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Chapitre 6  L   (  Judaïsme - Kabbale  )

   

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l’abcdaire du judaïsme

G. sed – rajna

Edition FLAMMARION

 2000

Importante iconographie sur l’histoire du peuple hébreu, Jérusalem, l’exil, le monothéisme d’Israël, les divers livres et textes sacrés, l’héritage intellectuel, et les aspirations du peuple Juif.

Les grands noms qui ont fait Israël sont répertoriés en trois catégories : 1/ Les fondements de la doctrine – 2/ Les rituels et les coutumes -  3/ Le contexte historique et artistique.

 

Au sommaire de ce livre :

 

Une histoire de 4000 ans  -  Les hébreux peuple élu  -  Une ville sainte : Jérusalem  -  Dispersion et retour du peuple hébreu  -  Le nouvel état d’Israël  -

La révélation du Dieu Un  -  La Thora  -  le monothéisme d’Israël  -  les principaux protagonistes qui ont fait l’histoire d’Israël  -  Des rites et coutumes immuables  -

Entre tradition et modernité  -  L’héritage intellectuel  -  Un art riche en création conceptuelles  -   Présence et aspirations du judaïsme et du peuple juif aujourd’hui  -

 

la bible

Traduction de chouraqui

Edition DESCLEE DE BROUWER

 1998

La traduction de la Bible par CHOURAQUI est un bonheur car en plus d’avoir traduit au plus près, on y trouve presque à chaque page des notes et des explications.

 

la bible

Traduite par les membres du Rabbinat Français

Edition COLBO

 1994

L’avantage de cette traduction est sa traduction par des hébraïsants et des Juifs.

 

Cela remet des traductions dans le bon sens.

 

la bible – ancien testament

Collection la pléiade

Edition GALLIMARD

 1959

Deux volumes pour l’Ancien Testament. De l’avis général, une des meilleures traductions de ce texte sacré.

 

la bible dÉvoilÉe

Israël FINKELSTEIN & N.A. SILBERMAN

Edition Bayard

 2002

La plus tonique et la plus audacieuse des synthèses sur la Bible et l’archéologie depuis 50 ans. Quand et pourquoi la Bible a-t-elle été écrite ? Que savons-nous des premiers patriarches ? Quand le monothéisme est-il apparu ? Comment le peuple d’Israël est-il entré en possession de la terre promise ? Jérusalem a-t-elle été toujours le centre de l’ancien Israël ?

 

Pour la première fois, il est possible de répondre à ces questions avec un haut degré de certitude, car les auteurs, Israël Finkelstein et Silberman, puisent leurs arguments dans les découvertes archéologiques les plus récentes, entreprises en Israël, en Jordanie, en Irak, en Egypte, au Liban et en Syrie.

 

Plus rien ne sera maintenant comme avant ; mais loin de sortir désenchanté de cette cure de jeunesse effectuée par le Livre des Livres, on en a que plus de sympathie pour ces nomades et ces agriculteurs d’il y a 3000 ans, et qui ont su fabriquer, en des temps de détresse ou de gloire, un récit dont la fécondité n’a pas cesse de porter des fruits.

 

Au sommaire de ce livre de 430 pages :

 

Première partie : l’historicité de la Bible : En quête des Patriarches  -  L’Exode a-t-il eu lieu ?  -  La conquête de Canaan  -  Qui étaient les israélites ?  -  Souvenirs d’un âge d’or  -

Deuxième partie : L’émergence et la chute de l’ancien Israël : Un seul état, une seule nation, un seul peuple  -  Israël, le premier royaume tombé dans l’oubli  -  A l’ombre de l’empire vers -842  -

Troisième partie : Juda et la création de l’histoire biblique : La transformation de Juda vers -930  -  Entre guerre et survie  -  La grande réforme  -  L’exil et le retour  -

Quatrième partie : L’avenir de l’Israël biblique : Théories relatives à l’historicité des patriarches  -  En quête du Sinaï  -  Autres théories de la conquête israélite  -  L’erreur de l’archéologie traditionnelle relative aux périodes davidique et salomonique  -  Identification du règne de Manassé dans les découvertes archéologiques  -  Quelles étaient les limites du royaume de Josias ?  -  Les frontières  de Yehoud  -

 

C’est toute l’écriture et la formation de la Bible qui est ici dévoilée.

 

la bible et l’Égypte

Patrick negrier

Edition Ivoire-Clair

 2002

L’auteur explique ici comment et pourquoi les rédacteurs de la Bible empruntèrent des matériaux à la symbolique Égyptienne pour codifier leur propre tradition.

 

Cependant ce livre n’est pas seulement un traité d’herméneutique appliquée des symboles communs des deux cultures égyptienne et biblique, c’est aussi un essai sur l’histoire de la culture qui atteste l’existence d’une authentique filiation historique entre les deux

 

C’est aussi un essai sur l’histoire de la culture qui atteste l’existence d’une authentique filiation historique entre les deux cultures égyptienne et biblique, filiation historique qui nous empêche de croire à l’identité spécifique du judéo-christianisme, lequel fut et demeure une reformulation simplifiée des noyaux philosophiques de la Tradition Primordiale codifiée par les anciens égyptiens, scribes et prêtres, dès la fin du IVème millénaire avant notre ère.


Enfin par les résultats spéculatifs de son herméneutique symbolique, ce livre apporte une contribution déterminante à la philosophie, et à la compréhension des textes maçonniques qui souvent se sont réapproprié les antiques connaissances de l’Egypte, pour cela l’auteur nous offre  ces textes antiques en essayant de les rendre compréhensibles.

Au sommaire de cet ouvrage :

 

Dissertation sur le symbolisme des lettres hébraïques  -  Les grands passeurs de l’histoire : Abraham, Joseph, Moïse  -   Les quatre vents du ciel  -   Le symbolisme traditionnel de la coupe  -  La symbolique du mastaba dans la Bible  -   De la Pyramide égyptienne à la croix de Jésus  -  Les pyramides des Maccabées  -  La symbolique du complexe funéraire des pyramides dans la Bible  -  Le symbolisme traditionnel de la porte  -  Les origines égyptiennes de la version matthéenne du Pater  -   Le Roi : corps ontologique et corps social  -  Le Ka comme notion globale du divin  - 

 

la bible – images, mythes & traditions

Le Centre de Recherche de l’imaginaire

CAHIERS DE L’HERMÉTISME

 1995

Fruit de journées d’études tenues dans le cadre du Centre de recherches sur l’imaginaire de Grenoble, en 1992, ce livre voudrait se faire l’écho d’une nouvelle approche du texte biblique. Après le triomphe de l’exégèse historico-critique, il était nécessaire d’enrichir le débat des perspectives issues du travail des mythologues et des philosophes.

 

La Bible n’est pas seulement un écrit ancien à dater selon les règles de la méthode historique : elle est bien davantage l’un des grands mythes fondateurs de l’Occident. Cette puissance mythique à l’œuvre chez les poètes et les artistes est encore vivante pour l’homme moderne en dehors de toute appartenance religieuse.

C’est cette parole vive que les auteurs de La Bible, images, mythes et traditions, en particulier Armand ABÉCASSIS, Gilbert DURAND, Antoine FAIVRE et Maurice de GANDILLAC, ont voulu capter, déchiffrer à travers l’histoire, la littérature et la peinture.

 

la bible traduite & commentÉe

André chouraqui

Edition Lattes

 1992

André Chouraqui a rendu le Livre des Livres à sa parole originelle ; en voici la traduction définitive accompagnée du commentaire intégral qui en révèle le sens et constitue autant une méthode de lecture qu’un monument de pensée ouvert à tous. Une somme révolutionnaire appelée à devenir un classique de notre histoire.

 

Durant la seconde moitié du XXe siècle, André Chouraqui fut sans doute l’un des plus influents intellectuels juifs français. Juriste de formation, écrivain, homme politique, il est surtout connu pour son activité divulgatrice, la plus connue d’entre elles étant sa traduction de la Bible, publiée à partir de 1974 et qualifiée de « parti pris révolutionnaire » selon Marc Leboucher son premier éditeur en France 

 

Chouraqui a poussé le littéralisme à l’extrême. Les traducteurs sont souvent soumis à un dilemme: faut-il être fidèle au texte original quitte à faire violence à la langue-cible (le français en l’occurrence)? Ou bien est-il préférable de manipuler le texte original pour obtenir un résultat qui n’enfreint pas les règles de la langue française? La force de la traduction de Chouraqui tient à ce qu’elle impose à la langue française des libertés inouïes sans que cela heurte véritablement le lecteur francophone. On pourrait dire que le poète qu’était André Chouraqui a pratiqué à longueur de texte une vaste licence poétique et une grande partie du public s’est laissée séduire par ce traitement de choc imposé à  la langue française dans le but avoué de la transformer en miroir fidèle de la lettre du texte hébreu.


10 livres pour traduire et commenter l’Ancien et le Nouveau Testament

:
Livre 1 EN TÊTE (La Genèse)
Livre 2
NOMS (l’Exode)
Livre 3
IL CRIE (Le Lévitique)
Livre 4
AU DÉSERT (Les Nombres)
Livre 5
PAROLES (Deutéronome)
Livre 6
LOUANGES (Les Psaumes)
Livre 7
MATYAH (Évangile selon Mathieu)
Livre 8
MARCOS (Évangile selon Marc)
Livre 9
LOUCAS (Évangile selon Luc)
Livre 10
IOHANAN (Évangile selon Jean)

 

LA GENḔSE – VOLUME DE LA CONNAISSANCE SACRḖE

Jean Claude Mondet

Ed. Numerilivre

 2017

Si, pour les croyants, la Bible et en particulier son premier livre, la Genèse, sont censés véhiculer la parole divine, de plus en plus d'entre eux admettent, comme le font les spiritualistes, qu'il s'agirait plutôt d'un recueil de traditions orales, exprimant la façon dont les anciens, peut-être « inspirés », avaient répondu à leurs questions existentielles : D'où venons-nous ? Où allons-nous ? Quel est le sens de la vie ? En ces temps reculés, le langage étant peu adapté à la réflexion abstraite, ils ont procédé par analogie, transposant à des exemples concrets les idées qu'ils voulaient faire passer, ainsi sont nés les symboles et les mythes. Dans le monde antique, l'auditeur, était invités à s'identifier aux héros présentés et de la sorte, à vivre en esprit les aventures que ceux-ci étaient réputés avoir vécues réellement et donc à recevoir le message transmis, relatif à sa propre destinée.

La Genèse fourmille d'épisodes célébrissimes, preuve s'il en était besoin qu'elle reste d'actualité. Qui ne connaît ceux concernant la Création de l'homme, la côte d'Adam, le fruit défendu, le déluge, la tour de Babel, Abraham et Isaac, Sodome et Gomorrhe, Loth et ses filles, Jacob et le plat de lentilles, sa lutte contre l'ange, Joseph et la femme de Putiphar, les vaches grasses et les vaches maigres, etc. etc. ? Derrière l'histoire racontée, ce sont chaque fois de nouvelles connaissances sur nous-mêmes que nous sommes appelés à découvrir. L'auteur présente ici le résultat de sa propre lecture, à la fois symbolique, allégorique et mythique de ce texte, il invite le lecteur à le suivre dans le voyage qu'il raconte, celui de l'humain dans sa quête spirituelle, et à s'en forger sa propre interprétation.

 

Interprétation Esotérique de La Genèse (1,21-22) : 21.- Étant donné que Kether et Hochmah sont UN, que Père et Fils sont UN (exprimé en termes christiques), nous comprenons, ainsi, qu'en ce 6 ème Jour, la Divinité Travaille simultanément à deux niveaux distincts. Nous avons vu le premier, voyons à présent le deuxième, c'est-à-dire celui de la création d'Adam. Fabre donne à ce mot la signification de genre humain ou, plus précisément celle de Règne Hominal. Moïse nous dit que Dieu a fait Adam homme et femme en même temps, c'est-à-dire hermaphrodite. Et il en fut ainsi tel que nous l'avons prouvé dans certains de nos textes, (Le Grand Livre de Cabale Magique, Une Vie Changée... etc.)  Et, c'est dans ce 6 ème  Jour que nous pourrons récupérer l'Unité perdue au début de notre parcours humain, épisode qui nous sera explicité par Moïse, dans le Deuxième Chapitre, lorsqu'il décrira les Travaux réels, effectifs, réalisés par la divinité. Car, dans ce Premier Chapitre il est en train de nous exposer ce que Dieu a fait en puissance, sur plans pourrions-nous dire, et qui était appelé à se déployer dans son Oeuvre.

 

L'Adam, auquel Moïse fait référence, est l'Adam du 6 ème  Jour, le Règne Hominal selon la manière de s'exprimer de Fabre. Il n'est pas l'homme primitif, le sauvage, mais celui qui, après une très longue évolution, est arrivé à constituer le Règne Humain. C’est l’Homme-Roi,  à qui Dieu a donné pouvoir sur tout ce qui est sur Terre ; sur la Terre Emotive et sur la Terre Mentale qui sera notre Terre lors du 6 ème   Jour, car c'est la plus inférieure des Terres de ce 6 ème  Jour (voir La Cosmogonie des Rose+Croix de Max Heindel). Oui, dans le Chapitre suivant, nous seront racontés les Travaux de ce 4 ème Jour dans lequel nous nous trouvons, et nous assisterons à la formation d'Adam avec de l'argile de la terre, selon les traducteurs conventionnels de la Bible.   Au 6 ème Jour l'Oeuvre s'achève, bien qu'en réalité le pouvoir de Kether n'aurait dû nous être transmis (disions-nous) que le 7 ème Jour. Tout s'accélère. Et cette accélération de l'histoire nous devons la comprendre comme un don fait par Hochmah, un don d'Amour. Dans le 6 ème  Jour le Corps Mental, dont la graine fut plantée lors du 3 ème  Jour, atteindra la phase 2°Hé et sera en état de régner sur tout ce qui a été créé, mais la fécondité créative ne sera atteinte que le 7 ème  Jour, de la même manière que le Corps du Désir n'aura atteint son pouvoir Créateur que le 6 ème Jour. Au 7 ème  Jour, tel que nous l'avons déjà signalé, nous assisterons à une sorte de répétition générale de ce que sera notre propre Création dans le prochain Grand Jour de Manifestation.

 

Nous serons, en effet, en état de créer, mais nous ne disposerons pas d'un espace qui nous appartienne véritablement. Nous effectuerons nos créations sur des structures super-organisées, et nous serons un peu comme ces enfants qui apprennent à dessiner sur des schémas déjà tracés, dans lesquels ils ne doivent qu'ajouter la couleur et quelques traits. Nous savons que nos cobayes dans ce 7 ème  Jour, seront les composants de la Vague de Vie aujourd'hui minérale et qui, alors, sera humaine, Ce seront eux qui nous fourniront les matériaux pour cette Grande Répétition.   Nous arrivons à la fin d'un sujet où rien n'a été encore dit. Tel que nous l'avons progressivement observé, les traduc­tions dont nous disposons de ce Premier Chapitre du Livre de la Genèse, ne traduisent pas la pensée de Moise, inspirée par Jéhovah. Fabre d'Olivet nous indique qu'il existe trois façons de lire le texte de Moïse, mais il s'intéresse rarement au sens symbolique et même lorsqu'il s'y intéresse, Fabre d'Olivet ne possède pas de manière suffisante, la connaissance cabalistico-astrologique pour pouvoir interpréter convenablement ce que Jéhovah a voulu nous dire au travers du médiateur Moïse.

 

Le schéma de la Création que Max Heindel présente dans sa Cosmogonie nous permet de suivre le fil des Travaux, de façon plus convaincante. Cependant, là aussi des écarts se font jour, concernant l'inéluctable raisonnement logique offert par l'étude de l'Arbre Cabalistique ; écarts que nous ne voulons pas mettre en évidence mais que le Lecteur remarquera sans aucun doute.  Disons, pour finir, que certains énoncés pourront se trouver en contradiction avec ce que nous avions consigné dans d'autres textes (ouvrages de Haziel et de Kabaleb). Certes, nous pourrions rectifier les points qui ne sont pas concordants, pour les faire coïncider avec nos observations passées (tout au moins avec les plus récentes), mais ce travail de rectification devrait être permanent. Et, d'autre part, si notre itinéraire nous a conduit à ces évidences de plus en plus claires et précises, un tel parcours devra donc également être utile à tous ceux qui nous suivent. La capacité de capter la Vérité augmente au fur et à mesure que nous la captons et ceci étant, nous sommes constam­ment obligés de mettre en question ce que, précédemment, nous considérions vrai et immuable. Dans un Univers vivant et lancé vers une toujours plus grande perfection, la Vérité immuable n'existe pas.

 

Au sommaire de cet ouvrage :

 

La Bible, livre de la Tradition  -  La Création  -  Premier jour  -  du 2e au 5e jour  -    6e jour, les habitants de la Terre   -   Création de l’homme   -  un jardin en Eden   -  Et vint la femme   -   la transgression   -   la conséquence    -   L’homme triple   -  la descendance d’Adam   -   Caïn et Abel   -  la postérité d’Adam   -   Le Déluge   -  les descendants de Noé   -   Le voyage d’Abram   -  D’Our-en-Chaldée et H’arân     -     De H’arân à Mitsraïm   -    De Mitsraïm à Canaân    -   Naissance et vie d’Abrâm   -  Naissance d’Abrahâm    -   Histoire de  Loth   -   Naissance d’Isaac    -  Rébecca   -  le mariage d’Isaac   -  Homme triple, amour triple   -  Esaü et Jacob   -    Une affaire de puits   -  Jacob à H’arân   -   la tromperie   -  voyage et arrivée de Jacob   -   Chez Labân    -   Retour de Jacob en Canaân   -  La fuite et l’arrivée  -   Histoire de Dina   -   le Nouvel Homme   -  Joseph en Egypte   -  Judas et Tamar    -   Succès de Joseph   -   les fils de Jacob en Egypte   -   Israël en Egypte   -  la fin de Jacob-Israël    -

 

LA  GENÈSE

Traduction  La Bible de Jérusalem

ÉDITION  FLAMMARION

 1987

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l’abîme, un vent de Dieu tournoyait sur les eaux…

 

La Genèse, premier livre de la Bible, n’est ni une véritable cosmogonie, ni une rigoureuse préhistoire. Elle raconte, les comptant comme les jours de la semaine, les gestes fondateurs du Créateur.

 

Voici l’Univers et l’homme, la chute universelle, la corruption croissante châtiée par les Déluge, la vie des grands Patriarches : Abraham, Jacob, Isaac, Joseph…. Elle raconte, sous une forme populaire, l’origine du genre humain et retrace l’histoire des ancêtres, pères du peuple élu.

 

Le livre de la Genèse est le premier dans le canon des Ecritures saintes que nous a  légué Israël. Premier aussi pour les chrétiens qui, l’insérant, selon les exigences de leur foi, dans un plus vaste ensemble, y ont lu le premier article de leur credo et l’ouverture d’un drame ou d’une histoire dont le Christ serait le milieu omniprésent, et le jugement dernier l’accomplissement.

 

Le livre des fondations, ou Genèse, préface le Pentateuque, ce fleuve à cinq branches que les juifs appellent la Loi ou le Torah. L’acte créateur se répercute tout au long du livre en des initiatives qui sont autant de ruptures et de commencements. Il n’est point de guide assuré qui prescrive, dans le cas de la Genèse, l’ordre d’une lecture, on peut tout simplement commencer une lecture à n’importe pages du livre, au hasard.

                                   

LA GENḔSE – L’ḖSOTḖRISME DU SEPHER BERESHIT

Docteur Chauvet – Schuré – Fabre d’olivet

 Arcadia

2008

« L’Eternel dit: « Que soit (yehi) la lumière (or) ».Et la lumière fut. L’Eternel vit que la lumière était bonne (tov) » …. L’Eternel dit: « Qu’il y ait des luminaires (meorot) dans le firmament du ciel pour faire distinction (lehabdil) entre le jour et la nuit et ils serviront de signes (othot) pour les périodes, les mois et les années » (Gn, 1, 3 et 1, 14).

 

Les premiers chapitres du livre de la Genèse, du Sépher Béréshit, sont à n’en pas douter les plus difficiles à traduire et à interpréter de toute la Thora. Et pourtant, à n’en pas douter non plus, leur intelligibilité commande celle de la suite du récit biblique. Bien des mots et des concepts, nombre d’idées y apparaissent par la force des choses textuellement pour la première fois, à titre générique. Ils n’ont pas de précédents qui permettraient d’en comprendre sur le champ le sens. Il faut donc s’avancer à la fois avec circonspection mais avec détermination. Ainsi en va-t-il des deux versets précités.

La Création peut- elle se concevoir sans lumière? Le récit biblique nous indique comment la lumière a été en somme le premier acte dans l’ordre de la Création. Premier non pas au sens chronologique (le Temps lui-même n’a pas été encore créé) mais au sens méthodologique. Par ce premier acte générique l’Eternel met pour ainsi dire la Création en lumière, en la faisant décidément sortir d’un état d’obscurité, d’opacité, d’inintelligibilité archaïque.

Car il faut s’entendre sur ce que signifie le mot hébreu OR. Il ne désigne pas uniquement la lumière optique, celle que perçoit l’œil humain, pour la bonne raison que l’Humain lui non plus n’a pas encore été créé. Ce que le mot OR signifie c’est que désormais La Création devient révélation. Bien sûr les intentions profondes du Créateur ne sont pas élucidables à leur source mais le sens de ses opérations créatrices (péôulot) le devient. La Création de la lumière s’apparente de la sorte à un lever de rideau qui permettra de découvrir la scène avant que la pièce ne commence. Il ne s’agit que d’une image mais précisément les tous débuts du livre de la Genèse autorisent cette pédagogie, à condition qu’elle ne se prenne pas pour une fin en soi.

 

Reprenons la question: à ce stade de la Création de quelle lumière est-il fait mention? Essentiellement d’une lumière de l’esprit. La mise en lumière des commencements de l’Univers permettra d’en suivre les étapes à venir. Les kabbalistes différencient en effet ce qu’ils nomment la lumière matérielle, le OR gachmi, et la lumière intellectuelle, le OR sikhli. Même si la première est quasiment insubstantielle, elle n’en comporte pas moins une dimension matérielle et une vitesse de propagation. La lumière intellectuelle est esprit et seulement esprit. Elle advient aussitôt que désirée. C’est ce qui rend particulièrement difficile la traduction de la formule « Yehi or – vayehi or ». Aucun espace, aucun instant, même infinitésimal ne sépare l’expression du désir émanant de l’Eternel et son aboutissement. Grammaticalement parlant, nous sommes en présence d’un temps bien particulier de la conjugaison non pas même « le présent » mais si l’on peut dire « l’immédiat ». Que faut-il justement en comprendre?

 

Le premier élément créé correspond intimement avec la dilection du Créateur. En lui et par lui ne se manifeste aucun autre élément réfractaire, retardant. La Parole divine est réalisée aussitôt qu’énoncée et par là même la Création fait Un avec le Créateur sans jamais se confondre avec Lui puisqu’elle est dotée d’un nom propre. Les autres dimensions et fonctions de la lumière apparaîtront essentiellement au quatrième jour – le mot « jour (yom) » étant à entendre comme « phase ».Ce sera d’abord la lumière optique, physique, réfractée (méorot) qui permet de discerner les objets en plein jour et d’en percevoir au moins la présence la nuit. Au demeurant cette lumière-là n’est pas qu’optique. Elle est également intellectuelle (sikhli) puisqu’elle permet l’acte du discernement et de la conceptualisation (havdala, othot)). Elle permet de se dégager de la confusion originelle que le récit biblique nomme tohou vavohou qui n’est pas à proprement parler un état chaotique mais un état où « tout est dans tout » sans que rien ne parvienne à y prendre forme et signification (tsoura). C’est par le moyen de cette lumière là que la morphogenèse de la Création pourra se poursuivre jusqu’à celle de l’Humain (Haadam), le sixième jour.

 

Pour comprendre combien s'est égaré l'Enseignement de Moïse et ce que ses successeurs en ont fait. On peut dire que sa Parole s'est perdue. Ses suivants l'ont transformée en quelque chose qui n'a rien à voir avec l'Original. Dans ce que nous lisons aujourd'hui dans la Torah, il ne reste que des bribes. A noter quelque chose dont nous avons déjà parlé, c'est que Moïse, Initié en Egypte, avait gardé la méthode de dissimulation du Sacré. Il y avait donc trois façons de lire ses mots et tout comme en Egypte, le "Vulgaire" ou le "Peuple" n'y avait pas accès. Il est question ici aussi de la véritable signification du nom EVE et du Serpent qui n'a rien à voir bien entendu avec le "péché originel"... et ce Serpent-là n'est pas Apophis.

 

Moïse épousa Séphora, la fille de Jéthro, et séjourna de longues années auprès du sage de Madian. Grâce aux traditions éthiopiennes et chaldéennes qu'il trouva dans son temple, il put compléter et contrôler ce qu'il avait appris dans les sanctuaires égyptiens, étendre son regard sur les plus anciens cycles de l'humanité, et le plonger par induction dans les horizons lointains de l'avenir. Ce fut chez Jéthro qu'il trouva deux livres de cosmogonie cités dans la Genèse : Les Guerres de Jéhovah et Les générations d'Adam. Il s'abîma dans cette étude.

 

Pour l'oeuvre qu'il méditait il fallait se ceindre les reins. Avant lui, Rama, Krishna, Hermès, Zoroastre, Fo-Hi avaient créé des religions pour les peuples ; Moïse voulut créer un peuple pour la religion éternelle. A ce projet si hardi, si nouveau, si colossal, il fallait une base puissante. C'est pour cela que Moïse écrivit son Sépher Béréshit, son Livre des Principes, synthèse concentrée de la science passée et cadre de la science future, clef des mystères, flambeau des initiés, point de ralliement de toute la nation.

 

Essayons de voir ce que fut la Genèse dans le cerveau de Moïse. Certes, là, elle irradiait une autre lumière, elle embrassait des ondes autrement vastes que le monde enfantin et la petite terre qui nous apparaissent dans la traduction grecque des Septante ou dans la traduction latine de saint Jérôme ! L'exégèse biblique de ce siècle a mis à la mode cette idée que la Genèse n'est pas l'oeuvre de Moïse, que même ce prophète pourrait bien n'avoir pas existé et n'être qu'un personnage purement légendaire, fabriqué quatre ou cinq siècles plus tard par le sacerdoce juif, pour se donner une origine divine. La critique moderne fonde cette opinion sur la circonstance que la Genèse se compose de fragments divers (élohistes et éhoviste) cousus ensemble, et que sa rédaction actuelle est postérieure d'au moins quatre cents ans à l'époque où Israël sortit d'Egypte. -Les faits établis par la critique moderne, quant à l'époque de la rédaction des textes que nous possédons, sont exacts ; les conclusions qu'elle en tire sont arbitraires et illogiques. De ce que l'Elohiste et le Jéhoviste ont écrit quatre cents ans après l'Exode il ne s'ensuit pas qu'ils aient été les inventeurs de la Genèse et qu'ils n'aient pas travaillé sur un document antérieur peut-être mal compris. De ce que le Pentateuque nous donne un récit légendaire de la vie de Moïse, il ne s'ensuit pas qu'il ne contienne rien de vrai. La mission du prophète s'explique replacée dans son milieu natal : le temple solaire de Memphis. Enfin, les profondeurs mêmes de la Genèse ne se dévoilent qu'à la lueur des flambeaux arrachés à l'initiation d'Isis et d'Osiris.

 

Une religion ne se constitue pas sans un initiateur. Les Juges, les Prophètes, toute l'histoire d'Israël prouvent Moïse ; Jésus même ne se conçoit pas sans lui. Or, la Genèse contient l'essence de la tradition mosaïque. Quelques transformations qu'elle ait subies, la vénérable momie doit contenir, sous la poussière des siècles et les bandelettes sacerdotales, l'idée mère, la pensée vivante, le testament du prophète d'Israël. Israël gravite autour de Moïse aussi sûrement, aussi fatalement que la terre tourne autour du soleil. -Mais, cela posé, autre chose est de savoir quelles furent les idées mères de la Genèse, ce que Moïse a voulu léguer à la postérité dans ce testament secret du Sépher Béréshit. Le problème ne peut être résolu qu'au point de vue ésotérique, et se pose ainsi : en sa qualité d'initié égyptien, l'intellectualité de Moïse devait être à la hauteur de la science égyptienne, qui admettait, comme la nôtre, l'immutabilité des lois de l'univers, le développement des mondes par évolution graduelle, et qui avait en outre, sur l'âme et la nature invisible, des notions étendues, précises, raisonnées. Si telle fut la science de Moïse - et comment le prêtre d'Osiris ne l'aurait-il pas eu ? - comment les concilier avec les idées enfantines de la Genèse sur la création du monde et sur l'origine de l'homme ? Cette histoire de la création, qui, prise à la lettre, fait sourire un écolier de nos jours, ne cacherait-elle pas un profond sens symbolique, et n'y aurait-il pas une clef pour l'ouvrir ? Ce sens, quel est-il ? Cette clef, où la trouver ?

 

Cette clef se trouve :

 

1°) dans la symbolique égyptienne ;

2°) dans celle de toutes les religions de l'ancien cycle ;

3°) dans la synthèse de la doctrine des initiés, telle qu'elle résulte de la comparaison de l'enseignement ésotérique depuis l'Inde védique jusqu'aux initiés chrétiens des premiers siècles.

 

 

Les prêtres de l'Egypte, nous disent les auteurs grecs, avaient trois manières d'exprimer leur pensée. "La première était claire et simple, la seconde symbolique et figurée, la troisième sacrée et hiéroglyphique. Le même mot prenait, à leur gré, le sens propre, figuré ou transcendant. Tel était le génie de leur langue. Héraclite a parfaitement exprimé cette différence en la désignant par les épithètes de parlant, de signifiant et de cachant (Fabre d'Olivet, Vers dorés de Pythagore.)."Dans les sciences théogoniques et cosmogoniques, les prêtres égyptiens employèrent toujours la troisième manière d'écrire. Leurs hiéroglyphes avaient alors trois sens correspondants et distincts. Les deux derniers ne se pouvaient comprendre sans clef. Cette manière d'écrire énigmatique et concentrée tenait elle-même à un dogme fondamental de la doctrine d'Hermès, selon lequel une même loi régit le monde naturel, le monde humain et le monde divin. Cette langue, d'une concision prodigieuse, inintelligible au vulgaire, avait une singulière éloquence pour l'adepte ; car, au moyen d'un seul signe, elle évoquait les principes, les causes et les effets dans la conscience humaine et dans le monde des purs esprits. Grâce à cette écriture, l'adepte embrassait les trois mondes d'un seul coup d'oeil.

 

Nul doute étant donnée l'éducation de Moïse, qu'il écrivit la Genèse en hiéroglyphes égyptiens à trois sens. Il en confia les clefs et l'explication orale à ses successeurs. Lorsque, au temps de Salomon, on traduisit la Genèse en caractères phéniciens ; lorsque, après la captivité de Babylone, Esdras la rédigea en caractères araméens chaldaïques, le sacerdoce juif ne maniait déjà plus ces clefs que très imparfaitement. Quand vinrent finalement les traducteurs grecs de la Bible, ceux-ci n'avaient plus qu'une faible idée du sens ésotérique des textes. Saint Jérôme, malgré ses sérieuses intentions et son grand esprit, lorsqu'il fit la traduction latine d'après le texte hébreu, ne put pénétrer jusqu'au sens primitif ; et, l'eût-il fait, il aurait dû se taire. Donc, quand nous lisons la Genèse dans nos traductions, nous n'en avons que le sens primaire et inférieur. Bon gré mal gré, les exégètes et les théologiens eux-mêmes orthodoxe ou libres penseurs, ne voient le texte hébraïque qu'à travers la Vulgate. Le sens comparatif et superlatif, qui est le sens profond et véritable, leur échappe. Il n'en demeure pas moins mystérieusement enfoui dans le texte hébreu, qui plonge, par ses racines, jusqu'à la langue sacrée des temples, refondue par Moïse, langue où chaque voyelle, chaque consonne avait un sens universel en rapport avec la valeur acoustique de la lettre et l'état d'âme de l'homme qui la produit. Pour les intuitifs, ce sens profond jaillit quelquefois, comme une étincelle, du texte ; pour les voyants, il reluit dans la structure phonétique des mots adoptés ou créés par Moïse : syllabes magiques où l'initié d'Osiris coula sa pensée, comme un métal sonore dans un moule parfait. Par l'étude de ce phonétisme qui porte l'empreinte de la langue sacrée des temples antiques, par les clefs que nous fournit la Kabbale et dont quelques-unes remontent jusqu'à Moïse, enfin par l'ésotérisme comparé, il nous est permis aujourd'hui d'entrevoir et de reconstituer la Genèse véritable. Ainsi, la pensée de Moïse sortira brillante comme l'or de la fournaise des siècles, des scories d'une théologie primaire et des cendres de la critique négative.

 

Deux exemples vont mettre en pleine lumière ce qu'était la langue sacrée des temples antiques, et comment les trois sens se correspondent dans les symboles de l'Egypte et dans ceux de la Genèse. Sur une foule de monuments égyptiens, on voit une femme couronnée, tenant d'une main la croix ansée, symbole de la vie éternelle, de l'autre un sceptre à fleur de lotus, symbole de l'initiation. C'est la déesse ISIS. Or, Isis a trois sens différents. Au propre, elle typifie la Femme, et, par suite, le genre féminin universel. Au comparatif, elle personnifie l'ensemble de la nature terrestre avec toutes ses puissances conceptives. Au superlatif, elle symbolise la nature céleste et invisible, l'élément propre des âmes et des esprits, la lumière spirituelle et intelligible par elle-même, qui seule confère l'initiation. -Le symbole qui correspond à Isis dans le texte de la Genèse et dans l'intellectualité judéo-chrétienne c'est EVE, Héva, la Femme éternelle. Cette Evé n'est pas seulement la femme d'Adam, elle est encore l'épouse de Dieu. Elle constitue les trois quarts de son essence. Car le nom de l'Eternel IEVE dont nous avons fait improprement Jéhovah et Jahvé, se compose du préfixe Jod et du nom d'Evé. Le grand prêtre de Jérusalem prononçait une fois par an le nom divin en l'énonçant, lettre par lettre, de la manière suivante : Jod, hé, vau, hé. La première exprimait la pensée divine (La natura naturans de Spinoza.), et les sciences théogoniques ; les trois lettres du nom d'Evé exprimaient trois ordres de la nature (La natura naturata du même.), les trois mondes dans lesquels cette pensée se réalise et par suite les sciences cosmogoniques, psychiques et physiques qui y correspondent(6). L'ineffable renferme en son sein profond l'Eternel masculin et l'Eternel féminin. Leur union indissoluble fait sa puissance et son mystère. Voilà ce que Moïse, ennemi juré de toute image de la divinité, ne disait pas au peuple, mais ce qu'il a consigné figurativement dans la structure du nom divin en l'expliquant à ses adeptes. Ainsi la nature voilée dans le culte judaïque se cache dans le nom même de Dieu. L'épouse d'Adam, la femme curieuse, coupable et charmante, nous révèle ses affinités profondes avec l'Isis terrestre et divine, la mère des dieux qui montre dans son sein profond des tourbillons d'âmes et d'astres.

 

Autre exemple. Un personnage qui joue un grand rôle dans l'histoire d'Adam et d'Eve, c'est le serpent. La Genèse l'appelle Nahash. Or, que signifiait le serpent pour les temples antiques ? Les mystères de l'Inde, de l'Egypte et de la  Grèce répondent d'une seule voix : le serpent disposé en cercle signifie : la vie universelle, dont l'agent magique est la lumière astrale. Dans un sens plus profond encore Nahash veut dire : la force qui met cette vie en mouvement, l'attraction de soi pour soi, en laquelle Geoffroy Saint-Hilaire voyait la raison de la gravitation universelle. Les Grecs l'appelaient Erôs, l'Amour ou le Désir. -Appliquez maintenant ces deux sens à l'histoire d'Adam, d'Eve et du Serpent, et vous verrez que la chute du premier couple, le fameux péché originel devient tout à coup le vaste enroulement de la nature divine, universelle, avec ses règnes, ses genres, ses espèces dans le cercle formidable et inéluctable de la vie.

 

Ces deux exemples nous ont permis de jeter un premier coup d'oeil dans les profondeurs de la Genèse mosaïque. Déjà nous entrevoyons ce qu'était la cosmogonie pour un initié antique et ce qui la distinguait d'une cosmogonie dans le sens moderne.



La méthode dont Fabre d’Olivet se sert pour pénétrer le sens intime du texte hébraïque de la Genèse est la comparaison de l'hébreu avec l'arabe, le syriaque, l’araméen et le chaldéen, au point de vue des racines primitives et universelles, dont il fournit un lexique admirable, appuyé d'exemples pris dans toutes les langues, lexique qui peut servir de clef pour les noms sacrés chez tous les peuples. De tous les livres ésotériques sur l’Ancien Testament, celui de Fabre d’Olivet donne les clefs les plus sûres. il donne, en outre, un lumineux exposé de l'histoire de la Bible, et les raisons apparentes pour lesquelles le sens caché s'en est perdu et est, jusqu’à nos jours, profondément ignoré de la science et de la théologie officielles.

Ayant parlé de ce livre, je dirai quelques mots d'un autre ouvrage plus récent qui en procède et qui, outre son mérite propre, a eu celui ramener l'attention de quelques chercheurs indépendants sur son premier inspirateur. Ce livre est La Mission des Juifs, de M. Saint-Yves d'Alveydre (1884, Calmann - Lévy). M. Saint-Yves doit son initiation Philosophique aux livres de Fabre d'Olivet. Son interprétation de la Genèse essentiellement celle de La Langue hébraïque restituée, sa métaphysique, celle des Vers dorés de Pythagore, sa philosophie de l'histoire et le cadre général de son ouvrage sont empruntés à l'Histoire philosophique du genre humain. Reprenant ces idées mères, y joignant ses matériaux et les taillants à sa guise, il a construit un édifice nouveau d'une grande richesse, d'une valeur inégale et d'un genre composite. Son but est double : prouver que la science et la religion de Moïse furent la résultante nécessaire des mouvements religieux qui l'ont précédé en Asie et en Égypte, ce que Fabre d'Olivet avait déjà mis en lumière dans ses oeuvres géniales ; prouver ensuite que le gouvernement ternaire et arbitral, composé des trois pouvoirs, économique, judiciaire et religieux ou scientifique, fut de tout temps un corollaire de la doctrine des initiés et une partie de l'ancien cycle, avant la Grèce. Telle est l'idée propre de M. Saint-Yves, idée féconde et digne de la plus haute attention. Il l'appelle : synarchie, ou gouvernement selon les principes ; il y trouve la loi sociale organique, l'unique salut de l'avenir. Ce n'est pas ici le lieu d'examiner jusqu'à quel point l'auteur a démontré historiquement sa thèse. M. Saint-Yves n'aime pas à citer ses sources ; il procède trop souvent par simples

 

affirmations et ne craint pas les hypothèses risquées, lorsqu’elles favorisent son idée préconçue. Mais son livre, d'une rare élévation, d'une vaste science ésotérique, abonde en pages d'un grand souffle, en tableaux grandioses, en aperçus profonds et nouveaux. Mes vues diffèrent des siennes sur beaucoup de points, notamment pour la conception de Moïse, auquel M. Saint-Yves a donné, selon moi, des proportions trop gigantesques et trop légendaires. Cela dit, je m'empresse de reconnaître la haute valeur de ce livre extraordinaire, auquel je dois beaucoup. Quelle que soit l'opinion qu'on ait de l'oeuvre de M. Saint-Yves, il a un mérite devant lequel il faut s'incliner : celui d'une vie tout entière consacrée à une idée. Voir sa Mission des Souverains et sa France vraie, où M. Saint-Yves a rendu justice, quoique un peu tard et comme malgré lui, à son maître Fabre d'Olivet.

 

6 Voici comment Fabre d'Olivet explique le nom d'IEVE : "Ce nom offre d'abord le signe indicateur de la vie, doublé et formant la racine essentiellement vivante EE. Cette racine n'est jamais employée comme nom et c'est la seule qui jouisse de cette prérogative. Elle est, dès sa formation, non seulement un verbe, mais un verbe unique dont les autres ne sont que des dérivés ; en un  mot, le verbe (EVE) être étant. Ici, comme on le voit et comme j'ai eu soin de l'expliquer dans ma grammaire, le signe intelligible Vau est au milieu de la racine de vie. Moïse, prenant ce verbe par excellence pour en former le nom propre de l'Être des êtres, y ajoute le signe de la manifestation potentielle et de l'Eternité(I), il obtient IEVE dans lequel le facultatif étant se trouve placé entre un passé sans origine et un futur sans terme. Ce nom admirable signifie donc exactement : l'Être qui est, qui fut et qui sera.

 

LA KABBALE de  GRAD

Grad

Edition du Rocher

1984

Bonnes explications faciles à assimiler.

 

Ce qu’il faut rappeler d’abord, c’est que la Bible hébraïque n’est pas intrinsèquement un livre mystique. Pourtant, à partir du XIIe siècle, un courant va commencer à développer une nouvelle approche des écritures juives, en tentant de révéler le sens ésotérique derrière l’obvie, apportant des interprétations inédites des textes sacrés. Le secret de la réussite de la kabbale, explique Maurice-Ruben Hayoun, c’est qu’elle n’a pas tenté de mettre à mal l’armature rabbinique du judaïsme mais s’est contenté de l’approfondir, de mettre à jour des éléments dont on ne soupçonnait pas l’existence - kabbale vient d’ailleurs de kabbalah, la "tradition authentique".

