les
réfugiés de saint Domingue - les Cincinnati
- John Mitchell - Frédérick Dalcho
- Alexandre François Auguste de Rouville, comte de
Grasse-Tilly - la naissance du Rite Ecossais Ancien et
Accepté - le nouveau rite en 33 degrés
- un nouveau texte de fondation et une nouvelle histoire - |
GUÉRILLOT -
la lÉgende d’hiram |
Claude
GUÉRILLOT |
EDITION
TREDANIEL |
2002 |
David, Salomon, Hiram, autant de personnages
à la fois historiques et légendaires... David et Salomon furent les
souverains d'un petit peuple du Proche-Orient qui, à la faveur d'une
"fenêtre historique", surent profiter de la faiblesse provisoire
des grands Empires égyptien et babylonien. Ils construisirent une sorte de
petit empire et s'assurèrent le contrôle des routes caravanières venant de
Mésopotamie et de l'Orient profond. Ils s'allièrent avec les Phéniciens, qui
dominaient le commerce maritime comme ils dominaient le commerce terrestre.
Cela fit leur fortune... Hiram ne fut qu'un habile bronzier...
Au sommaire de cet
ouvrage : David et Salomon devant
l’histoire - le contexte historique au Xe
siècle - David et Salomon dans les légendes
- Le Temple de Salomon et les temples
ultérieurs - le Temple dans l’imaginaire
occidental - le Temple de nos jours
- Notre Maître Hiram - Hiram dans l'Ecriture et
en Franc-maçonnerie - le meurtre -
la quête du cadavre d’Hiram - les significations de
la mort d’Hiram - Le deuil d’Hiram
- les funérailles d’Hiram -
Joabert substitué à Hiram - les degrés du
deuil - La réorganisation du chantier
- Rendre la justice - poursuivre le
chantier - la punition des meurtriers -
le châtiment d’Akyrop - la découverte du temple
d'Hénok - la voûte secrète - la
découverte des ruines - un nouveau degré institué
- Le Royal Arch anglais - le sens de la
légende - La sauvegarde du
Nom - la dédicace et la dispersion des ouvriers
- la déchéance de Salomon et la destruction du Temple
- Comment la légende a-t-elle été construite ?
- Une œuvre collective - Rassembler ce
qui est épars - Par-delà le mythe et la
légende : l’initiation - les trois états
de l’homme - l’initiation maçonnique
- la discipline de l’arcane dans la légende d’Hiram
- les textes à l’origine du Royal Arch - |
GUÉRILLOT - LA ROSE
MAÇONNIQUE - 2 Livres (380
pages chacun) - |
Claude
GUÉRILLOT |
EDITION
TREDANIEL |
1995 |
||
Claude
Guérillot indique en chaque occasion où l'on peut se procurer une copie de
l'original. Ce livre permettra à chacun de se faire une idée personnelle. Les
Rituels anciens étudiés ici ont une riche coloration spirituelle, mais
celle-ci, pareille à un arc-en-ciel ou au cou d'une colombe, varie sans
cesse. Souvent chrétienne, avec parfois un zeste de calvinisme, elle intègre
aussi des éléments venus de la mystique juive ou de l'ésotérisme occidental,
qu'il s'agisse de l'hermétisme ou de l'Alchimie. Les hommes qui conçurent ces
rituels étaient tout à la fois chrétiens et ésotéristes, religieux et
tolérants, fraternels et dévoués. Ceux
qui les accusent d'avoir inventé les rituels pour pouvoir monnayer les Grades
ne les connaissent pas ou instruisent un autre procès, pour une cause plus
actuelle. "Le parfum dont l'argile, une fois, a été imprégnée, elle le
gardera toujours", disait le vieil Horace. Le parfum de la rose, telle
qu'elle fut dans sa splendeur naissante, imprègne toujours l'argile
maçonnique et continuera de le faire tant qu'il y aura des Maçons, avides de
connaître ce que cachent nos rituels, sous des formes parfois bien modifiées.
|
GUÉRILLOT - LA LUMIÈRE INCRÉÉE - CHERCHER DIEU AUJOURD’HUI |
Claude Guérillot |
Edition Dervy |
2001 |
Une
très sérieuse étude a permis de savoir que plus des trois quarts des
Européens occidentaux croyaient en Dieu, mais que neuf pour cent d’entre eux
pratiquaient une religion, quelle qu’elle soit. Les
athées et les rationalistes de toutes obédiences vous répètent que la science
moderne considère Dieu comme « une hypothèse inutile » et qu’à tout le moins
les choses sont telles que tout contact avec Lui est « scientifiquement
impossible ». Or ceci est faux ! Vous verrez ici qu’il existe une « porte »
par laquelle Dieu, comme un Grand Architecte, peut venir visiter son
chantier, inspirer ses ouvriers et manifester son immanence. Bien plus, une
lecture renouvelée de l’Écriture, vous permettra de constater qu’en vérité Il
l’a fait.
En
conséquence, et quelles qu’aient été la durée de la phase « mise en forme »
des textes qui nous sont parvenus, ainsi que du nombre et les intentions des
rédacteurs, la sainteté et la vérité de ces Paroles ainsi que le respect dont
elles étaient entourées sont le gage de leur authenticité.
La
grâce divine est sans cesse offerte à tout homme et à toute femme de ce
monde, pour autant qu’elle soit accueillie et reçoive le secours de l’effort
humain, en une synergie divino humaine. Au sommaire de cet ouvrage : Au commencement de notre quête - de l’exégèse à la théôria - la théôria - Rien n’est simple - les deux discours - polysémie du vrai - sur le mot « amour » - Chercher Dieu dans son œuvre et déchiffrer ce que représente cette Œuvre - « Je suis la porte » a dit Jésus - La lumière dans les ténèbres - du signifiant au signifié - le nombre et l’homme - esquisse d’une approche mathématique de Dieu - que le Seigneur daigne m’absoudre - Le blanchiment de l’aube - L’Ecriture est parole de Dieu - La création de l’homme - Eve, le « mère des vivants », initiatrice de « l’image » - Marie, l’initiatrice de la « ressemblance » - Dans la splendeur du matin - les textes du Nouveau Testament - les différentes exégèses - Les Paroles du Christ - L’évangile selon Jean - Comme un nuage noir dans le ciel - le problème du mal - Dieu et la souffrance - Elevez une haie autour de l’Ecriture - le ciel n’est pas fermé - De l’époque apostolique au concile de Nicée (325) - De Nicée à Constantinople - De Constantinople à Chalcédoine et de Chalcédoine à Constantinople - Révélations du Paraclet et continuité temporelle - Afin que vous aussi - Un silence de Jean - du pain multiplié au pain de vie - sur le chemin de Siloé - Quelle est la vraie vision de Dieu - Le Christ est ressuscité - le mystère de l’incarnation - Semé corruptible - Etre en lui et Lui en nous - Au terme de cette quête, le témoignage - la translittération de l’hébreu et du grec - |
GUÉRILLOT
- la tour inachevÉe - Étude des 21e, 22e, 25e
degrÉs du REAA |
Claude
GuÉrillot |
Edition Vega |
2003 |
||
Les
Églises, tant catholique que réformées, tenaient pour authentique une
"image de Dieu" qui était celle d'un Juge implacable et vindicatif.
Toutes "prêchaient l'enfer" avec son feu inextinguible torturant
les damnés dans une éternité de souffrances.
Or
ces rituels nous disent d'abord, que les Sidoniens qui coupèrent les arbres
dont le bois servit à construire l'arche de Noé eurent des descendants et
qu'ainsi la destruction de la race humaine par le Déluge n'a pas eu lieu,
ensuite que Phaleg, l'architecte de la tour de Babel, s'est "sauvé"
par son expiation et son humilité, c'est-à-dire par "ses œuvres",
enfin le serpent d'airain est une figure du Christ et l'homme sera sauvé s'il
se tourne vers Lui. Finalement,
les trois rituels contiennent une réfutation de la "pastorale de la
terreur" qui retentissait alors dans les églises et dans les temples.
Ils offraient aux récipiendaires une autre "image de Dieu ", celle
d'un Père aimant et miséricordieux. Comme ils sont actuels, ces degrés
oubliés. Ce livre comporte l’étude de trois degrés des hauts grades du
R.E.A.A. dans leur dimension rituelle, ésotériques, de la légende, du
lieu, du secret et sur le plan symbolique. Y est étudié le 20ème chevalier
Prussien – le 21ème chevalier de Royale Hache et le 25ème chevalier du
serpent d’Airain. Ces degrés ne furent jamais que communiqués par un résumé
bref. |
GUÉRILLOT - L’ÉGLISE D’ANTIOCHE SYRIAQUE ORTHODOXE - Une église trinitaire et martyre - 2 tomes |
Claude Guérillot |
Edition Véga |
2008 |
||||||
Au sommaire de ces ouvrages : Tome 1 : Une Eglise martyre - L’église nait à Antioche - des origines au concile de Nicée - L’expansion de la grande Eglise - de Nicée au concile de Constantinople - L’implosion de la Grande Eglise au concile de Chalcédoine - le temps des persécutions avec la conquête arabe - Le temps de la servitude, de la conquête arabe aux temps modernes - Le temps des massacres du début du 19e siècle au début du 20e siècle - Le temps de l’exil et celui de l’espérance - De la fin de la première guerre mondiale à nos jours - De l’araméen au syriaque - Liste des Patriarches syriens orthodoxes - Les Chrétiens de l’Inde - L’église Syrienne Orthodoxe en Europe - Orientations bibliographiques - Tome 2 : Une Eglise trinitaire - Une spiritualité fervente - La tradition hymnique - Saint Epharem et saint Yaqub de Sarug - La Tradition homilétique - Théodore de Mopsueste - Philoxène de Mabbug - Saint Sévère d’Antioche - La Tradition didactique - Bar Ebroyo - La Tradition mystique et la Prière du Seigneur - La Tradition liturgique et le Baptême - La Sainte Eucharistie - La rémission des péchés - A Dieu, Gloire sans fin - Si le grain ne meurt pas… - |
GUÉRILLOT - LE RITE DE
PERFECTION |
Claude
GUÉRILLOT |
.EDITION
TREDANIEL |
1993 |
En 1762, muni de sa célèbre Patente, Étienne Morin quitta la France
pour retourner à Saint-Domingue. Il était en possession des rituels de
l'Ancienne Maîtrise, dans la forme que leur avait donnée le Grand Conseil des
Grades Eminents que présidait alors Augustin-jean François Chaillon de
Jonville. Quelques années plus tard, lassé des intrigues et des cabales,
Morin se réfugia à Kingston, à la Jamaïque, près de son ami Henry Francken.
Il y accomplit son oeuvre maçonnique majeure, l'élaboration du Rite de
Perfection, en vingt-cinq degrés, qui regroupe tous les grades effectivement
pratiqués du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Henry Francken, qui fut très
certainement l'organisateur principal du Rite, a laissé plusieurs manuscrits
dans lesquels se retrouvent tous les rituels et de nombreuses pièces
réglementaires. Après avoir tout traduit en anglais, Francken dotait ses
délégués, les Députés-Inspecteurs, d'une copie dont trois versions au moins
sont venues jusqu'à nous. Claude Guérillot présente ici une restitution en
français de ces rituels nés en France. Cet énorme travail, qui a demandé de
minutieuses comparaisons avec les manuscrits encore existants, constitue un
ouvrage de référence pour tous ceux qui désirent connaître la forme, et
surtout l'esprit, des rituels maçonniques originaux. Les commentaires qu'il a écrits et le glossaire qu'il a
élaboré permettent de mieux comprendre ces textes d'une importance
essentielle pour tous ceux qui veulent mieux approfondir les rituels
Ecossais. Au sommaire de cet ouvrage: L’ancienne maîtrise : les degrés de Maître secret et Maître
parfait jusqu’à la perfection ou ultime degré de la Maçonnerie symbolique (14e)
- La Maçonnerie Renouvelée - Va de Chevalier
d’Orient ou de l’épée (15e degré) au Prince du royal secret ou
chevalier de saint André (25e degré) - Constitution, statuts et règlements - les lois et
règlements de l’époque - les actes d’allégeance
- |
GUÉRILLOT - les degrÉs
de l’apocalypse – Étude des 17e
et 19e DEGRÉS du R.E.A.A. |
Claude guerillot |
EDITION
VEGA |
2007 |
||
L’analyse
permet aussi de proposer quelques pistes de compréhension effet, à l’époque
de l’élaboration des premières versions de ces degrés, la Franc-maçonnerie
française vivait l’une de ses crises les plus difficiles et il est possible
d’en reconnaître des échos dans les rituels.
Au sommaire de ce livre : Le chevalier d’Orient et d’Occident 17e
degré - lieu, décors, message, préambules, mot de
passe, rituel - Quelques aperçus et réflexion sur le 17e
degré - Le Sublime Ecossais ou Grand Pontife 19e degré
- Lieu, décors, message, secrets et Apocalypse
- Quelques aperçus et réflexions sur ce degré - Quelques remarques sur les degrés de l’Apocalypse
- Brève étude des batteries - Paraphrase ou
pastiche ? - La Jérusalem céleste - |
GUÉRILLOT - les
degrÉs d’exil – 15ème et 16ème degrÉs |
Claude
guÉrillot |
EDITION Vega |
2004 |
On
entend ici par "degrés de l'Exil" les XVème et XVIème degrés du
Rite Ecossais Ancien et Accepté, c'est-à-dire le Chevalier d'Orient ou de
l'Épée et le Prince de Jérusalem.
Les degrés de Chevalier d’Orient (15ème) et de Prince de Jérusalem
(16ème) sont ici expliqués dans leurs dimensions historique, symbolique,
ésotérique, mythique et rituelle. |
GUÉRILLOT - les
degrÉs ultimes du rite Écossais ancien & acceptÉ |
Claude
guÉrillot |
EDITION
VÉGA |
2005 |
Avec
« Les Degrés ultimes du Rite Écossais Ancien & Accepté » s’achève une
série de petits ouvrages consacrés chacun à l’un des aspects importants du
Rite. Celui-ci a été écrit dans deux buts :
Au sommaire de cet ouvrage : Le Grand Inspecteur Inquisiteur commandeur 31e : son
lieu, son rituel, son message, son secret et son contenu
initiatique - Le Prince du Royal secret 32e : Lieu,
décor, message, secret et quelques aperçus sur le contenu
initiatique - Le Souverain Grand Inspecteur Général 33e : Lieu,
décor, rituel et secret - L’arbre et la forêt - la forêt
féconde - In ultima fine - |
GUÉRILLOT - LES GRADES DITS DE VENGEANCE |
Claude Guérillot |
Edition Véga |
2014 |
||
L’interprétation de l’auteur est donc que ces degrés recèlent en eux un enseignement mystique proche du quiétisme, il n’est donc pas étonnant que leurs versions modernes aient été profondément édulcorées. Nous connaissons tous la « caverne », or la « caverne » est l’archétype de la matrice maternelle et elle est symbole de renaissance, de régénération et d’initiation. Le « vieil homme » attend dans la caverne que le « nouvel homme » y entre et se substitue à lui, mais cette renaissance se fait dans la douleur ; la plupart des grandes initiations, celle d’Eleusis par exemple, ont eu recours à ce symbole de régénération. Le contact entre Joabert ou Joabim et Abiram est médiatisé par le poignard avec lequel le premier frappe le second à la tête et au cœur. Or le poignard est un « outil » actif, analogue au ciseau : alors que le ciseau taille la pierre, le poignard façonne l’âme. S’il poursuit son chemin, le récipiendaire s’entendra dire un jour, d’un autre poignard. Après les coups de poignard, la fontaine intervient. La fontaine, l’eau vive, évoque celle qui servait au baptême des premiers chrétiens, le récipiendaire doit boire à la fontaine et étancher sa soif, plus tard on lui dira « Prenez et buvez et donnez à boire à ceux qui ont soif », et cette soif est celle de la connaissance et celle de l’amour divin. Vient maintenant la lampe. La lampe évoque la lumière incréée de la divinité. Présente dans la caverne, elle indique que Dieu préside à la conversion du récipiendaire, entré meurtrier et sortant purifié. Tous
ces symboles, en effet, n’évoquent nullement une vengeance, un meurtre, mais
une véritable « conversion »,
« un retournement de l’être (lame 11 du
Tarot) » et une « métanoïa »
au sens le plus large et le plus profond du terme, un « retournement de l’âme et une purification de
l’être ». Au sommaire de cet ouvrage : La légende avant les rituels - Le
Maître élu des neuf, son lieu, sa légende ses secrets, son rituel, son contenu
initiatique - L’Elu des Quinze
- Son lieu, son rituel, ses décors, ses secrets et son contenu
initiatique - Le Sublime Chevalier Elu
- Son lieu et ses décors, ses discours et son secret, son contenu
initiatique Une nouvelle interprétation des grades dits de
vengeance - Vingt ans après… |
GUÉRILLOT - les
trois premiers degrÉs du r.e.a.a. |
Claude
GUÉRILLOT |
EDITION
TREDANIEL |
2002 |
Dès
ses trois premiers degrés, le Rite Écossais Ancien et Accepté possède ses
spécificités propres. Historiquement, les rituels de ces degrés trouvent leur
origine dans ceux que les Antients anglais définirent vers 1750 et qu'ils
donnèrent, à la fin du XVIIIème siècle, à la Mère Loge Écossaise, Saint Jean
d'Écosse, qui fut la loge-mère d'Alexandre de Grasse-Tilly. Lorsque le Rite
Écossais Ancien et Accepté fut introduit en France, en 1804, c'est tout
naturellement que Grasse-Tilly adopta, pour les Loges symboliques, les
rituels en usage dans sa loge-mère. Tout
au long du XIXème siècle, ces rituels, surtout celui de Compagnon, furent
modifiés en fonction de l'esprit de l'époque. Le "positivisme"
d'Auguste Comte et l'anticléricalisme croissant des Frères induisirent une
certaine déchristianisation du Rite. Personne,
ni une Obédience, si respectable soit-elle, ni une Juridiction, si vénérable
soit-elle, n'est propriétaire du Rite Écossais Ancien et Accepté. Pourtant le
Suprême Conseil de France d'abord, la Grande Loge de France ensuite, ont cru
avoir le droit et le devoir de modifier les rituels. Nul ne doute qu'ils
aient cru bien faire... Mais un exemple récent montre que modifier un rituel
est une opération difficile et risquée. Ici, un geste, un mot, un discours,
portent en eux une signification qu'il faut parfaitement comprendre pour oser
introduire une modification. Si
celle-ci est acceptable, si elle n'altère pas le sens du grade, si elle est
bien comprise par les Frères, ceux-ci l'adoptent. Sinon... Ce petit livre est
consacré aux trois premiers degrés et l'auteur espère ainsi transmettre à ses
lecteurs un peu de ce qu'il a appris en plusieurs décennies de pratique. Mais
ses paroles ne sont pas vos paroles et si le lecteur se penche un peu plus
sur l'enseignement maçonnique de ces premiers degrés, alors son but sera
atteint. Au sommaire de cet ouvrage : L’apprenti : le
lieu, le rituel et l’instruction - Le
compagnon : Le lieu, le rituel et la gestuelle - Le
Maître : Le lieu, le rituel et la tenue funèbre - 7 ans et plus - Quelques travaux
- Que la joie soit dans vos cœurs ! - Que la lumière
soit ! - Et maintenant… |
GUÉRILLOT LE TÉMOIN DU CHRIST – UNE APPROCHE DE
L'ÉVANGILE DE ST-JEAN |
Claude Guérillot |
Edition
VEGA |
2003 |
||
La
tradition et ceux qui ont connu Jean ou qui furent proches de lui dans le
temps et dans l’espace nous affirment que cet auteur est Jean, fils de
Zébédée.
|
GUÉRILLOT - son
nom fut autre |
Claude guÉrillot |
EDITION
VÉGA |
2004 |
||
«
Allez dans le monde, seul, univers complet, responsable devant votre
conscience, riche de connaissance et d’amour. Nous n’avons pas de mot d’ordre
à vous donner ». Au sommaire de cet ouvrage : Les
premiers Kadosh - les manuscrits antérieurs à
1762 - Le contenu initiatique du chevalier Kadosh
initial - Le grade suprême du Grand Elu de
Londres - Le
Kadosh templier : le Kadosh du Rite de Perfection
- La condamnation du Kadosh templier - Le
Kadosh philosophique : La descendance politique du Kadosh
philosophique - les mots inscrits sur l’échelle
- Paroles et mot de passe - |
GUÉRILLOT -
trois pas vers l’infini |
Claude
guÉrillot |
Edition Dervy |
2003 |
Claude Guérillot nous décrit son parcours, nous livre son
secret d’initiation, nous faisant découvrir, sous l’efflorescence des grades,
l’extraordinaire cohérence du Rite Écossais Ancien et Accepté, affirmant avec
force sa vocation spirituelle. Cet ouvrage relate le voyage initiatique de
l’homme en quête d’initiation qui, homme de chair selon les termes de
l’auteur, aspire à la condition d’homme spirituel afin de retrouver sa
dimension primordiale et surtout un équilibre. C’est à travers 3 lettres : A (Agir) – A (Aimer) – A (Apprendre) que l’auteur nous guide à travers les hauts grades du R.E.A.A. Au sommaire de cet ouvrage : Apprendre :
Rituels, symboles et légendes - l’apprentissage et l’irruption du
symbole - l’apprentissage de l’ésotérisme
- de la légende au mythe - Aimer : Les degrés johanniques - la Loi
d’amour - Agir :
Les séquelles d’un refus - Trois rayons de soleil
- Son nom fut autre - Nec plus ultra
- les degrés ultimes - Un des meilleurs livres de métaphysique de Claude Guérillot |
grand livre d’architecture de la trÈs respectable
grande loge de france |
Le
Musée de la glf |
EDITION
DU PRIEURÉ |
1996 |
Le
Grand Livre d’Architecture de la Grande Loge de France est un document qui
met en évidence la participation active de nombreux frères, notamment par la
création de nouveaux ateliers, au sein d’un système maçonnique autre que le
Grand Orient de France, après sa création en 1773.
|
guide des maçons Écossais |
Pierre
noël |
EDITION
À L’ORIENT |
2006 |
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|
guide du franc-maçon |
Le
Groupe de Recherche alpina |
LAUSANNE |
1998 |
Histoire
de la Franc-maçonnerie dans les Îles Britanniques |
La
Franc-maçonnerie en Europe et au Moyen Âge |
guide pratique de la franc-maçonnerie à
l’attention de tous les chercheurs de lumiÈre |
Jean
solis |
Dervy |
2001 |
La Franc-maçonnerie, au-delà de sa visée
universaliste, est, au niveau international, une mosaïque d'obédiences et de
rites divers, fruits de l'histoire politique et sociale du monde, dans les
méandres desquels il est quasi-impossible au profane et très difficile aux
maçons eux-mêmes, de quelque grade qu'ils soient, de se retrouver. D'où
l'intérêt de cet ouvrage, indispensable guide pratique, qui, pour la première
fois, décrit et analyse, de façon exhaustive, les différents rites pratiqués
de par le monde. Travail unique en son genre, cet ouvrage,
par une synthèse historique et mythographique de chaque rite et par l'analyse
descriptive qui en est faite, permet de comprendre ce qui fait, au-delà de
l'extrême diversité apparente, l'unité de la Franc-maçonnerie. En cela,
l'auteur contribue à " réunir ce qui est épars " et à favoriser une
meilleure compréhension de la différence et par conséquent une meilleure
compréhension de l'Autre |
1 H
HIRAM - Exégèses bibliques et maçonniques du mythe fondateur de la Franc-maçonnerie |
Jean-Claude Sitbon |
Editions de la Tarente |
2014 |
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Chapitre 3 : Hiram, « l’envoyé de Dieu » - les messagers divins dans la Bible - le livre des Proverbes - Sagesse et crainte de l’Eternel - la Sagesse personnifiée - vertus divines - Dons divins -les Dons spirituels - Hiram, Betsaleel, Salomon et le Christ - Hiram dans les textes du Rite Ecossais Rectifié et ses rapports avec le Christ - Chapitre 4 : La légende maçonnique du meurtre d’Hiram par trois mauvais compagnons - les sources hypothétiques de la légende - les anciens manuscrits maçonniques - la mort du héros dans les sociétés initiatiques - la trame de la réception au grade de Maître - le complot des trois mauvais compagnons et les circonstances du drame - le refus d’Hiram de donner le mot du Maître - les coups portés à Hiram et les instruments utilisés - les enseignements d’ordre moral - le danger des passions violentes - Vaincre ses passions - Bijoux et métaux - Justice, discrétion et humilité - Sacrifice, courage et souffrance - les qualités antithétiques d’Hiram - le thème de la mort dans la tradition maçonnique - la mort initiatique et la seconde naissance - Approche mystique - la distinction entre l’être essentiel et l’homme physique - le postulat théologique de l’immortalité de l’âme - la vision romanesque de Gérard de Nerval - la reine Balkis, ressort du drame nervalien - les multiples fonctions d’Adoniram dans l’œuvre de construction du Temple - Adoniram, personnage énigmatique, complexe, d’une fascinante beauté - Adoniram émerveille la reine de Saba, ils tombent amoureux l’un de l’autre - les rapports tumultueux entre Adoniram et Soliman - Trois compagnons sabotent la réalisation du chef-d’œuvre final d’Adoniram qui, avec l’aide de Tubalcain, répare le désastre - Chapitre 5 : La résurrection d’Hiram - Le relèvement du tombeau du nouveau Maître dans les rituels maçonniques - L’approche du Rite Ecossais Ancien et Accepté - Mort et renaissance - un thème universel au centre de nombreuses traditions - le mythe d’Isis et d’Osiris - les trois périodes du Temple de Salomon - les trois états de l’Ordre maçonniques - les trois épisodes du destin de Maître Hiram - les différents aspects de la résurrection dans les textes bibliques et leurs rapports avec Hiram - la résurrection collective des morts à la fin des temps dans la tradition judaïque et dans la tradition chrétienne - les résurrections individuelles - les résurrections fils d’une veuve par Elie et par Jésus - La résurrection par Elisée du fils de la Sunamite et celle de Jésus par Lazare - les autres résurrections dans les Evangiles - L’interprétation christique du mythe d’Hiram - les différents indices bibliques - la symbolique maçonnique - les limites de l’interprétation christique - |
HIRAM - LE MYTHE
D’HIRAM - N° 77 |
Jean Delaporte |
Edition Maison de Vie |
2017 |
Le mythe d’Hiram présente
une structure similaire au mythe d’Osiris. Une partie des mythèmes osiriens
se retrouvent dans la légende d’Hiram même si le mythe qui fonde la
Franc-maçonnerie présente ses propres caractéristiques. « Construction
du Temple, assassinat du Maître, trahi par ses propres Frères, perte du
secret de l’œuvre, finalement retrouvé grâce à l’acacia et à la quête ardente
menée par ceux qui sont chargés de prolonger la Tradition en faisant revivre
l’esprit du Maître. Tel est, brièvement résumée, explique l’auteur, la
structure du mythe fondateur de la maîtrise maçonnique. » Après avoir évoqué
les différentes influences traditionnelles possibles dont les sources
compagnonniques, Jean Delaporte précise les similitudes avec le mythe
osirien : « Les cinq points parfaits de la Maîtrise correspondent
au remembrement du corps du Maître. Le fait que le mot de passe soit
communiqué au moment où le Vénérable relève rituellement le corps du Maître
par les cinq points parfaits de la Maîtrise indique que c’est grâce au remembrement
que la Tradition se transmet. Ce remembrement est un aspect du mythe que l’on
ne trouve guère ailleurs. Il est permis de parler de spécificité de la
tradition des bâtisseurs, à laquelle la composante féminine de l’initiation
n’est pas étrangère puisque l’intervention des Sœurs est essentielle à
l’accomplissement de cet acte. Bâtir, n’est-ce pas précisément remembrer,
reconstituer ce qui était séparé, à l’instar d’Isis qui redonne magiquement
l’intégrité de son corps à son époux Osiris ? » Jean Delaporte
cherche ensuite à cerner les fonctions d’Hiram, de Salomon et de la Reine de
Saba à travers diverses sources et en recourant aussi à l’étymologie afin de
mettre en évidence les archétypes à l’œuvre au sein du mythe. C’est bien une
voie du corps de gloire, héritée des traditions osiriennes que nous
retrouvons dans le procès alchimique de mort et de résurrection ou
recréation. Jean Delaporte pose finalement deux
questions d’importance : qu’est-ce qui justifie la construction du
Temple et sa reconstruction permanente ? Que nous apprend la nécessaire
stabilité du couple royal dans le mythe osirien sur la fonction, plutôt
négligée de la Veuve en Franc-maçonnerie ? Il invite à un dialogue
fécond, sans doute indispensable, entre le mythe d’Hiram et le mythe d’Osiris
pour mieux percevoir les mystères et les réaliser opérativement. Le rite de
l’élévation est toujours centré sur la mise en scène de la mort et du
relèvement d’Hiram. Cette constance confère à la légende d’Hiram une
place privilégiée et en fait le mythe fondateur de la Franc-maçonnerie
spéculative. Le Mythe d’Hiram, lors de sa mise en scène dans le cadre du
rite, se superpose au parcours du compagnon en train de vivre la dernière
phase de son initiation ; pour enfin que le compagnon prenne la place
d’Hiram, d’une manière symbolique, lorsqu’il est étendu au centre du Temple
et recouvert d’un linceul. Le Maître, à ce moment, s’identifie à Hiram.
Lorsqu’il est relevé par les cinq points, il se substitue à Hiram pour
renaître en « nouveau Maître », phase où, passant de l’horizontale
à la verticale, il prend une dimension supérieure. Il passe du plan
terrestre, horizontal, au ciel, par le plan vertical qui sert de trait
d’union. De plus la mort acceptée d’Hiram possède au moins trois significations :
-morale, c’est celle d’un homme qui sacrifie sa vie pour garder un secret
(Livrer le mot des maîtres, c’est admettre aussi que la violence soit
légitimée, feindre de croire que l’homme peut accéder à un niveau supérieur
sans effort). -symbolique : c’est l’illustration de la
parole du Christ. « En vérité, en vérité, Je vous le dis, si le
grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul ; si au
contraire il meurt, il porte du fruit en abondance ». -initiatique :
le récipiendaire incarne Hiram, car il est soupçonné, éprouvé, tué, relevé
par les cinq points. il comprend qu’en lui le vieil homme est mort et
qu’un nouvel homme est né, qui va s’engager dans une quête
spirituelle. On découvre, à
travers le Mythe, une illustration d’un cycle de mort-renaissance… comme dans
tout ce qui concerne l’homme et son univers : -
Inspiration-expiration -Gestation-mort -Création de
cellules-mort des cellules L’Elévation, fondée
sur le meurtre d’Hiram, marque une étape importante de toute vie maçonnique.
Dans les deux premières cérémonies, Initiation et Passage, le récipiendaire
n’a pas toujours tout assimilé sur le moment. En effet, le roi Salomon étant sur le point de construire
un temple à la gloire de l'Éternel ; il rencontra d’emblée beaucoup de
difficultés pour pouvoir s’adjoindre les services d’ouvriers habiles et
compétents afin d’élaborer et d'exécuter la partie architecturale de
l'entreprise qui était effectivement d’une telle ampleur, qu'il jugea
nécessaire de demander soutien à son ami et allié : Hiram, roi de Tyr. De
fait, à cette époque, la main-d’œuvre de certains constructeurs, parmi les
plus aptes et expérimentés, étaient les Tyriens (ainsi que les Sidoniens)
qui, à ce moment, étaient déjà de longue date considérés comme de véritables
artistes ayant de surcroît une profonde culture spirituelle. Admis
notoirement comme étant les meilleurs bâtisseurs dans le monde, Hiram accepta
donc en toute confiance et envoya à leur secours une abondance d'hommes et de
matériaux qui devraient être utilisés pour la construction du Temple. Et,
parmi les premiers, il y eut un artiste distingué, à qui fut confiée la
surintendance de tous les ouvriers…C’est ainsi que le roi Salomon demanda à
ce que soit engagé Hiram de Tyr : lequel était le fils d'une veuve de la
tribu de Nephtali. Le père de celui-ci était, quant à lui, également un homme
de Tyr: artisan de son état et celui-là même qui avait achevé le bronze
d’Hiram ainsi que tout l'ouvrage qu'il avait dû ériger en son temps pour le
roi Salomon dans la Maison du Seigneur. À noter en aparté, qu’il ne faut
évidemment pas confondre, Hiram (roi de Tyr) : lequel envoya hommes et
matériaux à Jérusalem afin d’y construire le palais pour David et le temple
de Salomon – avec Hiram : l'architecte du temple de Salomon envoyé lui-même
par le roi de Tyr. L'une des versions les plus anciennes de ce récit apparaît
d’ailleurs dans l'Ordre des Francs-Maçons trahis et leurs secrets révélés (en
1744) : sous la révélation de Adonhiram ou Adoram ou encore (plus simplement
et tel que tous les SS\ et FF\ le connaissent sous le nom couramment
simplifié d’Hiram), à qui Salomon ayant donné l'intendance des travaux de son
Temple auprès d’un si grand nombre d'Ouvriers à payer, qu'il ne pouvait
lui-même effectivement pas les connaitre tous C’est de la sorte que Hiram, convint avec chacun d'eux, des
Mots, des Signes et des Attouchements différents, pour mieux pouvoir les
distinguer et être ainsi assuré de leur allégeance aux principes fondamentaux
de ce qui, universellement, unit (à défaut parfois de vraiment les réunir…)
tous les Francs-Maçons du globe. Mais la plus belle version de la légende
d'Hiram reste sans nul doute celle qu'écrivit par ailleurs Gérard de Nerval
(en 1850), dans son Voyage en orient… Par son récit, Nerval ay effectivement
donné à la Franc-maçonnerie spéculative (tant francophone qu’étrangère) l'un
de ses plus beaux textes… Sans dévoiler la cérémonie de l'exaltation à la
maîtrise, il peut toutefois être permis de signaler que l'assassinat d'Hiram
en constitue le principal élément. Et Nerval a su transcrire, avec un réel
talent, tout ce qui caractérise l'Humanité : l’amour, la passion, le
fanatisme, l’envie, la jalousie, l’amour propre, l’orgueil et la lâcheté,
notamment Et ce condensé des sentiments humains constituent effectivement la
trame du récit Nervalien, mais aussi le mythe-fondateur de la
Franc-maçonnerie spéculative. Ainsi et quoi qu’il en soit, ou même en fut, la
Franc-maçonnerie révèle-t-elle, par le mythe d'Hiram, qu'elle souhaite
pouvoir rassembler ce qui est épars au sein de tous les êtres humains :
quelles que soient leurs forces et/ou leurs faiblesses. Et par la méditation
ainsi que la remise en cause perpétuelle, Elle apprend aux Hommes à dominer
leur nature autant que leurs instincts. Historiquement donc : les travaux
touchant à leur fin, trois Compagnons désireux de s'attribuer les privilèges
du Maître, se postèrent chacun devant une porte du temple... Le premier
demanda le mot de passe au Maître qui lui répondit qu'il n'était pas possible
de l'obtenir sans autre forme et qu'il fallait avoir la patience d'attendre
le moment opportun… Dépité, le Compagnon frappa alors l’Architecte au cou à
l’aide d’une règle… Et cette blessure, dit-on, symbolise la mort physique
d’Hiram. Le deuxième Compagnon ayant obtenu la même réponse en fut si furieux
qu’il porta sur le sein gauche du Maître, un puissant coup d'équerre : c'est
la mort sentimentale. Enfin, le troisième Compagnon reposa encore la même
question mais il n’obtînt malgré tout toujours que la même repartie
déterminée de la part d’Hiram : en dépit de ses meurtrissures qui l’amenaient
jusqu’à l’agonie. Et en effet, le coup de maillet que ce 3ème Compagnon lui
porta sur le front, acheva son agonie : cette troisième mort symbolique
correspondant là, à la mort mentale d’Hiram. Les meurtriers se demandèrent alors mutuellement, la
parole du Maître, qu’aucun d’eux n’avait pu obtenir... Ils ne la surent
jamais ! Comprenant l'inutilité et la bassesse spirituelle de leur crime, ils
plantèrent alors à l'endroit où ils avaient enseveli Hiram, un rameau
d'acacia : arbre de Vie grâce auquel les envoyés de Salomon purent le
retrouver. Il est à remarquer que dans cette légende, l’on trouve donc 5
personnages-clés… 1 - Le roi Salomon : lequel représente (ou plutôt
symbolise) la partie supérieure de l'Homme ; la partie qui doit régner et
gouverner ; mais aussi la partie qui doit posséder l'Art Royal incluant l'art
de gouverner. 2 - Hiram l'architecte (le bras droit de Salomon) : lequel doit
exécuter et concrétiser les plans du roi. 3 - Les 3 mauvais Compagnons :
lesquels représentent toutes les imperfections majeures de l'être humain :
Imperfections qu'il faut neutraliser, extirper ou…tuer En Franc-maçonnerie,
on les appelle parfois le fanatisme, l'ambition et l'ignorance ; mais il y en
a évidemment bien d'autres, hélas. Il n’empêche, l’histoire des trois
Compagnons meurtriers d’Hiram est une symbolique très sévère qui met en garde
contre toutes les formes de suffisance et de convoitise acquises
frauduleusement, car destructrices dans le travail de toute évolution
personnelle tendant vers l’amélioration de soi et, au travers, de celles des
autres : si possible… On comprend dès lors mieux ici, à quel point la
croyance en une connaissance incomplète peut être pire que l’ignorance
elle-même ! Car l’on ne devient pas Maître en un instant ! Tout au contraire,
il faut, par un travail permanent, lentement et par degré par degré,
progresser et…évoluer vers la maturation et l’union ; car mieux nous nous
comprenons, mieux nous nous entendons et mieux nous atteindrons un nouveau
palier. Cette légende marque donc très fortement la symbolique
Maçonnique. L'accession au grade de Maître (par sa mort symbolique), reprend
ainsi toutes les étapes de l'assassinat d'Hiram : ce dernier symbolisant
l'homme juste et vertueux mis à mort à cause de l'ignorance Ainsi dans le
Rituel Maçonnique, le récipiendaire est-il recouvert d'un drap noir et d’une
branche d'acacia pausée dessus…Et à la question : « Êtes-vous Maître… ?
» ; l'initié prononce la phrase rituelle : « l'acacia m'est connu » En
effet, pour rappel plus précis du contexte : lorsque Salomon s’est aperçu
qu’Hiram avait disparu, des équipes d’Ouvriers furent envoyées à la recherche
du corps… Et chacun d’entre eux eut peur qu’Hiram puisse avoir - peut-être -
révélé le mot secret… Tant et si bien que, les deux rois (Salomon ainsi
qu’Hiram) décidèrent alors conjointement que le premier mot prononcé lors de
la découverte du corps, serait le maître-mot nouveau Mais lorsque l’un
d’entre eux se saisit de la main d’Hiram, la peau lui glissa entre les mains
comme s’il s’était agi d’un simple gant… Alors, le Maître qui venait de
toucher la main s'écria : « Macbenae » Ceci peut se traduire par « la
chair quitte les os », « pourrie jusqu’à l’os » ! Chaque Maître-Maçon,
à l'instar de la légende d’Hiram Abiff, fait donc l'expérience de cet
événement. On dit alors qu'il a été élevé Et en termes Maçonniques,
on pose alors la question : « de quoi, vers quoi et par quoi es-tu élevé
au degré du Maître… ? » La réponse étant : « de l'état de mort à une
vie perpendiculaire à l'équerre, par la forte poignée du Maître-Maçon ou de
la Patte de Lion sur les cinq points du Compagnon » Voilà donc pourquoi,
cette légende a une profonde signification spirituelle ainsi qu’une
extraordinaire importance dans la vie de tout Homme initié (incluant
naturellement les femmes-Sœurs) qui ont eu le privilège de recouvrer, au
sortir des ténèbres de la mort physique, émotive et spirituelle, la Vraie
Lumière qui le guide ainsi dans la Maîtrise de toutes ses pensées, de toutes
ses paroles ainsi que de tous ses comportements, actes et agissements, tant à
l’égard de lui-même qu’au profit des autres dans le monde profane. |
hiram & le minotaure |
Paul naudon |
EDITION
TRÉDANIEL |
1990 |
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Prisonnier,
notre Maître ne put franchir aucune des trois issues. Il fut mortellement
frappé. Et pourtant, Hiram, le parfait initié, soustrait à la contingence et
immortel en esprit, a ressuscité en sa personne, comme il renaît sous les
traits humains des nouveaux initiés. En entrant en loge on se rapproche du secret de l’art royal en
relation avec la construction du Temple. Le temple
de Salomon remplit parfaitement ce rôle de clef universelle. On prétendit y
trouver dans les proportions le principe d’harmonie universel à l’origine du
Tout. Ainsi 60, 20, 30 coudées de long de large et de hauteur seront base de
proportions célestes où le ciel et la terre se conjuguent (I Roi VI, 2) par
des escaliers tournants dextrocentrique ou sinistrocentrique donnant accès
aux trois étages ou niveau de conscience. L’acte s’y réalise dans la
perfection de la pierre taillée dans un ailleurs métallique. Ici tout est
perfection dans l’assemblage silencieux de la juste proportion. Les temples
se superposent les uns successibles des autres. Mythiquement la
franc-maçonnerie succède les temples d’Enoch, l’arche de Noé, puis le temple
de Salomon jusqu'à sa destruction remplacement par le temple de Jérusalem.