 

Ainsi, les théoriciens de la mystique juive n’ont, par exemple, jamais négligé, malgré leur interprétations ésotériques, la piété traditionnelle telle que la prière ou les fêtes sacrées. L’une des raisons de l’émergence de la kabbale au sein du judaïsme médiéval est d’abord lié à la volonté de répondre et de contrer la philosophie telle qu’elle était propagée par Maimonide par exemple. Il s’agissait pour les mystiques de lutter contre les dangers de l’abstraction et de l’intellectualisation du judaïsme.

 

A la place, les mystiques ont élaboré des textes, comme le Sefer Ha-Bahir et plus tard le Zohar, monument d’exégèse mystique considéré comme la "Bible de la Kabbale", dans lesquels des doctrines et des interprétations mystiques et gnostiques aussi denses que complexes ont vu le jour. Parmi celles-ci, la transmigration des âmes, la science des Lettres, et surtout l’élaboration des sefirot et de l’En-Sof. Toutes ces doctrines, tous ces thèmes mystiques sont absolument impossible à résumer de manière succincte, et nécessiteraient de longs développements théoriques. Pour autant, on peut, en raccourcissant à l’extrême, relier ces concepts à la nécessité insatiable pour les kabbalistes de (re)découvrir le divin.

 

Autrement dit, le sens ultime des interprétations de la mystique juive est bien celui de trouver la voie qui mène à Dieu, qui le rend accessible. La kabbale a connu de nouveaux développements au fil des siècles. Ainsi, au XVIe siècle, avec Isaac Louria à Safed, qui préconisait une mystique méditative, puis chez les auteurs hassidiques du XVIIIe. Parallèlement, l’Europe et des auteurs chrétiens comme Pic de la Mirandole ou Jean Reuchlin vont se servir de la mystique juive pour redéfinir leur compréhension de la religion chrétienne et de la Trinité en particulier.

 

Plus largement, c’est tout le judaïsme rabbinique qui a été influencé par la kabbale, parfois même de manière inconsciente. Et aujourd’hui encore, "les kabbalistes autoproclamés ou se reconnaissant comme tels sont peu nombreux en comparaison de ceux qui le sont sans en être vraiment conscients" 

 

LA KABBALE – UNE BRḔVE INTRODUCTION

Joseph  Dan

Edition J. C. Godefroy

2017

L’auteur apporte des éclaircissements sur les nombreuses interprétations qui circulent concernant la kabbale, dont ses liens avec la magie, l’astronomie, l’alchimie, et la numérologie. Ce livre nous éclaire sur les groupes mystiques qui florissaient dans le judaïsme ancien des pays de l’Est, les piétistes rhénans ; les écoles médiévales de kabbale du nord de l’Espagne à Gérone et du sud de la France en Provence ; le développement de la kabbale à travers l’école d’Isaac Louria de Safed au XVIe siècle ; le messianisme de Sabbataï Tsévi ; l’hassidisme, mouvement juif religieux moderne le plus influant et puissant, qui utilise un langage kabbalistique dans ses prêches. Joseph Dan expose les principales idées de la kabbale au cours de l’histoire. Il présente un récit fiable de ce phénomène religieux juif traditionnel qui, en dehors du judaïsme, a notamment eu une influence sur la chrétienté (la kabbale chrétienne), sur les néoplatoniciens de Cambridge, le mouvement franc-maçon ou le New Age. À travers cet ouvrage, Joseph Dan traverse plus d’un millénaire d’histoire et de textes religieux juifs, expliquant ce vaste ensemble de croyances et de pratiques autour de la kabbale qui, au XXIe siècle, continue d’interroger, de nourrir et de fasciner.

 

Ce livre est indispensable pour tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la kabbale tant Joseph Dan clarifie nombre de points confus. Joseph Dan fut le premier titulaire de la chaire Gershom Scholem et est professeur émérite de kabbale à l’Université Hébraïque de Jérusalem. Il est reconnu mondialement comme un grand spécialiste de la pensée juive.

Cette « brève introduction », à la fois dense et pédagogique, prend d’emblée en compte la pluralité des sens du mot « kabbale », qui est un mot usité de manière ordinaire au quotidien par les personnes parlant l’hébreux, et la nécessité de toujours préciser le contexte historique dans lequel le mot est utilisé. Joseph Dan cherche ainsi à « présenter certaines des caractéristiques les plus importantes des différents phénomènes dits « kabbalistiques » à travers des périodes, des pays et contextes culturels divers. ».

Conscient d’une subjectivité inévitable mais qui peut se révéler hautement créatrice, Joseph Dan évite toute prétention à une quelconque vérité : « En ce qui concerne la pluralité de sens attachés au mot kabbale dans la culture contemporaine, seul un historien pourra dans l’avenir faire la distinction entre l’éphémère et le durable. ».

 

Pendant un millénaire, jusqu’au Moyen-Âge, indique Joseph Dan, « Kabbalah », dans le vocabulaire religieux hébraïque, évoque la vérité religieuse non-individuelle et non-expérientielle, qui a été reçue par la tradition. ». L’idée d’une tradition secrète apparut en Espagne, en Provence, puis en Italie au XIIIème  siècle, ajoutant une dimension ésotérique à la tradition exotérique commune. Joseph Dan note que les historiens des religions observent plusieurs kabbales, localisées dans l’espace et le temps, alors que les kabbalistes insistent sur une kabbale unique exprimée sous des formes diverses. Un principe traditionnel classique. Quand les historiens tendent à morceler, comparer, séparer, les kabbalistes veulent rassembler, reconnaître, unifier. Il nous invite à ne pas associer comme nous le faisons souvent mysticisme et kabbale.

 

Ce n’est qu’au XIXème  siècle que l’on a commencé à évoquer un mysticisme juif ou musulman en référence au mysticisme chrétien : « Si la recherche d’une vérité divine au-delà ses sens, de la logique et du langage est une tendance universelle chez les adeptes de toute organisation d’ordre spirituel (bien que leur nombre soit toujours plus faible), il apparait naturel que les représentants juifs de cette tendance se trouvent parmi les cercles ésotériques des kabbalistes. Cela ne signifie pas que tous les kabbalistes sont mystiques. Simplement, ceux qui ont de telles inclinations trouvent asile parmi les kabbalistes. Si de nombreux kabbalistes étaient avant tout des exégètes, des prêcheurs, des théologiens et des traditionnalistes, certains étaient toutefois mystiques, si l’on applique, par analogie, les critères du mysticisme chrétien au contexte culturel juif. »

 

Au fil des pages, nombre d’idées reçues sont interrogées et contextualisées, nombre de concepts sont clarifiés : les rapports entre kabbale et gnosticisme, l’introduction d’une puissance divine féminine et la notion de Shekinah, les idées de gilgoul, du tikoun ou celle de tsimtsoum dans le lourianisme, celle, plus moderne, de golem…Au cours de cette incursion passionnante dans la pensée juive et son influence considérable, depuis la Rhénanie, la péninsule ibérique jusqu’au New Age nord-américain, passant par l’école florentine de Marsile Ficin ou plus près de nous, la Franc-maçonnerie, en des développements ou des appropriations divers et parfois insoupçonnés, Joseph Dan se réfère aux textes fondamentaux de la tradition kabbalistique et à leurs apports respectifs, Ecritures Saintes, Talmud et Midrach, Sefer Yetsira, Bahir, Zohar, notamment.

Le glossaire, l’index et la bibliographie seront très utiles au lecteur pour ses recherches. Un excellent livre de 150 pages qui explique, dégrossie et démystifie cette science assez compliquée pour les occidentaux, un livre très riche sur la symbolique et l’approche de l’arbre séphirotique   -

 

Au sommaire de cet ouvrage :

 

La Kabbale son terme au Moyen-Âge, l’expansion des significations du mot kabbale et la kabbale et le mysticisme  -   Le mysticisme juif ancien et l’émergence de la Kabbale  -  Les traités ésotériques anciens  -  Le Sefer Yetsira, livre de la Création   -  Les piétistes rhénans  -  Le Bahir, le livre de la clarté  -  Le problème du gnosticisme   -  Le Zohar   -  La Kabbale au 14e et 15e siècle  -  Les principales idées de la kabbale médiévale  -  Ein Sof  -  Les sephirot  -  La Shekhina  -  L’émanation Gauche  -  Kabbale t spiritualisation  -  La kabbale chrétienne  -  Safed et la kabbale lourianique  -  Le Tsimsoum et shevirah   -  Le tikoun  -   Le mouvement messianique sabbatéen  -  Le hassidisme moderne et contemporain  -  Les dynasties hassidiques et la théorie du Tsaddik  -   Le messianisme hassidique  -   Le Golem  -  Les penseurs du 19e siècle  -  Le New Âge  -   Shaarey Ora  -  Lilith  -   Les anges   -  La kabbala Denudata  -  Les visions d’Ezéchiel par Henry Moore  -  Sabbataï Tsevi  -  Esther   - 

Joseph Dan, premier titulaire de la chaire Gershom Scholem, est professeur émérite de kabbale à l'Université Hébraïque de Jérusalem où il a enseigné pendant une quarantaine d'années. lia écrit plus de 60 ouvrages sur la théologie ésotérique (mysticisme) juive, dont la monumentale " Histoire du mysticisme juif et de l'ésotérisme ". Il a reçu le Prix Israël de Pensée juive en 1997, le prix le plus prestigieux décerné chaque année par l'Etat d'Israël.

 

la CABALE MYSTIQUE

 Dion Fortune

Edition Adyar

 1996

Pour Dion Fortune, l’Arbre de Vie Séphirotique est un être vivant, un schéma du système solaire, auquel a droit de s’attaquer directement la pensée moderne, comme faisait la pensée antique, en tenant compte des travaux de celle-ci, mais sans nullement y être enfermée.

 

Les correspondances astrologiques et celles du Tarot lui servent à éclaircir les vieux textes, aussi bien que l’expérience chrétienne ou que les découvertes récentes, surtout elle voit là un symbole, éternellement changeant et mouvant, des réalités invisibles que chaque race, tour à tour, interprète, et de qui l’immense avantage sur les systèmes purement historiques, est justement de pouvoir se renouveler, de pouvoir renaitre sans fin, avec chaque effort séculaire, d’être un objet de rêve imprécis, aussi bien que de pensée didactique.

 

Cette pensée centrale, Dion Fortune dans son livre, l’a constamment enrichie de commentaires ingénieux et multiples.

 

Dans une première partie, l’auteur nous parle du Yoga d’Occident, des sentiers séfirotiques, de la méthode, de la cabale écrite et non écrite, de l’Arbre de Vie, des 10 Sephirot et des 4 mondes, des Dieux qui sont sur l’Arbre et sur les travaux pratiques

 

Dans une deuxième partie, on a droit à de très longues explications sur les 6 sephirot supérieures (Keter, Chokmah, Binah, Hesed, Geburah et Tipereth)

 

La dernière partie nous parle des 4 Séphiroth inférieures (Netzach, Hod, Yesod et Malkut,), des trois piliers, des trois triangles, de l’Arbre de Vie et de ses 31 sentiers de Sagesse.

 

LA KABBALE DÉVOILÉE

Collectif

Diffusion Rosicrucienne

 1977

La kabbale d’origine juive est considérée comme un système métaphysique s’intéressant particulièrement à l’ontologie et à la création, elle traite des relations de l’homme avec la cause initiale et avec les puissances et les forces de l’univers.

 

Elle dit enseigner et divulguer certaines clefs concernant les forces naturelles par lesquelles l’homme peut commander aux phénomènes de la nature et les faire obéir à sa volonté, ainsi elle est considérée  comme un art magique, bien que ce mot ne soit pas employé par les kabbalistes dans les invocations d’êtres, de forces ou de puissances surnaturelles.

 

Vers 1470 Pic de la Mirandole fit accepter par le Pape Sixte IV à ce que les doctrines de la kabbale soient acceptées avec quelques modifications sous le vocable de « Kabbale Chrétienne ».

 

On pense généralement que la kabbale fut l’enseignement scientifico-religieux des anciens juifs et de leurs contemporains. Elle est une tentative pour expliquer le phénomène de l’Univers physiquement et spirituellement, c'est-à-dire pour montrer que les phénomènes de la nature sont la conséquence directe de la loi et non pas de manifestations arbitraires.

 

Au sommaire de cet ouvrage nous trouvons en 22 leçons :

 

La kabbale dogmatique  -  L’origine de la kabbale et sa nature  -  La Sainte Trinité supérieure  -  Les  Sephiroth de construction  -  Les quatre mondes des Sephiroth  -  Le Tétragramme et les quatre Adams  -  La création suivant la Bible  -  Moïse, la Genèse et la kabbale  -  Esquisse du Sepher Yetsirah  -  Les 7 lettres doubles et les 12 lettres simples  -  L’Adam Kadmon  -  L’Hébreu, langue sacrée  -  Ce qu’est et ce que n’est pas la kabbale  -  L’Arbre de Vie  -  Les cartes du Tarot  -  Les kabbalistes et le Zohar  -  Esquisse du Zohar  -  Essai métaphysique  - Résumé très intéressant sur ces 22 leçons  -

 

la kabbale du feu

A.D. grad

Edition derVy

 1977

L’Alliance du Feu, la loi du Feu, le Feu dans les lettres hébraïques Feu et Ténèbres, le Feu du cœur etc… L’Ecriture identifie le feu et les ténèbres. L’enseignement zoharique dit que le mot ténèbre désigne le feu sacré qui, bien que d’origine céleste, n’était que nébuleux et obscurs aux temps primitifs de la Création.

 

C’est pourquoi l’Ecriture utilise le mot « abîme », car il se compose des lettres formant le mot « tohou », afin de nous indiquer que le feu sacré couvrait  aussi bien les démons que la partie la plus pure de la matière, désigné par la lettre Mem.

 

L’origine des ténèbres, ou l’éther primordial, est donc un feu pur, identifié aux 16 yeux en mouvement et interchangeables. Feu et ténèbres sont ésotériquement rapprochés au verset 20 du Deutéronome : « Et lorsque vous avez entendu la voix sortir du sein des ténèbres, tandis que la montagne était en feu ».

 

Le cœur est l’emblème du feu, tandis que le cerveau est l’emblème de l’eau (Job)

L’union du feu et de la terre produira l’or, car le feu vient du Nord (Job)

Le feu est l’élément des anges « Feu brûlant », dit le Psaume. C’est dans une flamme de feu que l’ange du Seigneur apparut à Moïse sur le Mont Horeb (Exode III). Si Moise s’en est d’ailleurs approché sans danger, c’est parce qu’il ne ressemblait pas aux autres prophètes et que ce feu était un feu qui ne brûlait pas.

 

Nous sommes nés du Feu Divin. Il anime les étoiles, le Soleil et le centre de la Terre ; il est présent aussi au plus profond de nous, et son pouvoir créateur est le don précieux de la Vie.

Lorsque nous avons décidé de nous engager véritablement sur notre Chemin d'évolution, des surprises nous attendent. La Grâce divine vient à nous, et les cadeaux ne manquent pas pour celui qui sait les reconnaître. Elle se manifeste le plus souvent de la façon la plus simple qui soit : le sourire d'un passant, les couleurs flamboyantes d'un arbre en automne, un élan d'amour spontané... partout où pétille la vie, pour les yeux qui savent voir au-delà des apparences. Mais nous pouvons aussi aller au-devant de la Grâce et l'inviter dans notre quotidien !

 

Shin règne sur l'élément feu, dans ses manifestations physiques et plus subtiles. Elle nous dynamise, nous incite à agir, à créer l'harmonie et la vie autour de nous, en nous. Elle nous révèle notre pouvoir créateur. Shin nous protège des énergies négatives qui nous freinent.

 

Comme tous les écrits de Grad c’est très bon.

 

LA KABBALE VIVANTE

Daniel BERESNIAK

Edition TREDANIEL

 1995

Un livre assez facile pour les non-initiés à la Kabbale.

 

La représentation dynamique du monde fondée sur la doctrine des émanations, procure un éclairage sur toutes les questions éternellement actuelles : le sens de la vie, la nature de l’histoire, les origines et le devenir de la pensée.

Pour que l’enseignement des kabbalistes profite efficacement au développement spirituel, intellectuel et moral de l’homme d’aujourd’hui, il faut le présenter dans la perspective de l’histoire des idées.

La kabbale est un courant de pensée en marche et non une « doctrine » définie une fois pour toute. Loin d’être un système clos, la kabbale a procuré et procure encore, des idées stimulantes toutes les expressions du savoir.

 

Au sommaire de cet ouvrage :

 

Chapitre 1 : Le mot et ce qu’il désigne  -  Kabbalistes et cathares en Provence   -   Les lieux de la kabbale  - 

Chapitre 2 : L’Ein- Sof et les Sephirot  -  L’infini et l’Infini dans le « bahir »  -  Les commentaires de l’Ein Sof  -

Chapitre 3 : L’Art de lire la Bible et autre chose  -  Abraham Aboulafia ou de la logique divine à la logique de l’inconscient  -  Les divers niveaux de lecture  -  L’homme considéré comme la Thora  -  Lire les rêves  - 

Chapitre 4 : La quête d’une structure  -  Les clés et les portes  -  Le secret du « commencement : il créa 10 »  -  les quatre mondes et les dix Sephiroth  -  le contenu de Bereshit et l’arbre  -

Chapitre 5 : La guématria  - Les origines et les guématrioth  -  Les colonnes du Temple de Salomon et la guématria  -  Dieu et l’amour  -

Chapitre 6 : Le symbolisme des lettres  - Structure  - Du concret à l’abstrait  -  Le corps et l’univers  -

Chapitre 7 : La doctrine secrète de la création et de la Merkaba  -  Esotérisme et mystique dans le judaïsme avant la kabbale  -  la Merkaba  -  Les 22 lettres  -  la construction kabbalistique et les deux manières de la regarder  -  Le Nom divin et les Noms divins  -  « Moi », synthèse de tous les Noms et le nombre 81  -

Chapitre 8 : Le passage de la kabbale en milieu chrétien  -  Avant et après le Zohar  -  La naissance de la kabbale chrétienne  -  Pic de la Mirandole  -  La substantifique moelle  -  la rédemption pour tous  -

Chapitre 9 : Les développements de la kabbale en Italie  -

Chapitre 10 : Le développement de la kabbale et l’hermétisme  -  J. Reuchlin, du tétragramme au pentagramme  -  Kabbale, pansophie, théosophie, ésotérisme  -  kabbale humaniste, néoplatonisme, hermétisme  -  kabbale et alchimie  -  la cabala denudata  -  Guillaume Postel  -

Chapitre 11 : Isaac Luria et la nouvelle kabbale  -  la catastrophe  -  Isaac Luria :le lion de Safed  -  La brisure des vases  - tikoun  -  élévation des étincelles  -  les 3 parties de l’âme  -  Le Millénarisme et l’Apocalypse  -  le mythe prométhéen et faustien  -

Chapitre 12 : Inventaire des idées sur la kabbale  -  la kabbale comme tradition originelle  -  la kabbale comme préfiguration secrète du christianisme, du spinozisme, de la gnose, et du panthéisme  -  La théosophie de Jacob Böhme  -

Chapitre 13 : Kabbale et occultisme  -  L’Occulte et ses critiques  -  Le syncrétisme occultiste et la kabbale  -  Le dérapage occulte  -  La Kabbale enseignée par Eliphas Levi et Papus –

Chapitre 14 : Le mythe du Golem  -  le maharal de Prague  -  son œuvre et réunir ce qui est épars  -  le Golem : serviteur, sauveur, son secret, son pouvoir et ses limites  -

Chapitre 15 : Le Verbe se fait chair  -  De la lettre à la vie  -  le rituel de l’alphabet  -  Le langage et son paradoxe  -  La puissance des mots  -

Chapitre 16 : Le mot et le nombre  -  Les signes  -  Nomen, numérus, numen  -  La guématria des noms propres  -  Franz Kafka  -  Une clé offerte par Gerschom Scholem  -  La littérature sur les nombres et la kabbale  - Physique et psychologie  -

Chapitre 17 : La kabbale, le savoir et la connaissance  -  Science et synthèse  - Science et conscience  -  La pratique du Zeruf et les émanations  - Repères pour une éthique  -

 

LA LANGUE HÉBRAIQUE RESTITUÉE

FABRE D’OLIVET

Edition DELPHICA

 1991

Important ouvrage sur l’alphabet hébraïque avec une explication sur la grammaire hébraïque, ses racines, destiné à faciliter l’intelligence du langage et celle de la science étymologique.

 

Fabre d’Olivet nous parle de : Sur l’origine de la Parole, et sur l’étude des langues qui peuvent y conduire

 

Une première partie sur la grammaire hébraïque et les grammaires en général, les universelles qui sont fondées sur la nature et les particulières propres à chaque langue.

 

Un vocabulaire radical ou série des racines hébraïques.  L’alphabet hébraïque, son origine, ses voyelles.

 

Le Nom considéré sous 7 rapports de l’étymologie. Les relations nominales. Le Verbe absolu et particulier  -   le temps  -  les conjugaisons  -  les racines hébraïques des 22 lettres -

 

LA LETTRE CHEMIN DE VIE. LE SYMBOLISME DES LETTRES Hébraïques

Annick de SOUZENELLE

Edition Albin Michel

 1998

Avec sa foi chrétienne, l’auteur nous fait pénétrer dans le monde de l’alphabet hébraïque, qui pour elle est un chemin de vie extraordinaire. Car chaque lettre contient sa propre énergie signifiante.

Un chapitre est consacré à chaque lettre, avec son symbolisme, sa signification et ses ramifications avec la Bible et la Vie.

 

Ce livre n’a pour but que de quitter Babel pour aller à Jérusalem en passant par le Sinaï, il n’a d’autre intention que de contribuer à faire de nous des « pierres vivantes » avec Celui qui « n’a pas aboli mais accompli la Loi », parce qu’il est le Verbe, le Nom.

Il propose pour cela de retrouver le feu du buisson ardent du Sinaï, que chaque lettre a enfermé dans son cœur, et de nous laisser buriner tranquillement par lui. Le mot PESHA actuellement veut dire « une marche, une progression ». Et lorsque ce pas se fait dans les conditions que nous venons de dire, la progression doit passer par la transgression. Le mythe de la chute est une transgression non juste qui a fait le drame de l’humanité en la remettant à zéro pour qu’elle reprenne le chemin. Lorsqu’elle est juste, c’est aussi le mot PESHA.

 

L’Apôtre Paul l’emploie lorsqu’il parle de la Loi. Quand il n’y a plus de loi, il n’y a plus de transgression. C’est la situation dans laquelle nous sommes actuellement. Nous sommes dans un monde de lois morales, sociales, car nous vivons dans une jungle qu’il faut bien ménager ; mais cette loi est faite pour un monde infantile. Quand on prend conscience de cela, un jour vient où on est bien obligé de transgresser en sachant que c’est juste. Sans cela nous sommes dans le PESHA. C’est l’histoire du Christ lorsqu’il transgresse le jour du Shabbat, quand, passant avec ses disciples le long d’un champ il voit un homme qui y travaille. C’est le jour du Shabbat. Les disciples sont scandalisés. Mais le Christ s’adresse à cet homme en lui disant : « Homme, si tu sais ce que tu fais, tu es béni par mon Père. Mais si tu ne sais pas ce que tu fais, tu es transgresseur de la Loi et tu es maudit de mon Père ! ». Ce texte est tellement immense qu’il a été supprimé des Évangiles !

 

On ne transgresse pas impunément, voilà en quoi le Phé est aussi une barrière. PAH est un mot qui vaut 88, il veut dire « filet ou le piège ». Avec ces deux 8 nous sommes saisis dans le piège ou alors au contraire, nous passons, nous traversons. Mais nous ne pouvons passer que dans un dépassement des contradictions qui sont en nous. Et quand nous avons au milieu de ce mot le Tav qui veut dire « signe » et précisément « signe de la Croix » dans toutes les traditions, cela donne le mot PATOM qui signifie « ouvrir » et aussi « la porte », nous trouvons le symbole de l’incarnation qui est essentiellement la Croix, puisque nous sommes crucifiés entre le chemin vers le Divin, et toutes les énergies dont nous sommes faits à chaque niveau de réalité.

 

L’homme est au centre de la croix. Et le mot Patoh, ainsi formé et qui signifie « ouvrir » et aussi la « porte », nous ramène au Daleth qui a pour valeur 4 et qui aussi veut dire la « porte ». Le 4 est toujours un arrêt, une porte qui est proposée et qu’il faut ouvrir. Le mot PESSAH qui est la Pâque avec un Samek qui a pour valeur 60, c’est le soutien, c’est l’arbre, c’est la hampe du drapeau, le mât du navire. Nous trouvons dans PESSAH un peu la même idée que dans PETAR qui est « le passage ». L’Égypte pour les Hébreux était un piège. Or il y a un moment où Moïse se dresse, la personne pensante qui est le pôle d’évolution que nous avons tous en nous à partir du moment où nous cherchons la libération. Nous avons tous un Moïse en nous et aussi un Pharaon qui s’oppose. Mais nous sortons de cette servitude, de ce piège et c’est la Pâque. La pâque chrétienne, c’est la même idée, mais à un autre niveau.

 

Nous passons au mot PÉLÉ, le miracle, la chose merveilleuse qui rend compte de notre vraie nature. Nous pourrions le traduire mot à mot par « la bouche de l’impossible », Lo étant la négation du mot divin retourné. El. C’est l’ouverture au niveau du Divin, le dévoilement des mystères. Mais Lo est aussi la négation « pas ». Dans la profondeur le oui et le non sont la même réalité au niveau de ce nom divin qui est au-delà de toutes les contradictions, au-delà de l’être et du non-être. Ce sont les mêmes lettres, donc les mêmes énergies. Lorsque Dieu se révèle à Moïse dans le Buisson Ardent en tant qu’Il Est, Il se limite, car nous ne pouvons l’appréhender que dans une limite. IL EST et IL N’EST PAS, si bien que ces deux mots El et Lo sont une même réalité.

 

Alors PÉLÉ c’est l’ouverture du Divin, de l’impossible, ouverture du « non », « non ce n’est pas cela, c’est bien au-delà de cela ». Et ce miracle, cette chose merveilleuse, c’est tout simplement l’ouverture à notre vraie nature. Le Phé y préside. PETEROM, c’est Pierre, l’Apôtre, celui qui ouvre la lignée. C’est celui qui a été choisi le tout premier avec son frère André. Il y a autour de ce mot un immense malentendu. Lorsque l’Apôtre Pierre répond à la question du Christ : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » — « Tu es le Christ, fils du Dieu vivant ». Le Christ lui dit : « Ce n’est pas par ton intelligence que tu as répondu cela, mais par une lumière de l’esprit en toi. Tu es pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église. » Les mots sont « Tu es EBEN, pierre ». Tu es Eben, tu es une pierre dure, parce que tu participes à la construction du Royaume et sur cette pierre (qui est encore un autre mot : SELA avec un Samek qui nous fait retrouver « le trône divin ») donc sur cette SELA, c’est-à-dire le fondement : « Tu es EBEN et sur cette SELA je bâtirai mon Église ». Ce n’est qu’en français, autour de l’an 1000 que ce jeu de mot a été fait et qui a eu pour résultat que l’Apôtre Pierre et ses successeurs ont été considérés comme la base de l’Église. Ce fut une des causes en 1054, de la séparation de l’Église d’Orient et de l’Église de Rome.

 

La lettre TSADE que nous approchons maintenant est l’initiale d’un mot qui s’écrit : Tsadé-Daleth-Yod. Ce mot rend surtout compte d’une racine TSAD que nous allons retrouver dans beaucoup de mots et qui veut dire : « le côté ». Nous la trouvons dans TSOUD, TSADOH, TSODED qui signifient épier, pécher, dresser des embuscades, chasser. C’est la notion de harponner, d’aller chercher une proie, d’aller piéger quelque chose. En général lorsque nous considérons ces significations nous y voyons de la malice, tandis que là nous sommes devant une réalité qui dépasse absolument notre plan de conscience, car il s’agit du harpon divin. Et je pense particulièrement à cette phrase que nous trouvons, je crois, chez Isaï, lorsque Dieu dit en parlant de l’humanité, sa future épouse qu’Il va l’emmener au désert, il va l’épier, la saisir, pour qu’Il mette en Lui son plaisir et qu’elle devienne Son épouse. C’est cela qui est la racine de cette idée fondamentale du TSADE. C’est vraiment le harponnage de nos derniers éléments dans la profondeur. Dieu va se harponner en nous. Ce n’est pas par hasard que le Christ a cherché ses premiers apôtres parmi les pécheurs, afin qu’ils aillent chercher dans l’homme le divin qui est en lui.

 

Le discours qui s’engage entre la lettre et le Saint-Béni-Soit-Il est très signifiant. La lettre vient se présenter en se réclamant de commencer le mot TSADOCH, c’est le mot qui veut dire : le Juste. Melchitsédech est le Roi de la Justice, c’est-à-dire de la « justesse », de l’harmonie entre les deux opposés. Job est Tsedech, Noé est Tsedech, tous ces êtres qui sont justes. Et Dieu renvoie la lettre en lui disant : « Il ne me convient pas de me servir de toi pour opérer la création du monde, attendu que tu dois être cachée pour ne pas donner prise à l’erreur. Car ta forme primitive est un Noun oblique, principe femelle, sur lequel vient s’ajouter un Yod, principe mâle. » Voilà la forme initiale du Tsadé et tel est le mystère de la création du premier homme : il fut créé à double face, deux figures tournées en sens inverse, dos contre dos. Et c’est pourquoi le Yod est présenté de dos et non de face. « Toi aussi, dit Dieu, tu seras un jour divisé en deux, mais tu vas autre part.

 

Ce qui est à retenir, c’est que le Tsadé est fait de cette rencontre du Noun et du Yod, principe féminin et masculin. Ces deux lettres sont absolument inséparables et constituent ce fameux masculin et féminin d’Adam qui est Yod et Isha (qui n’est appelée Ava qu’après la chute) qui est son Noun, son poisson, sa profondeur et en même temps, le germe du Yod. C’est le mystère de l’ombre que représente le féminin par rapport à l’homme et de l’ombre qui est la Création toute entière par rapport à Dieu. Notre travail c’est d’amener le Noun au Yod pour réaliser la totalité de la Création.

 

Le Tsadé c’est cette lettre au niveau du 80 qui réalise une totalité accomplie, à l’exception de ce dernier germe divin que nous avons à amener au Yod. C’est cette ultime pêche. Rien d’étonnant alors que Tsadé préside à des mots, non seulement comme Tsad qui veut dire « un côté » (qui appelle l’autre côté), mais aussi à la racine TSEL qui veut dire l’« ombre », c’est-à-dire l’ombre à sa source qui est précisément le Noun par rapport au Yod. L’homme, c’est-à-dire homme et femme, est l’ombre de Dieu. Nous sommes comme l’ombre d’un Dieu qui est parfait, mais qui est encore — on peut presque dire — inachevé, tant que nous ne sommes pas retournés à Lui. Dieu se fait mâle, le mot souvenir c’est le mot mâle, pour descendre dans son ombre, principe féminin.

 

l’alliance oubliÉe – la bible revisitÉe

Annick de souzenelle

Edition ALBIN MICHEL

 2005

La Bible peut-elle encore nous parler aujourd’hui ? Existe-t-il d’autres lectures que le littéralisme qui conduit au fondamentalisme et la critique historique qui enlève toute verticalité au texte ? Depuis plus de quarante ans, Annick de Souzenelle tente de sortir de cette impasse en renouvelant l’interprétation du texte biblique par un retour aux sources des lettres hébraïques. À travers une approche symbolique, qui fait aussi appel à la psychologie des profondeurs et à la tradition chrétienne orthodoxe, elle scrute ici le livre de la Genèse jusque dans la moindre de ses lettres.

 

Elle y perçoit la révélation des « lois ontologiques » qui nous fondent en profondeur, et déconstruit les lectures hâtives qui ont justifié, entre autres, la soumission des femmes. Après avoir brossé le tableau des autres interprétations possibles, le philosophe Frédéric Lenoir, directeur de la rédaction du Monde des religions, interroge cette approche singulière et la soumet au crible de la rationalité moderne.

Un dialogue passionné et passionnant, qui nous fait pénétrer dans le récit fondateur de notre civilisation.

 

Lu comme un récit historique des origines de l’homme et du monde, la Bible et surtout la Genèse  apparaît comme totalement absurde au regard de nos connaissances scientifiques et historiques actuelles. Et ce récit qui fait naître Eve de la côte d’Adam, même s’il est symbolique, ne sert-il pas à légitimer la supériorité et la domination de l’homme sur la femme, typiques des sociétés patriarcales ? Non crédible sur le terrain de l’histoire, discutable sur le plan moral, sans signification spirituelle explicite susceptible de nourrir la foi des croyants, quel intérêt peut-on encore trouver à lire ces premiers chapitres de la Genèse ?

 

C’est précisément à cette question que tente de répondre ce livre. Annick de Souzenelle, bibliste d’origine catholique convertie à l’orthodoxie, travaille depuis plus de quarante ans à traduire et interpréter le texte biblique à partir de la langue hébraïque. Il s’agit maintenant de reprendre les seuls trois premiers chapitres et d’expliciter plus profondément la vision de l’homme et les enseignements spirituels qu’ils véhiculent, d’en dégager ce que l’auteur appelle les "lois ontologiques".

 

Lorsqu’elle fût traduite de l’hébreu en grec à partir du IIIe siècle avant J.C. par des juifs vivant à Alexandrie, la Bible hébraïque - qui prit le nom de "Septante" selon la légende qui veut que la traduction en ait été assurée par soixante-douze savants - comprenait au 1er siècle d’autres écrits (Tobie, Judith, Sagesse de Salomon, Maccabées, etc. ) qui ne seront pas retenus dans le canon rabbinique. Cela ne sera pas sans incidence, puisque les premières communautés chrétiennes intégreront la traduction grecque des Septante à laquelle ils adjoindront au cours des quatre premiers siècles de l’ère chrétienne leurs propres Ecritures saintes : vie et paroles de Jésus (quatre Evangiles), Actes des apôtres, Lettres de Paul et des apôtres, Apocalypse.

 

Les cinq Livres de la Torah transmettent non seulement les Dix Commandements, socle de la morale juive et chrétienne, mais aussi de nombreuses prescriptions rituelles, le récit de la création de l’homme et du monde ainsi que l’histoire ancienne du peuple juif, des premiers Hébreux nomades jusqu’à l’arrivée aux portes de la Terre promise, après la sortie miraculeuse d’Egypte et la longue pérégrination du peuple hébreu dans le désert. Ces récits ont été pris au pied de la lettre pendant de siècles et continuent de l’être par un certain nombre de juifs et de chrétiens pieux. Pourtant, cette lecture fondamentaliste est aujourd’hui insoutenable.

 

Depuis la Renaissance, l’essor de l’esprit critique et des connaissances historiques, linguistiques, archéologiques, sociologiques, astronomiques, géologiques, a profondément ébranlé bon nombre de certitudes tirées d’une lecture littérale de la Bible. La révolution copernicienne, puis la théorie darwinienne de l’évolution ont rendu obsolète la vision d’un cosmos dont la terre et l’homme seraient le centre, comme celle de la création par Dieu du premier couple humain un peu moins de quatre mille ans avant J.C. selon la chronologie biblique. Les connaissances historiques et archéologiques ont également mis à mal toute l’histoire du peuple hébreu telle qu’elle est racontée dans la Torah. On sait même aujourd’hui que cette terre d’Israël était en fait sous domination égyptienne à l’époque de la fameuse conquête mentionnée par la Bible et on voit mal comment la "superpuissance" de l’époque aurait pu non seulement laisser s’échapper un peuple entier d’esclaves, mais aussi le laisser semer la terreur à travers l’une de ses principales provinces. Certains récits bibliques hauts en couleur, comme la chute des murs de Jéricho, sont décrédibilisés par des découvertes archéologiques révélant que les villes de l’époque n’avaient pas de murailles.

 

Ce délire interprétatif, qui est parfois issu de certains cercles occultistes se réclamant de la Kabbale, dissimule l’essentiel : il existe assurément plusieurs niveaux de lecture du texte biblique (comme de tout texte d’ailleurs). Cela est d’autant plus manifeste pour la Bible hébraïque - et c’est la deuxième raison pour laquelle la lecture historico-critique ne peut de toute façon épuiser le sens du texte. Car ce Livre est avant tout une oeuvre hébraïque, c’est essentiel. Entre une lecture de type fondamentaliste et une lecture de type scientifique qui, dans les deux cas, matérialise le texte, il existe donc d’autres espaces d’interprétation possibles de la Bible.


Y sont développés : Béréshit et les 6 jours de la création, le Shabbat, le désir, le fleuve de feu, Adam, Ève, le Serpent, l’exil, l’arbre de vie, les 3 discours divins et le pardon.

 

LA PRIÈRE DU SERPENT – LA VOIX DANS LA BIBLE

Dominique Bertrand

Edition Signatura

 2007

Lorsque Dieu parle, il y a un écho. En cet écart, il y a quelque chose à entendre : la place de l’humain. La « prière du serpent » répond à Ibn Sahula, kabbaliste du 13e siècle, qui affirmait que la connaissance des mystères du chant et de la musique conduit à la connaissance des mystères de la Torah. Mais, de quels mystères s’agit-il ?

Il s’agirait u rythme par lequel Dieu a créé le monde, et comme tout vrai secret, il est caché en évidence : condensé dans le premier son que Dieu prononce à l’orée des temps, il sous-entend, discrètement mais efficacement, la disposition de certaines lettres, mots, phrases, et même chapitres entiers ! Appliqué aux 304807 lettres de la Torah toute entière, il pointe sur l’Interdit : le serpent maudit ! Sachant que, du même geste, la musique révèle l’existence du « diabolus in musica », l’Intervalle Interdit, nous voilà lancés en pleine enquête dans les coulisses sonores de la Parole de Dieu à travers les lettres hébraïques et la kabbale.

La Bible est un livre ancestral : une vieille histoire, impliquant hommes et Dieu, un texte sur lequel beaucoup se penchèrent, à chaque génération depuis des siècles, avec l’espérance d’y trouver un sens à leur vie comme à leur mort. Bible veut dire « livre » - du nom d’une ancienne ville phénicienne, experte en confection de papyrus : Byblos.

Sous cette appellation sont de fait réunis deux livres distincts, la Torah hébraïque et les Evangiles chrétiens, soudés ensemble par la tradition chrétienne, qui les nomma « Ancien » et « Nouveau Testament ». Il se tient en un lieu fort singulier du paysage humain, qui rend son approche particulièrement délicate : c’est sur lui que l’Occident posa la colonne centrale de son immense cathédrale multiséculaire.

Il fut nimbé tour à tour de la sainteté des saints, de la sagesse des sages, du désarroi des désemparés, de la folie des fanatiques, de la certitude des doctes, de la révolte des révoltés, il servi de juge de paix, d’inspiration aux inspirés, de la multitude des foules et de la solitude des seuls, il est sur les autels de serments et sert de boussole aux hommes perdus en quête de lumière.

Il fut considéré sous tous les angles, médité en chacun de ses versets, de ses mots,, de ses lettres, minutieusement recopié de copistes en copistes pendant des siècles, avant d’être un jour imprimé, battant bientôt tous les records d’édition ; il posa des problèmes théologiques complexes qui engendrèrent excommunications, hérésies, guerres, schismes, inquisitions, tortures et buchers.

En son nom, on a envahi des terres lointaines, détruit des civilisations, humilié, asservi et massacré des peuples entiers, mais aussi fondé des nations nouvelles sur des valeurs généreuses et des espérances grandioses. Il fut chanté, loué, traduit, enseigné, peint, sculpté, dessiné, gravé, mais aussi rejeté, diabolisé ; démystifié et critiqué.

Il fut exposé au scalpel des spécialistes : théologiens, philosophes, moralistes, historiens, archéologues, sémiologues, linguistes, mythologues, psychologues… mais fut-il pour autant « entendu » ? Il n’en continua pas moins de jouer imperturbablement son rôle, qui est de témoigner de sa propre existence, autrement dit de sa propre énigme.

Au sommaire de cet ouvrage on trouve :

Une voie auriculaire – le livre - le son - le Nombre -

YHY, le mot de passe : les lettres de l’Être - YHY, les lettres et le sens - YHY, les lettres et le son -

La chimère au fil du Livre : Adam et Eve - Le Nom ineffable - le serpent - dans le souffle du jour - Sous le signe de la Duplication - Gémellités - Jacob – Israël - Métaphysique du bégaiement - Jéricho, la citadelle du Souffle - le Saint des saints - Une voix de fin silence - Transition -

La part du diable : La prière du serpent - les secrets de Maître Polichinelle - le diable dans la musique - Anathème -

Interpréter, interpréter : Darash darash - la Fiancée - En fin de compte -

 

L’ARBRE DE VIE

Joachim Boaz

Edition EDIRU

 1991

L’arbre de vie intrigue et suscite la curiosité, bien qu’il soit impossible d’expliquer en quelques mots ce qui nécessite des années de patientes études, ce livre tente de présenter une première approche de sa définition et d’aider à prendre conscience d’une réalité inconnue, omniprésente, puissante et merveilleuse en tout point.

 

Des légendes américaines ont retracé la quête chimérique de l’Arbre de Vie par les nouveaux conquérants de l’Ouest. Dans les esprits populaire, l’Arbre de Vie devait être un véritable arbre végétal dont les fruits pouvaient et devaient procurer l’immortalité.

 

En fait, plus justement désigné sous le nom « d’Arbre de Vie » ou encore « d’Arbre Séphirotique » l’Arbre de Vie peut être défini comme étant un support de réflexion et de méditation pour des études métaphysiques.

 

La Sagesse signifie connaissance et compréhension des lois universelles, mais encore identification et réintégration dans les plans spirituels supérieurs, elle s’accompagne en général d’un comportement favorisant la concorde et l’harmonie.

 

Au sommaire de cet ouvrage :

Un arbre symbolique  -  la Zohar  -  Le Sepher Yezirah  -  Les bases du système  -  de la nature de l’homme  -  La kabbale  -  la guématrie  -  notarikon et témourah  -  les 7 principes hermétiques  -  L’alphabet hébreu et ses applications  -  Les sephires  -  Tout est vibration  -  Les divisions de l’arbre  -  le Nombre 3  -  La Trinité et l’alchimie  -  La Création  -  L’allégorie d’Eve et d’Adam  -  Les trois éléments primordiaux et les quatre éléments  -  Les colonnes  -  les piliers  -  Les Nombres  -  Addition et réduction théosophique  -  la symbolique des nombres  -  Platon et la tradition hébraïque  -  Les vibrations, les ondes, le son,  -  Infra-sons et ultra-sons  -  La lumière physique et les ondes de la vie  -  Rien ne se perd, rien ne se crée  -  la lévitation  -  Les ondes cérébrales  -  Le Tarot  -  Les couleurs  -  Les correspondances de l’Arbre de Vie  -  La méditation  -  Repères historiques de la Tradition  -

 

la rose aux 13 pÉtales - Introduction à la cabale et au judaïsme   -

Adin steinsaltz

Edition Albin Michel

 2002

Avec ce texte, le Rabbin Adin Steinsaltz nous introduit dans l’univers mystérieux de la mystique juive et nous livre les clés fondamentales de la Cabale, qui, au-delà de son apparente complexité exprime en langage symbolique l’essentiel de la quête de Dieu.

 

Une première partie facile et très agréable à lire, une deuxième partie qui demande une lecture de réflexion.

 

Un recueil de 190 pages par un des plus grands spécialistes de la Cabale.

 

Au sommaire de ce magnifique ouvrage :

 

Chapitre 1 : La rose aux 13 pétales  -  Des anges à sens uniques  -  Voir l’invisible  -  Le monde du Trône  -  Des anges parasites  -

Chapitre 2 : La manifestation du divin  -  Les dix lumières  -  Image de Dieu, image de l’homme  -  Une mécanique à moteur humain  -

Chapitre 3 : L’âme de l’homme  -  Les 5 étages de l’âme  -  Les Sephiroth de l’âme  -  La réparation  -

Chapitre 4 : La sainteté  -  Lieux saints  -  Les temps de la sainteté  -  L’année sainte  -  Une vie de sainteté  -

Chapitre 5 : La Torah  -La danse de la vie  -  La Thora un langage d’hommes  -

Chapitre 6 :L’Ethique ou la direction du choix  -  La vie : un aller-retour  -

Chapitre 7 : Image de Dieu, image de l’homme  -  L’homme microcosme  -

Chapitre 8 : La Techouvah  -  Revenir à soi  -  La révolution permanente  -  La réponse était dans la question  -

Chapitre 9 : La quête de soi  -  Où es-tu ?  6  l’homme solitaire  -  Au cœur de l’homme  -

Chapitre 10 : Les Mitssvot : les commandements  -  Prier au pluriel  -  La ronde des fêtes  -  Régime du corps, régime de l’âme  -   Le prochain de l’homme  -  La coupe d’abondance   -

 

la sagesse de la kabbale

Dan cohn - sherbok

Edition VÉGA

 2003

La tradition kabbalistique (la branche mystique du judaïsme) est animée par le désir de l’humanité de faire l’expérience de l’extase de la présence de Dieu. Mouvement subtil et mystérieux vieux de plus de deux mille ans, il est caractérisé par l’intensité de l’expérience spirituelle consignée par ses plus grands mystiques.


Cette anthologie vivante puise largement dans les œuvres de ces penseurs ainsi que dans des traités comme le Zohar (Livre de la Splendeur) et le Sepher Yezirah (Livre de la Création) afin de vous offrir une profusion de paroles inspirées et inspirantes.

 

Les thèmes de cette compilation vont de la préoccupation humaine du bonheur et de la vertu à des questions spirituelles telles que la nature de l’infini et l’idée de gloire divine, émaillées de pensées sur la méditation et la santé de l’âme.


Révélateur et attirant, ce petit livre de la sagesse kabbalistique offrira une nourriture spirituelle et matière à réfléchir à tous les lecteurs.

 

la vie quotidienne des hommes de la bible

André chouraqui

Edition FAMOT

 1979

En partant d’Abraham, l’auteur nous fait parcourir l’Ancien Testament à travers les hommes qui l’ont traversé, avec leurs problèmes, leurs vies  au quotidien en fonction de la religion et des impératifs de l’occupant :

Au sommaire de cet ouvrage très riche :

 

Le nomadisme, les mutations, les traditions, Salomon dans toute sa gloire, David, les façons de vivre, de bâtir, les fêtes juives, les épouses, les magies, les guerres, les grands inspirés, Moïse, Élisée, Amos, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Abraham, la justice, les impôts, la maison, l’eau, la chasse et la pèche, tissage, teinture et blanchissage, les chaussures, les bijoux, les repas et les boissons, l’ascèse, la mort et la sépulture, les racines du ciel, le temps, le calendrier, le Sabbat, la circoncision, les rêves et leur interprétation, Nathan, Elie, Elisée, Michée, Amos, Osée, les armes, la tribu, l’armée royale, la vieillesse et la mort, Baal, Astarté, Moloch, les prophètes, Moïse, Isaïe, Jérémie, Sophonie, la musique, la magie, l’extase, le sacré, les demeures de Dieu, le Temple de Jérusalem, pontifes et lévites, les anges, satan, la liberté, l’allégresse, l’espérance, eschatologie et messianisme…

 

Des tableaux chronologiques de l’histoire d’Israël terminent cet ouvrage.

 

LE BAHIR,  LE LIVRE DE LA CLARTÉ

traduit par J. gottfarstein

Edition VERDIER

 1983

Cet ouvrage dont on ne connait ni l’auteur ni la date de parution (vers le XIIe siècle ?) est le tout premier écrit appartenant à la littérature de la cabale.

 

Composé à partir de sources orientales encore peu connues, il en développe cependant la plupart des grands thèmes : mystique des lettres, migration des âmes, système des Sephiroth, combinaison des noms divins, procédure de prières, méditations sur la Création du monde et sur le mystère de la Merkabah (char céleste).

 

Il constitue à ce titre un complément précieux pour une bonne compréhension du Zohar. Les fragments pleins de secrets du Bahir abordent également la question du mal, et ce de manière si originale qu’un savant comme Gerschom Scholem a pu le décrire comme un livre gnostique et plein de secrets, qui ainsi le rende incontournable.

 

En fait, loin de croire à la réalité de deux principes souverains antagonistes, il considère que le mal autant que le bien sont l’œuvre du Dieu unique lui-même. Les pages les plus remarquables sont celles qui contiennent les énoncés sur le masculin et le féminin. Selon ce texte, le monde a été crée par leur union, et la rédemption des âges messianiques ne s’obtiendra que par elle.

 

LE BESTIAIRE  DE  LA  BIBLE

J.J FROGER et J.P DURAND

ÉDITION  DÉSIRIS   

1994

Pourquoi ce bestiaire de la Bible ? A cause d’un regard tout à fait nouveau sur le symbole. De la même façon que la Bible raconte comment Noé sauva toutes les espèces animales du déluge d’eau, une théorie du symbole doit montrer comment toutes les interprétations culturelles, les métaphores et les usages figuratifs des objets du monde sont fondés en réalité sur la fonction symbolique qui les sauve tous du désordre psychique. Pourquoi c’est précisément un « serpent » qui doit parler à Eve pour la tenter ? Pourquoi c’est « une colombe » qui doit apparaître et se poser sur Jésus au moment de son baptême ?

Il faut pour répondre à ces questions, comprendre ce que le serpent ou la colombe concrets montrent à l’intelligence à travers le voile de l’analogie ; nous découvrons alors que tout le monde sensible est signifiant du monde intelligible. En particulier, les animaux montrent à l’homme le miroir de sa vie psychique.

C’est pourquoi Dieu les fait défiler devant Adam : Il veut que cet Homme- que nous sommes- prenne conscience de lui-même sous tous les aspects et surtout découvre le secret de l’humanité.

Si les multiples facettes de la vie psychique et spirituelle peuvent se refléter dans le monde des animaux, le côté unique qui fait que l’homme est Homme est un secret non dévoilé dans la Nature. L’homme doit le découvrir après avoir tout examiné et après s’être réveillé de la connaissance de lui-même ; ce secret, c’est la merveille centrale de la création : La Femme.

 

Pourquoi un bestiaire de la Bible ? Pour accompagner le recherche du beau et du bien jusques en son ultime dévoilement dans l’Apocalypse : La Femme que le soleil enveloppe, la lune sous les pieds, la tête couronnée de douze étoiles (carte que l’on retrouve dans certains tarot en arcane 17-l’étoile- ou en arcane 18-la Lune-)

Ce bestiaire développe les points suivants :


Les quatre vivants, les eaux, la quadrature du cercle, la genèse de la femme, le dragon, le serpent, la vipère, l’aspic, la grand poisson et la pèche miraculeuse, le lézard, le pur et l’impur, la fourmi, l’âme psyché de type animal, du sacrifice en général et de l’agneau égorgé en particulier, l’antilope, l’oryx, le chamois, l’épectase, le cerf, la biche, le faon, l’onagre, la panthère, le léopard, le lion, le lynx, l’ours, le chameau, le cheval, l’âne, le mulet, le coq, la poule et l’œuf, le scorpion, l’araignée, la perle, le byssus et la nacre, la Jérusalem céleste, le cochon, le lièvre, le chien et le loup, les rapaces, les vautours et les aigles, le cheval vert, le chat, la baleine, le poisson et la grenouille, le perroquet, l’autruche, la chouette, la chauve- souris, le rat et le coucou, l’abeille, le frelon et la guêpe, Déborah et Jean Baptiste, les sauterelles, les criquets et les grillons, le renard, le chacal et la hyène, le crocodile, l’hippopotame et l’éléphant, le singe, le ver, la mouche et le moustique .

 

LE CANTIQUE DES CANTIQUES  -   TALISMAN SUR TON CŒUR. POLYPHONIE SUR LE CANTIQUE DES CANTIQUES

David Isaac Haziza

Edition du Cerf

2017

Sacré parce que érotique, érotique parce que sacré, tel est le Cantique des Cantiques. C'est cette lecture totale qu'offrent, pour la première fois en français, la nouvelle traduction et l'essai polyphonique de David Haziza. Convoquant les plus récents apports de la philologie, de l'archéologie ou des mythologies comparées, il explore les multiples facettes du plus vieux poème d'amour qui nous ait été légué. En ces temps où, sans les lire, on parle tant au nom des textes saints, il montre d'abord, et surtout, combien se confronter au Cantique relève du geste théologique, poétique, mais aussi politique. Un premier essai brillant, iconoclaste et sûr où, aux confins de la religion et du blasphème, dans la compagnie des voix dissidentes de tous les temps, la langue se mesure au corps.

 

Nigra sum sed formosa, filiae Jerusalem. Je suis noire mais je suis belle, filles de Jérusalem. Ainsi lisait-on, apprenait-on pour ses études littéraires, le Cantique des cantiques, ce livre énigmatique de la Bible. Tout était dans le «sed», dans le «mais», un peu comme l’«ergo» du Cogito. Les modulations du verbe être… Ce passage du Cantique est sans doute le plus fameux, repris par allusion à maintes reprises. Pour ne donner qu’un exemple : l’incipit de Gaspard, Melchior et Balthazar de Michel Tournier, «Je suis noir mais je suis roi.» Le Cantique des cantiques fait partie de la culture commune, il n’est pas nécessaire d’avoir suivi des études de théologie pour en avoir eu vent, c’est là sans doute un des secrets des textes bibliques. Au même titre qu’Adam et Eve, le passage de la mer rouge, les cheveux de Samson, les cavaliers de l’Apocalypse, et bien d’autres épisodes encore, le Cantique des cantiques est de ces motifs civilisationnels que nous portons en nous, sans le savoir, comme ces chansons que nous pouvons fredonner sans avoir le moindre souvenir de les avoir apprises, ni même entendues.

 

Le Cantique des cantiques, texte érotique. Mais – toujours ce «mais» –symbolique. Les étreintes et allusions sensuelles ne sont que des métaphores, attention ! Et le texte entier une allégorie. Comment aurait-on pu justifier autrement la présence de ce livre dans le canon biblique ?«Viens mon chéri, sortons dans les champs, couchons sous les cyprès ! Nous nous lèverons matin aux vignes, verrons si s’épanouit le cep, si éclatent les pousses, si bourgeonnent les grenadiers. Là donnerai mes caresses : à toi.»

 

David Isaac Haziza s’attèle au Cantique, et en donne sa propre traduction. Avant de comprendre le déroulé de l’histoire du texte, il faut revenir à la source. Car ce texte a une histoire, histoire de rejet et de reconnaissance, et histoire de son interprétation : la Sulamite a-t-elle un amant, ou deux ? Salomon y tient-il le rôle principal ? Sommes-nous face à un poème pastoral – au sens bucolique du terme – ou réellement aux prises avec une allégorie des plus subtiles ? Haziza prend position dès les premières pages de son essai, rejoignant quelques conclusions solides, d’Abraham Ibn Ezra à Ernest Renan : deux amoureux. Et Salomon n’y tient pas le beau rôle : «il l’a enlevée pour la placer parmi les odalisques de son harem, mais elle se refuse à ses étreintes.»

 

Talisman sur ton cœur est un essai contemporain. Immédiatement contemporain. Dans lequel la voix de l’auteur se fait entendre, non pour étaler un quelconque égocentrisme, mais pour expliquer une démarche particulière. Les grands textes, et qui plus est les textes fondateurs, cachent en eux un secret d’évidence : ils nous parlent, et parlent de nous. Quelle que soit l’époque, quel que soit le contexte. Ils sont, en cela, universels bien entendu, mais surtout refondateurs. On vient s’y abreuver, et y chercher du sens : «J’ai commencé à relire le Cantique quelques semaines après le massacre de Charlie Hebdo. Rien à voir me direz-vous ? Erreur, il y a tout à voir. Tout.

Le fait peut-être d’abord que je l’avais lu attentivement à l’époque du martyre d’Ilan Halimi.»

 

Il y a là une façon moderne – ou post-moderne, je ne sais pas –, en tous cas une façon nouvelle, et diablement intéressante, de poser les bases de sa réflexion. De fixer sans ambages non seulement le lieu d’ «où» l’on parle, mais aussi de «quand» l’on parle. Pour David Isaac Haziza, l’essai théologique rejoint l’actualité, et ouvre sur des réflexions politiques qui n’ont rien de politiciennes. L’analyse du texte n’est pas passée au filtre de l’actualité immédiate, elle n’est pas soumise à l’ici et maintenant : elle en tient compte, ce qui est tout à fait différent. C’est une démarche intellectuellement, et humainement, honnête. L’érudition dont fait preuve Haziza à propos du Cantique et de son exégèse ne nuit en rien à la lecture de cet essai brillant. Les références historiques et théologiques appuient un propos résolument contemporain et éclairent notre actualité, nous poussant à notre tour à la réflexion. Cette Marianne aux seins nus qui représente notre République n’est-elle qu’une allégorie ? Nous sommes, là aussi, là encore, dans l’érotique… «L’allégorie ne fonctionne vraiment que si le signifiant compte autant que le signifié.» En citant Proust autant que le Talmud, en renvoyant à Dieu autant qu’à nos transcendances particulières, personnelles et collectives, en évoquant Magritte et le Midrach, en rappelant le parallèle entre «connaître» et «aimer», David Isaac Haziza ouvre pour nous de nouveaux chemins de résonances. Le Cantique des cantiques, ce livre-mystère fondateur, allégorico-érotique, devient ainsi motif à réflexion contemporaine.

 

LE CANTIQUE DES CANTIQUES

 Traduction d’Ernest Renan et J. Lefèvre d’Etaples

Edition Du SEUIL

 1994

Ces poèmes que l’on prête à Salomon, sont toujours à lire et à relire avec bonheur. Petit livre  (10x15) dans un très beau papier ivoire, très agréable à lire et à feuilleter.  Traduction de Jacques Lefèvre d’Etaples et d’Ernest Renan.

 

La plupart des hommes de ce monde redoutent la solitude et la réflexion. Ils aiment mieux être surchargés d’invitations et d’affaires que d’avoir du temps pour réfléchir. Leur conscience mal à l’aise voudrait alors faire entendre sa voix ; mais ses avertissements sont souvent étouffés par ce mot commode : devoir ; et bientôt oubliés volontairement. Si l’on a sur la conscience des péchés non jugés, la pensée de Dieu comme juge est redoutable pour une âme irrégénérée. Elle ne peut pas supporter la lumière, c’est pourquoi elle préfère les ténèbres. Toute occasion est bonne pour échapper à une calme et sérieuse réflexion. Les plaisirs du monde servent aussi à atteindre le même but.

 

On n’accorde ni pensée ni temps aux réalités de l’âme ; on ne prend aucun soin de ses profonds et pressants besoins. Mais « que profitera-t-il à un homme s’il gagne le monde entier, et qu’il fasse la perte de son âme ; ou que donnera un homme en échange de son âme ? » (Marc 8:36-37). Hélas ! tel est l’homme sans la connaissance de Dieu, de sa condition comme pécheur et dans l’ignorance de Jésus comme le Sauveur.

 

Entretenons avec soin un esprit de méditation. Plus la séparation d’avec le monde sera réelle, plus la communion avec Jésus sera profonde et plus la bénédiction qui en résultera sera grande. Il ne doit pas y avoir de sympathie dans l’esprit et le coeur pour le monde ; et, quoique dans le monde, tenons-nous loin de son agitation et de son impiété. Un abîme sépare les croyants du présent siècle mauvais : « Ils ne sont pas du monde », a dit Jésus, « comme moi je ne suis pas du monde ». La position de Christ en résurrection détermine la nôtre, car nous sommes ressuscités avec lui. Le calme, le repos de l’âme en communion avec le Seigneur glorifié, sont les moments les plus précieux sur la terre. On peut les connaître dans une chambre de maladie, au milieu de son travail ou dans l’accomplissement des devoirs de la famille. Tout dépend de l’état du coeur. Être seul, et pourtant ne plus l’être, car Christ est là, quelle part bénie !

 

Pourquoi ce précieux petit livre a-t-il été appelé « Le cantique des cantiques » ? Précisément parce qu’il est de Salomon, un type de Christ qui, au temps convenable, sera roi à Jérusalem, dans la gloire du vrai Salomon. C’est d’après le même principe que le Seigneur est appelé « Roi des rois et Seigneur des seigneurs ». La prééminence en toutes choses lui appartient.

 

Il y a plusieurs cantiques dans l’Écriture : Moïse, Marie sa soeur et ses compagnes, Débora et David ont tous chanté la bonté du Seigneur. Il est écrit de Salomon « qu’il fit mille et cinq cantiques » (1 Rois 4:32) ; mais celui-ci est appelé « Le cantique des cantiques ». Il surpasse tous les autres. C’est la mélodie de coeurs remplis de l’amour divin. « Nous, nous l’aimons parce que lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4:19). Si seulement nous étions toujours capables de chanter nos cantiques avec le coeur et l’intelligence !

 

 

Au sommaire :

Ruth   -   L’Ecclésiaste   -   Les lamentations de Jérémie   -   Esther   -   Le chapitre IV du Cantique des Cantiques traduit par Lefèvre  d’Etaples   -   Le Cantique des Cantiques traduit de l’hébreu par Ernest Renan   -   Notes sur les 5 rouleaux   -

 

LE CANTIQUE DES CANTIQUES

J. C. Saladin et M. Alain Ouaknin

Ed. Diane de de Selliers

 2016

Le plus beau chant d'amour Ecrit entre le VIIe et le VIIIe siècle avant Jésus-Christ et intégré à la Bible dans les premiers siècles de notre ère, Le Cantique des cantiques - littéralement " le plus beau Chant " en hébreu - étonne et émerveille. Echange amoureux entre un homme et une femme, ces 117 vers attribués à Salomon mêlent passion et sensualité à travers métaphores et symboles qui ont alimenté les commentaires des plus grands exégètes au fil des siècles. Au-delà des différentes interprétations religieuses et philosophiques, ce texte est un poème inspiré qui exalte l'amour. La tradition des bibles polyglottes Notre édition s'inscrit dans la tradition des bibles polyglottes de la Renaissance qui, sous l'impulsion des humanistes - Erasme le premier -, enrichissent la Vulgate des textes grec et hébreu.

 

Ces lectures permettent de remonter aux origines des textes sacrés et par là- même de questionner le sens du texte hébreu et les traductions établies par les docteurs de l'Eglise. Une vision universelle inédite C'est dans cet esprit humaniste que nous avons accompagné Le Cantique des cantiques en hébreu, grec et latin de quatre traductions françaises : celles de la Bible de Jérusalem, de la Bible Segond, de la Bible du Rabbinat et de la Bible de Chouraqui. Une invitation à la réflexion par la présentation en parallèle des textes utilisés par les communautés catholiques, protestantes et juives ainsi que celui d'André Chouraqui, universel par sa force poétique et sa recherche linguistique. Ces différentes traductions révèlent la beauté multiple de ce poème et l'importance de chaque interprétation.

 

Des introductions passionnantes sur le polyglottisme Dans son introduction, " Le Cantique et les langues ", Jean-Christophe Saladin retrace la tradition des bibles polyglottes en Europe, entre histoire et anecdotes, succès et déboires. Dans son introduction, " Les quatre niveaux d'interprétation d'un texte hébreu ", Marc-Alain Ouaknin Des annexes essentielles pour approfondir la lecture Dans sa postface, " Une poésie érotique religieuse ", Jean-Christophe Saladin évoque les origines égyptienne, sumérienne et palestinienne du Cantiques des cantiques.

Avec son regard d'historien, il étudie avec attention toutes les pistes d'interprétation de ce texte en évoquant la poésie érotique sacrée comme lien fort entre toutes les cultures qu'il convoque, depuis les chants d'amour du dieu Vishnu jusqu'aux mariages célébrés en Syrie au XIXe siècle.

 

Les avis sur la date éventuelle de la rédaction du Cantique divergent. Pour certains, le texte qui fait de nombreuses références à Salomon (3 : 7, 9, 11 ; 8 : 11, 12) aurait été composé par Salomon lui-même, fils de David. La date la plus reculée a été fixée vers 915-913 avant notre ère. Cette thèse prévaut chez les critiques juifs et chrétiens du xixe siècle. D’autres considèrent que le texte est plus récent mais qu’il renferme des allusions à des époques archaïques. Les auteurs qui se fondent sur des analyses linguistiques estiment généralement que le texte ne peut être daté qu’autour du 3ie siècle avant notre ère. Parmi les savants modernes, Chaim Rabin (1973) revient à l’hypothèse de l’origine salomonienne du texte, en évoquant surtout l’influence religieuse indienne sur la civilisation hébraïque jusqu’au deuxième millénaire avant notre ère. Cette influence indienne serait manifestée dans le texte du Cantique par le fait que c’est la femme qui est le sujet principal de l’énonciation, que le renouveau de la nature y est célébré, et qu’enfin, la note dominante du sentiment amoureux, par-delà une certaine agressivité du mâle, est la langueur de l’amante, coloration particulièrement familière, selon l’auteur, à la poésie tamil.

 

L’auteur suppose que le texte aurait pu être écrit par quelqu’un qui aurait voyagé en Arabie du Sud jusqu’en Inde, à l’âge d’or du commerce juif avec l’Orient, qui correspond aussi bien à l’époque de Salomon qu’à celle de la poésie tamil. Signalons qu’Adam Clarke au xixe siècle avait déjà établi des parallèles entre le Cantique et le texte de la Gita-Govinda. Ces interprétations constatent des similitudes avec une divinité indienne (Krishna, par exemple) à la fois sensuelle et mystique, et l’amante du Cantique ; mais ils oublient de signaler que l’énonciation du Cantique est très spécifiquement individualisée, assumée par des sujets autonomes et libres qui, comme tels, apparaissent pour la première fois dans la littérature amoureuse mondiale.

 

Les premières interprétations juives, comme plus tard les chrétiennes, sont allégoriques. Les rabbins voient dans l’amour du Cantique la relation entre Yahvé et le peuple élu. C’est l’interprétation du Midrash, ainsi que des commentaires médiévaux, Saadia Rashi, Ibn Ezra. Sur la base de données linguistiques, on pense que le Targum du Cantique daterait du ve siècle après notre ère, jusqu’au IXe siècle au plus tard. On trouve dans le Targum le célèbre constat du grand savant Saadia (892-942) selon lequel le Cantique est un coffre dont les clés sont perdues. L’interprétation chrétienne, à la suite, y verra l’aspiration de l’Église vers Dieu, quand ce n’est pas le pressentiment de l’amour de la Vierge, ou de l’amour mutuel du Christ et de l’Église. Certains moralistes s’offusqueront des avances faites par une femme, et bergère de surcroît, à un souverain, et trouveront cette psychologie invraisemblable ou non occidentale. Bossuet, en 1693, remarque la correspondance entre la semaine nuptiale juive et la division du Cantique. Il va s’ensuivre une théorie du Cantique comme transposition de chants nuptiaux qui comprend l’étude de Renan mais aussi des travaux plus ethnologiques comparant le Cantique aux coutumes nuptiales syriennes. Des relations ont pu être établies entre le Cantique et les cultes païens de fertilité célébrés en Mésopotamie. On a pu y voir un culte du Dieu Tammuz-Adonis plutôt que du Dieu d’Israël.

 

Le mysticisme juif, bien connu actuellement grâce aux travaux de G. Scholem, interprète le Cantique à la lumière de ce qu’on a pu appeler la déesse hébraïque. Pareilles exégèses fondent sur la démonstration qu’à l’origine, Yahvé était représenté par une compagne féminine. Plus tard, lorsqu’il devint interdit de représenter Dieu, la femme fut réduite à la position de gardienne, représentée par deux chérubins féminins. Après la destruction du premier temple, l’idée s’impose que Dieu seul possède les deux aspects, mâle et femelle, et désormais les chérubins ne signifient plus que des attributs divins. Pour le Talmud, le chérubin mâle représente Dieu, et le chérubin féminin le peuple d’Israël. La kabbale enfin, développe la théorie mystique des Séphiroth et considère le Roi et la Maronite comme deux entités divines. Notons, pour finir, que le « féminisme », comme une filiation avec une certaine tradition hindouiste dans les études du Cantique, y déchiffre un exemple d’appui pour son interprétation « dé-paternalisante » du judaïsme 

 

Le fait que l’amour soit représenté dans le Cantique comme l’antidote puissant de la mort, a conduit certains chercheurs à trouver des rapports entre ce texte et les célébrations orgiaques des cultes funéraires babyloniens et grecs, tels que les attestent, entre autres, des textes ugarites. La présence obsédante de la myrrhe et des épices couramment utilisées dans ces banquets mortuaires et orgiaques, est invoquée comme pièce à conviction, ainsi que certaines données linguistiques. Rappelons que le grec herma, et l’ugaritique et l’hébreu yàd, « main », sont utilisés pour désigner le phallus et la stèle mortuaire. De même, en hébreu, « mémoire » et « phallus » semblent liés à la même racine, *dkr, *zkr. Comment ne pas prêter attention à ces interprétations quand on lit dans le Cantique que « l’amour est aussi fort que la mort » ?

 

En laissant de côté l’étymologie, je vous propose une lecture basée sur la stylistique et la psychanalyse. Pour le texte français du Cantique, on lira Le Cantique des cantiques, suivi des Psaumes traduits et présentés par A. Chouraqui (PUF, 1970), ainsi que l’édition de la Pléiade que nous citons dans ce qui suit. Trois procédés dominent ce texte : le superlatif, la comparaison et l’allégorie. En effet, le terme de Shir ha-Shirim, « Le Cantique des cantiques », est un superlatif qui, d’emblée, excepte l’incantation amoureuse de tout autre discours, chant, sacré. Ce titre ne dévoile pourtant pas le ressort allégorique de l’incantation dramatique qu’il contient. Ce sera fait par le Livre des lamentations, qui porte en hébreu le nom du premier mot du texte « comme », èykàh (« Comme elle est assise à l’écart, la ville populeuse, elle est comme une veuve… »). Cependant, l’adverbe de comparaison, pivot des allégories, des symboles, du sens figuré, convient aussi bien, sinon plus, au chant d’amour qu’à la complainte. À moins que, réunis dans les Cinq Rouleaux, et séparés à peine par l’histoire de Ruth la Moabite, qui en assure peut-être plutôt la continuité heureuse, amour et lamentation ne soient des invocations jaillies du même fond d’incomplétude, de défaillance, d’appel au sens. L’amour comme plainte qui ne s’avoue pas ? La plainte comme amour qui s’ignore ?

 

La dramaturgie et la lyrique grecque d’une part, les cultes mésopotamiens de fertilité d’autre part, irriguent sans doute ce chant aux accents souvent païens qui trouve pourtant sa place naturelle dans la Bible. Les rabbins l’ont compris vers l’année 100, à Yabnéh, lorsqu’ils ont fini par accepter, non sans réserves, le dialogue amoureux au sein même des écritures sacrées. « À l’origine, les Proverbes, le Cantique des cantiques et l’Ecclésiaste furent supprimés : parce qu’ils étaient considérés comme de simples paraboles qui ne faisaient pas partie des Écritures saintes (les autorités religieuses) s’élevèrent pour les supprimer ; (et il en fut ainsi) jusqu’à la venue des hommes de Hezekiah qui les interprétèrent ». Rabbi Akiba, de son côté, défendit avec ferveur, et sans doute avec ironie, le droit de cité du texte contesté : « Dieu nous préserve ! Jamais homme en Israël n’a discuté le caractère sacré du Cantique des cantiques ; car le monde entier n’est pas digne du jour où le Cantique des cantiques fut donné à Israël. Si toutes les écritures sont saintes, le Cantique des cantiques est plus saint que les autres. »

 

LE  CANTIQUE  DES  CANTIQUES

Commentaires d’OTHMAR KEEL  

Edition  DU  CERF

 1997

Le Cantique des Cantiques est incontestablement le texte le plus « torride » de la Bible, à l’imagerie érotique flamboyante, et qui n’a pas été sans poser de multiples problèmes à tous ses lecteurs religieux. A tel point que, après la destruction du second Temple de Jérusalem, lorsque ceux qui n’étaient pas encore des rabbins se réunirent à Yabné pour fixer le canon des Ecritures -qui allaient désormais faire foi-, tout alla paisiblement jusqu’à ce qu’on en arrivât précisément au Cantique des Cantiques. L’attribution de ce texte au grand roi Salomon ne suffisant apparemment pas, on s’apprêtait sans doute à le faire disparaître, lorsqu’intervint le très sage Aqiba (celui là même qui, dans une célèbre vision, vit Dieu face à face et entra dans  le mystère de la chambre nuptiale), déclarant que tous les écrits étaient saints, mais que « le chant des chants était le saint des saints ».

 

Au nom, il faut bien le dire, d’une lecture allégorique qui, comme son nom l’indique, en revient à voir dans un texte, non pas ce qu’il dit à l’évidence, mais ce que l’exégèse en tire en  le détournant de son sens obvie. La descendance en sera longue, qui dans la plainte d’amour pour l’époux recherché, verra, selon les traditions, la quête de l’alliance renouvelée entre Israël et son Dieu, ou entre l’Eglise et le Père, ou la course de l’âme vers le Christ absenté au plus haut des cieux : au XVIe siècle, lorsqu’il écrit son cantique spirituel, c’est encore dans cette veine que s’inscrit quelqu’un comme saint Jean de la Croix.


Sans vouloir entrer dans la querelle d’une lecture littérale ou de ce qu’il était autrefois convenu d’appeler une lecture anagogique ; sans vouloir entrer non plus dans la dispute de savoir si le Cantique des Cantiques est l’œuvre d’un ou de plusieurs auteurs, il faut simplement signaler, comme l’ensemble du poème, qu’il est irrigué de motifs mythologiques, qui puisent leurs racines dans l’environnement culturel de l’époque, que ce soit de l’Egypte antique ou celui de la Mésopotamie.

 

Dans une étude qu’il fit, le bibliste Théophile Meek avait déjà largement introduit le parallèle entre le Cantique des Cantiques et les vieux textes liturgiques de la hiérogamie entre Dumuzi et la déesse Innana, thèse reprise, avec plus de rigueur, et sans doute plus de pertinence, par Kramer et Bottéro. On y retrouve l’abondance de miel et tous les parfums qui débordent du Cantique, on y retrouve la fameuse «descente au jardin », on y retrouve tous les thèmes des arbres sacrés comme le figuier, le pommier ou l’allusion à la vigne qui se marie au palmier dattier.


Dans cet ouvrage commenté, Othmar Keel a systématiquement relevé toutes ces occurrences, en y ajoutant sa profonde connaissance de l’Egypte. Comment ne pas se souvenir en effet des déclarations du grenadier dans le papyrus Chester Beatty « Mes graines sont pareilles à ses dents, mes fruits sont comme ses seins… »


L’attribution à Salomon paraît logique dans ce contexte, lui qui, nous rappelle le texte sacré (I Roi II, 5). C’est un texte brûlant d’érotisme, un texte mystique et interrogateur. L’auteur s’intéresse au langage métaphorique et symbolique du Cantique, qu’il éclaire à l’aide de parallèles littéraires et iconographiques.

 

Plus de 160 illustrations soutiennent l’interprétation exégétique. Une des meilleures interprétations commentées de ce Cantique des Cantiques

 

LE CANTIQUE DES CANTIQUES   - RITUEL INITIATIQUE   -                        N° 73

Michel Lapidus

Edition Maison de Vie

2016

S'il y a bien un texte déroutant dans la Bible, c'est le Cantique des cantiques. Reprenant la traduction de ce texte difficile, Michel Lapidus l'aborde ici en tant qu'oeuvre initiatique. Son interprétation approfondit le sens symbolique et ésotérique de cette oeuvre en s'appuyant à la fois sur une traduction suivie donnant le sens le plus couramment adopté par les différents traducteurs l'ayant précédé, et une traduction littérale entièrement nouvelle qui reste au plus près des mots, sans parti pris dogmatique. Ainsi parvient-il à entrer dans le jardin hermétiquement clos du Cantique des cantiques et à nous faire goûter la saveur du la saveur du secret qui l'irrigue

 

On trouve  de grandes différences dans les interprétations du Cantique des Cantiques. À la vérité, elles diffèrent parce que le Cantique des Cantiques ressemble à une serrure dont on aurait perdu la clé». Ainsi s’exprime Saadia ben Joseph, un commentateur juif du 10e siècle. Il y a bien une énigme du Cantique, qui apparaît dès qu’on envisage l’histoire de son interprétation depuis ses débuts. À de rares exceptions près (comme Théodore de Mopsueste vers 400), les Anciens ont lu naturellement le Cantique comme une allégorie de l'amour entre Dieu et ses fidèles (envisagés collectivement ou individuellement): pour les Pères de l’Église et les Médiévaux, comme pour les rabbins, la portée symbolique du Cantique était une évidence. C'est d’ailleurs ce mode de lecture qui a permis au Cantique de devenir la matrice scripturaire de la mystique chrétienne. Aujourd'hui, la majorité des exégètes estime, avec autant de bonne foi, qu'une telle interprétation appartient à un âge révolu de la lecture du texte biblique.

 

Certains lisent le Cantique comme un poème profane, un dialogue entre un homme et une femme qui s'émerveillent de la beauté du corps de l'autre. D’autres exégètes expliquent que, si le nom divin est absent du poème, c’est parce que le Cantique défend une conception désacralisée de l'amour érotique : le message théologique du Cantique serait de dire, paradoxalement, que l'éros est une réalité profane – ce qui ne veut pas dire profanée. La tendance croissante de ces dernières années consiste à rechercher un inter-texte biblique pour lire le poème. C’est en général les  chapitres 2–3 de la Genèse qui sont choisis: le récit du jardin d'Éden, où Adam découvre avec émerveillement sa compagne, Ève : «Pour le coup, celle-ci est l'os de mes os et la chair de ma chair. Elle sera appelée femme, car de l'homme elle a été tirée» (Gn 2,23). Le Cantique tenterait de déployer ces quelques mots admiratifs au sein d’un dialogue où la femme s’affirme comme l’égale de son partenaire masculin.  

 

La confrontation des principes herméneutiques des Anciens et des Modernes ne peut manquer d'interpeller ceux qui ont appris que l'histoire d'un texte n'est pas extrinsèque à celui-ci. «Le Cantique des cantiques, est l'un des textes qui peut le mieux illustrer l'opportunité d'une ouverture de l'analyse à l'histoire de la réception». Entreprise au 3e s. avant Jésus-Christ, la traduction grecque dite des Septante est la plus ancienne traduction de la Bible hébraïque (l’Ancien Testament des chrétiens). À ce titre, elle en est aussi la première interprétation. Elle a constitué la Bible de référence pour tous ceux qui, dans le judaïsme de langue grecque ou dans l’Église ancienne, n’avaient plus accès à l’hébreu. Elle a été la source d’interprétations originales, qui auraient été impossibles à partir du texte hébreu. Elle a acquis son autonomie et a eu sa postérité à travers les traductions latines, coptes, arméniennes, éthiopiennes, etc., qui l’ont prise pour base. Bien que la traduction grecque du Cantique soit très littérale, elle présente des options de traduction significatives. En fait, les thèmes du Cantique qui ont le plus inspiré la spiritualité chrétienne sont propres au texte grec : l’invitation à se connaître soi-même, la charité bien ordonnée (Ct 2,4), la blessure d’amour (Ct 2,5), et la maternité allaitante du Verbe divin (Ct 1,2). Cette version est digne d’intérêt, en particulier en raison de sa riche tradition d’interprétation.

 

Le fait que l’amour soit représenté dans le Cantique comme l’antidote puissant de la mort, a conduit certains chercheurs à trouver des rapports entre ce texte et les célébrations orgiaques des cultes funéraires babyloniens et grecs, tels que les attestent, entre autres, des textes ugarites. La présence obsédante de la myrrhe et des épices couramment utilisées dans ces banquets mortuaires et orgiaques, est invoquée comme pièce à conviction, ainsi que certaines données linguistiques. Rappelons que le grec herma, et l’ugaritique et l’hébreu yàd, « main », sont utilisés pour désigner le phallus et la stèle mortuaire. De même, en hébreu, « mémoire » et « phallus » semblent liés à la même racine, *dkr, *zkr. Comment ne pas prêter attention à ces interprétations quand on lit dans le Cantique que « l’amour est aussi fort que la mort » ?

 

Pour le texte français du Cantique, on lira Le Cantique des cantiques, suivi des Psaumes traduits et présentés par A. Chouraqui (PUF, 1970), ainsi que l’édition de la Pléiade. Trois procédés dominent ce texte : le superlatif, la comparaison et l’allégorie.

 

En effet, le terme de Shir ha-Shirim, « Le Cantique des cantiques », est un superlatif qui, d’emblée, excepte l’incantation amoureuse de tout autre discours, chant, sacré. Ce titre ne dévoile pourtant pas le ressort allégorique de l’incantation dramatique qu’il contient. Ce sera fait par le Livre des lamentations, qui porte en hébreu le nom du premier mot du texte « comme », èykàh (« Comme elle est assise à l’écart, la ville populeuse, elle est comme une veuve… »). Cependant, l’adverbe de comparaison, pivot des allégories, des symboles, du sens figuré, convient aussi bien, sinon plus, au chant d’amour qu’à la complainte. À moins que, réunis dans les Cinq Rouleaux, et séparés à peine par l’histoire de Ruth la Moabite, qui en assure peut-être plutôt la continuité heureuse, amour et lamentation ne soient des invocations jaillies du même fond d’incomplétude, de défaillance, d’appel au sens. L’amour comme plainte qui ne s’avoue pas ? La plainte comme amour qui s’ignore ?

 

La dramaturgie et la lyrique grecque d’une part, les cultes mésopotamiens de fertilité d’autre part, irriguent sans doute ce chant aux accents souvent païens qui trouve pourtant sa place naturelle dans la Bible. Les rabbins l’ont compris vers l’année 100, à Yabnéh, lorsqu’ils ont fini par accepter, non sans réserves, le dialogue amoureux au sein même des écritures sacrées. « À l’origine, les Proverbes, le Cantique des cantiques et l’Ecclésiaste furent supprimés : parce qu’ils étaient considérés comme de simples paraboles qui ne faisaient pas partie des Écritures saintes (les autorités religieuses) s’élevèrent pour les supprimer ; (et il en fut ainsi) jusqu’à la venue des hommes de Hezekiah qui les interprétèrent ». Rabbi Akiba, de son côté, défendit avec ferveur, et sans doute avec ironie, le droit de cité du texte contesté : « Dieu nous préserve ! Jamais homme en Israël n’a discuté le caractère sacré du Cantique des cantiques ; car le monde entier n’est pas digne du jour où le Cantique des cantiques fut donné à Israël. Si toutes les écritures sont saintes, le Cantique des cantiques est plus saint que les autres. »

 

LE CANTIQUE DES CANTIQUES

Jean-Yves Leloup

Ed. Presses du châtelet

2017

Peu de livres de l’Ancien Testament ont été autant commentés que le Cantique des cantiques, long poème chantant l’union du Bien-Aimé et de la Bien-Aimée. On ne l’aborde pas sans en être transformé, car il y brûle un feu singulier autant qu’universel…

 

Les nombreuses exégèses de ce texte, qu’elles soient chrétiennes, hébraïques ou profanes – union de l’âme avec Dieu, illustration de la Création divine, poème érotique – se complètent plus qu’elles ne se contredisent. Chacun approche le Cantique de façon unique, avec sa crainte et son émerveillement, son savoir et son désir…

 

L’intensité de la lumière qu’il en reçoit dépend de la qualité du regard qu’il lui porte. Écoutant le chœur des différentes traditions et analysant leur richesse, Jean-Yves Leloup offre à son tour une vibrante traduction de ce « buisson ardent de mots exotiques », d’où rayonnent toutes les étincelles de l’Amour

 

Pénétrer le parc paradisiaque du Cantique des cantiques, c’est entrer dans ce beau jardin sensuel des fleurs et des animaux exotiques, des épices et des aromates aphrodisiaques, des fruits exquis et du vin parfumé. Ce jardin éveille et excite tous les sens. On aspire la senteur des parfums qu’exhalent la myrrhe, le nard, ainsi que la fragrance du pommier en fleur.