Nous avons ainsi une succession de temples qui se superposent. L’ultime
temple ne sera reconstruit qu’à l’intérieur de soi sur les ruines des
précédents. C’est ce que nous révèlent la plupart des rituels maçonniques. Ainsi la mesure mathématique de l’édifice dont il est dit qu’il
est l’expression de la volonté divine exécutée par Salomon en regard des
plans donnés à Moise par Dieu lui-même. Cette relation directe entre la
matière et la volonté divine ne pouvait qu’être une source et un modèle
universel. Ce modèle universel sera celui d’une spiritualité construite, ce
qui débouchera sur la recherche d’explications scientifiques et magiques,
établissant l’influence croisée entre l’homme et la grande nature. C’est ainsi que Isaac Newton (4 janvier
1643 – 31 mars 1727) fit de très sérieuses recherches
sur ce sujet comme ses contemporains. Ainsi la plupart de ses co-cherchant
étaient membre de la Royale Society et aussi franc-maçon. Faut-il préciser
que Newton était lecteur assidu du Théatrum Chemicum d’Elias Ashmole
rosicrucien et alchimiste reconnu, l’un des premiers francs-maçons acceptés en
loge opérative dès 1648. Newton l’alchimiste lisait les
ouvrages de Michael Maier (1569 - 1622) rosicrucien et
commentateur de la Monas hieroglyphica de ; cette John
Dee (13 juillet 1527 – 1608). La Monas
hiéroglyphique était le symbole de l’union des mathématiques et de l’alchimie
pour expliquer et comprendre le monde. Or force est de constater que la loge
maçonnique héberge dans ses symboles la totalité de la Monas dans une
recomposition de type Temple. Le temple, et donc la loge
alchimico-maçonnique, est le contenant expressif d’une corrélation secrète
entre toutes les composantes symbolisées : Lune /Soleil, les 4 éléments,
le feu, le mercure, la pierre philosophale, l’axis mundi, le monde manifesté,
la croix symbole du carré, la terre, le ciel etc. |
hiram – relectures |
Les amis des élus |
EDITION EDIMAF |
2003 |
Le
mythe d’Hiram
est central dans la maçonnerie, il en est la pierre de touche. Longtemps ce
récit reçut une simple interprétation morale, et ses exégètes mirent en
valeur le sens du devoir du chef de chantier, qui, au péril de sa vie, refuse
de donner le mot de passe aux mauvais compagnons qui veulent l’avoir sans le
mériter, avant la fin de la construction du temple. Aujourd’hui
pourtant, de plus en plus, des voix s’élèvent pour questionner le mythe, non
pour l’interpréter, mais aussi pour le remettre en cause. Qu’il soit bien
clair pourtant que si les planches rassemblées ici, ont pu être diversement
accueillies, en interrogeant aujourd’hui Hiram, leurs auteurs ont provoqués
des réactions, mais toujours dans le respect du mythe, un respect provoquant,
qui a eu pour conséquence de vivifier, d’enrichir et de donner aux frères
l’idée de lire ce mythe avec plusieurs niveaux de lecture, donnant ainsi des
colorations différentes ayant pour effet de donner envie d’aller voir dans
d’autres disciplines. Au sommaire de cet ouvrage : La mort d’Hiram - Les mobiles ou de quelle nature
est le sens allégorique de la légende d’Hiram - Les sacrifices ou
la violence du religieux - La parole s’est perdue -
Le symbolisme de l’acacia - Quelques questions à propos
d’Hiram - La légende d’Hiram - Meurtre au Temple de
Salomon - Les mauvais compagnons sont-ils toujours en
nous ? - De l’arbre au bois - L’acacia - |
HIRAM - LE
MYSTḔRE DE LA MAÎTRISE ET LES ORIGINES DE LA FRANC-MAÇONNERIE |
David Taillades |
Edition Dervy |
2017 |
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L’heuristique
négative est le noyau dur de la théorie qui ne doit être ni rejeté ni
modifié. L’heuristique positive est une ceinture protectrice de ce noyau dur
qui consiste en des lignes générales de développement du programme de
recherche, des lignes directrices dont on ne peut s’écarter. »
L’interdit de remise en cause des fondements théoriques conduit à écarter des
éléments de preuve qui vont à l’encontre de ces fondements qui se constituent
alors en idéologie. L’absence
de transdisciplinarité, le séquençage de la recherche par discipline, le
cloisonnement au sein même de ces disciplines, ajoutent encore au risque de
dogmatisation de la théorie. La
méthodologie elle-même, qui met en son centre le document, porte en elle-même
des possibilités de dérives : « Or, paradoxalement, nous dit
l’auteur, l’obsession du document écrit a amené cette école à commettre une
erreur fatale mise en exergue par Mircea Eliade en son temps : confondre
la date d’apparition d’un fait avec la date d’apparition d’un document
l’attestant. Cela concerne les manuscrits maçonniques ou les divulgations,
comme toutes les preuves écrites avancées. Pourtant les historiens, savent,
par exemple, qu’un manuscrit devenu inutilisable par l’usage était recopié
maintes fois au cours du temps. Aussi, la datation du support physique
peut-elle être bien postérieure à ce dont témoigne son contenu. » D’autres
points interrogeables permettent à David Taillades d’interpeller l’école française
historique tout en reconnaissant son « indéniable contribution au
travail de recherche ». Mais, conclut-il sur cet aspect, « Cette
école combine ainsi désormais deux tendances qualifiées par Edgar Morin de
« dégradation doctrinaire » et de « pop-dégradation »,
avec toutes les conséquences que cela implique du point de vue
scientifique. ». David Taillades fait alors la démonstration rigoureuse
d’une autre approche, pluridisciplinaire, voire transdisciplinaire, basée sur
une documentation non sélective, replaçant chaque document dans son contexte
mais aussi dans des perspectives croisées, culturelles, géographiques et
historiques, afin de revisiter la place de la légende d’Hiram au sein de la
Franc-maçonnerie. Le réexamen des connaissances ainsi proposé conduit à des
conclusions aussi passionnantes qu’intéressantes historiquement. « Hiram
Abif, conclut David Taillades, n’est pas un personnage composite ou une
création tardive d’érudits des Lumières, pas plus que sa légende. Le 3ème
grade n’est pas une innovation d’Anderson, il n’est pas déconnecté du métier,
il n’a pas été créé à partir d’un deuxième grade tronqué. Quand on prend le
temps d’étudier méticuleusement toutes les sources documentaires, sans
exception et sans idée préconçue, qu’on les confronte à l’Histoire comme au
contenu des rituels, tout en tenant compte de la complexité du réel, on ne
peut qu’arriver qu’au constat suivant : la théorie de l’emprunt, et tout
ce qui en découle, est aussi idéologique que la théorie de la transition, cette
Vulgate maçonnique autrefois dénoncée par l’école historique. »
Ce livre courageux et rigoureux marque, souhaitons-le, une étape essentielle
de la recherche maçonnique et l’inauguration d’une nouvelle phase
passionnante de l’historiographie |
HIRAM, SON SYMBOLISME ET NAISSANCE DU GRADE DE MAÎTRE MAÇON |
DIVERS
AUTEURS |
ARCADIA |
2006 |
Important
dossier sur Hiram, sa naissance en F.M, sa légende et son symbolisme.
Parallèlement est développé la naissance vers 1730 du grade de Maître
Maçon, qui va incorporer Hiram et en faire son socle
fondateur, et son fil rouge. Je pense qu’on se doit de bien connaître cette
période et le développement de ce grade, qui va bien sûr déboucher sur les
hauts grades des rites écrits et des side-degrees des rituels oraux. Hiram étant au cœur du système maçonnique, toutes les
connaissances, de sources bibliques, opératives, historiques, légendaires ou
mythiques doivent être connues pour que le franc-maçon en soit imprégné, afin
qu’il puisse évoluer logiquement et spirituellement dans sa progression
maçonnique. Que
reste-t-il d’Hiram dont la chair quitte les os, rien ou presque. Il ne sera
bientôt plus que poussière des temps premiers et os, reliquaire d’une œuvre
au blanc. Ce qui est célébré dans la recherche de son cadavre c’est sa
relation au divin et l’accomplissement d’une voie initiatique totalement
réalisée jusque dans sa mort. Donc le corps n’est qu’un support remarquable,
transportant quelque chose que l’on peut célébrer : L’esprit. C’est donc
au niveau spirituel que se situe le secret de la transmission. Se pose alors
la question fondamentale : Peut-on transmettre l’esprit ?
Non. L’esprit est une notion bien trop large, trop principielle pour être
contenue dans un bagage audible et transmissible. Il ne s’agit donc pas d’une
transmission d’une recette avec des ingrédients en juste proportion. Il
s’agit plutôt de s’ouvrir à une influence de l’esprit. En un mot, le
compagnon devenu maître doit s’ouvrir pour recevoir l’esprit ou plus
précisément l’influence spirituelle. L’influence étant reçue, il peut exalter
la parcelle d’esprit qui dort en lui. L’homme
ne peut prétendre contenir l’Esprit incommensurable par nature. Tout juste
peut- il recevoir une influence de l’esprit. Il s’agit donc, dans la légende
d’Hiram, de la transmission de l’influence spirituelle. Lorsque l’influence
est reçue par l’initié, elle se focalise en son centre à partir duquel elle
rayonne. Le centre particulier et relatif de l’homme sur la voie initiatique
correspond à ce fameux centre universel qui contient toutes les modalités de
l’existence. Au point de vue métaphysique, il y a superposition et
interpénétration des différents mondes et univers. Le centre ontologique qui
est le fameux point de départ de l’univers manifesté correspond au centre
macrocosmique qui lui-même correspond au centre microcosmique, en
correspondance avec le centre de l’homme. La découverte de son propre centre
est l’une des taches mystérieuses et gratifiantes de l’initié sur la voie. La
connaissance de soi, et le passage progressif du moi au soi fut l’une des
tâches prioritaires des deux premiers grades. Il faut désormais découvrir ce
fameux centre relatif à soi qui va permettre de se mettre en relation avec la
totalité du monde manifesté. Cette démarche provoque non pas un oubli de soi,
mais replace l’être de chair et de sang que nous sommes dans le grand
ensemble qui nous porte. L’interconnexion des centres ou leurs
correspondances sont un enjeu véritable qui feront du maître, un initié
accompli dans sa quête. Le véhicule, le vecteur ascensionnel qui fera le lien
entre les différents centres sera celui de l’esprit. Ce
centre est le réceptacle de la fameuse lumière illuminatrice de la
franc-maçonnerie, le centre ouvert à la lumière spirituelle, c’est tout
l’être qui s’illumine. Au plan pratique voir la lumière revient à
recevoir au cœur de soi, synonyme de centre, l’influence de l’esprit
universel appelé aussi Principe. En dernier ressort, c’est le corps qui
transporte tout cela dans l’espace et dans le temps jusqu'à la mort physique.
À propos du corps d’Hiram, l’objectif n’est-il pas de le ramener au centre de
la loge qui est aussi le temple de Salomon. N’y a-t-il pas à ce moment
concordance des centres micro et macrocosmiques dans la maison de Dieu ?
L’objet
premier de l’exaltation au grade de maître est principalement d’en faire un
homme éveillé, en capacité de voir la lumière, mais surtout de la recevoir.
On souhaite réveiller en lui la parcelle de l’esprit qui y réside, que
certains appellent la parcelle divine. Cette opération est l’objet même du
rituel d’exaltation à la maîtrise, qui opère un retournement du moi restreint
vers le soi global. Il y a changement de repère qui est la conséquence même
de rituel. Le sommeil de l’esprit se comprend par l’absorption des facultés
et des énergies de l’homme à faire face à ses obligations contingentes, à sa
survie, à ses pulsions, à ses besoins, à sa part animale, à son angoisse
existentielle. La réalité du vivant ne correspond pas toujours à ce que nous
percevons, notre regard est préoccupé et pollué par la nécessaire survie et
le paraître social. Submergé
par les besoins de son corps et par l’image qu’il veut projeter dans la
société, l’homme plonge dans une matérialité qui l’enchaîne. Sa
pseudo-libération apparaît comme l’amélioration de ses conditions et conforts
d’existence. C’est la version matérielle et philosophiquement éclairée d’une
pratique maçonnique qui peut s’exercer ainsi, mais qui donne du progrès de
l’homme et de sa perfection une perspective morte, car récurrente dans son
matérialisme. Le progrès dans la condition de l’homme n’est pas que social et
matériel, il peut être aussi spirituel par un niveau de conscience et d’éveil
élevé. Cette spiritualisation de l’initié s’envisage comme une prise de
conscience progressive ou subite, insérée dans la vie réelle et non point
imaginaire ; c’est ce qu’on appelle la réalisation spirituelle. L’esprit
interpénètre la réalité en la relativisant dans une échelle graduelle des
mondes. Seul un
processus initiatique peut aboutir au réveil de l’esprit au milieu des
décombres métalliques et osseux. Le futur maître est rituellement en retournement
de situation. On comprend mieux le sacrifice d’Hiram pour qui la mort
n’est pas un problème, car ritualisée par l’usage sacrificiel des outils. Sa
mort ne fait pas disparaître l’esprit qui illumine son centre. Cet esprit
retourne d’où il est venu, soit le centre universel. L’intéressé le sait, ce
qui explique son détachement de l’aspect formel de la vie bien qu’il soit
l’architecte de l’initiation matérielle. Il est arrivé au sommet de l’art
royal et par son éveil total, connait le secret qui fait qu’une partie de
lui-même survivra à sa mort. Ce secret intransmissible par nature, car
dépendant de son propre éveil est d’abord une vision d’une totalité à
laquelle il est assimilé quel que soit son état corporel. Qu’il soit vivant
ou mort, représenté par un corps rempli d’énergie animé par son âme, ou en
état de putréfaction, il y a longtemps qu’Hiram a pris conscience de son
appartenance, et donc de sa destination. Aucun des outils dévoyés de leurs
bons usages ne peut atteindre l’esprit. L’esprit est donc hors de portée de
la matérialité et des outils opératifs qui opèrent le sacrifice. L’esprit
est impérissable et n’est pas susceptible de possession ou d’appropriation.
C’est pour cela que les mots de maître n’ont pas été transmis aux mauvais
compagnons, ils n’étaient pas prêts pour l’éveil et Hiram n’avais rien à leur
donner qu’ils puissent percevoir ou recevoir. En fait, la prononciation du
mot leur était impossible, car ils n’étaient pas aptes à l’entendre, leurs
états de conscience étaient insuffisamment avancés ; ils sont restés au
stade du moi différencié sans atteindre le soi universaliste. Le meurtre non
plus n’était pas le fait d’une rencontre malheureuse. Leur présence à cet
apparent guet-apens permet le passage d’Hiram par la porte étroite, celle qui
donne accès à l’esprit principe. Ce qui est transmis, c’est la découverte en
soi du réveil possible d’un récepteur de l’esprit. Encore faut-il être prêt.
L’activation de cette lumière dans le corps de l’homme n’est pas le fait
d’une transmission matérielle, mais d’une ouverture de soi.
Philippe
Vauthier
nous explique le symbolisme et les avatars de cette légende, il nous
parle de cette fameuse revue parue en 1730 « La maçonnerie disséquée » qui fut comme
un coup de tonnerre dans le ciel maçonnique, en diffusant et expliquant, les
us, les coutumes et les secrets de la franc-maçonnerie et surtout la
naissance de ce 3e grade avec Hiram, alors que jusque-là, seul
existait les grades d’apprenti et de compagnon.
J.B
Lévy développe le mythe d’Hiram à travers le récit de Gérard de Nerval (Voyage en Orient) - cher
au cœur des francs-maçons-. Gérard de Nerval
n’était pas franc-maçon, mais son père l’était, et Gérard a pu ainsi puiser
dans le milieu familial la documentation qui lui a servi à écrire l’histoire
de Soliman, de la reine de Saba, d’Adoniram et d’Hiram. Jean
Daniel Graf
explique la légende d’Hiram et sa relation avec les formes traditionnelles de
l’initiation et remonte le temps pour y trouver une légitimité dans le
contexte opératif. Il part du manuscrit Graham, qui décrit le redressement du
corps de Noé par ses trois fils au moyen des cinq points et reprend également
certains textes de la Bible où il y a eu des redressements ou des
résurrections de corps par attachement. Avec tout cela il nous donne sa
version de toutes ces similitudes et les explique. F.Grund
se plonge dans la Bible et avec force dessins et schémas donne sa version du
mythe d’Hiram dans le contexte biblique, avec la version noachite et celle du
livre des Rois. Il nous entraine dans un merveilleux voyage, partant
des documents du Yahviste (Xe siècle
avant JC), puis passe au premier Livre des Rois
avec en parallèle le Mythe D’Imhotep,
ensuite il nous raconte Hiram, mythe capitaliste
hébraïque. On passe ensuite au Deuxième
livre des Chroniques pour plonger au Moyen Âge avec les Old Charges de la maçonnerie britannique, en
mettant en parallèle le compagnonnage français, il termine avec les apports
de l’alchimie et de l’hermétisme pour
expliquer la légende maçonnique d’Hiram au 18e siècle. |
histoire abrégÉe de la
franc-maçonnerie |
Robert
FREKE GOULD |
J. de Bonnot |
1996 |
||
Respecté
depuis un siècle, ce texte dresse l’histoire remarquable et peu accessible de
la franc-maçonnerie : les profanes y découvriront des détails et des
perspectives inattendus, ainsi qu’un index et une liste de personnalités. A
l’origine publié en six volumes, ce très beau résumé fait partie, par sa
précision, des ouvrages de fonds auxquels les gens d’esprit viennent se
désaltérer : l'oeuvre de Robert-Freke Gould est conçue comme la trace
durable d’un savoir très ancien La Franc-Maçonnerie Moderne est
une Institution qui a près de 300 ans d'existence. Elle descend, d'une façon
symbolique, des Maçons Constructeurs du Moyen âge qui se sont déplacés durant
plusieurs siècles à travers toute l'Europe pour y bâtir des édifices
religieux ou profanes dont la plus grande partie existe encore aujourd'hui.
Si le phénomène de transition de la Maçonnerie Opérative vers la Franc
Maçonnerie Spéculative au cours de laquelle un nombre croissant de non
Opératifs devenaient « Maçons-Acceptés ». Dès le XVème siècle,
et surtout au XVème siècle, de nombreuses loges, à commencer par
Warrington, sont à majorité Spéculative. Mais on se heurte toujours sur ce
point à la légende de la Maçonnerie Spéculative commençant lors de
l'initiative des loges de Londres en 1717, les Constitutions de Desaguliers,
dites d'Anderson de 1723. Mais, à l'origine de la Maçonnerie (multiple), on
peut distinguer ces deux grands courants, complémentaires et généralement
Unis. Tout d'abord, les vieux mystères, des sumériens aux égyptiens et aux
mystères gréco-romains, aux pythagoriciens et aux divers hermétistes. Puis
les opératifs que l'on devine en Egypte, et même avant l'Egypte que l'on
trouve certainement dans les corporations étrusques, notamment les pontifes. Les pontifes portaient la mitre
et la crosse. Ils étaient les constructeurs de ponts, mais également des
routes et des édifices et leur importance fut telle qu'ils devinrent la
classe sacerdotale la plus importante et que le Pontifex Maximus, le
Souverain Pontife, devint le véritable Grand Prêtre du paganisme romain et
que le chef de l'organisation religieuse exotérique, dite Eglise Catholique,
porte encore ce titre. Puis c'est l'édit de Numa Pompilius organisant les
Confréries Opératives (VIIIème table de la Loi des XII Tables),
l'édit de Carausius, l'édit de Clovis en 486, la charte d'Athelstan, etc. La Maçonnerie Spéculative remonte
aux Acceptés, et non pas à l'initiative des loges de Londres de 1717. On peut
affirmer que les Maçons-Acceptés descendent des alchimistes, des kabbalistes,
des hermétistes, des Rose-Croix et peut-être, sous toutes réserves, des
Templiers. Ils sont nombreux dès le Moyen Age et les loges entièrement ou à
majorité d'acceptation existent au XVème siècle. Elias Ashmole
relate dans ses Mémoires qu'il a été reçu Maçon le 26 octobre 1646, à 4 h 10
de relevée, à la loge de Warrington, dans le Lancashire, avec le colonel
Mainwaring et indique que le 11 mars 1682 il a participé à une tenue à
Londres et à un noble banquet préparé aux frais des nouveaux Maçons-Acceptés. Gould écrit :
« Il nous est permis d'affirmer que la date de la suprématie de la Maçonnerie
Spéculative sur la Maçonnerie Opérative peut être fixée avec certitude pour
Londres à 1619-1620 et pour Warrington à 1646 et de constater en conséquence
que, dans les deux cas, les périodes de transition doivent remonter à des
périodes plus reculées. » S'il est vrai que la loge La Bonne Foi, à l'Orient
de Saint-Germain-en-Laye, remonte au 25 mars 1688, cette loge composée
d'exilés Stuardistes ne comprenait pratiquement que des Spéculatifs et non
des Opératifs. Ce ne sont donc pas les événements de 1717‑1723 qui ont
marqué le début de la Maçonnerie Spéculative. C'est la Maçonnerie « de métier
» qui a précédé la Maçonnerie Spéculative » (ou Moderne), la liaison entre
l'une et l'autre étant effectuée par l'intermédiaire de l'Acceptation. |
histoire de la franc-maçonnerie
& de la grande loge d’Écosse |
A.
lawrie & c. thory |
EDITION
IVOIRE-CLAIR |
2001 |
Publiée
en 1804 par Alexander Lawrie, Grand Secrétaire de la Grande Loge d’Écosse,
l’Histoire de la Franc-maçonnerie et de la Grande Loge d’Écosse fut traduite
en Français et commentée en 1813 par Claude-Antoine THORY, avocat,
naturaliste, historien et dignitaire de différents ordres maçonniques. Ce
travail quasiment oublié était depuis resté à l’état de manuscrit,
heureusement conservé depuis cette époque dans les Archives de la Grande Loge
de France.
|
HISTOIRE
DE LA FRANC-MAÇONNERIE FRANÇAISE |
ROGER
DACHEZ |
EDITION
PUF |
2009 |
||
Mais
en 1736 les bulles papales sont publiées et la Franc-maçonnerie est condamnée
par l’Eglise romaine. L’esprit de tolérance des loges préfigure-t-il les
grands changements qui s’annoncent ? Roger Dachez se garde bien de
répondre, de même qu’il ne prend jamais position, se contentant de suggérer
des pistes, de soulever des points bizarres, tout en laissant conclure
le lecteur. Il
est impossible d’entrer ici dans le détail de cette puissante analyse,
truffée d’anecdotes, démontrant là l’érudition de l’auteur. Nous sommes ainsi
transportés d’un siècle à l’autre, invités à participer à la naissance de
« la fille ainée de la Maçonnerie ».
Nous sommes à la fin d’un XVIIIe siècle avide d’une culture héritière des « Lumières ».