On regarde les bondissements des gazelles sur les montagnes. On savoure des gâteaux de raisins et de dates et on déguste le meilleur des vins et des liqueurs. On entend les roucoulements de la tourterelle et de la colombe.

On cueille des lis et caresse le poil doux d’un faon. La bien-aimée invite son amour à entrer dans son jardin pour manger de ses fruits exquis (4.16). Il y vient pour recueillir sa myrrhe avec ses aromates, manger son miel et boire son vin (5.1). Il y descend, comme une gazelle, pour paître parmi les lis (6.2-3,11). Ce jardin, comme le vignoble, le verger ou le champ, symbolise le corps, plus précisément, la sexualité.

 

Voilà pourquoi ce Cantique est « Le Cantique des cantiques » au sens superlatif. C’est le chant incomparable, le poème le plus beau, le cantique sublime1. Entrer dans ce paradis (Pardès, 4.13) des amoureux, dans lequel sentir ces fragrances et savourer ces délices symbolisent le désir et le plaisir, c’est évidemment franchir le seuil du monde de la métaphore. Les métaphores du Cantique éveillent les sens, d’où la conscience de la sensualité. Aspirer des parfums, c’est l’appréciation mutuelle de leurs attraits et l’anticipation de l’amour de l’autre. Cueillir des fruits ou paître parmi les fleurs, c’est jouir des intimités: embrasser, étreindre, caresser, manger ou boire les délices, voire s’enivrer, c’est la jouissance sublime mutuelle, l’extase sexuelle (4.16-5.1). Si le désir est gourmand, l’assouvissement du désir, le plaisir, est gastronomique. Il ne manque pas de mets  Dans le monde de ces amants, le bien-aimé n’est pas seulement un berger ou un jardinier. Pour elle, lui, c’est aussi un « roi », et même un « Salomon » Quant à la bien-aimée, si elle est bergère ou jardinière, elle est aussi, pour lui, une « Salomonesse » (shulamit, 7.1), une « fille d’un prince » (7.2). Tous les mets succulents, les festins et banquets, la litière somptueuse sont dignes de ce couple « royal » au jour de leurs noces (3.11) et de leur lune de miel

 

Contrairement à nos usages de la métaphore, qui renvoient souvent à la forme ou à la qualité d’une chose comparée, dans le Cantique, la métaphore, mettant en rapport deux choses différentes, véhicule un effet ou un état. Ainsi, en entendant « tes caresses sont meilleures que du vin », on ne cherche pas le rapport entre les caresses, ou plus précisément la jouissance sexuelle  et la substance liquide du vin, que ce soit son aspect, son goût ou son odeur, mais l’effet ou l’état que celui-ci produit: l’allégresse, l’exaltation, l’ivresse (5.1). La mise en rapport métaphorique du vin (le donneur de sens) et de l’amour (le récepteur de sens) vise à dynamiser la jouissance suprême. Et voici le fondement (le point de comparaison) de la métaphore: cette jouissance dépasse la réjouissance produite par le vin, le plaisir sexuel est plus exaltant que l’effet enivrant du vin.

 

En effet, la vigne dans le Cantique est une métaphore très appropriée de la sexualité de la bien-aimée (1.6, 8.12). La vigne est la source du vin, tout comme le corps de l’un est la source du plaisir de l’autre. C’est dans les vignobles que la bien-aimée souhaite donner son amour à son amant. Pour que le vignoble donne son fruit à la personne pour laquelle il est cultivé, il faut, comme elle le fait, bien le garder. Le vignoble est entouré d’un mur et, en son sein, il y a des tours. Face à la question de sa chasteté avant le mariage, elle déclare: « Je suis un rempart et mes seins sont des tours ». Le gardiennage du vignoble consiste aussi à chasser les « renards », ces « creuseurs de trous » en hébreu, qui ravagent les « vignes » (2.15), métaphore ici, comme dans des poèmes d’amour du Proche-Orient ancien, des coureurs de jupons. Ravager est le même mot (habal), traduit plus loin par « concevoir, devenir enceinte »: elle veut éveiller son bien-aimé sous un pommier, « le même où ta mère t’a conçu » (8.5). Dans ce monde des amoureux, où le désir risque de frôler le plaisir « avant l’heure », elle ressent la grande responsabilité que représente le gardiennage de cette « vigne à moi dont je dispose »

 

LE GRAND LIVRE DU CANTIQUE DES CANTIQUES

Franck Lalou et Patrick Calame

Edition Albin Michel

2013

Quelques pages aussi uniques que mystérieuses composent le Cantique des cantiques, le livre le plus commenté de la Bible depuis deux millénaires. Si uniques et si mystérieuses que leur insertion dans le canon des Écritures a suscité bon nombre de controverses chez les juifs comme chez les chrétiens : d'une ambiguïté troublante, leur interprétation évoque l'amour aussi bien dans sa dimension érotique que spirituelle.
Qu'il exprime le lien amoureux entre Dieu et Israël, le Christ et son Église, ou l'homme et la femme, ce chant d'une beauté et d'une sensualité brûlante est l'éloge le plus sublime que l'on ait écrit sur l'amour du couple


Frank Lalou et Patrick Calame nous offrent, dans ce Grand Livre, tous les éléments nécessaires à une approche complète du Cantique des cantiques : la première traduction mot à mot de l'hébreu en français ; un florilège de traductions françaises, depuis la Renaissance jusqu'à nos jours, notamment celles des Calvin, Lemaître de Sacy, Renan et André Chouraqui ; les principales interprétations, verset par verset, par les maîtres des traditions juive et chrétienne ; une version phonétique et une grammaire exhaustive de tous les termes hébreux du poème.

 

Cet ouvrage, dû à la plume du célèbre Juif converti Jehûdah Abrabanel plus connu sous le nom de Léon l’Hébreu, est, avec le fameux Banquet de Platon, ce que la tradition occidentale nous offre de plus pur et de plus orthodoxe, en dehors bien entendu du Cantique des Cantiques – sur la nature et l’essence de l’Amour. Il ne manque certes pas d’autres ouvrages sur ce sujet, et même on peut dire qu’il n’est point de livre qui n’y touche quelque peu, tant est universelle l’influence de l’amour ; mais ils en considèrent plutôt les manifestations ou les effets, ce qui, d’ailleurs, n’est pas moins dangereux à certains points de vue.

 

Et nous ajoutons ; libre et spontané, l’amour est le lien subtil et mutuel qui unit toutes choses ; c’est le point de transition entre le possible elle virtuel, entre le virtuel et le réel, entre le latent et le patent. C’est ce qui porte les êtres vers l’objet de leur désir, les pousse à s’unir à lui et à le conquérir, pour en faire leur sujet. C’est ainsi qu’éternellement, par la force de l’amour, l’univers inférieur objectif, objet de notre convoitise, puis l’univers supérieur, but de notre désir, sont conquis par l’homme, et deviennent, pour lui, subjectifs. Mais toujours l’homme aura au-dessus de lui un plan objectif qu’il devra sans cesse s’assimiler, sous peine de voir s’arrêter le progrès éternel. Ici-bas, notre marche est suivant une spirale concentrique ; mais quand l’individu aura atteint, par le renoncement et l’épreuve, le centre de cette spirale, il s’élancera alors en ligne droite vers l’éternelle et infinie BEAUTÉ, qui resplendit au cœur de la sphère de l’ABSOLU.

 

Au dernier jour, nous serons jugés au poids de notre amour, car « à l’exaltation du cœur se reconnaît toute nature prédestinée. » Les jets de force vitale qui, en vertu de la puissance d’être, s’échappent incessamment de l’ineffable source de tout ce qui est, se sublimant ou s’épaississant, constituent le cerveau ou le ventre, la terre ou les cieux, devront être ramenés à l’Unité primordiale qui les émana de son sein. Ce double mouvement s’effectue par l’amour. L’être doit dissoudre le fixe et coaguler le volatil, puis entrecroiser à angles droits les produits obtenus afin de réaliser en lui-même le MYSTERIUM MAGNUM. C’est là le Grand Œuvre, la chose indispensable que Jésus de Nazareth indique d’une parole : « l’unique nécessaire… »Les Hébreux, on le sait, et Fabre d’Olivet péremptoirement le démontra, construisaient leurs livres sacrés suivant une méthode spéciale, destinée à empêcher toute profanation des mystères qu’ils y celaient. Ce n’était que dans l’intérieur du sanctuaire que, progressivement, les Maîtres enseignaient aux disciples élus les quatre sens distincts que présentent les textes saints.

 

Le sens le plus inférieur, le seul connu des profanes, se nommait Pashût. C’est le sens littéral, l’écorce la plus matérielle et la plus extérieure, que nous donnent certains théologiens assez ignorants. La deuxième signification, nommée Remmez est une simple allégorie. C’est celle que donne la plupart du temps Fabre d’Olivet dans sa traduction des dix premiers chapitres de la Genèse ; c’est aussi celle qu’on enseigne aux initiables du premier degré. Le troisième sens est le Derâsh ou symbolisme supérieur, qu’on communique seulement aux adeptes supérieurs, et sous le sceau d’un serment terrible. Enfin le Sôd ou secret suprême, l’anagogie, est indicible. Il ne peut se concevoir intégralement que par l’extase. Et les rabbins initiés à ce redoutable mystère n’en ont jamais soufflé mot. La tradition cite pourtant le nom de quelques téméraires qui, pour avoir seulement tenté de raconter ce qu’ils avaient vu, périrent sur le champ sans avoir pu divulguer la moindre chose, ou subirent un châtiment affreux. Les initiales de ces quatre mots hébreux forment, réunies, le mot Pardès – qu’on traduit généralement par : Paradis.

 

Avec le Notariqôn et la Guématria, les douze lettres de ces quatre mots produisent un grand nombre de combinaisons fort ingénieuses, calculs que nous nous contentons d’indiquer à la sagacité du lecteur. Néanmoins nous pouvons dire que ces quatre sens ou degrés correspondent aux quatre lettres du Tétragramme ineffable, aux quatre sphères du monde : Asiah, Yetzirah, Briah et Atzilûth, ainsi qu’aux quatre points cardinaux, comme l’indique Ezéchiel aux derniers chapitres de ses visions. Il y a encore une multitude d’analogies.

 

Le Cantique des Cantiques ne fait pas exception à cette règle, et présente quatre significations bien distinctes :

 

Au premier degré, le seul apparent aux yeux d’argile, il s’agit de l’amour matériel de l’homme et de la femme, et le grand nombre n’y voit pas autre chose. La seconde signification, dont le Christianisme a laissé transpirer quelque chose, est l’union du quatrième principe et du cinquième dans l’homme, c’est-à-dire l’union de Jésus-Christ et de l’Église. On lira avec fruit à ce sujet l’Ornement des Noces Spirituelles de Ruysbroeck, si justement surnommé l’Admirable. Le troisième sens énonce la relation directe des deux Sephiroth Binah et Hokhmah, l’Intelligence et la Sagesse. Enfin le Sôd, le quatrième degré, explique le mystère de la circumincession, c’est-à-dire, le rapport réciproque du Père et du Fils, leur baiser mutuel, leur ineffable et éternelle conversation, le Saint-Esprit, qui procède de l’un et de l’autre. Voici ce que dit à ce sujet sainte Jeanne de Matel : « Ce plaisir (le Saint-Esprit) est un amour réciproque que le Père et le Fils produisent par voie de aspiration active, c’est un amour très ardent. Et cet amour spiré anime le Père et le Fils, les liant, les baisant, les unissant, les concentrant et étant concentré en eux sans oppression Il faut bien retenir ceci : Toute chose est passive relativement à ce qui la produit, active par rapport à ce qu’elle produit.

 

La Shekhinah est passive relativement à Dieu, et active vis-à-vis de l’Humanité, laquelle est elle-même active par rapport à la Nature inférieure, qui est passive en soi, puisqu’il n’y a rien au-dessous d’elle. Chez l’homme aussi, l’esprit est mâle, relativement à l’âme, et dans toutes les subdivisions des êtres, il y a toujours un principe actif vis-à-vis d’un principe féminin ; leur harmonie, c’est l’amour qui les réunit. Il existe une multitude de commentaires en toutes langues sur le Cantique des Cantiques, surtout en langue hébraïque, si bien qu’on a même fait, en hébreux, une bibliographie de ces commentaires.

 

Quelques données de base : le Cantique se situe dans les Ketouvim ou les Écrits, entre Job et Ruth, il est le 17e ou le 28e livre du Tanakh selon le regroupement des livres. Le Cantique comporte 117 versets regroupés en 8 chapitres (et pour les amateurs il compte tout juste 4700 lettres).Le Cantique fait partie des rouleaux, qui sont les livres bibliques qui se présentent sous cette forme. Le terme rouleau en hébreu est « Meguila », terme qui renvoie aussi au dévoilement d’un secret, mais « de quel secret s’agit-il dans ce texte ? Sans aucun doute de l’amour !

 

« La question essentielle, en effet, que pose le Cantique des cantiques, est celle de l’amour, aussi bien entre les hommes et Dieu qu’entre les humains eux-mêmes ». Et c’est donc bien de l’Amour que nous voulons parler en nous gardant bien de suivre les conseils du Cantique lui-même : « Si un homme donnait toute la fortune de sa maison pour amour, de mépris ils le mépriseraient ». Et je dis, moi que Salomon a vu dans la sainte inspiration que dans le futur Israël sera dispersée et qu’elle gémira de cette dispersion sur son honneur primordial et qu’elle se souviendra de la tendresse initiale qui lui étaient offertes comme il est dit « allons, revenons à notre premier époux car j’étais plus heureuse alors qu’aujourd’hui » (Osée 2:9). Et ce livre a établi dans le souffle saint, dans le langage d’une femme séquestrée, en perpétuel état de veuvage, pleine de désir nostalgique envers son époux et qui languit après son bien-aimé, qui se souvient de l’amour de jeunesse qu’elle éprouvait pour lui et elle avoue et reconnaît ses fautes. Mais son Aimé ressent de l’angoisse pour ses tourments à elle et il se souvient de ses tendresses quand elle était jeune et de sa beauté et de l’excellence de ses actions par lesquelles il est relié à elle. Relié par un amour puissant et violent pour faire savoir que ce n’est pas de son propre cœur qu’il s’afflige et qu’il ne l’a pas répudiée car elle est son Épouse et lui est son Époux. »Mais ce texte est multiple par ses interprétations, et à côté des commentaires des rabbins, certains veulent voir dans ce texte une ode à l’amour, l’amour humain dans sa forme la plus érotique, mais aussi la plus mystique qui soit :« Car, grâce à la teneur sexuelle immédiate du cantique, à laquelle s’ajoutent les interprétations allégoriques des rabbins versant cette signification érotique au compte de Dieu, la Bible est loin de dénier au Dieu juif tout caractère sexuel humain. Mais en maintenant l’amour sous la souveraineté de l’époux, et en le protégeant de l’effusion mystique par l’établissement de la fugue au centre de l’aspiration amoureuse, le Cantique donne au judaïsme ce caractère unique d’être la plus érotique des abstractions, la plus idéale des sensualités »,

 

Plus loin, on nous dit que le Shin s’unit au secret du Char supérieur, car les patriarches sont le Char supérieur, Abraham (représente la Sephira Hesed) et Isaac (la Sephira Geburah) reliés entre eux par Jacob (représentant Tipheret) et ils sont tous trois unis au secret du Monde d’en haut (la Sephira Binah). C’est pourquoi, nous explique le Midrash, nous rencontrons ici une grande lettre, afin d’en signifier l’importance. Les trois barres du Shin représentent aussi, selon le Zohar, l’âme, l’esprit et le corps et donc les trois mondes : le monde d’aujourd’hui, le monde des temps messianiques et le monde à venir (le olam ha-ba). Le Shin a pour valeur 300 mais en valeur développée, il a une valeur de 360, que l’on peut rapprocher des degrés d’un cercle qui en comporte également 360. Mais est-ce un hasard si 300 est aussi la valeur guématriatique de « Rouach Elohim », le Souffle de Dieu ? Souffle, baiser et amour sont indissociables dans l’étude du Cantique comme nous le verrons par la suite. Le grand Shin nous avertit donc qu’ici plane le souffle de Dieu…« Chir » est aussi considéré comme étant l’acrostiche des premières lettres des mots : sar (prince), ribon (souverain) plus la lettre yod. Vocalisé de manière différente, le « chir hachirim » peut devenir le « chir hasarim », le Cantique des Princes ! Indiquant par là le caractère royal de ce cantique particulier entre tous les autres.

 

On peut également rapprocher « chir » de « chit », le canal que le Zohar appelle Canaux supérieurs (Sephiroth de Hesed à Yesod) qui sont des sources pour les bénédictions d’en haut. Il y eut Hochmah d’où monta la volonté de créer le monde, d’Elle sortirent cinq Sources, plus une enclose (Yesod) et c’est ainsi qu’il faudrait lire, là où il y a « bereshit », « bara chit », il créa un canal. Ce canal est Malkut qui rassemble les six sources afin d’alimenter nos mondes d’en bas. Lorsque Salomon construisit le Temple, alors ce canal s’ouvrit et la Canal, « chit », devint Cantique, « shir »… Notons ici le passage du Tav final dans « chit » vers un Resh dans « chir », cela nous indique le passage d’une finitude vers la projection des forces divines signifiée par le Resh, « lettre qui est un passage qui permet à l’homme de s’élever » comme l’écrit Virya.

 

Le Cantique des Cantiques est réputé être le mille sixième cantique de Salomon, car selon I Roi 5 :12, Salomon a chanté 1005 cantiques. Ce sont les mille six degrés qui s’élèvent et dont le dernier est louange d’amour ou amour de la louange de Dieu. C’est pourquoi, nous explique le Zohar du Cantique des Cantiques, ce Cantique porte ce nom distinctif : « Chant des chants de Salomon ».

 

Le Targum du Cantique des Cantiques : «Cantiques et louanges que Salomon, le prophète, roi d’Israël, prononça dans l’Esprit saint devant le maître du monde entier, le Seigneur. Dix cantiques furent prononcés en ce monde, mais ce cantique est le plus beau de tous. Le premier cantique fut celui qu’Adam prononça lorsque son péché lui fut pardonné. Le jour du sabbat vint et le protégea. Adam ouvrit la bouche et dit : Psaume, cantique pour le jour du sabbat. Le second cantique fut entonné par Moïse avec les fils d’Israël au moment où le Seigneur du monde sépara pour eux en deux la mer des roseaux. Ils ouvrirent tous leur bouche ensemble et dirent un chant, comme il est écrit : Alors chanta Moïse et les fils d’Israël. Le troisième cantique fut prononcé par les fils d’Israël au moment où le puits d’eau leur fut donné, comme il est écrit : Alors Israël chanta. Le quatrième cantique fut prononcé par Moïse, le prophète, quand son heure de quitter le monde fut arrivée et par lui il réprimanda le peuple de la maison d’Israël, comme il est écrit : Écoutez, cieux, je parlerai. Le cinquième cantique fut prononcé par Josué, fils de Nun, lorsqu’il combattit à Gabaon et que s’arrêtèrent pour lui le soleil et la lune pendant trente-six heures et cessèrent de dire les cantiques. À ce moment Josué ouvrit sa bouche et prononça des cantiques, comme il est écrit : Alors Josué chanta devant le Seigneur. Le sixième cantique fut prononcé par Barak et Débora le jour où le Seigneur livra Sisera et son armée aux mains des fils d’Israël, comme il est écrit : Alors Débora chanta et Barak, fils d’Abinoam. Le septième cantique fut prononcé par Anne au moment où un fils lui fut donné de devant le Seigneur. Elle ouvrit sa bouche et chanta un cantique, comme il est écrit : Et Anne pria en esprit prophétique et dit1. Le huitième cantique fut prononcé par David, roi d’Israël, pour tous les miracles que le Seigneur fit en sa faveur. Il ouvrit sa bouche et chanta un cantique, comme il est écrit : Et David chanta dans un esprit prophétique devant le Seigneur. Le neuvième cantique fut prononcé par Salomon, roi d’Israël, dans l’Esprit saint devant le maître du monde entier, le Seigneur. Le dixième cantique sera prononcé par les fils de la déportation au moment où ils seront délivrés de leur captivité, comme il est écrit et déclaré dans le prophète Isaïe : Ce cantique sera pour vous une joie comme la nuit que l’on célèbre la fête de Pâque et la joie de votre cœur sera comme celle du peuple qui se présentera devant le Seigneur trois fois par an, avec des instruments de musique et au son de la trompette, pour monter sur la montagne du Seigneur et se prosterner devant Dieu, le fort d’Israël. »

 

LE LIVRE DE SALOMON – LA SAGESSE DE LA CONTEMPLATION                                                                         

Jean-Yves Leloup

Ed. Presses du Châtelet

2017

D’un style et d’un contenu bien différents de L’Ecclésiaste (Qohélet), le Livre de Salomon s’enracine pourtant dans la même lucidité décapante : tout est illusion, buée, impermanence. Devant toute parole, il s’agit de savoir « qui » parle, d’où vient cette parole ou cette écriture, quelle est la source de son inspiration ? Proposant une nouvelle traduction et une interprétation originale de ce livre essentiel (à la charnière entre la philosophie et la Révélation, mais aussi entre le Premier et le Second Testament), Jean-Yves Leloup montre l’importance de ce texte, dont Paul de Tarse et Jean d’Éphèse se sont largement inspirés. À la suite de Salomon, archétype du sage, l’auteur nous invite à découvrir la Sagesse de la contemplation : rigueur (justice) et tendresse (miséricorde).

Ce livre est appelé la Sagesse de Salomon, parce que Salomon, dit-on, écrivit aussi ce livre. Il contient l'enseignement de la justice et apprend à discerner les hommes méchants de ceux que le zèle du bien anime; il prophétise touchant le Christ. Il apprend qu'il est besoin d'un long travail et d'un vif désir pour obtenir la sagesse. Il décrit certaines parties de la nature; il s'élève contre les idoles, contre ceux qui les font, contre ceux qui mettent en elles leur espérance et qui les adorent. Hymne et actions de grâces pour toutes les choses admirables survenues aux Israélites en présence de leurs ennemis et qui furent l'oeuvre de Dieu. Tel est le contenu de tout ce livre; mais la récapitulation selon l'ordre des chapitres est celle-ci

Au commencement, exhortation du juste à la piété et blâme infligé à l'impie blasphémateur. « N'imitez pas les antéchrists, car ils sont fils de la mort.» Ainsi, les impies en sont venus au point de crucifier le Dieu de gloire, en mettant au-dessus de lui le siècle présent. Ils ont poursuivi de même et mis à mort les Apôtres. Il arrivera que plusieurs, mépriseront la loi de Dieu et que d'autres la pratiqueront. Dieu n'épargnera pas la multitude de ceux qui sont impies envers le Christ. Mais Dieu. veille sur un seul juste qui a mis sa confiance dans le Christ, même lorsqu'il meurt jeune « Ce n'est pas le long espace du temps qui fait une vieillesse vénérable. » (IV, 8.) L'impie méprise la mort de celui qui croit dans le Christ, mais celui-ci est discerné par le Christ lui-même. Les impies seront livrés à une ruine ignominieuse et ceux-là sont réservés à un jugement sévère et à la condamnation, qui auront persécuté les serviteurs du Christ, car ils verront la gloire du Christ et de ses disciples, tandis qu'eux-mêmes seront livrés au supplice.

La richesse amène à sa suite l'orgueil. Quelle est la colère de Dieu contre ceux qui se (564) sont montrés impies envers le Christ. Exhortation aux princes d'Israël pour qu'ils croient au Christ, ou plutôt exhortation aux chefs de l'Eglise catholique sur la manière de gouverner après qu'il aura quitté le monde. Quelle est la Sagesse, c'est-à-dire le Fils de Dieu. Comment le Verbe s'est fait chair et a habité parmi nous. Car, dit-il, j'ai souffert les mêmes choses que vous, étant homme et soumis à la loi par l'ordre de Dieu. Concernant le Christ : c'est par la sagesse de Dieu que j'ai la connaissance de toutes choses; « nous sommes entre ses mains, nous et nos discours. » (VIII, 16.) Quelle est la sagesse et comment elle est venue parmi les hommes; « elle est unique et elle peut tout, elle demeure en elle-même et elle renouvelle toutes choses. » J'ai aimé la sagesse dès ma jeunesse, dit-il, et j'ai reçu d'elle tous les biens de la chair et de l'esprit. Ayant connu la grandeur de la sagesse, j'ai prié le Seigneur de me donner son Esprit-Saint qui me la ferait connaître. Et il m'a été envoyé de sorte qu'il m'est venu en aide dans mes oeuvres. Car, « les pensées des mortels sont sans force. » (IX, 14.)

Quelles sont les oeuvres de la sagesse. Comment elle a gardé le premier homme; de quels maux Dieu délivre ceux qui croient en lui et quels grands biens il leur accorde, ainsi qu'il arriva à Noé, Abraham , Lot, Jacob, Joseph, aux Israélites qu'il délivra des mains des Egyptiens par la main de Moïse et qu'il rassasia de l'eau sortie du rocher. Comment il envoya les guêpes à sept nations et ensuite, usant de longanimité, il leur donna le temps du repentir, enseignant par-là à son peuple à se montrer miséricordieux. Contre les adorateurs des éléments, des grenouilles, des moucherons, des rats, des sauterelles, des guêpes, des serpents. Contre les adorateurs des idoles d'or ou d'argent, de bois ou de pierre. Que par le bois le salut sera accordé à ceux qui croient. De ceux qui fabriquent les idoles ou qui en font la représentation. De tous les maux qui résultent de l'idolâtrie. Des mauvaises religions et combien de maux en découlent. De la céramique et des idoles de terre cuite. De toutes les idoles qu'adorent les nations, les animaux ennemis de l'homme, les serpents, les chats et autres semblables. Que Dieu accorda un bienfait au peuple d'Israël, envoyant des cailles au lieu des grenouilles.

Que contre la morsure des serpents le salut fut donné au peuple par le serpent d'airain suspendu à la croix; mais les ennemis d'Israël furent mis à mort par les serpents et parles rats. Que Dieu nourrit son peuple de la nourriture des anges, accommodée au goût de chacun et renfermant toutes les saveurs. Qu'il envoya la grêle et le tonnerre pour détruire les richesses des Egyptiens. Qu'il envoya aux Egyptiens les ténèbres palpables et les maux qui les accompagnaient, mais qu'il envoya à ses saints la lumière en Egypte et la comme de feu dans le désert. En punition de la mort des enfants hébreux, il envoya la mort aux premiers-nés des Egyptiens et il engloutit l'armée dans les ondes, et tandis que les premiers-nés étaient frappés de mort, le salut était accordé à Israël par le sang de l'agneau. Pour les justes menacés de mort dans le désert, Aaron fléchit le Seigneur en priant et offrant de l'encens; pour la mort des Egyptiens submergés dans la mer Rouge, la colère de Dieu fut sans miséricorde, et le passage du peuple s'accomplit d'une manière admirable: Que les Egyptiens soutinrent ces maux à cause de leur inhumanité envers des étrangers, de même que les habitants de Sodome. Que tous les éléments sont soumis à la volonté divine du Christ, prêts à obéir à son commandement, comme les cordes de la cithare obéissent aux doigts de celui qui tient l'instrument. Dans ces choses est toute la substance du livre de la Sagesse de Salomon, qui mérite le nom de Panarétique.

 

LE CHANDELIER D’OR

JOSY EISENBERG

Edition VERDIER

 1988

On a souvent appelé les juifs « les bâtisseurs du temps ». En effet la célébration des 7 fêtes rythmant le calendrier religieux – 7 comme le chandelier d’or du Temple de Jérusalem – constitue l’épine dorsale de l’existence du croyant et innerve profondément sa sensibilité et sa vie de tous les jours.

 

Ces 7 fêtes, dont certaines, tel Kippour, sont aujourd’hui connues de tous, ont une tonalité particulière, issue d’un événement particulier et singulier de l’histoire juive ; et la mémoire de cet événement, inscrite dans la fête, marque véritablement le vécu de chacun. Nombreux sont ceux qui restent attachés à ces rites ancrés dans tant de vies familiales : on consomme du pain azyme, on écoute le chofar, on habite le souccah… Mais les implications profondes de ces temps forts échappent généralement à ceux qui n’ont pas eu le privilège de les étudier.

 

Parmi les innombrables commentaires écrits sur les fêtes juives, le plus remarquable est sans doute celui d’un très grand Maître du judaïsme, Rabbi Chénour Zalman de Lady (1745-1813).

Le Rabbin Adin Steinsaltz, universitaire, cabaliste, prix Israël en 1988 pour l’ensemble de son œuvre, s’est efforcé depuis vingt ans à diffuser la pensée de ce maître. Il l’a commentée dans une série d’entretiens télévisés avec le rabbin Josy Eisenberg, auteur d’émissions télévisées «  A bible ouverte ».

 

Restitués dans ce livre, ces commentaires dialogués, mettent à jour d’une façon vivante, la signification profonde de ces fêtes et constituent une véritable initiation aux grands thèmes de la philosophie juive. Nous est ici offerte une lecture accessible, nourrie du Talmud et de la cabale, des événements-clefs de la Bible (le passage de la mer rouge, la révélation du Sinaï etc.,) qui fondent les temps majeurs de la vie juive.

 

Au sommaire de ce livre passionnant :

 

Premier portique : Roch Hachana  -  le nouvel an  -  l’année en tête  -  le point zéro  -  L’année est morte, vive l’année  -  Qui t’a fait roi ?  -  Au nom du roi et du Père  -  Souvient toi d’oublier  -  Les sonneries royales  -  Dieu hors la loi  -  Roch Hachana est une symphonie du nouveau monde  -  Le monde , ce nouveau -né  -

Deuxième portique : Yom Kippour, le jour du pardon  -  les eaux qui pleurent  -  YHVH  -  le pur et le saint  -  le cœur a ses raisons  -   le temps de la rencontre  -

Troisième portique : Pessah et la sortie d’Egypte  -  L’exil  -  Qui sème Israël récolte l’humanité  -  la continuité du changement  -  Un chromosome nommé Israël  -  Semer ou disséminer  -  le grand crocodile  -  les puissances du mal  -  Le pain du savoir  -  abba  -  dis- moi ce que tu manges  -  le pain sans gout  -  l’enfant et le sage  -  le pain de la guérison  -  Un chemin dans la mer  -  libre comme l’eau  -  Israël, poisson pilote  -  Moïse, l’homme poisson  -  Moïse, toujours tu chériras la mer  - 

Quatrième portique : Chavouoth et le don de la Loi  -  Voir des voix  -  le secret des anges  -  Fin d’amnésie  -  Mon royaume pour une mitsva  -  Ecoute Israël  -  La crainte oui, la peur non  -  Un Dieu qui me désire  -

Cinquième portique : Souccoth  -  L’étreinte de Dieu  -  Entre la grâce et la miséricorde  -  La rosée et la pluie  -  Sept personnages en quête de souccah   -  Substance et subsistance  -  L’homme reconstitué  -  Les princes du futur  -

Sixième portique : Pourim  -  Carré d’as  -  Totalitarisme et idolâtrie  -  Le syndrome d’Esther  -  Le pseudonyme de Dieu  -  La guérison du serpent  -  Vaincre le sort  -

Septième portique : Hanouccah  -  L’homme- lumière  -  La lumière des lumières  -  Le signe des commandements  - les habits de lumière  -  Vêtir celle qui est nue  -

 

L’ḖCHELLE DE JACOB

Marie Paule Gandemer

Edition le temps Présent

2016

Dans cet ouvrage, l'Echelle de Jacob (celle de la Bible bien entendu) est «revisitée», c'est à dire mise en relation avec l'homme zodiacal (dont on dit parfois qu'il n'a plus de sens) et avec l'Arbre des Sephirot de la tradition hébraïque qui est aussi en relation avec le corps humain. Cette double analogie permet de décrire un cheminement extérieur correspondant à notre «descente» (nous naissons par la tête et partons «les pieds devant») mais également à un cheminement intérieur «montant» des pieds vers la tête, que nous gravissons... ou pas. Cette dimension intérieure, propre à l'homme mais aussi à l'humanité dans son ensemble, peut également se lire sur une «Echelle» construite sur la base de la succession des ères, formant ainsi la «Grande Année Christique». L'auteur s'approprie ainsi la tradition kabbalistique mais aussi l'astrologie et l'échelle de Jacob, revisitée donc, devient le fil conducteur d'un postulat selon lequel l'Homme serait en constante évolution vers une perfection divine dont il se veut un des éléments constitutifs. --.

 

 « L'Échelle de Jacob revisitée » présente les liens analogiques reliant L'Arbre des Sephirot de la tradition hébraïque, le jeu de la marelle, l'homme zodiacal et, bien entendu, l'Échelle que Jacob a vue en rêve dans le texte biblique. Ce travail s'est construit au fil des années, à partir d'un questionnement quasi permanent. Il décrit une structure préexistante de notre potentiel d'évolution individuelle. Ce potentiel est propre à chaque être humain, mais il peut également correspondre à l'évolution de l'humanité dans sa globalité. La descente de l'Échelle correspond alors à notre évolution extérieure, dont nous verrons tous la fin, alors que la montée de l'Échelle correspond à notre évolution intérieure, qui, elle, est beaucoup plus aléatoire. Le propos de ce livre repose essentiellement sur une quarantaine de citations bibliques, sur les écrits d'Annick de Souzenelle, de Pierre Teilhard de Chardin, de Karlfried Graf Dürckheim, de Shanti Jeannot, et de Beat Imhof. Toutes les grandes traditions religieuses sont reliées dans cette démarche universaliste qui devient de la sorte une synergie constructive

 

Dans le récit de la Bible on ne peut pas être plus bas et plus dénué de tout que ce Jacob cette nuit-là et pourtant il est au pied d’une échelle qui le relie au ciel. Cette échelle est sans échelons, et le texte nous dit que Dieu est à la fois au sommet de l’échelle et en même temps avec lui, Jacob, qui est à terre. De sorte que Jacob lui-même est cette échelle. Et Dieu n’est pas au sommet d’une échelle qu’il faudrait gravir par notre sagesse et notre spiritualité, mais Dieu, littéralement, est à la tête de l’échelle, ce qui peut se traduire également en hébreu à l’origine de l’échelle. Dieu n’est donc pas loin au-dessus de Jacob à l’autre bout d’une haute échelle, mais il est à l’origine de cette échelle sans barreaux qu’est Jacob, qu’est l’homme. Et le dénuement de Jacob, sa faiblesse, ainsi que le fait qu’il n’ait rien fait pour étudier et prier, qu’il n’ait rien demandé à Dieu ni cherché. Tout cela montre que tout homme est capable de Dieu par nature. Tout homme, même totalement abattu comme l’est ici David, n’est jamais si bas que Dieu ne puisse le rejoindre. Et être au-dessus de lui, juste au-dessus, tout contre lui, pour lui, avec lui. De sorte que Dieu fait de nous cette échelle, ce conducteur entre ces deux pôles que sont la terre et le ciel.

 

Cet être debout, réconcilié, c’est l’humain, chaque être humain. Et c’est une vision de l’humanité, pas seulement de l’église, bien entendu, c’est explicitement une vision de toutes les familles de la terre, dans l’espérance de Dieu. Et ces messagers qui montent et descendent ne sont pas des légions d’anges sur une échelle nous reliant à un Dieu lointain. Ces messagers représentent ainsi la circulation de la grâce en nous, c’est Dieu lui-même travaillant par sa Parole à unifier notre être dans ses différentes dimensions, faisant circuler de vrais échanges en nous-mêmes et avec lui, permettant l’expression des rêves et des besoins, le passé et les projets, les attachements et les craintes, les doutes. Et c’est alors que nous ne sommes plus seulement une âme, une vie spirituelle qui aurait été versée dans un corps animal, mais que nous sommes une échelle dressée, puis un espace de dialogues multiples entre Dieu et nous, notre tête, notre cœur, nos jambes et nos mains, notre passé et notre avenir, nos espérances et nos peurs…

 

Et c’est alors, quand nous avons un peu avancé dans ce travail que nous pouvons accepter d’être également Jacob et Ésaü. Et cesser de considérer la vie en ce monde comme une charge, cesser de vouloir sortir de cette tension entre la terre et le ciel en éliminant un des deux pôles, faisant exploser l’échelle, perdant les deux, comme le craint Rébecca, invitant Jacob à ce temps de retraite, en expliquant : « Pourquoi serais-je privée de vous deux en un même jour ? »(27:45) Rébecca est prophète, perdre un des deux c’est perdre l’échelle, c’est perdre les deux. Il y a là une différence radicale, déjà polémiques à l’époque, avec certaines pensées orientales qui visent à résoudre cette tension entre le spirituel et l’animal en tentant d’éliminer au maximum le désir et le sentiment d’avoir soi-même, en tant que personne individuelle, une importance essentielle. La Bible oui, conseille de mettre le spirituel au-dessus, Dieu, au-dessus, mais collé. Dieu à l’origine, le spirituel comme source de notre échelle, et en tension féconde, assumée, pacifiée avec nos pieds sur terre.

 

le golem & la connaissance – la kabbale de la lumiÈre

A.D. GRAD

DANGLES

 1978

La tradition hébraïque concernant le Golem ne laisse pas d’être fantastique. L’image du kabbaliste insufflant la vie à ce robot d’argile a marqué bien des générations, et prouve la permanence de l’esprit humain épris d’idéalisme. Le Golem, pétri dans la terre rouge, marqué d’un nom sacré, évoque parfaitement la création du monde dans laquelle le Verbe anime Adam. Il en va pourtant du Golem comme de la Kabbale qui préside à sa création : le terme prête souvent à confusion. Obscurci par la littérature et les glossaires de fortune, le mythe débouche presque toujours sur la caricature.

 

A.D. GRAD, à partir de considérations traditionnelles sur l’alphabet hébreu, les Séphiroth, dresse dans ce livre une vaste fresque, très dense et particulièrement documentée sur l’itinéraire de l’hébraïsme et de l’islamisme. Poursuivant sa quête sur l’or philosophale, voici un solide sentier qui mène à la Sagesse suprême en passant par la Connaissance. Avec cette recherche de la formation secrète de l’homme, à partir de cet art hermétique, l’auteur fait une approche saisissante du mythe du Golem, de la valeur de son nombre mystérieux, découvrant un surprenant mythe de LUMIÈRE.

 

La Bible juive dans son psaume 139,16 emploie le mot Golem dans son sens originel, soit embryon, substance informe. Selon les rabbins, la création d'Adam se fit en sept jours, au cours du dernier, Dieu souffla dans ses narines et l'anima, c'est alors que certains Rabbins ont estimé possible de créer un être animé. Selon les légendes, certains Saints Talmudiques avaient réussi à animer une masse ayant la force d'un homme. A l'époque des croisades, les Juifs pour tenter de survivre et disposés à se défendre créèrent cette arme terrible mais incontrôlable que fut le Golem. On devait pétrir avec de l'argile rouge une statue humaine à peu près de la taille d'un enfant de dix ans, puis écrire sur son front le mot Vie en Juif, soit EMETH. Aussitôt, la créature vivait, devenant un esclave docile pour le magicien qui pouvait ainsi lui commander les travaux les plus durs. Un seul inconvénient, le Golem croissait avec une très grande rapidité devenant un géant. Le seul remède pour transformer le Golem en une masse inerte était d'effacer sur son front le mot Vie et de le remplacer par le mot Mort c'est à dire Meth. Un rabbin nommé Ben Levi, créa ainsi quatre géants qui creusèrent au sein de sa maison un souterrain de mille pas de longueur, dont il avait besoin pour cacher ses trésors et ses livres, à la veille d'une perquisition, dont il avait été secrètement averti.

 

Quand le travail fut terminé, le Rabbin se trouva fort embarrassé, car les Golems avaient trois fois leurs tailles, il ordonna respectivement aux trois golems de s'agenouiller pour renouer les cordons de ses sandales, de cette ruse il put effacer sur leurs fronts la première lettre du mot Vie. Au XVI ème siècle, lors des persécutions contre les juifs, les histoires de Golem prirent une importance considérable, ce dernier se transformant non plus en des esclaves mais en sorte d'héros nationalistes, en somme un symbole de défenseur.

 

Du célèbre roman, Meyrink se servit du Golem de Judah löw. Talmudiste, mathématicien et philosophe néo platonicien, il naquit à Posen en 1525. Il s'établit à Prague ou ses fonctions de Rabbin lui valurent bon nombre de succès comme le prouve ce surnom " le pilier d'acier qui supporte Israël ". Succès tellement intense qu'on lui attribua des miracles, dont celui de la création du Golem. Un halo de mystère entoure cet étrange personnage, une vie que nous pouvons rapprocher de celle de Faust. Craignant pour sa commune et grâce à l'aide de ses deux beau fils, il créa son Golem, respectant les traditions du Shabbat, il lui ôtait la vie chaque vendredi soir. Hélas lors d'un oubli, craignant pour la cérémonie, il se hâta à la rencontre de sa créature qui arrivait à l'entrée de la synagogue, à cet instant suprême, il put le détruire. Une légende aux multiples facettes, Gersham G. Sholem nous conte une autre légende : La communauté était déjà rassemblée pour le culte dans la synagogue et avait déjà récité le psaume 92 du Shabbat, lorsque le Golem commença à crier d'une force extraordinaire, à secouer les maisons et à menacer de tout détruire  Il se précipita contre le Golem furieux et lui enleva la Vie, le Golem tomba à terre.