La Grande Loge de Paris dont les grands maitres sont issus de l’aristocratie
prend bien vite (1773) le nom de Grand Orient de France, sous la Grande
Maîtrise de Philippe d’Orléans. Une longue période de calme sera interrompue
par la Révolution qui voit, notamment sous la terreur, la quasi disparition
de l’institution, ce ne sera que sous l’Empire avec l’accord de Napoléon 1e
et à l’instigation de Cambacérès qu’un nouveau départ sera donné, ce
sera d’ailleurs une Franc-maçonnerie sous surveillance impériale. Cette
époque est celle du retour en France du Comte Alexandre de Grasse-Tilly ;
elle correspond à la création du Suprême conseil du R.E.A.A ; Les
décennies qui suivent seront celles d’une socialisation et démocratisation
progressive mais inéluctable de l’Ordre et son inclusion dans la République.
Une date importante (1877) verra le Grand Orient abandonner la référence au Grand
Architecte de l’Univers, ce qui provoquera une scission définitive entre
les deux tendances, bientôt suivie de la floraison de plusieurs obédiences
jusqu’à la création du Droit Humain, puis de la Grande Loge féminine de
France et bien d’autres et en 1913 la création de celle qui deviendra la
Grande Loge Nationale Française à l’instigation de notre frère suisse Edouard
de Ribaucourt. Un
excellent livre pour qui veut connaître l’histoire de la F.M Française
débarrassée de détails inutiles et rectifiant les idées reçues. L’auteur, membre de la L.N.F (Loge nationale française) qui
est née d’une scission d’avec Opéra, est un excellent historien et
spécialiste de la Franc-maçonnerie, il est rédacteur en chef de la revue
Renaissance Traditionnelle, écrit dans de nombreuses autres revues et fait
des conférences maçonniques. |
histoire de la franc-maçonnerie française en 3
tomes |
Pierre
chevalier |
EDITION
FAYARD |
1993 |
Tome 1 : 1725 – 1799 – École de
l’égalité |
histoire de la
franc-maçonnerie par les textes (1248 – 1782) |
Jean ferré |
EDITION
DU ROCHER |
2001 |
Comment
est née la Franc-maçonnerie ? Quelles sont ses racines ? Quelles métamorphoses,
étalées sur plusieurs siècles, ont fait d’une association de bâtisseurs la
société initiatique qu’elle est aujourd’hui ? À
travers le Regius et le Cooke, mais aussi les rares Statuts de Bologne de
1248, il révèle les arcanes de la maçonnerie opérative – son organisation, sa
hiérarchie, ses origines mythiques et ses secrets. La maçonnerie spéculative
apparaît ensuite à travers des divulgations, des extraits de rituels et des
discours qui permettent de saisir le passage d’une maçonnerie à deux degrés à
une maçonnerie à trois grades, le développement de la légende d’HIRAM, la
transformation de rites tel le Rite Écossais rectifié (compte rendu du
Convent de Wilhelmsbad). Enfin, on pourra lire le texte des premières
Constitutions d’Anderson, qui donnent son ossature à la Franc-maçonnerie
moderne.
|
histoire de la franc-maçonnerie sous l’occupation
(1940 – 1945) |
Lucien
botrel |
EDITION
Détrad |
2002 |
||
Par
la suite, Pétain ne se contente plus de partager les sentiments de son
entourage, il développe une hostilité marquée. A Gergovie, le 30 août 1942,
il la dénonce aux membres de la Légion française des combattants :
« Une secte, bafouant les sentiments les plus nobles, poursuit, sous
couvert de patriotisme, son œuvre de trahison et de révolte. » En
janvier 1943, il encourage le zèle du Service des sociétés secrètes :
« Vous ne devez pas hésiter. La franc-maçonnerie est la principale
responsable de nos malheurs ; c’est elle qui a menti aux Français et qui
leur a donné l’habitude du mensonge. Or, c’est le mensonge et l’habitude du
mensonge qui nous ont amenés où nous sommes. » Philippe Pétain a trouvé
une formule dont il est assez content pour la répéter à plusieurs
interlocuteurs : « Un juif n’est jamais responsable de ses
origines ; un franc-maçon l’est toujours de ses choix. » Pierre
Laval témoigne de l’animosité du maréchal de France : « Le maréchal
Pétain, écrit-il, attribuait à la franc-maçonnerie la responsabilité de nos
malheurs et il considérait ses membres comme des malfaiteurs publics. »
Ont joué contre les loges, le souvenir de l’affaire Stavisky,
l’antiparlementarisme et certainement la pensée catholique, mais les
événements politiques immédiats ont aussi leur part. Les responsables et les
officiers sont très affectés par la dissidence dans l’Empire. Les chefs de
l’armée, le général Weygand, l’amiral Darlan, avaient accepté les très dures
conditions que Hitler imposait dans l’armistice parce que la France
conservait sa flotte et l’Empire. Or,
l’appel de Charles de Gaulle agitait les colonies. Le gouverneur du Tchad,
Félix Eboué prit contact avec lui et rallia son pays à la France libre. Félix
Eboué était franc-maçon. Or, nombreux étaient les fonctionnaires des colonies
appartenant à la franc-maçonnerie. La loi du 13 août 1940 était un bon
instrument pour épurer une administration coloniale tentée par les appels de
Londres. La lettre de présentation au maréchal Pétain de la loi du 13 août
1940 qui dissout les sociétés secrètes fait état des risques de sabotage de
l’œuvre de redressement national qui seraient dus à l’appartenance de
fonctionnaires à la franc-maçonnerie : « Leur activité tend trop
souvent à fausser les rouages de l’Etat et à paralyser l’action du
gouvernement. » La publication de la loi au Journal officiel du
14 août 1940 s’accompagne de deux formulaires à remplir par tous les
fonctionnaires, agents des communes, établissements publics de métropole, des
colonies et protectorats. Par l’un, le signataire déclare n’avoir jamais
appartenu à la franc-maçonnerie et prend l’engagement de ne jamais y appartenir.
L’autre modèle de formulaire tient compte de l’intérêt de l’Etat français de
ne pas se priver des services d’hommes désabusés par leurs erreurs. Le
fonctionnaire y avoue avoir été membre d’une société secrète et précise à
quelle date il a rompu toute attache avec la franc-maçonnerie. Il s’engage à
ne plus jamais y adhérer. Toute fausse déclaration entraîne la démission
d’office de son auteur. La vérification des déclarations eut pour conséquence
la création d’organismes spécialisés, police et préfets n’offrant pas toutes
les garanties d’efficacité. Peu
zélés à réprimer, ils se disaient dépourvus de moyens de contrôle des
déclarations. Un idéologue de l’antimaçonnisme apporta, en août 1940, à
Raphaël Alibert, la loi portugaise contre les sociétés secrètes ; le
vicomte Léon de Poncins, lui avait offert sa documentation en l’avertissant
que, sans fichiers, les mesures d’interdiction seraient plus efficaces. Des
fichiers et des organismes de surveillance se mettent en place dans une
grande discrétion qui masque une lutte pour leur contrôle entre les vichystes
et les Allemands. A la fin d’octobre 1940, les scellés sont apposés sur les
locaux des obédiences ; documents et archives sont saisis. Le chef de
l’Etat charge le nouvel administrateur général de la Bibliothèque nationale,
Bernard Faÿ, d’inventorier cette masse d’archives. Son secrétaire, Gueydan de
Roussel, organise l’inventaire et l’exploitation des énormes archives tirées
des loges et confiées à la BN. Les Allemands s’intéressent aussi à ces trésors.
En décembre 1940, ils pillent des caisses venant des obédiences maçonniques
de Caen et de Bordeaux. L’état-major spécial de Rosenberg envoie en Allemagne
quatre cent soixante-dix caisses de documents provenant des territoires
occupés à l’ouest. |
histoire des franc-Maçons |
Le
Frère de la tierce |
EDITION
DU PRIEURÉ |
1994 |
Fac-similé
de l’édition de 1745. Très intéressant pour qui veut connaître les premiers
pas de la Franc-maçonnerie en France. Le Frère de la Tierce, maçon de la
première moitié du XVIIIème siècle, nous apporte de précieux renseignements
sur la fondation réglementaire de l’Association et tente d’en faire une
analyse historique remontant jusqu’à l’Empire romain.
|
histoire de St Jean d’Écosse
du contrat social – mÈre des loges Écossaises de france |
Pierre
CHEVALIER |
Ivoire – Clair |
2002 |
||
"Les
Ducs sous l'Acacia" et "La première profanation du Temple
maçonnique", il nous lègue ici en son ultime ouvrage rien moins que
l'étude d’un registre inédit de la Très Respectable Loge de Saint Jean
d'Écosse du Contrat Social , mère-loge du XVIIIe siècle aux fondements
historiques de ce qu'on a appelé "l'écossisme". |
histoire & causes d’un Échec – un document
capital |
j. corneloup |
EDIMAF |
1976 |
L’auteur
qui fut au Grand Orient, grand commandeur du grand collège des Rites évoque
des événements importants de l’histoire de la Franc-maçonnerie française dont
il fut le témoin et l’auteur. Serait-il coupable de penser que
le GODF et la GLDF ont vocation -ensemble- à irriguer la complémentarité de
deux courants historiques qui compose la franc-maçonnerie en France ? Irriguer, c'est-à-dire alimenter les recherches,
nourrir les travaux, fortifier les apprentissages, bref approfondir la
transmission d'une tradition maçonnique qui prend aujourd'hui plusieurs voies
mais qui n'en reste pas moins la franc-maçonnerie française. Le propos n'est
pas de reprendre la controverse sur les origines, mais d'évoquer les
fréquents allers et retours entre ces deux courants. Et pourquoi pas,
d'émettre l'hypothèse que les tensions actuelles seraient la énième phase de
cette irrigation. D'autant que l'état de ces tensions rend improbable, voire
incompréhensible surtout aux plus jeunes de nos frères, ce qui pourtant a été
possible dans l'histoire : une perspective de fusion ! De même qu'elle a permis que des frères ennemis en
politique scellent un pacte d'action pour la libération du pays, la
Résistance a fait éclore un projet de "fusion" des deux obédiences
dissoutes par Pétain en même temps, le même jour, le 19 août 1940 en
application de la loi du 13 août ! Dès 1940, des francs-maçons, Sœurs et
Frères, s'engagent dans la Résistance pour la libération du pays en
intégrant des réseaux comme Franc-tireur, Combat ou Libération, voire en en
constituant un, Patriam Recuperare. En Juillet 1943 des conversations ont
lieu pour envisager les conditions de reconstitution de la franc-maçonnerie
dans un "Ordre Unifié". En septembre, le "Comité d'Action
Maçonnique", constitué par des frères résistants,
travaillant ensemble dans la clandestinité, estime légitimes et conformes au
souhait exprimé par ses membres. Un "comité d'initiative" paritaire
et composé de huit membres, est mis en place. En sont membres les frères
Baylot, Soubret, Virmaud et Corneloup pour le GODF et les frères Cauwel,
Riandey, Buisson et Marsaudon pour la GLDF. Au printemps 1944, le CAM adopte le principe de
l'unité et proclame dans un texte : "le
remplacement du GODF et de la GLDF par une seule Obédience héritière légitime
et régulière de leur commun patrimoine spirituel et matériel"**.
Il est même envisagé qu'après la Libération des loges provisoires soient
constituées. À l'issue de ces travaux, un texte de proposition est rédigé par
Joannis Corneloup pour servir de base à la fusion intitulé "Proposition
pour la fusion du GODF et de la GLDF". Mais cet élan va se briser.
La GLDF commencera par préférer que les circulaires communes soient envoyées
par voies séparées. Le 18 septembre 1944, son Conseil Fédéral s'estimera
incompétent pour statuer sur la constitution d'un exécutif commun provisoire
et le 28, il renverra cette décision à son prochain convent. Pendant ce
temps, sur la période de l'hiver 1944-45, le GODF soumet la proposition de
fusion à ses loges qui l'acceptent. Les convents des deux obédiences vont se
tenir simultanément, du 17 au 20 septembre 1945. Et lors de son discours
introductif, le Grand-Maître de la GLDF, Michel Dumesnil de Gramont, se
prononcera contre le projet. Le convent ne sera pas appelé à se prononcer
explicitement puisque, de tradition constante à l'époque, ce discours
constitue le rapport moral, et est adopté sans vote. Le projet de fusion
avait vécu ! |
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA FRANC- MAÇONNERIE |
Paul
NAUDON |
OFFICE
DU LIVRE |
1981 |
||
Les aristocrates, les bourgeois de qualité, certains membres du haut clergé et tous ceux qui se piquent de «philosophie» envahissent ces loges qui deviennent un lieu privilégié d’échanges intellectuels.
Même
engouement dans le reste de l'Europe. À Prague, le divin Mozart offre à la
franc-maçonnerie un chef-d’œuvre, ‘’ La Flûte Enchantée » »...La
hiérarchie catholique tente très tôt de discréditer la franc-maçonnerie. En
1738, le pape Clément XII publie une bulle In Enimenti par laquelle il excommunie les
francs-maçons sous des motifs au demeurant plus politiques que religieux.
Treize ans plus tard, le pape Benoît XIV prend la relève et les bulles et
encycliques se succédèrent à rythme soutenu jusqu’en 1884. On reproche aux
maçons leur tolérance envers toutes les religions, le secret entourant leurs
rituels et l’accusation de comploter contre le pouvoir. Cette dernière
accusation est dénuée de sens si l’on sait que la loyauté envers le pouvoir
est inscrite dans les «Constitutions» de l’Ordre. Ces bulles
n’eurent toutefois qu’un effet très limité et la franc-maçonnerie ne fut
sérieusement inquiétée qu’après la Première Guerre mondiale. La
Révolution divise les maçons français, partagés entre monarchistes et
libéraux. Napoléon réconcilie tout le monde. Au demeurant, les maçons se
montrent successivement bonapartistes et napoléoniens et l’on voit même des
loges prendre pour nom distinctif : Saint-Napoléon (!). Ce qui n’empêche pas
l'empereur de les faire étroitement surveiller par sa police. Et, pour encore
mieux les tenir en laisse, il nomme en 1804 son frère Joseph Grand Maître du
Grand Orient de France. Sous la Restauration et le Second Empire, les loges
changent peu à peu de visage. La Constitution du Grand Orient de France
proclame que «la franc-maçonnerie est une institution essentiellement
philosophique, philanthropique et progressive qui a pour base l’existence de
Dieu et l’immortalité de l’âme». Les citoyens des classes
nobiliaire et bourgeoise, qui, jusque-là, avaient occupé une place
prépondérante dans les loges, se serrent pour accueillir – fait nouveau – des
petits fonctionnaires, des artisans et des commerçants. Cependant, jusqu’à la
Seconde Guerre mondiale, elle apparaît comme une société de notables et
demeure imperméable à la classe ouvrière et au prolétariat… Il en est encore
de même de nos jours, à quelques exceptions près. À la fin du XIXe siècle,
l’Ordre s’interdit de faire référence au «Grand Architecte de l’Univers» et accueille
d’éminents représentants de la libre pensée laïque, tels Émile Littré ou les
présidents du Conseil Jules Ferry et René Viviani. Il joue un rôle
non négligeable dans des initiatives d’abord controversées puis entrées dans
la normalité : l’institution d’une école laïque, gratuite et obligatoire, la
séparation des Eglises et de l’état etc. Quand éclate l’Affaire Dreyfus le Grand Orient de France (alors la plus importante des obédiences maçonniques françaises en effectifs comme en influence) prend position en faveur du capitaine et demande une révision du procès. C’est à l’occasion de cette affaire qu’est créée la «Ligue des Droits de l’Homme», laquelle compte de nombreux maçons. Par ailleurs, l’affaire des fiches éclate en 1901 quand le général André, ministre de la Guerre, prend l’initiative de mettre en fiches les officiers en raison de leurs convictions catholiques. Il se trouve que ce ministre-général est franc-maçon…Dans la première moitié du XXe siècle, ces deux affaires indisposent les adversaires de l’Ordre qui prennent pour cibles quatre ennemis accusés de tous les malheurs réels ou supposés du pays : la République, les juifs, les communistes et les francs-maçons. Pendant l’Occupation (1940-1944), l’Ordre est interdit, tout comme dans l’Allemagne hitlérienne, avant tout en raison de son internationalisme. Nombreux sont les maçons qui s’impliquent dans la Résistance. Fin 1943, à Alger, le général de Gaulle abroge les lois antimaçonniques de Vichy et affirme «que la franc-maçonnerie n’avait jamais cessé d’exister». Blessée, humiliée, pillée, la franc-maçonnerie française renaissant de ses cendres au lendemain de la Libération, se reconstitue non sans mal mais sans retrouver l’influence qu’elle avait sous la 3e République. |
HISTOIRE,
RITUELS ET TUILEURS DES HAUTS GRADES MAÇONNIQUES |
Paul
NAUDON |
EDITION
DERVY |
1993 |
Un
bon ouvrage de référence qui après l’histoire de la Franc-maçonnerie, nous
parle, des différents rites, rituels et tuileurs dans l’écossisme. Les hauts
grades y sont expliqués succinctement. Chevalier
Rose-Croix, Chevalier Kadosch, Grand pontife de la Jérusalem Céleste, Sublime
prince du Royal Secret, Souverain Grand Inspecteur Général 33e et dernier
degré..., titres entre bien d'autres qui ont fait sourire les uns, intrigué
les autres, donné lieu parfois à des affabulations de mélodrames ou qui ont
été présentés par des adversaires comme des masques, dont se couvrent, dans
leurs machinations et leurs complots, les chefs qui, retranchés dans les
arrière-loges, dirigent tout l'Ordre de la Franc-maçonnerie. Comment
croire que ces rôles si divers aient pu être joués par des hommes tels le
prince Cambacérès, le duc Decazes, le duc de Choiseul, l'académicien Viennet,
le Garde des Sceaux Crémieux, pour ne citer que quelques-uns de ceux qui
furent en France à la tête du Rite Ecossais Ancien et Accepté ? Comment expliquer
pourquoi ce Rite, un des plus répandus de la Franc-maçonnerie, puisse être
l'héritier des plus antiques initiations et intéresser encore par sa vivante
actualité tel Chef d'État ou tel cosmonaute célèbre ? Paul Naudon, en
d'autres ouvrages, a situé la Franc-maçonnerie des trois premiers grades
symboliques, héritière des anciens constructeurs de cathédrales, par ses
origines et par sa tradition, comme grand courant de la pensée. Dans
le présent livre, appuyé par une documentation importante en partie inédite,
il montre comment le Rite Ecossais Ancien et Accepté, celui des Hauts Grades,
dont chacun est étudié, s'intègre aux sources et aux objectifs spirituels de
l'Ordre par la réalisation de sa double devise : Deus Meumque Jus - Ordo Ab
Chao. Là pourtant est le danger : voir dans l'Ordre et dans son idéal, non
pas ceux de la tradition, mais ceux conçus et imposés par la hiérarchie
autocratique qui règne au sommet du Suprême Conseil. L'exemple français est
frappant. Aussi, les causes et les suites de la scission en 1964 du Suprême
Conseil de France sont-elles relatées dans le détail par Paul Naudon. Dernier
acteur vivant de l'ensemble de ces événements, qui ont commencé sous
l'Occupation, son témoignage sur les faits et sur les hommes, qu'il connut et
côtoya dans de multiples circonstances, est celui d'un observateur de premier
ordre n'ayant d'autre souci que l'impartialité et la vérité pour la défense
et l'illustration des Hauts Grades authentiques. |
1 I
illustrations de la franc-maçonnerie |
William preston |
EDITION
DERVY |
2006 |
Toute
personne intéressée par l’histoire générale de la Franc-maçonnerie trouve une
ou plusieurs références à un corpus de documents intitulés en anglais
Prestonian Lectures, ou « Conférences de Preston », du nom du maçon anglais,
célèbre au XVIIIème siècle, qui œuvra beaucoup pour l’Institution et qui est
surtout connu pour son texte Illustrations of Masonry.