 

Une autre légende : Le trente troisième jour après Pâques, le Rabbin Löw et deux hommes se rendirent au grenier ou le Golem avait été créé, debout vers la tête du golem endormi, les visages tournés vers les pieds. Puis ils marchèrent sept fois autour du corps, formulant des paroles magiques. Au septième jour, toute force de vie avait quitté le Golem. En 1910, un reporter reçut la permission de monter au grenier de la synagogue, il n'en parla guère : C'est l'endroit idéal pour créer et enterrer le golem à minuit se contenta t-il de révéler. Meyrink apporte de nouvelles variantes : Il se reproduit à peu près tous les trente-trois ans dans des ruelles un événement qui n'a rien de particulièrement bouleversant en lui-même et qui provoque une panique car on n'y trouve aucune explication. Le Golem du roman de Meyrink a l'apparence de celle d'un homme de type Mongol, le teint jaune et les yeux obliques, nul ne peut se souvenir de son apparence. Athanus Pernath, héros du livre reçut la visite du Golem qui lui confia un livre à restaurer, a peine la porte fut elle franchie que Pernath ne pouvait se souvenir de l'apparence du Golem.

 

LE GUIDE DES ÉGARḖS - SUIVI DU TRAITÉ DES 8 CHAPITRES

MOÏSE MAÏMONIDE

Edition VERDIER

 1979

Un pavé de presque 700 pages pour ce traité qui se veut l’une des œuvres philosophiques la plus importante de tous les temps Maïmonide, figure majeure du judaïsme essaie de réconcilier la tradition religieuse et la pensée scientifique entre Platon et Aristote. Mais sa préférence va vers Aristote et sa philosophie religieuse rationnelle.

 

Moïse Maïmonide ou Rambam, est un médecin, philosophe, et rabbin andalou du 12ème siècle.  Non seulement il fut un des premiers intermédiaires entre Aristote et les docteurs de la scolastique catholique (Albert le Grand et Saint Thomas).

 

Mais c’est surtout au sein de la société juive qu’il a opéré une véritable révolution intellectuelle en introduisant de l’ordre dans les compilations talmudiques, en protestant contre l’interprétation purement littérale de la Loi, et en essayant de concilier la religion judaïque avec la philosophie. II a été l’inspirateur non seulement du grand mouvement de philosophie juive du XIIIe siècle, mais encore le guide intellectuel des grands philosophes juifs postérieurs, Spinoza, Mendelssohn et Salomon Maïmon ainsi que des penseurs chrétiens, comme Thomas d’Aquin en particulier..

Rabbi Moshé ben Maïmon, les Chrétiens occidentaux le connaissent sous le pseudonyme de Moïse Maïmonide et les Musulmans sous le nom de Mussa bin Maïmon ibn Abdallah al-Kurtubi al-Israili, est né le 30 mars 1135, à Cordoue, sur les rives du Guadalquivir, en Espagne islamisée, il est issu de la dynastie des Maïmonide, une longue lignée de rabbins et de hauts dignitaires juifs.

 Le fait que la date précise de sa naissance soit connue, témoigne de la renommée du personnage.

 

Son père, rabbi Maïmon ben Yossef, le dayan (juge rabbinique), sage et érudit, dirige la communauté juive de Cordoue sous le règne des tolérants Almoravides. Il l’instruit en théologie, mathématiques et astronomie. Quelques enseignants arabes et juifs complètent sa formation en philosophie et médecine. Le jeune Maimonide alliait à son talent naturel, une soif d’apprendre, une volonté de fer et une grande pureté de mœurs. C’était l’époque de l’âge d’or judéo-musulman. Il était enfant, alors que sa mère Rebecca s’affaiblissait de plus en plus, malgré les soins prodigués par Abbas, le Mufti de Cordoue. C’est Moshé qui apportait à Rebecca les plantes médicinales préparées par Abbas pour la soulager, mais elle finira par décéder de maladie laissant deux fils et une fille. Cet événement, déterminera Moshé à devenir médecin, et l’engagera à se poser la question du devenir de l’âme et à approfondir sa quête mystique. 

 

En 1148, l’intolérance et les persécutions religieuses contre les chrétiens et les juifs d’Espagne, des nouveaux princes Almohades (combattus par Averroès), musulmans fanatiques au pouvoir en Espagne, imposent la conversion, la mort violente par décapitation, ou la fuite. Vers l’âge de 13 ans, il fut contraint à l’exil. La famille Maïmon émigra vers le Maghreb, où le jeune Moïse s’instruisit en sciences juives et profanes. Il lut Aristote, Hippocrate, Galien, et  bien d’autres et prit connaissance des écrits dAverroès. 5 ans plus tard, la ville de Fès fait aussi face à l’intolérance ce qui pousse la famille à partir pour Eretz Israël en Palestine. Mais encore une fois, ils doivent partir car la « Terre sainte » est sous le contrôle des croisés menés par Richard Coeur de Lion.  

 

C’est ainsi que la famille Maïmonide se retrouve en Egypte où elle prend très vite racine. Après la mort de son père et de son frère, il devient  médecin des pauvres et des riches, des juifs et des arabes. Il fut un des plus célèbres herboristes et phytothérapeutes, et reste une référence jusqu’à nos jours. Sa réputation comme philosophe talmudiste et comme médecin sera telle qu’il devint le médecin de la cour des Fatimides, du vizir Al-Fadhil et de son entourage puis du sultan Salah-Al-Din qui revint en Egypte après avoir bouté les croisés hors de terre d’Islam. Il préside le Collège Rabbinique et s’occupe ardemment de la communauté juive d’Egypte dont il est bientôt nommé chef, « Naguid » et son représentant auprès du souverain et à ce titre responsable de l’organisation intérieure et des règlements judiciaires. Il eut de ce fait de nombreuses correspondances avec les représentants de différentes communautés y compris en dehors de l’Egypte.

 

Le Guide des égarés : Ecrit en arabe, « Dalâlat al-hâ ’irin » signifie « ce qui montre le chemin à ceux qui ne l’ont pas trouvé ». Il tente de mettre en accord l’enseignement de la Torah et de ses commentaires avec la philosophie d’Aristote. Il persiste à considérer la Loi comme la révélation des plus hautes vérités mais, quand le texte de la Loi est contredit par une proposition scientifiquement démontrée, il rejette le sens littéral et lui substitue une interprétation allégorique. Dans cet ouvrage Maimonide procède à une analyse minutieuse des textes bibliques en essayant d’en découvrir et d’en cerner la signification exacte, à travers les symbolismes et les allégories du texte sacré. Pour cela il s’inspirait du rationalisme et de la logique d’Aristote, dont il avait pris connaissance dans les traductions et les commentaires d’Aristote par Averroès

 

 « Il n’y a aucun moyen de percevoir Dieu autrement que par ses œuvres ; ce sont elles qui indiquent son existence et ce qu’il faut croire à son égard, je veux dire ce qu’il faut affirmer ou nier de lui. Il faut donc nécessairement examiner les êtres dans leur réalité, afin que de chaque branche de science, nous puissions tirer des principes vrais et certains pour nous servir dans nos recherches métaphysiques. Combien de principes ne puise-t-on pas, en effet, dans la nature des nombres et dans les propriétés des figures géométriques, principes par lesquels nous sommes conduits à connaître certaines choses que nous devons écarter de la Divinité et dont la négation nous conduit à divers sujets métaphysiques ! Quant aux choses de l’astronomie et de la physique, il n’y aura, je pense, aucun doute que ce ne soient des choses nécessaires pour comprendre la relation de l’univers au gouvernement de Dieu, telle qu’elle est en réalité et non conformément aux imaginations »


À lire par petites doses.

 

le judaïsme crucifiÉ – la gloire de l’olive

Jean tourniac

Edition SOLEIL NATAL

 1995

C’est à une confrontation entre deux religions, celle de la Menorah ou du Maghen David représentant le judaïsme jusque dans l’étoile jaune des martyrs, et celle de la croix symbolisant et signant la révélation chrétienne que ce livre traite.

 

Une grande partie des travaux présentés ici proviennent d’articles que Jean Tourniac a donné, voila quelques années aux revues : Vers la Tradition, Villard de Honnecourt et Connaissance des religions.

 

Au sommaire de cet ouvrage :

 

Entre le judaïsme et le christianisme : les Marranes    -    Le mystère des mots : Tsarfat ou le royaume de France    -    A propos du judaïsme médiéval français    -   In memoriam Léo Schya    -     Du sectarisme à la schoah    -    Les difficiles relations judéo-chrétiennes    -    Juifs et Chrétiens dans le catéchisme catholique et dans un rituel de la Franc-maçonnerie chrétienne    - 

 

 

LE JUDAÏSME et L’ESPRIT DU MONDE

par TRIGANO

EDITION  GRASSET

 2011

C’est par la scène originelle du judaïsme, au cœur même de son principe fondateur, celui par lequel le Nom divin investit le monde puis se retire pour laisser sa chance à la « seconde créature », que le Judaïsme et l’esprit du monde nous invite à pénétrer dans l’épopée fondatrice de notre histoire.

 

Au fil de cette découverte, Schmuel Trigano ré expérimente le sens du judaïsme, sa geste intellectuelle fondatrice, en éclairant ses multiples expressions comme ses aspects les plus contemporains.

 

Loin de se limiter à l’antiquité, celui-ci fait en effet sentir son souffle jusqu’à nos jours dans l’ensemble des figures qui marquent l’existence collective et individuelle, à savoir la religion, la politique, les mœurs et l’histoire, les quatre livres qui composent cet ouvrage.

 

Du droit talmudique à l’existence politique d’Israël, des institutions mosaïques à l’organisation de la société moderne, de l’apôtre Paul à Karl Marx, le judaïsme structure ainsi sa place dans l’histoire, une place dont l’actualité ne se dément pas.

 

Par la force du sujet comme par l’ambition du propos qui l’anime, cet ouvrage de 1000 pages s’affirme comme un livre hors du commun, au rang des grands livres de pensée contemporains.

 

L’ensemble de l’ouvrage est structuré dans ses quatre sphères – éthique – ethnos – ethosethnoï – On remarquera le recours à une unique racine grecque pour décliner en une langue non hébraïque ces quatre visages de l’être juif.

L’ethos désigne les mœurs, l’habitude, littéralement ce qui est propre à soi. L’éthique désigne la science de l’ethos, sa conformité à des normes de comportement. L’ethnos désigne un peuple, l’ensemble des hommes qui ont les mêmes mœurs et sont censé être gouvernés par la même éthique. Ethnoï, les peuples, fait référence aux ensembles civilisationnels qui se définissent en rapport à Israël, un concept qui, en hébreu s’énonce : goyim/les nations

 

Structure de l’ouvrage :

Préface avec la vision de Bezalel

Livre 1 : ETHIQUE – La séparation de la femme – La sanctification – La double Tora – Les noms du Dieu unique –

Livre 2 : ETHNOS – L’élection d’Israël – le peuple d’Israël – Le royaume d’Israël – La société d’Israël –

Livre 3 : ETHOS – Le cachement de l’âme – Le complexe de l’attente – Le syndrome de l’attente – Les trois Ethos historiques du judaïsme –

Livre 4 : ETNOÏ / ETHNIKOS – Le reste d’Israël – La place vacante dans l’humanité – Le nouvel Israël et le double – La politique du nouvel Israël -

 

le kabbaliste

Patrick levy

Edition Le Relié

 2002

En 2002, ce livre a obtenu le prix spiritualité d’aujourd’hui avec mention spéciale du Jury. C’est l’histoire de l’auteur qui pénètre dans un lieu à Paris, où l’on étudie la mystique juive et là il va rencontrer un Kabbaliste Rabbi Isaac Goldman, qui va lui enseigner la Kabbale. L’auteur consigne donc cet enseignement en les ponctuant de méditations et de pratiques qui permettent au lecteur de poursuivre la connaissance dans l’expérience.

C’est un livre qui explique la Kabbale et ses secrets mais, qui cesse d’être une science ésotérique pour devenir un Art de vivre.

 

le livre brûlÉ

M. Alain ouaknin

Edition du Seuil

 1993

À côté de la Bible – la Loi écrite – le Talmud, depuis sa clôture vers l’an 500 de notre ère, constitue la Loi orale, l’enseignement jamais interrompu de la tradition juive, sa mémoire et les racines de sa culture.

Le Livre brûlé se déploie en trois livres : le premier présente une introduction systématique à l’univers talmudique, à ses méthodes, à ses débats, à sa logique, à son histoire. Le deuxième, qui commente deux textes importants de la Michna et de la Guémara, offre un modèle d’étude séculaire confronté aux réflexions philosophiques contemporaines.

 

Le troisième enfin, qui donne son nom à l’ouvrage, interroge la figure énigmatique et puissante d’un maître hassidique, Rabbi Nahman de Braslav, qui, sentant la mort venir, détruisit par le feu un de ses écrits…

 

Trois livres qui en suscitent d’autres, à l’infini, et qui posent la même question : ne faut-il pas, au fond, « détruire » les livres pour donner naissance à la pensée, pour créer le renouvellement du sens ? Pour que la fidélité aux écritures ne se pétrifie pas en respect têtu et en refus aveugle du temps et de l’Histoire. Car, comme dit Roger Nahman de Braslav : « Il est interdit d’être vieux ».

 

le livre de josuÉ

Philippe abadie

Edition DU CERF

 2005

Aucun livre biblique ne procure aujourd’hui autant de malaise que le Livre de Josué. De fait, comment lire tant de récits de massacre où disparaissent dans le feu des populations entières sans que ne surgisse à notre mémoire l’écho de récentes «purifications ethniques» ? Et le malaise est d’autant plus grand que certains groupes extrémistes ne manquent pas de revendiquer ce livre pour conforter leurs vues idéologiques.

Aussi, pour éviter de projeter indûment l’actualité sur des textes forts distants dans le temps, nous soumettrons le Livre de Josué au feu de la «critique historique». Notre démarche consistera à repartir de la représentation biblique pour mieux en faire ressortir les difficultés et tenter une approche critique qui tienne compte de l’histoire littéraire complexe des récits et des données archéologiques. Peut-être le lecteur aura-t-il quelque mal à entrer d’emblée dans une telle exigence, mais c’est, à nos yeux, le prix à payer pour que la lecture de Josué redevienne possible et livre, au-delà de tout préjugés, son message théologique.

Structure et contenu du livre : Il est assez facile de repérer dans le livre deux grandes parties, suivies d’une ample conclusion :

1/  une conquête violente et rapide : ch. 1–12 - D’après l’introduction du livre, la mort de Moïse au Mont Nébo (voir Dt 34) marque la fin du temps de l’Exode tandis que Josué, son successeur, est investi par Dieu pour conduire les tribus d’Israël dans la terre de Canaan (Jos 1). Par prudence, il envoie deux hommes à Jéricho, de l’autre côté du Jourdain, avec mission d’évaluer la situation du pays. Dans la puissante cité, les espions trouvent un bon accueil chez la prostituée Rahab (Jos 2). Commence alors le rituel de traversée du Jourdain, au gué de Guilgal (Jos 3), suivi par la construction d’un mémorial (Jos 4) et la circoncision des enfants nés dans le désert (Jos 5, 1-9). Deux scènes symboliques clôturent ce premier ensemble, la célébration de la première Pâque en terre de Canaan (Jos 5,10-12) et l’apparition du chef des armées célestes à Josué (Jos 5,13-15), toutes deux en référence à l’histoire de Moïse : la Pâque de la sortie d’Égypte (Ex 12) et la révélation du Buisson ardent (Ex 3).

L’écroulement miraculeux des remparts de Jéricho au son des trompettes inaugure la conquête du pays (Jos 6), tandis que la violation d’un interdit par Akan conduit à un échec devant la ville d’Aï (Jos 7). Le coupable démasqué et puni, Josué et les tribus finissent par s’emparer de la puissante cité en usant de ruse (Jos 8,1-29). La construction d’un autel et la lecture de la loi sur le mont Ebal scellent cette première étape de la conquête (Jos 8,30-35). Les Gabaonites, un des peuples du pays, imaginent alors un stratagème pour échapper au massacre qui frappe les populations alentours : couverts de poussière et les habits en lambeaux, ils se font passer pour un peuple venu de loin faire alliance avec Israël. Josué se laisse abuser, avant de découvrir le subterfuge. Ne pouvant revenir sur la parole conclue, il voue les Gabaonites au service d’Israël (Jos 9). Constituant désormais une force, Israël suscite la crainte d’où naît contre lui une coalition de cinq rois de la région. Josué en triomphe sans peine dans la vallée d’Ayyalôn (Jos 10,1-27). Commence alors la conquête éclair des villes du sud (Jos 10,28-43), puis de la région nord, autour de Mérom et d’Haçor en Haute-Galilée (Jos 11). Un tableau conclusif résume toutes ces conquêtes (Jos 12).

2/  le partage de la terre : ch. 13–22 6 Le regard sur les territoires à conquérir (Jos 13) ouvre au partage du territoire entre les différentes tribus. Un premier partage a lieu au sanctuaire de Guilgal : au sud, entre Caleb (Jos 14) et Juda (Jos 15) ; au centre, entre Éphraïm (Jos 16) et Manassé (Jos 17). Le sanctuaire de Silo est la cadre d’un second partage pour sept autres tribus : au centre, Benjamin (Jos 18) ; au sud, Siméon (Jos 19,1-9) ; au nord, Zabulon, Issachar, Asher, Nephtali, Dan (Jos 19,10-47) ; sans oublier la part personnelle qui revient à Josué en Éphraïm (Jos 10,49-50) et les villes de refuge pour tout Israélite coupable d’un homicide involontaire (Jos 20). Reste la tribu de Lévi, à qui n’est dévolu aucun territoire, mais des villes réparties dans l’ensemble du pays (Jos 21). Le chapitre 22 fait retour sur les tribus transjordaniennes (Gad, Ruben et la moitié de Manassé), avant de rapporter l’érection d’un autel près du Jourdain qui marque la conclusion de cette deuxième partie.

3/ la célébration d’alliance : ch. 23–24/
Deux chapitres conclusifs achèvent ce vaste ensemble : un discours testamentaire de Josué qui exhorte Israël à la fidélité envers YHWH (Jos 23) et une alliance conclue à Sichem entre le groupe de tribus conduit par Josué et l’ensemble du peuple d’Israël (Jos 24,1-28). Ce dernier chapitre est prétexte à dresser un vaste panorama de l’histoire depuis l’élection d’Abraham jusqu’à la conclusion d’alliance. Sa mission achevée, Josué n’a plus qu’à s’effacer et, avec lui, toute une part des traditions du désert symbolisée par la mort d’Éléazar, fils d’Aaron (Jos 24,29-33).

Telle est, rapidement résumée, la matière du Livre de Josué. Au-delà de ce simple résumé surgit pourtant une difficulté majeure, interne au texte biblique : comment concilier la vision d’une conquête rapide et totale (Jos 1–12) et la vision plus réaliste du Livre des Juges qui, au-delà même d’un schématisme théologique réducteur, présente une conquête difficile et non unitaire du pays ? Faire valoir que le Livre des Juges décrit un autre temps, la consolidation de l’installation après la conquête, ne vaut qu’en partie, puisque le récit parallèle de Jg cette visée différente, que l’on trouve aussi en Jos 13,2-6 ; 15,13-19 ; 17,14-18 ; 19,47 ; 23,7-13, selon laquelle les tribus se sont engagées individuellement dans la conquête de leur territoire. Que dire encore du récit de Jos 17,16-18 qui laisse percevoir un scénario tout autre, l’implantation pacifique dans la montagne centrale (Éphraïm), hors du domaine des puissantes cités-états de la plaine ?

Si le détail du texte fait donc surgir de nombreuses difficultés, cela est vrai tout autant de la confrontation du livre à d’autres sources externes. Ainsi, n’est-il pas surprenant que le monde décrit dans le livre autour de 1200 av. J.-C. ne laisse rien transparaître d’une forte présence égyptienne dans la région qu’attestent cependant, pour une époque de peu antérieure, les lettres d’Amarna, correspondance entre la cour d’Égypte et les petits monarques levantins (14e s. av. J.-C.). De ces archives écrites en akkadien proviennent six lettres d’Abdi-Heba, roi d’Urusalim, en lesquelles le monarque expose le conflit qui l’oppose aux Habiru, population vivant en marge du système urbain et dont le camp principal se trouvait en Samarie, dans la région de Sichem (Naplouse). Jérusalem semble alors contrôler la montagne centrale jusqu’aux limites de la Shephelah (à l’ouest), la région de Ramallah (au nord) et celle de Bethléem (au sud), – ce qui correspond au territoire qu’occupera par la suite la tribu de Benjamin selon Jos 18,12-20

Ce rapport complexe du Livre de Josué à l’histoire pose la question de son origine et de sa formation. Longtemps conçu comme la dernière pièce d’un «Hexateuque», le Livre de Josué apparaît plutôt lié aujourd’hui à l’historiographie deutéronomiste dont la clé d’interprétation théologique est donné par le Deutéronome […] : loin d’être une simple compilation, cette oeuvre tend à expliquer la fin tragique du peuple d’Israël par sa révolte contre YHWH et l’apostasie de ses rois ; selon l’expression heureuse de Raymond Kuntzmann, il s’agit d’une «sorte de procès-verbal de la punition d’Israël pour son apostasie».

C’est dire que le livre n’est en rien contemporain des faits rapportés mais suppose une longue élaboration des traditions avant leur mise en récits. À l’origine du livre, Martin Noth proposait de voir deux types de récits :
- des récits «étiologiques» (Jos 2 – 9) cherchant à rendre compte de l’installation de Benjamin dans son territoire, et conservés au sanctuaire de Guilgal. Centrés sur une particularité physique (un cercle de pierre, Jos 4,9 ; un amoncellement de pierres, Jos 7,26 et 8,29) ou ethnique (la perdurence du clan de Rahab en Israël, Jos 6,25 ; le statut des Gabaonites, Jos 9,27), ces récits sont caractérisés par la formule «jusqu’aujourd’hui» ;
- et des récits «épiques» (Jos 10 – 11).

Leur rassemblement en un recueil est l’œuvre d’un «compilateur» judéen, vers 900 av. J.-C. – bien que l’introduction de la figure de Josué, un éphraïmite, soit postérieure et liée aux événements rapportés par Jos 24, à l’origine desquels Noth reconnaît une célébration d’alliance au sanctuaire central de la ligue des tribus 

Les ch. 13 – 21 résulteraient de la fusion de deux documents : des listes de frontières tribales (pré monarchiques) et une liste de douze districts, reflétant les ambitions politiques du roi Josias (640–609 av. J.-C.). Il revient au rédacteur deutéronomiste (exil) d’avoir réinterprété le recueil primitif par l’ajout de discours et de scènes essentielles (Jos 1,1-18 ; 8,30-35 ; 12,1-24 ; 21,43-22,6 ; 23,1-16), en l’augmentant des listes des ch. 13-21. Par la suite, on peut repérer encore quelques retouches sacerdotales, surtout dans la deuxième partie du livre (comme l’ajout des villes lévitiques)

 

LE LIVRE DE L’EXODE

 

Edition Du CERF

 1985

De la théologie à l’histoire, rayonnement de l’Exode d’Israël et son chemin aujourd’hui.

 

Texte fondateur s’il en est, le livre de l’exode est à la fois l’origine, la charte et l’identité d’Israël, parce qu’il est le récit de sa première expérience du salut par la liberté. Mais de la libération d’Egypte à l’entrée en Terre Promise, la traversée du désert fut longue, dangereuse et parfois décourageante. L’Alliance du Sinaï n’a pas évité les crises et les révoltes.

 

L’auteur aide le lecteur de cet ouvrage à trouver son chemin dans cet ensemble déroutant de récits, de lois et de rituels. Marcher de campement en campement, à travers les libérations et l’adoration, n’est- ce pas aujourd’hui plus que jamais, l’aventure de la foi pour ceux qui veulent trouver à travers le Christ ou à travers la métaphysique et l’intériorité, un chemin de libération et de bonheur.

 

Au sommaire de cet ouvrage :

Une lecture de l’Exode   -   Une libération annoncée, retardée mais réalisée   -   L’alliance du Sinaï   -   L’adoration annoncée, retardée mais réalisée  -  De la théologie à l’histoire   -   Rayonnement de l’Exode   -   Exode d’Israël, chemin pour aujourd’hui    -   Textes du repas pascal juif   -    Introduction au Hallel     -   Moïse et Aaron   -

 

LE LIVRE D’ESDRAS ET DE NEHEMIE

Traducteur Philippe Abadie

Edition Du CERF

 1996

Les deux livres d’Esdras et de Néhémie, dans les manuscrits hébreux n’en forment qu’un seul, qui porte le nom de livre d’Esdras ; ce sont les traducteurs grecs de la version des LXX qui l’ont partagé en deux sections, comme ils l’avaient fait pour les livres de Samuel, des Rois et des Chroniques ; cette division a passé dans les autres traductions et elle a été introduite au XVe siècle dans les éditions imprimées du texte hébreu de l’Ancien Testament. Les livres nous racontent divers épisodes de l’histoire de la communauté juive de Jérusalem, depuis l’édit de Cyrus qui autorisa le retour des exilés sous la conduite de Zorobabel en 538, jusqu’au second séjour de Néhémie à Jérusalem en 432.

Nous n’avons point ici pour cette période, une histoire suivie, comme nous la trouvons pour les siècles antérieurs dans les autres livres historiques ; l’auteur se borne à rapporter en détail un certain nombre de faits, auxquels il attache une importance particulière et qui marquent les phases principales de la restauration du culte dans la ville sainte. Entre ces faits il laisse subsister des lacunes considérables sur lesquelles il ne nous donne aucun renseignement,

Les livres d'Esdras et de Néhémie sont précieux : ils sont presque nos seuls documents sur l'histoire d'Israël au cours des siècles obscurs qui suivent l'Exil. Or c'est précisément à cette période que se construit le judaïsme biblique, autour du Temple de Jérusalem et de la Torah. Mais la lecture de ces livres est délicate, car leurs rédacteurs ont souvent bousculé la chronologie pour mieux mettre en valeur leurs convictions théologiques. Ils ont réussi à imposer l'image d'un grand réformateur, Esdras le prêtre-scribe, suivi de son auxiliaire, Néhémie, le gouverneur laïc... alors qu'historiquement Néhémie a réalisé sa réforme une cinquantaine d'années avant celle d'Esdras.

Un bibliste lyonnais, Philippe ABADIE, spécialiste de cette période, guide le lecteur au milieu des divers documents anciens qui mettent en valeur les deux grands réformateurs : le gouverneur Néhémie et le scribe (prêtre ?) Esdras. Il fait parler les textes et soulève des questions majeures : quel rapport entre Esdras et le Pentateuque ? Pourquoi l’interdiction des mariages mixtes ? Pourquoi l’importance de Jérusalem et de son Temple ? Un Cahier d'une lecture exigeante mais très enrichissante pour qui fait l'effort d'essayer d'entrer dans cet univers complexe.

 

LE LIVRE DES PROVERBES ENTRE SAGESSE ET FOI

David-Marc d’Hamonville

Edition du Cerf

2018

C'est le frère David-Marc d'Hamonville, traducteur du livre des Proverbes dans La Bible d'Alexandrie, père abbé de l'abbaye d'En-Calcat, qui se fait ici votre guide pour goûter aux trésors de la sagesse biblique. Identification de l'auteur ou des auteurs, contexte scripturaire, historique, culturel et rédactionnel, analyse littéraire, structure et résumé, examen détaillé des grands thèmes, étude de la réception, de l'influence et de l'actualité, lexiques des lieux et des personnes, bibliographie : les plus grands spécialistes de l'Ecriture se font votre tuteur. "Mon ABC de la Bible" ou la boîte à outils d'une lecture informée et vivante du Livre des Livres.

Le livre des Proverbes est situé dans l'Ancien Testament, juste après le livre des Psaumes. Cet ouvrage, qui est essentiellement l'oeuvre du roi Salomon, est une suite de développements pédagogiques ou de brèves sentences, dont l'objet est d'enseigner la "Sagesse", mais la sagesse selon Dieu et non selon les hommes. Le mot français "proverbes" est utilisé, faute de mieux, pour traduire un mot hébreu qui désigne une parole contenant plus que son sens littéral. Les Proverbes sont donc un recueil de paroles qui sont à prendre à la fois au sens littéral pour la vie pratique quotidienne, mais dont on peut aussi découvrir un sens spirituel plus profond en les méditant. Le roi Salomon était connu pour être un homme extrêmement sage. Nous pouvons lire à ce sujet dans le 1er livre des Rois, chapitre 4, versets 29 à 34: Dieu donna à Salomon de la sagesse, une très grande intelligence, et des connaissances multipliées comme le sable qui est au bord de la mer. La sagesse de Salomon surpassait la sagesse de tous les fils de l'Orient ... sa renommée était répandue parmi toutes les nations d'alentour. Il a prononcé 3000 sentences, ... Il venait des gens de tous les peuples pour entendre la sagesse de Salomon, de la part de tous les rois de la terre qui avaient entendu parler de sa sagesse.

Plan du livre : Le livre des Proverbes peut être divisé en 4 parties:

1ère partie: chapitres 1 à 9. Proverbes rédigés directement par Salomon au 10ème siècle avant JC. Cette partie du livre est présentée comme l'enseignement d'un père à son fils, la sagesse est le thème central de l'enseignement.

2ème partie: chapitres 10 à 24. Suite du texte rédigé directement par Salomon, mais dans un genre littéraire différent. Salomon ne développe plus un enseignement suivi, mais écrit de courtes phrases construites sur un parallélisme ou un contraste. Il semble ne pas y avoir de continuité dans le passage d'une phrase à l'autre.

3ème partie: chapitres 25 à 29. Il s'agit encore de brèves phrases de Salomon, mais la rédaction définitive du texte est plus récente. Elle est l'oeuvre des "gens d'Ezéchias" (ch. 25, v. 1) et date ainsi des environs de l'an 700 avant JC.

4ème partie: chapitres 30 et 31. Ces deux chapitres se présentent un peu comme un supplément, en ce sens qu'ils ne sont pas de Salomon, mais de deux personnages inconnus: Agur pour le ch. 30 et Lemuel pour le ch. 31. Ils ont cependant la même valeur que les 29 premiers chapitres puisqu'ils ont été reconnu par les Israélites d'abord, puis par l'Eglise ensuite, comme paroles inspirées de Dieu.

Les grands enseignements du livre des proverbes : Le thème principal est la sagesse selon Dieu. En fait, ce livre est plus une aide qui nous prédispose à recevoir la sagesse de Dieu, qu'une transmission directe de cette sagesse. Il nous est dit au chapitre 2, verset 10: "la sagesse viendra dans ton coeur". La sagesse de Dieu ne se transmet pas par écrit, elle se reçoit dans le coeur, car c'est l'Esprit de Dieu qui vient la placer en nous. Le livre des Proverbes nous aide à mieux comprendre certaines choses que nous avons du mal à expliquer (ex, chapitre 3, verset 12: "car l'Eternel châtie celui qu'il aime, comme un père l'enfant qu'il chérit"). Ce livre nous aide à mieux structurer notre pensée pour la rendre plus réceptive à la sagesse céleste. Différents comportements sont replacés à leur bonne position: la piété, la générosité, la fidélité conjugale, l'honnêteté dans les affaires sont encouragées, tandis que nous sommes avertis des risques que comportent l'ivrognerie, l'immoralité, le mensonge, la paresse, les querelles.

La sagesse est même personnifiée au chap. 8, elle parle et agit; on reconnaît en elle, à partir du verset 23, des traits de personnalité du Fils de Dieu: Jésus-Christ. N'est-ce pas une merveille de lire ce que la Sagesse disait sur elle-même il y a 3000 ans, aux versets 30 et 31 du chapitre 8: "J'étais à l'oeuvre auprès de l'Eternel, et je faisais tous les jours ses délices, jouant sans cesse en sa présence, jouant sur le globe de sa terre, et trouvant mon bonheur parmi les fils de l'homme".

 

LE LIVRE DES ROIS

 

Edition Du CERF

 1993

Quatre siècles de l’histoire d’Israël : voilà ce que retracent le Livre des Rois, et pas n’importe quels siècles : ceux des rois et des prophètes, depuis David jusqu'à l’exil, en passant par Elie et Elisée, Isaïe et bien d’autres. Les tribus d’Israël sont devenus un royaume, une nation, comme les autres nations, avec ses règnes prestigieux et ses échecs lamentables, selon les ambigüités du pouvoir royal, comme de tout pouvoir humain, et si la chute de Jérusalem et l’exil à Babylone écrivent une page tragique de l’histoire d’Israël, ce n’est pas la fin du livre mais avec l’exil commence une nouvelle histoire.

 

Le premier livre des Rois commence avec Salomon et se termine avec Élie. La différence entre ces deux personnages nous donne une idée de ce qui est arrivé entre-temps. Salomon est né suite à un scandale au palais entre David et Batcheba. Comme son père, il avait un faible pour les femmes, ce qui a provoqué sa chute. Il avait pourtant bien commencé, en priant pour recevoir de la sagesse et en construisant un Temple à Dieu, ce qui lui a pris sept ans ; mais ensuite, il a passé 13 années à se faire construire un palais pour lui-même.

 

Ses nombreuses femmes l’ont entraîné à adorer leurs idoles et à se détourner de Dieu. Après la mort de Salomon, Israël a été gouverné par une série de rois pour la plupart mauvais et idolâtres. Par conséquent, la nation s’est détournée de Dieu et même la prédication d’Élie n’a pas pu la ramener à lui. Parmi les rois les plus méchants, on peut citer Achab, flanqué de son épouse Jézabel, dont le règne marque l’apogée du culte de Baal en Israël. Élie a voulu ramener les Israélites à Yahvé, allant jusqu’à défier les prêtres idolâtres de Baal pour une confrontation avec Dieu sur le Mont Carmel.

 

Dieu a évidemment remporté la victoire, ce qui a mis la reine Jézabel dans une colère noire, si bien qu’elle a ordonné l’exécution d’Élie. Ce dernier a pris la fuite et s’est caché dans le désert. Déprimé et épuisé, il a fini par prier : « Éternel, prends-moi la vie. » Mais Dieu lui a envoyé nourriture et encouragement au prophète et lui a parlé dans un « murmure doux et léger », sauvant ainsi sa vie pour un service futur.

Le Temple de Jérusalem, où l’Esprit de Dieu demeurerait dans le Saint des saints, est une image des croyants en Christ, en qui l’Esprit-Saint demeure dès le moment de notre salut. Tout comme les Israélites devaient renoncer à l’idolâtrie, de même nous devons mettre de côté tout ce qui nous sépare de Dieu. Nous sommes son peuple, le Temple du Dieu vivant. 2 Corinthiens 6.16 nous dit : « Quel rapport peut-il y avoir entre le Temple de Dieu et les idoles ? En effet, vous êtes le Temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. »

Le prophète Elie était un précurseur de Christ et des Apôtres du Nouveau Testament. Dieu lui a permis de faire des miracles afin de prouver qu’il était vraiment un homme de Dieu. Il a ressuscité le fils de la veuve de Sarepta et elle s’est exclamée : « Je reconnais maintenant que tu es un homme de Dieu et que la parole de l’Éternel dans ta bouche est vraie. » De même, les hommes de Dieu qui ont proclamé sa parole par sa puissance sont clairement reconnaissables dans le Nouveau Testament. Jésus a non seulement ressuscité Lazare, mais il a aussi ramené à la vie le fils de la veuve de Naïn) et la fille de Jaïrus). L’Apôtre Pierre a ressuscité Dorcas) et Paul Eutychus).

Le premier livre des Rois contient de nombreuses leçons pour les croyants. On y trouve un avertissement concernant nos relations, particulièrement les relations les plus intimes comme le mariage. Les rois d’Israël qui, comme Salomon, ont épousé des femmes étrangères, se sont exposées au mal, eux-mêmes et le peuple sur lequel ils régnaient. En tant que croyants en Christ, nous devons faire très attention au choix de nos amis, associés d’affaires et conjoints. « Ne vous y trompez pas, « les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs ». »)

L’expérience d’Élie dans le désert nous enseigne aussi une précieuse leçon. Après son extraordinaire victoire sur les 450 prophètes de Baal sur le Mont Carmel, sa joie s’est transformée en affliction quand il a été poursuivi par Jézabel et a dû s’enfuir pour sauver sa vie. De tels « sommets » spirituels sont souvent suivis d’un sentiment de désillusion, de dépression et de découragement. Nous devons faire attention à de telles expériences dans notre vie chrétienne. Notre Dieu est fidèle et il ne nous délaissera pas et ne nous abandonnera pas. Le murmure doux et léger qui a encouragé Élie nous encouragera aussi.

 

Deux parties structurent ce petit livre :

 

1e partie : Salomon  -  Jéroboam  -  Akhab et les prophètes  -  Les cycles d’Elie et d’Elisée  -  Jéhu le justicier  -  Ezéchias et Isaïe  -  Josias  -  La fin du royaume de Judas  -  Un bilan de l’histoire des rois  -

2e partie : Une théologie de l’histoire  -  Comment Dieu conduit l’histoire  -  Un livre contestataire  -  Les acteurs de l’histoire  -  Que faut-il retenir de l’histoire des rois ?

 

LE LIVRE DE TOBIT ou LE SECRET DU ROI

Daniel DORE

Edition Du CERF

 1997

Ce récit se passe entre Ninive et Ragues, entre L’Irak et l’Iran. Ce récit fait parti des livres du Deutéronome et raconte l’histoire de Tobit père, aveugle persécute par sa femme et les siens, de l’autre coté on a Sara, fille de Raguel à Ragés, humiliée par la servante.

 

C’est la communion de ces deux âmes éloignées et qui s’ignorent dans la nécessité et dans la prière, qui fait l’intérêt du récit de Tobie.

 

Ce récit est en deux parties, la première décrit les malheurs de Tobit, avec sa femme Sara, les épreuves d’Israël et de sa famille, il devient aveugle et dépend alors de sa femme.

 

La deuxième partie, raconte le voyage de Tobie(fils) accompagné par l’ange Raphael, qui est là pour protéger et guérir la famille Tobit, de ce fait Raphael est désigné comme patron des guérisseur, des accompagnateurs, il est le porte- parole de la médecine de Dieu, il chemine avec Tobie et s’émeut de nos détresses à tous, ainsi que celle de Tobit père et de la jeune Sara.

 

le livre hÉbreux d’hénoch ou livre des palais

Charles mopsik

Edition Verdier

 1989

Le Livre Hébreu d’Hénoch, appelé aussi Livre des Palais ou III Hénoch, est un monument de la mystique angélologique juive ancienne, mais qui est quasi impossible à dater historiquement.

 

Vers le Ve siècle en Babylonie, il intègre l’antique tradition apocalyptique relative à la figure d’Hénoch, en lui donnant une nouvelle dimension compatible avec la tradition rabbinique. On sait que le personnage biblique d’Hénoch a suscité une immense littérature qui débute dès le IIe siècle avant notre ère et qui attribue à cette figure un destin hors pair. Les livres d’Hénoch conservés en éthiopien et en slave ont déjà fait l’objet de traductions françaises, ce qui n’était pas le cas dans la version précédente.

 

Cette mystique hénochienne de type apocalyptique, place à la tête des puissances céleste l’Archange Métatron, qui n’est autre qu’Hénoch, le Patriarche antédiluvien transfiguré. Prince de la Face, serviteur du Trône divin, il est aussi le guide de l’homme qui s’achemine dans les Temples célestes pour scruter le Char divin. Le Livre des Palais se présente comme le récit que l’ange Métatron fait à Rabbi Ismaël des merveilles du ciel et de ses populations angéliques, ainsi que de sa propre métamorphose.

 

Véritable carrefour des traditions bibliques, apocalyptiques, midrachiques et ésotériques, ce livre a joué un rôle de première importance pour la formation de la Kabbale au Moyen Âge et de la mystique des piétistes juifs franco-rhénans dont il a fournit et fournit encore un certain nombre de clés indispensable à l’étude.

 

On constate que ceux qui se réclament de ce livre d’Hénoch, se recrutent parmi les tenants de l’ésotérisme cabalistique, et ils sont très nombreux, déjà au Moyen Âge c’était la totalité des rabbins qui approuvaient ce texte.

 

le meiri - le rabbin catalan de la tolÉrance

Ph. haddad

Edition Mare Nostrum Perpignan

 2001

Personnage Perpignanais du 13ème siècle, il est considéré comme un des plus grands érudits de tous les temps. Il fut un précurseur du dialogue inter-religieux et à ce titre prêcha la tolérance.

 

les Juifs vivent en paix  dans cette France du sud, bien qu’ils restent toujours dans un statut d’infériorité sur le plan religieux et soumis aux bonnes grâces du prince et de l’Eglise. Persiste donc le risque d’être pris pour bouc-émissaire, jamais à l’abri d’une expulsion ou d’un massacre. Mais comparé au pays du Nord ou à l’Andalousie almohade, il fait bon vivre en terre catalane. C’est là que naît le Méiri en 1249 à Perpignan où il mourra en 1316.

 

Le Meïri reçoit une ample culture générale et biblique et, doté d’un esprit de synthèse, il harmonise les méthodes classiques d’enseignement ashkénaze, sépharade, française (Rachi-tossafiste). Habité par deux cultures, comme Maïmonide, il est à l’aise aussi bien dans la jurisprudence rabbinique que dans la pensée aristotélicienne. Ceci le conduit à être un homme de dialogue et d’ouverture d’esprit. Il rejette tout autant l’astrologie divinatoire, les formules magiques tirées des versets bibliques, les amulettes, etc., mais aussi le rationalisme froid et sans ferveur. Il fait partie des sages de la voie moyenne

 

Il est célèbre par deux ouvrages principaux : « Hibbour Hatéchouva », traité de la Repentance et « Beth Habéhira », commentaires du Talmud. Ses œuvres secondaires sont : « Kyriat Sefer » sur l’écriture du rouleau de la Torah, « Maguen Avoth » coutumes juives occitano-catalanes, « sefer Hamidoth » livre des vertus, et un commentaire de la Haggadah de Pâque, exégèse de la sortie d’Egypte, ainsi que diverses exégèses du Pentateuque, des Psaumes et des Proverbes. A l’instar de Maïmonide, il tente d’accorder certains textes du Midrash avec la Raison, afin d’éviter l’extravagance imaginative.

 

Il faut savoir que depuis 1150, des querelles s’élèvent entre rabbins partisans ou ennemis de l’étude des sciences profanes et de la philosophie grecque, Jusque-là  l’Occitanie-Catalogne est un haut lieu d’études rabbiniques axé essentiellement sur les textes traditionnels. A cette date de 1150 arrive d’Andalousie, chassé par les Almohades, l’Andalou Juda Ibn Tibbon disciple de Maïmonide. Délaissant quelque peu la jurisprudence rabbinique, ce Tibbon estime que l’essentiel du Judaïsme passe par la pensée. Il pratique les sciences et la philosophie et décide de traduire un certain nombre d’écrits de la pensée juive hispanique d’expression arabe, rendant accessible ce savoir aux communautés juives d’Occitanie.  En 1204 son fils Samuel Ibn Tibbon traduit en hébreu le « Guide des Egarés » que Maïmonide avait publié au Caire en 1185. Cette traduction suscite un vif engouement pour les matières dites profanes, ce qui inquiète les traditionalistes. En France et dans les royaumes hispaniques Maïmonidiens et anti-Maïmonidiens s’accusent mutuellement. Certains font même appel aux Dominicains de l’Inquisition qui ne se font pas prier ! Les maisons juives sont fouillées et des centaines de livres sont brûlés en 1233  à Montpellier.

 

Ce conflit n’est pas anodin. Il touche à l’essence même de l’identité juive. Celle-ci doit-elle vivre repliée sur elle-même et ne s’attacher qu’aux textes bibliques et à sa tradition orale et ésotérique ? Ou bien doit-elle être constamment ouverte au monde, aux sciences et à la philosophie ?  La Bible se suffit-elle à elle-même ou peut-elle participer des questions de sens qui agitent  la société à côté d’autres  savoirs, d’autres sciences et d’autres fois ?  Question toujours d’actualité !  La première option fut celle d’une grande partie de la tradition orthodoxe qui s’appuya sur la négation de la démarche philosophique d’un Maïmonide ou d’un  Méiri pour offrir encore plus d’élan à l’option mystique.

 

LE MYSTḔRE DE JOB ET LES ḖPREUVES INITIATIQUES

Isabelle Dupuis

Edition Maison de Vie

 2017

Représenté dans de nombreux édifices sacrés, Job est l'archétype de l'initié qui, chemine sur la voie des Grands Mystères et rejoint l'Orient Eternel après avoir traversé des épreuves magistrales. Le Livre de Job transmet un enseignement de nature ésotérique qui a été oublié. Cet ouvrage tente d'en restituer toute la richesse et la puissance. Qu'est-ce que la mort au sens initiatique du terme ? Quels sont la nature et le sens de l'épreuve sur une voie de connaissance ?

 

Quelles sont les étapes d'un détachement progressif menant à la pleine conscience du divin ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles ce texte apporte des éléments de réponse utiles pour quiconque avancer sur le chemin de la connaissance. Le dernier chapitre est consacré au Testament de Job, texte apocryphe peu connu mais précieux pour comprendre la symbolique propre.

 

Le Livre de Job se trouve parmi les Écrits (Ketouvim), la troisième partie de la Bible hébraïque, et pour les Chrétiens parmi les livres poétiques et sapientiaux de l’Ancien Testament. Le livre de Job est souvent présenté comme une explication du mal et de la souffrance. Il n’en est rien : le livre n’explique pas mais il constate que le mal existe (appelé « l’Adversaire »).

 

Même si l’homme est vraiment juste, il ressentira la souffrance comme les autres. Si l’on met à part l’épouse de Job, (elle fait une apparition au chapitre 2), le livre met en scène cinq personnages sous le regard de Dieu : Job et ses trois amis (Elifaz, Bildad et Sophar) auxquels se joint ensuite un jeune homme (Elihu).

 

Job est un homme juste, intègre et droit, qui respecte Dieu et fait le bien. Tout lui souriait : une belle et grande famille, de grandes richesses en immeubles et en troupeaux. Pour ne pas risquer de déplaire à Dieu et peut être aussi pour être sûr de conserver tout ce bonheur, Job offrait régulièrement des sacrifices d’expiation.

Représenté dans de nombreux édifices sacrés, Job est l'archétype de l'initié qui, chemine sur la voie des Grands Mystères et rejoint l'Orient Eternel après avoir traversé des épreuves magistrales. Le Livre de Job transmet un enseignement de nature ésotérique qui a été oublié. Cet ouvrage tente d'en restituer toute la richesse et la puissance. Qu'est-ce que la mort au sens initiatique du terme ? Quels sont la nature et le sens de l'épreuve sur une voie de connaissance ? Quelles sont les étapes d'un détachement progressif menant à la pleine conscience du divin ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles ce texte apporte des éléments de réponse utiles pour quiconque

avancer sur le chemin de la connaissance. Le dernier chapitre est consacré au Testament de Job, texte apocryphe peu connu mais précieux pour comprendre la symbolique propre.

 

Le Livre de Job se trouve parmi les Écrits (Ketouvim), la troisième partie de la Bible hébraïque, et pour les Chrétiens parmi les livres poétiques et sapientiaux de l’Ancien Testament. Le livre de Job est souvent présenté comme une explication du mal et de la souffrance. Il n’en est rien : le livre n’explique pas mais il constate que le mal existe (appelé « l’Adversaire »). Même si l’homme est vraiment juste, il ressentira la souffrance comme les autres. Si l’on met à part l’épouse de Job, (elle fait une apparition au chapitre 2), le livre met en scène cinq personnages sous le regard de Dieu : Job et ses trois amis (Elifaz, Bildad et Sophar) auxquels se joint ensuite un jeune homme (Elihu).

 

Job est un homme juste, intègre et droit, qui respecte Dieu et fait le bien. Tout lui souriait : une belle et grande famille, de grandes richesses en immeubles et en troupeaux. Pour ne pas risquer de déplaire à Dieu et peut être aussi pour être sûr de conserver tout ce bonheur, Job offrait régulièrement des sacrifices d’expiation.

 

Un jour, Dieu réunit ses anges et Satan se glisse parmi eux. Sur l’interpellation de Dieu, Satan prétend que la justice de Job n’était due qu’à ses bonnes conditions de vie. Satan lance un défi à Dieu : s’il l’autorisait à lui nuire, Job maudirait bien vite son Créateur ! Dieu relève le défi et remet entre les mains de Satan tous les biens de Job, à condition que Satan ne touche pas à la personne de Job. Aussitôt tous les malheurs s’abattent sur la famille et les biens de Job : mort de tous ses enfants, perte de tous ses biens ! Mais Job continue à faire confiance à Dieu.

 

Alors, dans une autre réunion des anges, Satan provoque de nouveau Dieu en lui disant : « Étends la main, touche à ses os et à sa chair, je te jure qu’il te maudira en face » (Job 2, 5). Relevant de nouveau le défi, Dieu, confiant dans son serviteur Job, autorise Satan à altérer la santé de Job, pourvu qu’il lui laisse la vie sauve. A l’instant même, Satan infligea un ulcère au pauvre Job, « depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête » (Job 2, 7). Mais à sa femme qui l’exhorte à maudire Dieu, Job répond : « Tu parles comme une folle. Si nous accueillons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur ? » (Job 2, 10).

 

Avertis de ces évènements, trois amis de Job, Elifaz, Bildad et Sofar, viennent des confins de l’Arabie et du pays d’Edom, pour le visiter, le plaindre et le consoler. Mais Job est dans un tel état que ses amis ne le reconnaissent pas ! Ils commencent donc par compatir en silence pendant une semaine, à l’issue de laquelle c’est Job qui prend la parole pour maudire le jour qui l’a vu naître. Commence alors la deuxième partie du livre (ch. 4-31) sous la forme d’un grand dialogue poétique, en trois cycles de discours entre Job et chacun de ses amis, chacun exposant ce qu’il pense de la justice divine. Les arguments des trois amis convergent vers l’idée que si Job souffre, c’est qu’il a péché, défendant ainsi la thèse traditionnelle de l’époque : la rétribution terrestre. Il est impossible que le juste souffre et que la souffrance soit autre chose qu’une punition divine.

 

Job continue envers et contre tous à soutenir qu’il n’a pas péché, que son expérience douloureuse prouve qu’il existe des injustices et que le monde en est d’ailleurs rempli. Intervient alors avec colère un quatrième personnage, un jeune homme du nom d’Elihu (ch. 32-37). Jusque-là resté sur la réserve par égard pour les trois amis de Job, il ne peut accepter tout ce qu’il vient d’entendre. Il marque d’abord son indignation contre Job qui n’a su se justifier qu’en accusant Dieu et contre ses amis qui n’ont su défendre Dieu qu’en accusant Job.

 

Enfin, Dieu clôt les débats en deux discours (38-42,6) par lesquels il fait comprendre à Job en même temps son erreur et sa suffisance : «Quel est celui-là qui obscurcit mes plans par des propos dénués de sens ?…Où étais-tu quand je fondais la terre ?» (Job 38, 2. 4). Et Job de prendre conscience de la toute-puissance de son Dieu en même temps que de sa condition de créature : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu. Aussi je me rétracte et m’afflige sur la poussière et sur la cendre ». (Job 42, 5.6).

 

L’énigme du mal demeure, mais Job est revenu à Dieu. Enfin, en guise de « happy end », Dieu réprimande les trois amis de Job, restaure Job dans tous ses biens, et lui rend fils et filles. « Après cela, Job vécut encore cent quarante ans et il vit ses fils et les fils de ses fils jusqu’à la quatrième génération » (Job 42, 16).

 

VIES DE JOB

Pierre Assouline

Folio

2011

Job est l'un des personnages les plus fascinants et énigmatiques de la Bible. Couché nu sur son tas de cendres, couvert de blessures, privé des siens et dépossédé de ses biens, il est le symbole de l'homme arbitrairement condamné qui affronte seul la justice divine. Depuis que le Livre de Job a été écrit, cette histoire a passionné et intrigué plus qu'aucune autre. Pourquoi ? C'est la question à laquelle Pierre Assouline a voulu répondre en partant sur les traces de Job, remontant près de vingt-cinq siècles jusqu'aux sources de ce texte dont l'auteur est inconnu, puis interrogeant les innombrables commentaires et représentations qu'il a suscités. De cet immense parcours, qui l'a conduit dans les bibliothèques et musées du monde entier, et l'a fait partir à la rencontre d'êtres ordinaires et extraordinaires, est né un livre à mi-chemin entre biographie et roman. Déchiffrant les multiples visages de Job, Pierre Assouline en révèle l'importance dans notre civilisation, et surtout la manière dont l'histoire de Job nous aide à vivre. Vies de Job se lit en creux comme le récit d'une quête intérieure. Celle d'un écrivain hanté par son personnage.

 

Le livre de Job est un chef d'œuvre. Mais pour beaucoup c'est aussi un sacré casse-tête! C'est vrai qu'il y a des aspects très ambigus. Mais si on prend le livre dans son ensemble, les enseignements sont nombreux pour nous dès le premier chapitre. Je vois au moins cinq leçons à retirer de la souffrance de Job.  Et personnellement, j'ai trouvé la cinquième tout particulièrement encourageante récemment:

 

Leçon n°1: Satan ne peut rien faire sans l’autorisation de Dieu, C’est très important, pour commencer, de réaliser que le pari cosmique entre Dieu et Satan, n’est pas un pari entre égaux. Non, Dieu est le seul Dieu et Satan n’a aucune autorité en dehors de celle que Dieu lui accorde. Chaque fois, Satan doit demander à Dieu le droit de faire du mal à Job (ex. Job 1.12). Au passage, on découvre que Satan désire notre destruction complète, puisque Dieu doit lui préciser à chaque autorisation, les limites (Job 1.12; 2.6). Il y a un encouragement énorme qui découle de cette première observation: d’une façon absolument incompréhensible, Dieu dans son amour fait tout concourir à notre bien (Ro 8.28), même les plans destructeurs de Satan.

 

Leçon n°2: Dieu utilise le péché sans jamais pécher : Job nous enseigne que la souveraineté de Dieu est très complexe. Dans le livre de Job, il y a plusieurs façons de parler de l’origine d’un malheur. À un premier niveau, il y a les acteurs immédiats qui détruisent tout ce que Job possède: les Sabéens et les Chaldéens, ainsi que la foudre et la tempête. Si on remonte un peu, c’est Satan qui tire les ficelles des peuples et de la météo. Mais de façon ultime, c’est Dieu le vrai acteur. Et Job le sait. Après avoir tout perdu (sauf sa femme… pas un cadeau!), Job dit que ces malheurs lui viennent de Dieu: “Nu je suis sorti du sein de ma mère, et nu j’y retournerai. L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté; que le nom de l’Éternel soit béni!” Et Job va même plus loin au chapitre suivant, en parlant du mal qu’envoie Dieu (Job 2.10). Mais au cas où on aurait un doute, le narrateur précise immédiatement après chacune des deux interventions de Job: “En tout cela, Job ne pécha pas et n’attribua rien de scandaleux à Dieu.” (Job 1.22, cf. aussi Job 2.10). C’est très complexe, voire incompréhensible: Dieu déteste le mal, ne commet jamais le mal et pourtant, il utilise le mal. Job l’enseigne.

 

Leçon n°3: Les malheurs de Job ne sont aucunement liés à ses péchés : Nous sommes prompts à chercher une raison à notre souffrance. Beaucoup de chrétiens ont l’impression que Dieu est en train de les punir par la souffrance. Dans Job, c’est au contraire sa grande intégrité qui attire tant de malheurs à Job (cf. Job 1.1, 5, 8; 2.3). Dieu dit notamment à propos de la justice de Job: “Il n’y a personne comme lui sur la terre. C’est un homme intègre et droit. Il craint Dieu et se détourne du mal.” (Job 1.8 et 2.3).

 

Leçon n°4: La persécution que vit le chrétien peut aussi être « non-religieuse » J’hésite un peu avec ce point. Car Jésus promet clairement la persécution religieuse à ses disciples. Il n’empêche que dans Job, le zèle de Satan pour nous détruire se manifeste aussi en souffrances physiques. Ce point est difficile parce tout être humain, pas juste le croyant, éprouve des souffrances telles que la perte d’un enfant, la catastrophe qui détruit sa maison, la trahison du conjoint, etc. Comment donc dire qu’elle est due à notre relation avec Dieu? Mais Job semble indiquer que la souffrance “naturelle”, c’est à dire qui n’est pas une persécution religieuse, est aussi due à notre foi. Satan utilise la souffrance qui est le lot de tous les hommes pour faire vaciller la foi des hommes pieux.

 

Leçon n°5: Notre souffrance fait partie de quelque chose de bien plus grand que notre petite vie : Job nous invite à lever les yeux. À avoir une perspective céleste sur nos souffrances. À aucun moment Job n’a le privilège de voir ce qui se passe en coulisses. Le pari cosmique entre Dieu et Satan reste un secret pour lui. Mais nous avons ce privilège dans le livre de Job. Je pense que Dieu voulait par là nous faire réaliser qu’on ne comprendra pas ici-bas la plupart de nos souffrances, mais qu’elles ont du sens de la perspective de Dieu. Les enjeux des souffrances de Job sont énormes: aime-t-il Dieu parce que Dieu en est digne ou aime-t-il Dieu parce Dieu le comble de bonnes choses? Aime-t-il celui qui donne ou aime-t-il les cadeaux? Est-il juste parce que ça lui rapporte ou est-il juste parce que c’est juste de l’être?

 

Nos souffrances font partie d’une histoire qui nous dépasse. Faisons confiance à Dieu qui sait ce qu’on est capable de supporter (1 Co 10.13). Faisons-lui confiance pour qu’il fasse tout concourir à notre bien (Ro 8.28. Faisons-lui confiance pour que “les souffrances du moment présent ne sont pas dignes d’être comparées à la gloire qui va être révélée pour nous.” (Ro 8.18). Faisons comme Job qui loue Dieu, malgré l’incompréhension de sa souffrance: « C’est nu que je suis sorti du ventre de ma mère, et c’est nu que je repartirai. L’Éternel a donné et l’Éternel a repris. Béni soit le nom de l’Éternel. »

 

le mystÈre du nom divin élohim

Emmanuel levyne

Edition TSEDEK

 1980

Précédé de la Kabbale de la lettre , ce petit livre donne des pistes sur plusieurs mots et auteurs divers.

 

Pour Maître Eckhart : Avant qu’il n’y ait des créatures, Dieu n’était pas encore Dieu, mais il était ce qu’il était. Lorsque la créature fut et qu’elle reçut sa nature de créature, Dieu n’était pas Dieu en lui même, il était Dieu dans la créature.

 

Pour Saint Thomas d’Aquin : La créature en Dieu, c’est l’essence divine elle même.

 

Au sommaire nous y trouvons :

 

Première partie : La kabbale de la lettre Hé

Deuxième partie : Etude et recherche kabbalistique sur le nom Elohim  -  Elohim= Dieu + la Création  -  Béréshit Bara Elohim  -  La kabbale dans les trois premiers mots de la Genèse  -  La mère de l’homme  -  Son époux est connu aux portes (Zohar)

Troisième partie : Textes du Zohar  -  les significations séphirotique du Nom Elohim  -  Mi et Yam  -  La mer  -  Elohim et Abraham  -  L’homme crée Dieu par l’observation de la Thora  et par l’acte de la charité  -

Quatrième partie : Les penseurs russes : Simon Frank, Léon Karsavine, Serge Troubetskoi, Nicolas Berdiaev  -  Miguel de Unamuno  -  Maître Eckhart  -  St Thomas d’Aquin  -

 

 

le sacrifice d’Abraham

S. Moses - M. de Launay -  O. Revault d’Allonnes

Edition Desclée de Brouwer

 2002

« Prends ton fils, ton unique… et va-t-en au pays de Mariyya, et là tu l’offriras en holocauste… »

La scène du sacrifice d’Abraham est l’une des plus célèbres de la Bible, mais aussi l’une des plus énigmatiques. Comment un Dieu aimant et tout puissant peut-il proférer une injonction aussi absurde, puis sembler se contredire en retenant la main du Patriarche ?

Pour méditer cet épisode et en restituer la profondeur, trois auteurs, réunissent ici leurs voix : un essayiste, un exégète et un esthéticien, ainsi ils nous donnent trois éclairages complémentaires sur cette dramaturgie fondamentale.

Stéphane Moses (professeur émérite à l’université hébraïque de Jérusalem), part de la constatation centrale que ce sacrifice n’a pas eu lieu et, s’appuyant sur les commentaires talmudiques, présente Abraham déchiré entre les voix qu’il croit entendre, l’une démoniaque, l’autre divine ; il montre ainsi la complexité d’une situation où la volonté de Dieu s’enveloppe dans l’expérience de la souffrance et du malheur.

Marc de Launay (chargé de recherche au CNRS en philosophie), propose une autre cause à ce sacrifice paradoxal : c’est parce qu’il a signé une alliance purement temporelle avec la roi Abimélekh qu’Abraham, soumis à l’épreuve, va pouvoir se ressouvenir du sens de la Promesse.

Olivier Revault d’Allonnes (professeur émérite à l’université de Paris-Panthéon-Sorbonne), commentant des œuvres de Titien, le Caravage, Rubens et Rembrandt, montre la fécondité d’une traduction plastique de cette scène : le poignard objet de vanité et arme exceptionnelle n’est plus chez Rembrandt qu’un objet qui tombe, vanité parmi les cailloux du chemin.

 Un très bon essai !

 

les apocalypses juives

Mathias delcor

Edition BERG INTERNATIONAL

 1995

Le mot d’origine grecque, apocalypse, signifie révélation, dévoilement de la vérité cachée, particulièrement en ce qui concerne Dieu et son dessein. Les Apocalypses annoncent donc, entre autres, la Fin des temps, idée que le vocabulaire coutumier a principalement retenue en oubliant les autres aspects de cette abondante littérature. La conception d’une histoire cosmique, le dualisme, la démonologie et l’angélologie s’y expriment tandis que l’importance accordée aux révélations concernant la Création, la chute d’Adam et des anges, l’origine du mal dans le monde, le conflit entre la lumière et les ténèbres, le bien et le mal, Dieu et Satan, thèmes que nous retrouvons dans l’héritage scripturaire des Esséniens, y fortifient la croyance en la vie après la mort ainsi que l’idée de la résurrection.

 Les rabbins du Talmud rejetèrent ces écrits qui ont incontestablement marqué le christianisme, particulièrement à travers l’Apocalypse de Jean, et les nombreuses références de St Paul à la figure transcendante du Fils de l’Homme. La Fin des temps annoncée ne s’étant pas réalisée, la littérature apocalyptique était d’ailleurs tombée en discrédit aux yeux de l’orthodoxie juive. Des nombreuses Apocalypses qui furent rédigées approximativement du IIème siècle av. J.C. à 150 ans après, seul a été conservé par la tradition juive ce qui forme la deuxième partie du livre de Daniel.

 Les Apocalypses juives ont nourri, si ce n’est inspiré, de grands courants mystiques. Leur connaissance est autant indispensable à la compréhension du Nouveau Testament qu’à celle de diverses expressions de la mystique juive qui, si elle n’est pas, loin s’en faut, issue de l’apocalyptique, lui est néanmoins redevable de certaines de ses conceptions eschatologiques.

 On y parle de :

Les écrits apocalyptiques

L’Assomption de Moïse ou testament de Moïse

Le milieu d’origine et le développement de l’apocalyptique juive

L’ascension d’Isaïe

La vie d’Adam et Ève

Le livre de Daniel

L’apocalypse d’Abraham

Le livre d’Hénoch ou le corpus hénochien :

Le livre des Veilleurs (extraits)

Le livre des Paraboles d’Hénoch (extraits)

Le livre des Songes d’Hénoch (extraits)

Le livre des secrets d’Hénoch ou IIème Hénoch

La naissance merveilleuse de Melchisédech (extraits)

Le IVème livre d’Esdras

Le livre des jubilés

L’apocalypse syriaque de Baruch ou IIème Baruch

Les oracles sibyllins

L’apocalypse grecque de Baruch ou IVème Baruch

La littérature testamentaire :

Le Testament de Lévi (extraits)

Le Testament de Juda (extraits)

Le testament de Job

Les apocalypses d’Elie et de Sophonie

Le livre de la guerre des fils de lumière contre les fils de ténèbres

L’apocalypse de Jean

 

les clÉs du sacrÉ

Carlo suares

Edition MONT-BLANC

 1971

L’auteur aurait pu appeler ce livre les clés du temps car autour d’Israël il nous fait remonter toutes les histoires bibliques à travers la Bible jusqu’à Adam.

 

L’auteur a déjà écrit 3 ouvrages -La Bible restituée, Le Sepher Yetsira et le Cantique des Cantiques – L’auteur présente et situe ces Clés du sacré dans la brûlante actualité historique et dans la conscience profonde de l’auteur lui-même, en projetant d’une façon immédiate et vivante le contenu psychique de personnages et de drames mythiques qui constituent l’essentiel de notre bagage religieux judéo-chrétien.

 

Tous ces éléments composent leur constellation autour d’un foyer central, Israël, nom qu’assume Jacob à la suite du combat qui scelle sa transcendance par rapport à Dieu et aux générations.

 

Si le scribe se déclare dans ce livre Jacob, Caïn, Jonas ou Judas, ce n’est pas du tout, pour lui, une fiction : c’est parce qu’il sent ces pseudo-personnages vivre en lui. En vérité, les clés du sacré deviennent ici les clés du temps car les histoires bibliques sont ramenées, du lointain passé où on les avait reléguées, dans une actualité bouleversante, où elles révèlent leur véritable signification.

 

Au sommaire de cet ouvrage :

 

Le premier livre du scribe

Jacob, Jonas, Caïn, Judas

Le premier et le deuxième livre de Mahoyaël

Genèse I et II

Le livre d’Adam, du serpent, d’Eve, de Noé, d’Hiram,

Le livre des malédictions

Le chant de la circoncision

Le livre de Jacob

Le chœur des femmes

Judas, le quatre du pouvoir temporel,  le douze,

Ben Yamin, fils de la droite, celui de l’accomplissement

Le troisième et le quatrième livre de Mahoyaël

 

les clefs secrÈtes d’Israël suivi des principes kabbalistiques

A.D. grad

Edition robert laffont

 1974

L’auteur développe ici les grands mystères d’Israël. D’où vient le peuple d’Israël ? D’où vient la langue d’Israël ? Qui a écrit le livre des livres ? La Kabbale, l’Alliance du Feu etc

 

Maimonide et d’autres rabbins considèrent que la pensée hébraïque a un sens caché et ésotérique, d’ailleurs dans son livre « le livre des égarés », Maimonide ratisse large afin de « mettre sur la voie les indécis et les égarés », ces étourdis et ces égarés qui n’adhérent pas au sens de l’Ecriture et qui ont besoin d’explications.

 

Le mystère de la Bible est partout, dans la numérologie, dans les versets, dans l’orthographe et le découpage des mots, dans son alphabet, dans ses non sens, ses anomalies et dans son ésotérisme.

 

Au sommaire de cet ouvrage

 

1e Partie : Israël et ses mystères  -  Les clefs secrètes  -  D’où vient tu Israël ?  -  Mystérieux contacts  -  L’ésotérisme hébreu  -  Mystérieux Zohar  -  Haute Magie en Israël  -

 

2e Partie : Le livre et son mystère, L’Alliance de feu  -  Le premier mot de la Bible  -  Alliance de feu  -  Qui a crée tout cela ?  -  Le feu et les Eaux ou l’étoile de David  -  Abraham et le mot de la fin  -  La terre était tohou et les ténèbres couvraient tehom  -  L’homme de feu  -  Paroles de feu  -  De Elohim à Adonaï  -  D’Adam à Abraham  -  D’Abraham à Joseph  -

 

3e Partie : Le livre des principes kabbalistiques  -  L’hiver est passé  -

 

4e Partie : La Science sacrée  -  Exercice de lecture kabbalistique simplifiée du livre d’Israël  -  L’alphabet sacré  -  Les Sephiroth  -  La kabbale, géométrie sacrée  -  La kabbale de l’or philosophal  -

 

LES 10 COMMANDEMENTS AUJOURD'HUI

André CHOURAQUI

Edition Robert LAFFONT

 2000

Quels sont les 10 commandements ? Que signifiaient-ils au temps de Moïse ? Quelles religions s’en réclament ? Ont-ils une valeur pour les laïques ? Quelle est leur portée aujourd’hui ?  Ce sont les questions auxquelles, pour la première fois répond André Chouraqui. L’un après l’autre, il situe chacun des dix commandements au temps de la Bible et le suit à travers toutes les religions jusqu’à nos jours, il constate que le Décalogue n’a jamais été réellement appliqué. Tantôt occultés, tantôt altérés, les dix commandements sont ainsi des paroles qu’il importe de révéler à nouveau.

 

L'expression «dix commandements» ne se trouve pas dans la Bible. Celle-ci parle plutôt des «dix paroles» ou Décalogue.

 

Il y a deux rédactions de ce texte de loi: l’une dans l’Exode (chapitre 20, 2-17) et l’autre dans le Deutéronome (chapitre 5, 6-21). Voici la liste de ces dix commandements :

 

1. Tu n'auras pas d'autres dieux devant moi.
2. Tu ne te feras aucune image sculptée, rien qui ressemble à ce qui est dans les cieux…
3. Tu ne prononceras pas le nom de Yahvé ton Dieu à faux …

4. Tu te souviendras du jour du sabbat pour le sanctifier….
5. Honore ton père et ta mère …
6. Tu ne tueras pas.
7. Tu ne commettras pas d'adultère.
8. Tu ne voleras pas.
9. Tu ne porteras pas de témoignage mensonger contre ton prochain.
10. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain …

 

Le Décalogue (dix paroles) se comprend d’abord dans le contexte de l’exode qui est le grand événement libérateur du peuple d’Israël. Qu’elles soient formulées comme préceptes négatifs, ou comme commandements positifs, ces «dix paroles» indiquent les conditions d’une vie libérée de l’esclavage. Elles expriment ce qui permet de vivre ensemble. Elles ont permis la constitution d'un peuple. C'est par l'acceptation de la parole de Dieu que les douze tribus réduites à l'esclavage deviennent le peuple d'Israël.

 

Plus largement, ces dix paroles inspirent le désir de vivre dans des institutions justes et touchent aux fondements de la loi morale : l’amour, le respect de la vie, la vérité, la parenté. Elles disent aussi les traits fondamentaux de toute existence humaine : l’autre, l’image, le sang, le sexe et la mort. La question ne se limite jamais au seul respect de la Loi, mais à ce qui dans ces «dix paroles» est invitation au dépassement de soi. Ces paroles de Loi obligent à l’exercice du droit et de la justice, au respect de la personne humaine. Les droits inaliénables d’autrui constituent un devoir pour chacun.

 

André Chouraqui montre ici pourquoi ils n’ont pas pris une seule ride et propose une éthique qui leur restituerait leur authenticité originelle et la redécouverte de leurs valeurs.

 

Dix paroles pour réconcilier l’homme avec l’humain.

 

Chaque commandement est commenté dans les traditions hébraïques : taoïste, chrétienne, l’Islam, le bouddhisme, le judaïsme, la magie, la science. Il nous parle des Papes qui ont travaillés au rapprochement, de la famille, du fanatisme, des noms divins ; des diverses alliances, vers une éthique globale,  comment protéger la vie de nos jours, les devoirs de l’homme et les Droits de l’homme, Adam et Eve, Caïn et Abel, l’idolâtrie, le déluge, Babel et la confusion des langues, Abraham…

 

LES FÊTES JUIVES 

A.C.AVRIL et D. de la MAISONNEUVE

Edition Du CERF

 1993

Les 12 fêtes juives les plus importantes avec explications, dates et glossaires.

8 sont d’institution mosaïque et 4 sont d’institution rabbinique

 

Institution Mosaïque :

Rosh Hodesh  -  Liturgie et les principaux traits communs aux trois fêtes de pèlerinage dans Qiddush, l’office de Mussaf et le Hallel

Pessah : Sanctification, quaddesh, la narration magguid, le midrash, sortie d’Egypte et fin de l’esclavage

Shavuot : Sefira ha’omer, les noms de la fête, don de la Thora, rouleau de Ruth, le tiqqun

Sukkoth : Les 7 premiers jours de la fête, les différents rites, le 8e jour de fête

Le mois d’Elul

Roch ha Shanah : signification et liturgie, les bénédictions

Les 10 jours redoutables :

Yom Kippour : Liturgie et offices, prière de kol Nidré

 

Institution rabbinique ;

Hannukkah : origine et sens de la fête, liturgie et coutumes

Tu bi- Shevat : rites et coutumes

Pourim : Coutume, liturgie, date, nom, histoire et sens de la fête

Tish’a be-Av : Liturgie, tradition, date et sens de la fête.

 

LES GRANDS COURANTS DE LA MYSTIQUE JUIVE

Gerschom Scholem 

Edition Payot

 1973

C’est par ce livre passionnant que Gerschom Scholem (né à Berlin en 1897 et mort à Jérusalem en 1982) est devenu mondialement célèbre et reconnu comme une sommité en hébraïsme. Le judaïsme a développé dès ses débuts, un courant mystique puissant et original dont l’influence sera considérable tout au long de l’histoire. Ses notions fondamentales sont complexes, ses courants sont divers : Sephirot, Merkabah, gnose, kabbalisme, hassidisme, Zohar, mais aussi Abraham Aboulafia, Isaac l’aveugle, Isaac Louria, Sabatai Zevi ; autant d’idées multiples, autant de personnalités marquantes qui constituent un univers sans cesse en mouvement, dont Scholem propose ici une représentation claire, vivante et complète dans laquelle il fait la synthèse de son savoir.

Au sommaire de cet ouvrage de 630 pages :

Chapitre 1 : Caractères généraux de la mystique juive : Qu’est ce que la mystique ? - la mystique comme phénomène historique - Mythologie, religion et mystique - l’expérience mystique et son interprétation des valeurs religieuses - la mystique juive influencée par le contenu du judaïsme - la théorie kabbaliste du Dieu caché et de ses attributs - les Sephiroth - la Tora - kabbalisme et langage - cosmogonie et eschatologie - philosophie juive et kabbalisme - Allégories et symbolisme - interprétation mystique et philosophique de la Halakha et de la Haggada - la résurrection du mythe au cœur du judaïsme - l’absence de l’élément féminin dans la mystique juive -

Chapitre 2 : La mystique de la Merkaba et la Gnose juive : La première période de la mystique juive - anonymat des écrits - Esotérisme des maitres de la Michna - mystique du trône - apocalypse et la mystique - les livres des Hekhaloth - les Yorde Merkaba et leur organisation - conditions d’initiation - L’ascension extatique de l’âme et sa technique - Eléments magiques - Dangers de l’ascension - Dieu comme Roi Saint - les hymnes des mystiques de la Merkaba - Shiur Koma - Énoch, Métatron et Yahoel - le voile cosmique - Vestiges des spéculations gnostiques sur les éons - Le « Livre de la Création » - Théurgie, réinterprétation morale de la Merkaba -

Chapitre 3 : Le Hassidisme dans l’Allemagne médiévale : Apparition du Hassidisme, tradition mystique et communautés juives d’Allemagne - « Le livre des  dévots » - Yehuda le Hassid et ses disciples - caractère eschatologique du Hassidisme - le nouvel idéal du hassid : ascèse, ataraxie et altruisme - l’amour de Dieu - une version judaïsée du cynisme monacal - le pouvoir magique du hassid - la légende du Golem - pratiques occultes et mystère de la prière - conception hassidique de la pénitence - Immanence de Dieu - Kavod, Gloire divine - Traces de la doctrine philonienne sur le Logos - le Chérubin sur le trône - archétypes cosmiques -

Chapitre 4 : Abraham Aboulafia et la doctrine du Kabbalisme prophétique : Naissance du Kabbalisme et divers types de kabbalistes - Réticence et censure kabbalistique - vision et extase - la conception de Devekuth - la forme juive de l’union mystique - Vie et œuvre d’Abraham Aboulafia - la musique de la pensée pure - la nature mystique de la prophétie - Kabbalisme prophétique - Transfiguration mystique comme essence de l’extase - Pragmatisme mystique - Kabbalisme pratique et magie - Développements subséquent des doctrines d’Aboulafia -

Chapitre 5 : Le Zohar : I. Le livre et son auteur : Le problème du Zohar - caractère littéraire et composition du Zohar - toute la littérature zoharique se compose de deux grandes parties : l’ensemble du Zohar et la Raya Mehema - l’ensemble du Zohar, œuvre d’un seul auteur - la langue et le style du Zohar - Sources du Zohar : réelles et fictives - traitement des sources - la prédilection de l’auteur pour certaines doctrines kabbalistiques et son aversion pour d’autres - Absence de la doctrine des Shemitoth, ou unité du développement cosmique - le Midrach Ha-Neelam, l’élément le plus ancien du Zohar écrit entre 1275 et 1286 - la Raya Mehemma et la Tikkunim écrit vers 1300 - Moïse ben Shemtob de Léon - Joseph Gikatila - Comparaison des écrits hébraïque de Moïse de Léon avec l’ensemble du Zohar - Autres pseudépigraphies écrites par Moïse de Léon - références voilées à la paternité du Zohar dans les écrits hébraïques de Moïse de Léon - Evolution spirituelle de Moïse de Léon et ses raisons pour écrire le Zohar - Pseudépigraphie comme catégorie légitime de la littérature religieuse -

Chapitre 6 : Le Zohar : II. La doctrine théosophique du Zohar : La différence entre la mystique de la Merkaba et le kabbalisme espagnol - le Dieu caché de l’En-Sof - Les Sephiroth, le royaume de la divinité - conception mystique de la Tora - Réalisation symbolique des Sephiroth - Dieu comme organisme mystique - Néant et Être - les trois premières étapes de l’évolution des Sephiroth - la création et sa relation avec Dieu - Théogonie et Cosmologie - tendance panthéiste de l’auteur du Zohar - Imagerie mythique dans la pensée kabbalistique - le problème du symbolisme sexuel - la nouvelle idée de la Shekhina, comme élément féminin en Dieu et comme communauté mystique d’Israël - L’homme et sa chute - la nature du mal - le Zohar et Jacob Boehme - Psychologie du Zohar et unité de la théosophie, de la cosmologie et de la psychologie -

Chapitre 7 : Isaac Luria et son école : L’exode d’Espagne et ses conséquences religieuses - Le kabbalisme sur le chemin du Messianisme - propagande apocalyptique par les kabbalistes - le centre du kabbalisme à Safed en Palestine - Moïse Cordovero et Isaac Louria - Israël Sarug - Tsimsoum, Shevira et Tikkun - le double processus de la création - la catastrophe primordiale ou la brisure des vases - l’origine du mal - la naissance mystique du Dieu personnel et l’action mystique d l’homme - Théisme et panthéisme dans le système de Louria - la doctrine de la prière mystique - Kawana - Rôle de l’homme dans l’univers - L’exil de la Shekinah - L’élévation des saintes parcelles - Transmigration de l’âme et sa place dans la kabbale - Un grand mythe de l’Exil et de la Rédemption -

Chapitre 8 : Sabbatianisme et hérésie mystique - Le mouvement sabbatien de 1665-1666 - Sabbatai Zevi, le Messie kabbalistique et Nathan de Gaza son prophète - Le Lurianisme adapté à la personnalité du nouveau Messie - Tournure hérétique du mouvement après l’apostasie de Sabbatai Zevi - Importance du Sabbatianisme pour l’histoire juive - rapport entre le kabbalisme hérétique et les « lumières » - L’idéologie sabbatienne - sabbataisme et christianisme - influence de la psychologie marranique sur le sabbatianisme - formes modérées et radicales du sabbatianisme - Nihilisme mystique et doctrine de la sainteté du péché - la nouvelle conception de Dieu - Le Dieu de la Raison et de la Révélation -

Chapitre 9 : L’Hassidisme : sa dernière phase : Hassidisme polonais et ukrainien du 18 e siècle et son problème - la transformation du hassidisme en mouvement populaire - Rabbi Shalom Sharabi - Sabbatianisme et Hassidisme - Rabbi Adam Baal Shem, prophète crypto- sabbatien - Renouveau mystique - L’originalité essentielle du Hassidisme n’est pas lié avec la théosophie mystique mais avec la morale mystique - Le Zaddikisme impliqué par la nature intrinsèque du Hassidisme - La figure du Zaddik ou du Saint - La Tora vivante - la fonction sociale du Saint comme centre de la communauté des hommes - l’histoire Hassidique avec sa mystique et sa magie -

Un ouvrage de référence, mais qui doit se lire à petites doses pour bien en comprendre le sens 

 

LES HÉBRAÏSANTS CHRÉTIENS EN FRANCE AU XVIe SIECLE

Gilbert Dahan et Annie Noblesse-Rocher

Edition Médiathèque du Grand Troyes  

 2013

Le siècle de l’humanisme, le XVIe siècle, est non seulement celui du retour aux classiques grecs et latins mais aussi celui de l’essor des études hébraïques dans plusieurs pays d’Europe occidentale et notamment en France.

Stimulés par les progrès faits dans ce domaine en Italie et en Espagne, plusieurs savants français se mettent à l’étude de l’hébreu. La création du collège Royal (futur collège de France) par François 1er vient concrétiser ces efforts, avec une chaire d’hébreu, puis une autre d’études orientales ; mais ce n’est pas le seul lieu où l’on enseigne l’hébreu : en dehors d’un enseignement privé important, des cours sont donnés plus tard dans les académies protestantes et dans certains collèges jésuites.

Pendant tout le XVIe siècle sont rédigées des grammaires de l’hébreu, ainsi que d’autres instruments de travail, comme des alphabets et des dictionnaires. Plusieurs imprimeurs, dont le plus célèbre est Robert Estienne, acquièrent des caractères hébraïques, et on a de la sorte un nombre impressionnant de publications d’ouvrages en hébreu. Rabelais d’ailleurs, souligne l’importance de l’imprimerie, qui facilite et démocratise le savoir et c’est bien un sentiment de renouveau des lettres que l’on constate alors, les langues anciennes sont privilégiées dont l’hébreu et l’araméen.

Bien sur, la Bible y a une place de choix – et l’on sait l’importance que jouent les éditions et les traductions de son texte dans le contexte des controverses religieuses du siècle, mais on a également un nombre non négligeable d’impressions de textes rabbiniques, notamment d’auteurs juifs du moyen-âge. En effet, avec l’essor de l’hébreu, c’est à une découverte de la littérature rabbinique que l’on assiste. Pour les exégètes de l’Ancien Testament, le recours aux commentaires de Rashi, d’Abraham Ibn Ezra ou de David Qimhi paraît indispensable.

Le XVIe siècle est aussi marqué par la découverte de la littérature de la Kabbale : si certains sont attirés par les spéculations arithmologiques ou par un certain ésotérisme, plusieurs savants chrétiens voient dans la Kabbale, notamment dans son livre principal qu’est le Zohar, un moyen d’approfondir aussi bien le message transmis par l’Ancien Testament que les dogmes fondamentaux du christianisme.

Les représentants majeurs de cet essor de l’hébreu, apparaissent ici – lecteurs au Collège Royal, comme Jean Cinqarbres, Gilbert Génébrard, Jean Mercier ou François Vatable, érudits et kabbalistes comme Guy et Nicole Lefèvre de la Boderie, Arnaud Pontac ou Blaise de Vigenère, sans oublier ce personnage hors du commun qu’était Guillaume Postel.

La médiathèque du Grand Troyes possède dans ses collections une série très remarquable d’éditions de textes de ces hébraïsants chrétiens du XVIe siècle, provenant des bibliothèques de savants du XVIe ou du XVII siècle, notamment de celle de Pontus de Tyard : elles sont mises en valeur dans cet ouvrage.