|
ICONOGRAPHIE DU RITE ḖCOSSAIS
RECTIFIḖ -
2 TOMES -
N° 83 et 84
|
Thomas Grison
|
Edition Maison de Vie
|
2018
|
Nous retrouvons Thomas Grison, passionné par
l’iconographie symbolique, il a produit entre autre des ouvrages sur le Tarot
de Marseille, l’ésotérisme chrétien, l’épée et un ouvrage sur l’Aïkido avec
ses sources énergétiques. Il s’intéresse ici à l’iconographie singulière du
Rite Ecossais Rectifié à la croisée de deux référentiels qui structurent le rite,
le référentiel templariste, salomonien dans sa dimension maçonnique, et le
référentiel de la doctrine de la réintégration de l’Ordre des Chevaliers
Maçons Elus Coëns de l’Univers que Jean-Baptiste Willermoz a voulu préserver
au sein du R.E.R. Thomas Grison analyse les tableaux des
quatre grades, d’Apprenti, Compagnon, Maître et Maître Ecossais de saint
André et soulève les particularismes de leur iconographie : « Quant
au R.E.R., remarquons qu’il affiche encore une fois son originalité dans le
paysage maçonnique car, si les motifs donnés à voir dans les tableaux de
grade, trouvent, ici comme ailleurs, leurs sources d’inspiration dans la
littérature emblématique, la colonne tronquée (grade d’Apprenti), la pierre
cubique sur laquelle est posée une équerre (grade de Compagnon) et, surtout
le vaisseau démâté (grade de Maître), ou le lion jouant avec des outils
mathématiques (grade de Maître Ecossais de saint André), restent des
exceptions qui soulignent le particularisme d’un Rite à la fois dépouillé et
intense, en même temps qu’ils illustrent – de la plus heureuse des manières à
notre avis – le caractère spécifique d’une doctrine qui, ancrée dans la
théosophie mystique du XVIIIème siècle, n’en perpétue pas moins une tradition
chrétienne qui entend remonter à l’aube de l’humanité. » Pour chaque tableau, Thomas Grison explore
différents regards symboliques pour arriver à ce qui typifie le rite. Ainsi,
pour les colonnes du grade d’Apprenti, il traite des colonnes de feu et
colonnes de nuées, des colonnes du Temple de Salomon, du Temple comme image
du monde, de la colonne de vérité, de la colonne dans les livres d’emblèmes,
de la colonne, l’homme juste, du Temple intérieur avant d’aborder la colonne
brisée. Cela permet au lecteur de se référer aux symboliques courantes,
notamment vétérotestamentaire ou emblématique, avant de placer le symbole
dans le contexte de la doctrine de la Réintégration, comme référence à la
seconde chute. Thomas Grison insiste sur la subtilité
d’écriture de Jean-Baptiste Willermoz qui procède par allusions et phrases
lapidaires. S’il clarifie des pans entiers de la doctrine de Martinès de
Pasqually, Willermoz n’en est pas pour autant explicite. La sagesse se
mérite. Thomas Grison en appelle souvent à Louis-Claude de Saint-Martin, tout
aussi clair mais beaucoup plus prolixe, dont les développements permettent de
mieux saisir les enjeux symboliques et, consécutivement, opératifs. Ainsi, à
propos de la tête de mort, traditionnellement présente dans le Cabinet de
réflexion : « D’une manière subtile dont nous avons compris qu’elle
est presque sa marque de fabrique, Jean-Baptiste Willermoz semble n’avoir
recours au crâne sur deux os en sautoir que pour nous rappeler l’état de
privation dans lequel se trouve l’homme depuis la Chute. Cette privation (de
lien avec Dieu), qui est au cœur de la pensée de Louis-Claude de Saint-Martin
et du Régime Ecossais Rectifié, prend ici un caractère particulièrement
remarquable, en ce sens qu’elle doit être mise en parallèle avec l’absence de
la croix sur les représentations. Cette absence, comme nous devons le
souligner, demeure en parfaite adéquation avec une doctrine qui tient pour
acquises à la fois la déchéance de l’homme depuis la faute adamique, et la
possibilité d’un retour à l’innocence originelle qui passe par la soumission
à la Justice divine. Pour Jean-Baptiste Willermoz, l’homme privé de Dieu vit
dans une ignorance et un aveuglement dont nous devons croire qu’ils
renvoient, sur le plan intérieur ou spirituel, au domaine de la mort. Dans le
cheminement proposé par le R.E.R., tout le travail consiste donc, en quelque
sorte, à « faire mourir la mort en soi afin que la vie soit enfin
victorieuse ». Mais il faut comprendre surtout que ce retour à la vie,
selon la voie du R.E.R., consiste surtout, et essentiellement, à prendre le
Christ pour modèle afin de vivre dans le Christ et par lui, au sens où
l’entendait déjà saint Paul. En ce sens, le crâne sur les os en sautoir peut
être entendu comme un résumé, sous forme voilée, du processus initiatique qui
s’offre au maçon rectifié. » Le propos est intéressant, même si l’on
pourrait y opposer la présence d’une croix formée par les os, car il insiste
sur la finalité du procès initiatique de la réintégration, présente à chaque
étape des rituels du RER, ce qui donne à ce rite une remarquable cohésion. |
INITIATION MAÇONNIQUE ET SYMBOLISME ALCHIMIQUE |
GUY
PIAU |
ÉDITION
VEGA |
2009 |
||
Guy
Piau :
Après avoir, dans le précédent ouvrage "Tradition alchimique et
tradition maçonnique" rappelé le sens profond de la Tradition alchimique
en tant que voie philosophique porteuse de la parole
hermétique, née en Egypte, reçue et transmise par Pythagore
puis les écoles grecques et arabes avant d'apparaître en Europe
occidentale, à l'aube du 12ème siècle et fait ressortir son caractère
universel, je présente dans ce nouvel ouvrage les grades du rite écossais
ancien et accepté constituant la chaîne initiatique des régimes de ce rite
correspondant aux deux premiers modes opératoires alchimiques, celui de l'Oeuvre
au noir et celui de l'Oeuvre au blanc, modes de purification et de
sublimation de l'être spirituel qui ont pour but de permettre à l'homme
ordinaire de s'élever au statut d'homme véritable ou homme vrai, avant de
franchir la barrière de feu et de pénétrer dans le royaume de l'homme
transcendantal. Ce sont les grades du 3ème au 17 ème degré du rite. Dans le précédent ouvrage, j'avais évoqué les signes alchimiques annonciateurs figurant dans les deux premiers degrés du rite écossais qui ont pour but de préparer l'adepte à la voie initiatique développée à partir du 3ème degré. Alchimie et franc-maçonnerie ont des origines très anciennes alimentées par les mêmes sources ou ayant subi les mêmes influences. L'une et l'autre, en tant que langage symbolique et système philosophique, ont la même prétention initiatique : donner à l'homme des outils de connaissance pouvant lui permettre de trouver le sens des origines et ce faisant le sens de sa propre vie. Comment la pensée alchimique a-t-elle fécondée le symbolisme ? Cela reste à découvrir. Je me contente dans cet ouvrage de rechercher les concordances entre les deux systèmes, ouvrant une voie d'étude quasiment ignorée jusqu'ici. Cet ouvrage analyse les concordances entre les grades du R.E.A.A et les étapes du processus alchimique.
Est particulièrement expliqué : Le
symbolisme des couleurs du rouge, du noir et
du blanc, les degrés de l’œuvre au noir
qui sont : le grade de maître (3e), le grade de maître secret
(4e), le grade de maître parfait (5e), le grade de
secrétaire intime (6e), le grade de Prévôt et Juge (7e),
le grade d’Intendant des Bâtiments (8e), le grade de maître Elu
des Neuf (9e), le grade d’Illustre Elu des Quinze (10e),
le grade de Sublime Chevalier Elu (11e). Les degrés de l’œuvre au
blanc : le grade de Grand Maître Architecte (12e), le grade
de Chevalier de Royal Arche (13e), le grade de Grand Elu de la
Voûte Sacrée (14e), le grade de Chevalier d’Orient et de l’Epée
(15e), le grade de Prince de Jérusalem (16e), le grade
de Chevalier d’Orient et d’Occident (17e). Le
tout est agrémenté de vignettes du Mutus Liber, des planches alchimiques de
Fulcanelli, de Nicolas Flamel, et de divers tuileurs, avec des photos des
décors des grades étudiés ici. |
INITIATION - tradition alchimique &
tradition maçonnique |
Guy piau |
Edition
DÉTRAD |
2005 |
Le
rite écossais ancien et accepté qui constitue, au sein de la Franc-maçonnerie
moderne, une voie spirituelle éminente, n’a pas émergé d’un désert. Il est le
fruit d’une lente maturation. Même si les traces historiques de cette
maturation sont souvent inexistantes, les idées que le rite écossais ancien
et accepté expose, renvoient à d’authentiques sources initiatiques
traditionnelles dont la transmission essentiellement orale et le caractère
secret des modes opératoires font que nous n’en connaissons que les aspects
d’apparence et les influences supposées. Ces traditions, orphiques,
éleusiniennes, hermétiques et autres, expriment les mêmes idées avec des mots
différents et exaltent la même quête spirituelle. Elles se distinguent,
certes, les unes des autres, mais ne s’opposent pas. La connaissance que nous
pouvons en avoir, aussi parcellaire qu’elle puisse être parfois, est
essentielle pour donner à la démarche initiatique du Maître Maçon sa pleine
valeur. Après une présentation et une analyse des éléments symboliques que
l’on peut trouver dans les anciennes traditions, selon les relations que des
auteurs les ayant connues et pratiquées en ont fait et des liens établis
entre ces traditions et l’alchimie, l’auteur s’attache à mettre en parallèle
le symbolisme alchimique et le symbolisme maçonnique. Puis il développe une
lecture alchimique des 1er et 2ème degrés du rite écossais ancien et accepté Le gnosticisme, au fil du temps,
s’est manifesté sous divers régimes de pensée et l’hermétisme aussi bien que
l’alchimie qui a pris naissance sur celui-ci, n’en constituent que des
expressions dont les corps de doctrine ont eux-mêmes évolués au cours des
siècles. Il reste cependant que les idées qui émergèrent, sous l’égide de
Pythagore, du mariage des mythes égyptiens et grecs, donnant sens à une quête
initiatique fondée sur les principes d’une tradition universelle, unissant
toutes les cultures passées, présentes et futures, sont demeurées la base de
la transmission spirituelle de toutes les écoles ou cercles gnostiques. Ces
principes qui fécondent les voies hermétiques et alchimiques proclament que
le Monde est un Ordre, qu’il existe une unité de l’Univers, que cette unité
découle d’une unité primordiale, l’Un qui est amour et harmonie. Ils
établissent aussi que le microcosme est constitué comme le macrocosme, ce qui
est en bas est comme ce qui est en haut, et que le travail de l’initié
(l’adepte) est de séparer le pur de l’impur, d’aller vers la perfection et ce
travail est le même s’agissant les 3 règnes de l’ordre extérieur ou matériel,
minéral, végétal et animal que du règne de l’ordre intérieur, celui de
l’esprit qui anime l’homme. Comme Platon l’exprime dans son Timée et
son Parménide : « L’Univers est vivant, il est unique, il est
indissoluble. Il est constitué de 4 éléments : terre, eau, air et feu.
» Il paraît difficile de ne pas voir que ces principes gnostiques
éclairent la voie initiatique qui est proposé au maître maçon pour se
perfectionner et devenir un chevalier de l’esprit, un sage. Il n’est que de se rendre à la
bibliothèque de Fès, grande cité symbolique, pour comprendre l’importance de
la connaissance que diffusèrent les alchimistes venus d’orient. Une troisième
voie de la venue de l’Art Royal en France est liée au grand mouvement des
Croisades. Dès la première Croisade, les moines bénédictins qui
accompagnaient les Croisés et qui encadraient les gens de métiers,
organisèrent la fraternité de Saint Blaise, une société dans laquelle ceux-ci
furent initiés aux Arts libéraux, notamment à la géométrie. Enfin, la
réouverture des échanges commerciaux et culturels entre l’Empire latin
d’Orient et les royaumes d’Occident permirent de découvrir de nombreux textes
hermétiques conservées dans les cercles savants de Byzance, notamment les Livres
d’Hermès, œuvre des écoles néo-platoniciennes d’Alexandrie écrite au 1er
siècle avant notre ère. Ces livres alimentèrent au 15ème siècle les travaux
de l’Académie néo-platonicienne de Florence, dont les membres les plus
éminents Marsile Ficin et Jean Pic de la Mirandole vont être la source de
l’inspiration de toux ceux qui voulurent s’affranchir de l’enseignement
scholastique et vont marquer leur époque, tels Rabelais, Paracelse et Newton. Il est très généralement proclamé dans les
obédiences maçonniques que nous sommes les héritiers des sociétés de
francs-maçons du Moyen Âge, les constructeurs des cathédrales, dont nous
avons conservé et enrichi les connaissances symboliques. Cette affirmation
est née en Angleterre, lors de l’apparition publique à Londres de loges
maçonniques sans liens avec les métiers de constructeurs et la publication
d’une histoire de la franc-maçonnerie, placée en tête des Constitutions et
Règles pour la nouvelle maçonnerie. Pour donner plus d’éclat à cette
maçonnerie dite spéculative, certains lui attribuèrent aussi une filiation
templière et aujourd’hui encore, des francs-maçons considèrent qu’ils ont
reçu une part d’héritage de la chevalerie du Moyen Âge. Certes, le passage du symbolisme qui
anime les rites maçonniques s’est effectué par l’intermédiaire des loges de
constructeurs. Mais, il paraît nécessaire de bien analyser comment ce
symbolisme a pu naître et se développer dans ces loges. Il convient, en
premier, de poser son attention sur le terme « franc-maçon » que nous avons
adopté pour désigner les membres des loges opératives puis ceux de nos loges
modernes que nous qualifions de spéculatives. Dans le Royaume de France et
dans les cités du continent européen, les membres des loges qui se
constituaient autour des grandes entreprises de construction étaient des
compagnons de métiers dirigés par un Maître d’œuvre, le Maître de la Loge,
c’étaient des maçons libres, ainsi qu’il est rapporté dans le Livre des
Métiers que le Prévôt de Paris, Etienne Boileau rédigea à la demande de
Saint-Louis. Qu’est-ce qu’un maçon libre, un freemason sur les chantiers
anglais ? La seule réponse qu’il semble possible de donner à cette question
est que c’est parce qu’ils ont reçu l’enseignement des Arts libéraux que ces
compagnons sont devenus libres. En effet, dans les sociétés
traditionnelles, il est fait une distinction entre les arts mécaniques, les
techniques ou les métiers, dont ceux de la construction, qui sont assurés par
des hommes serviles et les arts libéraux, ainsi qualifiés car leur
enseignement est réservé aux jeunes gens de bonne naissance, aux hommes
libres. Dès la Première Croisade, les maîtres d’œuvre qui accompagnaient les
chevaliers croisés et étaient à leur service, et dont certains étaient des
moines bénédictins ayant déjà une connaissance des œuvres de Platon et de
l’hermétisme ainsi qu’une pratique des opérations alchimiques, fréquentèrent
les membres des sociétés au sein desquelles un enseignement du corps
philosophique de l’alchimie était donné à des gens des métiers. On peut
penser que ce fut là l’origine des Fraternités de Saint-Blaise qui
s’installèrent ensuite en Occident et firent office d’école de symbolisme
dans les loges des constructeurs. es anciens manuscrits attribuent à
Euclide un rôle qui ne correspond pas à son image historique et le place hors
du temps. Le Régius débute par ces mots « Ici commencent les statuts de
l’art de la géométrie selon Euclide » et désigne ensuite Euclide comme
ayant introduit cet art en Egypte, ce qui n’est pas crédible, les Egyptiens
connaissaient des éléments de géométrie au temps des premières grandes
pyramides et avant Euclide, le grec Thalès posa quelques principes de
géométrie. Toutefois, ce qui nous paraît essentiel dans cette phrase, c’est le
lien affirmé par les auteurs du Régius entre l’un des arts libéraux et la
maçonnerie. Outre la référence qu’ils font au sept arts et à l’enseignement
de la géométrie aux enfants des seigneurs d’Egypte afin que ceux-ci puissent
« œuvrer à toutes sortes d’excellents ouvrages de pierre, temples, église,
cloîtres, cités, châteaux, pyramides, tours et toutes sortes de bâtiments de
pierre », les auteurs du Cook nous révèlent qu’Euclide nomma compagnons
les ouvriers ainsi formés, leur interdisant toute autre appellation, puis les
invita à « se comporter comme des hommes de l’art et non des rustres
incultes » et enfin qu’il les organisa en un ordre. Si nous quittons le
temps fictif des Old Charges pour revenir dans le temps réel, cet ordre
attribué à Euclide n’est autre que les Fraternités de Saint-Blaise
constituées vers l’an mil. Tels sont les fondements que les anciens
manuscrits qui en rapportent les règles, donnent à la maçonnerie des
constructeurs, celle des maçons libres. Si nous voulons élever notre pensée au-dessus
des légendes et mythes, nous pouvons trouver dans ces trop rares textes qui
nous sont connus l’indication des sources gnostiques ou alchimiques du
symbolisme maçonnique. Parmi les propagateurs du
symbolisme d’essence gnostique qui s’est développée chez les Maîtres d’œuvre
et leurs compagnons puis ensuite dans les loges des maçons acceptés, nous ne
devons pas omettre de citer les Frères de la Rose-Croix, non pas seulement
ceux de la Fama Fraternitatis Rosae-Crucis, qui se sont manifestés au sein de
la société civile au 17ème siècle, mais les véritables Rose-Croix,
philosophes inconnus, maîtres alchimistes invisibles, détenteurs des secrets
des arts et sciences traditionnels qu’ils enseignaient dans les loges des
compagnons constructeurs et qu’ils n’avaient aucune raison de ne pas
conserver quand les gens de métiers disparurent des loges et que celles-ci
devinrent, selon l’expression d’Anderson, le centre de l’union où se
retrouvaient des représentants des élites politiques, sociales et culturelles
de la société. Ces Frères de la Rose-Croix, maîtres de l’alchimie,
constituaient, selon Paul Naudon, une communauté informelle qu’il nomme la
communauté des Mages, sans apporter aucune précision, dans son ouvrage « Les
origines religieuses et corporatives de la franc-maçonnerie » Fulcanelli,
qui a moins de retenue, évoque dans ses « Demeures philosophales » la
figure de Louis d’Estissac qui était, nous dit-il, l’un des adeptes les mieux
instruits des arcanes hermétiques et qui portait, ajoute-t-il, le titre élevé
de Rose-Croix, marque d’initiation supérieure. Rabelais fut quelque temps à
son service et acquit auprès de lui un enseignement qui lui permit par la
suite de devenir lui-même un Frère de la Rose-Croix. Le rapport entre les
Rose-Croix et les Maçons est clairement exprimé dans un poème composé en 1638
par Henry Adamson de Perth Le rite écossais ancien et
accepté, ainsi que les autres rites maçonniques, ont aussi, à notre sens,
fait l’objet d’une double écriture ouvrant la voie à une double lecture. Sous
l’inspiration des légendes tirées des livres des lois hébraïque et
chrétienne, l’ancienne et la nouvelle loi, ainsi que cela est écrit dans des
rituels et instructions de degrés maçonniques, une voie d’élévation morale
est offerte aux maîtres maçons afin qu’il puissent devenir des chevaliers de
l’esprit, des hommes sages dont les actions sont entièrement guidées par les
trois vertus théologales, la foi, l’espérance et la charité ainsi que par les
quatre vertus cardinales, le courage, la justice, la prudence et la
tolérance. Mais le rite développe aussi un symbolisme inspiré par la
graduation de la quête alchimique conduisant l’adepte de l’état d’homme
ordinaire à celui d’homme transcendant. Ces deux voies ne s’excluent
nullement. Elles agissent conjointement dans le processus d’initiation, car
elles sont l’une et l’autre des chemins d’élévation spirituelle, l’une morale
et l’autre initiatique, et il appartient à chaque maître maçon de trouver en
chacune une part de sa propre nourriture spirituelle, en toute liberté de
conscience. Dans le premier cycle du Grand
Œuvre alchimique, l’élévation spirituelle, comme le travail de laboratoire,
comporte trois grandes étapes, l’Œuvre au noir, l’Œuvre au blanc et l’Œuvre
au rouge. Les degrés du rite écossais ancien et accepté se développent en
concordance avec cette graduation à partir du 3ème degré, le grade de maître.
Avant de devenir un initié, l’homme ordinaire, le profane, doit sortir des
ténèbres et recevoir la lumière de la franc-maçonnerie. Il reçoit cette lumière
au premier degré du rite, dans une cérémonie qui met en scène les quatre
éléments, terre, air, eau et feu, qui sont les principes actifs sans
lesquels, selon les gnostiques, l’univers n’existerait ni comme unité ni
comme diversité. Au commencement, l’Univers était chaos ; au commencement
aussi la terre était chaos. Le chaos, c’est la materia prima, la matière des
ténèbres, au sein de laquelle les quatre éléments ou principes sont mélangés,
unis et forment une lumière, la Lumière primaire, celle qui symbolise
l’Esprit souverain et créateur. Le chaos se nomme aussi la pierre, la
première pierre qui est une pierre brute, selon le médecin alchimiste
Pierre-Jean Fabre (17ème siècles). Le profane qui frappe à la porte du temple
maçonnique et qui va être admis apprenti est aussi une pierre brute. Le
profane est lui-même chaos, et la première épreuve qu’il doit subir lors de
son admission est celle de la terre. La terre, selon les maîtres alchimistes,
est la mère de tous les éléments. C’est la materia prima à l’intérieur de
laquelle est la lumière de laquelle va naître l’Univers. La materia prima des
alchimistes correspond aux ténèbres dont émerge la lumière dans le corpus
symbolique du rite écossais. Dans le cabinet de réflexion, qui
n’est autre que la terre-chaos, le futur apprenti maçon est mis en présence
d’outils symboliques qui doivent éclairer sa conscience et son intelligence,
qu’il ne saura comprendre dans l’instant mais qu’il retrouvera sur son futur
chemin initiatique et qui seront alors les agents de son élévation
spirituelle. Ces outils qu’il ne sait ni lire ni épeler appartiennent au
symbolisme alchimique : le sablier et la faux qui annoncent l’œuvre au noir,
le coq qui annonce l’œuvre au blanc et l’énigme V.I.T.R.I.O.L. qui annonce
l’œuvre au rouge. Puis au cours de la cérémonie d’admission , enfin en partie
libéré de son chaos, le postulant est soumis à l’épreuve de l’air qui figure
un autre aspect de son chaos, un chaos organisé, puis aux épreuves de l’eau
et du feu qui libèrent l’étincelle ou lumière primaire brillant en lui et le
font, ainsi que nos rituels le proclament, accéder à la lumière. Que celui « qui
a des oreilles pour entendre qu’il entende » nous enseigne Thomas, le
disciple gnostique du Christ. L’admission au grade d’apprenti ne nous confère
aucune initiation, elle nous construit dans le but de nous faire devenir un
initié. Et notre initiation véritable va
commencer au 3ème degré et comporter plusieurs étapes. La première étape est
celle qui se développe dans les Ateliers de Perfection jusqu’au 11ème degré.