 

LES JUIFS D’ḖTHIOPIE – DE GONDAR A LA TERRE PROMISE

Lisa Anteby- Yemani

Ed. Albin Michel

 2018

Communauté aux origines obscures, qui revendique l’héritage du roi Salomon et de la reine de Saba, les juifs d’Éthiopie ne cessent de fasciner. L’épopée de leur « montée » en Israël au milieu des années 1980 les a brutalement fait passer d’un mode de vie archaïque à l’ultra-modernité.

Dans cet ouvrage appelé à devenir la référence en français, l’auteur fait le point sur ce qu’on sait de leur histoire ancienne et met surtout l’accent sur leur installation en Israël, la difficile question de leur intégration et les défis actuels.
Elle montre en particulier comment leur identité en tant que nouveaux Israéliens, juifs et noirs, les place  au carrefour de problématiques contemporaines : identité nationale ou religieuse, conscience de couleur et de genre, transnationalisme, re-diasporisation globalisation…
 Depuis une trentaine d’années, l’Etat hébreu a fait venir en Israël près de 80.000 Juifs d’Ethiopie, toute l’ethnie des Beta Israël – la maison d’Israël –, appelés également Falashas.

Cette population, qui vivait sur les côtes éthiopiennes depuis le début de l’ère chrétienne, s’était réfugiée dans les zones montagneuses de l’Ethiopie au IVème siècle pour échapper aux brimades et au prosélytisme chrétien de la dynastie Aksoum. C’est là, sur les plateaux de Gondar et dans le Tigré, aux confins du lac Tana, que les Beta Israël ont fondé un royaume florissant, resté indépendant jusqu’au XVIIème siècle.

Durant plus de douze siècles, le royaume juif d’Ethiopie a connu un âge d’or et sa culture a essaimé dans tout le pays et même au-delà de ses frontières. Les Beta Israël se considèrent eux-mêmes comme les descendants des notables qui ont accompagné Ménélik, fils du roi Salomon et de la reine de Saba, en Ethiopie. Ils ont vécu en perpétuant leurs traditions ancestrales basées sur le Pentateuque - les cinq livres de Moïse - qui existaient à l’époque où ils ont quitté la Terre Sainte, et non sur l’ensemble de la Bible (par exemple, ils ignorent le livre d’Esther et la fête de Pourim) ; quant à la littérature rabbinique, aussi bien le Talmudique le Midrash, ils ignorent totalement. Ceci explique la particularité de leurs coutumes et de leurs préceptes religieux.

Il existe cependant d’autres hypothèses quant aux origines des Falashas : selon Eldad ha-Dani, un voyageur juif du IXème siècle, ils s’agirait des descendants des tribus perdues de Dan, Asher, Gad et Nephtali, qui ont fui Jérusalem lors de la destruction du royaume d’Israël en 722 avant l’ère commune. Leur existence est, en tous cas, attestée par de nombreux voyageurs juifs, arabes et chrétiens depuis le premier quart de l’ère courante. Une autre hypothèse, dite hypothèse chrétienne, affirme que les Beta Israël seraient une population autochtone éthiopienne, convertie par des groupes de marchands juifs qui avaient traversé la région au cours des premiers siècles du christianisme. Au début du XVème siècle, le roi éthiopien Yeshaq décréta que seul « celui qui est baptisé dans la religion chrétienne peut hériter de la terre de ses ancêtres, sinon, qu’il soit un falasi ». Ce terme, qui vient du guèz, l’une des 80 langues parlées en Ethiopie, signifie "émigré", "étranger", ou "exilé", et est considéré comme péjoratif par les Juifs éthiopiens. Dès la promulgation de ce décret, les Beta Israël perdent tout accès à la propriété terrienne et sont contraints de se tourner vers des petits métiers, devenant ainsi une minorité misérable et marginalisée.

Au XVIème siècle, la population juive d’Ethiopie comptait environ 500.000 individus. De nombreuses missions catholiques, puis protestantes, tentèrent, parfois avec succès, de convertir au christianisme les Beta Israël. Une tâche souvent facilitée par la misère et le dénuement le plus total dans lesquels ils avaient été réduits. Les Beta Israël prennent véritablement conscience de l’existence de Juifs en dehors de l’Ethiopie. au XIXème siècle, avec l’action de Jacques Faitlovich, orientaliste juif polonais, qui créa un comité de soutien aux Falashas et enjoignit l’Agence Juive de poursuivre son œuvre. Il faudra toutefois attendre jusqu’en 1973 pour que le grand Rabbin sépharade d’Israël, le Rabbin Ovadia Yossef, reconnaisse leur identité juive et une année supplémentaire au grand Rabbin ashkénaze Shlomo Goren pour qu’il lui emboîte le pas. Finalement, c’est en 1975 que le gouvernement israélien les reconnaît à son tour, leur permettant alors de bénéficier de la Loi du retour, qui offre à tout Juif reconnu comme tel la possibilité d’immigrer en Israël et d’obtenir automatiquement la nationalité israélienne.

En octobre 1973, au lendemain de la guerre du Kippour, l’empereur éthiopien Haïlé Sélassié, considéré par la tradition chrétienne orthodoxe éthiopienne comme le descendant du roi Salomon et de la lignée davidique, rompt ses relations diplomatiques avec Israël. Un an plus tard, il est renversé par un jeune colonel communiste, Mengistu Haïlé Mariam, lors d’un coup d’Etat sanglant, qui impose une dictature militaro-marxiste. Mengistu fera assassiner l’empereur au mois d’août 1975, ainsi que des milliers d’opposants politiques à partir de 1977, jusqu’à ce qu’il soit renversé, à son tour, en 1991. Après un procès qui a duré dix ans, le colonel Mengistu, réfugié au Zimbabwe, vient d’être condamné par contumace, le 11 janvier dernier, à la prison à vie pour génocide. Les relations diplomatiques entre l’Ethiopie et Israël sont rétablies en 1989 ; mais dès 1977, les villages peuplés de Beta Israël commencent à se vider de leurs habitants.

Entre 1980 et 1984, des milliers de Beta Israël de la région du Tigré, fuyant la famine et la guerre civile, se réfugient au Soudan voisin, puis de là partent vers Israël, au cours d’opérations encadrées par le Mossad. Des milliers de Beta Israël meurent de faim, de soif et d’épuisement au cours de cet exode. Cet épisode tragique est celui qui est montré dans le très beau film « Vis, va, deviens ». Les deux plus importantes vagues d’immigration sont l’opération Moïse, qui se déroule de novembre 1984 à janvier 1985, et au cours de laquelle quelque 7.700 Beta Israël de la région de Gondar sont évacués, puis la spectaculaire opération Salomon, les 24 et 25 mai 1991, lorsque 14.300 Beta Israël sont amenés en Israël par un pont aérien, en 36 heures, au moment où le régime de Mengistu s’effondre.

En 1992, la quasi-totalité des Beta Israël a immigré en Israël, et, aujourd’hui, le rapatriement des Juifs éthiopiens est achevé. Mais une nouvelle population judaïsante arrive en masse du Nord vers la capitale éthiopienne. On les appelle les Falash Mura. Ils sont des milliers se réclamant d’ascendance Beta Israël, bien qu’ils ne fassent plus partie de cette communauté depuis deux ou trois générations, et qui demandent à émigrer en Israël.
L’Agence juive prend en charge l’organisation des camps de réfugiés à Addis-Abeba, met sur pied des cours d’hébreu et gère les conversions de confirmation au judaïsme. Certains de ces réfugiés attendent pendant des années, dans ces camps, de pouvoir partir en Israël, qu’ils considèrent comme leur nation. Se retrouvent pêle-mêle des Juifs qui ont abandonné la pratique de leur religion et se sont convertis au christianisme, et des chrétiens miséreux qui veulent quitter leur pays à la recherche d’un Eldorado. Les Falash Mura ne constituent pas un groupe homogène, leur seul dénominateur commun étant leur volonté d’aller en Israël.

Plus de 80.000 Juifs éthiopiens sont déjà arrivés en Israël, et chaque mois, environ 300 nouveaux immigrants d’Ethiopie atterrissent à Tel-Aviv. Un tel afflux nécessite évidemment la mise en place de structures d’accueil et d’intégration adaptées. En mars 2005, le gouvernement hébreu avait donné son accord pour doubler les quotas d’immigration, mais cette mesure n’a pas encore été mise en application pour des raisons budgétaires.
A l’heure actuelle, il est impossible de déterminer avec précision le nombre de Falash Mura restant en Ethiopie. Il faudrait effectuer un recensement des Juifs, village par village, afin de conserver un équilibre entre la vocation humanitaire d’Israël et la nécessité de privilégier la communauté juive pour laquelle une immigration vers l’Etat hébreu possède une réelle signification. Un tel recensement aiderait à créer des listes de familles complètes, en évitant des situations de déchirements familiaux. Le gouvernement israélien est très conscient que lorsqu’on transfère des gens de leur lieu d’origine, il faut mettre à disposition les moyens considérables nécessaires à les intégrer dans la vie de leur nouveau pays. Les Falash Mura, en plus des difficultés d’intégration dans la société moderne, doivent encore faire face aux brimades des Falashas qui les considéraient comme des esclaves en Ethiopie.

Pour l’establishment israélien, si les immigrés russes, arrivés après l’effondrement du bloc soviétique, débarquent munis de la culture occidentale industrialisée qui prévaut en Israël, les Juifs d’Ethiopie, eux, sont issus d’un environnement rural africain et possèdent un niveau d’éducation et des coutumes en net décalage avec la civilisation moderne. Cette considération objective rend leur intégration très difficile et coûteuse. Certains considèrent d’ailleurs que cette immigration est un échec. Le faible niveau scolaire relatif des Juifs d’origine éthiopienne empêche nombre d’entre eux d’accéder à des postes de travail qualifiés, et le taux de chômage est nettement plus élevé que la moyenne du pays. Cette situation engendre des cas de suicides et de la délinquance.

Il serait cependant trompeur de perdre de vue le fait que ce groupe de personnes est arrivé en Israël il y a une génération au plus, et avec un décalage de centaines d’années du point de vue du mode de vie. On peut également constater, qu’en une génération, un tiers des jeunes Juifs éthiopiens a réussi à passer le bac, en dépit du choc de civilisation que leur communauté a subi de plein fouet. Objectivement, des progrès énormes ont été réalisés dans la qualité de vie des Israéliens originaires d’Ethiopie : le sida, qui faisait des ravages dans leurs rangs en Afrique, est désormais pris en charge et traité. L’excision des femmes falashas, de règle en Ethiopie, a virtuellement disparu en Israël, et ce ne sont ici que deux exemples significatifs parmi un grand nombre.

Bien sûr, dans cette transformation rapide, les Juifs éthiopiens perdent des coutumes et même des connaissances précieuses existant dans leur tradition. Les traditions ancestrales cessent ainsi de gérer le quotidien de ces communautés et finissent par tomber en désuétude, vouées à un oubli certain dès que la génération des exilés aura disparu. Sur les 105.000 Juifs éthiopiens vivant en Israël, plus de 25.000 y sont nés. L’armée est le véritable creuset où tous les Israéliens, qu’ils soient de souche ou immigrés, se retrouvent égaux. Sans nul doute, dans une vingtaine d’années, la population éthiopienne sera entièrement intégrée à la société israélienne, comme le sont désormais les Russes ou les Yéménites. Des Yéménites qui sont arrivés avec un profil relativement semblable à celui des Beta Israël, et dont les fils et petits-fils sont aujourd’hui ministres ou généraux dans l’armée.

 

les kabbalistes chrÉtiens de la renaissance

François secret

Edition Arché

 1985

Lucien Febvre, qui a redonné vie à tant d’aspects oubliés de la vie du XVIème siècle, écrivait, en 1939 : « Poser la grosse question, la question fondamentale de la mystique juive, de ses tendances, de son orientation et de sa diffusion : capitale à poser, s’agissant d’une époque où cette mystique et les grands livres par quoi elle s’exprime – le Zohar, la Qabale - connaissent le succès qu’on sait de l’Allemagne de Reuchlin à l’Italie de Pic de la Mirandole… »


Depuis, si Les grands courants de la mystique juive, publiés par M.G. Sholem en 1941 ont éclairé la question de la Kabbale, sa diffusion dans le domaine humaniste demande encore de patientes études. À défaut d’une synthèse, François Secret, qui a entrepris depuis plusieurs années l’étude de ce courant d’idées complexes, en propose un panorama depuis le Quattrocento, où Pic de la Mirandole en lança la vogue, jusqu’à l’époque où le Père Mersenne tenta de la briser.

 

C’est tout un monde de personnages souvent considérables, oubliés du grand public cultivé, qui apparaît avec les Pic de la Mirandole, les Reuchlin, catholiques et réformés, érudits ou vulgarisateurs et charlatans. C’est un cardinal, Gilles de Viterbe, général de l’ordre des Augustins au temps de Luther, qui dédie à Clément VII sa « Scechina », où la Présence de Dieu sur terre révèle les mystères de la kabbale à Charles-Quint, dont un ambassadeur, Gérard Veltwyck, discute le bien-fondé. C’est un franciscain d’Angoulême, Jean Thénaud, qui expose la kabbale à François 1er, dont un des premiers lecteurs, Guillaume Postel, traduira Le livre de la création et le Zohar. Blaise de Vigenère, émule d’Amyot, en tirera une petite anthologie sur le thème de la prière. Un poète, Guy le Fèvre de la Boderie, s’en inspirera. Un saint, Laurent de Brindes, en nourrira ses méditations.

Au cours de cet ouvrage, illustré de documents empruntés à des manuscrits ou à des textes particulièrement rares, les grands thèmes que retinrent ceux qu’une expression consacrée appelle les « kabbalistes chrétiens » sont dégagés ainsi que leurs incidences dans un siècle particulièrement complexe.


Cet exposé, qui rassemble une masse considérable de documents, intéressera aussi bien l’honnête homme, pour lequel il a été conçu, que les spécialistes : historiens des idées, des religions, de la littérature et de l’art.


Y sont développés :


Les « ancêtres » de la kabbale chrétienne – Les débuts de la kabbale chrétienne en Espagne – Pic de la Mirandole et le milieu italien de la kabbale chrétienne – Jean Reuchlin – L’âge d’or de la kabbale chrétienne en Italie : L. Lazzarelli, M. Ficin, Léon Hébreu, Augustinus Ricius, Paulus Ricius, Augustinus Giustinianus et Petrus Galatinus, Gilles de Viterbe, Theseus Ambrosius, J.A. Widmanstadius, Franciscus Georgius Venetus – Le développement de la kabbale chrétienne en Allemagne – La kabbale chrétienne en France : J. Thénaud, H.C. Agrippa, Paul Paradis, Jean Chéradalen Guillaume Postel, L’école de G. Postel, Jean Boulease, Guy et Nicolas Le Fèvre de la Boderie, Blaise de Vigenère – La kabbale chrétienne en Espagne – La kabbale en Angleterre – La kabbale chrétienne et les réactions religieuses : les convertis, les Catholiques, les Réformés – Kabbale chrétienne et philosophie occulte – Le monde de la kabbale chrétienne et le symbolisme – La kabbale chrétienne dans la première moitié du XVIIème siècle.

 

LES LḖGENDES CACHḖES DANS LA BIBLE -  ḖTUDE DE KABBALE MAÇONNIQUE

 André Benzimra

Edition

2006

Existent non seulement des kabbales juives et chrétiennes, mais aussi une kabbale maçonnique dont l'auteur illustre les différents aspects, à partir des légendes cachées dans la Bible. Il montre les liens possibles entre celle-ci et les traditions et symboles maçonniques, ainsi que les personnages bibliques qui pourraient devenir des modèles ou des idéaux pour les francs-maçons

 

Lorsque l’on évoque une « légende », de quoi parle-t-on au juste ? Le terme se réfère à un récit qui raconte l’histoire d’une personne ou d’un événement d’une manière qui fait passer l’exactitude historique au second plan afin de mieux mettre en valeur une leçon morale ou un enseignement spirituel. Les légendes ont souvent, à la base, un brin de vérité historique qui se trouve ensuite fortement mêlé de « merveilleux ». Un mythe, en revanche, est un récit qui tente d’expliquer nos origines et nos pratiques sociales. Dans le langage courant, « légende », « mythe », « conte » et « fable » sont souvent considérés comme synonymes.

 

La Bible s’ouvre sur le récit de la création : Dieu parle et l’univers est appelé du néant à l’existence. Plus tard, un déluge détruit l’humanité à l’exception de huit personnes qui trouvent le salut en se réfugiant dans un bateau, la célèbre arche de Noé. Puis, le récit se focalise sur un homme, Abraham, et sur sa famille. Suivent les récits fondateurs de Moïse et de l’Exode. À travers des miracles étonnants, Dieu fait sortir son peuple d’Égypte où il était esclave. Beaucoup plus loin, nous trouvons le récit de la vie, de la mort et de la résurrection de l’homme appelé Jésus de Nazareth.

 

Comment le lecteur moderne doit-il donc aborder tous ces passages ? Est-il appelé à y voir des récits légendaires ou des métaphores qui ne véhiculent que des vérités spirituelles ? Doit-il plutôt considérer qu’ils relatent des événements tout à fait historiques ? Dans un premier temps, il peut être utile de savoir ce que la Bible dit d’elle-même, de son message et de son objectif. Elle se présente comme un livre qui raconte l’histoire de la relation de Dieu avec son peuple. Son but ultime est d’inviter l’homme à connaître Dieu et à être réconcilié avec lui. L’histoire que la Bible raconte est, très clairement, d’ordre théologique dans le sens où ce qui est raconté explique qui est Dieu, sa nature, ses attentes, ses promesses et qui est l’homme. Les récits des auteurs bibliques ont été écrits pour parler de Dieu et de ses desseins.

La Bible se présente aussi comme la Parole d’un Dieu honnête, omniscient et fiable. Ses textes ont, certes, été rédigés par des auteurs humains ayant chacun leur style, leur vocabulaire et leur personnalité, mais la Bible affirme qu’ils ont été inspirés par l’Esprit de Dieu Lorsque des apôtres se réfèrent à des évènements tels que la création, le déluge et l’Exode, ils se montrent persuadés de leur nature historique. Si l’on croit à l’inspiration de la Bible, il n’y a donc pas lieu de lire ce qu’elle affirme être des faits historiques à la manière de textes symboliques. Le lecteur attentif doit cependant se garder d’une lecture anachronique du texte, qui s’attendrait à ce que les auteurs se conforment aux méthodes historiques modernes. Les textes bibliques racontent l’histoire à la manière de ceux de l’Antiquité. Ils ne cherchent pas à parler de manière dépassionnée et exhaustive, mais ils racontent des événements historiques dans le but de véhiculer un message théologique.

 

Comme toute œuvre littéraire la Bible utilise toute une variété de styles et de genres Devant chaque texte, il convient, autant que faire se peut, de discerner les intentions de l’auteur. Veut-il présenter une idée, une image ou un fait historique ? Certains passages sont explicitement présentés comme des paraboles ou des fables, qu’il convient de ne pas comprendre de manière littérale et historique. De même, tout le monde s’accorde pour dire qu’il serait absurde de comprendre la poésie de manière littérale.

 

À titre d’exemple, certains lecteurs de la Bible perçoivent un symbolisme voulu dans le récit de Genèse 2-3 quand il évoque par exemple l’arbre et le serpent. Pourquoi ? À cause de l’usage symbolique qui en est fait dans d’autres parties de la Bible. En même temps, le Nouveau Testament affirme la nature historique de l’homme Adam et de sa faute. Une bonne connaissance des conventions littéraires de l’époque aide à comprendre les textes. Ceci n’enlève rien au caractère historique des événements rapportés.

 

Pour mieux comprendre les textes difficiles, il est également possible de faire appel à des connaissances extrabibliques. Au cours des derniers siècles, l’archéologie a énormément progressé. Or les découvertes archéologiques ne contredisent pas le récit biblique ; elles ont plutôt tendance à le confirmer De plus, en comparant les récits bibliques à des récits similaires des mêmes époques, on découvre à quel point les auteurs bibliques usent d’un style extrêmement sobre. À titre d’exemple, un récit de la création issu de la Mésopotamie parle de luttes entre dieux différents qui naissent de l’union de deux êtres, Tiamat et Apsû. De son côté, le récit biblique de la création pose avec beaucoup de retenue le cadre d’un Dieu distinct de sa Création qui a créé toute chose de manière ordonnée.La foi chrétienne est née à l’entrée du tombeau vide de Jésus-Christ. Pour certains, sa résurrection est la légende par excellence, mais pour les chrétiens elle est l’exemple par excellence d’une foi raisonnable. On a là le récit d’un événement extraordinaire, miraculeux et merveilleux, mais les indices historiques et logiques qui plaident en faveur de sa réalité sont considérables).

 

Si Jésus a vraiment été ressuscité d’entre les morts, la logique veut qu’il ne soit pas un imposteur, mais véritablement le Fils de Dieu. Or il a accepté la nature historique de l’Ancien Testament et de ses récits de la Création, du déluge, de l’Exode. Ceux qui mettent leur foi en lui accepteront naturellement d’accepter la fiabilité de ses paroles. Toutes les questions concernant les passages les plus difficiles de la Bible n’en sont pas supprimées pour autant, mais elles se vivent dans la confiance.

 

LES 22 CLḖS DE L’ALPHABET HḖBRAÏQUE LES CONNAITRE POUR MIEUX SE CONNAITRE

Franck Lalou

Ed. Desclée de Brouwer

2016

Frank Lalou vient ici apporter un regard nouveau sur l'Alphabet Hébraïque. Si l'auteur a approfondi l'aspect archéologique et traditionnel dans ses précédents ouvrages, dans celui-ci, il insiste sur l'aspect initiatique de l'ordre alphabétique. Il nous révèle que les lettres se succèdent dans un ordre cohérent, chaque lettre préparant la suivante dans un langage qui éclaire peu à peu le chemin de l'homme. L'alphabet hébraïque, présent dans notre alphabet latin, devient grâce aux démonstrations de Frank Lalou, un puissant outil d'introspection et de connaissance de l'autre.

 

La richesse symbolique des lettres hébraïques, s'enracinant dans plus de 3 000 ans d'histoire, apporte des éléments nous aidant à mieux nous poser les grandes questions philosophiques : les commencements, le principe de la séparation, la nécessité de l'éthique, la permanence et l'impermanence. Le chrétien trouvera aussi une source d'inspiration dans ces pages, car Jésus, en bon maître juif, parsème son enseignement de jeux de mots et de lettres à la valeur hautement spirituelle. Ne se dit-il pas lui-même, Alpha et Oméga, c'est-à-dire l'Aleph et le Tav ?

 

L'Archéologie montre que l'écriture hébraïque ancienne est proche de l'écriture phénicienne qui s'est répandue au Moyen-Orient à la fin du 2ème millénaire avant notre ère. Pendant l'exil, au 6ème siècle avant l'ère chrétienne, les juifs en ont emprunté une forme plus moderne aux Juifs babyloniens qui en avaient hérité eux-mêmes des Juifs assyriens. C'était l'alphabet carré qui est encore utilisé aujourd'hui.

 

Selon la tradition juive, leur écriture était formée à l'époque de Moïse, bien que le rôle d'Esdras soit reconnu pour sa contribution à l'écriture carrée. Du fait que la notation du calcul se faisait avec des lettres, comme en grec, les lettres hébraïques ont une valeur numérique, symbolique et mystique qui est abondamment illustrée par la Kabbale. Il est vraisemblable que si la forme des 22 lettres a évolué, leur rang dans l'ordre alphabétique est resté fixe depuis une origine très ancienne..

 

Malgré le déclin de l'hébreu et de l'araméen comme langues parlées, l'écriture hébraïque s'est maintenue dans l'enseignement religieux et comme véhicule du yiddish et du judéo-espagnol, les langues de la Diaspora. L'écriture fut remise à l'honneur (en tant que support naturel de langue vivante) lors de la renaissance de la conscience nationale et de la langue hébraïques à la fin du 19ème  siècle et la reconnaissance de l'hébreu comme langue officielle depuis la création de l'État D'Israël en 1948.

 

les lettres hébraïques

Franck lalou

Edition ALTERNATIVES

 2005

Dans la tradition juive, les lettres créent le Monde, et renvoient à l’origine de l’univers et des hommes. La métaphysique, la cosmogonie, la philosophie ou l’anthropologie passent ainsi par le canal de l’alphabet.

Frank Lalou, calligraphe, est depuis longtemps subjugué par la puissance et la cohérence graphique de ces 22 lettres qui ne sont pas uniquement des outils destinés à transcrire une langue.


Après avoir retracé l’histoire encore mystérieuse de leur évolution, depuis les emprunts aux hiéroglyphes égyptiens jusqu’à l’hébreu moderne, l’auteur consacre plusieurs pages à chacune d’entre elles pour expliciter leurs mutations graphiques, leur place dans la tradition juive et leur symbolisme d’une extrême richesse…

Un chapitre tout à fait inédit, consacré à l’histoire de la typographie hébraïque et écrit par Bertrand Laidain, vient compléter cette étude.

 

LES MYSTḔRES DE L’ALPHABET – L’ORIGINE DE L’ḖCRITURE  -

  Marc-Alain Ouaknin

Edition  Assouline

 1997

Toutes les religions s’accordent au moins sur ce point que les voies de Dieu sont impénétrables ; et les philosophies, sur les bienfaits de la contrainte pour un plein usage de la liberté. Ce rappel est destiné à tempérer de banalité une hypothèse inouïe, éclatante, insolente - présentée d’ailleurs avec la réserve de bon aloi de l’homme de science qui ne se laisse pas emporter par la ferveur du croyant. Etait strictement nécessaire cette rencontre en abîme de l’information du linguiste et de l’enthousiasme -religieux et poétique- du rabbin pour apporter à la vieille question : -Comment l’écriture est-elle passée du pictogramme à la lettre de l’alphabet ?- la réponse toute fraîche et candide : Mais par la volonté de Dieu, bien sûr !

Il fallait y penser. Avec Marc-Alain Ouaknin, pensons un peu pour voir comment on peut, en toute foi et raison, en arriver là. D’abord, en ordonnant dans l’espace et dans le temps -autant que la connaissance historique le permet- les formes revêtues par l’écriture, on se rend compte (cf tableau p. 51) que toutes les écritures alphabétiques d’aujourd’hui, des langues européennes à l’amharique, dérivent de l’écriture sumérienne -dite « cunéiforme » bien que, avant d’en arriver à des signes « en forme de coins », déjà hautement abstraits, elle ait utilisé des pictogrammes comme le fait l’écriture égyptienne. L’écolier de Bordeaux, comme celui de Haïfa ou de Homs apprend, en apprenant à lire, que les mots ne sont pas à la ressemblance des choses et que les lettres qui les composent sont des signes conventionnels dont il faut mémoriser et la valeur sonore et la forme. Mais il n’apprendra que bien plus tard, s’il l’apprend jamais (à moins que quelque archéographe -façon Marc-Alain Ouaknin- ne le pousse à tailler pas après pas dans le vif de ses apprentissages), à lire l’évolution des signes dans ces tableaux comparatifs qui tous, dégagent du foisonnement des formes un même mouvement d’épuration. C’est dire que le phonogramme abandonne la référence matérielle aux choses et aux idées liées à leur usage pour ne garder du pictogramme - par acrophonie- que le son initial, lequel ne représente plus rien et ne signifie rien mais devient élément de construction de toutes les significations possibles.

Traditionnellement, c’est l’alphabet d’Ougarit -fait d’une trentaine de caractères cunéiformes- qui est proposé à notre vénération comme ancêtre de tous nos alphabets. Marc-Alain Ouaknin n’infirme certes pas cette filiation, mais il l’affine par une alliance avec le hiéroglyphe égyptien tel qu’il est utilisé dans l’écriture protosinaïtique, à peu près contemporaine de l’écriture ougaritique. C’est que, si l’alphabet d’Ougarit a toutes les qualités intellectuelles de nos alphabets (abstraction, ordre...), il ne rappelle en rien la forme des lettres qui les composent alors que l’écriture protosinaïtique, elle, semble bien en être la matrice.

Dieu merci. C’est que nous sommes au Sinaï quelque 13 siècles avant Jésus-Christ. Moïse a déjà reçu des mains de Dieu les tables de la Loi mais des Hébreux, ouvriers libres ou esclaves, travaillent encore dans les mines de turquoise pour le compte de maîtres égyptiens. Dans un temple dédié à la déesse Hathor, un sphinx de grès porte, juxtaposées, des inscriptions en égyptien et en une langue sémitique qui, malgré des traces visibles de pictogrammes, est de structure alphabétique. L’interdiction divine de l’image -qui engourdit le regard dans la représentation matérielle- serait passée par là. La piété hébraïque a dû ainsi contraindre l’intelligence à pratiquer subtilement l’art du détour au point de tirer un aleph d’aspect anodin de l’image obtuse du taureau. Le danger du culte du Veau d’or est conjuré et notre sémantique a trouvé son stylobate. L’écolier de Bordeaux, comme celui de Haïfa ou de Homs peut rendre grâces à Dieu de cet héritage protosinaïtique : tout le savoir du monde lui est proposé à partir de la combinaison de quelque 25 lettres alors que son camarade chinois a près de 50.000 idéogrammes à mémoriser !

Nous laisserons à plus savants que nous le soin de juger de la cohérence historique d’une hypothèse assez bien étayée pour être intellectuellement entraînante. Il semble d’ailleurs que pour Marc-Alain Ouaknin, la vérité intrinsèque de l’hypothèse importe moins que la richesse du champ d’exploration qu’elle ouvre. Son rôle essentiel est d’arrimer la curiosité lucide et gourmande qui va fureter dans « les mystères de l’alphabet ». Il ne s’agit pas seulement du dévoilement de l’origine historique. Dans le foisonnement des formes à partir d’une origine commune (le protosinaïtique a engendré aussi bien les alphabets grec et latin que les alphabets hébreu et arabe) il y a à détecter les traces de parenté, à inventorier autant que faire se peut les résidus de l’image matrice, à repérer des lignes d’évolution. Le principe d’acrophonie (évoqué plus haut pour rendre compte du passage du pictogramme au phonogramme) va être l’un des instruments méthodologiques qui permettront de suivre la métamorphose du taureau en aleph tout juste cornu, puis en alpha et en A (où l’œil doit se faire contorsionniste pour l’entrevoir).

Le branle est donné. Tout au long de plus de 300 pages richement documentées, brillamment illustrées, il court, il court l’alphabet -de a à z- jusqu’à s’étourdir de rencontres inattendues. Ainsi pouvons-nous lire page 143, à propos de la lettre C : « Le C est à l’origine un G, première lettre du mot Guimel, qui en hébreu signifie chameau »... Et l’image originelle du chameau fait que la force primordiale (la force taurine du aleph intériorisée dans le bet, soit la maison) « doit maintenant s’ouvrir sur l’extérieur ... sortir de l’autarcie de la maison... trouver son propre chemin ». On le voit : l’ordre alphabétique est aussi un ordre symbolique et l’accès au pictogramme initial réunit (selon l’étymologie du mot symbole) la lettre d’aujourd’hui, forme anonyme perdue dans l’unité signifiante du mot, à une sémantique vitale qui dit la chaleur ou l’horreur sacrée d’un rapport archétypal avec le monde. Du coup, il n’est peut-être pas insignifiant en effet que le mot mère commence par la lettre m, dérivée de Mem, treizième lettre de l’alphabet protosinaïtique figurée par un filet d’eau...

L’alphabet, selon Marc-Alain Ouaknin, donne donc à penser certes, mais plus encore à rêver et à jouer. C’est que la libre circulation des images, c’est aussi la libre circulation d’expériences multiples -sensuelles, esthétiques, morales, métaphysiques- que la bifurcation de l’écriture vers l’alphabet avait privé des mots pour les dire. Des poètes le savaient déjà -Maurice Blanchot par exemple que Marc-Alain Ouaknin cite avec délectation.

Quelques peintres aussi sans doute -dont Miro sûrement (le visage curieux taillé par les jambages du A dans le protoplasme du O ne serait-il pas le visage même de l’archéographe ?). Le sens redevient ou devient disponible dans tous ses états. L’interdit du Sinaï peut être levé sans crainte : le silence de la lettre au service de la rigidité du concept est aussi dangereux aujourd’hui pour la pensée et pour l’approche de l’Etre que le fut jadis la figuration des choses.

Archéographie : tel est le nom que Marc-Alain Ouaknin propose pour désigner cette recherche qui raccorde notre alphabet à l’alphabet protosinaïtique et la distinguer ainsi d’une recherche étymologique ou purement linguistique. Elle s’en démarque en effet par son caractère largement anthropologique : en restituant « la mémoire des lettres », elle ne vise pas simplement à constituer en savoir un passé qui serait devenu caduc ; elle veut revitaliser l’écriture et en faire ainsi -pour quiconque est capable de lire et d’écrire- un instrument total d’accès à son humanité.

 

LES PSAUMES

TRADUCTION   CALAME  ET  LALOU

Edition ALBIN MICHEL

 2008

Ce n’est pas une simple  traduction, mais un véritable outil d’exploration, que proposent P. Calame et F.Lalou, destiné à accompagner le lecteur dans sa découverte des  sublimes cantiques que constituent les Psaumes. Dans le judaïsme et le christianisme, le psautier occupe une fonction liturgique essentielle, et sa qualité poétique comme sa dimension mystique en fait un joyau du patrimoine spirituel de l’humanité.

 

L’ouvrage est construit selon une présentation bilingue dans laquelle se répondent, d’une part une superbe traduction littéraire de P. Calame qui met en valeur toute la musicalité des Psaumes, d’autre part le texte original hébreu accompagné d’une traduction mot à mot. Cette édition inédite est guidée par le souci de faire de ces lignes des paroles vivantes avec lesquelles il nous faut sans cesse dialoguer.

 

Deux noms dominent dans la Bible, il s’agit d’Elohim et du tétragramme IHVH. Selon la tradition juive, Elohim représente la rigueur de Dieu et le tétragramme, sa miséricorde.

 

Le Psautier tient une place à part dans les différents livres de la Bible, il avait une fonction quotidienne dans la liturgie et ses textes étaient chantés dans les synagogues, les églises et les temples. Il était la colonne vertébrale des offices des moines.

 

Un excellent livre de recherche, de méditation et de prière.

 

LES SACRIFICES DANS L’ANCIEN TESTAMENT

R. de VAUX

Cahiers de la revue biblique. Gabalda

 1964

Deux aspects sont mis en relief dans cet ouvrage : la plupart des rites sacrificiels de l’A.T. sont un héritage de la période semi-nomade, antérieure à la constitution du peuple, ou sont un emprunt aux voisins immédiat d’Israël lors de son installation en Canaan ; ainsi est souligné l’enracinement du peuple de Dieu dans son milieu humain.

 

Mais et ceci est le deuxième aspect, le caractère historique et moral de la religion d’Israël a modifié ces formes étrangères du culte du peuple ; l’holocauste et le sacrifice de la communion ont perdu meurt signification de repas offerts à la divinité, qu’ils avaient chez les Cananéens, les sacrifices expiatoires ont répondu à un nouvel impératif de la conscience religieuse : le besoin absolu d’un pardon de Dieu pour la transgression de sa loi. A l’opposé certaines pratiques sacrificielles (les sacrifices à Moloch), qui étaient contraires au véritable esprit de la religion et auxquelles les Israélites se sont laisses entrainer à l’imitation de leurs voisins, ont été vigoureusement condamnées par les représentants authentiques de la tradition Yahviste. Le sacrifice unique du Christ a rendu vains les rites sacrificiels de l’Ancien Testament, mais ceux-ci avaient rempli leur rôle, comme une expression de la piète de nos ancêtres dans la foi et comme un moyen de leur sanctification. Malgré tout cet enseignement de l’Ancien Testament n’a pas perdu toute sa valeur pour les Chrétiens : en participant au sacrifice du Christ, ils ont à remplir l’obligation fondamentale d’adoration d’actions de grâce et d’expiation, que les sacrifices de l’A. T. étaient déjà destinés à satisfaire.

Au sommaire de cet ouvrage :

 

Chapitre 1 : Le sacrifice Pascal  -  La Pâque ancienne et les sacrifices des nomades  -  la date de la Pâque et le sacrifice pascal et les anciens sacrifices arabes  -  la Pâque et la sortie d’Egypte  -  la Pâque et les azymes  -  signification religieuse  -

 

Chapitre 2 : Holocaustes et sacrifices de communion : Le rituel de l’holocauste et du sacrifice de communion  -  Origine et signification de l’holocauste et du sacrifice de communion  -

 

Chapitre 3 : Sacrifices humains en Israël  -  Les sacrifices en Israël et en dehors  -  Les sacrifices à Moloch  -

 

Chapitre 4 : Les sacrifices expiatoires  -  Le sacrifice pour le péché  -  Le jour des expiations  -  Le sacrifice de réparation  - Distinction entre les différents sacrifices  - Les sacrifices expiatoires chez les voisins d’Israël  -

 

 

Un très bon livre sur cette notion de sacrifice dans l’Ancien Testament.

 

 

les samaritains rescapÉs de 2700 ans d’histoire

D. crown & J.F. fau

Edition MAISONNEUVE

 2001

Les Samaritains se proclament aujourd’hui les descendants des tribus d’Israël, les dix tribus mythiques du royaume du nord, disparues sur les routes de l’empire assyrien. Cette communauté de la périphérie du judaïsme, comptant actuellement plus de 500 membres, constitue une des plus petites et des plus anciennes entités du monde. Elle reste caractérisée par une forte conscience identitaire, détentrice d’une tradition pré-ésélite, dont les schèmes forment un élément de sa survie culturelle.

 

À l’époque du Christ, les rapports entre Juifs et Samaritains étaient tendus. Non seulement ils ne se fréquentaient pas, mais les Juifs considéraient que les objets, les animaux ou les récoltes qui traversaient la Samarie étaient impro­pres au culte. Comment expliquer une telle animosité entre deux communautés qui avaient pourtant une même origine ?

 

Il est communément admis que l'origine du conflit entre les Juifs et les Samaritains remonte à 722, lors de la prise du royaume du Nord et de sa capitale, Samarie, par les Assyriens. Ceux-ci firent venir dans cette ré­gion des colons étrangers. De leur mélange avec les Juifs qui étaient restés sur place naquit le peuple samaritain (2R 17,23). Descendants de ces étrangers qui avaient ajouté à leurs dieux tradi­tionnels le culte de YHWH (= Le Seigneur), les Samaritains sont considérés comme des hérétiques par les autres Juifs.

 

Au fil de l’histoire, les relations entre Juifs et Samaritains se sont détériorées progressivement. Ainsi, au retour de l’exil, vers 538 av. J.-C., des Samaritains s'opposeront violemment à la reconstruction des murailles de Jérusalem. Deux siècles plus tard, la construction d’un Temple sur le Mont Garizim consacrera le schisme avec Jérusalem. Et l'auteur du livre du Siracide écrira vers l'an 180 av. J.-C. : "Il y a deux nations que mon âme déteste, la troisième n'est pas une nation : les habitants de la montagne de Seïr, les Philistins, et le peuple stupide qui demeure à Sichem" (Si 50,25-26 ; Sichem est alors une grande ville située au pied du Garizim). Mais la rupture entre Juifs et Samaritains ne sera véritablement consommée que lorsque Jean Hyrcan, le roi de Jérusalem, s'attaquera à Sichem et détruira le Temple du Garizim (107 av. J.-C.).

 

En l’an 6 de notre ère, les Samaritains s’accorderont pourtant avec les Juifs pour envoyer des émissai­res, demander à l'empereur de Rome la destitution du roi Archelaüs, successeur d’Hérode le Grand. En 67, lors de la guerre juive, certains d’entre eux, aux dires de l’historien Flavius Josèphe, se rassemble­ront sur le mont Garizim, "dans la perspective d’une révolte". Le commandant de la cinquième légion en viendra à bout le 15 juillet 67 "et les tuera tous, au nombre de 11600" (La Guerre des Juifs, livre 3, lignes 307 à 315).

 

À l'époque du Christ, les  Samaritains considéraient que seule la Torah (ou Pentateuque, c'est-à-dire les cinq premiers livres de la Bible) faisait autorité : venant de Moïse, elle était pour eux le seul texte normatif. Fidèles à la Loi de Moïse, les Samaritains pratiquaient la circoncision le huitième jour et observaient de manière scrupuleuse le shabbat. Ils célébraient les fêtes de pèlerinage sur le mont Garizim où ils immolaient les agneaux de la Pâque. Au IIIe siècle ap. J.-C., Origène note que les Samaritains niaient la résurrection des morts, une croyance qu’ils n’accueilleront qu’au IVe siècle. Ces divers aspects de la foi sont de nos jours encore portés et vécus par une poignée de croyants.

 

Hormis un ouvrage paru en 1990, ce livre est le premier paru en français sur la communauté samaritaine. Les auteurs retracent son parcours singulier à travers les siècles, en la replaçant dans son contexte religieux et historique.

 

les secrets de la kabbale

J. berenson - perkins

 Edition SOLINE

 2000

Très belle et importante iconographie sur la Kabbale expliquant ce qui donne les trois grands principes de la Kabbale :


Comprendre la nature de l’Univers
Trouver la sagesse intérieure
Atteindre la transcendance spirituelle

 

Au sommaire on y trouve :

 

Les quatre mondes  -L’arbre de vie  -  Les voies  -  Le pouvoir des anges  -  Modèles et significations  -  introduisez la kabbale dans votre vie  -  Les grands esprits de la kabbale  -  Les canaux énergétiques d’équilibre  -  Les Sephiroth  - 

 

les sectes de l’exode

Messod & sabbah

Edition GODEFROY

 2000

Peu après la disparition d’Akhenaton, le pharaon adorateur d’Aton, vers 1344 av. J.C., sa capitale Akhetaton, l’actuelle Tell el-Amarna, est désertée. C’est la fin du monothéisme en Égypte. Ce n’est pas pour autant la fin du Dieu unique.


Messod et Roger Sabbah, deux chercheurs hébraïsants, ont découvert après vingt ans d’études le message caché de la Bible : le peuple Hébreu, celui de l’Exode, celui dont on ne trouve aucune trace dans l’Égypte historique, n’est autre que la population d’Akhetaton chassée par le Grand Vizir, qui régna peu après Toutankhamon sous le nom de pharaon Aï.

Déportés en Canaan, province égyptienne située à quinze jours de marche de la vallée du Nil, les prêtres et les notables monothéistes fondent, quarante années après la campagne militaire de Toutankhamon, le royaume de Yahouda (la Judée).

Messod et Roger Sabbah découvrent de troublantes analogies entre l’alphabet hébreu et l’écriture hiéroglyphique, entre la Genèse et la cosmologie égyptienne. Ils montrent que les noms des personnages de la Bible, Abraham, Moïse, Aaron, Josué, Sarah, Laban, dissimulent les noms et les titres royaux des pharaons de la XVIIIème dynastie.

 

Ils retrouvent transcrit le nom d’Akhenaton dans la Bible, notamment grâce à l’histoire de l’ânesse de Balaam qui proclame : « Anokhi Atone-Kha », ce qui veut dire :
« Je suis ton Dieu Aton », qui deviendra « Anokhi Adonaï », « je suis l’Éternel ton Dieu ».

Grâce à la Bible, la quintessence de la sagesse égyptienne est parvenue jusqu’à nous, portée par la tradition orale de ceux qui se firent appeler les Hébreux.

 

les symboles dans la bible

Albert SOUED

Edition Grancher

 1993

Pourquoi sonne t-on la corne de bélier (chofar) lors de certaines fêtes juives ? Pourquoi allume t-on deux lampes la veille du Shabbat ? Quelle signification donner au poisson qui avale Jonas ? Pourquoi y avait-il deux chérubins au-dessus de l’Arche de la Loi dans le Temple de Salomon ? Quel est le sens du bain rituel, celui du dais nuptial ou celui de la circoncision ?

 

Le rite est l’habitude transmise, le geste qui se répète de génération en génération et dont on a perdu petit à petit le sens ou la portée. Le rite met en œuvre des objets, des fruits, des formes ou des gestes qui nous font revivre une histoire très ancienne et enfouie dans la mémoire, un mythe souvent commun à tous les hommes. Pour remonter le cours du temps ou pour entrer dans « l’univers initiatique  de la Bible, il faut lire le livre autrement, en empruntant la voie du symbole.

 

D’après la tradition de la kabbalah, la compréhension des choses est comme l’épluchage d’un oignon, pelure par pelure. La voie du symbole, laisse entrevoir un message essentiel intérieur en nous aidant à parvenir à une clarté intérieure. Elle nous promène dans les sentiers odoriférants de l’Arbre de Vie et nous apprend à voyager à travers les mots.

 

Au sommaire A. Soued développe les symboles suivants :

 

Le chandelier   -   La corne de bélier   -   Les supports de la prière   -   L’entrée et la sortie du Shabbat   -   L’Ordre de la Pâque   -   Les quatre espèces de la fête des cabanes   -   Le figuier, le grenadier et la vigne   -   Le palmier et l’olivier   -   Le cèdre et l’acacia   -   Le lait et le miel   -   Le poisson et le serpent   -   L’arbre de vie et une histoire de la chute   -    Le blanc et les couleurs   -   Les 7 alliances et le signe de l’Arc en ciel   -   La circoncision ou l’alliance de chair   -   Les tables de la loi et les 10 paroles   -   L’étoile à six branches   -   La tente du rendez-vous   -   Le Temple de Salomon   -   Le bain rituel   -   Les sept bénédictions du mariage   -   Les douze tribus d’Israël   -   Les chiffres et les lettres   -   La terre de Canaan   -   Les sphères de la vibration  cosmique   -   Jonas   -   L’alphabet hébraïque et les Sephiroth   -   Pessah   - 

 

Cet excellent livre donne un aperçu des symboles qui se dégagent du texte biblique dont l’essentiel se trouve dans les lettres hébraïques.

 

LES SYMBOLES DES RÊVES DANS LA BIBLE

Albert SOUED

Edition Grancher

 1997

Pendant 4000 ans des personnages de la Bible ont transmis des messages divins à l’humanité par 2 voies : le Rêve appelé aussi vision nocturne et la Vision, lorsque le voyant est en état d’éveil. Dans les 2 cas on trouve toujours un ange qui intervient auprès du divin. L’auteur décode et interprète ici plus de 60 rêves et visions.

 

Au sommaire de ces rêves et de ces visions on y parle de :

 

L’esprit prophétique  -  les rêves et les visions  -  les anges  -  la torpeur d’Adam et d’Abraham  -  les visions d’Agar, d’Abraham et de Loth  -  Le rêve d’Abimelekh  -  la ligature d’Isaac  -  Isaac le puisatier  -  L’échelle de Jacob  -  Le rêve de Jacob chez Laban et le rêve de Laban  -  la vision d’anges de Jacob  -  La lutte de Jacob avec l’ange  -  les rêves de Joseph  -  les rêves de Jacob à la fin de sa vie  -  les rêves de l’échanson et du panetier  -  les rêves du Pharaon  -  la révélation du buisson ardent  -  les colonnes de nuée et de feu  -  la révélation du Sinaï  -  la Gloire Divine  -  les rêves et les visions de Biliaa’m  -  la vision de Josué  -  la vision d’un ange à Bokhim  -  Gédéon a une vision  -  les visions de Manoah  -  le rêve et la vision de Samuel  -  Saul appelle l’esprit de Samuel  -  le rêve de Nathan  -  les visions de Gad et de David  -  les rêves de Salomon  -  en fuite, Elie rêve et voit  -  Ezéchiel et la vision du char divin  -  Rêves et visions de Zacharie  -  Visions et prophétie  -  Visions des prophètes  -  Daniel  -  Le rêve furtif d’Eliphaz de Téman  -  A la découverte de l’Arbre de Vie  -  L’alphabet hébraïque  -   versets bibliques  -

 

les symboles du judaïsme

Marc-Alain ouaknin

Edition ASSOULINE

 1999

Comprendre une religion à travers ses symboles rituels et culturels est une approche nouvelle. Ce voyage initiatique au cœur du judaïsme, commenté par le rabbin Marc-Alain Ouaknin, répond à toutes les questions avec grande clarté.

 

Pourquoi la Kipa ? Pourquoi le châle de prière ? Quel est le rôle du parchemin placé à l’entrée des maisons ? Pourquoi les rouleaux de la Loi sont-ils écrits à la plume ? Depuis le Jour de l’an (Roch-Hachana), les chapitres suivent le calendrier hébraïque, expliquant l’ensemble des fêtes qui rythment l’année.

 

Ce livre inaugure une série d’ouvrages consacrés aux symboles qui unissent et rassemblent les hommes de même religion.

 

LES TARGOUMS – TEXTES CHOISIS

 Pierre  Grelot

Edition Du CERF

 1985

Les interprétations juives des livres saints en langue Araméenne est intéressante, on y trouve une soixantaine de récits qui vont de l’exode aux chroniques.

 

Les Targoums, traductions juives de l’Ancien Testament, ne sont pas de mauvaises traductions en araméen, qui s’éloignent du texte hébreu et s’encombrent de pieuses légendes populaires. Ce sont surtout des traductions commentées, des interprétations, faites pour la lecture et l’enseignement à la synagogue.

 

Aux deux premiers siècles de notre ère, ces Targoums étaient très connus ; ils éclairent souvent la manière dont le Nouveau Testament cite l’Ancien. Leur connaissance nous rapproche de la Bible de Jésus et des premiers Chrétiens. Pierre Grelot, spécialiste de l’araméen et des Targoums, présente ici une soixantaine de récits qui témoignent de la tradition vivante du peuple juif.

 

Au sommaire de ces Targoums :

 

Les sentences de Dieu  -  Le mythe de l’arbre de vie  -  Abel et Caïn  -  Les visions d’Abraham  -  L’épreuve d’Abraham et la ligature d’Isaac  -  Le juste Tamar  -  La profession de foi des tribus  -  L’attente du Messie  -  La bénédiction de Joseph  -  L’annonce de la naissance de Moise  -  Les quatre nuits  -  L’Exode  -  Le passage de la mer rouge  -  Cantique d’action de grâce  -  Le Décalogue  -  Le souvenir des trois patriarches  -  Les quatre jugements de Moïse  -  La prophétie d’Eldad et de Médad  -  Le serpent d’airain  -  La métamorphose d’un itinéraire  -  Les oracles de Balaam  -  Introduction au Deutéronome  -  Les malédictions de Moise  -  Le cantique de Moise  -  Ma mort de Moise  -  La vision d’Isaïe  -  Paraphrase du chant de la vigne  -   Sennachérib devant Jérusalem  -  Défaite et mort de Sennachérib  -  De la pierre de faîte au roi futur  -  Autour de la scène du mont Moriah  -  Le Messie, serviteur de YHVH  -  Extrait du discours adressé au serviteur-Israël  -  Le martyre d’Isaïe  -  Une allégorie d’Ezéchiel  -  La résurrection des morts  -  Addition targoumique sur la vocation d’Osée  -  Le jour de la consolation des morts  -  Cantique d’Habacuc  -  Un message d’espérance  -  Le Messie d’Ephraïm  -  Targoum des psaumes et du Cantique des cantiques  -  Histoire de Ruth la prosélyte  -  De la mort de Josias à la venue des romains  -  Du martyre de Zacharie à la libération messianique  -   De Josias au châtiment de Rome et à la venue du Messie  -  La déchéance de Salomon  -  Le réalisme de l’expérience  -  Targoum d’Esther  -  La potence de Haman et la dispute des arbres  -  Targoum des Psaumes et des cinq rouleaux  -

 

les temples de jÉrusalem

Ernest-Marie LAPERROUSAZ

Edition Paris- Méditerranée

 1999

Sur le Mont du Temple, au nord de « la cité de David », furent successivement édifies plusieurs lieux de culte consacré à Yahweh : le Temple de Salomon construit entre 960 et 953 avant J.C., le Temple du retour de l’exil, bâti entre 520 et 515, enfin le Temple d’Hérode, qui date de la période romaine.

 

Lors de la prise de contrôle de Jérusalem par Bar-Kokhba au début de la seconde révolte juive (132-135 de notre ère), celui-ci n’édifia-t-il pas, au même endroit, les rudiments d’un quatrième Temple consacré à Yahweh. Deux autres édifices sont demeurés à l’état de projet : le Temple d’Ezéchiel et le Temple des Esséniens.

 

A la lumière des sources bibliques et des résultats des fouilles les plus récentes, E. M. Laperrousaz dresse un bilan de tout ce que l’on peut réellement savoir aujourd’hui sur l’histoire et l’architecture des Temples de Jérusalem.

Notre connaissance reste certes lacunaire, lais l’idéal du Temple de Jérusalem continue de s’imposer à l’esprit et au cœur d nombre de nos contemporains, qu’ils soient juifs, chrétiens, adepte de diverses sectes ou Franc-maçon, lesquels ont fait d’ailleurs de ce Temple et de Salomon, un des piliers de leurs enseignements.

 

Au sommaire de cet ouvrage remarquable :

 

Première partie : Le complexe fortifié de Jérusalem accroché au Temple  -

 

Deuxième partie : Les temples consacrés à Yahweh sur le « Mont du Temple » de Jérusalem  -  Le Temple de Salomon  -  Le Temple du retour de l’Exil  -  Le Temple d’Hérode  -  Les rudiments d’un Temple ont-ils été construits par Bar Kokhba ?

 

Troisième partie : Les projets pour Jérusalem de Temples consacrés à Yahweh  -  Le projet du Temple d’Ezéchiel et celui du Temple des Esséniens dont on a trouvé des plans  -

 

L’auteur pensionnaire de l’école biblique et archéologique de Jérusalem, chargé de missions aux fouilles de Qumran et de Massada, nous fait participer à cette saga. Il a par ailleurs écrit plusieurs livres sur le Temple de Jérusalem.

 

le symbolisme des lettres hḖbraïques D’aprḔs les lieux communs kabbalistiques

 Korr de Roseroth

Edition Traditionnelles

 1998

Extrait de la Kabbala Denudata, cette plaquette de 56 pages développe les 22 lettres hébraïques, avec son symbolisme qui constitue le fondement même de toute interprétation kabbalistique des livres de l’Ancien Testament.

 

Un outil de travail et de méditation remarquable pour les chercheurs et cherchants

 

LE TALMUD

A. COHEN

Edition PAYOT

 1995

Le talmud est ici expliqué ici en toute simplicité.

 

Au sommaire de ce livre de 470 pages :

 

Chapitre 1 : La Michna  -  Gamara et Midrach  -  L’existence  -  Unité et immatérialité  -  Omniprésence et omnipotence  -  Eternité  -  Justice et miséricorde  -  Paternité  -  Sainteté et perfection  -  Le Nom Ineffable  -

Chapitre2 : Dieu et l’Univers  -  Cosmologie  -  Transcendance et Immanence  -  Angélologie  -  Israël et les nations  -

Chapitre 3 : Doctrine de l’homme  -  L’être humain  -  L’Ame  -  La foi et la prière  -  Les deux impulsions  -  Le péché  -  Repentance et expiation  -  Les sanctions : Récompense et châtiment  - 

Chapitre 4 : La Révélation  -  La prophétie  -  la Tora, son étude, la Tora écrite et orale, sa pratique  -

Chapitre 5 : La vie de famille  -  La femme, le mariage et le divorce  -  Les enfants  -  l’éducation  -  La piété filiale  - 

Chapitre 6 : La vie sociale  -  L’individu et la communauté  -  le travail  -  Maître et ouvrier  - Paix et justice  -

Chapitre 7 : La vie morale  -  L’imitation de Dieu  -  L’amour fraternel  -  L’humilité et la charité  -  L’honnêteté et le pardon  -  La tempérance  -  Les devoirs envers les animaux  -

Chapitre 8 : La vie physique  -  Soins à donner au corps  -  Règles de santé  -  Hygiène des individus  -  Traitement des maladies  -

Chapitre 9 : Le folklore  -  Démonologie et le mauvais œil  -  Magie et divination  -  Les songes  -  les superstitions  -

Chapitre 10 : Le Droit  -  Les tribunaux  -  Juges et témoins  -  Le jugement et les peines  -  les dommages  -  La propriété des objets trouvés  -  Le dépôt et le prêt  -  la location  -  La vente et la livraison  -  les successions  -

Chapitre 11 : L’au-delà  -  Le Messie  -  La résurrection des morts  -  Le monde à venir  -  Le jugement dernier  -  Le jardin d’Eden  -  Gehinnom  - 

 

LE TALMUD .ENQUÊTE DANS UN MONDE TRÈS SECRET

PIERRE- HENRY  SALFATI

Edition ALBIN MICHEL

 2009

Ce livre n’est ni un roman, ni un thriller, mais tout simplement l’explication, du pourquoi certains passent leur vie à étudier le Talmud, livre de base du Judaïsme pourquoi la plupart des juifs de la planète, de toute classe sociale  confondues, donnent 8 ans de leur vie à essayer de comprendre et de déchiffrer, souvent par l’absurde, les mécanismes de  ce livre  mythique.

 

Il existe en français de nombreuses initiations à la littérature talmudique .Pour autant elles  ne font  pas partagées l’exubérance incroyable de la vie juive traditionnelle .Pourquoi des centaines de milliers d’individus consacrent ils leurs et leurs nuits à l’étude  incessante du Talmud ? En quoi ce livre est-il différent de tous les autres livres ? pourrait-on demander, en paraphrasant la question rituelle du soir de la Pâque ? Pour répondre à ces questions le cinéaste P.A Salfati a adopté une démarche inédite : plutôt que de chercher la réponse  dans le livre, il est allé s’immerger dans le monde qui s’est construit autour de ce livre.

 

Ayant lui-même passé des années dans une yéchiva (institut talmudique), penché sur ces gros- in folio, décryptant leur logique jusqu’à en oublier de manger et dormir, il sait que le Talmud est avant tout une expérience de vie. Il est alors retourné discuter avec ces individus singuliers qui, des masures délabrées du vieux Jérusalem, au sommet des gratte- ciel de  Manhattan en passant par les bibliothèques cossues de Padoue, et les salles sans chauffage de certaines yéchivot de la banlieue parisienne, sont dans cette «  mer du Talmud » comme des poissons dans l’eau.

 

De ce voyage  initiatique il a été tiré un très beau film: Talmud –Arte- vidéo 2007 - Poussé par le désir d’en dire davantage, et de faire partager tout ce qu’il  n’avait pas pu faire entrer dans son film de 55 minutes, il a décidé d’en faire un livre. Le parcours commence dans le plus typique quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem : Mea Shearim. Si la plupart de ses habitants se rejoignent, à divers degrés , sur leur refus de l’état d’Israël – Dieu ayant , selon le Talmud , fait prêter serment aux juifs de ne pas hâter le processus messianique – ils n’en sont pas moins éclatés en dizaine de groupes et sous-groupes qui se distinguent par d’infinis détails vestimentaires , comme l’orientation du nœud de leur chapeau…Comme l’explique Yaakov, le guide de l’auteur:  ici on aime bien ça : les groupes et encore les groupes …Déjà qu’ici c’est assez triste , alors s’il n’y avait qu’un groupe, tu penses qu’on resterait ici ? »

 

Cette fragmentation, au fond, est à l’image de la démarche talmudique : partir du simple pour arriver au compliqué. Parce qu’en vérité rien n’est simple, chaque aspect de la réalité est composé d’infinies facettes parfois contradictoires, diffraction de l’infinie sagesse divine. En lisière du quartier de Méa Shéarim s’élève la plus grande yéchiva du monde : Mir, véritable ville dans la ville, lieu hors de l’espace et du temps. Ici comme ailleurs, toute la vie est organisée autour de l’étude du Talmud, de l’organisation des journées à la planification des mariages. Ceux  qui suggèrent de faire rencontrer Untel et Untelle  sont en effet souvent des professeurs, et les pères font d’ordinaire  passer à leur  futur  gendre un  examen de dialectique talmudique.

 

De Jérusalem P.H Salfati nous emmène ensuite à New-York, à la rencontre de ces businessmen et autres diamantaires qui suivent chaque matin un cours de Talmud au sommet d’un des plus prestigieux gratte-ciel de Manhattan ou encore dans le train  de Long Island. Au  rythme d’une page recto-verso par jour, selon un programme conçu en Pologne au début du siècle, ils achèvent le Talmud en presque 8 ans. Chaque fin de cycle donne lieu à de grandes réjouissances, et les participants à l’aventure sont tellement plus nombreux chaque année que l’enceinte du prestigieux Madison Square Garden ne suffira bientôt plus à les accueillir.

 

Retour ensuite en Europe pour explorer le passé talmudique: les vestiges des académies médiévales de la vallée rhénane, les ors vénitiens sous lesquels naquirent les premières éditions du Talmud, dans son quartier juif du ghetto novo, derrière la « ca’ d’oro »  les ghettos d’Europe orientale, où même la mort ne put vaincre  l’amour de l’étude… Au terme de cette étourdissante aventure, le lecteur saisit une partie de la magie du Talmud, tout en ayant appris à porter un autre regard sur l’histoire universelle.

 

l’expÉrience mystique d’abraham aboulafia

Moshe idel

Edition du CERF

 1989

Abraham Aboulafia est considéré aujourd’hui comme un mystique juif de tout premier ordre. La production considérable de ce «maître des secrets» est pourtant restée manuscrite jusqu’au XVIIIème siècle. Rejetée longtemps par les tenants de la Kabbale théosophico-théurgique, l’œuvre d’Aboulafia attend encore le retentissement qu’elle mérite. Ce livre de Moshe Idel, qui enseigne à Jérusalem où il succède à G. Scholem, constitue la première tentative pour approfondir la question centrale de l’ « expérience mystique » dans la Kabbale extatique. Celle-ci, décrite dans ses rapports à la musique ou à la sexualité, permet de restituer Abraham Aboulafia dans le contexte général de la mystique juive du Moyen Âge comme dans ses liens avec la pensée de Maimonide, dont il fut un grand commentateur.

 

Abraham Aboulafia dans son Sheva Netivot haTorah définit ainsi les 7 voies :

 

1. Peshat ou le sens contextuel simple.

 

2. Perush ou l’interprétation rabbinique (Mishnah et Talmud).

 

3. Drash et haggadah ou l’art de l’homélie et le récit légendaire.

 

4. Mashal et hiddah ou l’allégorie philosophique.

 

5. Hathalat ‘hokhmat tseruf ha-otiyot, le commencement de la connaissance de la permutation des lettres, connue comme voie des traditions dérivées de la Torah.

 

6. Hashavat ha-otiyot el homram ha-rishon, le rétablissement des lettres à leur sujet premier.

 

7. Amitat ha-nevu’ah ou la vérité de la prophétie, qui implique la connaissance de la compréhension du nom unique.

 

En ce qui concerne la sixième voie, Aboulafia nous dit que : « Le nom de cette voie comprend le secret des soixante-dix langues (shiv’im leshonot), qui a la même valeur numérique (1214) que la permutation des lettres (tseruf ha-otiyot), et cela consiste à rendre les lettres à leur sujet premier, par la récitation et la pensée au moyen des dix Sefiroth belimah, dont le secret (sod de valeur numérique 70) est sacré, et tout ce qui est sacré n’est pas inférieur à dix ».

 

Ainsi, Aboulafia associe la sixième voie au Sefer Yetsirah : « De cette impressionnante et glorieuse voie il est révélé quelque chose de la question de la connaissance du nom explicite et il y est fait allusion dans le deuxième chapitre du Sefer Yetsirah ». Ainsi, l’énonciation verbale et la contemplation mentale des vingt-deux lettres est, selon Aboulafia, facilitée par les dix Sefiroth. La Qabalah ha-sefirot et la qabalat ha-shemot fonctionnent ensemble dans le système aboulafien afin d’amener à la gnose du Nom Divin…

 

Dans son Gan Na’ul, il écrit en ce sens : « Sache que le principe de toute Kabbale est inscrit dans ces deux questions mentionnées dans le Sefer Yetsirah : la première est la connaissance des dix Sefiroth et la seconde la connaissance des vingt-deux lettres. Celui qui reçoit devrait s’efforcer de recevoir les Sefiroth en premier afin de recevoir d’elles et en elles le Shefa divin selon ses attributs. Il s’attachera à chaque sefirah séparément et il s’attachera à toutes les Sefiroth ensemble de façon à  ne pas couper les liens ».

 

Dans son Maftea haShemoth : « Il n’y a rien au-dessus à l’exception des intellects distincts de toute matière, et ils sont à l’image des couronnes du roi dans le secret des dix Sefiroth de la Shekhinah, car ils sont des couronnes semblables aux petites couronnes du rouleau de la Torah qui ne font pas partie des lettres, mais ils sont la gloire qui repose sur le corps. La preuve est que le copiste écrit d’abord la lettre et ensuite la couronne ».

 

Et dans le Hayye haNefesh : « Les deux lettres He du Nom nous instruisent des cinq Sefiroth profanes et des cinq Sephiroth sacrées. Celles-ci peuvent être comparées aux dix doigts, cinq à droite et cinq à gauche, les uns sacrés et les autres profanes

 

LE  ZOHAR     CANTIQUE  DES  CANTIQUES  -  Annotations par  CHARLES  MOPSIK 

Annotations par  CHARLES  MOPSIK

ÉDITION  VERDIER

 2000

Si le Cantique des Cantiques est considéré par la tradition juive comme le saint des saints parmi les ouvrages du canon sacré, le Zohar sur le Cantique des Cantiques est l’une des plus belles sections de l’ensemble du Zohar.

 

L’ouvrage développe le thème de l’Amour et de la rencontre selon diverses variations qui vont de l’humain au divin. Des éclairages profonds et originaux sur les lettres hébraïques et le mystère de la création forment une part substantielle de son contenu.

 

Il se présente comme un dialogue entre Rabbi Siméon ben Yohaï et le prophète Elie. Les enseignements de la tradition cabalistique qu’il révèle et met en forme n’ont souvent pas d’équivalent dans les autres strates du Zohar, ce qui lui confère une importance historique et doctrinale indispensable à la compréhension de l’ensemble du corpus ésotérique juif.

 

Cette version est une traduction de l’araméen et de l’hébreu, avec des annotations et une introduction de Charles Mopsik, spécialiste et fin connaisseur des textes juifs sacrés.

 

Il y est question de :

Rabbi Siméon ben Yohaï et le prophète Elie

Le Cantique des Cantiques et la cabale espagnole

Les 10 sefirots et l’alphabet hébreu, les guerres magiques

Les bien-aimés du Cantique des Cantiques

Qui a écrit le Zohar et le Cantique des Cantiques?

Le Midrach ha-Néélam

 

LE ZOHAR – LAMENTATIONS  

traduction de Ch. mopsik

Edition VERDIER

 2000

Le Zohar sur les lamentations est non seulement la plus singulière d’entre toutes les sections du corpus zoharique, mais il n’est pas exagéré de dire qu’il en est la clé.

 

Il suppose en effet la totalité du Zohar et l’ensemble du système de pensée cabalistique comme arrière-plan et comme socle, et en même temps il se passe totalement de tourte lecture préalable, de toute explicitation.

Il est abordable tel quel, comme objet littéraire indépendant et de portée universelle, bien qu’il ne parle que d’événements particuliers, d’un peuple particulier, d’un Dieu particulier, d’une histoire singulière.

 

Mais le langage qu’il emploie pour en parler est le plus universel de tous les langages, c’est celui de la poésie, de l’imagination et de la création artistique.

 

Et comme la poésie est aussi la pensée du Zohar sur les Lamentations est sans doute, de tous les volumes du Zohar, celui qui donne le plus à penser, parce qu’il explique le moins, parce qu’il dit le plus.

 

Au sommaire de ces Lamentations :

 

Une réponse implicite à la théologie chrétienne    -    La dimension maternelle de la figure messianique    -    Les réverbérations de l’inconnu    -    Le problème historique de la figure féminine    -    Vers une pensée anthropomorphique    -    Mythe et rhétorique : techniques d’écriture et figures du discours    -    Mythes historiques ou reconstitution de l’histoire    -

 

 

L’HÉBRAÏSME RÉEL OU DÉFORMÉ Dans le rite Écossais ancien et acceptÉ

SAM ECHED, Membre de la respectable loge La Fidélité à l’Orient de Belgique

 2000

L’auteur Juif, F.M. belge, nous fait partager ses recherches d’Hébraïsant et nous restitue le sens réel de tous les termes hébraïques que nous rencontrons dans le REAA.

Un très bon livre à mettre dans toutes les mains.

 

l’histoire Étrange du golem

Daniel beresniak

Edition TRÉDANIEL

 1993

Le Golem est, selon la tradition juive, un robot humain créé avec de la terre. Le Talmud dit qu’Adam a été un Golem durant les premières heures de sa vie. Au Moyen Âge, la rumeur attribuait à de nombreux savants le pouvoir de créer un Golem.


La version la plus connue de la légende concerne le Haut Rabbi Loew de Prague. Curieux de toutes les formes du savoir, témoin des guerres de religion, défenseur de Copernic, pionnier de la philosophie dialectique, le Haut Rabbi Loew (dit le « Maharal »), eut avec l’empereur Rodolphe II de Habsbourg, une conversation « sur les sujets les plus élevés et les plus secrets », selon le chroniqueur David Gans.


Toutes les versions de la légende font du créateur de Golem un apprenti sorcier. Le Golem, au XIXème siècle, inspire des romantiques allemands (Jacob Grimm, Achim von Arnim) et se mêle au thème de l’ombre, du double et de l’automate (E.T.A. Hoffman, Adelbert de Chamisso).


Et c’est au XXème siècle que le Golem inspire des œuvres nombreuses et variées.

Aujourd’hui précisément, la légende fascine. Et le sens de cette fascination est à mettre en rapport avec nos inquiétudes et, aussi, avec les questions fondamentales.

 

l’immortalitÉ de l’Âme chez les juifs selon la bible, le talmud & la kabbale

Gidéon brecher

Edition Lahy

 2004

Ce livre cherche à suivre, depuis son origine, le développement de la doctrine de l’immortalité de l’âme chez les juifs, et à déterminer quelles furent, aux diverses périodes de leur histoire si agitée, les idées généralement reçues à cet égard.

 

Cet ouvrage permet de suivre la doctrine de l’immortalité dans toutes ses formes et à toutes ses phases, depuis son origine jusqu’aux siècles les plus rapprochés. Afin de faciliter cette étude, le tout est partagé en quatre périodes.

 

Aussi haut que nous remontions dans l’histoire de l’humanité, nous ne trouvons pas un peuple chez lequel la croyance à l’immortalité de l’âme n’ait poussé de profondes racines.

 

La doctrine de l’immortalité de l’âme a tant d’influence sur la vie de l’individu et sur le développement de la société, la manière même dont on la comprend, l’idée qu’on s’en fait n’en a pas moins. Quelle différence n’y aura-t-il pas, par exemple, entre la vie d’un homme qui se croit sûr de l’immortalité et du bonheur à venir, et la vie de celui qui se croit soumis à mille obligations, pour subir ensuite en tremblant un rigoureux jugement divin. Avec quels sentiments différents l’un et l’autre ne rendront-ils pas le dernier soupir !

 

Au sommaire de cet ouvrage :

 

L’Immortalité de l’âme à l’époque Biblique

L’Immortalité de l’âme dans l’époque post-biblique

L’Immortalité de l’âme pendant la période talmudique

L’Immortalité de l’âme pendant la période postérieure au Talmud

L’Immortalité de l’âme dans les écoles juive et kabbalistiques

Influence de la doctrine de l’immortalité de l’âme chez les Israélites, sur le peuple et sur l’individu

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L’INTERDICTION DE L’INCESTE SELON LA KABBALE

André  Benzimra

ED. Archè Milan

 2007

Cela peut sembler saugrenu, mais tout le monde ne partage pas le même point de vue sur la question de l’inceste. Cela peut différer d’un individu à un autre et d’une société à une autre. Ainsi, dans certaines cultures, il n’a rien de choquant dans le fait d’épouser son cousin ou sa cousine tandis que dans d’autres c’est interdit. De plus, nous vivons à une époque où au nom de l’amour on se permet toutes sortes de transgressions.

 

 Chose impensable il y a encore une décennie, aujourd’hui on peut même voir des  personnes qui vont à la télévision pour afficher sans honte leur liaison avec leur cousin, cousine, oncle ou tante ou encore entre demi-frères et demi-sœurs. Dieu condamne l’inceste et il est clair que les païens et surtout les chrétiens ne doivent en aucun cas se retrouver dans cette situation

 

Certains croient qu'il y a peu d'épisodes incestueux dans la bible. Le moins qu'on puisse dire est qu'ils se trompent. Certains sont explicites : Loth, Reuven, Amnon (avec sa sœur Tamar), Absalon (qui couche avec les concubines de David, son père), Adonias (qui veut prendre la compagne de son père David pour épouse) (guerre inexpiable entre les fils rivaux de David). D'autres sont implicites comme Juda avec sa belle-fille Tamar (ne pas confondre avec la sœur d'Amnon) et l'atavisme supposé des Moabites et des Ammonites, descendants des filles de Loth.

 

 Cette liste est loin d'être complète. On pourrait y ajouter par exemple Jephté et sa fille (en la sacrifiant, il évite qu'elle épouse un autre homme), ainsi qu'Abraham (à cause de sa relation bizarre avec sa femme, qu'il considère comme sa sœur, et avec son fils Isaac, qu'il traite comme une Iphigénie) et les descendants des uns et/ou des autres, comme Ruth et David, et aussi Amon, roi de Juda (qui n'est pas un ammonite).

 

LIRE LA BIBLE EN INITIÉ  - A LA RECHERCHE DE L’UNITÉ

Roland Bermann

Edition de la Hutte

 2011

Être initié à la Bible, c’est avoir passé sa foi par le filtre de l’intelligence, et sa compréhension intellectuelle du texte à celui de la Lumière véhiculée par des niveaux de lectures dont on nous a dit, depuis des millénaires, qu’ils existent mais que l’on tient loin de notre conscience immédiate.

Que vous soyez juif, chrétien, musulman, libre penseur, ésotériste ou curieux de rentrer dans cette extraordinaire mémoire vivante que sont l’Ancien et le Nouveaux Testament, vous apprécierez de connaître quelques clefs de lecture qui transforment l’étude en une compréhension intuitive, vivante, libre et en perpétuelle évolution. Dans la Bible, chaque mot, chaque nom, chaque phrase et même chaque lettre ont une valeur spirituelle qui nécessite de notre part une attention véritable et profonde. Tout est chargé de sens, tout nous est offert à la seule condition que nous le désirions. Nous ne pouvons simplement lire un verset ou un chapitre, il nous faut l’approfondir en utilisant, outre ce que nous pouvons déjà connaître par ailleurs, les yeux de l’esprit et du cœur.

Purifier sa pensée pour laisser vivre puis croître une connaissance d’ordre intuitive, laisser courir son esprit en y faisant surgir des analogies, tout en respectant le cadre véritable de la tradition, s’ouvrir enfin, c’est apprendre à se connaître pour pouvoir connaître. Les chapitres de ce livre n’ont d’autre lien entre eux que celui de la méditation de l’Ecriture en ce qu’elle est susceptible de rapprocher l’homme du divin.

Si l’on ne questionne pas, si l’on ne s’interroge pas, si l’on se contente d’accepter les choses telles qu’elles semblent être de prime abord, alors aucune porte ne peut s’ouvrir, aucun progrès n’est possible. En prenant l’homme et sa double nature comme fil conducteur, ces chapitres désirent montrer comment chaque verset recèle, de façon plus ou moins explicite, la description du chemin.

 

Alors,  comment le Franc-Maçon du XXI° siècle peut-il lire la Bible ? Il est temps de lire la Bible hors de toute approche confessionnelle ou dogmatique, ce qui n’empêche pas d’avoir une foi. Une approche purement philologique8 ou historique serait également partielle et réductrice. Il faut lire la Bible en se posant la question suivante : ce texte a- t-il aujourd’hui, ici et maintenant, quelque chose à m’enseigner ? Car il est absolument certain que rien n’a été écrit au hasard et qu’un enseignement toujours actuel se trouve dans certains de ces textes. Il y a évidemment un effort à faire, exactement le même qu’ont fait les Esséniens en commentant et en actualisant à leur époque les textes des prophètes Isaïe, Habacuc et d’autres encore, textes écrits quelques siècles auparavant. Et la Franc-Maçonnerie n’a rien fait d’autre en créant de toutes pièces le très beau mythe d’Hiram pour enseigner des vérités éternelles au futur Maître. Lire la Bible n’implique pas d’arriver à un quelconque consensus exégétique, philosophique et encore moins dogmatique. Chacun aura sa lecture, mais qui ne sera jamais la seule possible. Ce qui compte c’est ce que me donne, à moi, le texte lu et la saveur particulière que j’en retire, même si je me suis aidé de commentaires savants et de bonnes traductions.

 

Car la question se pose aussi de savoir quelle Bible lire. Sachant que toute traduction est une trahison, (tradutore, traditore), l’idéal est de la lire dans le texte, c.a.d. l’hébreu biblique (et un peu d’araméen) pour l’Ancien Testament et le grec ancien pour le Nouveau Testament. Bien rares sont ceux qui maîtrisent les deux et il est donc nécessaire de passer par des traductions. Mais quiconque se lance dans l’étude d’un texte biblique doit d’abord s’assurer que ce texte, tel qu’il a été transmis, est aussi exact que possible, et doit ensuite savoir que la traduction est déjà une interprétation.

 

Un exemple d’interprétation pour l’Ancien Testament et un exemple pour le Nouveau Testament. Dans l’Ancien Testament… « Leurs yeux s’ouvrirent et ils surent qu’ils étaient nus… » Genèse 3,7. L’ouverture des yeux et par conséquent la vision, n’a rien à voir avec la prise de conscience d’une telle nudité. D’ailleurs, le texte hébreu ne dit pas : « et ils virent qu’ils étaient nus », mais « ils surent » . Il est question, non d’une nouvelle vision, mais d’une nouvelle connaissance…

 

Tout le texte porte sur la connaissance. Il y aura d’ailleurs – dans la suite du récit – un arbre pour cela. Mais on sait hélas que la nudité a été présentée comme honteuse, ce qui assura la prospérité des futurs psychanalystes à travers tous les refoulements confessés. Dans le Nouveau Testament, le début du prologue de l’Evangile selon St-Jean est traduit par, « au commencement était le verbe », ou « au commencement était la parole ». Cela vient de la traduction de la Vulgate latine, Bible catholique officielle créée par Saint Jérôme au 3ème siècle et qui a traduit « logos » par « verbum ».

 

Or « logos » est un substantif grec si complexe qu’il a donné naissance à des dizaines de pages pour son interprétation. Il en est une qui nous intéresse singulièrement, c’est le logos tel que l’entendait Héraclite : pour lui, le « logos » est– ce qui structure le monde aux yeux de l’homme –, mais aussi la loi selon laquelle le monde se dirige, le principe d’ordonnancement du cosmos. Cela ressemble étrangement au Grand Architecte de l’Univers ! Logos n’est pas qu’un simple mot. Le mot se traduit certes par « parole », parole dans toutes ses manifestations, mais avec cette particularité de l’esprit grec qu’est l’explication. Le Grec veut comprendre la réalité, en rendre compte (le sens fondamental de la racine leg- est «rassembler », d’où « compter, raconter, dire»). On parle pour rendre les choses intelligibles : la parole met de l’ordre dans le fouillis que peut être le réel avant qu’on en dise le sens.

 

On est donc loin du sens commun que lui attribue le lecteur lambda et aussi du sens théologique où le Verbe est le titre christologique. Mais l’erreur sans doute la plus phénoménale provient d’une mauvaise traduction d’une expression de Saint Paul dans l’Epître aux Romains 5,12. Cette traduction latine dit : « Adam, en qui tous ont péché » alors que le texte grec dit : « étant donné la circonstance que tous ont péché ». Cette traduction latine a été dans les mains de Saint Augustin qui ne connaissait pas le grec, mais dont on connaît le poids dans la pensée chrétienne, traduction qui l’a autorisé à parler de péché héréditaire qui se transmet de génération en génération. On voit ici l’importance de savoir lire dans le texte !

 

LUMIÈRE SUR LA KABBALE - Manuel initiatique

  V. VIRYA

Edition Jeanne LAFFITTE

   1989

Trop souvent la Kabbale est entourée de mystère et de magie. Lorsqu’elle est libérée, elle redevient ce qu’elle est vraiment : une Tradition vivante, capable de nous ouvrir les portes de la connaissance. L’hébreu est une langue sacrée, chacune des 22 lettres de son alphabet est une manifestation de la Vibration originelle et contient, à ce titre, une énergie spirituelle.

 

Les Sephiroth sont des réceptacles de lumière divine condensée dans lesquels il nous est possible de puiser afin d’aller rechercher ces connaissances qui nous tendent les bras. Energie spirituelle, réceptacle de lumière divine, ces seuls termes montrent que lettres et Sephiroth doivent être abordés avec respect et humilité.

 

La kabbale est une voie sacrée par laquelle s’expriment les vues les plus profondes de la mystique juive, elle-même héritière de « sagesses » beaucoup plus anciennes, se perdant dans la nuit des temps. C’est une voie spirituelle complète, un chemin de transformation de notre être pour retrouver un équilibre perdu. Etudier la kabbale, c’est connaitre les lois de la nature et, par là, mieux se  connaitre, et mieux connaitre les autres

 

Virya est un maître pour expliquer cette science difficile, son livre a été préfacé par Jean Haab,  c’est un manuel très pratique qui nous permet d’accéder à ces énergies et à cette lumière afin de mieux nous gouverner.

 

On y retrouve tous les ingrédients habituels : les 22 lettres hébraïques,  les Sephiroth et son magnifique arbre de vie, les 72 souffles sacrés de la kabbale, l’astrologie kabbalistique, les principaux textes sacrés et de nombreux schémas d’arbres séphirotique.

 

L’univers hÉbraïque

Armand abecassis

Edition Albin Michel

 2003

Du monde païen à l’humanisme biblique l’auteur s’efforce de démontrer qu’à partir du monothéisme biblique, ce qui se manifeste à la fin est toujours donné à l’origine et que le dialogue entre la spiritualité hébraïque et l’histoire païenne n’a jamais cessé.

 

Les racines de l'Occident sont bibliques, et donc d'abord, juives : c'est en effet la Torah qui, à travers le christianisme, lui a fourni ses principales valeurs.

 

Dans cette synthèse de l'Univers hébraïque, Armand Abecassis remet en cause la conception du progrès linéaire et dialectique de l'histoire intellectuelle de l'Occident, selon laquelle le judaïsme aurait dépassé le polythéisme, le christianisme aurait absorbé et transcendé le judaïsme, la crise du christianisme aurait donné naissance à l'humanisme, et ainsi de suite.

À partir du monothéisme biblique, il s'attache à montrer, au contraire, que ce qui se manifeste à la fin est toujours donné à l'origine.


Sur le plan de l'interprétation des textes bibliques et sur le plan du contenu et des idées, le dialogue entre la spiritualité hébraïque et l'histoire païenne n'a jamais cessé.


Habité par sa tradition et fasciné par le regard que les autres ont porté sur elle, Armand Abecassis se montre avant tout soucieux, au long de cette ample réflexion, de mettre de l'ordre dans le savoir et de ramener l'ensemble de la culture occidentale vers le Livre.

 

Il y est question de :

 

La Thora, des patriarches, des Hébreux, David, Abraham, Salomon, Jacob, Ésaü, la Transcendance, la Sainteté, la Foi, la Révélation, les Rois, les prophètes, les noms divins.

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