Cette étape correspond au temps de l’œuvre au noir des alchimistes qui a pour
but de faire murir le métal, de le perfectionner c'est-à-dire de le purifier,
d’en exalter la pureté qui est en lui. Le franc-maçon est une pierre brute qu’il
doit tailler c’est-à-dire perfectionner, purifier. Reprenons la légende
d’Hiram : le maître est mort au 3ème degré, il est pleuré au 4ème degré, il
est enseveli au 5ème, vengé aux 9ème et 10ème degrés. La mort de soi est au
cœur de la légende, la renaissance ou plus exactement la naissance à l’Esprit
n’est pas réalisée. Elle est en devenir. Les alchimistes placent la mort,
symbolisée par la couleur noire, au seuil du Grand Œuvre, mais affirment
aussi que la vie naît de la mort comme la lumière nait des ténèbres. Cette
thématique alchimique est celle de notre rite jusqu’au 11ème degré. Dans le
symbolisme de ce degré la dualité de l’homme, terre et ciel, est exaltée. Le
nombre 12 exprime cette dualité dans l’unité. 12 est le nombre du grade, la
loge est constituée de 12 élus, et la batterie du grade est de 12 coups
égaux. Le deuxième temps de
perfectionnement qui commence au 12ème degré correspond à l’œuvre au blanc
qui est celui de la deuxième purification ou sublimation. Il s’agit de
sublimer la matière ou l’esprit, c’est-à-dire de les rendre encore plus purs,
plus précieux, plus subtils, de les blanchir. Au 12ème degré le Président de
l’Atelier est sublime grand maître. Il est désigné ce faisant comme maître
alchimiste, celui qui conduit l’œuvre de sublimation. Les membres de
l’Atelier, qui représentent le métal ou la pierre soumis à l’œuvre de
sublimation, ont l’âge de la plénitude, celui de l’homme véritable, Emerek,
l’homme vrai, selon le rituel du degré précédent. Le tablier du Grand Maître
Architecte est blanc bordé de bleu, ce qui figure que le temps de l’œuvre au
noir est terminé, (le bleu est la couleur du ciel). Les degrés suivants
développent le travail de sublimation, lequel est tout aussi difficile que
celui de l’œuvre au noir. Au 14ème degré, le Maître maçon est invité à
chercher l’ultime perfection et il reçoit le titre de grand élu parfait et
sublime maçon, parfait certes mais en devenir mais toujours sublime, homme
véritable. Au 17ème degré, le temps de l’œuvre au rouge est annoncé. A ce degré,
la devise « Ordo ab chao » qui apparaît dans le temple suggère que le chaos
est devenu ordre et que désormais la lumière va recouvrir les ténèbres, que
l’Esprit va dominer la matière. A l’orient, l’arc en ciel qui se déploie
entre le soleil et la lune, symbolise l’épanouissement de l’œuvre au blanc,
car la couleur blanche contient toutes les couleurs et l’arc-en-ciel
manifeste ainsi l’achèvement du travail de sublimation. L’arc-en-ciel marque
aussi dans ce degré le passage des ténèbres déjà éclairés de l’œuvre au
blanc, représentés par la lune, à la pleine lumière symbolisé par le soleil
et annonce le début de l’œuvre au rouge. Y est développé :
Pythagore, Hermès, Déméter, la transmutation, le Mutus Liber, les Templiers, le REAA, le chaos et les ténèbres, les 4 éléments, les colonnes du Temple, Schibboleth et Tubalcaïn, N. Flamel, notre Dame de Paris, la caverne, l’aigle bicéphale. |
INITIATION MAÇONNIQUE – L’ŒUVRE AU ROUGE |
Guy Piau |
Edition
Pierre Guillaume de Roux |
2014 |
||
On
connaît l’importance du symbole en franc-maçonnerie, ce langage universel est
également fort prisé des alchimistes. Nombre d’œuvres hermétiques parmi les
plus célèbres, sont purement iconographiques. C’est le cas, par exemple, du
« Mutus Liber » ou des 17 figures attribuées à Jean Conrad
Barchusen abondamment cités par Guy Piau. Le soleil, la lune et les étoiles
qui ornent nos temples maçonniques sont également des symboles alchimiques.
Le soleil représente le principe mâle ; le souffre, tandis que la lune est
le principe féminin ; le mercure. On verra ultérieurement que les «noces
chymiques» du souffre et du mercure ne sont autres que le Grand Œuvre, et
comment il est possible d’y reconnaître un des buts de la franc-maçonnerie.
Sept étoiles symbolisent les 7 distillations nécessaires à l’alchimiste pour
réussir le Grand Œuvre. On retrouve ici la symbolique des nombres chère à
toute tradition initiatique. Le nombre 7 est le nombre de la perfection, de
l’éternité. Notons enfin, que les 4 éléments et la pierre jouent un rôle
fondamental en alchimie et en franc-maçonnerie. Si
le but du Grand Œuvre est le mariage du souffre (pôle masculin) et du mercure
(pôle féminin) par l’action du sel ; principe neutre et élément ternaire
qui scelle les deux autres, la légende veut que l’alchimiste, au terme de sa
quête, devienne hermaphrodite. L’importance du nombre 3 ; le ternaire
qui permet de dépasser les oppositions en une nouvelle synthèse, se retrouve
en maçonnerie afin de rassembler ce qui est épars. Un alchimiste a dit :
« Le secret consiste à savoir convertir la pierre en aimant, qui attire,
embrasse et unit cette quintessence astrale. ». « L’un est aussi le
tout. », selon la formule alchimique, «tout est un et tout se ramène à
l’un. ». C’est là un enseignement initiatique important présent dans
nombre de traditions. On
distingue deux sortes d’unités : l’unité initiale et l’unité finale,
l’alpha et l’oméga, symbolisées par l’image célèbre du serpent qui se mord la
queue et appelé Ouroboros, serpent qui entre autre représente les cycles de
la vie et les énergies, on le voit souvent dans les traités alchimiques. Du
magma initial surgit l’ordre final, entre les deux, les alchimistes devinent
tout le circuit de la matière transmuée. Chacun sait que le but de tout
alchimiste est de trouver la fameuse pierre philosophale. On s’est souvent
perdu en conjectures pour deviner la nature réelle de cette pierre. Peut-être
est-il possible d’y voir plus clair en raisonnant en maçon. La pierre
philosophale ne serait-elle pas la pierre taillée du maçon ? Ne
symboliserait-elle pas l’adepte accompli ? Quelle différence entre
passer du vil plomb à l’or alchimique et passer de la pierre brute à la
pierre taillée ? Deux terminologies différentes peuvent fort bien
traduire une même réalité. En
franc-maçonnerie, on comprend vite que la pierre n’est autre que le
franc-maçon lui-même, et le travail initiatique un travail sur soi. De leur
côté, bien des alchimistes ont reconnu que la coction finale avait lieu
simultanément dans l’athanor de briques et dans celui du cœur. Jung, qui
s’est intéressé à l’alchimie, pensait que l’œuvre opérative n’était que la
projection de l’œuvre intérieure. L’artiste et l’œuvre, à l’instar du temple
intérieur et du temple extérieur, ne font qu’un. Il apparaît donc que le but
de l’alchimie semble bien être le même que celui de la franc-maçonnerie, à
savoir : La transformation et la transmutation de l’homme qui passe par
le perfectionnement constant de l’initié. Voyons maintenant ce qu’il en est
de la méthode. Oswald
Wirth estimait que l’initiation maçonnique, en particulier l’épreuve de la
terre, résumait l’essentiel du processus alchimique. Lors de l’initiation
maçonnique, le récipiendaire est tout d’abord dépouillé de ses métaux. La
première opération alchimique consiste à débarrasser la matière première,
nous parlerions nous de la pierre brute, de toutes ses impuretés. Ensuite, le
futur franc-maçon est placé dans le cabinet de réflexion où il mourra en tant
que profane. En alchimie, la putréfaction ou œuvre au noir, se déroule dans
l’œuf philosophique hermétique, scellé. L’hermétiste Jacob précise que «la
fin du Grand Œuvre est de se débarrasser, quand il le voudra, de la chair
corruptible sans passer par la mort. ». Au sein du cabinet de réflexion
se trouvent de nombreux symboles alchimiques. A commencer par le sel, le
souffre et le mercure ; éléments essentiels du Grand Œuvre dont le rôle
a été évoqué précédemment, n’oublions pas le coq qui annonce le lever du
soleil et qui, selon Fulcanelli, symbolise un autre élément alchimique :
le vif argent. Enfin,
bien sûr, la célèbre formule alchimique « V.I.T.R.I.O.L.» ; visita
interiora terrae, rectificando invenies occultum lapidem. Ce qui
signifie « visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu
trouveras la pierre cachée ». On a vu que le franc-maçon et l’alchimiste
étaient à la fois maître d’œuvre et matériau, la formule
« V.I.T.R.I.O.L. », qui invite à l’introspection
indispensable à toute initiation va dans ce sens. J’ai évoqué Jung, ici le
parallèle avec la psychanalyse s’impose. N’est-ce pas en visitant les
profondeurs de l’Homme, dans les ténèbres intérieures, que le psychanalyste
va chercher la lumière, la vérité de l’être ? Chaque
épreuve de l’initiation maçonnique correspond à une étape du processus
alchimique. L’épreuve de l’air : Le subtil se dégage de l’épais.
L’épreuve de l’eau : La purification par l’eau, la distillation ou œuvre
au blanc. L’épreuve du feu correspond à la calcination, l’œuvre au
rouge qui annonce l’aboutissement du Grand Œuvre avec le Rébis. L’initiation maçonnique et l’œuvre alchimique peuvent donc
se résumer en une suite de purifications successives tendant à la pureté
absolue. On
peut également noter que le travail de l’alchimiste, tout comme celui du
maçon, doit s’effectuer à couvert ; condition sine qua non de la
réussite du Grand Œuvre. Ainsi de nombreux auteurs hermétistes soulignèrent
le fait qu’il doive toujours y avoir à la porte du laboratoire, une
sentinelle armée d’un glaive flamboyant pour examiner tous les visiteurs et
renvoyer ceux qui ne sont pas dignes d’être admis. Le rapprochement avec le
frère couvreur et le tuilage est évident. En conclusion, il semble légitime
de penser que l’alchimie est bien une philosophie initiatique et qu’il existe
effectivement un message hermétique, un but et une méthode assez proches de
ce que nous connaissons en maçonnerie. L’alchimie étant historiquement
antérieure à la franc-maçonnerie spéculative, on peut en déduire que
l’hermétisme a inspiré les premiers maçons. Le sommaire de cet ouvrage décrypte le cheminement de l’initié du 18e degré Rose+Croix, jusqu’au 30e degré de Chevalier Kadosh, avec explications des 22 degrés intermédiaires, autant dans leur message, les couleurs, les tableaux de loge, les nombres, le palladium, les symboles de Rose+Croix avec le phénix, le feu, INRI, la Cène, le pélican, les ouvertures et fermetures de chaque degré. |
INITIATION - L’ALCHIMIE – HISTOIRE
ET ACTUALITḖ |
Guy Piau |
Edition Numérilivre |
2017 |
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Je ne voudrais pas rendre le XVIIe
siècle plus rationaliste qu’il ne fut et lui attribuer plus de rigueur
scientifique que nous ne saurions en trouver dans l’esprit scientifique du XXe
siècle. Il est incontestable que, pendant tout le XVIIe siècle, de
nombreux travaux manifestent un désir de pensée libre qui conduit à
s’affranchir de toutes les précautions méthodologiques héritées des pratiques
universitaires aussi bien que des recherches de la mécanique nouvelle. Pour
ne prendre que quelques exemples, les travaux de Gaffarel sur les talismans
et la cabale, ceux d’Athanase Kircher sur l’interprétation des hiéroglyphes
ou du mathématicien Jean-Baptiste Morin, correspondant de Descartes, sur
l’astrologie judiciaire, la fascination pour les écrits de confréries de
Rose-Croix qui n’ont jamais existé, tout cela montre la vivacité d’un esprit
de fantaisie qui est aussi un esprit de révolte contre la domination de la
pensée scolastique. On en retrouve l’expression dans des romans comme ceux de
Cyrano de Bergerac ou de Montfaucon de Villars. D’un autre côté, on ne
saurait nier l’existence d’une « alchimie kabalistique », qui s’est
surtout développée au XVIe siècle en Italie et en France. Les
thèmes alchimiques sont alors mêlés à ceux d’autres traditions chez des
auteurs qui, comme Robert Fludd ou Jacob Boehme, ont davantage le souci de
construire un système du monde qui soit à la fois théologique, métaphysique
et scientifique que de développer des recherches sur les propriétés chimiques
de diverses substances. Or c’est précisément cet intérêt
pour la composition des corps mixtes, la recherche des principes et éléments
dont ils sont formés, la possibilité de les transformer les uns dans les
autres et d’en tirer des substances nouvelles utiles à la médecine et aux
divers artisanats qui caractérise, me semble-t-il, les travaux alchimiques,
et permet de les distinguer d’autres élaborations théoriques se réclamant,
souvent abusivement, de l’hermétisme et de l’alchimie. L’ambiguïté vient
cependant de ce que cette alchimie, qui n’est rien d’autre que la chimie de
l’époque, s’est volontiers nommée science hermétique, ce qui a engendré, hier
et plus encore aujourd’hui, de nombreuses confusions. Il faut donc revenir
sur les raisons pour lesquelles les alchimistes se sont référés à Hermès,
pour ensuite montrer que cette référence n’est en rien le signe d’une
défaillance de la raison. Que le dieu qui a donné son nom à celui par lequel
la science est communiquée aux hommes se nomme aussi Mercure, voilà qui ne
pouvait que retenir l’attention des alchimistes, qui désignaient de ce nom
aussi bien le vulgaire vif-argent, qui coule et s’amalgame avec tous les
métaux, que le principe mercuriel dont la possession rend possible la
transmutation des métaux. Pourtant, l’usage du nom d’Hermès est une pratique
tardive dans l’histoire de l’alchimie, puisque l’alchimie médiévale, telle
que nous la connaissons à travers les nombreux traités qui nous sont
parvenus, fait rarement mention du dieu grec ou de son homonyme trois fois
très grand. Au XIIIe siècle, époque où s’élabore la
doctrine qui va marquer les travaux chimiques jusqu’au XVIIe
siècle, le Corpus Hermeticum est inconnu et les auteurs anonymes qui
se cachent derrière les noms de Geber, Aristote, Thomas d’Aquin, Raymond
Lulle ou Arnaud de Villeneuve, auxquels ils prêtent la paternité de leurs
traités, n’ont pas besoin de se référer à une quelconque doctrine hermétique
pour développer la doctrine de la formation des métaux et de la composition
des corps mixtes à partir de laquelle se met en place leur théorie de la
transmutation. L’héritage des traités arabes, traduits et imités dès le XIIIe
siècle, offre en effet tous les ingrédients nécessaires à l’élaboration d’une
théorie de la matière qui s’oppose à l’hylémorphisme en supposant que le
Mercure et le Soufre sont les deux principes constitutifs des métaux, selon
des proportions et des conditions naturelles d’élaboration dans les mines
dont les variations expliquent la différence entre les métaux. La nature
voudrait toujours faire de l’or et l’objectif de l’alchimiste est de
fabriquer une médecine métallique qui confère aux métaux imparfaits la
perfection que les cuissons naturelles ne leur ont pas apportée. Ni mystère,
ni révélation ne sont nécessaires à l’élaboration de cette doctrine qui
s’expose dans des Sommes rigoureusement construites, comme cela se
pratique dans les autres domaines du savoir médiéval. Nous sommes dans le
domaine de la philosophie naturelle et il ne s’agit pas tant pour les
alchimistes de s’opposer à la science aristotélicienne que de la compléter
dans un domaine où Aristote, après les quelques lignes qu’il consacre à la
formation des métaux à la fin du troisième livre des Météorologiques,
est resté silencieux. Ce n’est qu’à la Renaissance que les alchimistes
commencent à évoquer le nom d’Hermès en tant que fondateur de leur science,
sans pour autant donner à l’alchimie le nom de science hermétique. Le plus
souvent, c’est dans les brefs aperçus «historiques» qui introduisent les
traités qu’Hermès est cité. Ainsi lit-on dès le début du Livre de la
philosophie naturelle des métaux attribué à Bernard le Trévisan, et sans
doute écrit vers la fin du XVe siècle (et donc après la
publication florentine du Corpus Hermeticum), que « Le premier
inventeur de cet Art ce fut Hermès le Triple: car il sut toute triple
philosophie naturelle, savoir Minérale, Végétale et Animale.» L’auteur
continue en rapportant qu’Hermès trouva dans la vallée d’Hébron, après le
déluge, sept tables sur lesquelles étaient imprimés les arts libéraux. Il en
fit un résumé que nous connaissons comme étant la Table d’Émeraude.
Pythagore fut son disciple, et après lui Platon et Aristote, Galien et
Hippocrate, ainsi que les Arabes et, plus près de nous, Arnaud de Villeneuve
et Raymond Lulle. L’intention de ce texte apparaît clairement: il s’agit de
donner à l’alchimie, qui passe pour une science jeune, comparée à la
philosophie naturelle des Grecs ou à la médecine, une antiquité telle qu’elle
surpasse tous les autres savoirs. Les fabricants d’une telle histoire ne sont
pas forcément de mauvaise foi, puisqu’ils ont entre les mains des traités
alchimiques attribués à Platon ou Aristote, dont on suppose qu’ils ont appris
cette science d’un maître plus ancien. On s’imagine alors, bien entendu, que
la science est toujours le résultat d’une transmission, plutôt que d’une
découverte progressive, ou plus exactement que la découverte n’est jamais que
la réappropriation d’un savoir constitué en des temps reculés, mais qui
s’était perdu. |
instructions à l’usage des apprentis – rite Écossais rectifiÉ |
Jean
ursin |
EDITION
DERVY |
1997 |
On
s’accorde en général sur la nécessité primordiale de l’Instruction aux trois
grades des Loges bleues. Et l’on s’accorde aussi… sur un constat
d’insuffisance, voire d’inexistence.
Les
symboles qui se présentent au cours de la cérémonie sont étudiés et
interprétés à la lumière des instructions et des textes Willermoziens.
|
1 J
JANUS et L’INITIATION
MAÇONNIQUE |
PERCY
JOHN HARVEY |
EDITION
DERVY |
2009 |
||
Comme
tout exposé, il ne fait pas le trajet à notre place mais nous permet de
réaliser et de comprendre l’expérience de la splendeur de l’Être humain.
Janus et l’initiation maçonnique nous montre tous les passages que les hommes
ont détecté au cours de leurs recherches mais il appartient au lecteur de se
laisser guider par les rituels de son rite, et de trouver son passage
personnel, en lui, vers ces états subtils pour atteindre le domaine ineffable
de l’Ultime.
La
méthode initiatique est universelle, le chemin est une science mais l’expérience
et ses découvertes sont personnelles. L’expérience qu’aucun langage ne peut
exprimer est toujours individuelle, seuls quelques symboles ou quelques
dessins peuvent la suggérer. C’est pour cette raison que l’auteur a si
abondamment illustré ses propos qui montrent le chemin possible à travers
l’évolution des civilisations. La lumière, la vérité, le divin –peu importe
son nom- ne peuvent qu’être éprouvés dans le silence de l’Être intérieur. Quelques sujets traités dans cet ouvrage :
|
JANUS LE PORTIER DU
TEMPLE |
Françoise
LECLERCQ-BOLLE DE BAL |
EDITION
DETRAD |
1999 |
Visage
secret de Janus, dieu duel, dieu
des portes et des passages, il est aussi l’introducteur, celui qui préside
aux commencements et aux initiations. Il ouvre l’année en Janvier
(mois de Janus) qui lui est consacré, ceci pour la figure romaine. Il
est aussi symboliquement porteur de multiples références à l’expérience
maçonnique et à la réflexion philosophique. Ne serait-il pas le gardien des
arcanes ? Car ce sont les portes qui enferment les secrets et en
s’ouvrant les libèrent, les dévoilent. L’image
duelle de Janus fait surgir des thèmes binaires tels ceux du nomade et du
sédentaire, du miroir et du double, des deux Saint-Jean
(L’évangéliste et le Baptiste) et de leurs fêtes solsticiales. Janus
portier du Temple ouvre et ferme les battants, laissant passage aux
réflexions vagabondes…celles de l’auteur mais aussi celles des lecteurs
intrigués par ces deux visages jumeaux et mystérieux. Ce texte se termine sur
une évocation d’Hermès ; Hermès dont Janus incarne une
modalité, est l’éternel éphèbe farceur, le sourire en coin. Il pose des
bornes pour qu’elles soient franchies, il contraint les hommes et les dieux à
échanger pour survivre, il montre comment « les
choses qui libèrent aliènent et comment ce qui aliène libère »,
comme la lyre qu’il offre à Apollon. Ce livre développe les sujets suivants : La porte s’ouvre, Janus dieu romain, les portes passages et commencements,
Portunus et Junon, Quirinus et Mars, Janus et les monstres du seuil, les
rites du seuil, le profane et le sacré, les monstres gardiens, la porte
étroite et le pont, les seuils poreux, la porte du Temple et son passage,
étymologie de Janus, le secret et le sacré, le secret du bonheur, les secrets
métaphysiques et philosophiques, le secret maçonnique, Janus sédentaire et
nomade, Caïn et Abel, Hestia et Hermès, la fourmi et la cigale, Tristan et
Don Juan, illusion et réalité, le double, la science et la magie, la nuit,
l’étranger, la mort, la vie, le temps, les deux Saint Jean, symbolisme et
orientation. L’auteur Françoise Leclercq de Bolle de Bal est licenciée en
histoire de l’art et archéologie de l’université de Bruxelles, elle est
spécialiste en symbolisme ésotérique et écrit dans de nombreuses revues
maçonniques et initiatiques. Préfacé par Daniel Béresniak, ce livre
incontournable dans sa bibliothèque, est un livre de bonheur et de
réflexions ; |
JANUS -
les mystÈres du dieu janus |
Jean
Émile bianchi |
EDITION
IVOIRE – CLAIR |
2004 |
Préfacé
par Alain Pozarnik, ce livre sur Janus nous entraîne de la Rome Antique à la Franc-maçonnerie
traditionnelle contemporaine. Janus, le dieu à deux faces, est l’un des moins
connus et des moins populaires du panthéon des dieux antiques. Sans réel
équivalent grec, c’est pourtant l’un des dieux les plus importants de Rome,
si ce n’est le plus important car le plus ancien, le plus vénéré, présent dès
avant la fondation de la Cité et protégeant jusqu’à la plus humble masure.
Janus
est une divinité romaine sur l'origine de laquelle les mythologues ne sont
pas d'accord. Les uns le font Scythe ; les autres, originaire du pays des
Perrhèbes, peuple de Thessalie ; enfin, d'autres en font un fils d'Apollon et
de Creuse, fille d'Erechthée, roi d'Athènes. Devenu grand, Janus, ayant
équipé une flotte, aborda en Italie, y fit des conquêtes et bâtit une ville
qu'il appela de son nom Janicule. Toutes ces origines sont obscures et
confondues. Mais la légende le fait régner, dès les premiers âges, dans le
Latium. Saturne, chassé du ciel, se réfugia dans ce pays, et fut accueilli
par Janus qui même l'associa à sa royauté. Par reconnaissance, le dieu
détrôné le dota d'une rare prudence qui rendait le passé et l'avenir toujours
présents à ses yeux, ce qu'on a exprimé en le représentant avec deux visages
tournés en sens contraires. |
JANUS – LES PORTES |
Divers Auteurs |
ARCADIA |
2006 |
||
Gardien
des portes qu’il ouvre et ferme, il a comme attribut la baguette du portier
et la clef. Son double visage symbolise qu’il surveille aussi bien les
entrées que les sorties, l’intérieur que l’extérieur, la droite que la
gauche, le pour et le contre, mais aussi le haut et le bas. Il
incarne la vigilance. Janus est une divinité latine, sur
le caractère et les attributions de laquelle les mythologues ne sont
nullement d'accord. Les anciens Latins adoraient Janus comme un génie
bienfaisant qui veillait à la prospérité des familles et défendait l'entrée
des maisons contre les attaques des esprits funestes. De là le nom de janua,
donné à la porte, et celui de janus, à un passage voûté ouvert des
deux côtés. Il est probable cependant que, même dans l'origine, les attributs
du dieu ne se bornaient pas à cette fonction toute matérielle, et qu'il
présidait symboliquement au début de toutes choses. Tel était du moins le
caractère du Than étrusque, qu'on identifia avec Janus, dans la suite des
temps. Chez les anciens Tusques, Than, l'un des dieux suprêmes, était surtout
regardé comme dieu des augures, qui, avant de commencer leurs opérations divinatoires,
traçaient dans le ciel, avec le lituus, deux lignes perpendiculaires l'une à
l'autre, et dont chaque extrémité était dirigée vers un des points cardinaux.
De là sans doute l'usage de représenter Janus avec deux ou quatre faces, et
de donner le même nombre de portes à ses temples. En adoptant le culte du dieu, les
Romains l'altérèrent, par le mélange des traditions et des symboles
nationaux. Ainsi, on l'identifia quelque fois avec le soleil, en tant que
dieu du ciel. Suivant Servius, son double visage désigne le commencement et
la fin du jour, ses quatre faces les quatre saisons. Le même auteur rapporte
qu'on représenta Janus avec deux visages, comme symbole de l'alliance des
Romains et des Sabins, après un traité entre Romulus et Tatius. D'autres y
voient le symbole de la connaissance du passé et de l'avenir. Une fois le
Janus étrusque, dieu des augures, adopté par les Romains, il devint
naturellement le dieu qui préside au commencement, au début de toutes choses,
si toutefois il n'avait pas déjà cette fonction primordialement. Aussi lui
consacra-t-on le premier mois de l'année, et lui offrait-on les premières
libations dans les fêtes des dieux. On le faisait présider au point du jour,
sous le nom de pater matutinus. Enfin, on ouvrait les portes de ses
temples lorsqu'une guerre commençait. Quant aux traditions mythiques sur
Janus, voici les principales. Il est fils de Cœlus et d'Hécate, ou d'Apollon
et de Créuse. Critolaüs, dans Plutarque, le fait naître de Saturne et
d'Entoria, et dit qu'il se tua, ainsi que ses frères Hymnus, Faustus et
Félix, par suite du chagrin que lui causa la mort de son grand-père maternel,
lapidé par des paysans ivres. Les Romains, frappés de la peste, consultèrent
l'oracle, qui leur ordonna d'élever à Saturne et à ses quatre fils un autel
avec quatre visages. Ils nommèrent aussi januarius l'un des mois de
leur année. Quant aux morts, ils furent placés parmi les astres de protrygéterès.
Suivant Ovide, Janus était au commencement de toutes choses, et, lors de la
séparation des éléments, eut sous sa présidence le ciel, la mer, les nuages,
la terre, la guerre et la paix. D'autres traditions plus vulgaires relient
Janus à un état de prospérité de l'Italie, semblable à l'âge d'or des Grecs,
et le placent à la tête de toute civilisation. Époux et frère de Camisa, il
accueillit dans le Latium Saturne, chassé du ciel. Le dieu, reconnaissant,
lui enseigna les premiers éléments de tous les arts, et tous deux
gouvernèrent en commun. Suivant Athénée, Janus était un Grec, qui s'enfuit de
son pays natal, et vint apporter à l'Italie les connaissances d'une contrée
plus civilisée. Parmi les découvertes qui lui sont attribuées figurent l'art
de la navigation et l'impression de la monnaie. Janus eut de Camisa, Æther et
Clisthène ; de Vénilia Canens ; de Juturne, Fontus. Le culte de Janus était très
répandu chez les Romains. Le premier temple en l'honneur de ce dieu fut élevé
par Numa. Il n'avait que deux portes, mais on en construisit un second en
doublant ce nombre, après avoir trouvé une image du Janus quadrifons à la
prise de Faléries. A Rome, le temple de Janus restait ouvert en temps de
guerre, et ne se fermait qu'en temps de paix. Cet usage a été interprété de
diverses manières, que nous ne rapporterons pas ici. On représentait Janus
avec deux ou quatre visages barbus, ayant d'une main le lituus et de l'autre
une clef, dans la figure de laquelle quelques-uns ne voient qu'une altération
de la forme de l'ancienne baguette augurale des Étrusques. Il avait souvent
le nombre de 300 dans la main droite, et celui de 65 dans la gauche, par
allusion aux jours de l'année. Georges
Bretoi
nous explique le symbolisme des portes en Chine et en Inde, y est développé
les diverses portes étroites, haute et de matériau différents. En F.M. la 11e porte du degré de Royal-Arche nous est expliquée et débouche sur une notion d’Infini que les kabbalistes appellent Ein Sof. Et qui est pourquoi pas, la porte des étoiles, ouvrant sur le cosmos et le Principe. Jean
Servier
nous invite à visiter l’Egypte Pharaonique
avec ses divers textes parlant des Grandes Portes, dont le
franchissement symbolise le franchissement d’un état de conscience à un
autre, notamment dans la Psychostasie/Kérostasie.
Le chapitre 125 du livre des morts explique comment la Porte parle et
questionne l’adepte sur les noms de son fronton et de son seuil, l’adepte
d’ailleurs à chaque porte dira la formule suivante « Dégage-moi le
chemin, je te connais, je connais ton nom et je connais le nom du dieu qui te
garde » Jean Servier nous raconte également le Janus dans
la Rome antique, où d’ailleurs les historiens se sont interrogé pour
savoir la préséance entre Janus et Jupiter. Au fil du temps les
romains donnèrent à ce dieu l’appellation de dieu des Portes, mais lui
ajoutèrent par la suite le titre de Maître du
Temps et de l’Eternité, dieu jouant un grand rôle dans les rituels
de mort et dans les rites d’initiation comme dieu des passages, dieu
symbolisant l’énergie primordiale. Un
article est consacré au Seuil, à la porte et au gardien du Seuil. Sont
évoqué bien sur les portes solsticiales de Juin et de Décembre, porte des
Dieux et porte des Hommes et les diverses interprétations. En Egypte, les
portes des mastabas. On parle aussi des clefs qui sont le complément des
portes, leur symbolisme ambivalent, leur utilité et leurs niveaux de lecture. D. Rernould nous explique les portes sur les mondes parallèles, et met en relief le portail qui selon lui a une dimension cosmique et représente l’équilibre qui ouvre sur des espace-temps surnaturels. Un
travail sur Hadelet (porte en
hébreu), nous convie au 4e degré, avec un prolongement sur la
symbolique de la clé d’ivoire. Henry
Normand
dans un très long article nous développe «La
clef, synthèse de toutes les traditions »
qui sous-entend « une seule réalité pour
tous les phénomènes, un seul principe pour toutes les formes et une seule
clef pour tous les principes ». Il nous fait voyager dans de
nombreuses traditions et civilisations. Jean
Claude Tribout
se projette dans le miroir, chemin de la sagesse, il nous parle de Janus, du
miroir ontologique et métaphysique. René Guénon dans « les symboles de la science sacrée », explique le rôle de Janus et développe sa théorie sur le livre de Charbonneau-Lassay qui fait le parallèle entre Janus et le Christ. Dans une importante étude – Janua- Coeli – publié en 1946 dans les E.T. Ananda K. Coomaraswamy expose le symbolisme de la structure de l’autel védique avec ses trois briques creuses représentant les trois mondes – Terre, Atmosphère et Ciel – et avec trois autres briques représentent les Lumières universelles. Janus/Janua-Coeli symbolise ces passages à travers le soleil (soleil spirituel) |
JEAN-BAPTISTE WILLERMOZ - Fondateur du
Régime Écossais Rectifié |
Jean-Marc Vivenza |
Edition Signatura |
2012 |
Si
Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824) fut toute sa vie persuadé que la
maçonnerie était dépositaire de secrets essentiels, c’est sa rencontre avec Martinès
de Pasqually en 1767, qui lui permettra de trouver dans l’Ordre des
chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers ce qu’il avait toujours attendu en
matière de connaissance, confirmant ses espérances à propos des mystères de
l’initiation. Mais
loin d’en rester à un dépôt passif des enseignements reçus de Martinès de
Pasqually va être à l’origine de l’œuvre de réforme la plus ambitieuse de la
Franc-maçonnerie au XVIIIe siècle, puisqu’en 1778 lors du convent des Gaules,
introduisant au sein de la Stricte Observance, la doctrine de la réintégration
préalablement christianisée, il fonde un nouveau système original : Le
Régime Ecossais Rectifié. En
1761 le « Comité des loges de Lyon » va l’élire Grand Maître, puis
en 1763 il sera Garde des sceaux et grand Archiviste, à ce moment-là de son
parcours, son cheminement correspond à celui où la maçonnerie incorpore un
ensemble d’éléments épars, très divers, kabbale, alchimie, symbolisme,
légendes chevaleresques, hermétisme etc.., Willermoz va se passionner pour
ces degrés hermétiques, dont ceux du « Chevalier du Soleil ou
des adeptes », de « l’Aigle et du Pélican », de
« saint André » ou encore « maçon d’Héredon » et que l’on
regardait comme étant les grades suprêmes. C’est
vers 1764 que Willermoz semble s’orienter non pas vers l’obtention de titres
et de grades honorifiques, mais vers la recherche de ce qui lui apparaitra
comme étant l’essence véritable de la Maçonnerie, son objectif caché et
authentique. Ainsi se confirme le trait principal de sa démarche : La
quête du secret de la Vérité voilée aux yeux des profanes. Dans une lettre au
baron de Hund, il lui écrira « Depuis ma
première admission dans l’Ordre, j’ai toujours été persuadé qu’il renfermait
la connaissance d’un but possible et capable de satisfaire l’honnête homme.
D’après cette idée, j’ai travaillé sans relâche à le découvrir » Au sommaire de cet excellent livre sur la vie et l’œuvre de
Willermoz : Les vérités du christianisme : Le traité des deux natures – de l’union mystérieuse des deux natures en Jésus Christ – de l’union du Verbe à Jésus – de la vie temporelle de Jésus Christ – de la nature quaternaire de Jésus Christ La Divine Science : Doctrine de Moïse – La trinité et ses puissances créatrices – De l’émanation des êtres spirituels et des quatre classes qu’ils composent – Lumières sur L’Ordre : Lettres à Joseph de Maistre – Lettre à Charles de Hesse-Cassel – Lettre à Jean de Turckheim – Les Mystères de l’Initiation : Instruction secrètes des Chevaliers Profès (1778)- La Science de l’Homme avant la chute – L’Origine des initiations – Corruption de l’initiation primitive – L’élection et la conservation du culte divin – L’initiation du Temple de Jérusalem – Nature initiatique du Christianisme – Témérité des systèmes apocryphes – La fausse science – Doctrine du Régime écossais rectifié : Instruction secrète des Chevaliers Grands Profès – La haute destinée de l’homme, unique fondement de toute initiation – Le vari but des initiations – Les deux classes initiatiques – Supériorité de l’initiation du Temple de Jérusalem Instruction secrète des Chevaliers Grands Profès : Lumière et ténèbres au sein de l’univers – Création et émanation – L’homme et son origine – Mission de l’homme – Etat passif de l’homme corporel – Faute originelle de l’homme – Moyens de la Divinité en faveur de l’homme – Double nature d l’homme |
je ne sais qu’Épeler ! |
J.
corneloup |
EDITION
VITIANO |
1971 |
||
Une autre illustration du pouvoir
de transmission de l’action d’Épeler se trouve dans le catéchisme de
l’Apprenti. On questionne l’Apprenti ainsi : “Donnez-moi la
Parole ?” et en réponse celui-ci avance “je ne sais ni lire, ni écrire
je ne puis qu’épeler, dites-moi la première lettre, je vous dirai la
seconde”. Attardons-nous un instant sur le
début de cette phrase (“je ne sais ni lire, ni écrire”) et interrogeons-nous sur son
sens. S’agit-il d’un interdit que l’on aurait intimé au frère apprenti ?
ou son incapacité, faute de connaissance, d’aller plus loin dans l’énoncé de
la parole ? La référence à d’autres versions du catéchisme nous éclaire
sur ce point. Si l’on se réfère au catéchisme de l’apprenti repris dans l’ouvrage
d’Oswald, la réponse apportée par l’apprenti est légèrement différente :
“Je ne sais ni lire, ni écrire, je ne puis qu’épeler…”. C’est par conséquent
le manque de connaissance qui empêche l’Apprenti de prononcer “ La
Parole». Face au constat de son ignorance, l’apprenti a besoin d’être guidé.
Il sollicite alors le Vénérable (“dites-moi la première lettre, je vous
dirai la seconde”) et c’est par le biais de l’action d’épeler que la
transmission va une nouvelle fois avoir lieu. Cet apprentissage aurait pu être
délivré d’un seul trait (sans être épelé), mais la connaissance transmise
aurait alors perdu de sa force. Par l’action d’épeler l’enseignement devient
progressif, à la mesure de l’apprenti qui avance par étape. Le Mot est de
plus autant suggéré que donné. Ce procédé permet au récipiendaire non
seulement de mieux l’intégrer, mais au-delà, d’appréhender la méthode de
transmission en loge. La Méthode d’enseignement de la Franc-Maçonnerie
sollicite les efforts intellectuels de chacun, tout en évitant d’inculquer
des dogmes. – On met le néophyte sur la voie de la vérité, en lui donnant
symboliquement la première lettre du mot sacré ; il doit trouver
lui-même la seconde, puis on lui indique la troisième, afin qu’il devine la
quatrième ” Rappelons de plus que le Frère
lors de l’épellation est placé entre les colonnes. Or dans de nombreuses
traditions hermétiques, “les colonnes étaient associées à la conservation et
à la transmission de la connaissance». Ce qui accrédite encore la thèse selon
laquelle Épeler permet de révéler et d’inculquer une connaissance supérieure.
Y sont développés : |
jÉsus dans la tradition maçonnique |
J.
rousse – lacordaire |
Desclée de Browers |
2003 |
Rituels
et symbolismes du Christ dans la Franc-maçonnerie française, telle est le
sujet de ce livre, l’auteur s’attache à donner des références
bibliographiques propres à la Franc-maçonnerie. Le rite français le R.E.R.,
le R.E.A.A., l’Écosse, les anciens devoirs, Hiram, Zorobabel, le Christ
temple, les templiers, les Rose-Croix, Johann Valentin Andreae , le
compagnonnage, des commentaires et des écrits pour expliquer que la
Franc-maçonnerie ne fut pas antichrétienne et qu’aujourd’hui encore certaines
obédiences théistes incorporent la figure de Jésus. Ce
titre a de quoi surprendre ceux qui ne voient dans la franc-maçonnerie qu'un
adversaire du christianisme ou qu'une philosophie purement humaniste.
Pourtant, la franc-maçonnerie étant née et s'étant développée en milieu
chrétien, la figure de Jésus est présente dans la tradition maçonnique, même
si c'est de manière très diverse et sous des formes parfois éloignées de
celles que reconnaissent les Eglises. Plus encore, le visage de Jésus
apparaît, dans des lieux cruciaux de la ritualité maçonnique : la légende
d'Hiram, la symbolique du Temple et, enfin, le grade de Rose-Croix. Pourquoi
privilégier une approche par les rites et les symboles ? Plus stables que les
exposés doctrinaux, les rites recueillent durablement les significations des
pratiques qui sont au cœur de la franc-maçonnerie. Cet
ouvrage entend donc avant tout s'inscrire dans le cadre d'une histoire des
idées, mais sous l'angle particulier de l'imaginaire maçonnique. Il indique
les sources et les cheminements historiques des rites et symboles du Christ
dans la franc-maçonnerie française, et présente les regards que les maçons
eux-mêmes ont pu porter sur cette dimension de leur patrimoine du XVIIIe
siècle à nos jours. Les sources de cette histoire des métamorphoses
maçonniques de la figure de Jésus étant dispersées, l'auteur s'est attaché à
donner de nombreuses citations des documents maçonniques, des références
bibliographiques commentées et un glossaire qui précise le sens du
vocabulaire propre à la maçonnerie Il
y a certainement des liens entre la Franc-Maçonnerie et le Catholicisme.
Jésus et Hiram sont des éléments clés d’une connaissance impliquant la
croyance en Dieu. Jésus pour les Chrétiens est le fils de Dieu et le premier
point de notre règle maçonnique, qui en comprend douze, est la foi en Dieu,
Grand Architecte de l’Univers. Hiram et le Christ, bien que très différents,
sont tous les deux des initiés. L’initiation est l’admission à une vie
supérieure qui est considérée comme une seconde naissance, une régénération.
Etre initié, c’est mourir pour renaître. L’Homme lutte contre sa mort et tend
à la repousser, ce qui fait naître le mythe de la résurrection. Chaque
nouveau Maître fait l’expérience du retour à la vie à travers un nouvel
homme. C’est l’accès à l’aspect spirituel de la destinée humaine et la
nécessité d’être initié.
|
joseph de maistre Franc-maçon |
P.
Vulliaud |
Arché
– Milan |
1990 |
||
Autour du second s’articule pour reprendre
l’expression de Joseph de Maistre « le grand œuvre de la
Franc-Maçonnerie ». Il entend par là le devoir qui lie tous maçons
envers ses frères, et même l’humanité tout entière par ses actions de
bienfaisance, mais aussi de retrouver le chemin du vrai chrétien lui
permettant de retrouver son état initial dégagé de toutes querelles
politico-chrétiennes, qui au cours de l’histoire eut réussi à briser l’unité.
Enfin, pour le 3ème grade, c’est la continuité de cette voie
maçonnique dont le devoir est de mettre l’accent sur cette recherche
théologique avec pour les uns la Bible comme outil qui reste
incontestablement la voie des seuls initiés et des mystères des saintes
écritures. Pour d’autres, une étude approfondie s’ordonnant à une
connaissance accrue de la nature des choses, permettant une affirmation d’une
certaine doctrine. Enfin,
pour une troisième catégorie de frères et Joseph de Maistre espère qu’ils
soient les plus nombreux, ils nous révèlent ce qu’ils savent de cet esprit
suprême qui crée et émane toutes choses en tous lieux et en tout temps.
Vulliaud analyse à travers les propositions de cet homme l’échec de celui-ci
qui voulait croire que la maçonnerie puisse être en quelque sorte la voie du
catholicisme lui permettant son évolution. Cependant celle-ci prenait une
toute autre direction vraisemblablement en raison de l’instabilité politique
de l’époque et de sa propre histoire à la veille de son grand chamboulement,
voire d’une orientation laïque déjà décidée. Il est difficile de donner une
réponse, mais Joseph de Maistre juge avec amertume ce convent en ces termes
« toute assemblée d’hommes dont le saint esprit ne se mêle pas ne fait
rien de bon ». Ce dernier ne rejette pas pour autant ses pairs, ni ses
convictions puisqu’il défend celles-ci lors des attaques
antimaçonniques de l’abbé Barruel qui accuse d’hérésie toutes les sociétés
secrètes ayant été selon lui les artisans de la révolution. Cependant, au fil
du temps et des bouleversements historiques de cette période, il met peu à
peu de la distance, et évite de s’impliquer autant dans son engagement
concernant le courant de l’illuminisme et celui du scepticisme de l’époque.
Ainsi, le comte des soirées de Saint Pétersbourg est toujours convaincu du
mystère des Saintes Ecritures contenues dans la bible, mais préfère
finalement rester fidèle à l’église romaine qu’il juge plus rassurante
puisqu’existant depuis plus de 1800 ans, plutôt que de suivre Saint Martin et
ses disciples sur le chemin moins conformiste du Martinésisme suivant
fidèlement les préceptes de leurs maître. À
propos de ce mouvement, il tourne quelque peu en dérision la composition du
Traité et les termes qui y sont énoncés. Cependant, il reconnaît que la base
n’est pas sans intérêt ayant une certaine authenticité, mais qu’elle a été
détournée par des propos faussés car cet écrit sert la cause d’hommes
refusant toute reconnaissance hiérarchique de l’église romaine. Pour lui
finalement le seul intérêt de « cette secte » est
à la rigueur l’évangélisation des pays privés d’églises permettant de
convertir leurs populations à la chrétienté et les soumettre à ce qui s’y
rattache. Ainsi, cet article met en évidence un homme à la fois théosophe
voire, un martiniste sincère, et un catholique avisé. C‘est pourquoi, il
n’est pas logique d’aborder Joseph de Maistre sans prendre en compte toutes
les composantes de sa personnalité puisque la vision de celui-ci serait
faussée altérant de cette manière sa pensée. Pour en terminer avec cette
étude, en 1816 Joseph de Maistre lui-même se définit à travers ses propos
comme un fidèle de l’église, mais reconnaît que sa fréquentation des
martinistes lui a permis à travers l’étude du Traité et des rencontres
effectuées de s’ouvrir sur d’autres horizons. |
JUDAÏSME ET FRANC MAÇONNERIE- HISTOIRE D’UNE
FRATERNITÉ |
Luc
NEFONTAINE et Jean-Philippe SCHREIBER |
Edition Albin MICHEL |
2000 |
Par
sa volonté d’être le « centre de l’union » entre les hommes, mais aussi
par sa symbolique fondée sur le modèle du Temple de Jérusalem ou par les
hébraïsmes qui foisonnent dans ses rituels, la franc-maçonnerie ne pouvait
qu’entrer en sympathie naturelle avec le monde du judaïsme et ses symboles
hébraïques. Pourtant,
les premiers francs-maçons protestants ou catholiques, n’ont pas accepté
immédiatement d’initier des frères juifs dans leurs loges, et les trois
siècles d’histoire de la maçonnerie ne sont pas vierges de tout préjugé
antisémite, surtout en Allemagne. Luc
Nefontaine et J.P. Schreiber, enseignants libres de l’université de
Bruxelles, spécialistes respectivement de la Franc-maçonnerie et du judaïsme,
retracent ici le parcours complexe qui conduisit juifs et francs-maçons de la
défiance au dialogue, en passant par le difficile exercice de la tolérance et
de la fraternité. Ils
étudient aussi l’émergence d’un certain discours de haine qui, à partir de la
fin du 19e siècle, s’en est pris au prétendu « complot
judéo-maçonnique ». A travers cette fresque passionnante, la
franc-maçonnerie se révèle une extraordinaire école de fraternité, qui aura
été pour les juifs, le creuset social et philosophique où se préparait leur
émancipation. Au sommaire de cet excellent livre : Le
difficile apprentissage de la tolérance - Dialogue et tolérance à
l’heure du thé - Pays-Bas, terre de tolérance -
France, la voie royale de l’émancipation - Le pays des
lumières - Intolérance et exclusion en Allemagne -
Des loges juives asiatiques - Lessing et Mendelssohn
- Les
lents et longs chemins de l’intégration - Tolérance, régénération
et émancipation - De la Révolution française à la chute de
Napoléon - L’aurore naissante de Francfort -
Sur les traces des armées de Napoléon - L’apogée du libéralisme
allemand - Quand Berlin fait de la résistance - Le
poids de l’antisémitisme en Europe - Les juifs intégrés en Europe
occidentale - Judaïsme et modernité - Les juifs
séfarades dans les loges - Campagne en faveur de l’admission des
juifs en loge - L’affirmation
d’une présence sociale et politique - Appartenance maçonnique et
leadership communautaire - Crémieux, prototype du maçon
juif - L’Alliance israélite universelle - L’affaire
Dreyfus et ses avatars - En Angleterre, des maçons engages
- Vers
une religion de l’humanité - La maçonnerie et le
judaïsme moderne - Face aux dogmes catholiques - La
maçonnerie vue par le judaïsme traditionnel - Pratiques
maçonniques et pratiques religieuses - Le
mythe du complot judéo-maçonnique - La thèse -
Descente aux enfers - La corruption de la société
chrétienne - Les protocoles des Sages de Sion - Aspects contemporains d’une histoire partagée - La maçonnerie palestinienne en Israël - Le B’nai B’rith - Des rites réserves pour les juifs ? - Les hébraïsmes dans la franc-maçonnerie - Un ésotérisme juif et maçonnique : la kabbale - Judéité et maçonnéité - Des points de vue communs ou essai de concordisme - |
1 K
KIPLING RUYDIARD |
DIVERS
AUTEURS |
ARCADIA |
2004 |
||
Testament maçonnique de Kipling : Je
ne suis qu’un homme parmi les hommes, Mais j’ai répondu sous le bandeau et
j’ai gravi les trois marches. J’ai vu l’étoile flamboyante, j’ai fait le
signe. Je suis un maillon de la Chaîne ! La Chaîne est longue. Elle remonte
jusqu’au siècle d’Hiram, et peut-être plus loin encore. On trouve notre signe
sur les pierres dans les déserts de sable sous le ciel pur de l’Orient, dans
ces plaines où s’élevaient les temples colossaux, poèmes purs de la puissance
et de la gloire. On
trouve notre signe sur les papyrus que l’âge a teinté d’ocre, sur les
feuilles où le calame a tracé les phrases les plus belles qu’un être ait pu
lire. On trouve notre signe sur les hautes cathédrales aux sommets sublimes
aérés par les vents des siècles On trouve notre signe jusque sur les
conquêtes de l’esprit qui font l’humanité meilleure, sur la partition de
Mozart, sur la page de Goethe, le livre de Condorcet, les notes d’Arago. Et
pourtant, je ne suis qu’un homme parmi les hommes, un homme sans orgueil,
heureux de servir à sa place, à son rang, je ne suis qu’un maillon de la
Chaîne, mais je me relie à l’Univers dans l’espace et dans le temps. Je ne
vis qu’un instant, mais je rejoins l’Eternel. Ma foi ne saurait faire couler
le sang, je ne hais point, je ne sais point haïr. Je pardonne au méchant
parce qu’il est aveugle, parce qu’il porte encore le bandeau, mais je veux
l’empêcher de mal faire, de détruire et de salir. A ma place, debout et à
l’ordre, j’ai travaillé de mon mieux. Dans toutes les heures de la vie, mon
cœur est demeuré fidèle. Je me suis dépouillé des métaux, j’ai combattu
jusqu’à la limite de mes forces le fanatisme et la misère, la sottise et le
mensonge. Je
ne crains rien, pas même ce sommeil que l’on appelle la mort. J’espère supporter
la souffrance avec l’aide des miens, je saurai subir ce qui doit être subit
parce que c’est la loi commune. J’aurais dégrossi la pierre, accompli ma
tâche en bon ouvrier par l’équerre et le compas Quand je partirai, formez la
Chaîne. Rien ne sera perdu de ce qui fut donné. Je resterai toujours parmi
vous car je vous laisserai le meilleur de moi-même, oh fils de la Lumière |
KIPLING - OEUVRES
- BIBLIOTHḔQUE
DE LA PLḖIADE - 3 VOLUMES |
Sous la direction de Pierre
Coustillas |
Edition
Gallimard –La Pléiade |
1996 |
3
livres – 1521 pages – pour raconter l’oeuvre de cet immense érudit,
philosophe et écrivain - Kipling
reste un conteur merveilleux, qui met en scène les mondes les plus divers :
la société anglo-indienne de Simla, ses clubs fermés et ses intrigues ;
l'armée anglaise et ses hommes de troupe à la prose truculente ; enfin le
monde des indigènes. Il y a chez Kipling une soif de réalisme et l'attirance
pour les phénomènes étranges et surnaturels ; et aussi un mélange étonnant de
brutalité et de tendresse. Il se plaît à décrire les actes les plus violents
et les histoires d'amour les plus touchantes. Il lève le voile sur «une
grande partie de la véritable vie de l'Inde». Un univers d'action qui
n'exclut pas la compassion pour les humbles et les déshérités. L'univers
de Kipling est riche d'allusions historiques, géographiques. Sa langue est
difficile, volontiers elliptique, argotique, émaillée de vocables indigènes.
Une introduction à l'homme et à l'œuvre, une chronologie, des notices à
chacun des textes, un répertoire du vocabulaire et des noms de lieux, des
cartes de l'Inde permettent d'appréhender cette œuvre fascinante qui n'a que
l'apparence de la simplicité. 30 décembre 1865 : Naissance à Bombay de
Rudyard Kipling – Rudyard est le nom d’un lac du Staffordshire au bord duquel
ses parents se sont connus. Son père enseigne à l’École des beaux-arts de
Bombay et sa mère est proche des milieux artistiques et intellectuels de son
époque. Sa sœur, tante de Rudyard, est l’épouse du peintre Edward
Burne-Jones. 1871 : Le jeune garçon est envoyé en
Angleterre pour son éducation, pratique courante à l’époque chez les familles
habitant l’Inde. Il passera onze années dans la métropole. 1877 : Entrée à l’United Services
College de Westward Ho ! dans le Devonshire. Il évoquera ses années de
collège dans Stalky and co (Stalky et Cie), publié en 1899. 1881 : Kipling devient rédacteur en chef
du journal de son collège ; il en écrit la plupart des articles. Ses
parents réunissent certains de ses poèmes en une plaquette hors commerce
distribuée avec le Civil and Military Gazette, le grand quotidien du
Pendjab – initiative peu appréciée par le jeune homme. 1882 : Le 18 octobre, Kipling est de
retour à Bombay. Son père a obtenu pour lui un poste de sous-directeur à la Civil
and Military Gazette, qu’il occupera jusqu’en août 1887, publiant
articles et contes. 1885 : Publication de Quartette,
recueil de textes écrits par les quatre membres de la famille Kipling. 1886 : Kipling publie son premier
ouvrage en propre, les Departmental Ditties (Chants des divers
services), recueil de vers de circonstance. Parution des premiers des Plain
Tales from the Hills (Simples contes des collines) dans la Gazette.
Leur publication durera jusqu’au 10 juin 1887. Il intègre une loge
maçonnique. 1887 : Kipling est nommé rédacteur en
chef adjoint du Pioneer d’Allahabad. Il travaille également pour The
Week’s News, édition hebdomadaire du journal diffusée en Angleterre. Son
activité de journaliste et de reporter lui permet d’accumuler, en six ans, de
vastes connaissances sur la civilisation indienne et sur la vie dans les
colonies. 1888 : Publication en volume des Simples
contes des collines, suivis la même année de six recueils de nouvelles
initialement parues dans The Week’s News. 1889 : Quittant l’Inde, Kipling visite
la Birmanie, la Malaisie, Hong Kong, le Japon, les États-Unis, l’Angleterre.
Il s’installe à Londres jusqu’en 1891. 1890 : C’est l’année du lancement de
Kipling, dont les publications sont très nombreuses dans la presse anglaise.
Une année lui suffit pour devenir célèbre tant en Angleterre qu’aux
États-Unis. Il rencontre des personnalités du monde littéraire, dont Charles
Wolcott Balestier, qui deviendra son agent américain et son meilleur ami, et
avec lequel il écrira en 1891 un roman, The Naulahka. Voyages en
France, en Italie. 1891 : Publication de son premier roman,
The Light that failed (La Lumière qui s’éteint). Long voyage en
Afrique du Sud, en Australie, à Ceylan et en Inde, où il ne reviendra plus.
En décembre, il est de retour en Angleterre. Balestier meurt de la fièvre
typhoïde. 1892 : Kipling épouse Caroline Starr
Balestier, sœur de son ami. Henry James, également ami des Balestier, est
témoin du mariage. Le couple s’installe à Brattleboro, dans le Vermont,
auprès de la famille de Caroline. Le 29 décembre, naissance d’une fille,
Joséphine. 1894 : Voyage dans l’archipel des
Bermudes, puis visite aux parents de Kipling, en Angleterre. The Jungle
Book (Le Livre de la jungle), suivi en 1895 du Second Jungle
Book. 1896 : Naissance d’une fille, Elsie. Les
Kipling quittent précipitamment les États-Unis, après une querelle avec le
frère de Caroline. L’auteur souffre également du très fort sentiment
anti-britannique des habitants de Brattleboro. Installation définitive en
Angleterre, dans le Surrey. 1897 : Parution de Captains
Courageous (Capitaines courageux). Naissance d’un troisième
enfant, John. 1898 : En début d’année, Kipling se rend
en Afrique du Sud, où il ira passer de nombreux hivers jusqu’en 1908. À
l’occasion du jubilé de la Reine Victoria, l’auteur publie
« Recessional », poème considéré comme une célébration de
l’impérialisme britannique. En décembre, la famille effectue un voyage aux
États-Unis. 1899 : Sa fille Joséphine meurt d’une
pneumonie, contractée pendant leur voyage aux États-Unis. Kipling publie
« The White Man’s Burden » (Le Fardeau de l’homme blanc),
nouveau poème célébrant l’impérialisme. En Afrique du Sud éclate la guerre
des Boers. Partisan farouche de la cause britannique, l’auteur passe huit
mois en Afrique du Sud, où il fondera The Friend, journal de soutien
aux Britanniques. 1901 : Parution de Kim,
accompagné d’illustrations réalisées par son père. 1902 : Publication des Just so
Stories (Histoires comme ça), illustrées par l’auteur. S’installe
à Burwash, dans le Sussex. 1907 : À quarante ans, Kipling reçoit le
prix Nobel. 1909 : Délaissant l’Afrique du Sud,
l’auteur ira désormais passer ses hivers en France. Les deux années qui
suivent sont marquées par des deuils particulièrement douloureux : son
père et sa mère décèdent à quelques mois d’intervalle. 1914 : Après la déclaration de guerre,
Kipling apporte son soutien à la Croix-Rouge. Il se rend l’année suivante sur
le front français. Son fils John meurt au combat. 1919 : Kipling est nommé membre de la
commission des sépultures militaires. 1921 : Jouissant d’une très grande
popularité en France, l’auteur est fait docteur honoris causa des
universités de Paris et de Strasbourg. 1922 : Rencontre le roi George V, dont
il devient l’ami. 1932 : Dernier recueil de nouvelles, Limits
and Renewals (Limites et renouvellements). 18
janvier 1936 : Mort à Londres des suites d’une hémorragie.
1e Livre : Introduction et
chronologie - Simples contes de montagne
- Trois hommes de troupe - l’histoire des
Gadsby - Wee Willie Winkie et autres récits -
La lumière qui s’éteint - Les handicaps de la
vie - répertoire des noms - vocabulaire indien et
anglo-indien - 2e Livre : Tours et détours - Le
livre de la jungle - Le second livre de la jungle
- Capitaine courageux - La tâche
quotidienne - Stalky et Cie - 3e Livre : Kim - Périples et
découvertes - Actions et réactions
- Adieu les fées - |
KIPLING
- dans l’intÉrêt des frÈres – nouvelle maçonnique |
Rudyard kipling |
DERVY |
2000 |
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Cet
homme est reconnu pour son talent comme un précurseur sur sa façon d’écrire
des nouvelles. De la fin du XIX au milieu du XX il reste en Angleterre un des
auteurs les plus populaires de cette époque. D’autant plus que, certains
critiques lui reprochent parfois de faire l’apologie de l’impérialisme
Anglais. Tout au contraire, d’autres lui reconnaissent d’être un fin analyste
sur la façon dont l’empire était vécu même si parfois il suscitait une
controverse. Il voit le jour à Bombay le 30 décembre 1865 et meurt le 18
janvier 1936 à Londres à l’âge de 71 ans. Toute sa vie sera marquée par les
premières années de son existence et de son amour pour le territoire Indien.
D’ailleurs, il écrira de nombreux ouvrages, romans, poèmes ou nouvelles
influencés par ces pays asiatiques qui resteront jusqu’à la fin de sa vie au
plus profond de fond de son cœur. Un certain nombre de ses romans sont portés
à l’écran (le livre de la jungle, Kim, capitaine courageux etc.). On
note que ces histoires ont souvent un double sens, celui du continent Indien
bien évidement mais aussi, celui rappelant un certain vécu initiatique.
D’ailleurs, c’est sans doute dans "Kim" paru en 1901 et reconnu
universellement comme un chef d’œuvre puisque ce travail fut récompensé en
1907 par le prix Nobel de Littérature et dans lequel il nous raconte
l’histoire d’un jeune garçon Indien rentrant en apprentissage chez un maitre
Lama. Ce roman nous permet d’établir un témoignage et un parallèle avec un
cheminement initiatique. Mais voyons sommairement la biographie de R.
Kipling. Il est donc né en Inde dans une grande maison coloniale au XIX siècle
dans une famille plutôt pauvre d’origine protestante de la branche méthodiste
.Son père fils et petit-fils de pasteur mourra en 1911 et fut professeur des
beaux-arts, enseignant la peinture et la sculpture. Sa mère qui mourra en
1900 est issue de la famille Macdonald puisqu’elle est la sœur du célèbre
ministre Canadien et la fille d’un pasteur méthodiste. Le couple part
rapidement à Bombay pour honorer un poste de professorat et ils donneront
naissance en Inde à une fratrie de 3 enfants dont Joseph Rudyard Kipling.
Celui-ci se mariera le 18 janvier 1892 aux U.SA avec Caroline Balestier. Ils
auront 2 filles et 1 garçon. Mais R. Kipling perdra rapidement 2 de ses
enfants. Sa fille ainée mourra en 1899 à 5 ans. Son fils né en 1897, sera le
dernier des Kipling emportant dans la mort son nom. Il
est lieutenant dans l’armée Irlandaise et meurt en 1915 en Belgique à 18 ans
durant la bataille de Loos en Gohelle. A titre posthume, son père écrira en
1918 l’histoire des gardes Irlandais corps d’élite dans lequel son fils
s’était engagé. Mais revenons à l’enfance de cet écrivain Anglais. De 6 à 16
ans le jeune Kipling et sa sœur ainée partent envoyés par leurs parents en
Angleterre pour parfaire leur éducation Britannique. En premier lieu placé à
6 ans avec sa sœur dans la famille Holoway. Le garçonnet est maltraité et
humilié quotidiennement. Mais durant les vacances les enfants vont chez un
oncle et une tante qui leur apportent beaucoup d’affection. R. Kipling
intègre en Janvier 1878 à 13 ans un collège anglais à Westward Ho dans le
Devon. C’est un établissement qui prépare les adolescents à une future
carrière militaire anglaise. Bien que les débuts soient difficiles, R.
Kipling finit par se faire de nombreuses amitiés et se fait remarquer pour
son don en écriture. Par
ailleurs, ces années furent ses premières sources d’inspirations pour
raconter dans un recueil les aventures d’adolescents connus sous le titre de
"Stalky et Cie". À l’âge de 17 ans, ses parents trop pauvres ne
peuvent pas lui payer des études supérieures et il n’obtient aucune bourse
lui permettant d’entrer à l’université d’Oxford. Il finit par les arrêter et
rejoint ses parents à Lahore en Inde (Actuel Pakistan, Nord-Ouest de l’Inde)
où son père vient d’être nommé Directeur du conservatoire des œuvres
architecturales et enseigne la peinture et la sculpture. En 1883, à 18 ans R.
Kipling grâce à des relations familiales obtient un poste de journaliste dans
"the civil and military Gazette". Il y travaillera durant 7 années.
Mais ce n’est qu’entre 1888 et 1889 que R. Kipling se fit connaitre en
publiant des récits sur la vie des Anglais en Inde. Ce travail révèle sa
profonde identification et admiration pour ce peuple. Après cette période il
fit de longs voyages en Asie, au Canada et aux Etats unis. À
partir de 1889 il quitte définitivement l’Inde pour les USA, vit quelques
temps dans le Vermont où il travaille en tant qu’écrivain. Il épouse sa femme
en 1892 et en1897, il part définitivement revivre en Angleterre avec son
épouse et ses enfants où il achète un vieux manoir du XVIIème dans le Sussex.
Toutefois c’est le 1er Avril 1886 que commence son cheminement
Maçonnique. Il a 20 ans et trois mois et obtient une dispense puisqu’il est
encore mineur. Il rentre dans la loge de son père "Hope and
Perseverance" N° 782 à l’Orient de Lahore. Le 3 mai 1886, il passe au
second grade. Et le 6 décembre 1886, il est élevé à la maîtrise dans cette
même loge. Il devient en janvier 1887, l’un des officiers puisqu’il tient le
plateau de secrétaire de sa loge. Cette même année, il est affilié à la Loge
Fidelity N° 98 à l’Orient de Lahore. |
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